Tribune collective féministe universaliste 25 novembre — Les VigilantEs

Pour le 25 novembre 2020, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une Tribune collective, initiée par les VigilantEs, enrichie et signée par des féministes universalistes Françaises, Belges et Québécoises : « L’éradication des violences faites aux femmes reste un enjeu démocratique majeur ». La Tribune est parue simultanément dans les trois pays. France […]

Tribune collective féministe universaliste 25 novembre — Les VigilantEs

Alice Coffin, la soutenir ou pas ?

Soutenir ou ne pas soutenir Alice Coffin, une fois de plus le débat est mal posé. Comment en arrive t’on à autant d’absurdité et de violence ? 

Je m’oppose aux idées et analyses défendues par Alice Coffin, à sa manière de faire de la politique et de défendre la cause féministe et des lesbiennes, mais je condamne tout autant la manière dont ses propos ont été déformés et plus encore le déferlement d’attaques incroyablement violentes sur sa personne. Combattre les idées, pas les personnes.

J’ai vu passer des commentaires ignobles sur les réseaux sociaux. Certains en profitent pour faire preuve d’une lesbophobie épouvantable. Elle l’aurait bien cherché, quel beau prétexte pour se lâcher. Les commentaires sur l’apparence physique cachent mal ce besoin d’imposer des normes de féminité et masculinité qui ne sont jamais que des constructions sociales. En réalité il y a autant de façons d’être femme ou homme que d’individu.es. Ces attaques sont minables, inadmissibles.

Je condamne aussi le procédé qui consiste à sortir une phrase de son contexte. Alice Coffin n’a jamais écrit qu’il fallait « éliminer les hommes » contrairement à ce qu’a prétendu David Abiker de Radio Classique. Article qui a déclenché les hostilités. Dans son livre elle écrit : «  Il ne suffit pas de nous entraider, il nous faut à notre tour les éliminer. Les éliminer de nos images, de nos esprits, de nos représentations. Je ne lis plus les livres des hommes, je ne regarde plus leurs films, je n’écoute plus leurs musiques. » 

Pour ma part, je pense que c’est stupide de mettre tous les hommes dans le même sac, que c’est sectaire et que ça ne résoudra rien, mais après tout, c’est son droit de privilégier les créations produites par des femmes. Indéniablement, des siècles durant, les femmes n’ont pas été valorisées au plan culturel, que ce soit dans les manuels scolaires, les lieux culturels, ou encore les médias. Alors moi aussi, je lis plus de femmes que d’hommes, je suis inspirée par nombre de musiciennes et m’intéresse aux femmes artistes, mais je ne me vois pas faire abstraction de leurs homologues masculins qui peuvent également m’enchanter et me captiver.

Selon moi, les propos d’Alice Coffin soulèvent au moins deux problèmes majeurs. 

Le premier : beaucoup de femmes ont intériorisé le sexisme, et il ne suffit pas d’être de sexe féminin pour remettre en question la domination masculine. Il arrive souvent que des oeuvres soient « androgynes » et surtout, la sensibilité, l’ouverture d’esprit, le talent, le génie n’appartiennent pas à un sexe plus qu’à un autre, mais à des individu.es. Je ne crois pas que c’est en reproduisant à notre tour les schémas d’effacement et d’exclusion que allons résoudre les problèmes de domination, d’autant plus que la situation des femmes artistes a tout de même évolué au cours de ces dernières décennies. 

Le second : Alice Coffin ne nous fait pas part de ses choix sur le ton de la confidence, il s’agit d’un manifeste. En tant que porte-parole de l’association des journalistes LGBT, en tant qu’élue EELV, et que militante lesbienne, elle entend représenter et entraîner des lesbiennes et des féministes sur cette voie.  Avec un opportunisme certain, elle embarque sur l’armada metoo, cancelculture et woke culture qui place l’identité au coeur des revendications politiques. Le sens du timing et du marketing ne lui font pas défaut. Après l’affaire Christophe Girard, la parution du « Génie lesbien », ne doit rien au hasard. Il ne faut pas oublier qu’Alice Coffin a bénéficié en 2018 de la bourse Fullbright pour étudier aux USA le traitement des questions LGBT dans les médias.

Donner à une orientation sexuelle des qualités et prérogatives particulières, prôner un apartheid sexuel culturel pour rétablir l’égalité ne sont que des éléments d’une stratégie de pouvoir. Multiculturalisme, indigénisme, communautarisme, intersectionnalité, politiques de l’identité et velléités de dictature des minorités, néo-féminisme et lesbianisme qui volontairement s’affichent misandres et guerriers : c’est une stratégie globale, celle de la haine du mâle blanc, celle de la cancelculture. Ce radicalisme n’a rien d’improvisé. Il y a des raisons objectives à l’émergence de cette mouvance, au premier chef le système patriarcal met un temps fou à battre en retrait, mais à l’évidence, pensées et stratégies primaires et binaires ne sont que des impasses qui nous feront aussi perdre du temps sur le chemin de l’égalité femme-homme et de l’émancipation féministe. 

Penser que l’on va pouvoir venir à bout de la domination masculine, du sexisme ou de l’hétéronormalité avec des idées et stratégies toutes aussi sectaires est selon moi totalement contreproductif. Ce monde là ne m’intéresse pas non plus. 

Christine Le Doaré

Alice Coffin n’est pas une VigilantE :

https://vigilantes2015.wordpress.com/2020/07/27/alice-coffin-nest-pas-une-vigilante/

Il est important de bien recentrer le débat sur ce qui est important : l’identitarisme, les alliances entre indigénistes et néo-féministes, LGBT …, tout un mouvement avec ses stratégies guerrières, tout est calculé rien n’est improvisé … 

Voile islamique, la banalisation du sexisme n’a pas sa place à l’Assemblée Nationale — Les VigilantEs

Le départ des député.es Philippe Dumont, Marianne Dubois, Frédéric Reiss et Christine Lang de l’audition de Maryam Pougetoux à l’Assemblée Nationale n’est pas tant affaire de laïcité que de sexisme et donc de féminisme.  Rappelons tout d’abord que le voile islamique n’est pas interdit en France, si ce n’est aux femmes dans l’exercice d’une mission […]

Voile islamique, la banalisation du sexisme n’a pas sa place à l’Assemblée Nationale — Les VigilantEs

La critique du néo-féminisme est-elle tabou ?

 

 

 

 

 

 

 

Deux tribunes publiées dans le Monde la même semaine m’ont quelque peu énervée.

La première dans laquelle Camille Froidevaux-Metterie règle des comptes avec Mazarine Pingeot et Belinda Cannone,  Néoféminisme : « La morgue de Mazarine Pingeot ne nous tuera pas » et la seconde, dans laquelle Christine Bard omet d’exercer un regard critique sur les évolutions hasardeuses d’un féminisme de réaction.

Selon Camille FM, Mazarine Pingeot et Belinda Cannone développeraient un féminisme universaliste qui «refuserait de voir disparaître l’ancien monde de domination masculine». Les néo-féministes quant à elles, refuseraient de réduire le féminisme à l’égalité des droits et des chances alors que les femmes continuent de subir des violences physiques et sexuelles.

Ça commence mal. Je me demande ce que signifie féminisme universaliste pour Camille FM ? Pour rappel, le féminisme universaliste conformément au fondamentaux du féminisme, lutte contre un système patriarcal dans lequel les hommes s’approprient le corps et la vie des femmes pour la sexualité et la reproduction (transmission des gênes et du patrimoine) en les dominant, ET cette lutte est universelle puisque toutes les femmes subissent un socle commun de discriminations et de violences (ce qui ne contredit en rien le fait que des spécificités se surajoutent). 

Par quel curieux raisonnement le féminisme universaliste devient-il synonyme de simple égalité des droits ? Ça n’a aucun sens,  la simple égalité de droits n’est qu’un préalable incontournable. Ce sont bien les rapports de force et de domination sociaux culturels qui sont en jeu. L’égalité des droits relève d’une exigence républicaine et progressiste. Il n’y a même pas besoin d’être féministe pour l’exiger.

Les néo-féministes n’ont donc strictement rien inventé et il est stupide d’opposer féministes universalistes et néo-féministes sur ce point.   

 

Camille FM va plus loin : «Mais ce que les croisées de la vertu universaliste refusent surtout d’admettre, c’est le fait certain que, derrière chaque victime de violences, il y a un agresseur, un homme donc.» «Les croisées de la vertu universaliste» ?! Rien que ça ? Les féministes universalistes sont-elles désormais coupables de viser l’émancipation des femmes du monde entier et au-delà de l’humanité ?

Les féministes universalistes refuseraient de reconnaitre que derrière chaque victime il y a un homme ? C’est absurde. Aucune personne sensée, aucune féministe, aucun pro-féministe ne peut décemment nier que dans un système patriarcal, les violences sexuelles sont dans une écrasante majorité commises par des hommes. En tous cas, aucune féministe universaliste ne le fait. Nous nageons en pleine confusion des concepts.

En réalité, le problème est ailleurs : dans la manière d’agir et dans la récupération politique. Quand l’émotion l’emporte sur la raison et que l’outrance et la haine guident une lutte, et que des stratèges politiques sont en embuscade, que peut-il en sortir de constructif ? Le mouvement mainstream s’appuie sur l’émotion des féministes 3ème vague qui à bout, plongent sans analyse, recul ni perspective, dans la victimisation, le ressentiment, la vengeance. Rien de plus facile que de récupérer cette énergie et de la détourner à profit d’autres desseins. 

Camille FM veut «démolir les fondements patriarcaux de notre société», très bien, les féministes universalistes aussi, elles s’y emploient d’ailleurs depuis toujours, Camille FM je ne sais pas. Mais démolir un système c’est le remplacer par un autre. 

Justifier par ses blessures de mener des procès en place publique alors même que les désignés à la vindicte ne sont pas inquiétés par la justice (affaire Coffin/Girard), et tout en ménageant des T. Ramadan ou A. Traoré par exemple, n’est pas crédible et instaure une dangereuse violation de la présomption d’innocence. Brandir des pancartes d’appareils génitaux masculin tranchés, et sur lesquelles il est question de viol « génocide individuel », c’est surement jubilatoire, mais je doute que cela nous amène à envisager sereinement un projet de société alternatif et puis les mots ont un sens, il faudrait s’en souvenir.  Enfin, tout ceci n’est pas sans risque d’un violent retour de bâton.

 

On s’en doutait, le mot universalisme n’était pas là pour la forme et le mot intersectionnel n’allait pas tarder à apparaître. Camille FM en fait la promotion et verse dans les passions racialistes du moment, racontant que les féministes universalistes « avaient mis des décennies à se débarrasser de leur solipsisme blanc ». Quel manque de culture féministe, quel manque de militantisme féministe. Toute féministe ayant milité dans le mouvement, une maison des femmes ou ailleurs, sait les liens, les campagnes, le solide travail de fond et de solidarité internationale tissé avec les féministes du monde entier ; sait tout le travail entrepris avec les femmes des quartiers, l’accueil des femmes émigrées, migrantes, sans papier, contre l’excision … De tels raccourcis sont inadmissibles et une insulte au mouvement féministe.

 

Grâce aux intellectuelles gavées de soupe intersectionnelle Social Justice Warriors, essentialiste et différentialiste, le féminisme victimaire qui manque cruellement d’analyse et de perspective est récupéré pour d’autres agendas par les mouvements identitaires ; aujourd’hui au nom de l’antiracisme, par les mouvements racialistes et indigénistes, obsédés par la race et l’épuration à la sauce cancelculture. Un gigantesque boulgi-boulga dans lequel le projet de société féministe sera rapidement dissous. L’intersectionnalité des luttes conduit toujours à affaiblir les luttes des femmes au profit d’autres causes jugées prioritaires.

Camille FM est philosophe et professeure de sciences politiques à l’université, on comprend mieux comment sont formatées les générations d’étudiant.e.s qui désormais semblent toutes sortir du même moule. Avoir son propre mode de raisonnement et d’analyse vous voue immédiatement aux gémonies.

 

 

Christine Bard quand à elle nous rappelle à juste titre que « le féminisme d’action a toujours été critiqué » et nous explique que les divisions sont inévitables dans le mouvement féministe.

Certes mais il y a une marge considérable entre une tendance et une imposture. Le féminisme à la carte où des femmes défendent l’apartheid sexiste du voile imposé par les religieux, tournent le dos aux femmes contraintes au port du voile obligatoire, au mariage forcé, au mariage des mineurs, à la polygamie, à la loi du père et des grands frères … ce n’est pas du féminisme, c’est une grossière imposture.   Invoquer la sororité pour contraindre les féministes universalistes à accepter de tels dévoiements du féminisme est tout de même limite.

Des femmes qui se disent féministes mais s’engagent dans des idéologies différentialistes, racialistes, empreintes de relativisme culturel ne sont pas à mes yeux «engagées pour en finir avec les violences masculines et le patriarcat» et n’en déplaise à Christine Bard, ne sont pas mes soeurs. Il ne s’agit pas de bon ou de mauvais féminisme, c’est du féminisme ou ça n’en n’est pas.

 

Contrairement à Christine Bard, je ne pense pas que le féminisme d’action de la Barbe ait jamais été diabolisé, celui des Femen plutôt ; seulement ce type d’activisme qui fait plutôt consensus, porte en lui ses limites : quand on monte cent fois sur une estrade pour dénoncer l’absence des femmes à la tribune, à la cent et unième fois, ça n’intéresse plus plus grand monde. Selon moi, ce n’est pas ça le féminisme radical. Le féminisme radical ne fait pas de concession, il poursuit l’objectif d’émancipation de toutes les femmes partout dans le monde, et donc la fin de toute oppression patriarcale, communautaire et religieuse comprises. Avec la Barbe et bien d’autres, on en est loin. Comparer la Barbe des années 2000 aux suffragettes qui n’avaient ni droit de vote ni aucun droit à la moindre autonomie et un peu léger pour une historienne féministe.

 

Je suis en accord avec Christine Bard quand elle constate l’étendue des violences patriarcales et leur tolérance dans nos sociétés. Les femmes sont sans aucune contestation possible, toutes victimes de la domination masculine et de violences sexuelles, à des degrés différents, parfois à peine perceptibles (position sociale, professionnelle, éducation, … ), et cela doit prendre fin. Mais nous enfermer dans un féminisme victimaire qui maintient les femmes dans un statut de victime est une impasse.

Dans le sillage des mobilisations américaines, les dernières manifestations féministes sont certes plus massives mais les organisatrices de talent auxquelles Christine Bard fait référence font carrière dans le féminisme, elles disposent de moyens adéquates ; en revanche, elles choisissent soigneusement leurs mobilisations, on ne les entend guère condamner les pressions communautaires et religieuses auxquelles sont soumises des femmes, ni condamner certains violeurs ; on ne les entend pas plus soutenir les femmes Kurdes, Iraniennes, Pakistanaises… Elles tirent profit de l’élan des jeunes néo-féministes qui, on le comprend fort bien, n’en peuvent plus des violences sexuelles et se lèvent enfin.

Mais je regrette qu’une experte telle que Christine Bard, que je respecte pour son précieux travail, ayant l’occasion de prendre la parole dans Le Monde, ne dise rien des dangers de ce déferlement improvisé d’émotions instrumentalisé par des stratèges plus aguerries et par une extrême-gauche opportuniste. Je regrette que Christine Bard n’exprime aucune réserve sur des velléités de justice féministe spécifique et en dehors de tout principe de droit républicain.

 

Cette génération blessée qui ne supporte plus rien, qui voudrait tout condamner et tout effacer de manière expéditive sait-elle seulement que la prochaine à en faire les frais sera d’ici peu, elle-même ?

Les universitaires et autres faiseurs d’opinion peuvent-ils encore exprimer leurs doutes et critiques ou sont-ils déjà tétanisés par le terrorisme intellectuel qui, poussé par un mauvais vent venu d’outre atlantique, cherche à s’imposer chez nous ?

Il semble bien que garder un oeil critique sur les évolutions du féminisme soit devenu tabou.

Christine Le Doaré

Alice Coffin n’est pas une VigilantE — Les VigilantEs

Alice Coffin coche toutes les cases que les VigilantEs combattent : multiculturalisme à l’anglo-saxonne, communautarisme, essentialisme, intersectionnalité, indigénisme et racialisme. – Case modèle contestataire US et théories controversées de certaines universités américaines : En 2017 : elle obtient une bourse Fulbright, pour lui permettre de s’imprégner des théories américaines en vogue notamment celles concernant les questions LGBT […]

via Alice Coffin n’est pas une VigilantE — Les VigilantEs

Rififi à Paris, Alice Coffin, EELV et féminisme

Alice Coffin si vous ne la connaissiez pas, moi oui. Je militais dans le mouvement LGBT à une époque où avec Alix Béranger sa compagne de l’époque, elles s’intéressaient plus particulièrement aux problématiques liées au sida. Il y a une douzaine d’années de cela. 

Pour celles et ceux qui sont un peu perdu.es dans les étiquettes, je dirais pour la situer, ni lesbienne radicale ni lesbienne féministe, plutôt militante LGBT tendance queer ; recentrée sur les questions propres aux lesbiennes et vent debout pour la PMA ;  pas féministe radicale ni universaliste, mais plutôt néo-féministe tendance queer, relativisme culturel et intersectionnalité.

J’ajouterais bien verte en diable. Je ne parle pas d’écologie mais de ces mouvances et stratégies politiques radicales que les Verts ont intégré depuis quelques décennies : féminisme intersectionnel (où l’agenda féministe se couche devant d’autres agendas révolutionnaires prioritaires), soutien indéfectible à la Palestine et tant pis si le Hamas et autres groupes terroristes en bénéficient, soutien aux communautarismes et séparatismes politico-religieux, abolition des frontières, soutien aux mouvements indigénistes et racialistes, soutien des trans activistes haineux envers les féministes, …

La liste est longue, en fait, je me demande parfois s’il reste des écologistes chez les Verts, je n’en suis pas certaine du tout, en revanche, toutes ces mouvances aussi extrêmes que marginales se retrouvent chez eux et progressent dans la société grâce à eux.

Un exemple parmi tant d’autres : les féministes abolitionnistes de la prostitution n’ont pas oublié les exploits du STRASS issu du mouvement LGBT qui jetait du faux sang sur les militantes féministes, les calomniait, les menaçait de toutes les manières possibles avant le vote de la loi d’abolition de la prostitution. Thierry Schaffauser fondateur du STRASS menait campagne chez les Verts qui se sont derrière lui, alignés sur la défense du système prostitueur.

L’amateurisme et l’immaturité politique des Verts donnent des ailes aux activistes de l’extrême qui trouvent chez EELV un moyen de percer et une fois fait, d’imposer leurs idées et manières de faire. L’entrisme fonctionne un peu partout en politique, mais chez les Verts c’est un jeu d’enfants.

Ce qui m’étonne c’est l’attitude du PS quand il s’allie à EELV faisant comme s’il s’agissait de mettre en avant des préoccupations liées à l’écologie, la défense de la nature, la protection de la planète, la sauvegarde du climat … Je rigole, vert, vert de rage. Comme si le PS ignorait à qui il a réellement à faire !

Alice Coffin, en plein Conseil de Paris crie « la honte, la honte, la honte » lors de l’hommage rendu à Christophe Girard, l’adjoint à la culture d’Anne Hidalgo qui a démissionné pour avoir eu des liens d’amitié avec Gabriel Matzneff visé par une enquête pour viols sur mineures ?

Avec Alix Béranger et Raphaëlle Rémy-Leleu, également élue écologiste à Paris et ancienne militante d’Osez-le-féminisme, Alice Coffin organise un mini rassemblement de vingt personnes devant l’hôtel de ville, avec des pancartes amalgamant Paris à un « pédoland » ?

J’ai presque envie de dire, banal, insignifiant pour des activistes radicaux EELV ;  ils peuvent faire beaucoup plus spectaculaire et embarrassant. Les amalgames, les caricatures, les condamnations à l’emporte-pièces, les tribunaux populaires, ils savent faire.

A la décharge d’Alice Coffin, il y a une différence entre l’activisme et la fonction d’élue, par manque de métier, cette subtilité lui aura probablement échappé. Les politiques plus aguerris sont plus ronds, plus roublards aussi.

A sa décharge toujours, il est vrai que le milieu politique PS gay parisien est bien spécifique. Un petit entre soi élitiste, fait de coteries et cooptations, et qui n’est pas exempt de misogynie. De là à tomber dans l’insulte et le mépris homophobe associant homosexualité et pédocriminalité :  « pédoland », il y a un monde.

En outre, Alice Coffin connaissait Christophe Girard et a fait campagne sur la même liste, de là à conclure qu’elle aurait pu y penser avant ? Non, quand on connait les Verts, on sait que tous les moyens d’arriver à ses fins sont bons et que les coups de couteau dans le dos ne les dérangent pas spécialement. Quant à l’indignation pour les affaires de viol, elle peut être à géométrie variable : pas de quartier pour Polanski, mais Ramadan, Traoré, … ça se discute.

Que sur les réseaux sociaux, Alice Coffin soit remise à sa place sur le fond de ses propos et sur sa manière de réagir, ne me dérange pas. Ses propos sont caricaturaux, on ne peut pas amalgamer comme elle le fait tous les hommes, c’est un système que l’on combat, le sytème patriarcal, pas tous les individus de sexe masculin qui ne sont pas tous auteurs de violences conjugales ni des violeurs.

Son interview donnée à la chaine TV russe est consternante. Sa manière d’exiger la démission de Christophe Girard, est excessive. Malgré tout, je me demande bien, pourquoi il a ainsi pris les devants en démissionnant après une mini manifestation de vingt activistes. Très étonnant, y aurait-il autre chose ? Pour l’instant Christophe Girard n’est pas inquiété par la justice. Alors qu’il était secrétaire général de la Maison Yves Saint-Laurent, Christophe Girard a financé pour l’écrivain, deux ans de séjours à l’hôtel où ce dernier violait sa victime. C’est glauque, pour autant, ces tribunaux populaires qui condamnent et coupent des têtes avant que des procès en bonne et due forme puissent se tenir, sont insupportables.

En revanche, quand sur les réseaux sociaux, les internautes s’attaquent à son physique, critiquant sa manière de s’habiller ou de se coiffer, il s’agit clairement de lesbophobie. Elle se donne l’apparence qu’elle veut, les coupes courtes ne sont pas réservées aux hommes et ces clichés sexistes sont d’un autre temps.

Anne Hidalgo est en colère et va saisir la justice ? Mais enfin, les faits d’arme des Verts sont notoires, notamment à Paris ! Dans le 20ème arrondissement, l’adjointe verte de la Maire PS à l’époque, avait organisé au nom de la Mairie pour le 8 mars 2015, un évènement à la gloire du relativisme culturel, avec Rockaya Diallo et d’autres défendant le port du voile et autres spécificités politico-religieuses pour les femmes musulmanes, sans qu’aucune contradiction ne puisse être apportée. Cette affaire qui avait fait grand bruit, est encore dans toutes les mémoires féministes parisiennes, et ce n’est qu’un exemple.

Anne Hidalgo ne peut ignorer la véritable nature des Verts, et si quelques EELV sont  rompus à un fonctionnement politique plus policé, combien d’activistes brut de décoffrage et aux stratégies de cracheurs de feu compte ce mouvement ? Une  réaction quelque peu étrange, Anne Hidalgo ne peut écarter des élues et le groupe écolo à la Mairie de Paris n’exclura pas ses militantes, il lui faudrait sinon se délester de la plupart de ses militant.es de base, or il y a bien longtemps que les écologistes, à Paris en tous cas, ont quitté EELV justement à cause de ces extrémistes.

EELV fera t’elle un jour son autocritique, se séparera t’elle de ces militants gauchistes qui n’ont pas grand chose à voir avec l’écologie ? J’en doute.  A cause de l’amateurisme des Verts et de l’arrogance du PS qui décidément se refuse à apprendre de ses erreurs, la gauche à Paris est donc en guerre ouverte. Ça promet pour la suite, une ville qui souffre et qui n’avait vraiment pas besoin de ça.

Christine Le Doaré

Et en complément l’article des VigilantEs féministes universalistes et laïques :

Alice Coffin n’est pas une VigilantE : 

https://christineld75.wordpress.com/2020/07/28/alice-coffin-nest-pas-une-vigilante-les-vigilantes/

 

Aucune féministe n’est transphobe, le lobby trans activiste est misogyne

 

 

 

 

 

La question trans a récemment créé une polémique dans les médias lorsque des activistes ont profité des collages contre les féminicides pour leur subtiliser leurs slogans.

Une tribune collective proposée par Pauline Arrighi a d’abord été publiée sur le Huffpost ; des pressions ont été exercées sur la rédaction, en conséquence de quoi, la tribune a été retirée. Marianne l’a reprise. En réponse, la tribune « Le débat sur la place des femmes trans n’a pas lieu d’être », est parue dans Libération. En lisant ces tribunes, j’ai relevé pas mal de confusion et contrevérités.

Au départ, c’est plutôt simple. Une personne grandit en ne s’identifiant pas à son sexe biologique de naissance et agit afin d’être socialement reconnue comme appartenant au genre opposé.

 

Quand on lutte pour une cause, on commence par élaborer et imposer un vocabulaire, et c’est ce qu’ont fait les trans activistes. Peu à peu la notion de sexe (biologique) a été remplacée par celle de genre (construction sociale).

Au début, on parlait de transsexuel, c’est-à-dire, une personne passée d’un sexe à l’autre, après avoir subi une chirurgie de réassignation de genre. L’expression « réassignation de genre » est imposée par les militants parce qu’elle suggère qu’un genre serait non pas constaté, mais assigné à la naissance, sous-entendu de manière arbitraire. Puis il a été question de transgenre, par opposition aux notions de sexe biologique et de sexualité. Transgenre c’est-à-dire transgressant le genre socialement construit; il n’est donc plus nécessaire qu’une personne transgenre soit opérée. Les trans activistes parlent aussi de trans identité. On comprend bien l’intérêt de cette évolution  sémantique, il est plus aisé de penser la question trans, et surtout de la banaliser, quand on considère qu’une personne change simplement de genre social et non biologique ou plus simplement encore,  d’identité.

 

Longtemps, ne furent visibles que les trans M (male) to F (femelle), plus hauts en couleur et transgressifs aussi, étant souvent contraints de se prostituer pour vivre et pour payer les opérations de réassignation de genre. Elles étaient souvent des caricatures de femmes, cumulant les pires clichés imaginables de féminité patriarcale. Les trans de nos jours,  ne ressemblent plus beaucoup à leurs ainés. De nos jours, après un diagnostique et une évaluation psychologique que les militants s’acharnent à vouloir supprimer, des protocoles de réassignation de genre, avec traitement hormonal et chirurgie de réattribution sexuelle, ou pas, sont aisément disponibles. Les chirurgies génitales sont remboursées intégralement par la Sécurité Sociale. En, 2016, on comptabilise 165 actes de chirurgie en France. Dans nombre de pays essaiment les cliniques spécialisées. La réassignation de genre est devenue un business très lucratif et les enfants sont aussi encouragés à y avoir recours, après qu’ait été bloquée leur puberté, ce qui n’est pas sans conséquence sur leur développement et ce qui le plus souvent les rend stériles. Avec l’émergence du mouvement LGBT, les trans F (femelle) to M (male) sont devenues plus visibles. Ils pratiquent plus rarement une chirurgie de réassignation, la phalloplastie n’ayant pas l’équivalent fonctionnel ni esthétique, de la vaginoplastie ; et d’autres veulent un pénis en plastique mais gardent leur vagin et leurs ovaires. Avec l’émergence de groupes néo-féministes, des jeunes femmes désireuses de s’affranchir du sexisme prennent un raccourci. La pression sociale est forte sur les femmes et lutter pour une société féministe peut sembler fastidieux, alors passer pour un homme peut être plus attractif, transgressif et sexy. D’autres s’affichent gender fluid. Le monde de l’identité à la carte.

 

Il faut le rappeler, des trans femmes ou hommes se fondent dans la société pour vivre leur vie comme elles/ils le souhaitaient. Il est important de les protéger contre les préjugés, discriminations et violences.Les trans activistes en revanche, ne sont jamais satisfaits tant qu’ils n’ont pas imposé leur vision du monde et leur agenda. La tâche leur est aisée, il est vrai que l’époque est à la dictature des minorités.

 

S’il est important de déconstruire les rôles sociaux de genre, il ne peut pour autant être fait abstraction de la biologie. Les féministes s’emploient à challenger le genre social, mais elles n’ont jamais nié les différences biologiques, elles expliquent que ces différences ne justifient ni une hiérarchie ni une domination. Il est vain de nier que les expériences sociales et personnelles vécues par les hommes et des femmes sont dissemblables. Indépendamment des rôles et des conditionnements sociaux de genre, une femme et un homme, de part leur biologie, leur physiologie, leur physique, sont confrontés à des réalités bien différentes. Une femme a des règles, elle a moins de force physique, elle est plus vulnérable dans l’espace privé comme public, elle a la capacité d’enfanter…C’est justement parce que les femmes ont ces caractéristiques physiques et biologiques qu’elles ont été opprimées. Le système patriarcal a toujours eu pour objet principal l’appropriation du corps des femmes pour la reproduction et la sexualité. Un exploitation et une oppression des femmes bien réelle qui n’a strictement rien à voir avec un quelconque ressenti, ni avec l’idéologie.

 

Les trans activistes eux, confondent tout à dessein et plus c’est gros, plus ça passe.

Si seul compte le genre social, dans ce cas, pourquoi avoir recours à des opérations de réattribution de la zone génitale ? Pourquoi vouloir imposer que ne soit plus utilisé le mot « vagin » qui les offenserait mais plutôt l’expression « trou devant », si le sexe importe si peu ? Dans le Wyoming, des trans activistes se battent contre un projet de loi de criminalisation des mutilations génitales féminines (excision/infibulation) au prétexte que « female genital mutilation” is transgender-exclusionary language, as not all people with vaginas are women, and not all women have vaginas » ( Les FGM relèvent du langage trans-exclusion, toutes les personnes avec un vagin ne sont pas des femmes, toutes les femmes n’ont pas un vagin). *1. Moi, j’ai vomi. Et ce n’est qu’un exemple de l’argumentaire politique trans, les trans activistes n’ayant de cesse que de substituer leur agenda et revendications à ceux des femmes.  Je note que les débats portent essentiellement sur les trans M to F, et ce n’est pas un hasard. Si on écoute le lobby trans, il suffirait de se sentir et se déclarer femme, pour l’être. Le monde du réel devrait laisser place à celui du ressenti et de l’auto-affirmation. Ainsi, tout homme transgenre, se déclarant femme, même non opéré et donc porteur d’un appareil génital masculin (ce qui est le cas de 75 % des trans M to F en France), peut-il désormais avoir accès à tous les lieux jusqu’ici réservés aux femmes pour des raisons de sécurité : toilettes, vestiaires, foyers, prisons, etc. Ce qui fait qu’entre autres problèmes, dans des prisons de femmes sont commis des viols. Le problème est encore plus flagrant en matière de compétition sportive où leur physique et musculature avantagent outrageusement les trans M to F face aux femmes cis-genre.

 

Le plus étrange pour moi, est qu’il suffit que les trans activistes assènent leur idéologie faite de bric et de broc,  d’affirmations aussi fantaisistes qu’insensées, pour que tout le monde adhère. Beaucoup d’universitaires, de journalistes sont conquis, il n’est donc pas surprenant de lire sous la plume de Lauren Provost dans le HuffPost pour justifier le retrait de la tribune de Pauline Arrighi : » Les propos transphobes à l’intérieur vont à l’encontre des valeurs prônées par le HuffPost depuis sa création. Les femmes trans sont des femmes. Nous vous présentons nos plus sincères excuses pour la publication de ce texte.».  A plat ventre. Nombre de politiques et membres du corps médical, ont aussi été convaincus. De toute façon, ceux qui doutent et l’expriment subissent de très sévères représailles. Des universitaires et journalistes sont ostracisé.es, interdit.es d’intervenir dans des colloques, doivent être escorté.es et éviter les coups ; des scientifiques sont révoqué.es.

Il n’y a pas grand monde pour résister au chantage et à la violence des trans activistes, sauf des féministes, en particulier les féministes radicales, mais pas seulement, toutes les féministes opposées à la marchandisation du corps des femmes. Si les féministes résistent, c’est parce qu’il n’est pas question que les droits des femmes soient sacrifiés sur l’hôtel de la bien-pensance. Résister c’est faire les frais de virulentes accusations de transphobie, c’est être qualifiées de sales cisgenre (personne à l’aise avec le sexe attribué à la naissance), de TERF (Trans Exclusionary Radical Feminist), c’est manifester sous les cris de  « Mort aux TERF ! » (Die Terfs ! ou  Kill terfs !). Des  badges et des t-shirts sont même imprimés avec ces slogans !

 

La violence des trans activistes dépasse l’entendement, c’est une violence misogyne déployée par une minorité qui pourtant a acquis des droits grâce aux mouvements féministe et LGBT. C’est une violence misogyne équivalente à celle des masculinistes. L’objectif est de réduire les féministes au silence, également les trans revenues de leur transition,  et le mouvement LGBT, qui ne compte plus désormais aucune lesbienne féministe, leur sert de véhicule. L’acronyme LGBT est désormais une imposture, en réalité il faudrait parler de mouvement GBT et même GT. Vous ne m’empêcherez pas d’y voir une forme particulièrement insidieuse de résistance du système patriarcal. Aussi, les affirmations que « la transphobie n’a pas sa place dans le féminisme » relèvent au mieux de la naïveté, de l’inversion des responsabilités, voire d’un agressif militantisme anti-féministe. De nos jours, tant de gens qui se prétendent féministes, l’accommodent à leur sauce pour mieux le dévoyer et l’affaiblir. Les faits eux sont têtus : à l’évidence, les trans M to F sont des trans femmes, pas des femmes, les trans F to M sont des trans hommes, pas des hommes. Et alors ? C’est quoi le problème exactement ? Il n’y aurait pas de place pour des femmes, des hommes, des femmes trans, des hommes trans ? Et pourquoi donc ? Au nom de quel conformisme ?

Dans tous les cas, si notre société veut plus de visibilité et de droits pour les trans, cela ne se fera pas au détriment des droits des femmes. Un point c’est tout.

Christine Le Doaré

*1.

https://www.womenarehuman.com/trans-activists-protest-bi-partisan-bill-to-protect-girls-from-barbaric-practice-of-female-genital-mutilation/

 

 

 

 

De France-cul au festival littératures de Nantes, La Maison du dégoût, à l’honneur

Emma Becker a passé deux ans dans une Maison close en Allemagne puis a publié un livre. 

La Maison est une oeuvre littéraire, pas un essai. Un roman on aime ou pas. Ce qui est moins consensuel en revanche, c’est ce que cherche à nous dire Emma Becker sur les plateaux où elle est invitée.

Et pour être invitée, elle l’est puisque son roman a reçu le prix du roman des étudiants de France Culture-Télérama. Alors, des studios de France Culture, Emma Becker arrivera Nantes pour Atlantide, le festival annuel des littératures qui se tient au Lieu Unique.

Dans ce cadre, elle interviendra aussi dans une médiathèque de la ville. Au moment où la prostitution des étudiantes explose en France, je salue la politique de prévention de la ville de Nantes en matière de prévention de la prostitution !

Rappel : En France les maisons closes sont interdites depuis 1946 et la loi d’abolition de la prostitution a été votée le 7 avril 2016.

La loi d’abolition, pas de prohibition, dépénalise les personnes prostituées (abolition du délit de racolage) ; pénalise les clients qui par leur demande alimentent les réseaux, la traite, avec une amende et un stage avec les survivantes de la prostitution quand c’est possible ; propose un parcours de sortie de la prostitution ; encourage des actions de prévention/formation de professionnels et auprès des jeunes.

Les maisons closes dans les pays règlementaristes : En Allemagne, aux Pays Bas, en Espagne et dans tous les pays règlementaristes, les maisons closes sont prospères. Plus de cinq cent maisons closes rien qu’à Berlin. Ce juteux business est évalué en Allemagne à 17 milliards d’euros. 500 000 prostituées qui en Allemagne comme ailleurs sont essentiellement des migrantes du Nigéria venues avec des réseaux clandestins et d’Europe de l’EST. Du sexe à l’image de la pornographie, sans aucune limite. Des packages « all inclusive » avec petit déjeuner. Des établissements qui vont du bordel bas de gamme aux « palaces du sexe » étoilés, avec piscine, espaces VIP…

Le sexe au mains d’entrepreneurs ; on aurait pu penser que les Verts et les féministes dites « pro-sexe » notamment, promoteurs de la légalisation, auraient condamné ce capitalisme ultra-libéral, mais non.

La légalisation qui devrait garantir une meilleure sécurité aux prostituées, sécurise surtout proxénètes et trafiquants devenus de vaillants entrepreneurs. La dépénalisation du proxénétisme, fer de lance de l’écologie féministe des Verts ! Laver les couches à la main ou vendre des services sexuels à la chaîne, un destin pour les femmes. Feministgreenwashing hourra !

Avec la crise économique et la précarité qui touche plus durement les femmes, avec l’augmentation des réfugiées, en particulier des sans-papiers, le nombre de prostituées a explosé. Le crime organisé y a vite vu son intérêt, les bénéfices ne sont pas moindres que ceux d’autres trafics et les proxénètes sont blanchis par la législation.

A Berlin, la police sait que de peur de perdre leur place, les femmes répètent la même leçon : « Elles auraient rejoint le bordel de manière autonome, parce que c’est tellement avantageux pour elles d’y travailler ». En réalité, ce n’est pas le législateur mais bien le proxénète qui fait la loi. D’ailleurs en Allemagne, la législation de 2002 est allègrement contournée : 5 ans plus tard, seulement 1% des prostituées bénéficiaient d’un contrat de travail. La belle arnaque !

La maison close, enferme des femmes vulnérables et précaires pour que sur leur corps marchandisé soient commises les violences de l’intime. La légalisation,  c’est la bonne conscience de la société qui n’ignore pas les dommages physiques et psychologiques de la prostitution.

Dans les pays règlementaristes, des voix s’élèvent contre cette exploitation et violence faite aux femmes et des états aimeraient revenir en arrière, se demandant comment la prostitution est compatible avec l’égalité femmes-hommes. Comment grandissent des filles et des garçons qui apprennent très tôt qu’une fille peut être sexuellement mise sur le marché et qu’un garçon peut se la payer ? Comment ainsi concevoir le respect et l’égalité ?

Et Emma Becker dans tout ça : Emma Becker ne répondra à ces dernières questions. Elle a déjà dit ne pas vouloir « embellir la prostitution », ne pas avoir d’intention politique et juste vouloir « montrer les putes comme des ouvrières ».

Interviewée sur France Culture, elle a dit : 

  • « Les différences entre une pute et une femme, elles n’existent pas. » Je lui réponds : oui, le plus souvent les prostituées sont des femmes, mais les femmes ne sont pas toutes des prostituées, la société patriarcale ne le supporterait pas, la romance, le couple, la famille sont essentiels à son organisation, il lui faut juste un quota de femmes sacrifiées au mythe de l’irrépressible appétit sexuel masculin. 
  • « Les putes sont des ouvrières. » Je lui réponds : non, les ouvrières ne travaillent pas avec leur intimité, elles ont à leur disposition un code du travail, des formations, une carrière. Aucun enfant ne grandit en se rêvant prostitué.e et aucun parent ne le souhaite. Ce n’est ni une vocation, ni un métier, c’est juste la plus vieille arnaque patriarcale. Le terme « travailleur du sexe » est une imposture, un terme inventé par le lobby prostitueur.
  • « Le mot pute a été vidé de sa substance,  il n’est plus du tout employé dans son sens propre. Le terme de prostitué est passif et judéo-chrétien. » Je lui réponds : oui, il est passif car la prostitution n’est pas du sexe mais un viol tarifé. Personne n’est actif ne son propre viol et ne peut que le subir. Rien de judéo-chrétien la-dedans, au contraire, l’église n’était pas contre la prostitution qui garantissait bien hypocritement la paix des ménages. C’est plutôt une position moderne, émancipatrice et féministe de la condition des femmes. 
  • « J’aime que le mot pute claque et choque. » Je lui réponds : oui, provoquer et choquer pour finir par habituer et banaliser ; c’est une stratégie dévoyée. En fait, le mot pute ne choque personne, ce qui choque c’est l’exploitation et les violences intrinsèques de la prostitution.
  • « On fait la différence entre la prostitution le mauvais sexe et le sexe conjugal le sexe gratuit sensé être le sexe valable. » Je lui réponds : alors personne n’a de sexualité à moins d’être marié.e ou prostitué.e ? LOL. Comparer une sexualité entre époux à des rapports tarifés, consentis pour raisons économiques, est un vieil argument du lobby prostitueur ; seulement voilà, nous ne sommes plus au 19ème siècle, les femmes travaillent et sont économiquement indépendantes. Au fait, ça fonctionne aussi pour les couples de même sexe mariés ? LOL
  • « Ecrire la prostitution comme un rapport amoureux. » Je lui réponds : oui, surtout si la découverte de la sexualité ne s’est pas passée au mieux, en particulier si des violences sexuelles (attouchements, viols, inceste…) ont eu lieu dans l’enfance, alors c’est un peu la double peine. 
  • « Le concept de maison close implique certain nombre de clients par jour. Un ras le bol de l’homme du sexe et du désir qui s’installe rapidement et m’a rendue un peu malheureuse, triste.» Je lui réponds : tout de même un peu de lucidité et vérité. Emma Becker a délibérément fait le choix de cette expérience quand de nombreuses femmes y sont contraintes et n’en sortiront jamais ou tardivement, ou très abimées, voire détruites. Pour un client correct, combien d’hommes sales, pervers, violents, imposés ? Certaines femmes trafiquées sont dressées pour accepter cet esclavage. Dans tous les cas, les pénétrations à répétition, les insultes, humiliations, violences sur plusieurs années occasionnent des dégâts physiques et psychologiques irréversibles. Il suffit d’en parler avec les « Survivantes de la prostitution » auxquelles on ne déroule jamais le tapis rouge, pour s’en convaincre. Emma Becker avait les moyens d’en sortir, mais les autres ?

Rien de ce que dit Emma Becker n’est nouveau, nous avons entendu ces phrases des milliers de fois, dans la bouche de tous les acteurs du lobby proxénète avant le vote de la loi d’abolition.

D’ailleurs, sur son compte Twitter @noravanhoeck relaye abondamment les communication du STRASS obscur « syndicat des travailleurs du sexe » Un groupuscule aux pratiques douteuses, qui a violemment agressé les féministes abolitionnistes avant le vote de la loi d’abolition.

Jugez plutôt : https://sousleparapluierouge.wordpress.com/  (en anglais puis en français). Alors un roman peut-être mais aussi un engagement auprès du lobby prostitueur et notamment du STRASS qui dit préférer les indépendant.es aux maisons closes.

Conclusion :

Quoi qu’elle en dise, Emma Becker enjolive bien la prostitution et les maisons closes, en leur donnant un vernis romanesque. Elle se fait de l’argent et une notoriété sur ce qui n’aura été pour elle qu’une courte expérience. Indifférente au sort des femmes qui resteront enfermées dans la prostitution, elle est objectivement complice du système prostitueur.

Elle ne rend pas service aux jeunes qui en nombre, pour payer leurs études ou contraintes par les gangs des cités, tombent naïvement dans les filets de la violence de la prostitution. France-Culture/Télérama n’ont pas honte de lui avoir remis un prix. J’annule mon abonnement à Télérama. 

Que des supports et lieux culturels, radios publiques, évènements culturels, et même bibliothèques municipales déroulent le tapis rouge à Emma Becker, est symptomatique de l’appétence de ces milieux pour une prostitution fantasmée qui en réalité n’a rien de glamour. La prostitution n’est que la plus violente survivance de la domination masculine.

Pourtant, dans un pays abolitionniste et qui fait la promotion de l’égalité femmes-hommes, lors du festival Atlantide, au Lieu Unique à plusieurs occasions, notamment dans une rencontre intitulée cyniquement « Etre libre de corps pour être libre d’esprit » ( comme si aliéner son corps aux violences masculines était une liberté), comme dans une médiathèque, en présence d’adolescents et jeunes adultes un samedi après-midi, Emma Becker va pouvoir dérouler les arguments éculés des militants du STRASS et autres acteurs du lobby prostitueur.

Télérama, Livres à lire, France Culture, le Lieu Unique, la ville de Nantes, … se prêtent aux manoeuvres du lobby prostitueur qui malgré le vote de la loi d’abolition n’a pas désarmé, et c’est pitoyable, condamnable. 

Egalité femmes-hommes hein ? Ce n’est pas demain la veille.

Christine Le Doaré

P.S. : Emma Becker n’est en fin de compte pas venue à Nantes, semble t-il pour raison de santé

 

 

 Emission de France culture

https://twitter.com/franceculture/status/1229820371664359424?s=21

 

 

 

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Le féminisme a t’il perdu la tête? #8mars2020 — Les VigilantEs

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via Le féminisme a t’il perdu la tête? #8mars2020 — Les VigilantEs

Griveaux, son organe sexuel et le kompromat

 

 

 

 

 

 

L’affaire Griveaux est remarquable à plus d’un titre. De manière spectaculaire elle nous confirme que :

  • beaucoup d’hommes, et notamment d’hommes politiques, ont une relation particulièrement immature avec leur organe génital ;
  • l’extrême gauche n’hésite plus à s’investir dans des manoeuvres obscènes et délictueuses pour déstabiliser la démocratie ;
  • les réseaux sociaux, l’anonymat et la multiplication de faux comptes, accélèrent et hystérisent la vie politique.

Les faits.

Alexandra de Taddéo mise en examen et placée sous contrôle judiciaire pour atteinte à la vie privée pour divulgation de vidéo à caractère sexuel, a conservé une vidéo intime datant de 2018. Celui dont elle est désormais la compagne, Piotr Pavlensky, performeur de l’extrême russe, adepte du Kompromat * a t’il décidé seul d’exploiter cette vidéo privée. Pavlensky est réfugié en France après une accusation de viol en Russie. Il est visé par deux enquêtes, une pour atteinte à la vie privée, et l’autre pour violence volontaire avec arme, infraction commise lors de la soirée du nouvel an 2020 et pour laquelle il était recherché. La soirée avait lieu chez Juan Branco, avocat (par équivalence), ancien candidat aux législatives 2017 pour la France Insoumise et activiste Gilet Jaune, et sa compagne. Juan Branco n’a pas porté plainte contre Pavlensky qui a pourtant agressé et blessé au tesson de bouteille et au couteau, certains de ses convives.  Le bâtonnier de Paris a ouvert une enquête déontologique pour statuer sur le cas de l’avocat activiste Juan Branco.

Un trio dont les rôles exacts de chacun doivent être précisés. Juan Branco notamment, est-il simple témoin, a t’il aidé Pavlensky à monter cette affaire, ce qui en ferait un complice et l’empêcherait de le représenter pour raison évidente de conflit d’intérêt ? Dans une vidéo, il s’inclut dans la préparation de cette action en disant « Nous ». *2.

Un véritable thriller.

Benjamin Griveaux et son organe sexuel.

La relation hors mariage ne regarde que Benjamin Griveaux et sa femme. En revanche, Griveaux s’est comporté dans cet épisode de sa vie sexuelle, tel un adolescent libidineux. Ce n’est certes pas pénalement répréhensible, et il s’est probablement fait piéger par Alexandra de Taddéo mais, réaliser une telle vidéo est à minima révélateur d’une immaturité et d’une curieuse manière d’appréhender son rapport aux femmes.

Plus grave encore est de s’être comporté de la sorte alors que responsable politique. Exercer des fonctions politiques exige selon moi un comportement exemplaire que les politiques qui se croient suffisamment importants pour nous représenter, feraient bien d’adopter. Un jour peut-être, les hommes grandiront.

Benjamin Griveaux a démissionné 24h après la publication de la vidéo sur les réseaux sociaux ;  que les politiques n’aient toujours pas intégré la capacité de nuisance de ces outils, alors même qu’ils les utilisent à leur profit, est tout de même sidérant.

Une fois de plus, une affaire politique a pour élément déclencheur le comportement sexuel douteux d’un homme politique, néanmoins, les sombres dessins politiques de la clique à la manoeuvre sont autrement préoccupants.

Se limiter à critiquer Benjamin Griveaux et mettre sur le même plan un comportement sexuel immature et stupide, et un complot ourlé entre un activiste violent accusé de viol et ses éventuels complices, c’est refuser de voir ce qu’il y a derrière l’affaire.

L’intrigue, sa finalité.

Au delà de faire tomber Benjamin Griveaux et de changer le cours de l’élection parisienne, l’objectif était bien de déstabiliser nos démocraties en utilisant des moyens inqualifiables s’il le fallait.

Pavlensky a prétendu avoir agi de la sorte parce que Griveaux était hypocrite. Pour un anticonformiste transgressif, c’est impayable ! Moralisateur en diable, cet activiste qui fustigeait sauvagement le conservatisme du régime russe ! Juan Branco dés le début de l’affaire, prétend que la divulgation de la vidéo est « légitimée par la peopolisation de la campagne de Benjamin Griveaux ». En résumé la fin justifierait les moyens, même les plus tordus ;  bien sûr au nom du peuple idéalisé et fantasmé pur et innocent.

Heureusement la loi nous protège désormais du revenge porn ; c’est une infraction sévèrement punie : deux ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende.

Mais  bien au delà de l’infraction et de sa sanction, de telles pratiques présentent un risque majeur pour notre démocratie : dans cette affaire,  il ne s’agit évidement pas que de vie privée, mais bien d’une atteinte à un pays, à ses règles et à son système politique.

Arbitraire et violence dites « révolutionnaire ». De telles pratiques, en mon nom, car après tout je fais aussi partie du peuple, je dis non. Mille fois non. L’histoire regorge des atrocités innommables commises au nom d’idéologies qui n’ont jamais rien démontré d’autre que leur capacité à produire des régimes autocrates et mortifères.

N’en déplaise à la clique réactionnaire d’exaltés rouges-bruns, gilets jaunes, insoumis et autres bourgeois gauchistes, agitateurs et nihilistes aux méthodes dignes du KGB ou du FSB, rien n’a jamais égalé la démocratie, aussi insatisfaisante et imparfaite soit-elle. 

En tant que féministe aussi, je dis non. Non au revenge porn et non aux actions de déstabilisation d’activistes tels que Piotr Pavlensky. Il y a 8 ans de cela, j’écrivais un texte sur l’affaire des Pussy Riots. Piotr Pavlenski est l’un des mentors des Pussy Riots et de Voina. Une recherche m’avait fait découvrir leurs performances à caractère sexuel dans des musées en Russie. *3. Les femmes y sont objectivées, instrumentalisées, pornifiées. Je n’oublie pas non plus que Piotr Pavlensky est accusé de viol.

Le monde que nous propose ces activistes est glauque, violent, machiste, un monde hideux que je ne nous souhaite pas.

Christine Le Doaré

 

*1.  Kompromat : la technique russe du kompromat consiste à construire un dossier sur l’ennemi afin de lui nuire définitivement. Employée pendant la guerre froide et par les services secrets russes.

*2. Vidéo de l’aveu de Juan Branco :

https://twitter.com/unjourunjaune/status/1228801515273453569?s=21&fbclid=IwAR1RPSGtlOTa5QWR4dIGXp2xPvPiv1VCjOCbVaaau85uAKIX4AijM_8H45Y

*3. Texte de 2012 « Pussy Riots, faut pas pousser » : le lien sur la vidéo des performances sexuelles dans les musées sont en fin de texte :

https://christineld75.wordpress.com/2012/08/13/pussy-riots-faut-pas-pousser/?fbclid=IwAR3il6A6KQYvYo6YHNQL6njw7hgzI60FSMecr76SD4fiTd6Ytnj32bBMfC0

 

Affaire #MILA Revue de presse féministe et laïque — Les VigilantEs

Cette triste affaire est révélatrice de notre époque. Elle mêle : la violence des réseaux sociaux : phénomène de meute, propension à la diffamation, à la menace, avec des conséquences dramatiques pour les personnes incriminées, le sexisme et la hargne de dragueurs harceleurs, l’homophobie ou plus exactement dans ce cas, la lesbophobie, qui frappe toujours […]

via Affaire #MILA Revue de presse féministe et laïque — Les VigilantEs

#25novembre beau bilan, mais merci qui ?

Bilan du #25novembre 2019 par une féministe universaliste

La banderole de tête du cortège nantais

En tant que féministe universaliste, j’ai ressenti le besoin de tirer un bilan de la mobilisation du 25 novembre,  Journée Internationale contre les violences faites aux femmes.

La libéralisation de la parole qui n’est certes pas exempte de dérapages, a eu le mérite de faciliter  une prise de conscience généralisée et l’expression d’un rejet massif des violences touchant les femmes. A Paris comme un peu partout en France, les cortèges furent imposants, on ne peut que s’en féliciter. 49 000 personnes à Paris, on n’avait pas vu ça depuis la grande manifestation féministe du 6 octobre 1979 pour la pérennisation de la loi Veil. Alors merci à celles qui ont parlé  publiquement, ce qui n’est jamais sans risque, et un immense bravo à toutes les femmes et hommes également, qui ont défilé les 23 et 25 novembre contre toutes les violences patriarcales. Il est en effet absurde de viser une égalité entre les femmes et les hommes tout en tolérant d’infernales violences à l’encontre des femmes.

Les femmes sont victimes de violences conjugales certes, mais aussi de harcèlement de rue, violences sexuelles, viols, agressions ; sans oublier les violences liées aux origines, religieuses et communautaires, telles que l’excision, le mariage forcé, le voilement… d’ailleurs souvent oubliées dans les différentes manifestations, un peu comme si les violences conjugales occultaient toutes les autres violences. Les enfants sont également victimes de terribles violences sexuelles, physiques et psychologiques. D’autres catégories de la populations subissent également des violences.

Le nombre de manifestant.es était considérable, c’est un succès incontestable, en revanche, le nombre n’est pas gage que de qualité. Dans les manifestations ont été relevé des comportements, pancartes, slogans que je qualifie de pitoyables et même anti-féministes. Même si une majorité de manifestant.es ne les partage pas, leur multiplication et visibilité grandissante posent un sérieux problème.

Ce n’est pas un secret, pour faire nombre, les organisatrices se revendiquant de #NousToutespour  ont recherché des compromis avec des tendances du mouvement des femmes et des groupes  éloignés des fondamentaux du féminisme. Les conséquences ne sont pas anodines et devraient alerter bien plus qu’elles ne le font. Mais il est vrai que nous sommes à une époque où s’opposer à une certaine doxa militante expose à une stigmatisation, voire de sévères représailles, ce qui musèle pas mal de monde.

  Dans le cortège parisien ont été relevé les faits suivants : 

  • des femmes dénonçant « la pratique esclavagiste de la GPA » ont été prises à partie, leur tracts déchirés et jetés à terre.  « NousToutes » ah bon ? ;
  • des slogans hostiles à l’abolition de la prostitution ont été massivement scandés (Ils révèlent que la loi n’est toujours pas comprise : accuser les abolitionnistes de tuer les personnes prostituées alors que ce sont toujours les clients ou les réseaux criminels qui les tuent est d’une absurdité sans nom, en outre, la loi a dépénalisé les personnes prostituées mais pénalise les clients qui alimentent la demande et entretiennent le trafic d’êtres humains.) ;
  • des slogans favorables au voile islamique ont été hurlés, comme si la soumission à des diktats religieux patriarcaux pouvait préserver les femmes des violences ;
  • des slogans accablant l’Etat français de pratiquer un « racisme d’état » et une « islamophobie d’état » ont été scandés (Pourtant, nous ne sommes pas aux USA, et s’il y a bien du racisme, d’ailleurs pas à sens unique, des lois contre le racisme s’appliquent et l’éducation nationale notamment, fait de la prévention contre le racisme. Il n’y a pas non plus « d’islamophobie d’état », en revanche, la critique des religions est libre ; le racisme anti-musulman existe (peu en réalité) mais il y a des lois contre ça. Il est donc faux de parler de « racisme d’état » et « d’islamophobie d’état » car l’Etat n’organise aucun racisme,  il les combat. Il est parfaitement stupide d’alimenter les stratégies de groupes victimaires indigénistes, ségrégationnistes et/ou islamistes. En revanche, je note que l’antisémitisme, en nette augmentation, ne semble pas bouleverser grand monde.)
  • des slogans anti-Macron (bien que ce gouvernement soit tout de même le premier à instaurer un Grenelle et à adopter des mesures conséquentes qui devront être évaluées et complétées en fonction des résultats) et contre le libéralisme (mais pour quelle alternative crédible et derrière qui, on cherche encore, d’autant plus que ce n’était pas vraiment le sujet du jour ! )
  • des performances douteuses émaillaient la manifestation, comme celle d’une fameuse Marie dont la vidéo où des hommes torse nu sont fouettés, a été vue en boucle sur les réseaux sociaux. Comment mieux dévaloriser les combats féministes pour une société sans domination ?
  • etc. 
slogan pro-voile :  quel lien en réalité entre le voilement des femmes (doctrine intégriste) et des femmes mortes sous les coups de leurs conjoints ; et qui tolère quoi au juste ? confusion totale
slogan pro-voile : les hommes qui parlent de voile sont ceux qui veulent inférioriser et invisibiliser les femmes dans l’espace public, les intégristes/radicaux ; et par quel biais tordu lier le viol et le voilement des femmes ? Le viol est un crime, il est puni par la loi. Totale confusion là encore ? En se croyant super intelligent.e
pancarte apologie du relativisme culturel : racialiste, pro-voile, en défense du système prostitueur ; en résumé absolument antinomique avec les fondamentaux du féminisme mais qui prétend que les femmes blanches ne le sont pas ; comment marcher sur la tête !

 

 

 

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Agression des femmes s’exprimant contre la GPA

A Toulouse, des féministes abolitionnistes ont été attaquées dans le cortège, elles ont été frappées et leurs pancartes jetées au sol. Un comble tout de même que des violences soient exercées à l’encontre de femmes dans une manifestation contre les violences faites aux femmes !

Agression à Toulouse des abolitionnistes

 

 

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A Nantes, j’ai défilé dans un cortège important d’environ 2 000 personnes, une belle mixité femmes-hommes, des associations, syndicats, groupes politiques, mais surtout énormément de jeunes. Fait remarquable, aucun blackbloc n’a pointé son nez (en tous cas masqué). Beaucoup d’énergie, de colère et de créativité. Mais comme ailleurs, des slogans pro-voile, contre la loi d’abolition qui pourtant protège comme jamais les personnes prostituées, des slogans relativistes mensongers contre le « racisme d’état «  et  l’ « islamophobie d’état ». Et cerise sur le gâteau, le slogan du cortège LGBT qui en a « marre de cette société qui ne respecte pas les Trans, les Putes et les PD ». Ça a le mérite d’être clair, les lesbiennes n’existent même plus, on leur a substitué « les putes » pour mieux défendre le système prostitueur,  et l’ultra-minorité Trans prend la tête pour nous expliquer ce que c’est que d’être une femme !

« abolos féministes saveur facho », c’est bien connu, les abolitionnistes sont des fachos, mais les macs, les réseaux et les clients des anges qui s’autorisent le sexe tarifé ou en vivent. Le niveau zéro de l’analyse.

 

comment lutter contre les violences sans même questionner les codes du sexisme ? non, nous ne somme pas des bombes sexuelles !

 

 

En résumé, une forte mobilisation certes, mais un cortège hétéroclite, et par endroits à des années lumières de s’intéresser vraiment aux violences faites aux femmes. Alors, s’il faut se réjouir de voir tant de monde dans la rue, il est impossible de ne pas s’inquiéter de ces dangereuses dérives, de toute cette bêtise aussi. Ces travers essentialistes, relativistes, intersectionnels, racialistes, communautaristes, religieux même, qui pervertissent tous les mouvements sociaux sont épouvantables. Celles et ceux qui les favorisent et endoctrinent les jeunes en les enfermant dans une confusion indescriptible sont sans aucun scrupule, au service d’eux-mêmes et de causes qui n’ont pas grand chose à voir avec la lutte contre les violences faites aux femmes, et encore moins avec le féminisme. Comme dans toutes les manifestations désormais, il est de plus en plus difficile de participer à une manifestation féministe  sans ressentir de malaise à la vue de tant de confusion.

Le 25 novembre, le gouvernement quant à lui, présentait les mesures retenues à la fin du Grenelle. Parmi les plus significatives : la levée du secret médical ; la suspension de l’autorité parentale des pères violents ; la suppression de l’obligation alimentaire des enfants envers leur père violent ; la prise en compte du suicide forcé dans le droit pénal ; le 3919  désormais accessible 24h/24h et 7j/7 jours; l’ouverture de 26 centres de suivi pour les coupables de violences conjugales  ; le recrutement de 80 intervenants sociaux supplémentaires dans les commissariats (un total de 330 en tout) ; l’adoption d’une grille unique d’évaluation du danger dans les commissariats ; une convention entre le 3919 et le ministère du logement pour faciliter l’accueil des victimes ; la création de 1 000 nouvelles solutions d’hébergement immédiatement ; 6 millions d’euros alloués au déploiement du bracelet anti-rapprochement ; un « conseil de vie » mis en place au collège et au lycée ; une formation «obligatoire» sur l’égalité entre les filles et les garçons pour les enseignants ; un module sur les violences conjugales pour le service national universel (SNU) ; un document unique de signalement pour les enfants exposés aux violences familiales pour le personnel enseignant ;  etc.

Il me semble raisonnable d’admettre que ce n’est pas rien, et dans tous les cas, c’est infiniment plus que ce que tous les gouvernements précédents avaient mis en oeuvre. Bien entendu, de telles mesures devront être évaluées à l’aune des résultats obtenus et corrigées, complétées si besoin. Le Haut Conseil à l’Egalité s’est félicité de l’adoption de ces mesures tout en rendant un Avis «Violences conjugales : pour une culture de la protection des femmes et des enfants ». Savoir reconnaitre des avancées, rester prudent et évaluer au bout de quelques temps les résultats d’une politique est une attitude constructive. En revanche, le collectif #NousToutes – mais est-il si représentatif des manifestant.es  des 23 et 25 novembre ? –  s’est immédiatement opposé au plan de mesures annoncé et un rassemblement fustigeant le gouvernement était organisé le soir même. A mon sens,  une manoeuvre partisane dont l’objectif est bien plus de critiquer le gouvernement que de travailler de manière constructive à endiguer les violences faites aux femmes. Rien de bien étonnant lorsque l’on sait que l’organisatrice de #NousToutes la plus en vue, a aussi défilé le 10 novembre dernier contre l’ » islamophobie d’état « aux côtés d’islamistes.

C’est aussi oublier que les violences faites aux femmes ne se limitent pas, loin s’en faut, aux violences conjugales et qu’il faudrait aussi se préoccuper des autres violences, opportunément poussées sous le tapis par certain.es. Quid de l’insécurité, du harcèlement, du viol et des violences sexuelles dans l’espace public, de la violence prostitutionnelle ? Quelles sont les politiques Genre et ville qui prennent toutes ces problématiques véritablement au sérieux et agissent concrètement ? Qui fait quoi contre les violences communautaires et religieuses ? Pas grand monde, tout juste si l’on ose en parler, de peur d’être accusé.es de racisme ou d’ « islamphobie ». En tous cas pas #NousToutes ! Seules Femmes Solidaires et le réseau  des  VigilantEs l’ont fait clairement, appelant à la Manifestation avec un communiqué sans ambiguïté : féminisme universaliste,  abolitionniste et contre le relativisme culturel, le racialisme et le communautarisme. Il y avait également un cortège abolitionniste dans la manifestation parisienne, bien leur a pris de se regrouper et d’être nombreuses.

Pour conclure, si je salue une mobilisation massive, je déplore les dérives idéologiques qui entachent le mouvement des femmes comme tous les mouvements sociaux. J’ai, après des décennies de marches lugubres et stériles le 25 novembre, enfin l’impression que le gouvernement a commencé à prendre la mesure du problème et que les mesures adoptées  permettront d’avancer. Je rappelle que les violences conjugales ne sont pas les seules violences faites aux femmes et que se focaliser sur elles-seules enfonce un peu plus toutes les femmes qui subissent d’autres formes de violences, et nous laisse toutes démunies face aux violences subies dans l’espace public et bien des lieux.

En définitive un bilan positif, mais que l’organisation de #NousToutes avec ses compromis douteux et son attitude partisane, ne doit certainement pas s’attribuer, à elle seule.

Christine Le Doaré

 

Marie dans le cortège parisien NousToutes : https://youtu.be/jq-Bj_WoUK0

CP des VigilantEs : https://vigilantes2015.wordpress.com/2019/11/09/ce-qui-divise-la-gauche-divise-aussi-le-mouvement-des-femmes/

CP de Femmes Solidaires : https://femmes-solidaires.org/25-novembre-stopfeminicide-stopimpunite/

CP du HCEfh : http://haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/cp_avis_hce_violences_grenelle_2019_11_25.pdf

Ce qui divise la gauche divise aussi le mouvement des femmes — Les VigilantEs

Agité ce mois de novembre 2019, avec une Marche le 10 contre l’»islamophobie» et la manifestation du 25 (le 23 à Paris) contre les violences faites aux femmes. Féministes universalistes et laïques, nous n’irons pas manifester le 10 novembre : Parce que les musulmans ne sont pas une race, que des origines ne renvoient pas […]

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Voile, le CFCM a parlé, la République piétine

Où sont les femmes ?

Le voile que les hommes ne portent pas, serait donc une affaire d’hommes

Le mardi 29 octobre, lendemain d’un entretien avec le président de la République, le CFCM (1) tenait une réunion extraordinaire à la mosquée de Paris afin de clarifier sa  position sur le port du voile dans l’espace public. A l’issue de la réunion le président du CFCM, Dalil Boubakeur a déclaré : « le port du voile est une prescription religieuse », mais les femmes de confession musulmane sont libres de le porter ou non sans que cela porte atteinte à leur foi ; puis : « Celles qui ont décidé de s’en affranchir ne sont pas moins musulmanes et restent dans la communauté des croyants »

Nous savons désormais que pour le CFCM, le voile est une prescription religieuse. Toutefois, elle n’est pas imposée. Le port du voile n’ayant pas un caractère obligatoire,  ne pas le porter n’a pas de conséquences sur le degré de foi des musulmanes et ne les exclue pas de la communauté des croyants.

On est soulagé.es pour toutes les musulmanes croyantes qui ne portaient pas le voile ! Etonné.es aussi, car cette position ne constitue en aucun cas une annonce forte, contrairement à ce qui avait été promis. Cette doctrine, aucune personne sensée, musulman.e ou pas, ne l’ignorait. 

On est surtout déçu.es car nous savons que beaucoup de musulmans progressistes réfutent que le voile soit une prescription religieuse. Pour Malek Chebel, anthropologue algérien des religions, le voile est « une régression de la femme à laquelle on ne fait pas confiance. Elle peut être musulmane sans être voilée. Il y a eu des siècles où elle ne l’était pas. » Il insistait aussi sur le caractère secondaire des versets sur le voile dans le Coran, sur les multiples interprétations possibles. Il avait notamment déclaré : « Le voile, est d’un usage toujours politique. Le voile dépossède la femme de son image. Qu’elle se libère de ses voiles. » Pour Chebel, le voile signait le retour des fondamentalistes, qui veulent le pouvoir dans une conception moyenâgeuse.

Le CFCM est infiniment moins disant, il se contente de dire que ne pas porter le voile est possible, ce que tout le monde savait déjà. Je n’appellerais pas ça une position très moderne ni réformée de l’islam.

Bien entendu, le CFCM n’évoque pas la prolifération exponentielle du port du voile ces dernières décennies, à l’évidence liée au développement du fondamentalisme des Frères musulmans et des salafistes qui poussent au port du voile pour mieux se visibiliser et s’affirmer.
Il ne s’est pas risqué à parler d’égalité Femmes-hommes, pas un mot du voile marqueur d’une division des sexes, assignant un statut inférieur aux femmes qui seules se doivent d’être pudiques face au sexe opposé.
Enfin, il a soigneusement évité de parler de la question qui brûle toutes les lèvres, celle des accompagnatrices scolaires voilées.

Néanmoins, les musulmanes de bonne foi savent désormais qu’elles portent l’entière responsabilité de la promotion d’un apartheid genré en portant volontairement le voile. Elles font ce choix sachant que dans des pays tels que l’Iran, des femmes sont emprisonnées pour avoir retiré leur voile.  Elles défendent la soumission des femmes au patriarcat et trouveront toujours face à elles, les féministes et progressistes qui se battent pour une société d’égalité. 

Dalil Boubakeur, est également revenu sur l’attentat contre la mosquée de Bayonne et a interpellé les personnalités politiques et médiatiques « qui doivent prendre la responsabilité de leurs propos outranciers qui banalisent la haine du musulman ». Juste déclaration, les politiques et autres personnalités qui instrumentalisent la haine doivent être combattus. Toutefois, comment ne pas constater que les motivations idéologiques sont immédiatement creusées, exposées et condamnées quand l’attentat porte une signature d’extrême-droite, (et même s’il s’agit d’un acte isolé aux motivations troubles, en l’occurence ici, se venger à 84 ans, pour l’incendie de Notre-Dame – les complotistes ont encore frappé !), ce qui n’est pas le cas ou rarement quand la signature est celle de l’islamisme. Tous les militants progressistes laïques le savent, le pire scénario pour notre pays est celui de la tenaille identitaire  qui se resserre, les attentats des deux extrêmes se répondant en miroir.  Si l’Etat ne lutte pas radicalement contre l’islam politique (islam fondamentaliste Frères musulmans et salafistes) et son bras armé terroriste, les identitaires d’extrême-droite riposteront et ce sera haine contre haine.

Attendre du culte musulman et de ses représentants des messages forts est illusoire. C’est à l’Etat de poser les limites, comme l’ont fait en leur temps les représentants du peuple français face à l’église et au culte catholique.
Il est plus que temps de légiférer pour interdire le voile et tout signe religieux ostentatoire lors des sorties scolaires. Personne ne doit dans le cadre de l’école républicaine publique et laïque imposer ses croyances religieuses aux enfants, aux enseignants ni aux autres parents. Une neutralité stricte s’impose. Selon un grand nombre de spécialistes le voile, serait une obsession française, c’est faux, même la Belgique fait mieux. Le voile est interdit par la ville de Bruxelles pendant les sorties scolaires depuis 2016 ! (2), mais la République française n’est pas capable d’en faire autant.

La proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires a été adoptée le mardi 29 octobre au Sénat par 163 voix contre 114. Les 23 sénateurs La REM comme un seul homme ont voté contre. C’est incompréhensible, cette PPL,  c’est le bon sens même. La REM perd un grand nombre de laïques sur cette position préjudiciable à la cohésion française, à l’esprit qui a prévalu à la révolution française, à l’édification d’une république laïque une et indivisible. La REM perd aussi les féministes et progressistes pour qui l’égalité F-H n’est pas qu’une ligne dans un projet électoral.

Il ne suffit pas de faire des discours et prétendre « lutter contre l’hydre islamique », il faut tout mettre en oeuvre pour y parvenir. Les autorités française pourront peut-être s’appuyer sur les représentants du culte musulman quand elles seront concrètement capables de protéger notre unité et cohésion républicaine au lieu de se dérober opportunément. Nous en sommes loin, trop loin.

Christine Le Doaré

(1) CFCM Conseil Français du Culte Musulman

(2) https://www.rtbf.be/info/regions/detail_a-bruxelles-les-mamans-voilees-ne-pourront-plus-encadrer-les-sorties-scolaires?id=9421162&fbclid=IwAR18h3IWwwnhhIj_IVQUwo0bE3-bm06VK8fFG-sO9vDKiw4iNEjyRuzhJpk

3. Voile et sorties scolaires, assez joué !

Voile et sorties scolaires, assez joué !

 

 

Voile et sorties scolaires, assez joué !

Disparition – artiste yéménite Bouchra Almutawakel

Tout d’abord, je trouve scandaleux que la question de l’accompagnement des sorties scolaires ne soit abordée que sous l’angle des accompagnatrices. Où sont les pères ? S’occuper de leurs enfants ne fait pas partie de leurs attributions ? Ils ne seraient donc jamais disponibles, n’ont pas de congés ni RTT à poser ? Ou la société française doit-elle valider une organisation sexiste de la famille qui serait propre à une communauté ?

Ensuite, pourquoi parle-t’on des mères accompagnatrices pour tout le monde mais des « mamans » voilées pour les musulmanes ? « maman » c’est plus touchant ? Si l’intention est de nous attendrir, il s’agit d’une manipulation.

Enfin, pourquoi ignore t’on l’avis de l’écrasante majorité des français.es qui selon un dernier sondage IFOP sont à 66 % favorables à l’interdiction du port ostentatoire de signes religieux ? Les personnalités comme Omar Sy, Christine Delphy et d’autres qui tentent d’influencer la politique française en matière de laïcité, à coups de tribunes victimaires : « Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans ?» confondent à dessein la haine des musulmans avec la lutte contre l’islam politique.  De telles tribunes prônent un renoncement aux valeurs universelles républicaines face au religieux et au communautarisme. Quand on y pense, à quelques jours du carnage de la Préfecture de Paris, culpabiliser la société française avec une « haine des musulmans » purement fantasmée, est d’une extrême indécence.

 

Aucun gouvernement n’aura eu le courage d’imposer le respect de notre constitution avec un projet de loi. Le Conseil d’Etat avait rendu en 2013 une décision double : liberté de conscience des parents mais possibilité pour l’éducation nationale de leur demander de ne pas manifester une croyance religieuse. En 2019 les Républicains – déposent une proposition de loi pour interdire les signes religieux ostentatoires aux accompagnants d’élèves et personnes concourant au service public de l’éducation, lors des sorties scolaires.

Le fait déclencheur aura été l’intervention de l’élu RN Julien Odul qui s’était offusqué le 11 octobre, de la présence d’une femme voilée accompagnant une classe au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Il y a des manières de faire les choses et le RN n’est pas un parti républicain crédible, mais les partis politiques ont laissé le RN en roue libre face aux offensives de l’islam politique.

Le gouvernement et plus généralement LREM, sont divisés sur les questions du voile et de la laïcité ; sur la radicalisation et la lutte contre l’islam politique.  Le président de la République nous exhorte à une vigilance générale contre la radicalisation, mais ne propose aucun plan de lutte d’ensemble contre l’islamisme. Il est certes vital de s’assurer de notre sécurité, mais il est tout aussi crucial de protéger la société dans laquelle nous voulons vivre au quotidien. C’est à la puissance publique d’assurer notre sécurité mais aussi de garantir que notre société reste conforme aux principes  de notre république laïque et ne se dissolve pas dans des communautés juxtaposées. Le gouvernement doit se donner les moyens de mener une lutte idéologique globale  contre l’islam politique qui imprègne déjà toutes les sphères et tous les domaines de la société.

Mais quand un ministre comme Jean-Michel Blanquer tente de clarifier la situation et précise qu’il ne juge « pas souhaitable que des mères puissent être voilées à l’occasion de sorties scolaires », il est attaqué par Adrien Taché, député du même parti. Jean-Michel Blanquer exige une sanction à l’encontre de Taché, j’espère qu’il obtiendra gain de cause. Déclarer comme l’a fait Taché : « Julien Odoul récupère les mots de Jean-Michel Blanquer. « est inadmissible. C’est une véritable déclaration de guerre contre le ministre, contre la laïcité et même contre la possibilité pour l’état de lutter contre l’islam politique. Les A.Taché, F. Lazaar ou L. Avia partisans d’un statut quo qui sert de tremplin aux intégristes ne doivent pas être encouragés ; nous avons besoin du courage de J-M Blanquer, M. Schiappa et A. Berger. 

 

Comment se fait-il qu’un député, qui d’ailleurs vient du PS, ignore que la loi peut évoluer, ne serait-ce que pour répondre efficacement aux attaques de l’islam politique ? Lui est-il donc si difficile de comprendre qu’un.e accompagnateur/trice scolaire n’effectue pas une promenade en privé, avec sa progéniture, mais accompagne toute une classe, d’une école publique et laïque ? La laïcité est un cadre juridique et politique qui garantit à toutes les croyances ou absence de croyance de s’exprimer librement, mais pour vivre ensemble, l’état unit tous les citoyens de manière universelle, sans accorder de droit ni de privilège spécifique à une religion plutôt qu’à une autre. Les religions n’ont donc pas à se manifester, en aucune façon, dans le cadre de l’école publique, à l’intérieur comme à l’extérieur.

En outre, il ne faudrait pas oublier que le voile n’est pas un accessoire comme un autre. Le voile islamique (hijab), est devenu un véritable instrument de revendication identitaire. Marqueur de la pudeur des femmes qui se déroberaient ainsi à la concupiscence masculine, c’est en réalité l’affirmation d’un renoncement à toute évolution des rapports femmes-hommes, à fortiori à l’égalité. Par voie de conséquence, les musulmanes qui ne se voilent pas sont stigmatisées, considérées comme mauvaises. Porter le voile c’est consentir à l’infériorité des femmes, à un apartheid genré ; c’est consentir à son propre asservissement à l’autorité masculine et/ou religieuse patriarcales. La place du voile dans le Coran est très marginale, c’est un islam rigoriste et radical qui l’impose. Le voile est l’étendard de l’islam fondamentaliste qui oeuvre à le déployer partout. Banaliser le port du voile c’est donc faciliter le travail de l’islam politique. Accommoder le voile à toutes les modes et peu à peu le retrouver aussi porté par des fillettes. Une manière comme une autre de sexualiser les petites filles et de les conditionner à accepter leur infériorité et soumission aux hommes. Le voilement des fillettes devrait depuis des lustres préoccuper la protection de l’enfance et les professionnels de santé. Mais non, et plus le voile se généralise, plus il est facile de créer une légende, celle d’une France qui hait les musulmans puisqu’elle rejette les femmes voilées dans certaines situations ;  et c’est encore plus vendeur si au lieu de femmes, on parle de « mamans ». Une victimisation bien travaillée et qui vise à nous intimider, à compromettre la marche de notre société vers l’égalité femmes-hommes. Les personnalités du spectacle, universitaires et politiques qui tombent dans le panneau de l’islam politique ne font qu’enfermer plus encore les femmes de culture musulmane dans un communautarisme d’où il devient difficile de s’extraire. J’imagine ces idiots utiles de l’islam politique, dans les années 70, refusant aux féministes de s’affranchir du patriarcat religieux catholique qui s’arc-boutait contre la contraception et l’avortement, l’émancipation des femmes par le travail… A l’époque, qui aurait pu imaginer, qu’à gauche, émergeraient de tels complices du patriarcat religieux ? !

 

Le problème n’est pas de s’interroger sur la place à accorder à l’islam dans la société française mais plutôt de la place que ne doit pas prendre l’islam fondamentaliste. La religion catholique, nous l’avons plus ou moins mise à sa juste place, dans la consciences privée de ses adeptes, il est grand temps d’en faire de même avec l’islam. Et de toute urgence.

Christine Le Doaré

Le rapport aux femmes, un indice de radicalisation qui ne trompe pas. — Les VigilantEs

Mickaël Harpon est un homme bien intégré puisque marié, père de famille et fonctionnaire de police habilité Secret Défense, à la Direction du Renseignement dans un service, dont une des missions consiste à recueillir des informations sur la radicalisation djihadiste. Au sein même de la préfecture de police de Paris, cet homme a tué, le […]

via Le rapport aux femmes, un indice de radicalisation qui ne trompe pas. — Les VigilantEs

Hôtesses du Tour, arrêtez de pédaler dans le féminisme !

La toile s’enflamme pour la question des hôtesses du Tour de France. Les hôtesses ont-elles ou pas choisi leur rôle, et pourquoi celles qui défendent le libre choix de se voiler, s’attaquent-elles à celles qui choisissent la fonction d’hôtesse du Tour ? Faut-il condamner celles qui ont lancé la mobilisation, faut-il les soutenir ? S’agit-il d’une question mineure, de pudibonderie ou à l’inverse d’une juste lutte ? Peut-on parler de censure, de féminisme ou de néo-féminisme  … ? Vertige.

La polémique des hôtesses du Tour de France est insensée. Le débat, une fois de plus, est mal posé, ne serait-ce que parce que le féminisme n’est pas une vague idée que l’on peut mettre à toutes les sauces, mais bien un projet de société.

Le système patriarcal est un système global d’oppression des femmes. Un système qui organise, structure nos modes de vie, nos pensées et nos valeurs. Et nous ne sommes pas là d’avoir déconstruit ce système dans sa globalité ; personne, exceptions faites de quelques rares théoriciennes féministes universalistes de confiance et qui ont fait leurs preuves dans la durée.

Dans le système patriarcal, selon un grand nombre de paramètres dont la culture, l’éducation, … à différents degrés, de l’insignifiant au majeur,  tout contribue à maintenir les femmes dans le système d’oppression et à le reproduire.

Tout est utile pour s’assurer l’appropriation et le contrôle de leur corps pour la sexualité et la reproduction,  des contes de fées enfantins, à la contrainte à l’hétérosexualité, et jusqu’aux contraintes et violences d’un intégrisme religieux s’il le faut. Question de degré. Par conséquent, toutes les manifestations sexistes de la domination masculine, de la plus inoffensive en apparence, à la plus sérieuse sont critiquables. En principe, par cohérence et efficacité, il faudrait les condamner et combattre toutes.

La tradition de la remise de la médaille au gagnant de l’étape du Tour par des femmes les plus jeunes et jolies possibles, selon les critères de la mode en vigueur, signifie que la récompense est encore plus gratifiante si une femme désirable vous la remet. Les rôles de genre sont clairement établis, il s’agit ni plus ni moins d’une version re-visitée, d’une sorte d’adaptation « moderne » de la récompense du guerrier méritant. La connotation sexuelle est patente. Lorsque j’avais 9/10 ans, l’été, je suivais le Tour avec mon grand-père, et j’en avais déjà conscience ! Cette sexiste tradition est critiquable et condamnable. D’ailleurs, j’aimerais assez que les coureurs soient récompensés par d’autres grands coureurs, un bisou par le coureur gagnant du ou des tours précédents aurait beaucoup plus de force symbolique, ah non ?

Se revendiquer du féminisme, c’est défendre la fin de la tradition des hôtesses du Tour de France, et peu importe que la mobilisation ait été lancée par des relativistes intersectionnelles ou pas.

En revanche, rien n’interdit d’expliquer que ces dernières manquent de cohérence et que leur féminisme n’est pas crédible. En effet, s’attaquer à la tradition des hôtesses sans condamner les manifestations les plus attentatoires à l’intégrité des femmes telles que l’exploitation et la marchandisation dans la prostitution ou la GPA, la violence du voilement des femmes et des fillettes, des mariages forcés, de l’excision, etc. est d’un cynisme sans nom.

Elles ont détourné le principe de libre choix qui signifiait à l’époque libre choix d’avoir ou non un enfant, pour le mettre au service du patriarcat qui n’en demandait pas tant ! Libre choix de se prostituer, de se voiler, autant dire choisir soi-même (enfin pour les autres en général), un esclavage volontaire et tant pis pour l’émancipation des femmes passée à la trappe. Le relativisme culturel intersectionnel est amplement promu par les queers et des hommes tellement intéressés par le féminisme, qu’ils ont remplacé les études féministes par les études de genre et écrasé les féministes universalistes pour mettre en avant leurs féministes autorisées, celles qui ne les descendront pas de leur piédestal.

Et pour certaines d’entre elles, c’est pire encore, le féminisme n’est qu’une stratégie de valorisation personnelle, grâce aux médias si peu professionnels et friands de tout ce qui peut amuser la galerie à bon compte. Ce n’est ni du féminisme, ni même du néo-féminisme, juste de l’auto-promotion et de l’enfumage ;  ça plait beaucoup.

Il n’y a aucune raison dans cette polémique folle de choisir entre les relativistes intersectionnelles qui mobilisent pour l’abandon de la tradition des hôtesses et les féministes issues des mouvances laïques qui considèrent cette mobilisation, dérisoire. Si les relativistes sont inconséquentes et dangereuses, les secondes manquent parfois de background théorique féministe,  et si les enjeux de la lutte contre le voile et autres violences imposées par le communautarisme et les intégrismes religieux n’ont aucun secret pour elles, elles manquent parfois de subtilité face à la complexité du système patriarcal. 

Ce qu’il faut reprocher aux relativistes intersectionnelles ce n’est pas de critiquer la tradition des hôtesses du Tour de France, mais bien leur trahison du féminisme universaliste qui les mène, en revanche,  à se taire devant le pire. En ce qui me concerne, je condamne la tradition des hôtesses du Tour de France, parce que cette tradition n’est pas si anecdotique que ça ;  parce que je suis féministe et cohérente. De bout en bout, toujours.

Christine Le Doaré

La Mairie de Rennes solde la laïcité et l’égalité F-H — Les VigilantEs

ENFANTS VOILÉES ENFANTS EN DANGER A Rennes, municipalité conduite par la Maire socialiste, Nathalie Appéré, la République laïque vacille dangereusement. Tout d’abord Rennes a été l’une des premières villes en France, si ce n’est la première, à accepter le burqini en adaptant le règlement de ses piscines, à l’intégrisme religieux. Mme Appéré a trouvé cela […]

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Rosa Parks en burkini à Grenoble ! — Les VigilantEs

Avec l’été, les offensives pro-burkini reprennent. Cette année, l’Alliance citoyenne soutenue par des associations pseudo-féministes et une partie de la gauche, celle qui a égaré sa boussole, a choisi de cibler Grenoble et son maire EELV Eric Piolle. Les élections municipales approchent, les Maires vont devoir faire preuve de courage politique, rappeler que la République […]

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L’Université populaire de Nantes se soumet aux trans. activistes et bafoue le féminisme

 

 

 

 

Un nouvel épisode de la série culpabilisation et menaces intellectuelles par des activistes de la nébuleuse « islamo-gauchiste » indigéniste, racialiste, anticolonialiste ou queer/trans/« travailleurs du sexe »,  (tous partisans du relativisme culturel, ce qui peut expliquer cette curieuse alliance),  s’est produit dernièrement à Nantes.

Une conférence gesticulée intitulée « Harry Potiche, féminisme et bipolarité à Poudlard ». était proposée le 20 mars 2019 par L’ardeur, association d’éducation populaire politique, dans le cadre de l’Université Populaire de Nantes. 

Sous la pression d’activistes trans. et « travailleurs du sexe », à l’issue de la conférence,  l’Université Populaire s’est publiquement excusée de l’avoir programmée, en ces termes : « Nous dénonçons et refusons les propos violents envers les travailleuses du sexe, les personnes trans., les personnes racisées ou encore les personnes queer. » (voir ci-dessous l’intégralité du communiqué de l’Université Populaire de Nantes).

L’Université Populaire bat sa coulpe, régurgite une propagande qu’elle endosse tel un mantra ; le tout suinte le repentis à plein nez.

Aucun recul, aucune analyse des réactions ni de la rhétorique des militants trans./queer «  pro-sexe »  qui se sont déclarés choqués par la conférence ;  au contraire, seule l’émotion a voix au chapitre donc,  ce qu’ils disent est parole d’évangile et seul compte leur rejet.

L’Université Populaire fait sienne leurs doléances. L’idéologie relativiste et anti-féministe de ces activistes n’est ni évaluée à l’aune du féminisme universaliste, matérialiste ou autre, encore moins déconstruite ; aucun esprit critique. Ils sont une minorité, ils crient à la discrimination, vitupèrent, par conséquent, ils ont forcément raison et il est convenu d’instantanément se répandre en excuses, et tant pis pour la censure, et tant pis pour le féminisme.  L’intox et la menace fonctionnent à merveille et condamnent au silence, en particulier, les féministes universalistes et abolitionnistes de la prostitutions. C’est un choix idéologique et politique, est-il seulement compris et assumé par l’Université Populaire ? L’Université Populaire sait-elle à quel point ces  trans. activistes ne rendent  pas service aux personnes trans., encore moins au mouvement LGBT ? 

Non contente de son coup de force, l’association « Trans-inter action » s’est acharnée sur la performeuse « Harry Potiche, féminisme et bipolarité à Poudlard », la diffamant sans aucune mesure, avec des termes choisis à dessin. Ce mode opératoire est appliqué à de nombreuses féministes en vue de les discréditer et les faire taire : il suffit de les qualifier de transphobe, queerphobe, putophobe, et raciste. « Toutphobe » serait plus simple !

Jeter en pâture toute féministe qui ose remettre en question les sacro-saints dogmes trans-activistes fait partie des stratégies développées par les trans. activistes ces dernières décennies et en France, ce n’est rien comparé à la violence exprimée dans les pays anglo-saxons où les féministes sont qualifiées de TERF (Trans exclusive radical feminist), ce qui est supposé être une injure.  En effet, gare à qui ignore que les femmes cisgenres (c’est à dire des femmes biologiques) ne connaissent rien à la condition des femmes ! Les trans. M to F (trans woman) vont mettre tout ça au clair et expliquer aux femmes ce que c’est d’être une vraie femme *1. C’est curieux, j’ai tout de même l’impression que les militants trans. F to M (trans man) sont beaucoup moins agressifs ;  les militants LGBT feraient peut-être bien de se poser les bonnes questions et se demander si l’arrogance et les exigences tyranniques des trans. activistes M to F ne relèvent pas de la domination masculine. Les théories Queer n’ont pas toujours rendu service au féminisme, s’il n’y a plus de genre (gender fluid) il n’y a  plus besoin de luttes féministes, n’est-ce pas ? ( « Mais qui vous dit que je suis un homme Monsieur ? » !!!).  Quand les études de genre ont supplanté les études féministes, c’est au niveau universitaire et institutionnel que les portes de la confusion se sont grandes ouvertes, reléguant délibérément le féminisme à l’arrière plan pour promouvoir un féminisme dévoyé, dit « pro-sexe » et relativiste.  J’y ai toujours vu un moyen d’adaptation et de résistance du système patriarcal.  Ceci mériterait un débat de fond, mais ce n’est pas l’objet de ce texte.

Cette affaire finira probablement au pénal avec toutes les conséquences imaginables pour la santé et la carrière de la performeuse. L’université Populaire en réagissant comme elle l’a fait, cautionne des pratiques d’intimidation et de discrédit de féministes. C’est très grave.

Comment croire que l’association Trans-inter action, ne savait pas à quelle conférence elle assistait ? Intimider et interdire à toute institution, toute structure, de prendre à l’avenir le risque de présenter une création qui n’aurait pas leur assentiment est une manière de procéder habituelle de tout mouvement qui pratique l’entrisme et tente de s’imposer par le chantage et la menace intellectuelle. L’Université Populaire comme tant d’autres avant elle, a plongé dans le piège tête baissée et choisi ce faisant d’adouber l’intimidation de féministes. C’est désolant,  à l’image de notre époque confuse et perturbée.   

La réponse de l’association Conférences Gesticulées Ardeur est éloquente, je la restitue intégralement ci-dessous.

Christine Le Doaré

1* (Sachez qu’il ne faut plus parler d’appareil génital féminin (ni de vagin ni de clitoris), mais plutôt de « trou devant »* afin de ne pas discriminer les trans M to F. (*manifeste trans.genre qui recommande l’usage de certains termes plutôt que d’autres).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le communiqué de Conférences Gesticulées Ardeur

25 mars 2019

Suite au communiqué de l’Université populaire de Nantes du jeudi 21 mars 2019, le communiqué rédigé par l’équipe de L’ardeur, association d’éducation populaire politique.

En 2018, Ludivine Lalara nous a contactés pour engager son expérience douloureuse de femme diagnostiquée bipolaire, dans une démarche de réalisation d’un objet public d’interpellation sous la forme d’une conférence gesticulée. Nous avons accompagné cette conférence à laquelle, une fois réalisée, nous avons accordé notre aval et notre admiration.

La double contrainte d’un récit incarné qui ne verse pas dans la psychothérapie et d’une analyse politique qui présente les contradictions d’un problème en se gardant de la tentation du tract nous a paru intelligemment tissée dans la conférence de Ludivine, dont l’humour pudique n’a laissé personne ignorer ni la gravité du problème vécu ni les pistes de réflexion qu’elle ouvrait, et en particulier la question des différentes approches se réclamant du féminisme.

Le 20 mars, notre collègue Ludivine Lalara présentait sa conférence gesticulée « Harry potiche- féminisme et bipolarité à Poudlard », à l’invitation de l’Université populaire de Nantes.

Durant cette soirée, une poignée de spectateurs « transactivistes », militants queers et pro-sexe, soutenus par les organisatrices de l’Université populaire présentes ce soir-là, a utilisé des méthodes d’intimidation et de victimisation visant à créer le désordre et à empêcher la conférencière d’exposer, en toute sérénité, son récit de femme féministe, abolitionniste, antiraciste et anticapitaliste.

Nous aimerions par ce communiqué revenir sur la responsabilité de l’Université populaire de Nantes, s’agissant de leurs prises de positions publiques sur un objet élaboré dans le cadre de nos formations, et sur leur participation active en tant qu’organisateurs de la soirée (garants donc de la sécurité des intervenants) au lynchage public de notre amie et conférencière gesticulante.

Passé le moment de stupeur face à leur attitude que nous condamnons, nous souhaitons affirmer ceci :

1- S’agissant de l’humiliation publique infligée à cette femme. Nous n’avons jamais vu un organisateur se désolidariser publiquement de la conférencière qu’il a sollicitée et fait venir, et cela sous les yeux de la conférencière et au su et au vu de tous. La violence de cette humiliation appelle une réparation à proportion de cette attitude inacceptable. A tout le moins des excuses publiques et une rétractation de l’Université populaire ou un désaveu des instances dirigeantes quant aux responsables de cette avanie.

2- S’agissant de la proposition de la conférencière de présenter les différents débats qui traversent le féminisme, et de son choix clair de positionnement entre ces différentes tendances, il appartenait à l’Université populaire de profiter de cette proposition et d’organiser un moment d’éducation populaire en instituant les conditions d’un débat politique serein mettant en présence et en perspective les différentes options en présence. S’agissant par exemple de l’abolition de la prostitution, ou au contraire de sa reconnaissance comme travail rémunéré, ou de l’approche matérielle de la condition féminine face à une approche essentialiste ou une théorie du sujet indéterminé propre au queer, il était possible d’organiser les conditions d’une discussion apaisée sans passer par le lynchage public.

3- L’invitation de l’Université populaire à Ludivine de venir exposer ses prises de conscience en tant que féministe matérialiste, alors même que l’organisateur plébiscite une autre alternative (la théorie queer), s’apparente rétrospectivement à un traquenard. L’argument invoqué « on n’avait pas vu avant sinon on ne l’aurait pas fait venir » ne fait que renforcer le caractère doublement pathétique de la chose: manque de sérieux et amateurisme mettant les gens en danger, et profonde lâcheté devant les méthodes utilisées. Ces méthodes visent à instiller la peur des représailles auprès des organisateurs afin de les dissuader à l’avenir de faire venir d’autres intervenants.

4- Loin d’en rester à cette humiliation publique et à ses probables conséquences pour la conférencière gesticulante face à la centaine de spectateurs présente ce soir-là, l’Université Populaire a redoublé son affront sous la forme d’un communiqué public envoyé cette fois aux quelques 4000 membres abonnés à sa page. Officialisant cette fois-ci par écrit et pour des personnes n’ayant pas assisté à la soirée, donc incapables de se faire une idée, l’agression perpétrée plus tôt contre elle. Dans ce communiqué, l’Université Populaire invisibilise volontairement 90% du propos tenu par la conférencière, (le passage sur les féminismes ne représentant que quelques minutes de sa conférence), faisant passer ses propos comme « violents et caricaturaux ». La conférence gesticulée amène souvent des personnes à être en désaccord avec des propos radicaux tenus dans la conférence, et pourtant, nous n’avons jamais vu des ressentis individuels devenir cause de rejet global. En s’exposant comme une femme, dans des difficultés liées à la condition de femme bipolaire et prolétaire, la conférencière était une proie facile…

Dans ce communiqué, l’Université populaire de Nantes se présente comme un relais des associations locales en invitant ses abonnés à s’y intéresser : Paloma, Trans-Inter action. Malheureusement, elle ne cite pas toutes les associations qui œuvrent sur le territoire, comme le Mouvement du NID, les 44 vilaines filles ou Osez le féminisme pourtant présentes dans la salle et/ou sur le territoire. Par cette invisibilisation de certaines associations au profit d’autres, l’Université populaire de Nantes a délibérément choisi de se poser en censeur de militantes féministes.

5- Comme si cela ne suffisait pas, la volonté de destruction à l’encontre de la conférencière a également pris la forme d’un affiche publiée par le collectif « Trans-inter action » la représentant affublée de quatre insultes écrites en gros caractères : transphobe, queerphobe, putophobe, raciste. Ici, l’agression prend une autre dimension et relève dorénavant de la loi, civile ou pénale. Outre la demande de suppression de cette page auprès de l’opérateur Facebook, c’est une réparation sous la forme d’un dépôt de plainte de Ludivine avec constitution de partie civile de l’ardeur, qui est ici dorénavant possible. Fait totalement incroyable, l’Université populaire de Nantes a liké cette affiche se rendant complice de cette abjection illégale et diffamatoire. L’Université populaire de Nantes devra s’en expliquer…

L’université populaire de Nantes est un organisme à visée éducative qui travaille avec de nombreuses associations, avec des collectifs militants et avec des mouvements d’éducation populaire, et même avec L’ardeur puisqu’un de nos membres a encadré la formation aux conférences gesticulées proposée par L’université populaire durant l’année 2017-2018. Cette affaire revêt évidemment d’une dimension régionale voire nationale. Nous envisageons dorénavant toute forme de réparation de la part de l’Université populaire de Nantes et nous ne comprendrions pas qu’aucune sanction ne soit envisagée contre les responsables de cette agression inouïe, de nature morale, mais aussi financière sur la carrière de la conférencière gesticulante et possiblement physique sur sa santé.

 

Le communiqué de L’Université Populaire de Nantes

Précisions et excuses à propos de la conférence gesticulée

Nous tenons à revenir sur la conférence gesticulée du mercredi 20 mars : « Harry Potiche, Féminisme et bipolarité à Poudlard ».

Tout d’abord, nous nous excusons d’avoir organisé cette conférence sans nous être suffisamment renseigné·es sur son contenu, sans avoir regardé la vidéo en intégralité.

Nous regrettons d’avoir participé à la diffusion de ce discours en lui offrant un espace de parole. Nous nous excusons auprès de l’ensemble du public, et plus particulièrement auprès des personnes qui ont dû partir pour ne plus avoir à subir la violence de la situation.

Nous dénonçons et refusons les propos violents envers les travailleuses du sexe, les personnes trans, les personnes racisées ou encore les personnes queer. Un résumé caricatural, inexact et déformé des différents mouvements féministes, dans le but de défendre une opinion politique, a amené a de nombreux contre-sens violents.

Nous défendons une éducation populaire qui favorise la lutte contre toutes les formes d’oppressions, des espaces d’échanges qui ne perpétuent pas les rapports de domination de la société. Or, nous n’avons pas pu garantir un cadre sécurisant pour tous et toutes durant cette soirée du 20 mars.

Si vous souhaitez approfondir ces sujets, des associations à Nantes travaillent sur ces questions, tels que PalomaTRANS INTER Action, etc.

Nous sommes conscient·es que nous devrons redoubler de vigilance dans le choix des conférences gesticulées.

La commission conférences gesticulées de l’Université Populaire de Nantes

L’universalisme est inhérent au féminisme

IMG_1929Le féminisme a toujours été pluriel : qui s’intéresse au féminisme a entendu parler des clivages dans les années 70, entre la tendance essentialiste de psychanalyse et politique d’Antoinette Fouque, la tendance universaliste opposée au différentialisme le jugeant consécutif de constructions sociales, et la tendance matérialiste des féministes lutte de classes.

Plus récemment, les féministes, qu’elles soient engagées pour l’abolition de la prostitution ou contre le voile islamique des employées de crèche (affaire babyloup) et celui des mères accompagnatrices scolaires, témoignent que les oppositions actuelles sont infiniment plus violentes que celles des années 70. Les théories Queers américaines ont inspiré un féminisme dit «pro-sexe» (comme si le féminisme était contre la sexualité !), ses activistes peuvent être très virulent.e.s contre les féministes cisgenres (par opposition à transgenre) et les militantes abolitionnistes de la prostitution. Le sont tout autant les activistes relativistes des mouvements indigénistes et racialistes qui malgré des contradictions flagrantes, se prétendent féministes. 

Dès la fin des années 90, avec la montée des intégrismes religieux et l’influence grandissante au sein des institutions internationales, de pays tel que l’Iran ou l’Arabie Saoudite, émergent des groupes dits «féministes musulmans» ; généreusement financés, ils s’emploient à contester l’universel des droits des femmes et à disqualifier le féminisme universaliste. Les féministes universalistes iraniennes, saoudiennes, égyptiennes, et toutes les autres, sont empêchées ou menacées et beaucoup doivent trouver asile en occident pour résister.

En occident, ceci se traduit par un relativiste culturel dont nombre d’intellectuels et politiques de gauche se font hélas les porte-voix. Le relativisme culturel renvoie les femmes à des spécificités communautaires, traditionnelles et religieuses. Ce qui est valable pour les femmes occidentales, ne le serait pas pour celles qui chez nous, ont des origines étrangères. Mettre en avant l’origine, la culture, la religion, pour en faire des instruments de soumission à l’oppression patriarcale, il fallait y penser, les islamo-gauchistes ne s’en sont pas privés et tant pis si le communautarisme pénalise les femmes : le musulman opprimé, la musulmane c’est moins sûr, s’étant substitué au prolétaire, dans l’imaginaire révolutionnaire.

S’il est entendu que le mouvement féministe a toujours été fluctuant, il devient de plus en plus difficile de s’y retrouver, c’est pourquoi il est important de revenir souvent aux fondamentaux :

le groupe des femmes est globalement, toujours en situation d’infériorité par rapport au groupe des hommes :

  • contraception, avortement, le groupe des femmes est essentiellement confronté à ces problématiques, 
  • les carrières, travaux, oeuvres, du groupe des femmes sont globalement moins valorisées et rémunérés que ceux des hommes,
  • les violences sexuelles et les violences conjugales frappent de manière écrasante  le groupe des femmes,

Quelles que soient leur origine, couleur de peau, religion ou absence de religion, classe sociale, ou orientation sexuelle, les femmes subissent toutes et dans le monde entier,  les effets du système patriarcal. Ils sont à peine perceptibles pour certaines, mais dans le pire des cas, des femmes sont privées de toute liberté. Le système patriarcal ne sera plus une menace le jour où nous serons toutes libres. Le féminisme exige une solidarité entre les femmes du monde entier. C’est un mouvement social, universel, d’émancipation, pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes. Osé, ne trouvez-vous pas ? Croyez-le ou pas, cette vue est amplement contestée de nos jours.

L’universalisme c’est la vocation universelle d’une idée, d’un projet, etc.

En France, l’universalisme républicain est une doctrine qui pose l’égalité en droit entre tous les citoyens et citoyennes, comme constitutionnelle de la République. Les Droits Humains sont constitués d’un corpus de droits et libertés dont peuvent se prévaloir tous les êtres humains. Par définition, ils s’opposent à tout relativisme. Et c’est bien ainsi, que dans le monde entier, le féminisme aussi a été pensé et pratiqué. L’universalisme est inhérent au féminisme.

Nul besoin d’inventer de «nouveaux féminismes» comme le font au 21ème siècle, les médias friands de sensationnalisme : les violences obstétricales ou le harcèlement de rue seraient de nouvelles préoccupations pour les féministes ? Comme si nous ne les avions pas toujours combattues !

Nul besoin d’accoler des adjectifs au féminisme tels que :

  • «féminisme musulman« représenté par : l’association «Femmes dans la mosquée» alors qu’il n’existe pas plus de féminisme musulman que catholique ou juif,  ou par l’association Lallab dont le credo est de rejeter «le féminisme blanc» et d’imposer l’acceptation du voile islamique. L’islam politique veut imposer le voile, c’est un marqueur de sa progression, et la mode dite «pudique» l’aide à y parvenir en le dépolitisant de son caractère religieux. Lallab cautionne les injonctions à la pudeur prescrites aux seules femmes et ce faisant, est un relais efficace du système patriarcal.
  • « afro-féminisme » comme si la couleur de peau avait la moindre incidence sur l’oppression vécue, en tant que femme, dans une société patriarcale,
  • « féminisme inclusif » comme si le féminisme excluait des personnes engagées pour l’élimination du système patriarcal et pour l’égalité femmes-hommes ; comme s’il était incapable de prendre en compte des discriminations et violences spécifiques. Il suffit d’entrer dans une maison des femmes pour voir le nombre de groupes et de thématiques qui y interagissent. En revanche, comme tout mouvement social, le féminisme n’échappe pas aux tensions et dissensions internes. Le féminisme dit inclusif est souvent prétexte à la victimisation, aussi à plus ou moins de complaisance envers des comportements sexistes considérés comme acceptables parce que l’appartenance au groupe communautaire est prépondérante à l’appartenance au groupe des femmes. Ceci ne signifie pas pour autant que le mouvement féministe est exempt de reproches ; il doit se soumettre à la critique, mais il y a des manières constructives de le faire.
  • « féminisme dé-colonial, «féminisme intersectionnel» : certes, les oppressions se surajoutent et à l’évidence, être femme, noire et pauvre par exemple, est sûrement plus difficile que d’être blanche et aisée socialement. Mais une femme blanche, même aisée, est toujours susceptible de subir discriminations et violences de genre.  Le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, tout autant que la pauvreté et les discriminations en général, doivent êtres combattus, mais aucun repli identitaire ne peut affranchir les femmes de la domination masculine qui traverse toutes les communautés, toutes les religions, toutes les cultures et toutes les classes sociales. La domination masculine n’a jamais eu besoin de l’occident ni des colonisateurs pour exister. Le plus souvent, l’intersectionnalité dilue les revendications féministes dans des agendas politiques, et invariablement, elles passent au second plan. Empiler les oppressions, les hiérarchiser en atomisant les femmes et en rendant les femmes blanches responsables de l’oppression des personnes racisées est un renversement des responsabilités qui incombent en réalité, aux systèmes patriarcaux et capitalistes. L’intersectionnalité, dé-construction de la solidarité universelle féministe, ne peut renverser la domination masculine, elle l’entretient.

Accoler des caractéristiques au féminisme n’ajoute rien, au contraire, cela divise. Le différentialisme sépare les femmes les unes des autres. Comment pourrait-il en être autrement : traditions et religions sont empreintes de sexisme, elles ont toujours servi le système patriarcal avec le plus grand zèle. Assigner des femmes à des spécificités plutôt que les rassembler dans une lutte commune, retarde l’émancipation collective du groupe des femmes. 

Le relativiste culturel avec toutes ses variantes, n’est pas seulement une récupération, un dévoiement du féminisme, c’est un contre-féminisme, une forme particulièrement perverse de résistance du système patriarcal.

S’il n’y a jamais eu une seule version du féminisme en effet, certains féminismes ne sont que des impostures,  jamais le féminisme ne s’adapte pas aux règles posées par l’oppresseur, il les renverse.

Le féminisme universaliste est pourtant de plus en plus isolé, régulièrement censuré et pour ainsi dire banni des milieux universitaires et médiatiques qui préfèrent promouvoir le relativisme et ses égéries. Le féminisme universitaire influence intellectuels et médias et exerce une emprise y compris sur le mouvement des femmes. Les relativistes et indigénistes en lutte contre un fantasmagorique « racisme d’état » ont réussi à imprégner tous les mouvements sociaux, et les mouvements antiraciste, féministe et LGBT n’ont pas été épargnés. Il est temps de passer à l’offensive et de réhabiliter le féminisme universaliste, qui seul peut venir à bout du système patriarcal universel. Nous nous y employons nombreuses et déterminées,  et nous y parviendrons.

Christine Le Doaré

et en Vidéo – intervention lors de la Rencontre féministe universaliste pour le 8 mars, le 2 mars 2019 au Château de Nantes : https://www.facebook.com/clr.paysdelaloire.7/videos/pcb.208884030068090/208882783401548/?type=3&theater

 

 

Pour un 8 mars féministe universaliste ! — Les VigilantEs

TRIBUNE ET SES SIGNATURES A l’occasion du 8 mars 2019, Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, Libération éditions papier et Web publie le lundi 4 mars 2019 la Tribune « Pour un 8 mars féministe universaliste ». Cette Tribune collective initiée par les VigilantEs est signée par de nombreuses personnalités et associations/groupes. Libération ne […]

via Pour un 8 mars féministe universaliste ! — Les VigilantEs

Des #GiletsJaunes, pas de sauvetage !

Ils n’ont pas échoué, pas complètement puisqu’ils ont obtenu des mesures qui ne sont pas négligeables et d’autres doivent suivre, mais ils sombrent. Pourquoi ?

J’ai commencé par comprendre la mobilisation des Gilets Jaunes – GJ – #GiletsJaunes parce que moi aussi j’ai la fibre sociale. Issue de familles ouvrières, modestes, autodidactes, politisées par les syndicats et partis ouvriers. Certes, il s’agissait des générations précédentes, celles de mes grands-parents, mais je n’ai pas oublié.  Je sais qu’il y a des gens écrasés qui enchaînent les fins de mois difficiles, l’endettement, et que ça use. Je sais les vies de mères célibataires, de chômeurs de 50 ans, d’étudiant.e.s qui travaillent et étudient quand ils le peuvent (je l’ai vécu), de retraité.e.s démunis, d’employé.e.s modestes gravement endettés, juste pour avoir un toit… Je sais aussi que le SMIC est trop bas et qu’il y a beaucoup trop de salarié.e.s juste au SMIC. Je sais qu’il y a des gens qui subissent, se battent pour vivre et avec dignité.

Je sais aussi qu’à force de persévérance, d’études et de travail, il est possible d’améliorer sa condition et que la victimisation, l’apitoiement sur soi, les rancoeurs et jalousies ne mènent jamais à rien.

Je sais aussi que de nos jours, il y a des gens qui veulent, sans en avoir les moyens,  consommer de manière ostentatoire ; des gens qui s’endettent inconsidérément ; font des enfants qu’ils sont incapables d’assumer financièrement (et pas seulement)… Des gens déraisonnables, imprévoyants, envieux, individualistes, sans beaucoup d’éducation ni de valeurs, qui exigent beaucoup de la société sans lui donner grand chose en retour.

Alors, j’ai regardé ce mouvement de près, avec bienveillance au début, d’autant plus que l’attitude hautaine et fermée du président E. Macron était horripilante, puis avec de plus en plus de méfiance. Je l’ai vu évoluer : au départ, des personnes regroupées sur des ronds-points, l’essence est trop chère, ils ont du mal à boucler les fins de mois et ça fait des années que ça dure, ils n’ont pas d’espoir que ça change. Sur le fond, on peut comprendre. La méthode en revanche a, peu à peu, trouvé ses limites. Les occupations de ronds-points sont illégales, le blocage des usagers de la route aussi. Puis il y a eu les chantages bafouant le droit de circuler des citoyen.ne.s, puis des accidents mortels (8 morts déjà), puis des personnages douteux ont commencé à se mettre en avant, puis de terribles saccages ont eu lieu pendant les manifestations, puis des armes par destination pouvant tuer ont été confisquées,… ; alors la violence s’est déchaînée, des menaces de mort ont été proférées contre des parlementaires, puis le complotisme s’est invité, et pour finir, ce mouvement improvisé et hétéroclite s’est retrouvé récupéré par des poujadistes, des agitateurs politiques, de dangereux factieux, aussi des manipulateurs étrangers, tous animés de sombres dessins.

En quatre semaines, il ne s’agissait plus de carburant trop cher mais de renverser la République. Les mesures prises par le gouvernement étaient balayées d’un revers de manche, pourtant il ne s’agit en rien de miettes et surtout le dialogue est enfin engagé ; les élus et corps intermédiaires sont les relais pour continuer d’avancer avec le gouvernement.

Pourtant, des élus de la FI au RN en passant par le PS…, avec la même démagogie, n’ont pas ménagé leurs efforts pour mettre de l’huile sur le feu, espérant tirer profit de la mobilisation.

La tentation d’entrainer le « peuple » vers un avenir encore plus sombre qu’il ne l’est déjà, est tout de même effarante chez ces va-t’en-guerre immatures jamais sevrés de Mao, Trotsky ou du Che ! Les sondages l’ont montré, ils dégringolent tous sauf le RN, et ça ne semble pas leur poser de problème.

Des journalistes qui 24/24 nous ont assené sans le moindre recul des propos souvent indigents ou séditieux et des images de plus en plus violentes, ont nourri, amplifié, comme ils l’avaient fait avec Nuit Debout, un mouvement qui n’a jamais impliqué grand monde. En somme, nous avons vécu une tentative de coup d’état médiatique et numérique. Gageons que nous n’aurons droit à aucune autocritique de leur part et qu’ils sont prêts à recommencer !

Pourquoi les Gilets Jaunes ont-ils été, même au plus fort de la mobilisation, si peu nombreux en pourcentage de population active ?

Les GJ potentiels auraient-ils des intérêts antagonistes ? Je ne suis pas loin de le penser.

Les personnes pauvres, pas nécessairement dé-socialisées, sans abri… mais pour qui une aide sociale est une question de survie, ne se sont pas vraiment, sauf exceptions, jointes aux GJ. Elles n’ont peut-peut-être pas ou plus, les moyens d’étudier, d’obtenir un emploi (ou plus qualifié), alors elles apprécient d’être soignées gratuitement, de bénéficier des aides et structures sociales disponibles. Elles ne savent peut-être pas qu’elles vivent dans le pays d’Europe qui consacre le plus haut pourcentage de son PIB aux prestations sociales, mais elles sentent que ce serait encore plus dur pour elles ailleurs.

Les classes moyennes quant à elles sont pressurées par les impôts (enfin pour ceux qui en payent) et les taxes de toute nature. Leur situation est très disparate : entre un couple d’employés moyens sans enfant ou encore un technicien célibataire qui payent des impôts sur le revenu, et un couple d’employés au SMIC peu qualifiés mais avec 4 enfants qui touchent allocations familiales et APL et ne payent pas ou très peu d’impôts sur le revenu, difficile de savoir lesquels s’en sortent le mieux.

Toujours est-il que réduire impôts et taxes alors que les services publics (hôpitaux, police, justice…) sont exsangues n’est peut-être pas la meilleure solution si nous voulons que tout le monde garde la tête hors de l’eau. Qui va payer ? Les riches ? Oui mais à partir de quand est-on riche ? Un cadre moyen célibataire laisse déjà pas loin du tiers de son salaire en impôts et cotisations. Les personnes qui vivent avec un revenu confortable sans pour autant être considérées comme riches, sont pour l’essentiel, celles qui remplissent les caisses de l’état. Si elles en avaient marre un jour, tout le système s’écroulerait. Les très riches disposeront toujours de moyens d’optimisation fiscale comme on dit ; c’est l’évasion fiscale, pourtant de mieux en mieux traquée, qu’il faudrait parvenir à juguler. Restaurer l’ISF, avec une assiette différente s’il le faut, pour ne pas générer une fuite de capitaux à l’étranger, ne serait pas superflu et un signe fort en vue de réduire les inégalités.

Il aurait été intéressant de savoir ce que pensaient des GJ, les petits commerçants, PME, entrepreneurs qui souffraient d’un chiffre d’affaires en berne ; allaient-ils pour certains devoir se mettre au chômage (au moins technique), avec leurs équipes, voire quitter l’hexagone ? Quels étaient les impacts de ces blocages et de la casse sur l’économie, quels médias ont travaillé sur la question ? Moins fatiguant d’interviewer.

Je suis de plus en plus convaincue que ce sont les plus pauvres qui feraient les frais d’une politique de réduction drastique des taxes et impôts. Ils le savent, c’est aussi pourquoi ils ne se sont pas tant que ça joints au GJ.

L’impôt sur le revenu est encore la meilleure solution jamais imaginée pour financer des services publics de qualité et un « état providence ». L’idéal serait que tous les citoyens payent des impôts proportionnellement à leurs revenus, même 1 euro symbolique, ne serait-ce que pour comprendre les notions de bien public, collectivité… En revanche, il me semble évident que la gestion des services publics n’est pas efficace et c’est probablement là que le bas blesse. Il ne faut pas réduire la voilure des dépenses publiques (exceptionnellement), mais plutôt les réorganiser, rationaliser. Quant aux taxes, il y en a en effet beaucoup, il faudrait là aussi rationaliser. Les taxes sont injustes car elles s’appliquent de manière identique quel que soit le revenu ; mais je ne vois guère en quoi la démission d’Emmanuel Macron, alors que les taxes s’empilent depuis des décennies et que tous les gouvernements précédents en sont responsables, résoudrait le problème.

Seule une démocratie sociale et participative aussi,  peut aider les gens les plus fragiles, démunis et donc toute la société, à vivre mieux.

L’Histoire en atteste, il n’y a pas de meilleur régime politique connu que celui de la démocratie, elle n’a rien de parfait, elle n’est que perfectible et c’est très bien. Les promesses de grand soir ont toutes donné lieu aux pires exactions et à des régimes totalitaires. Si le « peuple », fantasme instrumentalisé par tant de dictateurs en puissance, était progressiste ça se saurait, ce n’est pas au peuple que nous devons le vote des femmes, ni la loi Neuwirth, ni la Loi Veil, ni la loi contre la peine de mort, ni la loi pour le mariage pour tous.

Et surtout, depuis quand une foule de 30 000 personnes au plus fort de la mobilisation, est-elle en démocratie, autorisée à défaire ce que 37 millions de citoyens ont décidé en votant aux présidentielles de 2017 ? Certain.e.s feraient bien d’y réfléchir sérieusement car la majorité des citoyen.ne.s dans ce pays tient autant à la justice qu’à la paix sociale, et au respect des institutions.

Si des féministes se sont ralliées à ce mouvement à ses débuts, ça n’a rien d’étonnant, en revanche, appeler à la manifestation du 15 décembre après les évènements du 8,  était une erreur que des féministes « lutte de classe » (intersectionnelles ?) n’ont pas hésité à commettre. Oui les femmes sont plus touchées par la crise (temps partiel, famille mono-parentale,…),  mais en quoi cette inouïe violence machiste pouvait-elle les aider ? Comment peut-on, en tant que féministe, cautionner la récupération factieuse, la déstabilisation politique ? 

Nous venons de vivre un mois de décembre tragique ; malgré l’effort considérable déployé par des médias et roublards de la politique, nous avons évité le pire. Les citoyen.ne.s doivent être de plus en plus vigilant.e.s en ces temps troublés où les réseaux sociaux grâce à la bêtise et l’inculture de masse, amplifient à une vitesse foudroyante, les velléités de déstabilisation politique d’acteurs aussi obscurs que dangereux.

Christine Le Doaré

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25/11/2018 #NousToutes OU #NousAussi ?

imagesLe 25 novembre c’est la Journée Mondiale de Lutte contre les violences faites aux femmes. Après la Women’s March de janvier 2017 et la lame de fond #MeToo, est prévue le 24 novembre 2018 à Paris, une marche #NousToutes pour ne pas laisser retomber la mobilisation. Les organisatrices de l’évènement rappèlent qu’en « Argentine, Chili, Espagne, Inde… Partout dans le monde, des voix se lèvent contre les violences. Et en France ? ». C’est vrai, la mobilisation mondiale est enfin à la hauteur des violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes du monde entier, et ce n’est pas le moment de baisser les bras.

Alors, fortes des précédents succès mondiaux, les organisatrices, Caroline De Haas et le CNDF (Comité National des Droits des Femmes) en tête, annoncent « une déferlante féministe pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles ». Qui peut dire : je ne suis pas d’accord avec cet objectif ? Toute féministe l’espère, tout être humain digne de ce nom aussi. Seuls de réactionnaires partisans de la domination masculine et bien entendu les prédateurs sexuels peuvent s’y opposer. Qu’ils osent le dire !

En finir avec les violences sexistes et sexuelles est fédérateur. Sous la pression, les pouvoirs publics devront agir jusqu’à ce que les violences faites aux femmes, ne soient plus que résiduelles.

Annoncer un « ras-de-marée » est toujours risqué mais tout était réuni cette année, pour que la mobilisation du 24 novembre soit très suivie. Dans ces conditions, je me demande pour quelles raisons, les organisatrices se prêtent à des alliances douteuses pour assurer son succès ?

affiche 25 novembreSur le visuel appelant à la Marche, je trouve choquante la mise en avant de femmes, symboles de « féminismes » pour le moins controversés. Contrairement à l’universalisme, le relativiste culturel adapte le « féminisme différentialiste » aux traditions et règles propres à chaque culture, ethnie, communauté, religion… Toute aussi cynique est la présence dans le groupe organisateur, de figures du « féminisme pute » (comme il aime à se nommer) qui consent que des femmes soient réduites à des commodités sexuelles.

Quelle est d’ailleurs la raison d’une affiche exposant des femmes plutôt que d’autres puisque #NousToutes est sensé représenter toutes les femmes, anonymes comprises, qui condamnent les violences sexistes et sexuelles. Concession au star-système ?  Volonté de démontrer que toutEs peuvent dépasser leurs désaccords et se rassembler. Même s’il s’agit de désaccords insurpassables ? Cette stratégie écarte délibérément des féministes qui se refusent à cautionner de tels compromis.

L’union fait la force certes, mais combien de temps et de quelle manière si les principes fondamentaux sont bafoués dés le départ ? Faut-il rappeler aux organisatrices que l’enjeu de la Women’s March aux USA était avant tout de résister à Donald Trump ? Quel sens peut bien avoir en France, une « union sacrée » avec des figures de l’indigénisme, c’est à dire des identitaires essentialistes, différentialistes et racialistes (*1) ou encore avec des figures du « féminisme putes » qui défendent le système prostitueur (*2)? Si ce n’est pas un comble d’appeler à une Marche contre les violences sexistes et sexuelles sans condamner aussi la prostitution, la plus violente exploitation sexuelle patriarcale qui soit ! Pourquoi ne pas s’allier aussi aux figures du « féminisme intégral » essentialiste et conservateur, à Eugénie Bastié par exemple, tant qu’on y est ? Tant qu’à ratisser large, pourquoi se contenter de l’extrême gauche ? Toutes les forces sont bonnes à prendre, non ? 

A quels compromis se soumettent les organisatrices pour nouer de telles alliances ? Nous l’avons vu, pas de réaffirmation de l’abolition de la prostitution ni de demande d’une meilleure application de la loi ; rien sur le harcèlement de rue,  les limitations de liberté dans l’espace public que s’imposent les femmes afin de ne pas risquer d’être agressées, violées…  ; rien non plus sur la solidarité internationale, ne serait-ce que le soutien aux iraniennes qui se dévoilent au péril de leur liberté  ; et surtout absolument rien sur toutes les violences sexistes et sexuelles inhérentes à l’emprise du communautarisme, des traditions et du religieux. Des accommodements coupables.

IMG_9689Nous vivons décidément une époque formidable, les islamo-gauchistes et faux-nez du féminisme en tous genres peuvent oublier leurs stratégies d’entrisme, désormais ce sont les mouvements sociaux qui facilitent leur inclusion. D’ailleurs, des groupuscules comme Lallab, le STRASS, le Witch bloc… ne s’y trompent pas et exigent des organisatrices une visibilité spécifique dans la Marche car elles subiraient des violences sexuelles « marquées par l’expression quotidienne du racisme, de l’islamophobie et de la négrophobie » ; car « les femmes musulmanes subiraient des discriminations légales » ; car les « travailleuses du sexe » sont l’objet d’un harcèlement policier ; et puis les Trans, et puis les grosses, et puis…  (Tribune Médiapart 30/10/2018). Une surenchère de victimisation pour le moins douteuse car il n’est pas du tout prouvé que les non-musulmanes ou les « blanches »  (Pantone numéro combien déjà ?) subissent moins de violences sexistes et sexuelles que les autres. L’art de diviser les femmes quand elles pourraient s’unir contre la domination masculine ! L’art de mentir aussi car la loi d’abolition de la prostitution a pour effet de ne plus importuner les prostituées, seulement les clients ;  car il n’y a aucune discrimination légale contre les musulmanes en France (s’il est fait référence à la burqa dans l’espace public ou le port du voile dans les administrations, il ne s’agit pas de discrimination mais de mesures de sécurité dans un cas et de neutralité de la fonction publique dans l’autre). Et pour couronner le tout, l’art du chantage. Elles/Ils ne sont pas #NousToutes mais #NousAussi comme si aussi n’était pas compris dans toutes ! Mieux se singulariser, mieux s’exclure pour mieux se mettre en avant ; une redoutable perversité quand on y pense. 

Je suis de celles que ces détestables compromis désolent. Que les organisatrices s’inspirent de la Women’s March autant qu’elles le veulent, mais qu’elles laissent les Linda Sarsour (*3) françaises au vestiaire. Lutter contre les violences faites aux femmes en légitimant des groupes animés par des idéologies indigénistes ségrégationnistes ou qui revendiquent l’exploitation et les violences sexuelles de la prostitution, groupes aux antipodes du féminisme universaliste et de l’émancipation réelle et inconditionnelle des femmes, est une impasse.  La domination masculine s’arrange du féminisme intersectionnel qui tente de faire converger des intérêts souvent antagonistes (comme émancipation des femmes et revendications communautaires ou religieuses) et l’égratigne à peine. 

Les féministes universalistes, sont misEs devant le fait accompli : le dilemme est une fois de plus de choisir entre participer à cette Marche parce que les violences contre les femmes sont accablantes et inacceptables ou attendre, organiser d’autres évènements afin de ne pas cautionner l’insupportable opportunisme des unes et la cynique récupération des autres.

Christine Le Doaré

(*1) Rokhaya Diallo et d’autres, présentes sur le visuel #NousToutes, défendent des thèses identitaires indigénistes, différentialistes, essentialistes et racialistes, décoloniales « anti-blancs », un « féminisme intersectionnel » qui favorise d’autres agendas au détriment des luttes contre le système patriarcal, Rokhaya Diallo a fondé les Indivisibles et créé les Y’Bon Awards, a signé l’appel « Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo », a déclaré « Il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo »…

(*2) Morgan Merteuil (pseudo) présente dans le groupe organisateur et d’autres, présentes sur le visuel, défendent le système prostitueur, les clients, sachant pertinemment que ce sont toujours soit les clients soit les macs/réseaux qui mettent en danger et tuent les prostituées. 

Si Morgane Merteuil, ancienne Secrétaire générale et porte-parole du STRASS – https://sousleparapluierouge.wordpress.com/2013/03/26/anatomie-dun-lobby-pro-prostitution-etude-de-cas-le-strass-en-france/    omniprésente dans l’équipe d’organisation #NousToutes, si elle n’est plus porte-parole du STRASS,  se vante sur les réseaux sociaux d’avoir réussi à imposer « le féminisme pro-putes, pro-Trans et anti-islamophobe  » (rien que ça !) dans le mouvement féministe à l’occasion notamment de cette Marche :

@MorganeMerteuil

Reconstituer nos rangs, c’est aussi reconstituer des espaces de débats, de réflexion stratégique, et l’occasion de constater que malgré notre faiblesse, notre conception du féminisme comme anti-islamophobe, pro-putes, pro-trans, pèse désormais dans le rapport de force.

(* 3) Linda Sarsour

Porter un hijab pour lutter contre le machisme de Donald Trump ?

http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/10982

Burkini, à Rennes on nage en eaux troubles ! — Les VigilantEs

Le modernisme à l’épreuve du conservatisme religieux cède du terrain un peu partout et dans tous les domaines. L’affaire du burkini autorisé dans les piscines municipales Rennaises fait couler non pas beaucoup d’eau mais d’encre parce qu’elle illustre parfaitement la montée des injonctions religieuses intégristes et la manière dont les politiques y font face. A […]

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