Lettre ouverte à un « escort boy, tapin occasionnel…»

Cher C. M.

Si vous ne le savez pas, je vous informe que votre lettre adressée à tous les « président-e-s et responsables de groupes et associations LGBT … » de France et amplement circulé sur le Net et de toutes les façons possibles, est un document public dont les termes mensongers et violents sont susceptibles d’être retenus pour une action en diffamation, voire même pour incitation à la violence et à la haine.

Mais ce n’est pas vraiment ce dont, dans un premier temps,  je souhaite vous entretenir ici. Et pour vous ménager, je ne laisse que vos initiales dans ce courrier auquel je réponds et qui est publié ci-dessous.

Vous mentionnez dans ce courrier votre passage au CGL de la rue Keller qui vous a aidé à assumer votre homosexualité. En effet, c’est depuis le début l’une des missions du Centre que d’accueillir chaque année des milliers de personnes, pour les informer, orienter, assister dans différentes démarches. Si vous connaissiez le CGL vous n’ignorez pas que des problèmes de gestion l’avaient conduit au bord du dépôt de bilan, avant que je ne prenne la responsabilité d’une petite équipe, pour le sauver puis l’installer rue Beaubourg où il se porte désormais fort bien. Ne serait-ce que par respect pour la somme de travail accompli, de façon intégralement bénévole, vous pourriez vous exprimer avec un peu plus de respect.

Des personnes en situation de prostitution et moins occasionnellement que vous, nous en voyons fréquemment ; elles sollicitent nos permanences santé, sociales, aide à l’emploi, juridique et psy pour y trouver une écoute et /ou une aide, et nous sommes donc en mesure d’évaluer la réalité des différentes situations, très différentes s’il s’agit d’un petit roumain de la gare de l’Est, d’un escort de luxe et d’une prostituée africaine déplacée par un réseau mafieux. Mais surtout, pour avoir discuté avec nombre d’entre elles-eux et m’être personnellement intéressée à la question, je peux vous rassurer au moins sur un point, pas plus que les membres de notre équipe, je ne porte à vôtre -ni leur- encontre, le moindre jugement, ni ne suis animée du moindre mépris, bien au contraire, je vous – et les – respecte en tous points. Vous affirmez le contraire et citez des mots sortis de tout contexte. J’ai écrit des textes et des commentaires sur cette question, ils sont toujours sur mon blog hébergé sur Têtue.com ou sur ma page Facebook et je le crois, le sens de mes propos est assez clair. Sur la page Facebook du Centre LGBT Paris-IdF sachez  que d’autres personnes ont eu les codes d’accès qui ne sont pas changés tous les jours ; vous ne pouvez pas ignorer non plus que sur le Net n’importe qui peut réaliser un trucage.  A l’évidence, vous avez sorti ces mots de leur contexte ;  admettez-le, ne signifient pas du tout la même chose les deux expressions suivantes dans lesquelles on trouve pourtant le même mot : « les prostitué-e-s ne sont que de sordides déversoirs à sperme ! » et «comment peut-on condamner une  personne à n’être toute sa vie qu’un déversoir à sperme ? ».

La pratique qui consiste à isoler un mot de son contexte, à tenter de faire dire à une personne l’inverse de ce qu’elle veut dire n’est pas rare, elle n’honore jamais son auteur.

Mais surtout et infiniment plus important, ce que je veux vous dire tient en cinq points.

– 1. Je doute que les gays, et même les trans, soient à même de nous parler de la prostitution dans sa globalité, étant donné qu’à une écrasante majorité pour ne pas dire quasi-totalité, les prostitué-e-s sont des femmes. En outre, les personnes prostituées sont à 80%  des personnes étrangères ; les déplacements de population massifs ou traite sont organisés par des réseaux mafieux. Dans les 20% restant, certaines personnes sont victimes de réseaux et trafics également, d’autres sont inféodées à des proxénètes ; au final très peu sont « libres » et à la marge, très peu nombreux, sauf à Paris,  sont les prostitués masculins. Les escorts masculins ne sont donc pas représentatifs de cette question. Ils défendent leur business à grand renfort de médiatisation, mais ne vous en déplaise, ceci ne vous – leur confère en rien une quelconque légitimité pour porter les revendications des femmes prostituées.

– 2. La question de la prostitution peut-elle seulement être rapportée à une question de liberté individuelle ? Où est la part de liberté dans la vente,  non pas de sa force de travail intellectuelle ou physique, mais de son intimité sexuelle et de l’affirmation qu’il s’agit d’un travail comme un autre ? Qui fixe les tarifs ? Qui assure des dangers ? Que pèse vraiment la manne financière de l’exploitation sexuelle et qui en profite ? Ne s’agit-il pas tout simplement du paroxysme de  l’exploitation de l’homme par l’homme et le plus souvent de la femme par l’homme ? Qui peut affirmer que sans argent il y aurait de la prostitution ? Se prostituer par plaisir et sans aucune contrepartie, une invention romanesque,  mais à part ça ?… Les dernières études ont révélé que la plupart des personnes prostituées avaient subi des violences sexuelles dans l’enfance, il pourrait aussi s’agir dans certains cas, notamment  parmi les prostitué-e-s qui parlent de choix, d’une tentative de se « réparer ». Je considère et suis bien loin d’être la seule à penser de la sorte, qu’avec la prostitution, c’est bien l’esclavage qui survit dans nos sociétés.

En outre, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui sont en danger. Aucun enfant élevé dans une société dans laquelle le corps d’une femme peut être acheté pour assouvir une pulsion sexuelle ne pourra jamais concevoir l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, ni entre êtres humains.

C’est pourquoi, dans tous les cas, la question de la prostitution n’est pas une question individuelle, mais une question collective de choix de société. La vraie question c’est, dans quelle société voulons-nous vivre ? Dans une société patriarcale où  « le plus vieux métier du monde » – aussi vieux que le patriarcat lui-même – consiste à garantir, et ce quoi qu’il arrive, que des corps de femmes seront toujours à la disposition des hommes qui peuvent se les payer, ou à l’inverse, voulons-nous évoluer vers  une société moderne, égalitaire et en matière intime, affective et sexuelle, basée sur le désir – ce qui exclue nécessairement tout achat de consentement sexuel – ?

– 3. Les personnes un tant soit peu responsables et adultes, et je pense bien en faire partie, respectent les parcours des personnes qui pour une raison ou une autre se prostituent et savent que la prostitution ne disparaîtra pas du  jour au lendemain. Seulement, elles aspirent à un autre projet de société et veulent que chaque personne y trouve sa place, la place dont par exemple chacun-e rêve pour ses enfants ou ceux des autres. Il ne s’agit donc pas de réprimer les personnes prostituées mais de les protéger des prédateurs, aussi des clients pas toujours aussi glamours que vous voulez bien nous le faire croire, surtout des agressions et diverses violences, des maladies « professionnelles » et diverses addictions, de la dépression et du suicide… Il s’agit de leur proposer d’autres alternatives, des formations, une réinsertion… Il s’agit aussi et surtout de pénaliser les clients et tarir la demande en responsabilisant les consommateurs ;  mais je vous rassure, si vous avez pris le temps de lire le texte de loi, vous avez lu comme moi, qu’il est prévu des mesures progressives et relativement douces, telles que la proposition de stages de sensibilisation par exemple. Bref, il ne s’agit pas de violences, bien au contraire. Soyons réalistes et honnêtes, la prostitution n’est pas le conte de fées auquel vous tentez de nous faire croire,  toutes les personnes prostituées le disent, quand elles doivent y retourner le lendemain, elles se racontent des histoires, ben oui, faut bien assumer ; en revanche, quand elles ont tourné la page, elles n’hésitent pas à parler de « viol payant » et de soulagement ; pas besoin de vous faire un dessin je pense ?

– 4. Il faut vous réveiller et vous rendre à l’évidence. Depuis la toute récente Convention abolitionniste qui a rassemblé une bonne cinquantaine de structures associatives, le copieux et particulièrement édifiant Rapport parlementaire, la Résolution de réaffirmation de la position abolitionniste de la France adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale par des députés Verts, PC, PS … et la proposition de loi déposée, nous avons changé de registre et de dimension. Il ne s’agit plus vraiment de savoir s’il faut être contre ou pour la prostitution mais de discuter des mesures proposées : faut-il les renforcer, les compléter, au contraire en retirer, lesquelles sont insatisfaisantes voire néfastes… ?

– 5. Enfin, et ça il faudrait tout de même que vous l’entendiez une bonne fois pour toutes.<strong> La question de la prostitution n’est en rien une question LGBT, il faut cesser de nous faire croire que si l’on est gay, lesbienne, bi ou trans, on est automatiquement en faveur de la réglementation de la prostitution. C’est évidement faux et ça n’est que pure manipulation. Sur cette question de société, comme sur la question de la GPA d’ailleurs, deux questions qui relèvent de l’appropriation du corps des femmes, vous trouverez des abolitionnistes et des réglementaristes en proportions identiques parmi les LGBT et dans le reste de la population et surtout de nombreuses personnes sans opinion arrêtée. Alors cessez s’il vous plait de nous imposer vos croyances et/ou manipulations avec force hurlements, menaces et chantages. Ces gesticulations ne servent à rien si ce n’est à renforcer les positions contraires aux vôtres. Si vous pouviez voir le nombre de témoignages et messages de remerciements que je reçois pour continuer d’affirmer malgré les menaces constantes, des positions qui, je veux bien le croire,  dérangent votre business, mais les clients surtout, vous seriez stupéfaits.

Alors, si vous devez juger les responsables associatifs LGBT quels qu’il soient, c’est sur leur seul bilan de gestion, d’organisation et politique en faveur des droits et des libertés LGBT et contre les LGBTphobies ;  pour le reste, chacun a le droit à la liberté d’opinion et d’expression qui est la sienne ;  rien ni personne n’oblige, sur les questions qui ne relèvent pas directement des droits LGBT, des responsables associatifs à abonder dans votre sens.</strong> Et d’ailleurs, sachez-le, même en matière de droits LGBT il existe aussi des divergences entre les militants ; si les débats devaient prendre cette tournure, plus personne ne s’engagerait ! Un dialogue ne consiste ni à imposer violement ses points de vue ni à menacer et encore moins à, sûr de son bon droit, arroser de ses invectives et incitations à la violence, la terre entière. [Les  quelques membres frustrés ayant rejoint avec complaisance et démagogie, une certaine page Facebook appelant avec le succès que l’on sait à ma démission (!) – toujours pour cette question de la prostitution -,  s’adonnent de la même façon à la diffamation et à l’incitation à la haine. S’agit-il de militants LGBT ? Ceux qui se seraient battus pour que soient adoptées des lois contre l’incitation à la haine homophobe ? Permettez-moi d’en douter !].

En conclusion, traiter de la question de la prostitution en dehors de toute analyse sociopolitique féministe de déconstruction du patriarcat n’a rigoureusement aucun sens si ce n’est celui de renforcer la domination masculine. Votre courrier en est une preuve supplémentaire.

Alors, avec tout le respect que je vous dois, car si je n’ai pas du tout le même avis que vous sur cette question, contrairement à vous, je ne prétends pas que « vous délirez », je vous invite vivement à balayer devant votre porte et à rempocher vos « coups de pieds dans le cul » et autres incitations à la violence qui pourraient bien vous valoir de la part de personnes moins indulgentes que moi, une plainte en diffamation et incitation à la haine, et il en va de même pour les deux associations dont vous vous revendiquez.

Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris IdF

Le 8 decembre 2011, à Paris.   à l’attention des Présidents/es d’associations, mouvements, ou groupes,  le cas échéant leurs représentants.   Mesdames, messieurs, présidents, présidentes, représentants d’associations LGBTQI.   C’est avec une grande détresse et le cœur lourd d’inquiétude que je vous écris en ce jour, moi, Escort-boy, tapin occasionnel, acteur pornographique, bref, travailleur du sexe. Vous ne pouvez qu’avoir lus, entendus, ou eu vent des déclarations pour le moins incendiaires et insanes de madame Le Doaré, présidente du CLGBT île de France. Je ne m’avancerais pas à parler au nom de tous les travailleurs du sexe, qui par ailleurs sont bien trop occupés en ce moment à défendre leur droits pour prêter attention aux divagations perverses d’une femme gravitant sur orbite complètement éloignée de celle que lui attribue sa fonction. Je vous ferais donc part ici de mon propre ressenti et de mes propres inquiétudes.

L’actualité politique et médiatique est en ce moment est braquée sur le secteur d’activité que j’exerce. Mis sur le devant de la scène, stigmatisé, aliéné, je suis de toute part dans l’obligation de justifier mes choix de vie et mes actes, ce qui, je vous l’avoue, n’est pas de tout repos et profondément dur moralement. À vrai dire, j’ai déjà vécu cette situation : lors de mon coming out, quand j’ai du imposer, parfois par la force, à mes amis, et à mon entourage, que j’étais gay et fier de l’être, que ce n’était pas une maladie ou une passade. Et ce combat recommence aujourd’hui. Je puis le mener à bien, car j’ai foi en mes choix et je les assume. Simplement, me battre contre l’état, son gouvernement, et ses manouvres perverses, réclame une attention complète et une force d’esprit impressionnante, que je ne peux me permettre de diviser. Diviser pour quoi ? Pour une chose aberrante. Diviser mes forces pour lutter contre les propos diffamants, insultants, et révoltants, de la présidente du CLGBT, institution qui m’a grandement aidé à faire mes premiers pas à paris après mon coming out, qui, directement ou par le biais de structures lui étant affiliées, m’a appris à accepter mon homosexualité et à la vivre pleinement. Je suis navré de constater que la  personne censée représenter le CLGBT, où œuvrent ensemble tous les représentants de la communauté LGBTQI pour leurs droits et leur existence, soit si loin de se rendre compte que dans le milieu du travail du sexe, la TOTALITE de cette même communauté LGBTQI est présente, et que ses propos absolument immondes les atteignent comme des poignards dans le cœur, moi le premier.

Je suis outré et sidéré de lire des propos tels que « réceptacle à sperme », « déversoir à sperme », « barbare », et je me demande : en tant que présidente du CLGBT, elle est censée exprimer le point de vue de toute sa structure et de toute sa communauté, alors, toute la communauté LGBTQI pense-t-elle que ses membres qui sont travailleurs du sexe sont des « déversoirs à sperme » ??? Jusqu’à présent, madame Le Doaré s’est toujours exprimé de façon incendiaire au sujet des travailleurs du sexe militant pour leur droit, sans jamais être reprise à l’ordre par les membres de son centre ou même enjointe par les associations de l’inter LGBT à se modérer ! Qui plus est, désormais, nous sommes hélas sortis du contexte -qui fut un moment comique- de madame Le Doaré délirant toute seule sur son blog. Actuellement, ces propos outrageants et abjects sont directement exprimés via la page facebook officielle du CLGBT. Donc, vous conviendrez qu’il est censé de ma part de croire que sont point de vue est entièrement partagé par les membres de ce même CLGBT et non contesté par l’inter LGBT via son absence de réaction.

Mais enfin ! Qu’attendez vous pour -pardonnez moi l’expression- la museler !!! Ou la dégager à grand coups de pied dans le cul ! J’en ai assez d’être insulté par cette femme, qui porte atteinte à ma dignité et assez qu’elle insulte mes confrères et consœurs qui n’ont pas forcément la même carapace que moi et se sentent profondément insultés et bafoués par de tels propos ! J’enjoint donc la totalité des associations LGBTQI à se mobiliser pour enfin obliger madame Le Doaré à quitter son poste. Il est temps. La comédie dramatique a assez duré !

C.  M. @live.fr   06 Escort boy.

Membre du STRASS paris. Militant à Act-Up Paris. —————————————————————————– Ce message entrant est certifié sans virus connu. Analyse effectuée par AVG – www.avg.fr Version: 9.0.920 / Base de données virale: 271.1.1/4069 – Date: 12/09/11 08:34:00

2 Responses to “Lettre ouverte à un « escort boy, tapin occasionnel…»”


  1. 1 Lesboseparatiste 20/09/2012 à 01:18

    Bravo Christine (Le Doaré),

    C’est bien de ne pas se laisser impressionner par ces pressions visant à ce qu’aucune dirigeante ou porte-parole d’association homosexuelle, féministe ou autre d’ailleurs, n’ose se prononcer par exemple sur un tel sujet que la prostitution et l’avilissement des femmes qui en découle (et derrière il y a du porno, du trafic d’êtres humains, des tortures et des crimes, du formatage social, y compris des hommes),
    Ce personnage qui vous écrit semble se sentir tout permis.
    Sans doute est-ce pour les raisons que vous avez soulignées et qui peuvent diviser les intérêts des hommes et des femmes, et ceux des homos et des lesbiennes, au delà de quelques points communs et bonnes volontés.
    Sans doute aussi que sa lettre et toutes les actions qui vont dans le même sens de nos jours, répondent à d’immenses intérêts financiers maintenant bien assis et bien plus importants que le budget de plusieurs états, bien plus importants que ceux éventuels de prostitués masculins (attention, certains prostitués masculins sont aussi victimes de réseaux et ne touchent pas un sou, travaillent sous menace de mort…).
    Et sans doute que ces intérêts mafieux et économiques ont depuis longtemps placé des hommes et des femmes à eux dans nos associations.
    Sans doute cette missive culottée n’est qu’un appel à ces agents infiltrés pour vous dégager, surtout depuis que vous vous agrippez aux droits des femmes et des lesbiennes, quitte à vous fâcher avec certains individus.

    Moi je vous encourage, vos analyses sont exactes et profondes, et j’admire le fait que vous soyez la seule à (pouvoir) prendre publiquement position quand il le faut, et à avoir encore un certain crédit dans nos associations lesbiennes ou féministes ou LGBT (je n’aime pas ce mélange… LGBT).
    Quand on voit comment d’autres tournent leurs vestes, voyez par exemple Bagdam et sa nébuleuse (Vidéobstinées…), au double discours depuis quelques années, qui invite ce qui se fait de mieux en matière de fétichisme pro-sexe hétéro et en tous cas machiste, libertin, exhibitionniste, porno, sado-maso, pro-prostitution, voire pro-sataniste (VJ erelevil des Strapettes..) comme si de rien n’était… Comme si Nous les lesbiennes devions aimer et soutenir ce genre de performances, nous identifier à ce genre de femmes…
    Ce sont des intrusions, des impostures subtiles, des manipulations au sein des lieux de débat et de rencontre de notre communauté, dont les individues sont déjà tellement isolées les unes des autres dans la vie réelle et brimées aussi.
    Des lesbiennes plus communes que les prostituées Wendy Delorme ou Judy Minx, des lesbiennes comme vous et moi, des vraies quoi, pas des fantasmes pervers inventés de toutes pièces pour et par des types, partent dégoûtées ou crient en toute :  » Coupez les bites, nous sommes des lesbiennes ! « … comme à l’évènement non-mixte organisé pour elles à la MJC de Rennes en 2009, face au déferlement de godemichés et de théatre « sex », qui les ont surprises.
    Extrêmisme de ce public lesbien ? Violence anti-mâle ?
    Non, une réponse à une agression, ni plus ni moins, et à une imposture, à une main-mise sur leur image, sur leurs loisirs communs entre elles et maigres lieux de rencontres ou de débat !
    Les véritables lesbiennes ne sont pas des actrices de X, ni des prostituées comme la Delorme ou la Minx, ni des hétéros en mal de copulation hétéro, sinon leur nom ne voudrait plus rien dire et il vaudrait mieux en inventer un autre…
    De plus, elles aiment les femmes plus qu’avec leur sexe, avec leur coeur aussi !
    Alors ces gens nous prennent pour des connes décérébrées qui laisseront passer une telle image de nous dans les medias, voire dans nos associations, sans qu’aucune de nous n’ait le courage et l’intelligence de se mobiliser collectivement pour protester !

    Les lesbiennes féministes comme moi ont été depuis longtemps, pas loin de 20 ans pour certaines, exclues, censurées (heureusement que je ne peux être censurée sur mon propre blog), y compris dans ce qui reste de nos lieux et associations militantes, même non-mixtes, même se disant lesbiennes radicales…
    On essaie même de convaincre sournoisement certaines de mes amies militantes de me laisser (elles me l’ont confié), alors que concernant certaines, je suis la seule à les aider, en leur donnant bénévolement de mon temps par exemple, quand les femmes qui ragotent sur mon dos auprès de mes amies de plusieurs années et qui se réclament militantes, ne retroussent même pas leurs manches pour les aider, et elles osent cependant raconter des folies sur moi et bien entendu pas en face de moi, aucun courage !
    Des ragots peuvent toujours nuire un jour ou l’autre, car les gens se disent qu’il n’y a pas de fumée sans feu et cela a une influence,..
    Ce sont des stratégies pour nous diviser et ce n’est pas venu sur moi par hasard ni parce que j’aurais une tête ou un dos à ragots, mais parce que ma personnalité, mes idées, mes actions et mes discours dérangent certains intérêts !
    .
    Et les autres lesbiennes, que font-elles ? Eh bien, je pense que vous le savez, elles ont la mémoire courte, au pire elles sont influençables comme tous les quidams dans notre société, et au mieux elles ont égoïstement abandonné nos luttes ou n’ont jamais eu la chance de les connaître et préfèrent rester scotchées devant leur télévision, comme tous les quidams dans notre société, avec leur dépression et leur solitude ou avec leur petite amie durement trouvée au milieu de l’absence lesbienne et féministe ambiante.

    Mais d’autres temps arriveront, les opprimé/es se rassembleront.

    Merci à vous et j’espère que vous continuerez à dire vos opinions, à agir et pas seule si possible !

  2. 2 Christine Le Doaré 28/10/2012 à 21:03

    article rapatrié du blog Têtue.com


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