Pour se libérer, Morgane Merteuil va devoir choisir

Pour se libérer, Morgane « Merteuil » va devoir choisir

« prosexe, proporno, proputes »* sans doute ; féministe ? pas encore !

Morgane « Merteuil » se présente comme « escort girl » et exerce à temps plein la fonction de porte-parole d’une association de prostitué-e-s.

Elle assume ses choix de vie et revendications corporatives mais éprouve le besoin de se dissimuler derrière un pseudonyme. Pourtant, l’association qu’elle représente, nous affirme que  la prostitution est un métier comme les autres. Imaginez un instant la confusion dans laquelle nous serions si tous les syndicalistes et porte-paroles associatifs devaient prendre un nom d’emprunt.

Revenons à Morgane « Merteuil » qui revendique « une libre prostitution », la marchandisation des corps, et défend le droit des clients à une consommation tarifée de sexe. C’est son opinion et elle est parfaitement libre de l’exprimer.

Jusqu’ici, il s’agissait d’un débat de société : la prostitution divise fortement et les arguments s’échangent avec force conviction ; pas d’animosités personnelles, seulement des positions politiques. Seulement voilà, Morgane « Merteuil «  s’attaque délibérément aux féministes abolitionnistes de la prostitution, dans sa publication « Libérez le féminisme ».

Selon Libération – jamais en reste pour monter en épingle la moindre anecdote croustillante, alors la prostitution, vous pensez bien ! -le féminisme de « Merteuil » serait « prosexe, proporno, proputes ». Même si la critique n’est guère positive au final et relève les contradictions de l’auteure, on sent poindre la complaisance habituelle qui anime les médias en matière de prostitution et plus généralement de sexualité.

Ce que Morgane Merteuil semble ignorer, c’est que le féminisme est affaire de libération des femmes. Le féminisme ambitionne l’égalité femmes-hommes et bien au-delà des rapports humains différents, basés sur des valeurs d’émancipation et d’abandon de la domination. Seulement voilà, le libéralisme a soumis l’idée même de liberté sexuelle aux normes des industries du sexe.
La pornographie notamment présente une sexualité déshumanisée et mécanique ; elle objectivise les femmes le plus souvent avec mépris et violence. La pornographie  réduit les femmes à des machines à faire jouir les hommes, elles gémissent et grimacent comme des marionnettes lobotomisées, en simulant d’improbables  orgasmes. Quant à la pornographie « pro-sexe » – réappropriation prétendue libératrice – elle ne fait qu’imposer de nouvelles normes aux femmes.
La prostitution quant à elle,  est la forme la plus archaïque de l’appropriation du corps des femmes produite par le système patriarcal ; le « plus vieux métier du monde » est en réalité l’un des plus vieux privilèges de la domination masculine, c’est une survivance moderne de l’esclavage.

Les réglementaristes opposent l’intérêt individuel et libéral d’un petit nombre de prostitué-e-s qui choisiraient de se prostituer (sachant tout de même que la plupart ont subi un traumatisme consécutif à un viol voire un inceste dans l’enfance) à l’immense majorité d’une prostitution forcée, violente, en pleine expansion et extrêmement difficile à endiguer.
Ils font du corps humain une marchandise et opposent l’individualisme libéral à un projet de société moderne, féministe et humaniste.

Morgane « Merteuil » se revendique donc « pro-sexe », « pro-prostitution » et « pro-putes » en opposition aux féministes qu’elle qualifie de « bourgeoises » et motivées par la promotion de la « dignité » des femmes comme modèle d’émancipation !
La « dignité » des femmes peut en effet motiver les féministes, mais surtout, Morgane Merteuil, ce qui anime depuis toujours les féministes,  c’est la lutte contre les discriminations et les violences, dont les violences sexuelles comme le viol ; c’est l’abolition des privilèges de la domination masculine, c’est la défense de l’intégrité, l’égalité, et la liberté des êtres humains.

Il semble que Morgane « Merteuil » connaisse bien mal le féminisme et que ses idées en soient très éloignées.
En outre, elle confine au conformisme le plus réactionnaire en critiquant les campagnes d’OLF en faveur du retrait administratif du « Mademoiselle » : c’est vrai ça, Mademoiselle pour les femmes non mariées et Damoiseau pour les garçons, c’est tellement plus moderne !
Elle affirme que les femmes « aiment le cul », ce dont personne ne doute, même si les généralités n’ont guère de sens,  mais reproche à OLF sa campagne « Osez le clito ! », cherchez l’erreur ! Serait-il trop osé de parler de jouissance féminine ? Morgane Merteuil serait-elle déstabilisée en apprenant ce qu’est un clitoris ?
Dans la confusion la plus totale, elle s’attaque aux féministes avec des motifs plus grotesques les uns que les autres mais voudrait tant en être une, elle aussi. D’ailleurs, jamais à une contradiction ni provocation près, elle se revendique « féministe pute » !

A l’évidence, Morgane Merteuil, activiste du lobby pro-prostitution et proche des Indigènes de la République, à la fois étudiante, auteure, et parfois escorte, n’a pas grand-chose de commun avec les prostitué-e-s que l’on rencontre sur les trottoirs, dans les allées des bois, ou les halls de gare de Paris ou d’ailleurs. La plupart sous l’emprise de petits copains peu scrupuleux, de macs ou des réseaux mafieux ; consommant alcool et / ou stupéfiants pour tenir, survivent comme elles peuvent.
Elles ont malgré tout en commun de marchander des actes sexuels tarifés, sans désir ni plaisir, ce qui n’est jamais anodin.
Tout être humain consacre une énergie certaine à préserver son intimité et supporte difficilement l’intrusion d’un étranger dans sa bulle, il faut une bonne dose de distanciation et même de dissociation pour tolérer la vue, l’odeur, le contact, les pratique sexuelles imposées à la chaîne, par des inconnus que l’on ne désire pas.

Morgane « Merteuil » voudrait tant représenter celles et ceux qui dans leur immense majorité, ne lui ressemblent pas. De manifestations en congrès, elle mène une vie d’activiste : elle écrit, voyage, fréquente les médias, les politiques,  se fait publier, suit des études.
Combien de personnes prostituées sont-elles dans une telle situation ? Celles et ceux qui exploités, souvent agressés et violés, (sans compter celles que l’on tue), ne sortiront que rarement et au prix d’efforts surhumains de leur condition.
Alors parler en leur nom pour affirmer que la prostitution ne serait pas une violence sexuelle, ne semble pas très légitime.

La libération par la prostitution, ah et par le voile aussi, il fallait tout de même y penser, Morgane « Merteuil » l’a écrit et personne n’y croit,  pas même elle ! Cet  essai brouillon et approximatif expose au grand jour les faiblesses de l’argumentation, mais surtout, ce que Morgane Merteuil voudrait vraiment être, mais n’est pas, pas encore. Un jour, peut-être, je le lui souhaite, quand elle aura choisi, quand elle se sera libérée.

Christine Le Doaré

 

« prosexe, proporno, proputes »* Titre de Libération : « Le féminisme «prosexe, proporno, proputes» de Morgane Merteuil »

OLF : Osez le féminisme !

 

11 Responses to “Pour se libérer, Morgane Merteuil va devoir choisir”


  1. 1 Diké, déesse de la justice 05/09/2012 à 04:22

    Votre critique sur le caractère bourgeois et privilégié du mode de vie de M Merteuil n’est pertinent que dans la mesure où elle dénie elle-même aux abolitionnistes toute légitimité sous prétexte qu’elles ne seraient que des bourgeoises privilégiées / catholiques (ça dépend des textes). Vous pouvez le préciser pour ceux qui n’ont pas lu Merteuil.

    Sinon, autre contradiction : dans certains écrits elle prétend être une syndicaliste défendant un travail comme un autre, alors que d’autres écrits ambigus laissent entendre que la prostitution pourrait être une forme de sexualité non conformiste, lorsqu’elle mentionne le plaisir qu’elle y prend.

  2. 2 emi b. 05/09/2012 à 13:18

    Plus je lis votre article, moins je me sens féministe (tel que définit). Curieux ce gap entre l’intention affichée et la réalité des positions.
    « Elle assume ses choix de vie et revendications corporatives mais éprouve le besoin de se dissimuler derrière un pseudonyme. »
    Et c’est étonnant en quoi au juste ? La prostitution DEVRAIT être un métier comme un autre (encadré, protégé, déclaré), mais dans les faits ça n’en est toujours pas un, puisqu’elles/ils n’ont le droit a quasi rien, que ce soit de la part des services publiques ou de la société.
    « ’immense majorité d’une prostitution forcée, violente, en pleine expansion et extrêmement difficile à endiguer. » D’autant plus difficile à endiguer que la prostitution ‘assumée’, sans doute minoritaire mais parfaitement réelle, n’est pas mise en lumière, donc qu’on met volontairement en danger hommes et femmes qui choisissent sous prétexte qu’ils auraient du faire un autre choix et ne sont pas représentatifs.
    « elle confine au conformisme le plus réactionnaire en critiquant les campagnes d’OLF en faveur du retrait administratif du « Mademoiselle » »
    Moi aussi. C’est de la sémantique hors sujet. A part faire une case de moins sur des formulaires, ça n’a aucun intérêt ni social, ni pratique, dans une société qui a suffisamment évoluée pour admettre le statut de femme ‘célibataire’ (la mademoiselle). Ca fait rire les commerçants et ça ne change rien aux problème de rapport de force au sein de la société. Dommage.
    « Serait-il trop osé de parler de jouissance féminine ? » ce qui est osé par contre c’est de définir un contour d’une sexualité ‘normalisée féminine’ qui par essence est profondément personnelle.
     » il faut une bonne dose de distanciation et même de dissociation pour tolérer la vue, l’odeur, le contact, les pratique sexuelles imposées par un inconnu que l’on ne désire pas. »
    Ouais, et c’est d’autant plus vrai quand on est femme de ménage et qu’on nettoie des chiottes. (/semi vanne). L’intimité c’est quoi au juste ? Ma tête ou mon cul ? ou les 2 ?
    En conclusion, mon avis (perso et non militant) est qu’on ne peut pas protéger ceux et celles qui sont contraints en niant ceux et celles qui sont consentants ou en décrétant une abolition. Ca se fera par étape, lentement, pragmatiquement, et ça commence par le DROIT. L’abolition viendra des mœurs eux même, pas d’une décision entre gens peu concernés ou théoriciens, ni d’une loi.
    On ne nie pas le rapport de force en renvoyant dans l’ombre ceux/celles qui ont besoin d’en être protégés le plus.
    Et votre article parle beaucoup des femmes, mais quid des hommes prostitués ?

  3. 3 Christine Le Doaré 05/09/2012 à 15:11

    oui… ce bref article n’avait pas pour ambition de faire une analyse exhaustive des prises de position MM

  4. 4 Fée Ministe (@LiseBouvet) 05/09/2012 à 15:54

    bonjour Christine et merci pour cet article clair comme toujours ! sur cet épineux débat je me permets de signaler à tes lectrices mon travail http://www.scoop.it/u/fee-ministe : 750 liens (articles, études, documents) sur la prostitution classés en 14 thèmes. Merci

  5. 5 Christine Le Doaré 05/09/2012 à 22:32

    Désolée, vos arguments sont aussi éculés que peu convaincants.
    Vous affirmez que la prostitution devrait être un métier comme un autre, celui dont rêve nos chers bambins, ah toutes ces vocations, ça fait rêver, et nous ferions la queue à Pôle emploi pour tous ces emplois enthousiasmants d’hôtesses, d’escorts, de prostituées… au moins là c’est clair, pas de chômage ! Ben la voilà la solution, comment se fait-il que le gouvernement n’y ait pas pensé avant ?
    Vous affirmez que supprimer une appellation administrative qui ne s’applique qu’aux seules femmes, n’est que de la sémantique, moi je pense qu’il s’agit d’égalité, les lois ont force d’exemple et participent à l’évolution des mentalités ; vous êtes d’accord n’est-ce pas, puisque vous voulez réglementer la prostitution et donc faire appel à la loi ?
    « définir un contour d’une sexualité ‘normalisée féminine’ qui par essence est profondément personnelle. », alors là j’avoue, je ne pige pas, mais quel jargon ! Qu’essayez-vous d’exprimer? rien d’essentialiste j’espère ? Oui, la sexualité relève de l’intimité, elle est personnelle et enchaîner les passes est tellement éloigné de la moindre notion de plaisir sexuel que tant de prostituées sont lesbiennes pour justement vivre un affectif et une sexualité qui leur convient et qui leur permet d’oublier ce qu’elles ont obligées de subir jusqu’à l’écœurement dans la prostitution !
    Enfin, l’intimité c’est dans la tête autant que physique, comme si l’un pouvait fonctionner sans l’autre ! C’est bien pour ça que l’on parle de sidération et distanciation dans les cas de viol et de violences sexuelles notamment.
    De toutes façons, que des femmes en état d’exploitation et esclavage sexuel en viennent à défendre l’intérêt des clients qui violent leur consentement en l’achetant et qui soutiennent de ce fait l’ensemble du système prostitueur, prouve à quel point le système patriarcal est puissant. Elles sont instrumentalisées dans l’intérêt des hommes ; ils sont parvenus à en faire des relais, et n’ont plus qu’à veiller de temps à autres qu’elles tiennent leur rôle et ne basculent pas dans une prise de conscience du système et de ce qu’il leur fait subir.
    Pour finir, vous n’avez rien compris à la différence entre abolition et prohibition. Les abolitionnistes ne veulent absolument renvoyer les prostitué-e-s dans l’ombre, bien au contraire, ils sont pour l’abolition de la loi qui les harcèle, en revanche, ils veulent responsabiliser les clients, les éduquer, leur faire prendre conscience des conséquences de leurs actes et éventuellement les pénaliser.
    Voyez, si quelqu’un ignore les tenants et aboutissants de ce sujet, c’est bien vous, mais il n’est pas trop tard pour vous informer correctement.
    Vous trouverez toutes les informations utiles sur le site du Mouvement du Nid par exemple ou ailleurs.
    Enfin, vous devriez relire attentivement l’article, j’ai pris le soin de préciser que je parlais des prostitué-e-s = femmes dans une écrasante majorité que ceci vous plaise ou non, mais hommes également, sans oublier les mineur-e-s.
    Si dans le cas des hommes, la question de l’oppression des femmes est indirecte, tout ce qui touche à la marchandisation, aux rapports de domination riches/pauvres, blancs/racisés, nord/sud, reste valable
    SVP renseignez-vous donc un peu, ça nous évitera de perdre du temps.

  6. 6 Mélusine Ciredutemps 27/09/2012 à 01:27

    Cette article est en effet très intéressant.
    En voici d’autres qui vont dans le même sens et le complète :

    Prostitution : Liberté sexuelle ou liberté de consommer du sexe ? :

    http://www.classecontreclasse.org/viewtopic.php?f=12&t=12885&sid=79de387681c7985b317a24b1e1b68cf9

    Se prostituer librement, nouvel adage du néolibéralisme patriarcal ? :
    ( à lire également les autres textes que j’ai mis en lien dans mes commentaires).

    http://www.bastamag.net/article2602.html

  7. 7 alistair Gonzague 29/10/2012 à 11:22

    Autre chose. Nous nous demandons dans quelle mesure votre mouvement abolitionniste n’est pas pilote par les maffias de la prostitution et dont l’objectif serait d’eliminer la concurrence du Strass et en penalisant les clients d’amener une manne economique supplementaire a ces allies que sont l’Etat/les maffias/OLF…

  8. 8 Christine Le Doaré 29/10/2012 à 21:21

    ah ah ah franchement celle-ci elle est particulièrement hilarante ! le mouvement abolitionniste piloté par les mafias ?! faut arrêter les substances illicites là avant que ce ne soit irréversible ! « éliminer la concurrence du STRASS » ?! pourquoi, le STRASS prétend concurrencer les mafias maintenant ? une poignée d’activistes et escorts qui se mesure aux mafis et réseaux criminels du sexe ? mais tu as une idée de ce que représente ce business ? c’est la seconde économie criminelle aprés la drogue, puis en 3è les armes ! votre chiffre d’affaires est tellement ridicule par rapport à ça qu’il n’y a aucun risque de concurrence crois-moi ! tu n’as rien compris du tout au projet abolitonniste, criminaliser les clients c’est tarir la demande, et tous les clients, y compris de la prostitution forcée, donc pas de manne pour les mafias. Alors qu’avec la réglementation, impossible de distinguer ce qui est forcé de ce qui ne l’est pas et tous les pays qui ont réglementé ont un mal fou à contrôler la situation ! Il faut lire les rapports… ne pas se contenter de raconter n’importe quoi…

  9. 9 Christine Le Doaré 13/08/2013 à 23:57

    Je viens de mettre à jour cet article qui comportait quelques maladresses.
    13 août 2013.

  10. 10 camillelocean 29/09/2014 à 14:40

    Je suppose qu’abolition de la prostitution signifie qu’elle serait interdite, donc illégale, et que police et justice seraient bien armées pour le faire respecter ?
    En ajoutant à cela les explications faites aux enfants pour qu’ils deviennent des adultes respectueux d’eux-mêmes et des autres; ce serait vachement bien.

    Le baratin de l’escorte que vous citez est ridicule, car il ne concerne que celles qui ont choisi ce moyen d’avoir le pouvoir sur leurs clients, c’est-à-dire de leur soutirer le plus de fric possible.
    On est loin du pouvoir que peut donner la dignité, mais peu importe: madame l’escorte n’a rien à craindre, car elle trouvera toujours le moyen d’exercer sa passion dans une société à prostitution interdite.

    Et peu à peu, l’éducation fera diminuer le nombre des passionnés de l’escorte.

    L’urgence est bien ce que vous exprimez sur ces pages que je suis vraiment content d’avoir découvertes, et d’autant plus que vous écrivez bien et êtes très claire (ce qui énerve les imbéciles, d’ailleurs).

  11. 11 Christine Le Doaré 29/09/2014 à 21:44

    Merci, une nuance toutefois, l’abolition ce n’est pas la prohibition, donc pas d’interdiction, pas de harcèlement des personnes prostituées, déjà victimes d’un système, dépénalisation des personnes prostituées qui peuvent si elles le souhaitent suivre un parcours de sortie de la prostitution, en revanche, éducation et pénalisation des clients qui avec les proxénètes sont les responsables de ce système d’exploitation, leur demande nourrissant aussi la traite…


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