Afghanes, ne renonçons pas !

Je suis déçue par le reportage « Mariages forcés. Etre une fille sous les talibans » de Sara Daniel paru dans l’Obs cette semaine et je trouve ses conclusions très inquiétantes. Je ressens jusqu’au plus profond de mon être les souffrance vécues par ces petites filles vendues pour un mariage précoce et forcé, si mal défendues par les conclusions de ce reportage. J’avais lu de beaux reportage de l’auteure et je m’attendais à autre chose. Ces derniers temps, j’ai pu voir ça et là des propos similaires, c’est pour cela que je m’oppose à de telles conclusions qui je l’espère, ne se propageront pas dans l’opinion publique. La compassion (tout au moins compréhension) pour/envers les bourreaux est à la mode, cette conclusion n’est pas isolée. Des ONG, notamment vont dans ce sens. Des avocats des droits humains ne prennent pas toujours fait et cause pour les victimes quand ce sont des filles ou des femmes, bien loin de là. Les pères qui vendent ces fillettes, aussi désespérés soient-ils, sont leur bourreaux, tout autant que les hommes qui les achètent et les violent à peine pubère, en font leurs esclaves sexuelles et domestiques et les mettent enceintes bien trop jeunes. Ils font partie du problème, ils sont le problème. Traditions, traduisez débrouilles patriarcales. Nous ne devons pas nous habituer au sort des filles et femmes d’Afghanistan, encore moins comprendre que le pire sort imaginable, leur soit réservé.

Comme d’autres reportages que j’ai pu lire de l’auteure, c’est bien écrit, décrit, étayé … mais des manques, biais et la conclusion laissent un gout amer. Le récit est dur forcément, il faut se rendre à l’évidence, ce peuple au bord du gouffre, souffre de manière quasiment indicible et pourtant très bien retranscrite ici.

Je le sais, c’est plus facile à des milliers de kilomètres, d’avoir un avis tranché sur la question, mais c’est un peu comme si la manière d’appréhender les filles dans ce pays et de s’en servir (dans tous les sens du verbe) avait fini par imprégner la journaliste qui comprend cette fatalité jusqu’à écrire dans sa toute dernière phrase  » Rien n’est simple au pays des mariages d’enfants, et je comprends, impuissante devant l’immense détresse de ses gens, qu’il est le dernier espoir des déshérités de Shahrak-e-Sabz. « 

Comment une journaliste occidentale peut-elle admettre que vendre des petites filles soit le seul espoir d’un peuple ? Espoir de quoi ? D’avoir atteint le fond et pourtant essayer de creuser toujours plus profond ? La situation est telle dans le pays, peut-être aura t-elle été découragée ?

Nous apprenons dans la première partie de ce reportage que les trois quarts des afghans souhaitent quitter le pays, c’est immense, plus qu’une large majorité, et dans ce cas, on se demande tout de même pourquoi ils ne se s’organisent pas en vue de se révolter, ne serait-ce que pour empêcher le terrible sort fait à leurs filles, soeurs, femmes … Cette première partie finit sur la fatalité du mariage pour les femmes, hors mariage, hétérosexuel s’entend, pas de salut, une afghane se marie ou n’existe plus. Et celles qui ne le veulent ou ne peuvent pas ? Rien, pas un mot. La compassion n’est pas pour tout le monde. Mais bon, plutôt banal pourrait-on me rétorquer. C’est la seconde partie sur les petites filles vendues et mariées, dés qu’elles ont quelques mois pour certaines, qui me heurte. Le sort de ces fillettes est horrible, il est très bien décrit dans le reportage sur ce point irréprochable. Ce qui me dérange c’est ce qui manque. Quand la reporter explique qu’une petite fille vendue reste ( le plus souvent) dans sa famille jusqu’à la puberté puis rejoindra son propriétaire, cela veut dire qu’à l’âge de 10, 11 ans des petites filles sont violées et que les parents, disons plutôt les pères qui les vendent, comme tout afghan, le sait. Ne pas le dire clairement, me glace.

Dans les contrées reculées, très pauvres, recourir « au moyen traditionnel pour s’acquitter d’une aide », c’est à dire vendre sa petite fille, redevient malgré l’interdiction des talibans (de pure forme), une pratique généralisée. Les traditions sont de tous temps et dans tous les pays les vecteurs les plus efficaces de l’oppression des femmes. S’il en fallait la preuve … La reporter ne commente pas le fait que se sont les filles qui sont vendues, uniquement les filles, pas les garçons ; leur sort n’est pas forcément plus enviable mais c’est différent et ce n’est pas leur intégrité qui est violée. Les garçons ce serait un scandale, pourquoi, parce que les filles sont des marchandises dont on dispose à sa guise. Elles sont vendues, mariées, violées pour nourrir qui au juste ? C’est qui la famille à nourrir ? Surtout le père, les frères … toutes les filles, elles, sont vendues et ont payé d’avance leur nourriture. La mère n’a pas son mot à dire.

Ce qui est bien décrit ce sont les risque encourus par ces petites filles lors des grossesses précoces : « accouchements compliqués, violences conjugales, familiales … » et bien sur toute stérilité vaut répudiation. Mais là encore, il n’est jamais fait état des violences sexuelles. Il est donc banal et dans l’ordre des choses pour une enfant d’être pénétrée par un homme adulte ? Ecrire : « Depuis elle est stérile, ce qui peut avoir des conséquences … dans cette région qui n’est jamais clémente pour les femmes ». « Clémente » ? Non, ce n’est pas le mot qui convient, cette région est tout simplement un enfer pour les femmes.

L’horreur de ce que vivent ces enfants vendues pour être mariées dès leur plus jeune âge, devrait conduire tout être humain digne de ce nom à se révolter et non à revenir ou maintenir des traditions misogynes ni contourner la loi, car cette pratique est interdite en Afghanistan. Essayer de les comprendre, l’admettre, ce n’est en aucune aider ces fillettes, c’est se coucher devant la fatalité et ce que le patriarcat produit de pire dans ce monde.

Quand je vois la photo de ce père qui tient par devant lui, sa fillette vendue et qu’il voue à être violée et re-violée et peut-être en mourir en couche, je ne ressens aucune compassion pour lui, qu’il aille vendre des ordures au Pakistan ou je ne sais où mais qu’il laisse sa fille tranquille. Et pour finir, les reporters face aux malades qui vivent un cauchemar sans nom, interviennent pour adoucir les souffrances d’un homme qui a vendu sa fille, puisque dans ce village, ils ont tous vendu leur fille, et qu’elles emmènent à l’hôpital. Un homme, pas une femme ou un enfant. Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? On ne saura pas, de toute façon, cela ressemble à vider un océan à la petite cuillère … Mais ce n’est pas le plus dérangeant, loin de là. Le coup de grâce, c’est cette dernière phrase : « Rien n’est simple au pays des mariages d’enfants, et je comprends, impuissante devant l’immense détresse de ses gens, qu’il est le dernier espoir des déshérités de Shahrak-e-Sabz. » Impuissante, oui bien sûr, incontestablement. Mais comprendre que le mariage forcé et précoce des fillettes serait  » le dernier espoir face à la détresse des gens » ! Au secours !

Les fillettes afghanes ne liront heureusement pas ce reportage pourtant très beau par bien des aspects, mais auquel manque selon moi une analyse, perspective et conviction féministes. C’est préjudiciable, parce qu’un humanisme sans un regard féminisme universaliste, c’est-à-dire qui n’admet jamais le sort terrible fait aux filles et aux femmes, c’est quoi ? Un relativisme culturel, ni plus, ni moins. C’est l’Obs pourrait-on encore me rétorquer. Certes.

Pourtant, il faut le répéter encore et encore, jamais, nulle part, rien ne peut justifier de vendre pour la marier une petite fille. On se laisse mourir ou on se révolte. Sortir des hommes de la détresse, à ce prix-là, moi je m’en fiche. Hors de question d’accepter que leur sacrifice à elles, puisse constituer une solution ou un espoir, et il ne faudrait pas qu’une telle croyance se répande dans l’opinion publique. Comprendre, admettre que des fillettes soient sacrifiées, l’accepter, même pour la survie du plus grand nombre et disons-le clairement, des hommes, c’est renoncer à les défendre, c’est sceller leur terrible sort. Le prix est bien trop élevé, c’est celui du viol et de l’esclavage de milliers de fillettes. Le seul et dernier espoir des afghans, c’est de se révolter et de renverser ceux qui les oppriment et sinon, qu’ils meurent mais qu’ils laissent leur fillettes en paix.

Elles, méritent notre engagement, pas notre renonciation et il vaut mieux que les reporters qui couvrent ces sujets aient une boussole féministe universaliste en bon état de marche dans la tête.Les Afghans n’ont qu’à se prendre en mains et se bâtir un avenir, ils en sont parfaitement capables s’ils le veulent.

Christine Le Doaré

« Mariages forcés. Etre une fille sous les talibans » Sara Daniel L’Obs https://www.nouvelobs.com/monde/20220803.OBS61651/comme-vivre-dans-une-prison-aux-1001-regles-etre-une-fille-sous-les-talibans.html

Mois des FIERTES LGBTQI, pas de quoi être fiers !

LGBTQI…. Prides,  Marches des Fiertés LGBTQI… Fiertés de quoi ?

Ces Marches des Fiertés devenues Marches de la ségrégation identitaire

Quand on parle de fierté d’être lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexué, … on parle de quoi exactement ? Quelles raisons peut-on avoir d’être fier aujourd’hui d’une orientation sexuelle, d’une identité de genre … ? Plus j’y réfléchis et plus je pense que le mouvement de libération homosexuelle n’a guère été inspiré le jour où pour imiter les anglo-saxons il a baptisé sa manifestation revendicative et festive annelle, Marche des Fiertés LGBTQI…

Selon moi la formule a vécu et fédère de moins en moins les personnes les plus concernées. Au siècle dernier, il nous a fallu batailler dur pour émerger de l’illégalité et de la censure, aussi de nos propres hontes et silences, jusqu’à enfin obtenir des droits et une reconnaissance sociale qui reste à consolider. Ce fut long et âpre de faire évoluer les mentalités, d’imposer le respect, d’atteindre l’acceptation, et le plus difficile peut-être, de s’assumer pleinement. De ça, nous pouvons être fiers, nous qui avons vécu le plus dur et combattu vaillamment quand tant d’entre nous se cachaient.  

Mais ça commence à dater, alors aujourd’hui, fiers de quoi ? Depuis qu’il parle de « fiertés » à tout va, le mouvement LGBTQI… n’a fait que se perdre, jusqu’à devenir un fourre-tout identitaire qui héberge des idéologies dangereuses et pratique dans ses cortèges une ségrégation identitaire. Ce fut une dégradation progressive, certains poussant le bouchon de plus en plus loin, au point de prétendre qu’être gay, queer, trans, gender fluid, était une sorte de supériorité, d’apothéose. De là à penser que l’hétérosexualité est dédaignable, il n’y avait qu’un pas qu’ils ont franchi en toute imbécilité.

A quel moment, dans les Marches, au prétexte d’être gays …  des groupes ont-ils commencé à exhiber des pratiques sexuelles fétichistes, sado-maso, … à la vue des passants (Comme par exemple se pisser dans des bottes en cuir, revêtus de masques à faire peur) ? A-t-on jamais vu des hétérosexuels organiser des Marches pour exhiber des pratiques sexuelles ? Non, entre adultes consentants dans des clubs ou réseaux fermés, oui, pas dans la rue au milieu d’un défilé où se trouvent les enfants de couples de même sexe et d’autres parmi les spectateurs. Les organisateurs des Marches ne comprennent pas la différence entre revendiquer la liberté d’orientation sexuelle et avoir des pratiques sexuelles qui ne regardent que soi ? Dommage, afficher de la sorte ce qui relève de la stricte vie privée d’une partie des gays, ne pouvait qu’entrainer amalgames et rejets et servir nos ennemis.

Et ce n’était que le début, depuis, c’est l’escalade.

Heureusement, cela ne nous a pas trop pénalisés, même si nous devons probablement à ces exhibitions, un certain retour à l’ordre moral. Avec l’aide d’autres acteurs politico-sociaux, nous avons arraché des textes pénalisant les discriminations et violences à notre encontre, gagné le droit d’accéder aux statuts maritaux, … Franchie la ligne d’arrivée de l’égalité, dans une surenchère de toute puissance, certains se sont crûs autorisés à imposer d’autres agendas militants. Sous l’impulsion du mouvement queer puis des courants de la woke culture américaine, ce qui relevait de la prévention et de la lutte contre les discriminations et les violences à raison de l’orientation sexuelle a fini par quasiment disparaître au profit de mobilisations qui n’avaient que peu de lien avec l’orientation sexuelle.

  • Des émanations groupusculaires d’Act-Up ont transformé le mouvement en force de frappe du lobby de réglementation de la prostitution. La prostitution des femmes, tout de même une écrasante majorité des personnes prostituées, ils s’en fichent, ne leur parlez pas de dissociation, d’exploitation, de viol tarifé, ils n’y connaissent rien et font semblant de croire que la prostitution gay n’est pas aussi affaire d’exploitation de jeunes vulnérables.  
  • Des militants islamo-gauchistes ont noué des passerelles avec les groupes indigénistes et racialistes qui pourtant méprisent les LGBT ; on a alors vu des gays défiler fièrement affublés de burqas arc-en-ciel, crachant au visage de toutes les femmes qui tentent de s’affranchir des diktats religieux patriarcaux. De plus en plus, les cortèges sont organisés de manière à imposer une ségrégation identitaire. Le mouvement LGBT allié des ennemis de l’universalisme et de la laïcité, ce n’est même plus un paradoxe mais de la démence.
  • Des militants trans après avoir trusté toutes les instances du mouvement ont fini par imposer une vision du genre expurgée de toute évidence biologique. En braves petits dictateurs, ils ont édicté de multiples interdictions : ne pas mentionner les termes relatifs aux organes génitaux féminins, ce serait transphobe ; ouvrir aux femmes-trans, hommes non opérés, tous les lieux réservés aux seules femmes, et tant pis si elles sont mises en danger. Les féministes qui refusent une misogynie qui vise à les invisibiliser sont traitées de TERF, violemment dénigrées et même agressées physiquement.
  • La GPA reste quasiment la seule revendication gay. Pour contourner la biologie et le risque d’attachement de la mère, appelée porteuse telle une vulgaire machine, le recours à la génétique aboutit à un processus de reproduction ultra divisé : il ne se pratique plus par insémination mais avec des transferts d’embryons, après fécondation in vitro.  Division des tâches : des donneuses d’ovocytes et des gestatrices qui vont porter l’enfant commandité. Un marché très lucratif de l’eugénisme où l’on conçoit comme aux USA des 𝑑𝑒𝑠𝑖𝑔𝑛 𝑏𝑒𝑡𝑡𝑒𝑟 𝑏𝑎𝑏𝑖𝑒𝑠, idéalement conformes aux désirs des commanditaires qui peuvent exiger l’annulation de cycle quand, après des mois de traitement hormonaux lourds, l’insémination est annulée parce que le sexe de l’embryon n’est pas celui attendu par les commanditaires.

Tout ceci a mené à la désertion de bien des gays et de toutes les lesbiennes féministes politiques, et il ne reste plus dans ce mouvement que des lesbiennes queers fières d’être à la traîne des gays et des trans misogynes.

Comme les Marches des Fiertés attirent beaucoup de jeunes derrière les chars qui crachent une assourdissante musique techno, elles font office de seconde Techno Parade de l’année. C’est déjà ça. Mais beaucoup de gays et de lesbiennes les boudent en toute connaissance de cause, considérant que les orientations affichées non seulement ne nous conviennent pas, mais provoquent une dangereuse animosité à notre égard. C’est un comble, mais le mouvement LGBT est désormais l’un des principaux relais des excès du wokisme et de la cancel culture américaines.

Je suis féministe, universaliste, il ne me viendrait plus à l’idée de défiler dans l’une de ces Marche des Fiertés dans lesquelles j’ai pourtant longtemps mené association et fédération d’importance.  La seule raison qui m’inciterait à défiler à nouveau serait que nous soyons menacés par des forces réactionnaires qui prendraient le pouvoir.

Alors, ce qui me dérange c’est le soutien unanime et global affiché par les acteurs politiques progressistes, sans aucun discernement, sans se poser la moindre question politique, comme s’il s’agissait toujours du même rassemblement revendicatif et festif des débuts. Non, le mouvement comme les Marches des Fiertés ont changé, et tout n’est pas à cautionner ni applaudir, certainement pas des cortèges faisant l’apologie de la ségrégation identitaire. Il serait temps de s’en rendre compte. Critiquer avec justesse et mettre des limites n’est pas condamner, c’est au contraire constructif, mais ça demande un peu de lucidité et de courage.  

Christine Le Doaré

Sur le sujet lire :

  • Ma tribune sur la Pride des banlieues : « Le mouvement LGBT est débordé par un identitarisme radical » publiée dans Marianne le 03/06/2022 

https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/pride-des-banlieues-le-mouvement-lgbt-est-deborde-par-un-identitarisme-radical

  • Et pour aller plus loin, le livre « Fractures ! Le Féminisme et le Mouvement LGBT en danger » paru aux éditions Contrefaçon :

Si tu savais comme je t’en veux

Présidentielles2022

A toi, oui à toi. Pas à eux, non, eux je savais.

Eux, les ventres mous, les jamais contents congénitaux, les jaunes, les rouges-bruns, les conspirationnistes, les factieux, les populistes, les complotistes, les islamistes, les fachos, je n’attendais rien d’eux. Mais de toi qui, pendant ce quinquennat, n’a jamais critiqué l’extrême-droite ni alerté sur le danger de son avènement au pouvoir, j’attendais beaucoup mieux. Oui, toi qui as feint d’ignorer une tolérance grandissante envers les extrêmes, permettant à l’extrême-droite d’arriver menaçante au seuil du pouvoir. Toi qui n’as pas trouvé inquiétante la normalisation de façade de Marine Le Pen, la montée fulgurante d’Eric Zemmour, les incessantes tentatives de déstabilisation de Jean-Luc Mélenchon. Toi qui as contribué à faire passer E. Macron pour un dictateur, un nazi, ou qui a laissé dire en te frottant les mains car après tout, ce petit arrogant trop intelligent, ça te faisait du bien qu’il s’en prenne plein la tronche.

Aujourd’hui tu as peur, la trouille te troue le bide car tu sais ce dont le RN serait capable et tout ce que tu risquerais de perdre ; tu ne le sais que trop bien.

Toi l’éditorialiste (1), l’intellectuel, l’élu, ou l’influenceur politique, qui as fait passer les Gilets Jaunes pour un inoffensif mouvement populaire (au moins douze morts) ; qui ne t’es pas offusqué quand tant d’élus étaient molestés ; toi qui pendant la pandémie, as regardé grimper dans les tours le complotisme et le populisme sans t’en émouvoir outre mesure. Aujourd’hui tu paniques un peu, mais il ne faut pas compter sur toi pour établir le bilan, somme tout plutôt positif du quinquennat. Non, il ne faut trop t’en demander, tu préfères taire une inflation contenue grâce au bouclier énergétique, tu ne parleras pas non plus du bon bilan économique ou du bout des lèvres ; toi, tu préfères nous écrire des tribunes longues comme le bras pour nous expliquer que le RN n’est pas démocratique. Et puis ça restera dans les annales, alors tu t’appliques, c’est bon pour la suite de ta carrière.

Toi aussi le syndicaliste borné, et toi l’étudiant endoctriné pour qui toute personne passée trente piges est un sale « boomer », et toi le militant politique républicain qui as laissé ton parti de gouvernement ne plus être qu’une peau de chagrin, et toi le macabre souverainiste pro-frexit (2), et toi le soumis au Che des calanques, et toi le militant laïque qui fait du pied à Zemmour, et toi le militant identitaire enivré de ton inestimable distinction et vous les LGBT, et vous les féministes intersectionnelles, et vous tous les wokistes au sécateur surexcité qui avez braillé des slogans fascisants pendant les « fêtes à Macron ». Toi, toi, et toi, vous tous qui n’avez cessé de surenchérir avec un misérabilisme et une victimisation outranciers, n’hésitant pas à défiler aux côtés de militants séparatistes, de jaunes hagards, de casseurs, de black-blocs archi-violents et de factieux téléguidés par Poutine. Et pendant la crise sanitaire, vous vous êtes surpassés. C’était grandiose, digne d’un gigantesque spectacle pyrotechnique. Pourtant, à la veille du second tour, vous ne rigolez plus du tout, c’est l’heure des manifs de la dernière chance contre la bête immonde que vous voyez soudainement sortir du bois. Pardi, avec le RN au pouvoir, vous ne pourriez plus jouer à l’innocent martyrisé par le dictateur nazi, il vous faudrait faire face à un recul de la liberté d’expression, de la démocratie, et subir une lourde répression.

Et toi, toi qui n’es rien de tout ça, seulement un français ou une française tranquille, qui observe de tribune en tribune, de journal TV en journal TV, une tentative de déstabilisation de notre démocratie, sans jamais réagir, encore moins t’opposer, même pas pour dire que non, on ne peut pas grimer en nazi un président de la république, ni brûler son effigie ;  pas plus qu’on ne laisse des séditieux mettre un pays à feu et à sang quand la politique gouvernementale menée est globalement plus redistributive et sociale que les précédentes (3). Critiquer, revendiquer, évidemment, autant que tu le souhaites, mais avec des arguments et en tenant compte d’une réalité : l’héritage de décennies d’erreurs de gestion et de crises économiques ne peut être corrigé en un seul quinquennat. En outre, la France est le second pays le plus redistributif d’Europe, le « quoi qu’il en coûte » a été salutaire, la croissance et la baisse du chômage étaient au rendez-vous… Il y a des gens qui l’ignorent, mais toi, tu le sais, c’est facile pour des populistes de promettre la lune avec des programmes économiques infinançables et qui ne seraient jamais mis en œuvre. En revanche, c’est plus complexe d’avoir une politique économique régulée, sociale et viable dans un contexte international ultra-compétitif, en soutenant l’innovation, la transition écologique. Tu sais aussi, depuis la guerre en Ukraine c’est flagrant, que les équilibres mondiaux ont changé, les menaces sur notre sécurité aussi, et nous devons donc construire une Europe solidaire capable d’y faire face, comme pendant la pandémie. Ce ne sont pas les populistes souverainistes et nationalistes qui vont s’y coller, pourtant, leurs idées sont de plus en plus prégnantes mais ça ne t’affole pas plus que ça, tu ne dis rien.  

Si vous saviez tous comme je vous en veux pour avoir orchestré, participé ou laissé faire tout ça. Par vos paroles, vos actes ou vos silences, vous avez porté de dangereux populistes au seuil du pouvoir. Vous avez mis en péril nos libertés, nos droits sociaux, tous les droits humains notamment ceux des femmes et des minorités. En favorisant la montée en puissance d’autocrates nationalistes vous avez mis la démocratie au pied du mur, alors qu’elle est déjà affaiblie au plan mondial ; vous avez pris le risque de détruire l’Europe, de donner raison à Poutine, et de ramener la haine et la guerre sur tout le continent européen. Et pour certains, non contents de ce sabotage, vous vous enfoncez dans un morbide Ni Macron – Ni Le Pen.

Le pire je crois, c’est que vous tous, seriez capables de recommencer à la première occasion. Pourtant, Emmanuel Macron, malgré vos efforts constants, a recueilli au premier tour et alors qu’il y avait douze candidats en lice, un million de voix de plus qu’en 2017. Une manière pour la majorité silencieuse de rejeter la haine irrationnelle que vous avez entretenue ou favorisée pendant ce quinquennat. L’abstention n’a d’ailleurs pas été aussi élevée que prédite. Pensez-y, vous avez été clairement désavoués. Vous ne pourrez rejouer le même jeu sans dommages. Néanmoins, vous avez engraissé les extrêmes, elles sont là et y resteront.

Nous sommes désormais à trois jours du vote.

Si Marine Le Pen était élue, je crois bien que j’envisagerais de quitter mon pays et vous regarderais, toi et toi et toi aussi, vous débattre avec le fascisme que vous aurez installé. Je précise à toute fins utiles que je ne suis pas Macronniste ni membre d’En Marche, juste citoyenne, concernée, féministe, progressiste.  

Si Emmanuel Macron était élu malgré vos efforts, toi, et toi, vous tous responsables et coupables de l’enracinement du populisme dans notre société, j’ose espérer que vous auriez la décence de vous reprendre et de nous épargner cette fois-ci, vos pires agissements ou une lâche caution d’actes inadmissibles.  

Parce que dans cinq ans, il faudra de nouveau voter, et rien ne dit que nous n’aurons pas deux représentants des extrêmes populistes face à face. Vous vous y prenez tellement bien. Mais ce jour-là, je ne t’en voudrais plus, à mon tour, j’essayerais la haine.

En attendant, dimanche, si tu votais Emmanuel Macron, je t’en voudrais déjà un peu moins, tout le monde peut se racheter une conduite citoyenne et sauver son pays du pire.

Christine Le Doaré

(1)Le Monde et sa Une infecte : un montage photo d’Emmanuel Macron rappelant la propagande nazie.

(2) Sur Europe 1. Michel Onfray : « Je ne crois pas trop à ces sondages qui nous font savoir que Macron est à 24% alors qu’il ne peut pas sortir dans la rue sans prendre une gifle, sans se faire cracher dessus ».

(3) Bilan du quinquennat Emmanuel Macron.

Des échecs, des manques que les médias ont amplement commentés et des résultats tangibles aux plans international comme national, ce qui rend d’autant plus incompréhensible l’adhésion de tant de gens aux gesticulations des extrêmes populistes. Et ce malgré toutes les crises à gérer pendant ce quinquennat et malgré un contexte international difficile. Tout est perfectible, mais la part de fantasme relative à ce quinquennat est colossale au point d’occulter presque intégralement un bilan plutôt consistant si on en juge la liste ci-dessous :

– Le Quoi qu’il en coûte, en partie financé par l’Europe : 240 milliards d’euros distribués

– La santé :

– 19 milliards d’euros d’investissements: conditions de travail, équipement des professionnels, modernisation de 3 000 hôpitaux et EHPAD.

– La revalorisation de 183 euros net par mois.

– Le 100% Santé qui permet aux plus modestes de ne plus renoncer aux soins essentiels. Le nombre d’aides auditives a presque doublé entre 2019 et 2021. La complémentaire santé solidaire gratuite ou 1€/j bénéficie à 7 millions de Français.

– La fin du numérus clausus pour la formation des médecins (effets d’ici 5 ans)

– La gratuité de la contraception pour les jeunes femmes jusqu’à 25 ans (18 avant)

– La commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants

– Le vivre ensemble, la laïcité, la lutte contre l’islamisme :

– La Loi sur le Respect des principes Républicains, et bien d’autres dispositions

– Le Droit du travail :

– Réforme du code du travail et de l’assurance chômage

– Droit au chômage pour les salariés qui démissionnent pour créer leur entreprise

– 2 millions de personnes formées avec le CPF en 2021

– Les jeunes :

– Un taux d’emploi des 18 – 25 ans au plus haut depuis 30 ans

– Programme 1 Jeune = 1 Solution depuis juillet 2020 (9 milliards d’€)

– Une prime de 5 000 à 8 000€ à l’embauche des apprentis

– Hausse de près de 80% des contrats d’apprentissage depuis 2017 : 9.718 000 jeunes entrés en apprentissage en 2021

– Lancement en 2022 du contrat « Engagement jeune » accessible à tous les moins de 26 ans

– Aide à l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans de 4 000€ maximum

– Jeunes de l’ ASE suivis jusqu’à 21 ans au lieu de 18 ans

– Personnes handicapées :

– Aide financière allant jusqu’à 4 000€ pour l’embauche d’un travailleur handicapé

– AAH revalorisée (+ 10%)

– Les Droits des femmes :

– Un Grenelle avec un nombre incalculable de mesures enfin adoptées, la première fois qu’une opération de cette envergure est menée et ce n’est pas fini.

– Un volet de la loi sur le respect des principes républicains

– Le déploiement des téléphones grave danger et du bracelet anti-rapprochement

– Le 3919 ouvert tous les jours 24/24

– IVG légalisé jusque 14 semaines (12 avant)

– PMA pour toutes

– la loi sur le non-consentement à des relations sexuelles en dessous de 15 ans et prescription en cas de viol passée de 20 à 30 ans

– revalorisation des retraites de femmes d’agriculteurs et aidants familiaux

– L’économie :

– L’industrie repart en France

– Une Croissance à 7%,

– Le pouvoir d’achat a augmenté en moyenne de 0,9% par an et par Français.

– 2,5 millions d’embauches entre octobre et décembre 2021

– Chômage taux plus bas. Il atteint son plus bas niveau depuis 2012.

– Le pays le plus attractif pour l’investissement étranger en Europe.

– Lutte contre la fraude fiscale:12 milliards d’euros de recettes en 2019, «année record»

– 15 milliards d’euros investis sur les compétences et la formation

– Fonctionnaires

– Profs +150€ par mois pour un professeur en début de carrière, reconnaissance de la fonction de directeur d’école, prime informatique de 150€ net, prime d’attractivité pour les échelons 2 à 9

– International :  une image et un poids significatifs

– Récemment, la Loi sur les lanceurs d’alerte …

– Etc.  Cette liste est loin d’être exhaustive, ce n’est qu’un tour rapide de quelques-unes des mesures et lois adoptées et que les médias n’ont pas franchement mises en valeur.

Ukraine, réforme urgente du droit de Véto du Conseil de Sécurité de l’ONU ! — Les VigilantEs

En Ukraine, l’ONG Human Rights Watch (*1) a documenté des crimes de guerre, en particulier dans les régions qui ont été occupés par les russes à Chernihiv, Kharkiv et Kiev.   « Parmi les 86 prisonniers relâchés en échange de soldats russes, il y avait 15 femmes. Les Russes les ont rasées pour les humilier. […]

Ukraine, réforme urgente du droit de Véto du Conseil de Sécurité de l’ONU ! — Les VigilantEs

Poutine, qui sont ses complices ?

Beaucoup des forces progressistes, antiracistes, de jeunesse et féministes notamment, ne se sont pas senties concernées par l’invasion de l’Ukraine, en tous cas, elles ne se sont pas exprimées ni mobilisées massivement. Ça interroge grandement.

Avec la guerre en Ukraine et l’attitude de Poutine, nous savons désormais que les régimes autoritaires de super-puissances, les autocrates en Russie, Chine, puis en Inde, Afrique … auront bientôt tous les pouvoirs sur la planète. Les démocraties, le régime démocratique même, sont en déclin et sur la défensive. On assiste à l’impuissance des démocraties face aux virilistes qui rêvent de grandeur, d’annexions, d’éternité, de littéralement dévorer le monde.

L’ autocrate Vladimir Poutine est responsable sur tous les plans (juridique, politique …), d’une agression insensée et absolument injustifiée sur un pays souverain, au nom d’une prétendue « dénazification », quand le seul nazi dans l’histoire, c’est lui. Une folie meurtrière qui bafoue toutes les lois de la guerre. Il devra passer devant la justice internationale pour crimes de guerre.

Mais il s’en fiche, totalement, comme d’autres s’en ficheront demain, parce que l’idée même de démocratie ne pèse plus grand-chose, et ce à l’intérieur même de nos régimes démocratiques.

Les régimes démocratiques comme la France sont menacés à l’extérieur de leurs frontières par ce nouvel équilibre mondial, mais aussi à l’intérieur par tous les populistes et souverainistes, qui vont chez nous, de Mélenchon à Le Pen, en passant par Zemmour … Certains les appellent la cinquième colonne. Les souverainistes et les populistes contribuent de l’intérieur de chaque pays démocratique, (C’était flagrant sous Trump aux USA), à affaiblir nos démocraties, alors que la seule solution pour les préserver c’est une Europe forte et soudée autour de valeurs solidaires, et solide sur les questions de sécurité, face à l’islamisme comme aux super-puissance totalitaires telles que la Chine, la Russie, etc.

Zemmour et Le Pen sont des Poutinolâtres, je n’en parle même pas, c’est notoire. Les échanges de SMS entre Marine Le Pen et le Kremlin de Vladimir Poutine au moment de l’annexion de la Crimée prouvent sa collusion. En revanche, Mélenchon est plus ambiguë mais cela revient au même. Clément envers Poutine, en visite à Moscou en 2018, il ne s’est pas exprimé sur les assassinats d’opposants, journalistes …, ni sur l’annexion de la Géorgie ou de la Crimée, au contraire il a déclaré que « l’annexion de la Crimée était une bonne nouvelle ». Il s’est même dit « impressionné par l’ordre et la propreté qui régnaient grâce au régime de Poutine ! Lui qui n’a de cesse que d’agiter les foules et si indulgent devant les dégradations. Il n’a pas manqué de féliciter Poutine pour son action en Syrie. Il avait également déclaré que « le gouvernement post Maïden était putschiste et néonazi ». S’il a semblé soutenir l’Ukraine récemment c’est parce qu’il a bien senti la mobilisation de l’opinion publique en faveur des Ukrainiens. Quand il a déclaré, qu’à la place d’Emmanuel Macron, il «aurait discuté avec Mr Poutine, après j’irai voir Mr Biden, puis je leur dirai : là il faut arrêter», cela en dit long de son arrogance et incompétence. N’avait-il pas aussi déclaré que « l’Otan voulait annexer l’Ukraine » et « qu’il n’y aurait pas d’invasion de l’Ukraine par la Russie » ! Que des gens sincères puissent être tentés de voter pour un tel personnage est tout de même bien mystérieux.

Au contraire, je pense désormais qu’il faut tout faire pour combattre les influences mortifères qui nous rongent de l’intérieur. Ceux qui ne l’ont pas compris, arcboutés sur le vieux logiciel « les USA contre reste du monde » et « l’Otan grand satan » notamment, font partie du problème.

Pour construire une Europe politique et militaire capable de défendre les valeurs démocratiques, il nous faut une France qui ne doute pas de son identité ni de ses valeurs, la laïcité … tout autant qu’elle refuse de se laisser menacer par des séditieux en jaune, rouge ou brun qui rêvent de totalitarisme. Une Europe plus sociale, mieux régulée, moins bureaucrate, plus agile est la seule chance d’indépendance, de liberté et de prospérité pour notre continent.

En tant que féministe, je suis d’autant plus consciente des dangers populistes et souverainistes, que les forces à l’oeuvre derrière ces idéologies et partis-pris politiques parfois présentées comme révolutionnaires, sont passéistes, conservatrices et non sans risques pour les droits et libertés des femmes. Un monde machiste où des virilistes super-puissants, protégés par la menace de l’arme atomique, se partagent la planète comme aux pires heures de l’Histoire. Un monde d’arbitraire et de violence, terrifiant pour les plus vulnérables. Je n’en reviens pas que le mouvement féministe ne se soit pas prononcé ni mobilisé contre la guerre en Ukraine, totalement déconnecté des réalités du monde. Pas même pour le 8 mars. C’est impardonnable, inoubliable. Une faute majeure qui entachera à jamais le mouvement féministe.

Je ne pardonne pas aux attentistes, qu’un recours à une Europe plus forte ou à l’Otan, gênait aux entournures, d’être restés sur leur quant à soi, au mieux condamnant tardivement et du bout des lèvres, l’invasion de l’Ukraine. A l’évidence, pour se comporter de la sorte, il faut n’avoir rien compris au rééquilibrage des rapports de force mondiaux, ni aux plus grands dangers qui nous menacent. Beaucoup des forces progressistes, antiracistes, de jeunesse et féministes notamment, ne se sont pas senties concernées. Ça interroge.

C’est aussi avec cet éclairage que nous devrions envisager les #Présidentielle2022 malheureusement, je ne vois rien de tel dans les médias ni dans les prises de paroles des politiques, quelques rares exceptions mises à part. Bientôt nous n’aurons plus aucun avenir, aucune liberté, aucun droit du tout, si nous n’avons pas pour priorité de contenir voire éliminer les forces virilistes et totalitaires qui nous menacent.

Christine Le Doaré

Pétition ARRETEZ POUTINE – STOP PUTIN ! — Les VigilantEs

A signer ICI : https://www.change.org/p/arretez-poutine-stop-putin?recruiter=1950026&utm_source=share_petition&utm_medium=twitter&utm_campaign=share_petition&utm_term=14785411a4d840758ef1df28aa4ecf07&recruited_by_id=f9481dc0-f690-012f-008e-4040aa777426 Iryna Tsvila, auteure, combattante pour la liberté de l’Ukraine Pétition féministe ARRETEZ POUTINE – STOP PUTIN ! Les VigilantEs – Réseau de féministes universalistes et laïqueset les signataires de la pétition A l’adresse de :–       L’ONU, du Conseil des Droits Humains de L’ONU–       La Commission Européenne, […]

Pétition ARRETEZ POUTINE – STOP PUTIN ! — Les VigilantEs

Pour un 8 mars féministe, non à la guerre en Ukraine !

L’armée ukrainienne est composée à 17% de femmes, Iryna Tsvila a été tuée dans la bataille de Kiev
alors qu’elle tentait de freiner l’avancée des chars russes.

Bientôt le 8 mars 2022, Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes. Dans le contexte de guerre en Ukraine, cette journée prend une tournure toute particulière.

Tout d’abord, rappelons que le 8 mars c’est toute l’année. Sur le terrain, dans les entreprises, administrations, ministères et partout, des militantes oeuvrent toute l’année pour l’émancipation des femmes et l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Le 8 mars c’est seulement la journée pour tirer des bilans et mettre nos luttes en lumière et en perspective. Où en sommes-nous en France et partout dans le monde ? Que reste-t-il à accomplir ? Quelles sont les priorités ?

En tant que féministes, la priorité des priorités cette année, c’est selon moi, d’unir nos voix pour mettre un terme à la guerre en Ukraine que Poutine vient d’envahir. L’autocrate viriliste, mégalomaniaque et paranoïaque, est conscient que son pays est en déclin (pouvoir d’achat environ à la soixantième place mondiale), alors pour se maintenir au pouvoir, il entraîne toute sa population dans une chimérique reconquête de l’URSS et tant qu’il y est, de la grande Russie tsariste. Poutine est allé jusqu’à mettre la force dissuasive russe, c’est-à-dire nucléaire, en alerte. C’est dire sa détermination et le niveau de sa belliqueuse démence.

Beaucoup d’Ukrainiennes et Ukrainiens ont fait le choix de rester et de résister, à l’instar de leur président. Leur courage force le respect. Désormais la terreur s’abat sur eux et il est à craindre que les femmes soient victimes d’exactions et de violences sexuelles, comme c’est le cas dans toute guerre.  L’armée russe, mais aussi l’armée du Tchétchène Kadyrov, la Force Wagner milice de moins en moins secrète au service des basses œuvres du Kremlin, sont à la manoeuvre. L’armée ukrainienne est composée à dix-huit pour cent de femmes. Des femmes vont donc aussi mourir en défendant leur pays.

Heureusement, l’Europe a présenté un front uni comme jamais, de lourdes sanctions économiques pèsent sur la Russie, des armes ont été financées et livrées, une aide humanitaire et une assistance aux réfugiés ont été mis en œuvre, des médias russes ont été interdits … En compromettant la paix et la stabilité de l’Europe, Poutine a provoqué une prise de conscience des principaux pays européens : l’Union n’a pas d’autres choix que de devenir puissante sous peine d’être réduite au silence par de superpuissances mégalomaniaques. Des pays de l’est ont même demandé à rejoindre l’OTAN qui était quasi moribonde.

Même en Russie, des opposants ont réussi à faire entendre leurs voix avec une lettre ouverte de scientifiques, des manifestations dans les grandes villes, des démissions en série dans les milieux culturels et intellectuels. Les féministes ne sont pas en reste et la résistance féministe anti-guerre s’organise en Russie : plus de cinq mille activistes sont réuni.es dans une chaîne tg et ont établi un Manifeste. Ces groupes participent aux manifestations d’opposition à la guerre à Moscou, Saint-Pétersbourg, Novosibirsk et Kazan. Elles bravent un régime totalitaire, les féministes françaises doivent être à leurs côtés.  

Des soutiens, l’autocrate n’en manque pourtant pas, d’autres pays de l’Est se sont alignés comme la Biélorussie par exemple. Et même en France, à droite comme à gauche, nombreux sont ceux qui ne cillent pas devant une Russie qui vise délibérément des civils Ukrainiens, envoie sa police arrêter les opposants russes à la guerre, musèle les médias de son pays, et dont les services secrets mènent une cyberguerre à nos démocraties. Ceci devrait nous inciter à comprendre que s’attaquer aux seuls identitaires, comme le font le plus souvent les universalistes, est insuffisant, les souverainistes aussi représentent un sérieux danger.

A l’occasion du 8 mars, sont proposés désormais tout un tas d’évènements plus ou moins convaincants. A Paris, est prévue une manifestation dont nous ne savons pas grand-chose si ce n’est qu’elle a le soutien de partis et syndicats d’extrême-gauche. Une grève est également organisée. En tant que féministe universaliste je ne suis pas certaine de me retrouver dans ces mobilisations. Quel peut bien être le sens d’appeler les femmes à une grève pour :

  • « Affirmer notre solidarité avec les femmes du monde entier » ? Une solidarité ça s’exerce, pas besoin d’une grève !
  •  « L’allongement des délais pour l’IVG » alors qu’ils viennent juste d’être allongés ?
  • « Lutter contre les violences sexistes et sexuelles ; l’égalité salariale et professionnelle », sans même faire le point sur les dernières mesures adoptées, les évaluer … pour revendiquer des mesures précises ?

« Ne nous libérez pas on s’en charge », mais faire grève pour exiger d’être libérées ? J’ai du mal à suivre cette logique pétrie de contradictions. Bien entendu en tant que féministes, le 8 mars, il nous faut continuer d’agir pour l’émancipation et l’égalité en France. Tout n’est pas gagné pour les femmes en occident loin de là. Dans bien des domaines, il faut continuer de se battre : santé, travail, etc. et surtout, le harcèlement de rue, les agressions, les violences sexistes et sexuelles qui sont toujours massives.

Mais pour ce 8 mars 2022, la priorité des féministes devrait être selon de moi de soutenir les Ukrainiennes et Ukrainiens plongé.es en pleine tourmente, et surtout tenter de prévenir toute violence à l’encontre des femmes Ukrainiennes. A court terme, nous devrions aussi nous engager pour un renforcement de l’Europe qui seule pourra nous protéger de tels conflits à l’avenir.

Au plan des droits des femmes, nous devons soutenir les initiatives de solidarité internationale envers les femmes qui dans nombre de pays subissent des discriminations et des violences inacceptables, au premier chef les Afghanes que ce nouveau front Ukrainien, ne doit pas nous faire oublier. Une action d’envergure est prévue à Bruxelles pour soutenir les femmes afghanes.

Nous devons également intensifier nos efforts contre tous les intégrismes, dont l’islamisme qui dans une logique séparatiste et communautaire fait peser sur des femmes musulmanes des diktats sexistes aux conséquences dramatiques. Bien sûr le voilement, l’enfermement communautaire, les mariages forcés, et les violences exercées sur les jeunes filles dans les quartiers, comme vient de nous le rappeler le jugement par trop clément des agresseurs sexuels de Shaïna, retrouvée morte, poignardée puis brûlée vive.

Ce n’est pas le travail qui manque. Je ne suis pas de ceux qui accusent les féministes de ne pas en faire assez, comme sont si prompts à le faire ce qui ne font rien en matière de droits des femmes, mais le mouvement mainstream devra se recentrer et établir des priorités pour venir à bout des pires violences contre les femmes.

8 mars 2022 NON A LA GUERRE EN UKRAINE !

Force et courage aux féministes universalistes.

Christine Le Doaré

Photo : L’armée ukrainienne est composée à 17% de femmes, Iryna Tsvila a été tuée dans la bataille de Kiev alors qu’elle tentait de freiner l’avancée des chars russes.

Les féministes russes mobilisées :

https://jacobinmag.com/2022/02/russian-feminist-antiwar-resistance-ukraine-putin?fbclid=IwAR1wvHEJqQsh_isdhxeA0sagEH4sFlfyTLdM02GCXqbA7_ETiNQeM4dGa3I

Les féministes russes mobilisé.e.s

Féminisme-LOVE

Un petit cadeau de Sainte-Valentine pour marquer le coup. Je vous offre une formation accélérée en Féminisme-LOVE. Ce féminisme doudou, qui plaît tant, et rafle tous les suffrages. Trop de succès pour être crédible ? Mais non, mais non, allez, lancez-vous, vous le valez bien vous aussi ! Je vous offre le mode d’emploi, vous allez voir, c’est facile.

Il y a plusieurs techniques éprouvées mais le mieux encore, c’est d’écrire un livre ou une pièce et de dire sans ciller :

1. Il ne faut pas faire la guerre aux hommes, ils ne méritent pas ça. L’idée générale, c’est de faire comme si vous ne saviez pas que seules les femmes sont mariées de force, excisées, violées, prostituées, assassinées … Ne vous demandez pas de quelle guerre il peut bien s’agir, faites comme si vous saviez.

Globaliser, chercher à se venger, bafouer la présomption d’innocence, sont à l’évidence des erreurs néfastes et contreproductives, nous sommes bien d’accord la-dessus. En se concentrant tous sur les violences pour les réduire, il y a fort à parier que moins de femmes victimes désespérées tomberaient dans l’excès et useraient de ces formes de justice expéditive. Certes, mais faut savoir ce que vous voulez, alors ne le rappelez pas. Faîtes comme si, avant de sauver les femmes des tous les dangers qui pourrissent leur vie, il faut aimer très fort les hommes. Oui, je sais bien, ils le sont aimés, c’est tant mieux d’ailleurs et il n’y a aucun risque que cela change de sitôt, mais vous devez vous convaincre qu’aimer les hommes est l’enjeu actuel prioritaire de notre civilisation. Si vous n’y arrivez pas, lisez Todd ça vous aidera.

2. Ensuite, vous dites : les femmes et les hommes doivent lutter ensemble, c’est ça le féminisme universaliste.

Vous savez parfaitement que le féminisme universaliste, c’est bien autre chose : c’est notamment un féminisme de solidarité avec les femmes du monde entier et qui ne donne pas prise à aucun relativisme culturel, etc. Aucune importance, personne ne va entrer dans les détails.

Vous avez déjà entendu dire que si les hommes doivent s’impliquer, ce sont bien les femmes qui arrachent peu à peu leurs droits et libertés. Affaire de rapports de force en somme. Aussi, tant que le système patriarcal ne sera pas de l’histoire ancienne, les féministes attendent des hommes pro-féministes, qu’ils ne parlent surtout pas en leur nom ou à leur place, mais mettent en valeur leurs luttes et travaux. Eux, doivent travailler sur la virilité toxique, convaincre d’autres hommes, ne pas chercher à gagner des « bénéfices secondaires » en s’engageant. Ils devraient aussi avoir la décence de ne pas adouber des féministes qu’ils sélectionnent parce qu’elles n’égratignent pas trop la domination masculine, leur égo, … Stop, surtout, ne dites pas ça. Vous seriez immédiatement grillées. Le Féminisme-LOVE tolère assez mal les féministes avisées et lucides. Le féminisme universaliste, vous l’incarnez, puisqu’ils vous l’ont dit. Il n’y a guère de féministes universalistes derrière vous, aucune importance. Vous n’y connaissez pas grand-chose au féminisme, son histoire, ses luttes, mais vous, avez une cour, des groupies et raflez tous les prix. C’est l’essentiel.

En résumé, rien de bien compliqué. Vous vous en tenez à ces deux idées.

Bien sûr il est permis de douter que ce « féminisme universaliste » ne vienne à bout du système patriarcal, pas plus que ne le feront les néo-féminismes. Mais ne vous engagez surtout pas sur ce terrain glissant.

Vous vous dites malgré tout que ce féminisme pourrait contribuez à renforcer les néo-féminismes parce qu’il délaisse nombre de discriminations et violences qui frappent tjrs les femmes occidentales. Il se focalise sur communautarisme, voile … et l’anti-wokisme, ce mouvement sectaire qu’il faut bien sûr combattre, mais négliger tout le reste n’est-ce pas envoyer des femmes vers les néo-féminismes ?

Si vous continuez à douter, vous allez avoir du mal à passer au niveau 2. Concentrez-vous et apprenez les points 1 et 2 par cœur. Avec un peu de chance et de persévérance, et si vous occupez déjà une position plus ou moins publique ou dans les médias par exemple, vous verrez, vous n’allez pas tarder à me remercier. Mais je vous en dispense, c’est cadeau ! Ce n’est pas tous les jours la fête de SaintTrucRosesDuKenya et je tenais à marquer le coup.

#FéminismeLOVE

Christine Le Doaré

Des écologistes défendent le hidjab en Conseil de Paris ! — Les VigilantEs

Championnes d’Arabie Saoudite Lors d’une délibération présentée au Conseil de Paris ces 8 et 9 février, par Anne-Claire BOUX (groupe écologiste), adjointe à la maire de Paris en charge de la politique de la ville, et concernant des subventions à 54 associations dont le Football Club Paris20, le débat a dérapé et a fini par porter […]

Des écologistes défendent le hidjab en Conseil de Paris ! — Les VigilantEs

Les nouveaux habits de la GPA

Lien en bas de page sur le débat GPA. Invitées par Terres De Progres avec Sylvie Mennesson, favorable, opposée à et Christine Le Doaré, défavorable. Un débat Zoom désormais disponible sur YouTube.

Pour contourner la biologie de plus en plus de couples gays ou hétérosexuels ont recours à la génétique. Désormais la GPA (gestation pour autrui) ne se pratique plus par insémination mais avec des transferts d’embryons, après fécondation in vitro.  Il y a donc des donneuses d’ovocytes ( les ovocytes sont prélevés par ponction transvaginale) et des gestatrices qui elles, vont porter l’enfant commandité. Les donneuses d’ovocytes peuvent être la mère d’intention ou pas. Le processus de reproduction est ultra divisé, de moins en moins biologique, de plus en plus génétique.

Même si des couples hétérosexuels sont concernés par la GPA, la revendication politique est essentiellement portée par le mouvement LGBT avec quelques personnalités hétérosexuelles très médiatisées, comme le couple Mennesson.

Force est de reconnaitre que dans les pays émergents, cette pratique relève de l’exploitation la plus sordide, la solution consisterait donc pour le lobby pro-GPA à légiférer en France, pour ne pas avoir à conclure des contrats dans les pays où la pratique est montrée du doigt.

Comme il a été démontré qu’un encadrement règlementaire en France ne changerait rien au fait qu’il s’agit toujours de segmentation génétique à outrance du processus reproductif, d’une forme d’eugénisme et de marchandisation des corps des femmes, le terme de GPA éthique a été mis en avant.

Projet de société

La GPA ne devrait pas être affaire de choix individuel mais de projet de société.  

Argument philosophique

Tout d’abord, ne faut-il pas valoriser la résilience ?  Nous ne réaliserons pas tous, tout ce que peut nous offrir la vie. Avoir des enfants est une possibilité, pas une certitude, et ce ne devrait pas être une fin en soi. Il y a bien des manières de se réaliser dans la vie. On peut aussi adopter ou s’occuper d’enfants et de bien des façons, notamment en les parrainant ou adoptant.  Résilience donc et non pas désir, attente, cadeau des fées, ces mots souvent employés par les promotteurs de la GPA.

Argument féministe

Longtemps, des femmes n’ont eu d’autres choix que de se réaliser dans la maternité. Encore de nos jours, être une femme sans enfant reste suspect. Beaucoup de femmes sont élevées dans le don d’elles-mêmes et la générosité. Si on écoutait les partisans de la GPA, l’altruisme serait un caractère génétique féminin.  Exploiter la capacité reproductrice des femmes n’est que pure essentialisation, et n’a rien de féministe.

Un argument est souvent utilisé, celui de la liberté et de l’exercice de la volonté des femmes gestatrices, consentantes pour s’engager dans une GPA. Il y a en effet des femmes qui consentent à la GPA.

Mais soyons honnêtes, c’est parce qu’elles sont :

  • soit embrigadées dans de sordides usines à bébés en Inde, en Ukraine, … où  il s’agit de profiter de la misère et de la vulnérabilité des plus faibles. En Ukraine, des cliniques proposent des promotions dans le cadre du Black Friday : entre 1 200 et 1 500 euros de réduction. En  Iran, des femmes sont candidates à la GPA, elles subissent des pressions pour aider leur famille à les sortir de la pauvreté, 4,000$ pour porter un embryon neuf mois. Quand on sait à quel point leurs vies sont hypothéquées sans cela!
  • soit motivées par une rondellette somme d’argent qui tombe à point, par exemple dans les familles moyennes américaines, entre l’achat de la seconde voiture et de la piscine.

« … le moyen le meilleur et le plus économiquement rentable de gérer les femmes, aux fins de la reproduction, et d’une manière générale, était de confier cette tâche aux femmes elles-mêmes. (…) aucun empire imposé par la force ou par d’autres moyens n’a failli à cette caractéristique : faire diriger les indigènes par des membres de leur propre groupe » La Servante écarlate, Margaret Atwood.

Pourtant, il a y a même des sociologues pour expliquer que la GPA permettrait aux femmes de s’émanciper. Je rappelle à toutes fins utiles les fondamentaux principaux du féminisme : s’affranchir de l’appropriation de nos corps et de nos vies.

Dans tous les cas, l’argument de la liberté de choix pourrait-il être suffisant pour que cette pratique soit autorisée en France ? On peut toujours trouver des gens voulant vendre un organe pour survivre. Aux USA, rien n’interdit aux plus pauvres de vendre leur sang plusieurs fois par semaine. Ce sont des femmes volontaires qui au nom des traditions pratiquent l’excision sur des fillettes … La même rhétorique de la liberté de choix est utilisée en matière de prostitution, un autre domaine de la mise à disposition du corps des femmes. En réalité, les seuls droits pour lesquels les femmes n’ont jamais eu à se battre c’est bien de faire des enfants ou de se prostituer. Encore et toujours l’instrumentalisation, l’exploitation et la marchandisation des corps et vies des femmes.

Argument éthique et politique

Peut-on accepter que l’enfant devienne une marchandise, un bien de consommation comme un autre, dans une logique toute capitaliste ? Le corps humain, la capacité reproductrive des femmes, deviendraient des ressources commercialisables ? Faut-il valider la négation du biologique au profit du tout génétique et d’une division à outrance du processus de procréation ? Faut-il aussi un code du travail en la matière ? Revoir le droit des affaires ? Au salon «Men having babies» de Bruxelles, sont proposées des  «Réduction fratrie» : si un couple recourt simultanément à deux « mères porteuses », il bénéficie d’une importante réduction. Des soldes quoi ! Au moins, on ne peut pas les taxer d’hypocrisie, la marchandisation est clairement assumée.

Quand les pro-GPA parlent de GPA, ils nous sortent tout un tas d’études pour le moins discutables. Ils ne nous parlent jamais des études qui mettent en exergue les problèmes. 2016 (A.WHITTAKER, International Surrogacy as Disruptive Industry in Southeast Asia ; New Jersey, Rutgers University Press, 2019) qui révèle que dans 80 % des inséminations réalisées aux États-Unis deux embryons ou plus sont transférés car moins de 20 % des commanditaires font le choix d’une grossesse unique.  Et tant pis si les femmes encourent les risques d’une grossesse gémélaire. On nous parle aussi rarement des trop nombreux prélèvements d’ovules sur des « donneuses » qui occasionnent des dommages sur leur santé. Les questions d’une rémunération différenciée selon l’ethnie des donneuses, leurs caractéristiques physiques, le choix de la donneuse sur catalogue, le choix du sexe de l’enfant, … toutes ces discriminations sont aussi documentées mais ils n’en font pas état.

Qu’implique pour une femme au plan personnel, le fait de s’engager dans une GPA ?

Ne parlons même pas de ces pays où les femmes qui s’engagent dans une GPA sont des esclaves enfermées dans des cliniques usines de production, mais de la GPA aux Etats-Unis par exemple.

Le contrat : Le contrat aliène toute liberté d’action et de disposition de soi de la mère porteuse « toute tentative de renégociation peut être considéré comme un acte criminel ». Le contrat est privatif de liberté, il impose un comportement stricte à respecter en matière de traitement, d’accouchement, … Il impose également à la gestatrice et à son conjoint une abstinence sexuelle. Il limite les déplacements de la gestatrice, lui impose un régime alimentaire. Il prévoie également un dédommagement en cas de perte d’un ovaire ou d’hystérectomie. Il faut lire ces contrats pour comprendre vraiment de quoi il retourne.

La santé : Toute grossesse présente des risques, n’est jamais anodine. Le corps subit des changements, parfois iréversibles. LA GPA implique des traitements lourds, une préparation et comme pour toute grossesse, de récupérer. Ce n’est pas 9 mois de la vie d’une femme qui sont mis entre parenthèse, mais au minimum 13 mois, voire plus.

Ensuite, il peut y avoir des complications : comme pour tout traitement hormononal de longue durée, un risque de perte d’organe (ovaire, utérus), de dépression, d’hémorragie post-partum, de diabète gestationnel …  et bien entendu, un risque de mort également.

Et après l’accouchement, quelles seront à long terme les conséquences de l’abandon d’un enfant, ce même s’il a été conçu pour d’autres ? Peut-on être indifférente après avoir porté un enfant en soi, et pendant des mois ? La parade selon les partisans de la GPA a été trouvée depuis qu’il n’y a plus de lien génétique avec l’enfant de peur que la gestatrice ne s’attache. Il y a donc les donneuses d’ovocytes, les embryons, les porteuses dans lesquelles on implante un embryon étranger. Le corps sectionné, instrumentalisé. La biologie contournée, la génétique est toute puissante avec une division à outrance du processus de procréation. 

Et les enfants ? Les enfants qui feront des recherches sur leurs origines, devront chercher une mère génétique, une mère porteuse et ils ont aussi une mère commanditaire. Le professeur René Frydman, dans GPA ou l’abandon sur ordonnance explique que le nouveau-né séparé à la naissance de celle qui l’a porté perd tout repère, ce qui provoque une détresse psychique qui pourra s’exprimer à tout moment de sa vie au travers de divers maux : dépressions, angoisses, somatisations, envies suicidaires.

De toute façon, les  études peuvent être mises en doute à partir du moment où les femmes ont signé un contrat et reçu une somme d’argent. Ont-elles le droit de se plaindre ? Pourtant, il y a un contentieux et qui prend de l’ampleur, car il arrive que des femmes ne remettent pas l’enfant comme prévu. Bien entendu, le lobby pro-GPA n’en fait pas grande publicité.

Au plan social : quelle femme peut se permettre de mettre plus d’une année de sa vie entre parenthèse ? Déja dans le monde du travail, les femmes sont pénalisées lorsqu’elles s’arrêtent pour raison de maternité.

Que serait rééllement une GPA Ethique ?

Une forme de GPA éthique a toujours existé, entre proches, dans les familles, une sœur pour une autre, une cousine, une amie très proche, par pur altruisme, très discrètement et sans donner lieu à une quelconque rémunération ni officialisation. C’est un phénomène très marginal  et il n’y a aucun besoin de légiférer pour ces cas exceptionnels. Dans ces cas, je veux bien parler de GPA ethique. Mais sinon, ce terme n’a aucun sens. Quelle femme, par pur altruisme va mettre sa vie entre parenthèse avec les traitements et risques inhérents pour mettre un enfant au monde et pour ensuite l’abandonner à d’autres ? Si ce n’est pour l’argent. Et même si certaines s’y adonnent avec plus de détachement que d’autres. Et d’ailleurs, admettons qu’une poignée de femmes soit disposée à le faire, ça prouve quoi ? Faut-il légiférer à chaque fois que quelques personnes désirent quelque chose ?

La GPA est un vaste marché, très prospère. Chercher à le réglementer de manière éthique est illusoire. Le nombre de femmes qui consentiraient à pratiquer une GPA sans être rémunérées serait dérisoire, aucun besoin de légiférer pour ça. Adopter un cadre restrictif en France n’empêcherait en rien des personnes de contracter des GPA a l’étranger.

La GPA c’est aussi un marché de l’eugénisme. Aux USA on conçoit de « meilleurs bébés » (𝑑𝑒𝑠𝑖𝑔𝑛 𝑏𝑒𝑡𝑡𝑒𝑟 𝑏𝑎𝑏𝑖𝑒𝑠), idéalement conformes aux désirs des commanditaires. Les cliniques américaines désormais pratiquent « l’annulation de cycle » quand après des mois de traitement hormonaux lourds, l’insémination est annulée parce que le sexe de l’embryon n’est pas celui attendu par les commanditaires. Je paye ma commande et elle doit être conforme à mon désir !

Au Canada,  au Royaume-Uni, présentés comme des modèles par les partisans français de la GPA, les porteuses reçoivent bel et bien un paiement. On peut l’appeler dédommagement, c’est un paiement.

La GPA n’est pas du tout affaire de parentalité sociale, c’est une parentalité génétique où il s’agit non seulement de reproduire ses gènes grâce à une hyper division du processus procréatif mais aussi de choisir un bébé parfait sur catalogue ; la seule parentalité sociale sans aucun lien biologique, ce serait l’adoption. Pourtant, qui se bat pour que soit adoptés plus facilement les enfants qui attendent désespérement dans les structures de l’aide sociale à l’enfance ?

Parlons du langage, des termes imposés pour parler de GPA.  Un langage qui déshumanise ce dont on parle réellement. Quand on remplace volontairement les mots, femmes, mères, par donneuse de vie ou gestatrice, on déshumanise les femmes et c’est volontaire. Un peu comme pour la prostitution quand on parle de « travailleuses du sexe », comme s’il existait un droit du travail – du sexe ! C’est tout de même très cynique.

La loi française.

La GPA est Interdite en France. La cour de cassation ne statue pas sur la légalité des contrats passés sous l’égide de lois étrangères, elle ne statue que sur l’état civil des enfants parce qu’aucun enfant ne doit être sanctionné pour les errements de ses parents.

Qui pourrait s’opposer à la régularisation de ces enfants en France ? Comment accepter qu’ils soient pénalisés pour les actes de leurs parents ? Personne. Il faut donc le dire clairement, la régularisation des enfants issus de contrats passés à l’étranger est un chantage.

Les conclusions de l’arrêt d’octobre 2019 affaire Mennesson ont été étendues à tous les actes de naissance délivrés légalement dans des pays étrangers. Le juge français n’est pas le juge de la légalité du droit d’autres pays que la France et la France s’était engagée à protéger tous les enfants. Un automatisme qui permet de régulariser les effets de contrats commerciaux conclus à l’étranger, des contrats d’achat et de vente d’enfants.

Alors qu’en matière de polygamie par exemple, les mariages successifs conclus à l’étranger n’octroient aucun droit en France aux épouses suivant la première.

Si un texte était pris en France pour établir précisément que la France ne reconnaît pas les états civils établis légalement à l’étranger à la suite d’une conception dont les modalités sont illégales en France, ce chantage ne serait plus possible. Mais ce ne sera pas demain la veille, le droit européen va harmoniser le statut des parents LGBT en Europe. Quand on est parent dans un pays européen, on le sera dans tous les autres. Si un enfant est le produit d’une GPA légale dans un pays européen, tous les pays devront reconnaitre son statut. Il ne sera plus nécessaire de procéder une régularisation en France. Cette disposition sera prochainement adoptée via le Rainbow family Rights.

En conclusion

Dans quelle société voulons-nous vivre ? Doit-on au nom de la primauté du droit subjectif des individus, autoriser une pratique eugéniste ? Doit-on donner raison à ceux qui contre toute évidence, comme Élisabeth Badinter dès 2013, parlent de GPA éthique pour masquer la génétique toute puissante et eugéniste de la GPA ?  Je ne le pense pas.

Je conseille notamment la lecture de Céline Revel-Dumas sur ce sujet. Il faut aussi lire le roman de Sofi Oksanen : »Le parc à chiens » chez Stock.

Christine Le Doaré

Débat sur la GPA. Invitées par

@TerresDeProgres Sylvie Mennesson, favorable, opposée à Christine Le Doaré, défavorable. Un débat Zoom désormais disponible sur YouTube. #GPA A voir ici

Flèche vers la droite avec pointe vers le bas

Le lexique trans du Planning est une abjection totalitaire

J’ai lu en détail le «Lexique trans» du PF (Planning Familial), et je suis scandalisée.

Pourtant, j’en ai vu pas mal, je suis féministe et lesbienne, et non pas une réactionnaire de la pire espèce.  

La dérive du planning familial vers toujours plus de relativisme culturel avec l’acceptation de l’oppression patriarcale religieuse de l’islam, (voile…), et puis la défense du système prostitutionnel, et toujours plus d’adhésion aux queer, woke et cancel cultures, s’arrêtera-t-elle un jour ? Cette association devrait-elle toujours recevoir des subventions publiques ? Quand on lit ce lexique qui atteint des sommets de malhonnêteté, on se dit que non.

En préambule, le PF croit bon de préciser que rien, pas même ce lexique, ne peut faire consensus «de par l’autodétermination des individus, la fluidité, l’évolution du langage» ! Alors maintenant, on ne recherche plus le consensus, on divise jusqu’à l’infini les réalités comme les perceptions individuelles et si on pense être une chauve-souris, une amibe, un spectre, ou un elfe, les autres doivent l’accepter. C’est aussi simple que ça, l’identité à la carte, comme au resto, choisissez votre déguisement, changez-en selon votre bon vouloir, et ne payez rien. Il y a de fortes chances que les femmes en fassent les frais, c’est pour ainsi dire, payé d’avance !

Ce lexique est très fourni, il y a des traductions de termes anglophones.  J’ai relevé sept termes et définitions qui selon moi posent de très gros problèmes et son révélateurs d’une idéologie queer très woke, et qui s’impose par le langage. Je garde pour la fin la section Inclusion dans les termes LGBTQI+ qui m’a mise hors de moi.

  • « LGBTQIA+ : Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Queer, Intersexes, Asexuel·le·s ou Aromantiques, le « + » indiquant la non-exhaustivité, incluant toute identité de genre ou orientation marginalisée. »

De quel droit considérer que l’homosexualité doit être phagocytée par toute une suite de situations ne la concernant pas plus qu’elle ne concerne l’hétérosexualité ?  Pourquoi les questions trans et d’identité sexuelle relèveraient-elles des questions sur l’homosexualité plus que sur l’hétérosexualité ? L’orientation sexuelle n’a strictement rien à voir avec l’identité de genre ou sexuelle.

Que peut bien signifier aujourd’hui l’acronyme à rallonges LGBTQIA+ ? Au départ, il y avait un mouvement de libération homosexuelle et on parlait d’homosexualité, de gays et de lesbiennes, avant tout. Mais désormais c’est interdit, c’est trop binaire, et il faut être fluide. Homosexuel.le c’est réac.

Personne ne sait trop bien à quoi correspondent les dernières lettre de ce sigle fourre-tout, ce n’est pas grave, ils apprendront et de force s’il le faut. Plutôt que d’ajouter des lettres, il faudrait plutôt en retirer,  le L n’est plus représenté,  tout juste le G a-t-il encore voix au chapitre dans les mouvements et cultures LGBT++++++

  • « Genre : Classe sociale construite culturellement. En occident, cela admet deux catégories, dont une dominée : les femmes ; et une dominante : les hommes. Genre est également utilisé en raccourci pour désigner l’identité de genre. »

Le genre : une classe sociale construite culturellement. Pourquoi pas en effet, deux genres féminin et masculin, et puis la culture qui distribue à chaque genre des rôles sociaux avec leurs cortèges de stéréotypes.

Mais, on peut tout aussi bien substituer au mot genre le mot sexe : le sexe est une réalité biologique (chromosomes, hormones, appareils génitaux, caractères secondaires, etc.) ; c’est également, et fonction de cette réalité biologique, une classe sociale construite culturellement, deux catégories sociales de sexe,  une dominée de sexe féminin et une dominante de sexe masculin. Le mot genre n’est qu’une convention pour exprimer qu’à un moment on ne parle pas tant de biologie que de rôles sociaux de sexe/genre, mais il n’est pas indispensable, le mot sexe peut tout aussi bien être utilisé.

  •  « Assignation à la naissance : À la naissance, les médecins décident, selon des normes de longueur du pénis/clitoris, si l’individu est un garçon ou une fille. »

Non, les médecins à la naissance savent s’ils ont affaire à un garçon ou une fille, parce que les organes génitaux sont très différents, il y a bien un appareil génital féminin ou masculin.  La longueur du pénis ou du clitoris leur importe peu, on n’est pas dans un casting de film pornographique. En revanche, la détermination du sexe pose problème dans le cas de personnes intersexuées qui naissent avec des variations de leurs caractéristiques sexuelles (organes génitaux atypiques, production atypique d’hormones, constitution génétique atypique au plan chromosomique). Ce qui représente environ 1,7% des naissances. Les droits des personnes intersexuées doivent être respectés. Mais aucune raison d’imposer leur problématique à l’ensemble de la population.

Le terme assignation à la naissance, est accusateur, comme s’il y avait une intention coupable derrière un simple constat.  Bientôt on nous dira que les médecins doivent cesser de nous assigner un sexe contre notre gré et qu’à l’âge de 5 ans, nous choisirons  ce que nous voulons être : elfe, champignon ou sirène, figurant bien entendu au catalogue.

  • « Personne cis : Personne ne se ressentant pas d’un autre genre que celui qu’on lui a assigné à la naissance. On admet que l’adjectif cis est le diminutif de cisgenre.

Alors ça c’est carrément dément. Ce terme sous-entend que chacun devrait vérifier être bien conforme, ou pas, au sexe constaté à la naissance ! En réalité, ce terme est très pratique pour déconsidérer les personnes qui ne revendiquent pas une fluidité de genre voire une transidentité. C’est devenu une insulte. T’es cis, c’est banal, tais-toi, nous allons t’expliquer ce que c’est d’être femme,  nous les trans M to F. On le sait tellement mieux que toi, puisque nous l’avons voulu si fort ! Comment de telles absurdités se sont-elles imposées comme des vérités ?

  • « Cisnormativité : considérer le fait d’être cis comme « normal », allant de soi, comme la référence par défaut, de marginaliser tout ce qui en sort. »

Ah cette réalité qui ne fait rien d’autre que nous embêter !

Pourtant,  et jusqu’à preuve du contraire, dans leur immense majorité les êtres humains naissent femmes ou hommes et en sont satisfaits même si certains traversent l’adolescence plus difficilement que d’autres. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils se conforment aux rôles sociaux-culturels impartis aux femmes et aux hommes, encore moins aux stéréotypes qu’ils peuvent tout à fait remettre en question. Il n’est interdit à personne de s’inventer, de développer une personnalité originale ou alternative. Il peut y avoir autant de sortes d’hommes et de femmes que d’individus ou presque. Celles et ceux qui vont vouloir changer de sexe ont toujours existé, mais ils sont une ultra-minorité. Une minorité qui augmente parce que la mode est au genderfluide et que la jeunesse résiste difficilement au mimétisme. Une mode que certains, hélas, vont payer très cher, car les traitements, hormonaux en particulier, et je ne parle pas des mutilations, ne sont jamais sans conséquences sérieuses sur la santé. Une mode qui peut aussi avoir de terribles conséquences pour ceux qui trop jeunes sont entraînés dans un parcours de transition et le regrettant quelques années plus tard, ne peuvent plus dé-transitionner. De récentes affaires judiciaires de dé-transition devraient alerter des dangers de ce qui n’est pas un simple jeu de rôles.

Mais pour les adeptes de la queer culture, il faut séduire et amener de plus en plus de jeunes vers la fluidité ou la transidentité. Il est utile au passage de moquer les pauvres cis et surtout d’imposer l’idée que la biologie n’est pas un déterminisme, qu’elle peut être effacée, anéantie et qu’il est possible de créer un monde d’auto-détermination souveraine.

  • « TERF (*Trans Exclusionnary Radical Feminist) : Désigne une fraction de féministes et d’individu·e·s luttant contre les droits des personnes trans au nom de la sécurité des femmes cis dans les espaces non-mixtes (toilettes/prisons). Utilisé à tort pour désigner les personnes transphobes en général. »

Cette expression odieuse a été inventée et vulgarisée pour attaquer les féministes radicales, en réalité toute féministe opposée à ce que l’agenda trans supplante celui des luttes pour les droits des femmes. En réalité, ce sont les féministes qui sont attaquées soit physiquement pour empêcher des prises de parole, conférences …, soit moralement pour les harceler et nuire à leur réputation, comme dans le cas de JK Rowling notamment. Il est devenu interdit de poser une question, d’émettre un doute ou de formuler une critiques sous peine d’être attaquée et interdite d’exister, de communiquer et de travailler.

Oui, la question de la sécurité des femmes dans les différents espaces publics est un problème réel et d’importance. Oui, il est légitime de les protéger d’individus auto-déterminés femmes mais possédant un pénis et exerçant des menaces et violences à caractère sexuel.

  • « Mâle/Femelle : Utilisés surtout pour étudier la reproduction sexuée chez diverses espèces, il convient de ne pas les employer pour caractériser nos congénères humains. Ces termes binaires ne reflètent pas la variété de nos corps et de nos vécus. Comme on l’a vu plus haut, le sexe est un construit social. Un pénis est un pénis, pas un organe sexuel mâle. »

 « Le sexe est un construit social » non, le sexe correspond à des normes sociales en vigueur mais qui peuvent être combattues et battues en brèche. Le sexe est une réalité biologique, ensuite, nos cultures construisent des règles et stéréotypes qu’il est tout à fait possible de déconstruire et dépasser : être de sexe féminin, une femme,  ne signifie pas être une bimbo botoxée aux lèvres et ongles carmin, chaussée sur des échasse de 15 cm de haut et soumise à un mâle viril ; tout comme être de sexe masculin, un homme, ne signifie pas être une brute épaisse prête à dégainer son pénis à tout va !

« Un pénis est un pénis, pas un organe sexuel mâle » Alors ça c’est la meilleure ! Qu’est-ce donc qu’un pénis sinon l’organe sexuel masculin ? Ça ne pousse pas dans les champs, si ? Personne ne songe à s’en greffer un en pâte à modeler, si ?

Et pourquoi des hommes trans, F to M, voudraient s’en faire fabriquer un vague ersatz, sinon ? Cette mauvaise foi est tellement ridicule !

Pour finir, la section Inclusion dans les termes LGBTQI+ est tout bonnement insensée.

  • « Lesbienne » et « gay » sont bien connus, mais souvent ciscentrés.
    Il est important de comprendre qu’un couple de lesbiennes peut, par exemple, être composé d’une femme cis et d’une femme trans, ou qu’un homme gay peut avoir une vulve.

L’homosexualité n’est plus clandestine, elle est mieux acceptée, mais il ne faut pas rêver, tout est loin d’être parfaitement réglé. Alors voyez-vous maintenant, les personnes homosexuelles sont des oppresseurs comme les autres. A l’hétéronormativité il faut ajouter l’homonormativité !  Ces salauds de  cisgenres. C’est horrible, une lesbienne est une femme de naissance, qui préfèrent aimer une autre femme. Pareil pour les gays. Vous trouvez ça normal vous ? Si ce n’était pas aussi grave, on pourrait en mourir de rire.

« Un homme gay peut avoir une vulve » mais oui bien sûr, et une femme lesbienne un pénis n’est-ce pas ? Et on retombe sur le terrorisme trans très en vogue qui reproche aux lesbiennes de ne pas vouloir coucher avec des trans M to F ! Vous imaginez, un homme devenu femme trans, non opérée, qui continue de préférer les femmes, donc qui devient femme trans lesbienne et qui veut s’imposer et contraindre une lesbienne à coucher avec elle ? Mais pourquoi cette dernière en aurait-elle envie plus qu’avec un homme cis ?

En fait, c’est infernal cette dictature des minorités,  il n’est plus question d’aimer des individus pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils prétendent être.

  • « La définition consensuelle des personnes bi serait «attirées pour les hommes et les femmes ». Mais cette définition est binaire, et a pu être qualifiée de transphobe. »

Jusqu’ici, une personne qui aimait indifféremment les hommes et les femmes, s’attachant avant tout à une rencontre, une personnalité, peu importe son sexe/genre, était bisexuelle. Mais voilà la censure trans est aussi passée par là. Et maintenant les bisexuels qui pourtant ne sont pas monotones (!), sont accusés d’être binaires ! Là c’est le moment de s’arracher les cheveux et de se dire qu’il vaut sans doute mieux éviter toute relation amoureuse et/ou sexuelle, c’est bien trop compliqué.

Quand on pense que le rôle du PF c’était notamment d’aider les jeunes – et pas seulement – à se protéger pour avoir une vie sexuelle libre et épanouie, quel vertige ! Je vais leur offrir mon essai « Fractures! Le féminisme et le mouvement LGBT en danger » récemment paru aux éditions Double Ponctuation, qui traite notamment de ces questions, on ne sait jamais, des fois que ça leur ouvrirait de nouveaux horizons. On peut toujours rêver, non ?

Christine Le Doaré

Lexique trans

Introduction

Ce lexique a été établi pour accueillir le plus respectueusement l’ensemble des personnes. Les définitions présentées font consensus dans notre groupe, mais ne feront jamais l’unanimité. Aucune ne le fait partout, de par l’autodétermination des individus, la fluidité et l’évolution du langage. Vous pourrez donc rencontrer des personnes qui n’auront pas les mêmes définitions. Il convient, bien sûr, de s’adapter aux façons dont les personnes s’auto- déterminent. Ce lexique est rangé dans l’optique d’un apprentissage progressif, chaque terme donnant les clefs pour comprendre les termes suivants.

Termes liés aux transidentités

Transidentités : ensemble des vécus trans. Il convient de l’accorder au pluriel pour affirmer la diversité des vécus trans.

LGBTQIA+ : Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Queer, Intersexes, Asexuel·le·s ou Aromantiques, le « + » indiquant la non-exhaustivité, incluant toute identité de genre ou orientation marginalisée.

Genre : Classe sociale construite culturellement. En occident, cela admet deux catégories, dont une dominée : les femmes ; et une dominante : les hommes. Genre est également utilisé en raccourci pour désigner l’identité de genre.

Sexe : Construit social basé sur des observations moyennes des différences biologiques entre les genres. Il est communément admis scientifiquement que le sexe est un spectre. Peut également désigner l’appareil génital

Assignation à la naissance : À la naissance, les médecins décident, selon des normes de longueur du pénis/clitoris, si l’individu est un garçon ou une fille.

AMAB (acronyme de Assigned Male At Birth) : Personne assignée homme à la naissance.

AFAB (acronyme de Assigned Female At Birth) : Personne assignée femme à la naissance. Ces acronymes sont à proscrire pour désigner des personnes. Ils ne servent qu’à renseigner sur l’assignation qu’a subi un individu, à ne faire que si nécessité absolue dans le contexte.

Identité de genre : Ressenti interne du genre de l’individu. Indépendamment de son assignation, du regard de la société ou de son apparence/expression de genre

Expression de genre : Ensemble de caractères visibles pouvant amener à catégoriser une personne comme à un genre ou l’autre (corps, vêtements, maquillage, parfum, attitude, …). L’expression de genre peut être différente de l’identité de genre, que cela soit voulu par l’interessé·e ou pas. Elle ne suffit pas à déterminer le genre de quelqu’un·e.

Personne trans : Une personne trans est une personne qui n’est pas du genre qu’on lui a assigné à la naissance. On admet que l’adjectif trans est le diminutif de transgenre. D’autres versions peuvent exister, mais elles sont propres aux interessé·e·s et ne devraient pas être utilisées par des personnes non concerné·e·s.

Personne cis : Personne ne se ressentant pas d’un autre genre que celui qu’on lui a assigné à la naissance. On admet que l’adjectif cis est le diminutif de cisgenre.

Femme trans : Femme AMAB.

Homme trans : Homme AFAB

Personne non-binaire (NB) : Personne dont le genre n’est pas « homme » ou « femme » : cela peut être une combinaison, une absence (agenre), ou un genre autre. D’après notre définition, les personnes non-binaires sont inclues dans les vécus trans. Mais certaines peuvent ne pas se définir trans. Chaque personne NB peut avoir ou non un besoin de transition médicale et/ou administrative.

Transition : Indifféremment utilisé pour désigner une transition médicale (hormones, chirurgies, autres) et/ou sociale et/ou administrative, la transition est l’ensemble des actes que va accomplir une personne trans afin de se sentir mieux dans son genre ou pour cispasser.

Cis·passing : Le passing désigne une expression de genre permettant clairement d’identifier une personne comme d’un genre ou l’autre (ou pas du tout pour les passings androgynes). Le cispassing désigne le fait qu’une personne trans « passe » comme une personne cis. On dira alors qu’elle cispasse.

Stealth (anglais pour « furtif », « sous-marin ») : On dit d’une personne trans qui a un cispassing et qui ne révèle pas qu’elle est trans qu’elle est « stealth ». Souvent le seul moyen pour une personne trans d’aspirer à une vie un tant soit peu « normale », moins exposée aux violences.

Out (anglais pour « sorti·e » du placard) : Par opposition à stealth, une personne trans « out » ne cherche pas à passer pour cis (indépendamment de son cispassing)

Coming-out (« sortie du placard »): Déclarer à quelqu’un·e que l’on est trans (ou LGBTQIA+) et indiquer son genre. Une personne trans peut être amenée à faire son coming-out à plusieurs moments de sa vie, en fonction de ses proches/ami·e·s et de sa situation.

Outing/outer : Révéler qu’une personne est trans (ou LGBTQIA+). L’outing ne doit JAMAIS se faire sans le consentement de la personne concernée. Et cela peut être considéré, dans le code pénal, comme une atteinte à la vie privée.

Dans le placard/closet : dans le cadre d’une personne trans, se dit quand elle se fait toujours passer pour son genre d’assignation, et n’a pas fait de coming-out. Utilisé également par l’ensemble de la sphère LGBTQIA+.

Dysphorie de genre : Sensation d’inconfort, de détresse ou de rejet résultant de son assignation à la naissance. Elle peut être liée au corps et/ou à des critères sociaux. Ce terme d’origine médicale est souvent utilisé de façon abusive, comme un critère. Or, une personne trans ne ressent pas nécessairement de la dysphorie. Cette dysphorie peut, en revanche, être déclenchée par des situations qui peuvent sembler anodines aux autres.

Euphorie de genre : Sensation de bien-être ou de confort résultant de se reconnaître dans son genre que cela soit socialement ou corporellement. L’euphorie de genre peut être déclenchée chez les personnes trans par toutes sortes de situations, qui ne correspondent donc pas nécessairement à des stéréotypes de genre !

Caractéristiques sexuelles : Ensemble des caractères sexués : hormones, organes internes, organes externes, chromosomes, poitrine, pilosité, répartition des graisses, …

Hormones : Dans le cadre des transitions médicales de personnes trans, celles-ci sont souvent amenées à prendre des hormones dîtes sexuelles : œstrogène et progestérone pour les femmes trans, testostérone pour les hommes trans). On parle de THS (traitement hormonal de substitution, ou de THF ou THM (traitement hormonal « féminisant »/« masculinisant »)

Dicklit : Clitoris ayant changé sous l’action d’un THS. Des hommes trans ou des personnes NBs, hormoné·e·s ou non, utilisent également ce terme pour désigner leur clitoris.

Femmis/Ladyck : Pénis ayant changé sous l’action d’un THS. Des femmes trans ou des personnes NBs, hormoné·e·s ou non, utilisent également ce terme pour désigner leur pénis.

SRS (Sex Reassignment Surgery): Chirurgie génitale. Souvent appelé LA chirurgie, à tort. Elle en incluse des diverses et variées, et toutes les personnes trans n’en ressentent pas le besoin. Elle n’est légalement plus exigée pour un changement d’état civil.

Transphobie : Discrimination/haine/aversion/rejet des personnes trans. La transphobie ordinaire paraît souvent anodine aux personnes cis. Ne pas respecter l’identité d’une personne en est un exemple. La transphobie peut être intériorisée, amenant une personne à se haïr elle-même ou d’autres personnes trans.

Morinom ou deadname : Nom donné à la naissance et rejeté car renvoyant à l’assignation. Si celui-ci n’est pas rejeté, ça peut être « ancien nom », ou « nom civil » s’il n’est pas changé.

Mégenrer : Utiliser un pronom ou des accords qui ne sont pas ceux utilisés par la personne. Si le mégenrage est volontaire, il s’agit d’un acte transphobe particulièrement blessant. S’il est accidentel, mais répété parce que la personne ne souhaite pas réellement s’en préoccuper, on considère cette négligence comme un transphobe également.

Normativité : imposer une situation comme normale, allant de soi, alors qu’elle n’est qu’un élément culturel encouragé.

Hétéronormativité : considérer le fait d’être hétéro comme « normal », allant de soi, comme la référence par défaut et de marginaliser tout ce qui en sort.

Cisnormativité : considérer le fait d’être cis comme « normal », allant de soi, comme la référence par défaut, de marginaliser tout ce qui en sort.

Queer : Ancienne insulte (anglais pour « bizarre, tordu ») réappropriée par des personnes qui se revendiquent de façon politique en dehors des normes hétéro-cis.

CEC (*Changement d’État Civil) : Désignant la plupart du temps l’acte de changement de sexe à l’état civil (+ prénom éventuellement) qui se fait devant le Tribunal de Grande Instance. Il peut également désigner l’acte de changement de prénom en mairie.

TERF (*Trans Exclusionnary Radical Feminist) : Désigne une fraction de féministes et d’individu·e·s luttant contre les droits des personnes trans au nom de la sécurité des femmes cis dans les espaces non-mixtes (toilettes/prisons). Utilisé à tort pour désigner les personnes transphobes en général.

Termes liés à tort aux transidentités

Travesti·e : Personne adoptant une expression de genre du « genre opposé » à des fins d’amusement, artistique ou d’excitation.

Drag-queen, drag-king, drag-queer : Personne se travestissant dans une performance artistique reprenant les codes culturels drag, caricaturant généralement les codes genrés.

Termes à ne pas utiliser

Mâle/Femelle : Utilisés surtout pour étudier la reproduction sexuée chez diverses espèces, il convient de ne pas les employer pour caractériser nos congénères humains. Ces termes binaires ne reflètent pas la variété de nos corps et de nos vécus. Comme on l’a vu plus haut, le sexe est un construit social. Un pénis est un pénis, pas un organe sexuel mâle.

Masculin/Féminin : Adjectifs se référant à une adéquation avec des stéréotypes genrés. Il peut être tentant de les utiliser, mais demandez-vous au préalable si leur utilisation ne sera pas vécue comme un jugement (qu’il soit positif ou négatif) du cispassing de quelqu’un·e.

Personne issue de la transidentité : Des personnes considérant leur transition « achevée » utilisent parfois ce terme. À ne pas utiliser sur des personnes n’utilisant pas le terme elles- mêmes. Il implique qu’être trans serait limité à un parcours avec un début et une fin.

Changer de sexe : Ça se réfère souvent, dans l’imaginaire collectif, à « LA chirurgie » (SRS). En fait, les caractéristiques sexuelles de personnes, qu’elles soient cis ou trans, ne sont pas binaires et peuvent changer tout au long de leur vie.

Changer de genre : Une personne trans ne change généralement pas d’identité de genre ; elle l’affirme, la révèle ou l’assume. Dans une approche matérialiste du terme genre, en tant que classe sociale, le « genre » d’une personne trans n’est jamais tout à fait du genre femme ou homme, puisque cela peut dépendre de ce que son interlocuteurice sait ou perçoit.

Naître dans le mauvais corps : Se focaliser sur les le corps des personnes trans est une erreur commune et stigmatisante. Les difficultés liés à la transidentité découlent de l’assignation à la naissance, non du corps dans lequel on naît. Une personne trans peut tout à fait avoir la sensation d’être née dans un corps qui est bien le sien, en y apportant ou non des modifications pour que son apparence lui convienne d’avantage et/ou soit plus vivable en société.

Transsexuel·le : Ce terme pathologisant, introduit par les psychanalystes dans les années 50 dans le registre de la psychose, est proscrit aujourd’hui. De plus, il répand par son étymologie, la confusion que les transidentités seraient une « sexualité ».

Certaines personnes trans utilisent ce terme, pour diverses raisons qui leur appartiennent. Iels se désignent comme iels le souhaitent. Le diminutif « trans » convient à la grande majorité d’entre elleux.

Transsexualité : synonyme de transidentités. À ne pas utiliser (voir plus haut) Transsexualisme : terme médical utilisé pour catégoriser la transidentité en maladie

mentale, aujourd’hui absent des références scientifiques mondiales.
Travelo, trav, shemale, ladyboy ou pussyboy, femboy, garçon manqué : termes insultants.

Inclusion dans les termes LGBTQI+

« Lesbienne » et « gay » sont bien connus, mais souvent ciscentrés.
Il est important de comprendre qu’un couple de lesbiennes peut, par exemple, être composé

d’une femme cis et d’une femme trans, ou qu’un homme gay peut avoir une vulve.

Il peut aussi arriver par exemple qu’une personne transmasculine, bien que ne se définissant pas femme, garde son identité politique de gouine (réappropriation de l’insulte). Comme toujours, l’important est de respecter la façon dont la personne s’auto-détermine.

La définition consensuelle des personnes bi serait «attirées pour les hommes et les femmes ». Mais cette définition est binaire, et a pu être qualifiée de transphobe.

Le terme pan (attirées par des personnes de tout genre) s’est forgé notamment pour inclure des personnes non-binaires. On constate qu’il est surtout utilisé par les populations jeunes.

Mais d’autres définitions de bi existent, qui s’approchent beaucoup de celle de pan : Homo étant attiré par le même genre; hétéro étant attiré par un autre genre; bi serait « attiré par des personnes du même ou d’un autre genre ».

Plus d’infos sur http://bicause.fr/

La définition consensuelle de l’intersexuation, dans les associations humanitaires, est : «personnes nées avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques du masculin ou du féminin ».

Mais un besoin de définition plus politique a émergé, pour sortir clairement de la pathologisation, et y agréger un vécu social :

«l’intersexuation désigne les expériences des personnes nées avec un corps qui ne correspond pas aux définitions normatives du « masculin » ou du « féminin ». »

Elle sort ainsi de la réalité biologique en devenant une réalité sociale, créée par les médecins, avec des normes sexistes, homophobes et transphobes, qui violent des droits humains en particulier celui à l’intégrité physique. Cette définition permet de sortir des paradigmes médicaux, et évite des divers écueils.

Plus d’infos sur https://cia-oiifrance.org/

Pourquoi les VigilantEs soutiennent le Collectif Féminicides par Compagnons — Les VigilantEs

Nous condamnons fermement l’attitude du Collectif #NousToutes aussi du Planning Familial et quelques autres, envers le Collectif Féminicides par Compagnons ou Ex. Une fois de plus, ces groupes portent préjudice aux droits des femmes et divisent le mouvement féministe. Notre réseau féministe universaliste pointe les limites voire les dangers des idéologies qui, plaquées sur le […]

Pourquoi les VigilantEs soutiennent le Collectif Féminicides par Compagnons — Les VigilantEs

A Marguerite et aux autres

J’ai posté un statut facebook qui a déclenché une intéressante discussion. A cette occasion, j’ai réalisé qu’il y avait un besoin d’échanger sur cette question.

Cela commençait comme ça : j’essaye, mais je n’arrive pas à comprendre la folie de ce monde dans lequel nous sommes désormais plongé.es. Un monde dans lequel une jeune femme comme Marguerite Stern, ex-Femen qui a lancé ces fameux collages féministes, notamment contre les féminicides, craque face à des adversaires haineux, comme si elle était seule au monde.

Elle vient d’annoncer sur Twitter, faire un séjour en hôpital psychiatrique à cause du harcèlement qu’elle subit sur les réseaux sociaux (RS) depuis deux ans, pour ses positions féministes.

Lire cette information sur Twitter m’a peinée et inquiétée, mais m’a aussi donné l’impression qu’elle se pensait réellement seule au monde et n’imaginait pas que d’autres avaient déjà défendu les mêmes idées qu’elle et continuaient de le faire.

Ces jeunes femmes partent en guerre et s’exposent sur les RS jusqu’à l’épuisement, le craquage. Elles semblent croire qu’elles partent de zéro, doivent tout inventer et que personne ne s’est battu ni ne se bat encore, quasiment chaque jour, contre tout ce qui les révolte elles aussi, depuis que le féminisme et les luttes queer-LGBTQI ont dérapé.

Le mouvement queer, si cool en apparence est en réalité, souvent sectaire voire violent, avec des trans-activistes haineux qui vous traitent de TERF, des pro-prostitution qui vous diffament, insultent, menacent, et même de mort.

Pourquoi cette solitude alors que nous sommes un certain nombre à nous être battues, exposées pendant des années, dans nos vies quotidiennes, en vrai et pas virtuellement sur les RS où l’on peut choisir d’apparaître ou pas, de sélectionner son auditoire, de bloquer ses agresseurs … et nous continuons de le faire pour certaines d’entre nous.

Nous, ne faisons pas comme si nous étions seules au monde à porter ces luttes sur nos épaules, nous avons toujours su qu’il y avait d’autres femmes, partout dans le monde, qui pensaient, écrivaient, agissaient, se battaient comme nous, et que nous deviendrions de plus en plus nombreuses,  que nos voix finiraient par porter.

Les mutations et dérives du féminisme et du mouvement LGBT vers l’intersectionnalité, le relativisme culturel ne datent pas d’hier.

La place prépondérante prise par les questions trans posent problème depuis plus d’une bonne décennie. Nos luttes contre le système prostitueur avant le vote de la loi d’abolition prostitution furent difficiles, nous fûmes constamment confrontées à une immense violence de la part du STRASS et de groupes LGBT. Nous dénonçons en tant que féministes universalistes, le patriarcat religieux et son emprise sur les corps et vies des femmes depuis longtemps ; cela passait fort bien quand il s’agissait de l’église catholique, mais avec l’islam, cela nous vaut d’être ostracisées, diffamées, insultées, accusées de racisme.

Je viens d’écrire un livre témoignage et d’analyse sur l’évolution des mouvements féministe et LGBT durant ces trente dernières années.(1) J’ai du mal à les imaginer l’ouvrir ce livre, pourtant, elles comprendraient alors qu’elles ne sont ni les premières ni les seules à affronter les mêmes adversaires, qu’elles ne sont pas plus en danger que nous l’étions et le sommes encore. Au contraire, les prises de position universalistes recommencent à avoir et de plus en plus, d’écho.  

J’ai lu le long interview de Marguerite Stern dans l’Express, mis à part ses questionnements intimes, je n’ai quasiment rien vu que nous n’ayons déjà dit ni écrit et ce, un nombre incalculable de fois. Alors que se passe-t-il avec cette génération ? Trop de personnalisation, trop d’individualisme, trop d’exposition virtuelle ? Pas assez de luttes collectives ni d’appui sur des militantes aguerries ? Le nihilisme propre à la jeunesse ?

J’ai beau savoir la spirale infernale du harcèlement, la violence de certains échanges, et pour cause, j’ai pas mal payé pour le savoir, je n’arrive tout de même pas à m’expliquer ce rapport à l’engagement militant, à la lutte, ce rapport aux adversaires comme aux allié.es que l’on préfère ignorer, snober presque ; et encore moins ce rapport aux RS que l’on ne parvient pas du tout à maîtriser.

Ces jeunes femmes, radicales, engagées contre le mouvement queer/trans-activiste, la prostitution, les intégrismes religieux, le voile … , aussi contre les woke et cancel cultures sont aux antipodes des relativistes et intersectionnelles. Qu’elles existent est formidable, un formidable espoir. Mais elles ne sont pas les seules féministes universalistes, loin de là, et ce n’est pas parce qu’elles sont jeunes que ce qu’elles disent est plus intéressant non plus ; nous leur avons ouvert la voie, et continuons d’agir à leurs côtés, aussi, les voir se débattre et souvent sombrer, est-il particulièrement choquant.

Je trouve ça triste, aussi très inquiétant. Je ne sais pas si des chercheurs travaillent sur ces questions, mais il serait peut-être temps de s’y mettre avant que trop d’entre elles ne se brûlent les ailes ?

Dans tous les cas, je lui, leur, souhaite d’en sortir indemnes, de trouver la force et les ressources de vivre leur engagement en mieux se protégeant. Parce que ce n’est pas fini, loin de là. Il faut durer, avancer, en se sachant nombreuses, en regardant derrière soi, à côté de soi et derrière soi,  le chemin accompli par soi-même et par les autres.

A la suite de ce statut, s’est engagée une discussion dont je retiens quelques idées ;  des pistes de réflexion pour un débat.

Avoir l’impression de devoir repartir de zéro est peut-être le propre de la jeunesse, et la transmission des luttes passées n’est pas toujours suffisante, la solidarité inter-générationnelle non plus. Les « historiques « ont aussi leur part de responsabilité, en tous cas la plupart de celles qui doivent leur carrière au féminisme. A distance des militantes, elles ne réalisent même pas l’élitisme qui est le leur. Elles ne se reconnaissent guère d’héritières,  si ce n’est quelques stars médiatiques. Surtout pas de prise de risque. Pourtant, aucune féministe ne fait sens seule, et des féministes qui par exemple revendiquent la réglementation de la GPA ou qui aurait affiché une étiquette politique plutôt qu’une autre,  n’auraient pas fait consensus à leur époque. Le féminisme c’est d’abord l’histoire de confrontations et de consensus collectifs. En quelque sorte, elles ont pensé partir de zéro elles aussi, malgré toutes celles qui les avaient précédées et dans le monde entier, et s’imaginent maintenant être les dernières. Dans leur tour d’ivoire, n’ont-elles pas brisé une chaine de solidarité, et favorisé une récupération et un dévoiement d’autant plus facile qu’il n’y avait plus de barrage suffisamment puissant ? 

De leur côté, les jeunes générations semblent peu s’intéresser à l’Histoire, aux témoignages et enseignements des militantes plus âgées et toujours actives. Même lorsqu’on les interpelle, notamment sur les RS en suggérant qu’elles ne sont pas vraiment si précurseuses que ça, ou en leur conseillant de lire un livre, elles ne daignent pas répondre. Pourquoi ? Sentiments d’urgence et d’immédiateté mêlés au besoin de se croire individu auto-suffisant et unique ? Incapacité à entendre les autres, toutes à leurs souffrance et à la violence des attaques subies, notamment sur les RS ? En tous cas, la volonté d’échanger et d’apprendre des autres semble bien être absente.

Les formes de lutte ont changé, moins collectives, plus individualistes et solitaires. Les médias encouragent cet isolement en choisissant des égéries, un temps mises en avant. Le risque, particulièrement en matière de féminisme qui génère souvent des oppositions violentes, c’est que l’exposition et l’isolement deviennent trop lourds à supporter. Les médias trouveront vite d’autres candidates, la médiatisation est devenue une manière idéalisée d’exister socialement. Oublier que les luttes sont collectives et ne pas s’appuyer sur d’autres est dangereux, mais l’époque ne sait plus que flatter le narcissisme et la suffisance des individu.es qui font semblant d’ignorer tout ce qu’ils doivent aux autres et finissent par se convaincre qu’ils savent et peuvent tout à eux-seuls, qu’ils et elles sont les meilleurs.

Approfondissons un peu ce phénomène.

Il y a la fabrique des égéries par les médias, universitaires, politiques et divers groupes d’influence qui exhibent sans cesse deux ou trois personnalités censées représenter à elles seules, une idéologie, une lutte, une tendance, qu’en général elles ne connaissent que partiellement. Une universaliste au carré, un peu plus de mainstream qui ne savent plus trop où elles habitent, et enfin stars montées en épingle comme des meringues aussi creuses qu’écoeurantes, des relativistes au féminisme dévoyé mais adoubé par les universitaires et médias qui ont verrouillé nos systèmes de pensée. Médias, politiques et groupes d’influence fonctionnement ainsi par pure commodité, ça leur évite de se casser la tête à chercher d’autres personnes aussi représentatives, voire plus pertinentes. Ils brandissent jusqu’à plus soif la même personne, à laquelle est confié le pilotage de multiples projets, ou encore un siège à de multiples conseils d’administration. Résultat : cette personne ne peut qu’assurer une présence superficielle, pur affichage, l’efficacité on s’en fiche un peu ; puis après un essorage en règle, il ne lui reste plus qu’à se reconvertir, heureusement, le carnet d’adresses a eu le temps de s’étoffer car le pouvoir attire le pouvoir comme le miel, les mouches.

Il y a aussi des personnes qui se dépatouillent un peu plus seules, elles ont été repérées en participant à un mouvement et tentent de rester dans la lumière, en particulier via les RS, mais finissent par craquer, n’en pouvant plus de l’isolement, du harcèlement et des violences qu’elles subissent.

En conclusion, ce que devraient savoir les jeunes féministes qui vont à l’encontre des thèses dominantes du seul féminisme actuellement accepté de la plupart des médias, c’est que l’engagement féministe n’est jamais sans conséquences, aussi, faut-il mieux être bien préparée. S’afficher féministe universaliste et vouloir s’opposer à la tendance mainstream et pire encore, relativiste, n’est pas du tout vendeur, c’est au contraire, très ingrat, usant, parfois désespérant et l’on ne peut tenir sur la longueur que dans le cadre d’un engagement collectif, en s’appuyant sur de plus aguerries que soi et sur leurs travaux.

Dans tous les cas, le débat est désormais ouvert et nous devons pouvoir discuter de tout ceci avant que des jeunes féministes radicales ne le payent bien trop cher. Le féminisme est une lutte de très longue haleine et nous avons besoin d’elles comme de nous toutes.

Christine Le Doaré

(1) https://christineld75.wordpress.com/2021/10/04/parution-essai-fractures/

Fractures! Vidéo Entretien Franc-Tireur

A l’occasion du 25 novembre, Yasmina Jaafar du nouveau magazine Franc-Tireur, a réalisé une vidéo pour le web, les réseaux sociaux de Franc-Tireur, autour de mon livre qui raconte l’évolution parallèle sur une trentaine d’années, des deux mouvements sociaux féministe et LGBT, vers le différentialisme, le relativisme culturel,  les woke et cancel cultures. Un livre témoignage et analyse pour tenter de comprendre comment ces deux mouvements en sont venus, avec violence parfois, à trahir l’universalisme. Et qui propose pour finir, des pistes pour l’avenir.

Voici la vidéo de cette interview qui je l’espère, vous donnera envie de lire « Fractures ! Le féminisme et le mouvement LGBT en danger » aux éditions Double Ponctuation.

@franctireurmag #2 paraît ce jour. À l’intérieur, une chronique du livre de @ChLeDoare #Fractures. Découvrez aussi la « Conversation #FrancTireur » menée par @LRMYasminJAAFAR. À la veille du 25.11, l’auteure témoigne de son parcours de militante féministe

La vidéo ⤵️ https://youtu.be/U57yHoxYg3U

Christine Le Doaré, militante féministe, Porte-parole des Vigilantes, et ancienne militante des droits LGBT, dresse un constat lucide sur l’évolution désastreuses des mouvements féministes. 

Son livre « Fractures » vient de paraître aux éditions DOUBLE PONCTUATION. 

Pour les avis de lecture sur le livre, les articles médias nationaux et autres supports, blogs … voir ci dessous l’article Parution Essai Fractures !

#25novembre2021 Solidarité avec les filles et les femmes d’Afghanistan  — Les VigilantEs

Pour le #25novembre2021 les VigilantEs se joignent à une action inter-associative européenne, en faveur des femmes afghanes : un appel – à lire ci-dessous – avec un rassemblement organisé devant le Parlement Européen, le 25 novembre à 12h00. une conférence de presse qui se tiendra à Bruxelles le 24 novembre 2021 à 11h00 L’ APPEL […]

#25novembre2021 Solidarité avec les filles et les femmes d’Afghanistan  — Les VigilantEs

#25novembre2021 Encore un effort !

Je suis solidaire de la stratégie adoptée par d’importantes associations féministes qui cette année pour le 25 novembre, Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, proposent de former un cortège abolitionniste de la prostitution, au sein du cortège de #NousToutes et ainsi de se démarquer du reste de la manifestation.

Les associations : Osez-le-Féminisme! Solidarité Femmes 3919, Femmes Solidaires, le Mouvement du Nid, l’Amicale du Nid, le Collectif féministe contre le viol, le Centre d’informations sur le droit des femmes et des familles, aussi l’Assemblée des Femmes proposent de « marcher ensemble le samedi 20 novembre, contre toutes les violences sexistes et sexuelles » regroupées dans un cortège identifié contre « tout achat d’actes sexuels ».

Fort justement elles remarquent « qu’il est devenu difficile, voire dangereux de dénoncer le système prostitueur » et dénoncent « les intimidations, menaces ou violences commises à l’encontre de survivantes de la prostitution ou de militant.es abolitionnistes au sein même des cortèges lors des manifestations ». (1)

Cette démarche est d’autant plus légitime que les mouvements qui soutenaient le système prostitueur avant le vote de la loi d’abolition, opèrent un retour en force et plutôt que de demander l’application et le renfort de la loi, la dénigrent et tentent de parvenir à une légalisation et ce alors même que les pays réglementaristes dépassés par la violence des réseaux mafieux, songent à adopter l’abolition !

En dénonçant la violence qui depuis une bonne dizaine d’années, s’exprime dans les cortèges féministes, ces associations reconnaissent à bas mots les dérives qui mettent en danger le mouvement des femmes.

Elles se démarquent ainsi des groupes intersectionnels queer et trans-activistes, qui défendent un féminisme dit « pro-sexe » défenseur du système prostituteur. Une imposture qui vise à invalider toute notion d’oppression des femmes, toute lutte féministe collective puisque tout est affaire de genre, de choix individuel et encore mieux, de fluidité.

En faisant un effort, elles pourraient aussi se démarquer des groupes identitaires, indigénistes et anticoloniaux, adeptes du relativisme culturel, qui notamment, défendent un « féminisme musulman » en vantant les joies émancipatrices du voile.

Ce sera peut-être pour l’année prochaine, ce ne devrait pas être si difficile puisqu’en général, ce sont les mêmes groupes, logiques et influences qui sont à l’œuvre.  

Il faudra aussi qu’elles s’interrogent sur le groupuscule des Effrontées qu’elles trainent toujours derrière elles, alors que la responsable de ce groupe « intersectionnel et LGBTQI+ trans » qui diffame régulièrement les universalistes, a clairement fait le choix de se rapprocher des mouvances indigénistes, de Lallab, et autres groupes défendant les diktats religieux patriarcaux.

Il est temps pour les associations féministes de revenir aux fondamentaux du féminisme universaliste, de condamner toute les menaces et violences à l’encontre des militant.e.s universalistes et de repousser tous les excès des woke et cancel cultures américaines.

Allez, encore un petit effort, et si je peux me permettre, la lecture de mon livre « Fractures ! Le féminisme et le mouvement LGBT en danger » (2) qui vient de paraître aux éditions Double Ponctuation, pourrait aider à avancer vers une nécessaire reprise en main, avant qu’il ne soit trop tard. La proposition d’un tel cortège au sein de la manifestation est un premier pas, mais il faut aller beaucoup plus loin et plus vite. Tôt ou tard, le rapport de force devra s’inverser ou il en sera fini du féminisme. Cela s’appellera autrement et n’aura plus grand chose à voir avec le sujet.

Christine Le Doaré

Retrait de la campagne pro-hijab du Conseil de l’Europe ! — Les VigilantEs

Le Conseil de l’Europe est une organisation intergouvernementale qu’il ne faut pas confondre avec le Conseil de l’Union européenne ni avec le Conseil européen de l’Union Européenne. Son objectif principal est de promouvoir les droits de l’Homme, nous dirons Droits Humains, et pour ce faire, il s’est doté de la Convention européenne des droits de l’Homme […]

Retrait de la campagne pro-hijab du Conseil de l’Europe ! — Les VigilantEs

Les femmes, Zemmour et Pétain — Les VigilantEs

L’échange du 25 octobre 2021 entre Zemmour et une habitante de Seine Saint-Denis organisé et diffusé par CNews nous a laissé perplexes, et quelque peu nauséeuses. Passons sur le rôle joué par CNews dans cette affaire. Il lui a demandé d’enlever son voile, pour enlever sa cravate ; obéissant à son injonction,  elle a enlevé son […]

Les femmes, Zemmour et Pétain — Les VigilantEs

Parution Essai FRACTURES ! 

Fractures ! 

Le féminisme et le mouvement LGBT en danger 

Christine Le Doaré 

Aux éditions Double Ponctuation 

Fractures ! est paru en librairie le 21 octobre 2021 

J’ai longuement milité dans le mouvement féministe comme dans le mouvement LGBT. 

J’ai peu à peu vu ces mouvements se déchirer de l’intérieur et s’agresser mutuellement. J’ai donc écrit cet essai, pour tenter de comprendre pourquoi et comment nous en sommes arrivés là, à ce niveau d’incompréhension et d’agressivité, et pour tenter de revenir aux fondamentaux.

C’est un témoignage vécu de l’intérieur, également une analyse sur plus de trente ans d’évolution parallèle, de ces deux grands mouvements sociaux, les mouvement féministe et LGBT. Ils furent un temps alliés, aujourd’hui, ils sont souvent antagonistes. Comment pourrait-il en être autrement, alors qu’il y a tant de confusion et de conflits à l’intérieur de chacun de ces deux mouvements ?

Il est vital de comprendre comment nous sommes passés de l’universalisme au relativisme culturel ; de l’intérêt général inclusif des minorités à l’intérêt de catégories spécifiques de population, de plus en plus victimaires et excluantes ; de l’existentialisme à l’essentialisme ; de la libération et de l’égalité des droits à la dictature des minorités ; enfin, de savoir pourquoi ces deux mouvements traversés par les woke et cancel cultures y sont à ce point perméables. 

Même si, bien conseillée par mon éditeur, je me suis beaucoup censurée, je n’ai pas totalement omis la petite histoire, et relate aussi de bien fâcheuses violences.

Ce livre étant écrit dans l’idée d’avancer vers l’avenir de manière plus constructive et sereine, il se termine sur un espoir d’apaisement et de retour au bon sens. 

Christine Le Doaré 

Présentation de l’essai par l’éditeur Double Ponctuation :

https://www.double-ponctuation.com/produit/fractures-le-feminisme-et-le-mouvement-lgbt-en-danger/

Avis de lecture

  • Liliane kandel, féministe du Mouvement de libération des femmes, est sociologue, essayiste, elle est l’auteure en particulier, de Féminismes et nazisme (Odile Jacob, 2004) :

https://www.double-ponctuation.com/wp-content/uploads/2021/10/Avis-de-lecture-de-Liliane-Kandel.pdf

  • Annie Sugier, féministe du Mouvement de libération des femmes, est physicienne, elle est la présidente de la Ligue du Droit International des Femmes : 

https://www.double-ponctuation.com/wp-content/uploads/2021/10/Avis-de-lecture-de-Annie-Sugier.pdf

  • Françoise Morvan, féministe du Mouvement de libération des femmes, a été présidente de la CLEF coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, membre du Haut Conseil à l’Egalité, et de la CNCDH, elle est Vice-présidence de L’AFAP (association franco africaine des femmes parisiennes) et Secrétaire Générale de Femmes Santé Climat :

https://www.double-ponctuation.com/wp-content/uploads/2021/10/Avis-de-lecture-de-Françoise-Morvan-1.pdf

Articles médias – quotidiens nationaux …

  • Dans Marianne :

https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/christine-le-doare-le-mouvement-lgbt-sest-radicalise-influence-par-lextreme-gauche?fbclid=IwAR00v6QDJQkro9AfcTTHXM77u9hZ-RV-dMPrkS9xx9gfXCVBH5hPYu0fqZE

  • Dans Franc-Tireur :

Dans Charlie-Hebdo :

Pour Franc-Tireur Vidéo

Autres médias, blogs …

  • Le podcast de l’émission Femmes Libres sur « Fractures ! Le féminisme et le mouvement LGBT en danger » …

A écouter ici à 11’35´´

  • Sur Les Ruminants.com Fractures. Le féminisme et le mouvement LGBT en danger : note de lecture et réflexions (par Ana Minski)

« Nous n’aurions jamais dû perdre de vue que les forces réactionnaires se nourrissent de nos faiblesses, de nos fractures internes et de nos dissensions. Elles n’attendent que de nous renvoyer dans l’ombre. Pour les générations futures, il est de notre responsabilité de nous ressaisir et de ne pas oublier pour quelles raisons et pour quels objectifs ces deux mouvements ont vu le jour. » (p. 145)

https://lesruminants.com/2021/11/18/fractures-de-christine-le-doare/?fbclid=IwAR2HySuin9XG6DGd9mdyipxEWgUzLeI1oR4aOpt_Ps7RwS1OCCtJ40F5oPA

  • Une belle recension par Yvan Le Breton (sur son mur facebook)

Petite note de lecture : »Fractures ! Le féminisme et le mouvement LGBT en danger », Christine Le Doaré, Editions Double ponctuation. Je me suis toujours intéressé au féminisme, mais avec un embarras croissant au fil des années, particulièrement depuis les années 2000, avec un moment de « fracture » en 2015, année marquée par le feu des atroces attentats islamistes. J’ai découvert ensuite, ébahi, des textes incompréhensibles, des convergences de luttes improbables, et des compagnonnages invraisemblables. Le haut degré des contradictions de ces attelages me sautait aux yeux, et mon esprit ne parvenait pas à comprendre comment le féminisme pouvait être « islamique », ou comment le mouvement LGBTQI + pouvait soutenir des forces islamistes (islamistes qui les élimineraient une fois au pouvoir, comme en Iran !). J’en ai même écrit quelque chose sur ma page FB, ce qui m’a valu de lire une vive réplique d’un partisan « I » (pour « Irrécupérable »), à laquelle j’ai répondu trop longuement sans doute puisque je n’ai jamais reçu de réponse…

J’avais du mal à comprendre, et voilà que, cet automne, Christine Le Doaré publie un livre remarquable intitulé « Fractures ! ». Elle traite du féminisme universaliste et de son histoire compliquée et de plus en plus conflictuelle avec le mouvement LGBTQI+.

L’auteure (ou autrice) est particulièrement qualifiée pour dresser le bilan de cette histoire : militante de la cause féministe et des droits LGBT, présidente de SOS homophobie et du Centre LGBT Paris Ille-de-France, elle a aussi siégé à ILGA-Europe* ; elle défend un féminisme universaliste et laïque (sans adjectif), et est enfin cofondatrice du réseau Les VigilantEs !

Le livre commence par des éléments autobiographiques liés à un engagement politique clairement à gauche, parmi les féministes et les lesbiennes. Le féminisme des années 70-80 connaissait déjà des courants divers, dont un très minoritaire, le Front des lesbiennes radicales qui adoptait un slogan clivant : « Hétéro-féministes, kapos du patriarcat » ! Mais il semble que la cohérence d’ensemble et même une certaine joie féministe dominaient.

Christine Le Doaré voit dans le mouvement queer venu des USA, une force de dissensus croissant : en effet, la théorie queer vise l’abolition des genres féminin et masculin, jusqu’à disqualifier la biologie, ce qui suppose de renoncer aux luttes féministes puisque… les genres doivent être abolis.

De ce même mouvement queer est né le « féminisme pro-sexe », qui valide l’existence de la prostitution. Christine Le Doaré fait remarquer que la prostitution ne peut en aucun cas représenter une libération des femmes puisqu’elle est soumission économique et morale au patriarcat. A partir des années 2000, le relativisme culturel prend une nouvelle force. Il cantonne les femmes à leur identité (origine, communauté, culture, religion). L’autrice souligne une faiblesse de ce point de vue : ce qui bel et bon pour les femmes occidentales ne saurait l’être pour les autres, qui doivent donc accepter l’oppression patriarcale propre à leur culture. Il y a, selon moi, une sorte de mépris – inconsciemment néocolonial ? – dans cette vision des choses.

La montée en puissance de l’islamisme a fait naître un militantisme au titre quasiment oxymorique : le « féminisme islamique », lequel maintient une tradition qui fait des femmes d’éternelles mineures face aux hommes. La rhétorique islamiste victimaire se déploie contre la discrimination des femmes musulmanes depuis la loi de 2004 (contre le port du voile à l’école). On pourrait faire remarquer qu’il y a aussi une rhétorique d’inversion des faits : des femmes qui se signalent ostensiblement comme autres, et parfois exigeant pour elles des lois particulières ne font que se discriminer elles-mêmes, se montrer parfois séparatistes et hostiles aux lois de la République.

Pour Christine Le Doaré, ces différents courants suscitent des abîmes d’incompréhension, creusent des contradictions difficilement surmontables. Et surtout, déplore l’auteure, la capacité au dialogue s’effondre, se caricature, ne reste que les slogans, la dénonciation des adversaires vite devenus ennemis, souvent les injures et parfois les violences physiques ! Les positions féministes universalistes et lesbiennes se voient fragilisées dans une étrange guerre qui divise des personnes, hommes et femmes et autres, qui auraient pourtant tout à gagner à se respecter et à préparer un monde meilleur. L’autrice analyse plus avant deux points de frictions majeures : la prostitution et la GPA, rejetant l’argument rebattu de la liberté des femmes qui pourraient s’y livrer. Pas de liberté des femmes là où s’appliquent la marchandisation du corps féminin et la soumission des femmes aux injonctions patriarcales !

Le féminisme universaliste défendu par Christine Le Doaré me paraît la voie royale vers l’émancipation des femmes, mais aussi des hommes, au service d’une société plus humaine, au service d’une République plus égalitaire et laïque. Pour favoriser ce grand-œuvre, Christine Le Doaré propose de s’écarter des excès et des radicalités violentes apportées par le progressisme woke made USA. Elle invite à un retour au dialogue rationnel, à un dépassement des émotions primaires et des querelles épidermiques. Seule l’argumentation doit conduire les débats ; la juste colère doit déboucher sur la réflexion ; l’actualité des protestations des femmes ne doit pas faire oublier la forte et belle histoire du féminisme, laquelle comporte de quoi éviter les excès et les fureurs. Elle préconise une laïcité assumée, proclamée, enseignée précisément, annoncée à tous comme condition d’une vie politique commune. Enfin, elle propose une modification de la Constitution pour y inscrire la liberté d’orientation sexuelle.

« Fractures » est un livre qui cherche à réparer, reconstruire, à retisser des liens et une cohérence sociale ; il ouvre un avenir pour l’émancipation des femmes et des hommes, pour l’humanité entière.

Un livre à lire !

* ILLGA-Europe : International Lesbian and Gay Association-Europe

Camp de redressement pour compagnons Verts en dé-construction

Je déconstruis, tu déconstruis, il déconstruit … très bien. Mais, il est déconstruit ?

Sandrine Rousseau a mentionné son « compagnon déconstruit », provoquant une levée de boucliers. Mais de quoi est-il exactement question ? Fallait-il nécessairement pousser des cris d’orfraie ? Est-ce utile ou inutile de déconstruire ? Et de se déconstruire ? C’est pareil ? Pourquoi les féministes parlent-elles depuis toujours de dé-construction du système patriarcat et de la domination masculine ? Auraient-elles tort ? S’offusquer bruyamment de ce « compagnon déconstruit » était-ce légitime ou pas ?

Rappelons tout d’abord que le concept philosophique de dé-construction n’est pas récent ; il n’est pas propre à la woke culture, ni au néo-féminisme.

Dans les années 50, le philosophe Heidegger utilise ce concept qui signifie pour lui, démonter une tradition aux fins de reconstruire pour l’avenir. Très schématiquement, c’est un chemin, une méthode. Derrida en France, s’est réapproprié la pratique pour découvrir les différentes significations d’un texte en tenant compte de son auteur et de son langage.

Les intellectuels aiment parfois compliquer la pensée. Je dirais bien que sous des termes abstraits et complexes, il y a une logique plutôt simple et accessible à tous et que l’on peut pratiquer la déconstruction sans ne rien connaître à la philosophie ; il s’agit simplement de procéder à une analyse critique. Il suffit de comprendre que des idées développées par des personnes exerçant une influence, un pouvoir, et qui se sont imposées comme des vérités, ne sont pas pour autant incontestables. Voyez, c’est facile.

La théorie de la déconstruction a fait fureur, aux Etats-Unis notamment où Judith Butler et bien d’autres s’en sont revendiqués. En France, on pense à Hélène Cixous.

La théorie de la dé-construction poussée à son paroxysme, est devenue aux Etats-Unis un outil politique, prétexte à ne considérer que ce qui est répréhensible dans l’Histoire de l’Amérique, notamment les discriminations raciales, pour tout mettre à bas. Déconstruire la civilisation et la culture américaines, et sans le moindre procès, demander aux jugés privilégiés de faire acte de contrition. Tenter par des méthodes expéditives et haineuses d’imposer un système à l’extrême opposé, de ce que l’on veut effacer. Il ne s’agit plus d’émancipation mais de punition arbitraire et qui génère les violences de la cancel culture.

Le problème ici, c’est l’excès et le dévoiement de la méthode, utilisée dans une pure logique de règlement de compte.

Il est certes important de comprendre d’où émanent des concepts et des valeurs qui ont pu profiter à telle ou telle catégorie de la population, mais si cela s’effectue dans une logique politique de vengeance et pour instaurer en miroir inversé, un système tout aussi discriminant, les bénéfices de l’analyse critique de la dé-construction sont perdus.

C’est pourtant ce que font depuis déjà quelques temps les militants indigénistes, dé-coloniaux, et des néo-féministes, intersectionnelles et autres.

C’est une vision du monde plutôt confortable : des personnes sont assignées à une identité de victime innocente à vie ; tout leur est dû, juste de par leur origine, couleur de peau, orientation sexuelle, genre/sexe. C’est beaucoup trop simpliste pour être honnête.  

Revenons à Sandrine Rousseau, à son compagnon déconstruit et au féminisme.

Le féminisme de Sandrine Rousseau est à l’opposé du mien, je suis universaliste, elle est communautariste ; proche des racialistes, indigénistes et autres « nouveaux féminismes » relativistes. Elle surfe sur des tendances éco-féministes, à deux doigts d’un ésotérisme new age « notre mère la terre «. Elle est aussi favorable à la GPA, essentialisme oblige, comme à la réassignation de genre pour les enfants. Bref, elle est woke à fond et marche dans toutes les demandes des minorités nécessairement persécutées. On lui a dit qu’il fallait, alors …

Quand Sandrine Rousseau nous dit que son compagnon est déconstruit, ce qu’elle nous dit, c’est qu’il a réfléchi à sa place d’homme dans une société patriarcale, aux privilèges dont il bénéficie, sans nécessairement le vouloir, par le simple fait d’être né homme. Comme par exemple pouvoir sortir seul, n’importe où et à n’importe quelle heure, sans risquer pour son intégrité physique et sexuelle ; ou encore ne pas avoir à forcer la voix ni le ton pour finir ses phrases dans une réunion professionnelle ou autre ; ou encore coucher, avec une femme, sans avoir à se soucier d’être enceinte ; ou s’assurer que pour un travail identique, avec expérience et diplôme similaires, il ne gagne pas un moindre salaire ; ou … Vous m’avez comprise.

C’est plutôt bien, non ? Pro-féministe, il a déconstruit le système de la domination masculine pour participer pleinement à la construction d’une société plus égalitaire.

Si tous les hommes en faisaient autant, nous avancerions sans doute plus vite, inutile donc de s’effaroucher devant l’idée qu’un homme puisse avoir déconstruit un système d’oppression.

Un homme qui rejette le système patriarcal et donc pour ce faire, le déconstruit, je n’ai rien contre ; en revanche, un homme déconstruit, je ne vois pas bien de quoi il peut vraiment s’agir. Il n’est pas déconstruit lui, il a déconstruit le système d’oppression qui attend de lui qu’il se conforme aux rôles socialement et culturellement impartis aux hommes, et qu’il se comporte d’une manière stéréotypée avec les femmes.

L’idée d’un « homme déconstruit » renvoie quant à elle, aux notions de correction et rééducation woke et de la cancel culture. Un petit séjour en camp de redressement, et hop, un homme tout reconstruit.

J’espère qu’il est plus réussi qu’un Denis Baupin ?

Trêve de plaisanterie ! Personnellement, je suis favorable à la déconstruction chez les Verts. Il y a du boulot pour quelques années : des islamo-gauchistes défenseurs du voilement des femmes, indulgents envers l’islam politique qui pourtant promeut un apartheid sexiste et persécute les personnes homosexuelles, aux racialistes qui avancent que des femmes noires ne devraient pas dénoncer leur violeur quand il est noir, en passant par d’ardents défenseurs du système prostitueur et de la GPA ! Quand ils auront déconstruit tout ça, on en reparlera.

En attendant, je ne compte pas trop sur eux pour une dé-construction émancipatrice du système patriarcal. M’est avis que le féminisme universaliste ne va pouvoir compter que sur lui pour déconstruire le système patriarcal, dans l’intérêt de toutes les femmes comme celui de l’humanité.

Christine Le Doaré

Afghanistan, féministes universalistes mobilisées contre la barbarie intégriste — Les VigilantEs

Soutien à la manifestation appelée par des associations féministes, samedi 28 août à 14h00 à Paris. Depuis l’annonce du retrait des forces étrangères, puis les pourparlers de Doha au Qatar, le monde entier savait que la situation allait dégénérer en Afghanistan, sans pour autant s’affoler. Même si tout le monde a été pris de court […]

Afghanistan, féministes universalistes mobilisées contre la barbarie intégriste — Les VigilantEs

Néo-féministes et universalistes, ensemble avec les Afghanes !

Néo quoi ? Néo-féministes ! Ça existe ça ? Mais oui, parce que néo, ça veut tout simplement dire nouveau ; par exemple, une école, une tendance qui se situerait dans une continuité mais de manière différente. L’expression est parfois utilisée de façon péjorative, une continuité certes, mais avec une touche de trahison. Quand on parle de néo-féminisme, on pense surtout aux « nouveaux-féminismes ». On pourrait aussi dire féminismes relativistes, intersectionnels, inclusifs, par opposition au féminisme universaliste. Je les trouve emprunts de relativisme culturel et enclins à nouer des alliances avec des groupes qui n’ont de féminisme que le nom. Trop souvent victimaires et justiciers, ils donnent dans la facilité en surfant sur l’émotion et font l’économie de l’analyse.

Néanmoins, les tendances néo-féministes telles que #NousToutes et d’autres (#payetonutérus #Balancetonporc …) ont leur utilité et nombre d’associations qui s’en revendiquent font un travail utile au quotidien, sur le Net mais aussi sur le terrain. Au sein du mouvement féministe, il est possible d’avoir des désaccords, des débats idéologiques et politiques et néanmoins de se retrouver sur des luttes qui nous occupent toutes. Aussi ne faut-il pas tout confondre. Par exemple, on peut condamner au nom de l’universalisme, des groupes ou personnalités qui se prétendent féministes mais ne sont qu’impostures : « féminismes » musulman, anticolonial, indigéniste, ou identitaire ; mais plus difficilement #NousToutes et bien d’autres groupes néo-féministes, et même quand ils sont marqués par ce fichu islamo-gauchisme, car ils le sont.  

Les féministes universalistes ont en tête un objectif : l’émancipation de toutes les femmes. Et pour y parvenir, moins nous perdons de forces vives et mieux ça vaut. Se couper de toutes les militantes néo n’est certainement pas le meilleur moyen d’atteindre l’objectif ! Aussi, et n’en déplaise aux universalistes qui bien souvent ne connaissent l’Histoire, les courants et clivages du Mouvement des femmes, que de très loin, lire dans la presse et sur les réseaux sociaux que les néo-féministes étaient aux abonnées absentes pour soutenir les femmes afghanes, était-il très malvenu.

Quelle cacophonie ! Tout d’un coup, tous animés d’une grande conscience féministe, enfin surtout pour rendre, les féministes responsables de tout  ! Les militantes féministes ne se battent pas que sur les réseaux sociaux, elles sont aussi investies au quotidien, sur le terrain, dans de nombreuses actions et auprès de nombreuses femmes. Le féminisme ne consiste pas uniquement à condamner l’obscurantisme religieux, le fondamentalisme musulman, même si à l’évidence, c’est un de ses combats prioritaires et de toujours, en tous cas pour les universalistes. En outre, au cœur du mois d’août il arrive aussi qu’elles prennent des vacances ; tout juste s’il ne leur était pas reproché que les talibans eux, s’en soient passés ! Aucun autre mouvement, syndicat, parti, association n’organisait de manifestation de soutien mais il fallait absolument taper sur les féministes. Ça interpelle sérieusement.

Et puis surtout, c’était faux. Totalement faux.

Nous pouvons les accuser de bien des maux, victimaires, sectaires, et puis le relativisme culturel, et puis ces alliances intersectionnelles dangereuses … mais pas d’accepter en silence le sort des femmes reléguées dans leur maison, effacées de l’espace public, mises en grand danger en Afghanistan :

  • #NousToutes le 15 août à 17h19 a tweeté : « Soutien aux afghanes face à l’obscurantisme et à la haine des femmes. #AfghanWomen avec un article de Yalda Hakim BBC.COM « Craignant les talibans, les jeunes femmes de Kaboul, appellent à l’aide. »
  • Une seconde pétition a déjà recueilli plus de 6000 signatures – Urgences Afghanes : « Nous, féministes et femmes de tous les genres, de toutes les divergences, de toutes les écoles, de toutes les sphères sociales et politiques, affirme-t-elle en préambule, nous décidons aujourd’hui d’enterrer la hache de guerre et la géopolitique et de faire front dans un seul objectif : la vie et la liberté pour les Afghanes, l’ouverture de nos frontières et l’accueil inconditionnel de nos sœurs et de leurs familles. »
  • Plusieurs associations, certes non mainstream pour l’instant, ont programmé des manifestations
  • Même Fatima Benomar des Effrontées, proche des groupes relativistes, indigénistes, et prompte à attaquer frontalement les féministes universalistes, s’était fendue d’un article sur son blog.

Bien sûr il y a eu cet article de Rachel Khan au titre pour le moins boueux « On tue à Kaboul et les néo-féministes se taisent » (sic – rien que ça  !), défendu par toute la tribu laïque (à laquelle j’appartiens aussi). C’est dommage parce que cela arrive à tout le monde de se planter, en revanche, ne pas le comprendre et persister, encouragée par celles et ceux qui n’ont manifestement pas plus d’éléments d’information et de connaissance pour éclairer la question, c’est assez décevant.  
Je ne suis pas convaincue que certaines postures universalistes soient utiles à l’émancipation des femmes.
Nous avons déjà fort à faire avec les « nouveaux féminismes », impostures intersectionnelles, relativistes, racialistes, indigénistes, woke.

Et puis ces listes de noms dont les comptes Twitter et Facebook ont été épluchés pour voir si elles avaient réagi ou non. Des listes qui prouvent au moins que leurs auteurs ne connaissent vraiment pas grand-chose aux mouvements féministes.  

  • Caroline De Haas, qui pourtant et comme chacun.e le sait n’est pas étrangère à #NousToutes
  • F. Floresti, C. Masiero, A. Haenel, C.Taubira … Pardon, mais là, énorme fou-rire … Les grandes penseuses et théoriciennes du féminisme que voici ! Non, ces femmes sont libres, émancipées, ont une parole féministe, mais ce ne sont pas des porte-paroles ni même des militantes féministes. Le grand public peut le croire, pas ceux qui ont dressé ces listes.
  • Rokhaya Diallo, qui n’est pas une féministe mais une indigéniste
  • … et d’autres citées non plus.

Alors certes, les néo-féministes qui ont réagi en profitent au passage pour taper sur le gouvernement et ne se privent pas d’assener, parfois en toute contradiction, leur daube islamo-gauchisme. Et, ce n’est pas non plus un mouvement de fond et d’ailleurs, qui se prononcerait contre un soutien aux femmes Afghanes ? Mais toute initiative allant en ce sens est à saluer, certainement pas ignorer. En revanche, porter des accusations infondées contre elles, à part régler des comptes et saisir une occasion de se montrer dans les médias, ne risquait pas de susciter un mouvement général de mobilisation dans l’intérêt des femmes afghanes. Pour les femmes Afghanes,  il était beaucoup plus intelligent et constructif de fédérer, au moins ne pas se perdre en affirmations erronées et faciles à contrer. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Pour parler au nom du féminisme et des féministes universalistes, il y a des préalables, comme au minimum se mettre d’accord avec d’autres sur la définition du terme néo-féminisme et avoir un minimum d’informations sur l’Histoire et les clivages au sein des mouvements féministes. On peut parfaitement être une femme émancipée et libre, sans avoir de bases théoriques féministes ni avoir milité ou peu et de très loin, dans le mouvement des femmes. On peut donner son avis, témoigner de son point de vue, mais s’improviser porte-paroles, c’est plus compliqué. Et c’est vrai pour tout le monde d’ailleurs. Enfin, si je peux me permettre – et oui, je vais le faire – de donner un conseil aux laïques, républicains, etc. dont la fibre féministe est appréciable et appréciée, plutôt que de vous immiscer dans le débat entre féministes, avez-vous songé que vous pourriez consacrer vôtre énergie à convaincre d’autres hommes à avancer eux aussi vers l’égalité réelle ?  Comme ça, nous avancerons toutes et tous plus vite.

Donc les féministes sont capables de mettre un temps leurs clivages de côté, et se mobiliser pour des femmes en grand danger, même s’il n’y a pas non plus de quoi pavoiser, c’est tout de même un minimum quand on se revendique du féminisme. ll se pourrait même que des intersectionnelles, confrontées aux menaces et violences faites aux femmes afghanes, touchent du doigt leurs contradictions, relèguent leur islamo-gauchisme au placard et comprennent tout l’intérêt du féminisme universaliste.

Mais l’urgence est bel et bien de nous concentrer toutes et tous sur les femmes afghanes et de leur venir en aide, ainsi d’ailleurs qu’à toutes les femmes qui vivent sous la charia et subissent dans bien d’autres régions du monde, des violences toutes aussi abjectes, ne les oublions pas non plus.

Christine Le Doaré

Longue vie au féminisme people !

J’ai parfois l’impression que les militantes féministes universalistes sont prises dans une sorte de tenaille identitaire secondaire. Entre d’un côté, les relativistes intersectionnelles qui dévoient outrageusement le féminisme, et ça c’est insoutenable ; et de l’autre, des égéries parachutées, sans avoir jusqu’alors fait grand-chose pour les droits des femmes. Rien ne semble avoir été écrit, dit ou fait en matière de féminisme avant elles ; le féminisme leur est tout naturel, il leur est venu comme ça, elles seules l’incarnent. Elles glissent sur une vague, poussées par l’air du temps, homologuées par les personnalités politiques, intellectuelles et journalistiques qu’il faut. Féminisme agréé people, alors quoi ?

Un féminisme people qualifié d’universaliste, et qui fort justement s’oppose aux thèses intersectionnelles (assignations identitaires, relativisme culturel, …), sans toutefois trop égratigner ce savant statuquo qu’il est de bon goût d’afficher en matière de relations hommes-femmes. Point trop n’en faut.

S’opposer au relativisme culturel, aux assignations identitaires, au woke et cancel cultures sont bien désormais des combats féministes universalistes, mais le féminisme est aussi une lutte d’émancipation personnelle et collective. Lutte, émancipation, personnelle, collective, tout est important. Et puis, les relations de domination et de pouvoir, si elles sont brutales dans les affaires d’emprise, de violences sexuelles et de violences conjugales, sont aussi le plus souvent, bien plus subtiles. Remettre en question les codes sociaux de genre impartis à chaque sexe, les rôles sociaux et sexuels (stéréotypes, sexualité, contrainte culturelle à l’hétérosexualité… ), est plus complexe et autrement plus difficile à atteindre.

Ce féminisme people, prête parfois à sourire, à agacer un peu aussi lorsque nos égéries et leurs mentors assènent à l’envie que les féministes sont défaillantes, ne soutiennent pas Mila par exemple. Ne pas se donner la peine de faire la différence entre les féministes, ne pas dire des plutôt que les, raccourcis people que tout ça ! Et pourtant, le féminisme people va dans le bon sens, il est le signe que nous avançons ; enfin, le féminisme universaliste devient glamour et fait frissonner aussi bien dans les lieux les plus branchés que dans ceux du pouvoir politique. Aussi doit-on favorablement saluer la génération spontanée d’égéries féministes universalistes et souhaiter qu’elles soient de plus en plus nombreuses, car chaussées ou non de Louboutin, aux fausses égéries féministes intersectionnelles, nous pouvons désormais opposer nos véritables égéries féministes universalistes.

Alliées un jour, alliées toujours, et jusqu’au bout ou trois petits tours et puis s’en vont … ? Toujours et jusqu’au bout, ce serait tout de même formidable. Faisons-leur confiance, mais droit devant, gardons le cap.

Christine Le Doaré

Marches des Fiertés, marches de la ségrégation ?

Le mouvement de libération homosexuelle a toujours été marqué à gauche voire à l’extrême gauche, mais depuis une bonne quinzaine d’années au moins, la récupération politique s’est accélérée, si bien qu’on y parle aujourd’hui moins d’homosexualité que de bien autres choses et les marches annuelles reflètent tristement cette dérive.

Le mouvement et ses marches sont phagocytés par des militants qui au nom de l’intersectionnalité mobilisent contre le capitalisme, le colonialisme, le racisme, et surtout le gouvernement, dans une confusion et une outrance propres à l’extrême-gauche.  

L’affiche de la marche de Clermont-Ferrand ne représente en rien les préoccupations des gays, lesbiennes et trans locaux. Elle se veut inclusive, en réalité, elle ne fait qu’imiter les orientations intersectionnelles des queers américains biberonnés au relativisme culturel du multiculturalisme.  Pourquoi la présence sur cette affiche d’une femme voilée, d’une prostituée sous son parapluie rouge (symbole du STRASS) … ? Comme si les tenants d’un islam rigoriste allaient prendre fait et cause pour des personnes homosexuelles ? Dans une logique d’entrisme politique oui, mais pour mieux les berner ensuite.

A Lyon lors de la marche du 11/06 de cette année,  l’instrumentalisation politique de la marche a atteint des sommets. Une marche segmentée en catégories fermées avec un cortège « Queer racisé-e-s » en tête ! Une dizaine d’autres catégories à suivre, et à la fin le cortège mixte. Attention, pas de mélange autorisé ! A quel taux de mélanine est-on autorisé à marcher en tête et à laisser son, sa ou ses amis en queue ? Une marche de la ségrégation en sorte. Les pires racistes en ont rêvé, les marches des fiertés l’ont fait !

Que dire du slogan de la marche : « Violences fascistes, violences d’état : reprenons la rue, exigeons nos droits ! » sinon qu’il n’a plus rien à voir avec une marche revendicative pour les droits et libertés des personnes LGBT ? Faire référence à une pseudo « homophobie d’état » et à la loi « contre le séparatisme » (sic !) qui « viserait de manière violente les communautés racisées et musulmanes ». Une Marche des fiertés critique une loi prise pour lutter contre l’islam politique et le communautarisme qui compromettent sérieusement les droits et libertés des femmes et des personnes homosexuelles ! C’est le monde à l’envers. C’est la Marche des Fiertés ou du Parti des Indigènes de la République ? Entre importation US, récupération politicienne à la sauce NPA et fantasmes savamment distillés alors qu’en réalité, il n’y a en France aucune homophobie d’état. L’état n’organise pas l’homophobie, la lesbophobie ni la transphobie, ne les favorise pas, il les combat avec des lois, des campagnes de prévention, … En France il y a des homophobes, ça oui, et comme partout, mais aucune homophobie d’état. En revanche, l’homophobie d’état, on la trouve dans beaucoup d’autres pays sur la planète, mais ça, c’est tabou, il ne faut surtout pas en parler. Ben oui, la dictature, c’est seulement en France !

A Paris et dans le 93, FLAG (l’association des policiers gays et lesbiennes) ne devrait pas défiler.  Pourtant les LGBT exercent tous les métiers, policiers aussi et c’est tant mieux. Déjà menacés lors de précédentes marches par des LGBT radicaux, la contre-marche organisée par des éléments très radicaux,  les inquiète. Je vois beaucoup de gens s’émouvoir à juste titre, de cette éviction, mais en 2014 déjà, l’association FLAG était frappée d’interdiction de défiler par Act-up, le StRASS et des TPDG (« trans-pd-gouines » comme ils se nomment) radicaux sans que grand monde ne réagisse à l’époque.  Même si cette année, l’appel de la marche Parisienne est plus sobre, elle est à l’image du mouvement, imprégnée des dérives woke actuelles, pourtant, ça ne suffit plus aux plus radicaux qui lancent leur contre-marche ; rien que de penser à ce que l’on va y trouver, je me sens mal.  

Peut-on encore parler de Marches des Fiertés (1) ? Ne s’agit-il pas plutôt de marches de l’extrême-gauche woke, ivre de cancel culture ? Vous me direz que ce n’est pas nouveau, c’est vrai, ça fait un bail que ça dure, je le sais bien car avec d’autres, j’alerte en vain puisque ça s’aggrave d’année en année.

Malgré le nombre de lettres qui ne fait qu’augmenter, LGBTQI … en réalité, ne sont plus guère visibles et actifs dans le mouvement que les gays et les trans, les lesbiennes les plus politisées ayant été découragées par l’engagement du mouvement pour l’instrumentalisation du corps des femmes dans la prostitution ou la GPA, et par les attaques de féministes par des trans activistes radicaux. Et puis nombre de personnes LGBT ont quitté le mouvement ou ne le rejoignent pas car défendre les droits des personnes LGBT, lutter contre les discriminations et violences à notre encontre, n’implique en rien de donner tête baissée dans l’indigénisme, l’anti-colonialisme, le racialisme, de cautionner le relativisme culturel ni de défendre les injonctions religieuses sexistes telles que le voile. En outre, nous libérer de siècles d’oppression à raison de notre orientation sexuelle ne nous autorise pas à nous croire géniaux et supérieurs au point de chercher à imposer aux autres un examen de conscience, encore moins à censurer tout ce qui ne nous plait pas.

Pourquoi les personnes homosexuelles se laissent-elles ainsi récupérer, marcher sur les pieds, écrabouiller par toute cette violente daube politique ? Toutes ces outrances alimentent la haine des extrêmes à notre égard et nous mettent en danger, il serait temps de le réaliser, de repousser les manipulateurs et de reprendre notre liberté.  

Plutôt que d’endosser les revendications de l’extrême-gauche, nous devrions marcher pour les droits et libertés des LGBT discriminés et agressés, menacés chez nous comme Mila, et partout dans le monde, que ce soit en Hongrie, en Afrique, en Iran et dans tant d’autres régions du monde, car personne ne le fera à notre place.

Christine Le Doaré

  • Marche des Fiertés : peut-être un temps opportun, il s’agissait de sortir de décennies de honte et de silence, moins de nos jours. Il n’y a aucune fierté à être gay ou lesbienne, c’est une orientation sexuelle. Dont acte. Respect et liberté, un point c’est tout.

Nous sommes Mila ! — Les VigilantEs

La banderole de la Marche des Fiertés 2021 et celle de la prochaine Marche contre les violences faites aux femmes devraient avoir pour slogan : Soutien à Mila, « la peur doit changer de camp » ! Jeudi 3 juin devait avoir lieu à Paris, le procès des harceleurs de Mila. L’audience de renvoi se tiendra les […]

Nous sommes Mila ! — Les VigilantEs

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