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Solidarité féministe et sportive internationale #JOParis2024 !

Solidarité féministe et sportive internationale !

#JOParis2024 #LetWomenGoToStadium #StopApartheidSexuel

Au « Marathon de la honte « de Téhéran où les femmes ont couru à part sur un parcours réduit et dans un stade fermé *1, a répondu un silence assourdissant de la part des ONG de défense des Droits Humains, comme des organisations et fédérations sportives et même des associations féministes.

Seules, la Ligue du Droit International des femmes et la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes ont organisé en riposte à Paris, un évènement en solidarité avec les femmes Iraniennes et Saoudiennes, contre l’apartheid sexuel.

Darya Safai formidable résistante iranienne, aujourd’hui réfugiée politique, qui avait déployé une banderole pendant les JO de RIO en 2016, en était l’ambassadrice.

#LetWomenGoToStadium  #StopApartheidSexuel

Pour ces deux fédérations féministes, « Les règles éthiques du sport et des JO sont fondées sur des valeurs universelles, et Paris qui défend sa candidature pour les JO 2024 oublie ces valeurs. »

Les VigilantES  www.vigilantes2015.wordpress.com et quelques autres, appelaient aussi à soutenir l’évènement.

Lorsqu’il s’agit des droits et libertés des femmes, le relativisme culturel paralyse celles et  ceux qui pourtant sont prompts à agir en matière de Droits Humains,  et même désormais nombre d’organisations qui se revendiquent du féminisme.

Le manque de solidarité internationale envers les femmes vivant dans les pays islamiques qui imposent des règles de vie moyenâgeuses aux femmes, est criant. Evidement, les  groupes « féministes islamiques » comme LALLAB et les tous les autres se taisent :  il est bien trop risqué pour elles de parler de solidarité internationale, mieux vaut discréditer et attaquer à l’unisson avec le parti des Indigènes de la République dont elles sont le plus souvent une émanation, le seul « racisme d’état » de l’état français et des pays occidentaux !

Mais les groupes féministes mainstream ne se bousculent pas non plus pour répondre présentes quand il le faudrait.  Peu à peu, la rhétorique des identitaires racialistes et essentialistes gagne les milieux politiques et féministes de gauche et pas seulement. L’entrisme de l’islam politique est redoutablement efficace et les islamo-gauchistes qui détiennent les postes universitaires,  médiatiques et politiques clés, lui facilite le travail en ouvrant peu à peu toutes les portes de nos institutions locales comme nationales.

La ségrégation, les discriminations et violences sexistes vécues par les femmes saoudiennes, iraniennes et toutes les autres, finit par devenir leur problème ; s’en préoccuper et vouloir exercer une solidarité féministe universelle est désormais suspect, accusé de comportement colonialiste et raciste !

Cette rhétorique monstrueusement stupide devrait être facilement battue en brèche par tous les groupes et individu-e-s qui se revendiquent du féminisme, hélas, il semble bien que le relativisme culturel ait fini par anéantir leurs neurones affectés à l’intelligence. Alors, mille fois merci aux rares individu-e-s et associations encore capables de discernement et de solidarité envers les femmes opprimées du monde entier.

#JOParis2024 c’est aussi l’obligation morale, humaine, féministe et politique d’agir pour la libération des femmes, de toutes les femmes. Non à l’apartheid sexuel, oui à l’universel et à l’égalité par le sport !

Christine Le Doaré

*1 www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/pour-le-premier-marathon-de-teheran-les-femmes-ont-du-courir-a-part_1896870.html

Les émeutes du point de vue d’une féministe « blanche » et donc raciste !

img_9421Les émeutes du point de vue d’une Féministe « blanche » et donc raciste !

Émeutes des banlieues – Théo –

À tous/toutes les chacals islamo-gauchistes, chasseurs de tweet de « féministe blanche » et donc raciste. Ben tiens !

Un tweet ne permet pas de développer et peut donner matière à interprétation.
La mauvaise foi de ceux qui récupèrent la lutte contre le racisme au profit de la défense de l’islam politique, enfermant des personnes selon leur origine dans une religion version moyen-âge, les idiotEs utiles de l’islam politique ou islamo-gauchistes, infatués de certitudes, n’hésitent jamais à détourner et manipuler. Leur but est simple : salir, discréditer et continuer de pourrir le débat.
Qu’ils soient journalistes, universitaires, militants politiques ou associatifs, plus ou moins proches des Indigènes de la République du PIR et des thèses essentialistes et racialistes, ils sont à l’affût de la moindre occasion de lâcher leur meute de suiveurs acculturés sur tout ce qui peut nourrir leur haine pendant quelques heures.
Des féministes qui se disent intersectionnelles ne sont pas en reste, démontrant ainsi à quel point les femmes sont en réalité le dernier de leurs soucis, elles n’hésitent jamais à jeter en pâture même des militantes féministes, à la vindicte des roquets identitaires, « leurs groupes », « leurs familles », « leurs frères », « leurs alliés » réels ou imaginaires.
Solidarité féministe ? Pardon ? Faut pas rêver ! De toute façon, t’es pas féministe, t’es même pas une femme, puisque t’es blanche ! T’es juste du blanc.
Il est où le racisme ?

Le tweet en question (voir ci-dessous) signifiait – peut-être maladroitement – ceci :
– Les femmes sont victimes des discriminations et violences masculines et sociétales les plus sordides (viols/ mariage forcé/ excision … ), si pour lutter contre ces crimes les plus hideux elles faisaient l’erreur de tout mettre à feu et à sang, ce que l’on pourrait parfaitement justifier, la planète serait en guerre civile depuis longtemps.
Ce n’est pourtant pas le cas, pourquoi ?
– La communauté chinoise a été, est toujours, dans certaines villes, durement touchée par des violences racistes allant jusqu’au meurtre. Elle ne s’est pas commise dans des dégradations publiques. Il n’y a eu aucune émeute ni récupération ni instrumentalisation. Pourquoi ?
– Quand Ilan ou d’autres juifs sont assassinés, il n’y a pas d’émeute, pourquoi ?

Je dénonce le viol et/ou les violences commises par des policiers sur Théo et sur d’autres, mais je ne fais pas d’amalgame avec la police en général ou un prétendu état raciste et tortionnaire. La police doit être respectée et pour cela être respectable.

Mon tweet ne faisait allusion à aucune origine, « race » précisément, je ne parlais pas de noir ni d’arabe, Théo aurait aussi bien pu être blanc, il y a aussi des blancs qui vivent en banlieue et dans les cités.
Je ne parlais même pas des casseurs, des voyous, gangs et dealers mais de ceux qui visent la chienlit, le no système pour contrôler, s’installer et se développer.
Ce tweet parle de récupération, manipulation, instrumentalisation, il vise ceux qui organisent et attisent la haine, et ceux qui les cautionnent par leur clientélisme politique (ou syndrome du bisounours neuneu de type catho de gauche ayant tant à se faire pardonner, etc.).

Le FN est le seul à condamner certaines dérives, une partie de la gauche ayant démissionné quand une autre, ne contribue pas à attiser ce genre d’émeutes.
C’est tellement facile d’interpréter quelques mots dans le sens qui arrange, d’accuser les autres de racisme sans cause réelle ni sérieuse, juste parce que toutes les féministes blanches, tous les démocrates le sont forcément dans notre France coloniale et coupable des pires exactions, les pires pays totalitaires à côté, faisant quasiment figure de paradis !

Organiser la confusion idéologique c’est donner du pouvoir aux caïds machistes des banlieues, c’est aider l’islam politique à tirer ses marrons du feu de la révolte, c’est installer au pouvoir le FN sur un trône doré, ce n’est en rien aider les banlieues et leurs populations à s’émanciper. 

Tweet :
Heureux que femmes, homos, juifs, asiatiques, etc. ne pillent ni ne brûlent la France à chaque fois que leur groupe est visé ! D’ailleurs…

Christine Le Doaré

Burkini, réanimez les féministes !

IMG_7123Ah les femmes et leurs corps !

En 2016 a-t-on fini par oublier que le système patriarcal a pour principales raisons d’être le contrôle et l’appropriation des femmes et de leurs corps pour la reproduction, la sexualité, l’organisation de la famille et de nos sociétés ?

En 2016 a-t-on fini par oublier que le féminisme a pour principales raisons d’être de combattre l’oppression des femmes nécessaire au maintien de ce système et de parvenir à atteindre l’égalité et l’émancipation des femmes, et plus généralement de tous les êtres humains ?

Les droits et libertés gagnés par les femmes sont toujours révélateurs de l’état de progrès et de modernité d’une société.

Alors qu’une idéologie politico-religieuse totalitaire tente de s’imposer en régentant les femmes et leurs corps, les associations féministes sont le plus généralement inaudibles voire défaillantes sur le sujet, en tous cas pas à la hauteur des enjeux ; et ne parlons pas des intellectuels, politiques et médias qui feignent de ne pas voir ce qui se passe sous leurs yeux.

 

Le corps des femmes trop exposé, pas assez exposé mais toujours suspect, jamais vraiment libre.

Pornifié ou masqué, c’est toujours un corps qui nous échappe et qu’ils contrôlent pour leurs propres obsessions : il faut tour à tour le vendre ou le cacher aux regards machistes concupiscents.

 

Le débat n’est pas, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire franco-français mais bien européen et même mondial : en Belgique, en Allemagne et en Espagne la question du burkini est également débattue, au Maroc il est interdit dans nombre de lieux touristiques.

Dans les pays les plus intégristes, Iran, Afghanistan, Arabie Saoudite, la charia impose aux femmes de ne pas se baigner autrement qu’habillées (sauf sur des plages et piscines privées).

Pour certains le burkini serait l’invention en 2004, d’une libanaise vivant en Australie mais pour d’autres il viendrait de Turquie ; en réalité des burkini sont apparus en Egypte, il y a environ 25 ans.

Jusqu’alors, les femmes au Maghreb étaient en maillots de bains sur les plages mais en 2015, le burkini soudainement à la mode, s’est répandu au grand dam de femmes qui veulent vivre libres et qui regrettent cette nouvelle censure religieuse : http://fr.allafrica.com/stories/201409050055.html.

 

Comment ne pas voir dans cette profusion de voiles, hijabs, abadas, niqabs, burqas et maintenant burkinis qui envahissent les pays occidentaux depuis peu de temps, une farouche volonté politique d’imposer aux femmes une pudeur toute fabriquée et aux musulmans l’adhésion à un islam rigoriste ?

Femmes couvrez-vous, affichez votre adhésion aux interdits inventés par des hommes mal à l’aise avec le corps des femmes, la sexualité, le respect de l’égalité et de la liberté de l’autre, des autres ; femmes, marquez votre différence avec les autres femmes, ces être impures, infidèles, ces prostituées dont vous devez vous désolidariser.

En 2016, il faut toujours le marteler : ce ne sont pas les femmes qui devraient faire preuve de pudeur mais les hommes qui devraient apprendre à se contrôler et à respecter les femmes pour ce qu’elles sont et ce qu’elles veulent. Apprendre à se connaître et à échanger en toute égalité, depuis des lustres que les êtres humains sont sur la terre, devrait être un art de vivre.

Les femmes qui se prêtent à cette mascarade obscurantiste, commettent, consciemment ou pas, un acte militant. Au début, grâce au zèle de la mode jamais en reste quand il y a de l’argent à se faire, les tenues peuvent être seyantes et colorées, elles n’en traduisent pas moins une volonté d’entraver la liberté de mouvement des femmes dans l’espace public et deviendront avec le temps, plus informes et plus sombres.

Revêtir l’un ou plusieurs de ces vêtements, c’est adhérer, que ce soit par mimétisme ou conviction, à un apartheid sexuel ; c’est se rendre complice du projet politique islamiste et participer à une action prosélyte. Bientôt, comme pour les piscines, la revendication de plages non-mixtes émergera.

 

Si cette injonction, indiscutablement sexiste, à la pudeur féminine est une constante dans toutes les religions terrifiées par les femmes, leurs corps et sexualité, au 21ème siècle, seul l’islamisme tente d’imposer sa vision du monde et des régimes politico-religieux totalitaires, soit par la force avec ISIS et Boko Haram notamment, soit idéologiquement, par la diffusion prosélyte du rigorisme wahhabite.

Les frères musulmans (1928) sont, comme les salafistes (IXe S.), des islamistes partisans de la charia, mais ils sont aussi très expansionnistes. L’Islam radical est un néofascisme, à ce titre, il ne serait pas absurde d’en interdire toutes les manifestations contraires à la constitution, au principe d’égalité et à l’égalité femmes-hommes.

Ce n’est toutefois pas à ce titre qu’a été interdite la burqa, petite faiblesse républicaine, mais pour raison de sécurité : couvrant le visage, elle empêche toute identification.

Alors, faut-il ou non interdire, comme l’ont fait en France, des maires par arrêté, le burkini sur nos plages ?

 

En premier lieu, j’ai considéré que non car en l’absence de loi, le combat doit aussi se situer au plan idéologique : interdire favorise la victimisation alors que c’est justement le but recherché ; un peu de pédagogie ne fait pas de mal, et l’humour peut aider : ce burkini qui moule les formes, produit plutôt l’effet inverse à celui recherché et attire doublement l’attention ; sexy en diable, il pourrait être qualifié d’exhibitionnisme islamiste ! J’ai aussi adoré la campagne Tweeter #unmaillotpouredwy suite au tweet lamentable d’Edwy Plenel qui comparait le burkini aux tenues de nos arrières grands-mères, noyant d’un coup d’un seul, un siècle d’avancées féministes. Merci Edwy, à toi et ton copain Tariq, nous proposons une nouvelle ligne de shortkinis bien moulants et bien collants !

Puis, je me suis ravisée : ce marquage sexiste des femmes par l’islam politique est inacceptable dans un pays laïc qui a mis au cœur de son projet de société, l’égalité femmes-hommes. Cette affaire de burkini n’est pas une question de choix individuel mais bien de projet de société et il est inadmissible de bafouer ainsi chez nous, un mode de vie et des libertés si chèrement acquises.

Puis je suis revenue à ma première impression, puis… puis je me suis demandé ce qu’en pensaient les associations féministes et à mon étonnement, je n’ai entendu que le silence, silence sur toute la ligne.

Les associations féministes ne m’aident plus à avancer. Il n’y a d’ailleurs plus de mouvement feministe à proprement parler.

Quand dans les années 1970/1980 les féministes s’affranchissaient des normes culturelles judéo-chrétiennes pour revendiquer leur liberté, elles pulvérisaient sur leur passage les ligues de vertu et moindres tentatives de retour arrière. Aujourd’hui elles se taisent, malgré les demandes incessantes des féministes qui dans les pays musulmans les supplient de réagir, ici pour repousser une emprise islamiste grandissante et là-bas pour dénoncer les violences de l’islam politique dont elles sont les premières victimes.

Quand elles ne se taisent pas, certaines crient  à l’islamophobie aux côtés d’autres idiots utiles de l’islam radical, d’autres encore, perdues,  se joignent au concert des « pas d’amalgame », culpabilisant par avance, d’être confondues avec les groupes racistes et d’extrême droite qui instrumentalisent la menace islamiste. Elles n’ont plus confiance en elles, en leurs analyses et jugements.

En 2016, elles ont oublié que ce sont les hommes qui profitent du système patriarcal qui doivent se remettre en question, s’éduquer et évoluer, et que les droits et libertés des femmes du monde entier, ici comme ailleurs, ne sont pas négociables.

C’est effrayant.

 

Christine Le Doaré

Depuis mon texte posté hier soir, 18 aout, j’ai lu d’excellents textes, féministes et pro-féministes sur ce sujet, en voici une sélection :

Fatiha Daoudi

Juriste, politiste et experte en genre et droits humains

  • Non Monsieur Plenel, le burkini n’est pas un vêtement comme un autre!

http://www.huffpostmaghreb.com/fatiha-daoudi/non-monsieur-plenel-le-burkini-nest-pas-un-vetement-comme-un-autre_b_11581122.html

Publication: 18/08/2016 11h07 CEST

LISE RAVARY

  • Pourquoi le burkini me choque

http://www.journaldemontreal.com/2016/08/18/pourquoi-le-burkini-me-choque

Publication : Jeudi, 18 août 2016 05:00

et avant

Aalam Wassef

  • «Ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe» par Aalam Wassef

http://www.liberation.fr/debats/2016/08/17/ne-soyons-pas-naifs-sur-le-symbole-de-cette-etoffe-par-aalam-wassef_1472951

Publié 17 août 2016 à 11:45

Raphaël Enthoven

Professeur de philosophie

  • Les partisans du burkini défendent-ils, au nom de la tolérance qu’ils invoquent, le port du string sur les plages saoudiennes?

http://www.huffingtonpost.fr/raphael-enthoven/debat-interdiction-burkini_b_11560792.html

Publication: 17/08/2016 11h19 CEST

En 2015

Tahar Ben Jelloun

  • BURQA PLAGE !

http://fr.le360.ma/blog/le-coup-de-gueule/burqa-plage#.V7XhinKGSrl.twitter

Publié 03/08/2015 à 12h00

Politiques, intellectuels, médias, reprenez-vous vite !

pour postIl est temps de prendre conscience de la situation

Nous aurions pu récupérer un peu dans la torpeur de l’été, oublier les averses printanières, nos inquiétudes quant à l’avenir politique du pays ; guérir nos récentes blessures de guerre et espérer des fous d’Allah, une trêve.

Nous n’aurons eu aucun répit. Des attentats islamistes nous ont frappés, une fois de plus : en France, l’indescriptible massacre du 14 juillet à Nice, puis le père Hamel égorgé dans son église de Saint-Etienne du Rouvray ; en Allemagne aussi, et toujours en Syrie, etc.

 

Après la tuerie de Nice, alors que le décompte invraisemblable de tués et de blessés tombait comme autant de mares de sang noyant la ville sous l’horreur, les réseaux sociaux mais aussi des médias et des politiques ont rivalisé des poncifs habituels : « c’est l’œuvre d’un fou », « il n’est même pas religieux », « pas d’amalgame », qui ont résonné comme autant de coups supplémentaires portés aux victimes.

L’enquête progressant, il fut rapidement établi que ni l’attentat de Nice, ni plus tard l’assassinat de Saint Etienne du Rouvray, n’étaient l’œuvre de malades mentaux délirants. Les hommes qui ont commis ces horreurs ne sont ni déséquilibrés ni solitaires.

Dans tous les cas, si quelqu’un peut me dire ce qu’est un terroriste islamiste équilibré, je suis preneuse ! Vouloir édifier au vingt-et-unième siècle, un grand califat et asservir la planète toute entière pour y parvenir, c’est sensé vous croyez ?

Les hommes qui s’engagent dans le djihad et commettent ces attentats islamistes, ne sont pas plus déséquilibrés ni solitaires que bien d’autres. Ils sont souvent délinquants, peuvent être alcooliques ou toxicos, instables et parfois violents ils ont pris l’habitude de transgresser les lois ; ils ne viennent pas de milieux nécessiteux ; ils ont des appuis, des réseaux ; ils ont méthodiquement planifié leurs actes, en prenant leur temps et avec un sang-froid hors du commun.

Ils ne sont pas forcément très religieux, ils se sont radicalisés plus ou moins vite, mais tous se sont tournés vers Daech, fascinés par sa propagande, pour venger leurs frustrations petites ou grandes et vomir leur haine des valeurs occidentales.

Ils sont attirés par l’organisation paramilitaire de Daech, son dessein sectaire d’une nation islamique mondiale : terrasser des mécréants et la civilisation occidentale pour instaurer un grand califat islamique, c’est sans nuance et cette implacable et virile toute puissance est à même de les galvaniser suffisamment pour passer à l’acte sans arrière-pensée.

Ils obéissent aux derniers commandements de Daech qui recommande de ne plus rejoindre le califat mais de frapper sur place. Nul besoin de se former en Syrie, ni même de se procurer des armes lourdes, n’importe quel objet, véhicule, peut devenir une arme par destination et tuer.

 

Apprendre que le terroriste de Nice a commis des violences conjugales n’a rien de bien étonnant ; en revanche, tous les hommes violents ne deviennent pas terroristes, il ne resterait plus grand monde sur terre ! Les coupables de violences conjugales et plus généralement violences de genre, sont de tous les milieux sociaux, de toutes les religions ou athées, et de toutes les obédiences politiques.

Si les violences conjugales n’expliquent pas à elles seules le ralliement à Daech, (nous ne lutterons évidemment pas contre l’islam radical en luttant seulement contre les violences conjugales), il est malgré tout légitime de s’interroger sur le lien entre machisme, masculinisme et terrorisme car seules des sociétés patriarcales peuvent inventer et développer des systèmes totalitaires aussi mortifères.

 

Comment avons-nous pu jusqu’ici, supporter en silence, autant d’aberration ?

Le religieux prend infiniment trop de place dans nos sociétés livrées au capitalisme sauvage et mondialisé. Sans régulation et une meilleure répartition des richesses, les plus démunis et fragilisés peuvent se tourner vers ce qui les réconforte à bon compte ; les intégristes ne se privent alors pas de les recruter.

Il faut toutefois relativiser cette influence en matière de terrorisme islamiste : la plupart des djihadistes sont issus de familles relativement aisées. Certains se sont radicalisés après un long parcours d’endoctrinement religieux et d’entraînement en Syrie ou ailleurs, mais dans les cas de radicalisation dite « rapide », il semble plutôt que ces hommes brièvement exposés à la propagande djihadiste (via Internet, des relations, un imam aux prêches douteux…) compensent des frustrations d’ordre privé, telles par exemple, des difficultés de couple, en se vengeant, en se projetant héros de la nation islamique.

Il est intéressant de noter qu’à l’occasion des attentats, les religions se confortent mutuellement (en tous cas le catholicisme et l’islam) : assoir leur emprise et tacler la laïcité, ne leur déplait pas.

Les récents propos du pape sont révélateurs : avec aveuglement, il a mis sur le même plan les violences islamiques et catholiques, comparant les massacres terroristes commis par Daech avec les violences et crimes commis individuellement par des catholiques. Oui, les violences machistes du système patriarcal tuent chaque jour mais on ne peut pas comparer un système politique visant à l’instauration d’une dictature politico-religieuse avec des crimes individuels. Le nazisme pourrait-il être réduit à des crimes machistes individuels ?

 

L’envahissement du religieux, l’influence des réseaux intégristes catholiques  pro-vie et anti-mariage pour tous et les concessions constantes à « l’islam de France », sont insupportables. Ils répondent aussi à un besoin de reprise en mains d’hommes et même de femmes, perturbés par la perte d’un  mode de vie et de rapports de genre traditionnels. Pour beaucoup d’hommes, c’est un moyen de réaffirmer la domination masculine.

Trop de politiques, intellectuels et médias semblent avoir perdu tout esprit critique, ils se sont retranchés pour certains derrière une confortable et aveugle complaisance, pendant que d’autres à l’inverse, instrumentalisent les problèmes à des fins politiciennes. Pourtant, le progrès et l’égalité valent bien d’être défendus et sans compromis aucun.

En ce qui concerne l’islamisation de notre société par les Frères musulmans et les salafistes, islamisation qui prépare le terrain du terrorisme, combien de décideurs et faiseurs d’opinion luttent avec bon sens, mesure et efficacité, contre :

  • Une urbanisation génératrice de ghettos, des politiques sociales inopérantes, l’absence d’intégration des populations migrantes (notamment l’isolement des femmes arrivées dans le cadre du regroupement familial), l’échec scolaire, … ;
  • Le voilement progressif des femmes et des fillettes de plus en plus jeunes, symbole visuel de l’asservissement des femmes et étendard politique ; les créneaux non mixtes dans les piscines ; les médecins interdits d’ausculter et de soigner des musulmanes dans les hôpitaux, … ;
  • les salafistes qui ont fini par régler la vie de certains quartiers : l’économie salafiste ou frèriste parallèle avec ces boutiques et sites Internet qui vendent des accoutrements exportés d’Iran, abayas ou hijabs pour cacher les corps des femmes et des fillettes (bâches informes pour les pauvres rue Jean-Pierre Timbaud à Paris ou boutiques de luxe pour les riches saoudiennes) ; les vastes territoires zones de non-droit livrés aux trafics et à la violence où la charia a déjà remplacé la loi de la République et où des élèves contestent effrontément l’enseignement des classes d’histoire, de biologie, … ;
  • le communautarisme, le relativisme culturel, le complotisme, l’obscurantisme, l’antisémitisme décomplexé, l’antiracisme tombé aux mains d’idéologues racistes anti-blancs, … ;
  • l’islamisation via Internet et les réseaux sociaux et via des imams qui complaisamment évitent de traiter du sujet ou pire, à l’instar de celui de Brest ou de la mosquée du Mirail à Toulouse, Mamadou Daffé, prêchent l’impensable en toute impunité ;
  • le caillassage des médecins, pompiers et forces de l’ordre ; la haine de la France, des valeurs républicaines, de l’occident, le verrouillage des institutions internationales qui ont fini par vider de leur substance les Droits Humains ;
  • etc.

Au contraire, le recrutement universitaire est verrouillé afin que l’enseignement se fasse le relai d’une pensée gauchiste radicale, culpabilisant l’occident colonisateur et impérialiste et disculpant  de toute responsabilité, l’autre partie de la planète ; la plupart des médias suivent et les politiques n’ont pas le courage de contredire.

Sinon, expliquez-moi pour quelles raisons tant de politiques, intellectuels et médias feignent d’ignorer ce qui s’est produit en Algérie dans les années 90, quand les islamistes ont commencé à s’attaquer insidieusement aux femmes, aux laïques, à la société civile, puis les ont harcelés, assassinés, au nom d’Allah et du Coran, avant de verrouiller la société toute entière ?

Les 220 000 morts algériens dont de nombreuses femmes jugées insoumises, pas assez bonnes musulmanes, toutes et tous sacrifiés sur l’autel du terrorisme islamiste du GIA, ancêtre de Daech, qui en parle à part quelques intellectuels algériens stigmatisés et à peine soutenus chez nous ?

A l’extrême droite, l’islamisation est instrumentalisée pour promouvoir une France nationaliste et raciste.

La droite s’illustre par une surenchère électoraliste de mesures inutiles ; après avoir supprimé des forces de police et désorganisé le renseignement, c’est véritablement indigne.

A gauche, il est de bon ton de réduire l’étendue de l’islamisation et même le terrorisme islamiste au seul désespoir social et à confier aux représentants de l’islam le soin de régler les problèmes, c’est une inexcusable erreur de jugement : l’islam politique doit être combattu sur tous les plans et par l’état au premier chef.

La gauche radicale quant à elle, cautionne le relativisme culturel et même le racisme essentialiste révoltant d’une Houria Bouteldja, meneuse du Parti des Indigènes de la République (PIR), et contribue en cela à détruire sans alternative crédible, le peu de confiance qu’il nous reste, dans nos valeurs républicaines. Elle n’a plus que le mot « islamophobie » à la bouche, et je ne serais pas surprise que pour se justifier, elle en arrive un jour à défendre aussi les dérives du catholicisme : soutenir la lutte contre l’avortement, revendiquer l’homophobie, en tant que vils héritages coloniaux et impérialistes ! Ah j’oubliais, ça ne risque pas d’arriver, car seule l’islam est la religion des opprimés, ce qui l’autoriserait même à persécuter les femmes et les minorités sexuelles… !

Les démocraties occidentales ne sont pas irréprochables, loin s’en faut, mais la gauche radicale aide du mieux qu’elle peut les islamistes à les culpabiliser et condamner. Pourtant, opposer schématiquement occident et « indigènes » ne mène nulle part : hors du monde occidental, des personnes pauvres, fragiles, des femmes, des enfants, des étrangers, des minorités sont exploitées et victimes des violences les plus abjectes.

*Judith Butler : « Il est extrêmement important de considérer le Hamas et le Hezbollah (groupes terroristes s’il en est) comme des mouvements sociaux progressistes, qui se situent à gauche et font partie d’une gauche mondiale ».

 

Quelles solutions ?

Le plus urgent est de comprendre comment s’adapte le terrorisme islamiste et d’apporter les bonnes réponses politiques.

Nous le savions déjà mais le dernier numéro de Dabiq, la revue de Daech, nous le confirme, l’Etat Islamique ne nous haït pas à cause de la situation dans nos banlieues, ni de notre politique extérieure, mais parce que « nous sommes des mécréants qui refusons l’unicité d’Allah », parce que nous sommes laïcs et que « nos sociétés libérales autorisent ce qu’Allah interdit ».Tant que nous ne nous soumettrons pas à l’autorité de l’islam, Daech nous combattra. Daech et les islamistes nous haïssent donc pour ce que nous sommes : laïcité, mode de vie, mixité, égalité Femme/Homme, etc.

Il s’agit de se venger, de nous humilier et de nous terrifier ; de nous imposer par tous les moyens (que les djihadistes rejoignent la Syrie ou improvisent sur place), un grand califat islamique.

Par conséquent, il nous faut cesser de trouver des excuses aux assassins, sortir de la complaisance et du déni et combattre l’islamisation, la radicalisation et le terrorisme sur tous les plans, avec une détermination sans faille, pour tenter de rattraper le temps perdu :

  • Au plan international : plus de contrats avec les pays fondamentalistes islamistes, wahhabites ou frères musulmans, seulement avec les pays arabes qui s’en démarquent. Le Qatar et l’Arabie Saoudite nous achètent pour infiltrer l’Europe de l’idéologie islamiste. Les droits humains sont universels et aucun relativisme culturel ne peut les conditionner ni les entraver. Les droits des femmes sont toujours les premiers menacés et attaqués, puis la route est tracée pour installer un régime totalitaire.
  • Au plan national : l’Observatoire de la laïcité doit prendre toute sa place et son président enfin profiter de la retraite ; les lieux de culte soupçonnés d’intégrisme, dont les mosquées, doivent être surveillés ; les activités douteuses des membres de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) doivent être interdites : il doit être impossible de présenter, sur le territoire de la République, le  Djihad comme une forme de résistance, le relativiser et inciter les jeunes à se radicaliser. L’association IESH (Institut européen des Sciences Humaines) des Frères musulmans est installée en France et en Europe de manière tentaculaire. Son influence est inouïe sur les jeunes français endoctrinés par un islam fondamentaliste, avec la bénédiction de l’état français qui ne prélève aucun impôt sur les dons encaissés par l’association. Ce n’est pas tolérable.
  • Economique : mieux réguler le capitalisme et ses effets sur les populations, mieux répartir les richesses et les investissements…, c’est une urgence ;
  • Urbanisme : peu à peu détruire les cités-ghettos sociaux et ethniques ; réformer de fond en comble et avec des moyens à la hauteur des enjeux, l’accueil et la réinsertion des démunis et des sans-abris nationaux ainsi que des populations migrantes et réfugiées.
  • Education, formation : déconstruire par le biais des programmes scolaires toutes les fausses croyances et contrer toute contestation de l’enseignement scientifique, cultiver l’esprit critique et d’analyse ;
  • Lutter contre toutes les discriminations, plus que jamais contre le sexisme, l’homophobie/la lesbophobie, l’antisémitisme et le racisme (à ne pas confondre avec la critique salutaire des religions), dès l’école primaire ;
  • Intégration : pas d’accueil (regroupement familial, migrants, réfugiés) sans parcours d’intégration avec transmission des valeurs républicaines et notamment d’égalité Femmes/ Hommes…)… ;
  • Internet / Réseaux sociaux : empêcher toute propagande djihadiste et islamiste via les réseaux sociaux et Internet.
  • Police, justice : développer une véritable coordination européenne et internationale ; coordonner en France forces de l’ordre, sécurité et le renseignement ; instituer un renseignement de proximité ; revoir la formation des juges sur l’évaluation des risques ; modifier les contraintes du contrôle judiciaire ; réintroduire une police de proximité ; lutter contre les trafics et la délinquance ; exercer une surveillance dans les prisons, prodiguer un enseignement à tout prisonnier, les employer à des travaux d’intérêt général… ;
  • etc.

 

Par respect pour tous les morts du terrorisme, pour empêcher plus de morts innocentes ; pour défendre notre civilisation, notre République laïque une et indivisible et ses valeurs, (car aussi perfectibles soient-elles, il n’existe toujours pas sur terre d’alternative plus probante), il faut nous mobiliser pour combattre le terrorisme islamiste et plus globalement, la tentation obscurantiste du conservatisme religieux.

Dans les réponses apportées jusqu’ici par le gouvernement et tous les politiques républicains, il manque systématiquement, la lutte pleine et entière contre tous les intégrismes, contre l’islam politique, l’islamisation de l’Europe par le salafisme et les frères musulmans.

Nous ne sommes plus au XIème siècle, aucune religion ne doit être en mesure d’imposer ses diktats, de museler ses opposants, et encore moins de susciter une ferveur prosélyte capable de conduire des êtres humains à en tuer d’autres pour assoir la volonté de puissance et de domination d’une caste politico-religieuse.

Si l’état ne peut et ne doit pas mettre un policier derrière chaque citoyen, les gouvernements et les politiques, les intellectuel-le-s et les médias, les militant-e-s, les responsables religieux, doivent le dire et le redire et sans relâche, et très fort, les imams au premier chef :   non le califat ne s’implantera jamais, oui c’est un mythe ; non il n’y aura pas de revanche ni encore moins de paradis, ni de vierges ; oui vous serez condamnés, rejetés et haïs par votre religion et par vos proches, par l’humanité toute entière.

Qui le dit vraiment, haut et fort, et de cette manière ? Seulement une poignée et toujours les mêmes. Alors j’attends.

Christine Le Doaré

Orlando, tuerie homophobe ou terrorisme islamiste ?

ClF4i42XEAEwzQ9Encore un immonde carnage et qui rappelle d’autres attaques ;  cette fois, 49 morts et 53 blessés gays et lesbiennes dans une boite gay, le Pulse, à Orlando USA.

Après de vibrants hommages, à Orlando même, New York et dans nombre de pays, une polémique a rapidement enflé :

  • les uns caractérisant la tuerie de « fusillade » pour ne surtout pas mentionner l’orientation sexuelle de la cible visée, les autres parlant d’acte homophobe en passant sous silence le ralliement du tueur à Daech, d’autres encore dont je suis, parlant d’acte terroriste islamiste visant l’homosexualité ;
  • les uns qualifiant le meurtrier de loup solitaire, les autres de musulman radicalisé et à la solde de Daech.

 

Est-il donc si difficile d’imaginer que le tueur puisse être à la fois radicalisé et avoir choisi, motivé par sa haine homophobe, l’une des cibles privilégiées de l’islam fondamentaliste : l’homosexualité ?

Dans le cas d’Omar Mateen, client de l’établissement gay, il est autorisé de penser qu’homosexuel (au moins bisexuel) refoulé, il était cohérent qu’il s’en prenne à ceux qui lui rappellent ce qu’il n’assume pas : son orientation sexuelle.

L’homophobie intériorisée est une haine de soi qui peut conduire à des comportements de grande violence,  il n’est pas rare qu’après un échange sexuel sur un lieu de drague, des homosexuels refoulés s’attaquent à leur partenaire.

Radicalisé, Omar Mateen aura racheté ses tendances homosexuelles en rejoignent la guerre de Daech contre les mécréants et pour la progression du califat, de la façon la plus logique : en tuant ceux qu’il maudissait le plus.

 

L’islam fondamentaliste comme tous les intégrismes condamne en bloc toutes les libertés du mode de vie occidental considéré comme permissif et impie, ce qui ne l’empêche en rien d’avoir, et de longue date, des cibles privilégiées.

La priorité absolue consiste à soumettre et effacer les femmes ou les éliminer, puis il leur faut nier l’existence des gays et des lesbiennes ou les assassiner. Bien entendu, les autres religions doivent être surpassées, voire anéanties ; les athées constituent un grand danger, il faut absolument les dompter. Enfin constituent d’insoutenables provocations, l’art, la musique et surtout la science, troubles qu’il faut interdire.

 

A Orlando, c’est une des libertés du mode de vie occidentale, celle de vivre son orientation sexuelle au grand jour,  qui a été mise à mort.

Il est utile de rappeler que :

  • les gays et lesbiennes sont menacés et assassinés dans nombre de pays non seulement par l’islam radical, mais aussi par l’islam dit modéré qui applique la charia comme en Iran, Arabie Saoudite, Soudan…,
  • les femmes n’ont nulle part les même droits que les hommes, elles sont violées, entravées, assassinées quotidiennement que ce soit par Boko Haram, par des tribunaux islamiques, par des chefs religieux quand leur famille ne s’en charge pas elle-même.
  • Les Yézidis sont massacrés, on parle de génocide,
  • Des dessinateurs ont été exterminés à Charlie Hebdo, des juifs, des policiers assassinés froidement, …

Cela n’a jamais soulevé la même indignation dans les associations/« communautés LGBT », pourtant ces violences sont quotidiennes et en trop grand nombre pour qu’il soit possible d’en dresser la liste.

 

Ne parlons même pas des chefs d’état des pays arabes/musulmans, ils n’ont même pas condamné l’attentat, mais entre les homophobes que ça arrange de ne pas parler de l’orientation sexuelle des victimes et ceux qui ne voudraient parler que  d’homophobie, sortant ainsi les gays et les lesbiennes du contexte politico-religieux du moment, il y a pourtant une réalité plus plausible.

 

Quand je lis l’article d’Abdellah Taia dans Libération « Orlando un silence pas très gay » qui se termine par « Et tout le monde veut la peau des homosexuels », j’ai envie de lui répondre, non ce n’est heureusement pas ce que les nombreuses réactions de sympathie  donnent à penser. Les gays et les lesbiennes sont des cibles parmi d’autres, d’un islam intransigeant. « Gay must die » (propos tenus par le tueur dans le Pulse), oui, mais ce ne sont pas les seuls et il serait temps de se solidariser des autres cibles.

Eric Fassin toujours dans le même média, avec son article « Orlando : « Parlons d’abord de terrorisme sexuel » va encore plus loin en refusant de « renvoyer la tuerie du Pulse vers l’islam et l’islamisme, pour ne pas tomber dans le piège des partisans du « choc des civilisations » ! Une soupe grumeleuse qui résume le projet de Daech  à un « terrorisme sexuel » ! Cet idéologue, pardon sociologue, est passé maître dans l’art de monopoliser la parole universitaire et médiatique mais avec cet article, il se décrédibilise,  l’attentat a bien été revendiqué par Daech qui qualifie le tueur de »combattant de l’état islamique ». Eric Fassin, comme tant d’autres, ne rend pas service aux  progressistes musulmans et / ou arabes qui tentent de réformer et moderniser l’islam, de laïciser leur société, de recouvrer des libertés publiques et individuelles.

Aude Lorriaux quant à elle, avec son article « La tuerie d’Orlando va exacerber la haine des gays contre les musulmans »,  a raison de rappeler que le l’homonationalisme se développe en Europe, mais oublie que l’on peut :

  • combattre librement tous les dogmes religieux ne serait-ce que parce qu’ils oppriment les femmes et les minorités et conditionnent les peuples,
  • à fortiori combattre l’islam fondamentaliste, sa haine des femmes, des personnes homosexuelles et de tout ce qui ne lui ressemble pas,
  • ne pas pour autant verser dans le racisme, ne pas haïr les musulmans ni les arabes ou autres.

En outre, il faut bien mal connaître « les communautés » et associations LGBT pour ignorer que toutes ces dernières années, en tous cas en France, elles se sont plutôt solidarisées des mouvements « décolonialistes », qui « résistent à l’impérialisme » et prônent la non-mixité ou séparation raciale, entraînées par Act-Up, le STRASS…

Elles sont, pour la plupart, bien plus proches des thèses islamo-gauchistes, qu’homonationalistes ! Elles n’ont à la bouche que le mot islamophobie, allant jusqu’à tordre les fondamentaux du féminisme pour les adapter à une doctrine hostile à l’émancipation des femmes et des minorités sexuelles ! Il n’existe pas plus de féminisme islamiste que catholique, mais nous vivons une époque où la manipulation et l’imposture ne connaissent pas de bornes.

Ces alliances sont délirantes, ces mouvements « décolonialistes » justifiant l’homophobie par le fait de résister à l’impérialisme blanc.

S’allier avec ceux qui veulent vous éliminer, ça vous fait penser à quoi ? Allez, un petit effort, un syndrome bien connu …

 

Tous ces raccourcis et ce déni entretenus par des intellectuels et médias sont terrifiants, ils ont notamment nourri le clientélisme politique et d’innombrables atteintes à la laïcité, à l’égalité femmes-hommes,…

Quelles sont les véritables raisons de cette complaisance vis-à-vis de l’obscurantisme d’une religion, alors qu’à juste titre, le moindre faux pas de n’importe quelle autre religion est immédiatement dénoncé ? C’est probablement la seule question à se poser pour comprendre ces intellectuels et militants qui à force de déni et de complicité avec les  racistes du Parti des Indigènes de la République (PIR) et autres, ouvrent un immense boulevard à l’extrême droite et ses groupes identitaires.

 

Le concept de loup solitaire n’a quant à lui guère de sens. Pourquoi un loup, pourquoi solitaire ? Pour se rallier à Daech et pire encore passer à l’acte, il faut avoir été radicalisé. Personne ne se dit tout à coup, tiens, je me procure des armes et je vais tuer des juifs, des femmes, des homosexuels, des lesbiennes, des musiciens, des policiers… ? Non, il faut avoir été endoctriné pour cela et même s’il s’agit d’une décision individuelle. D’ailleurs, avec Internet, nul besoin de faire partie d’un groupe, ni même fréquenter une mosquée. Encore que,  nous avons appris depuis qu’à la mosquée d’Orlando, un invité de l’imam s’était prononcé « pour la mort des homosexuels ». (La vidéo est en libre accès sur Youtube).

 

Cette fois, la cible d’un tueur radicalisé qui avait fait allégeance à Daech, c’est l’orientation sexuelle, l’homosexualité,  comme d’autres fois le sont le sexe/genre, la religion, la jeunesse, la fête, le vivre ensemble ou tout autre symbole de la soi-disant perversité laxiste de l’occident.

Il est dommage que si peu de gays et de lesbiennes le prennent en compte.

Il est également regrettable que l’on ne parle une fois de plus, que de gays, tant dans les associations LGBT que dans les médias. Il n’y a pas que des gays décédés au Pulse. Invisibiliser les lesbiennes, il faudrait distribuer des médailles, quelle bousculade ce serait !

Julie Bindel, journaliste au Gardian, militante féministe et lesbienne, a tweeté « Can we please stop using the word « homophobia »? Hatred and bigotry is NOT a phobia, and women are excluded by the use of homo”.

La tuerie d’Orlando c’est la bigoterie religieuse, la misogynie, la masculinité frustrée, la haine de soi et de l’homosexualité de nos sociétés machistes ET l’endoctrinement islamique qui en sont responsables.

 

La solidarité n’est pas à sens unique, elle doit se manifester à l’égard de toutes les cibles du fondamentalisme musulman. Tous ceux  qui sont prêts à vendre les droits et libertés que les féministes, les minorités et les progressistes ont acquis de très haute lutte, doivent savoir que nous ne les laisserons pas faire.

A l’évidence la liberté et la sécurité sont des aspirations universelles, non seulement nous ne reculerons pas ici, mais nous aiderons toutes celles et ceux qui partout dans le monde, se battent pour s’affranchir des inégalités, discriminations et violences religieuses,  fondamentalistes ou « modérées ».

Je terminerai par les mots de l’écrivaine et femme politique Somalienne Ayaan Hirsi Ali, qui sait de quoi elle parle : « No doctrine is more violent to the gay community than islamic doctrine. It is time to take on muslim homophobie.«

Christine Le Doaré

 

 

Le viol politique de femmes en occident : une sale guerre de civilisation

31535457-il-est-temps-de-mettre-fin--la-violence-des-mots-sur-une-horloge-comme-protestation-de-guerre-ou--laEn Europe, des violences sexuelles, des viols ont été commis par des groupes d’hommes, dans différentes villes et de manière coordonnée. Pire encore, ces violences sexuelles font débat, certain-e-s ne les condamnent pas ou du bout des lèvres et tardivement, du seul fait de l’origine et de la religion des agresseurs.

Des siècles d’injustices, de discriminations et de violences de genre. Des années de luttes féministes pour quelques progrès et puis en un seul weekend, des centaines, des milliers peut-être, de femmes violées dans plusieurs grandes villes européennes.

De nombreux viols sont perpétrés chaque jour dans les pays occidentaux, crime commis dans l’intimité ou dans la rue, par un ou plusieurs coupables ; mais le viol perpétré par des groupes d’hommes à l’occasion de rassemblements publics ou « Taharrush gamea », destiné à terroriser les femmes et les renvoyer à la sphère privée, était jusqu’ici inédit en Europe. Le « Taharrush gamea » qui se pratique dans des pays de culture musulmane, consiste à harceler, attaquer, violer des femmes en grand nombre, dans les lieux publics afin de réaffirmer la suprématie masculine, l’autorité religieuse et politique.

Ces hommes d’origine étrangère,  plusieurs d’entre eux d’Afrique du nord,  beaucoup en situation irrégulière, quelques réfugiés demandeurs d’asile également, savent pertinemment que les pays occidentaux font la promotion de l’égalité femmes/hommes et que les femmes y sont libres de circuler à leur guise, libres ou accompagnées et dans les tenues qui leur plaisent. Pourtant ils se sont organisés pour commettre leurs forfaits sans aucune considération pour les valeurs du pays dans lequel ils vivent ou veulent vivre. Ils ont détruit les femmes qu’ils ont violées alors même qu’elles ont favorisé et financé leur accueil puisqu’elles qu’elles contribuent à égalité avec les hommes, à la vie politique, sociale, culturelle et économique de leur pays.

Rejoindre un pays, s’y intégrer, c’est aussi vouloir en découvrir les modes de vie et les valeurs, c’est aussi apprendre de ses habitant-e-s. Ce qui s’est passé dans toutes ces villes européennes est terriblement choquant, inadmissible, impardonnable. La condamnation de ces crimes lâches et barbares aurait dû être immédiate et unanime. Pourtant, la peur d’affronter la réalité a pris le dessus, les femmes passent après, toujours sacrifiées, le plus important étant d’éviter toute stigmatisation. La gauche et c’est un comble, la plupart des associations féministes, ont attendu bien trop longtemps pour dénoncer prudemment et avec toutes les précautions de langage possibles, ces crimes odieux. Auraient-elles seulement réagi si la tribune collective « Silence on viole » publiée par une poignée de militantes féministe, fortement relayée sur les réseaux sociaux, ne les avait pas sorties de leur torpeur ?

« Silence on viole » : http://yaelmellul.livehost.fr/2016/01/11/silence-on-viole/

Que voici une bien inquiétante conception du féminisme ! Se soucier d’abord des risques d’amalgame même s’ils sont bien réels,  plutôt que d’exiger des mesures préventives et répressives à la hauteur de tels crimes et se solidariser avec les femmes agressées et violées, n’est pas digne d’associations féministes. Les ONG œuvrant dans le domaine des Droits Humains ne se sont pas plus bousculées pour condamner ces crimes. Comme si nos sociétés n’étaient pas capables de comprendre que tous les hommes étrangers et comme dans cette affaire, supposés de culture musulmane,  ne se rendent pas coupables de tels forfaits, comme si elles ne savaient pas faire la part des choses et remettre à leur place les extrêmes racistes !

Depuis que je suis née ou presque j’entends jusqu’à la nausée, parler des violences faites aux femmes. Elles perdurent, empirent même, atteignant avec ces derniers évènements, un rare niveau de barbarie. Les féministes universalistes ont bien raison de condamner le relativisme culturel et de considérer que les femmes du monde entier subissent, indépendamment de leur culture, les mêmes violences de genre. Avec les intégrismes religieux, et notamment la propagation du salafisme qui légitime la domination masculine, les violences machistes contre les femmes s’amplifient, se mondialisent.

Le temps n’est plus aux atermoiements, au contraire, il est urgent d’agir pour en terminer avec toutes les violences masculines, qu’elles soient perpétrées par un proche ou un étranger. L’humanité toute entière aurait dû se lever depuis longtemps pour y mettre un terme. Le système éducatif, la justice, la police, le législateur, les gouvernements n’agissent pas efficacement face à de telles violences de genre.

Si elle ne soulève guère de protestation, la guerre contre les femmes est une guerre tout aussi sordide que d’autres. Pourtant, abolir les violences de genre pourrait bien être la clé pour gagner toutes les autres guerres et donner à l’humanité une chance de vivre en paix, de s’épanouir dans le respect des différences. Cette triste affaire qui peine à être résolue et dont les conclusions sont contradictoires, me donne à penser que nous  n’en prenons toujours pas le chemin.

Christine Le Doaré

 

ASSEZ !

IMG_5499Bilan provisoire des attentats de Paris et Saint-Denis : 129 morts et 352 blessés.

Face à l’horreur des attentats du 13 novembre qui ont ensanglanté Paris, je ressens une insondable tristesse mais aussi une rage infinie.

Je suis en rage contre l’idéologie machiste et mortifère du terrorisme, mais aussi contre tous ses soutiens directs ou indirects.

  • Une rage suffocante face à la barbarie abjecte, la lâche arrogance des assassins, islamistes fanatisés ;
  • une rage sourde envers les Nations Unies, l’Union Européenne et nos gouvernements successifs qui n’ont pas été capables de prévenir de telles atrocités ;
  • une inexorable rage face aux militants, élus, intellectuels, médias d’extrême droite comme d’extrême gauche qui instrumentalisent le massacre comme si les victimes n’étaient que les accessoires de théories destinées à manipuler la population ;
  •  une rage mordante contre la domination masculine, car il serait temps de réaliser à quel point, les stéréotypes virils aussi, font le lit du terrorisme islamiste, machiste et mortifère

 

Les morbides terroristes islamistes

Les idéologues de l’islam politique organisent le choc des civilisations. Ils agissent au nom de l’islam, prenant au pied de la lettre les versets du Coran  dont ils ont une lecture intégriste et hégémonique. Ils veulent punir les infidèles et étendre leur emprise partout. Ils ne considèrent pas la religion comme relevant de la sphère privée, mais comme une conquête qui justifierait, au nom d’Allah,  de commettre les pires massacres, au Liban, aux USA, en Syrie, en Afrique, en Tunisie, en Europe, et sur toute la planète.

Le Bataclan est qualifié de « lieu de débauche où sont rassemblés des centaines d’idolâtres dans une fête de perversité », mais rien en occident, ni même en terre d’islam,  ne trouve grâce à leurs yeux, et surtout pas les femmes, la musique, l’art, ni même la vie en réalité. Toutes ces provocations devraient selon eux, être anéanties et remplacées par une application stricte de la charia.

Alors vous pensez bien que nos valeurs et systèmes de laïcité, libertés publiques, égalité femmes-hommes sont l’ennemi prioritaire.

Les petits soldats endoctrinés et manipulés, bras armés de l’Islam radical, ont suffisamment d’arrogance et de morbidité en eux pour estimer avoir le droit de voler des vies, de distiller l’effroi,  mais rien de tel malgré tout pour se donner du courage, que de se bourrer avant de tuer, de captagon, la drogue des djihadistes.

Les femmes aussi sont encouragées à se faire exploser, leur vie ne valant dans tous les cas pas grand-chose, et vous verrez qu’elles se soumettront toujours plus nombreuses, à la tutelle patriarcale des chefs de guerre islamistes.

C’est l’apothéose de la domination et de la haine machistes,  dans tout son arbitraire, toute sa sauvagerie, toute son ignominie.

 

La bien-pensance de la gauche de la gauche et de la gauche aussi

Les victimes du 11 janvier dernier,  dessinateurs, clients juifs d’un supermarché,  n’étaient pas moins innocentes que celles du 13 novembre.

Mais en frappant Paris, la France, au cœur de sa diversité, dans des lieux de convivialité, symboles de notre mode de vie, les terroristes islamistes ont-ils au moins ôté aux lamentables « JeNeSuisPasCharlie », la possibilité de brandir l’accusation fallacieuse d’ »islamophobie provocatrice ».

Même s’ils ne manquent déjà de trouver des raisons et même des excuses aux assassins fanatisés, on les voit tout de même assez mal brailler « JeNeSuisPasParis ».

Comme s’il ne fallait pas avant tout défendre les citoyen-ne-s de notre République démocratique et laïque, à l’extrême gauche, le NPA et LO notamment, ont déjà publié des communiqués dans lesquels ils se désolidarisent de toute union nationale. Que ne demandent-ils l’asile politique au pays totalitaire de leur choix !

Le PIR (Parti des Indigènes de la République), fidèle à ses mantras hallucinogènes rend une France prétendument raciste et coupable « d’islamophobie d’état », responsable des attentats. Comme si l’état français organisait et cautionnait le racisme et la haine des musulmans ! C’est un peu comme si, niant les lois et mesures prises par nos institutions, les militant-e-s homosexuel-le-s racontaient que les actes homophobes étaient organisés et cautionnés par l’état français !

C’est vrai que la guerre d’Irak déclenchée par les USA en 2003 sur de faux renseignements de la CIA était une absurdité, mais la France n’y est pour rien.

En outre, la France, ancienne puissance coloniale, ne dicte plus depuis longtemps de règles à personne et surtout pas aux pays arabo-musulmans, qui se débrouillent seuls pour s’entretuer, entre sunnites et chiites notamment, non sans quelques dommages collatéraux : les Kurdes, les coptes, les yezidis, etc. Oui, il faut l’entendre, aussi dur cela soit-il, l’Arabie Saoudite, le Qatar, idéologues et financeurs en chef de l’islamisme, n’ont jamais été colonisés !

Des internautes, militants ou sympathisants de ces mouvances politiques écrivent que c’est la faute de la France qui vend des armes, sans penser un seul instant que Kalachnikov ne sonne pas tout à fait français et que des terroristes décidés à tuer savent fabriquer toutes sortes d’engins meurtriers. Bien sûr ce serait tellement mieux si plus aucune arme n’était fabriquée nulle part, mais nous ne vivons pas encore sur « bisounours planète » et dans tous les cas, il est indécent de relativiser avec de tels arguments, des actes inqualifiables.

D’autres tentent de détourner l’intérêt porté à la France en parlant du Liban. Moi aussi j’ai parlé du Liban, je dénonce et manifeste lorsque des attentats frappent différents endroits du globe, mais loin de moi pour autant, l’intention de culpabiliser ceux qui pleurent nos morts. Ce n’est pas une compétition. Chaque pays est concerné par les horreurs commises ailleurs, mais vacille devant ce qui le touche de près. C’est banalement humain et ça n’a strictement rien à voir avec le racisme.

D’autres encore commencent à pleurnicher sur les risques que fait courir l’état d’urgence aux libertés publiques. Ne vous en déplaise, à un risque hypothétique, je préfère celui de ne pas sauter dans un attentat et je fais confiance au peuple français pour ne pas laisser perdurer plus que de nécessaire, la mise en œuvre de mesures drastiques mais salutaires, de sécurité

Mais vous verrez que d’ici quelques jours, Edwy Plenel et tant d’autres trouveront le moyen de discourir avec Tariq Ramadan et Emanuel Todd, de l’insoutenable provocation islamophobe des terrasses de café !

 

L’opportunisme hideux de l’extrême droite

L’instrumentalisation des attentats par l’extrême-droite est révoltante : les flaques de sang ne sont pas nettoyées, qu’elle saute sur l’occasion de se victimiser et de se poser en meilleur rempart pour la France.

Les attentats pourraient bien faire tomber nombre de français dans le panneau de la peur, des divisions, du rejet et de la haine de l’autre ; l’extrême droite ne manque bien sûr pas de les y encourager.

Plus sordide encore, le FN sait s’y prendre pour entretenir confusion entre islamistes radicaux et réfugiés fuyant les exactions de DAECH, justifiant ainsi de ne plus les accueillir.

  

L’insidieuse complaisance culturelle et médiatique française

Même l’AFP, supposée politiquement neutre et professionnelle, utilise le terme terroriste entre guillemets, comme si malgré tout, cette qualification était à prendre avec précaution.

A peine a-t’ on commencé de compter les cadavres des victimes que l’on nous rabâche déjà qu’il ne faut surtout pas faire d’amalgame.  A l’évidence, des actes isolés peuvent se produire, des imbéciles incontrôlables, il n’en manque pas, mais c’est le cas tout le temps, pas seulement après un attentat. Ce sont d’ailleurs plutôt des actes racistes, les gens ne savent pas s’ils agressent un croyant, sauf si bien sûr, la personne porte des habits spécifiques. Un exemple s’il en faut : les indépendantistes bretons qui ont agressé un homme d’origine maghrébine à Pontivy. Est-il seulement musulman ?

Il faut cesser de prendre les français pour des idiots. Il n’y pas eu en France de chasse aux musulmans après les attentats du 11 janvier. Au contraire, les français se sont rapprochés et je me demande s’il n’est pas condescendant voire raciste, en tout cas infantilisant, de conseiller aux musulmans de ne pas dénoncer l’islam politique qui cherche à les piéger eux, au premier chef. Ils ont tout intérêt à se lever en nombre pour installer un islam de France, représentatif, porté par des imams cultivés et respectueux des valeurs de leur République.

Dans tous les cas, il est certainement plus urgent de dénoncer l’islam politique, l’intégrisme et le salafisme bien implantés en France, dans les mosquées, les quartiers, les entreprises aussi. La RATP, l’une des sociétés qui a le plus de fiches S parmi ses agents, commence à parler des nombreux incidents liés à la religion, principalement parmi les conducteurs de bus. Des agents qui refusent de saluer une femme, font passer leur prière avant leurs horaires, sont à l’évidence, radicalisés et potentiellement dangereux.

 

Des gouvernements coupables d’incohérence et de laxisme

La Droite au pouvoir entre 2007 et 2012 n’a obtenu aucun résultat probant, ne serait-ce que parce qu’elle a supprimé pendant cette période 13 000 postes de policiers et gendarmes. Entre 2004 et 2010, des personnes condamnées ont été relâchées dans la nature et sans surveillance. Trop facile de faire les fiers à bras et d’accuser le gouvernement actuel.

La gauche est efficace en cas de crise mais par électoralisme, elle cultive le déni, engluée dans des politiques aux conséquences dramatiques telle que par exemple celle des « grands frères », profondément sexiste et à l’origine d’une aggravation de la situation des filles et des femmes dans les quartiers.

L’imam de Brest, Rachid Abou Houdeyfa, peut sans risque, inonder de vidéos les enfants qui apprennent que s’ils jouent de la musique, ils seront transformés en porcs. Le salon musulman de Pontoise peut se dérouler sans entraves malgré les prêches et débats inadmissibles qui s’y sont tenus.

Les maghrébins qui ne vivent pas en France mais se promènent à Saint-Denis par exemple, sont effarés par le comportement d’une partie de la population ayant adopté un mode de vie intégriste, mais pas nos élus !

Les élus clientélistes non seulement laissent faire, mais encouragent, motivés par des vues électoralistes : gagner des voix aux prix de passe-droits, de contournements des lois, de la laïcité, de l’égalité entre les genres, etc.

Il s’agit ni plus ni moins d’une lutte d’influence aux fins d’affirmer un pouvoir et de contrôler des zones de territoire. Il est plus que temps d’en prendre conscience et de combattre ce prosélytisme qui est en soi un projet politique incompatible avec la République.

 

Une Europe faible et perméable aux idéologies fascisantes

Bruxelles est la capitale de l’Union Européenne mais à Molenbeek on laisse pendant des années et à la vue de tous, l’islamisme radical et politique s’organiser imperturbablement.

Le gouvernement français est tout de même contraint d’en appeler à l’aide l’UE qui ne se précipite pas pour agir.

 

Une mondialisation irraisonnée, une situation internationale instable, illisible

Nombre d’états jouent double-jeu, quand ils ne sont pas comme notamment la Turquie, engagés dans une abjecte mascarade, prétendant lutter contre DAECH mais poursuivant en réalité bien d’autres dessins.

Des dignitaires du Qatar qui organisera une prochaine coupe de football, avec l’aval de l’émirat, accueillent le Hamas, les Frères musulmans et des combattants du djihad ; ils financent le terrorisme en Syrie et en Irak.

 

Les assassins islamistes sont coupables d’atrocités sans nom, mais tous ceux qui leur ont facilité la tâche doivent maintenant se remettre en question et agir.

Ne laissons pas à l’extrême-droite le soin de combattre l’islamisme, elle le fait de la façon la plus lamentable qui soit, avec des amalgames, en radotant des slogans nationalistes  comme la « France aux français ».

Cessons d’accuser de racisme ou d’islamophobie, ceux qui critiquent l’islam politique, les frères musulmans, le salafisme. Ces tenues vestimentaires archaïques, ces interdits d’un autre âge, ce sexisme révoltant, nous ne le supportons pas des autres religions, il n’y a aucune raison de cautionner cette caricature d’islam.

Les petites lâchetés accumulées, l’indulgence et la complaisance envers l’islamisme politique et son bras armé le terrorisme, ne font que favoriser leur guerre de civilisation. C’est une complicité pas si passive que ça.

C’est vrai que nos sociétés occidentales peinent à nous faire rêver, entre culte de la consommation et individualisme narcissique, mais ce n’est pas en favorisant l’obscurantisme ni même le religieux que nous trouverons des réponses.

Il y a vraiment quelque chose de malsain, de terriblement masochiste à rechercher comme le font certains des raisons, voire des excuses, aux terroristes, parfois présentés comme des victimes des inégalités sociales, de la colonisation, du différentialisme culturel, du grand méchant occident.

Nous ne sommes plus dans les années 60, si la culpabilité postcoloniale a peut-être été une étape nécessaire, il y a bien longtemps que ses dommages sont dépassés par l’ampleur et l’horreur de conflits plus récents dans lesquels nous ne sommes pas pour grand-chose.

Dans tous les cas, nous n’avons pas à rougir de vouloir défendre les valeurs occidentales et même universelles, qui le méritent.

Il est temps de comprendre que les populations des démocraties occidentales sont très cosmopolites, plurielles, quand nombre de pays arabo-musulmans notamment, s’uniformisent, se ferment à toute ouverture et diversité culturelle, imposent des régimes autocratiques, totalitaires et sont coupables de racisme, xénophobie, sexisme, homophobie, etc.

Je ne sais pas vous, mais moi, ça ne me tente guère !

En tant que féministe, j’en ai plus qu’assez des soutiens et complicités, plus ou moins conscientes, plus ou moins appuyées, avec les manifestations viriles sordides et mortifères que sont l’islam politique et son terrorisme islamiste. Ces formes exacerbées, barbares, de la domination masculine qui règne sur ce monde, mettent à feu et à sang notre planète.

Assez, ressaisissez-vous et tâchez de nous épargner au moins le pire !  

Christine Le Doaré

Vous avez bien dit « dignité » ?

photo publiée sur la page FB de la Marche

photo publiée sur la page FB de la Marche

Une Marche « pour la dignité et contre le racisme », quelle personne progressiste, ne voudrait pas participer ?

Tentant en effet, jusqu’à lecture de l’appel et des signataires que féministe laïque et lesbienne, je ne manque jamais de vérifier, ne souhaitant pas m’associer à des forces réactionnaires en matière de droits des femmes et des minorités.

 

Marcher contre tous les racismes, pour vivre ensemble dans le respect des différences, de toutes les différences ?

Pas vraiment et pour s’en convaincre, il suffit d’examiner les vidéos et photos postées après la Marche.

 

Bien sûr il y avait dans cette Marche des personnes de bonne volonté, animées des meilleures raisons du monde de manifester. Pas si facile de comprendre que les organisateurs de la Marche qui instrumentalisent habilement l’antiracisme, ne mènent qu’à une impasse.

Une approche identitaire et racialiste est fatalement manichéenne, à fortiori quand elle se fonde sur un flagrant mensonge : il y aurait en France un RACISME D’ÉTAT et des assassinats de noirs, d’arabes commis sciemment et impunément par des policiers.

NON, n’y a pas de racisme d’état en France, il y a indéniablement du racisme, un racisme culturel et social, aussi des bavures policières, mais l’état ne les cautionne pas, même s’il pourrait toujours s’investir de manière plus efficiente.

Mais nous ne sommes pas ni aux USA, ni ailleurs, mais bien en République française laïque.

Il en va de même pour l’homophobie / la lesbophobie : il n’y a pas d’homophobie d’état en France et les policiers ne tuent pas sciemment et impunément des gays ou des lesbiennes.

Néanmoins l’homophobie / la lesbophobie sévissent toujours et des politiques publiques doivent être maintenues, développées, en concertation avec les associations et mouvements concernés.

 

A y regarder de plus près, il saute aux yeux que des groupes organisateurs et leur cortège dans la Marche, ne sont pas tant préoccupés par le racisme, mot / maux que nous devrions d’ailleurs mettre au pluriel : les racismes dont l’antisémitisme, discriminations et violences, que par ce qu’ils appellent  »islamophobie », aussi, la cause palestinienne et un rejet de l’occident et de ses valeurs.

 

-Comment marcher au milieu d’appels à la haine contre les FEMEN, contre CHARLIE, contre la laïcité, contre un prétendu lobby juif ?

-Comment marcher au milieu de drapeaux et mots d’ordre antisémites qui vont bien au-delà des appels au boycott d’Israël, soutien à peine voilé au terrorisme islamique du Hamas, à l’ »Intifada des couteaux » ?

Au prétexte que l’islam serait la religion des opprimé-e-s, (automatiquement renvoyé-e-s à une appartenance religieuse), tout est bon pour conforter le communautarisme et prendre fait et cause pour le religieux et tant pis si l’islam, comme toute religion, opprime les femmes et les minorités sexuelles, jusqu’à même les assassiner dans ses versions les plus radicales.

-Comment marcher derrière une ligne de femmes mises en avant comme un étendard, grossière récupération d’un « féminisme » instrumentalisé, alors qu’en réalité, personne ne se soucie des violences qu’elles rencontrent au sein de leur communauté et que ce sont les garçons qui ont le plus souvent affaire à la justice/police ?

-Comment accepter que Voltuan, soit bousculé parce que sur sa pancarte était écrit « All lives matters » et cautionner ainsi ce violent rejet de l’universalisme ?

 

-Dans quelle mesure les groupes féministes et LGBT qui cautionnent cette idéologique politique sont-ils conscients de conforter le sexisme et l’homophobie d’un communautarisme sectaire ?

-Dans quelle mesure les formations politiques telles qu’EELV ou le PCF et autres, qui s’associent sans état d’âme aucun, à des groupes, individu-e-s identitaires racialistes pour des raisons électoralistes, ont-elles conscience de favoriser l’avancée du Front National ?

Leur responsabilité est immense, pourtant, elles ne se demandent même pas pourquoi cette Marche nationale organisée pendant des mois, n’a pas mobilisé grand monde, 3000 personnes tout au plus.

Autain, Coronado, Plenel et les autres, à quoi jouent-ils, quel est leur intérêt personnel à cautionner cette mascarade ?

 

Comment s’associer à une Marche moins concernée par les problèmes de racisme et les solutions à apporter que par un esprit de vengeance, de division et de haine, au point de compromettre à tout jamais, toute possibilité de vivre ensemble ?

Et comment des personnes qui se disent de gauche, des intellectuels, des médias, peuvent-ils cautionner une telle manipulation, un tel dévoiement de l’antiracisme ?

 

Dans toute action politique les motivations des organisateurs sont primordiales. Pour rassembler contre le / les racismes, il faudra dépasser les clichés, écarter les mensonges, les malveillants, les antis républicains, les antis laïcs du PIR (Parti des Indigènes de la République*) Houria Bouteldja en tête, le rappeur Médine, Tariq Ramadan et les autres, et même y penser à deux fois avant d’invoquer Angela Davis (pro-prostitution, voile, islamiste…) qui si elle fut une militante de la cause noire aux USA, a pourtant cautionné Elridge Cleaver et les autres militants noirs qui revendiquaient tout de même : «La libération de l’homme noir passe par le viol des femmes blanches ».

L’antiracisme phagocyté par des islamo-gauchistes, avec la complaisance de trop de politiques et médias, est en réalité le meilleur allié de l’extrême droite. Il serait temps que tous les républicains et en particulier les féministes et les LGBT le réalisent pleinement car l’époque exige que nous nous rassemblions toutes et tous sans tarder, contre toutes les discriminations et violences, contre tous les racismes, pour partager avec bienveillance et respect les valeurs d’une république laïque qui loin d’être exemplaire, nous garantit au moins, un minimum de démocratie.

Christine Le Doaré

 

* Le PIR (Parti des Indigènes de la République) qui lui n’a pas milité pour la disparition du concept de race, ni pour l’universalisme !

« Comme il existe un rapport de force entre les races, le but de notre organisation est de le politiser pour le faire basculer en notre faveur ».

Ça a le mérite d’être clair, l’objectif du PIR est de remplacer une domination par une autre, pas d’en venir à bout.

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http://pek.blogs.com/pek/2015/11/la-dignit%C3%A9-cest-la-lutte-contre-toutes-les-formes-racisme.html

http://www.prochoix.org/wordpress/?p=661

http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9247

http://www.prochoix.org/wordpress/?p=667

 

Féministes, ne pas dénoncer, c’est cautionner !

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Féministes, ne pas dénoncer, c’est cautionner !

Revue de presse « Salon musulman du Val D’Oise »

Préparer une revue de presse des réactions au « Salon musulman du Val d’Oise » qui prétend mettre « LA femme musulmane à l’honneur », c’est constater que les associations féministes sont totalement absentes de la mobilisation qui a débuté le 9 septembre dernier.

Ce Salon ne met pas du tout « LA femme musulmane à l’honneur », son programme est au contraire, d’une rare misogynie : à coups de prêches intégristes, il propose purement et simplement de renvoyer les femmes à leur moyen-âge, de les soumettre, elles, juste bonnes à suivre des ateliers de cuisine.

Nous sommes à des années-lumière de toute problématique d’égalité ; sans aucune ambiguïté, il s’agit d’inférioriser les femmes, de les mettre à « leur place ». Ce programme est discriminatoire, contraire aux principes constitutionnels d’égalité, en contradiction absolue avec toutes les politiques d’égalité femme-homme.

Qu’un tel évènement puisse se produire sur le territoire de la République, sans la moindre réaction des autorités publiques et politiques, est en soi un problème sérieux ; que les associations féministes demeurent mutiques est une catastrophe qui permet de comprendre à quel point la guerre contre les idéologies totalitaires et tyranniques qui visent à bâillonner et persécuter les peuples, au premier chef desquels, les femmes et les enfants, sera dure à gagner.

Ce serait un salon catholique ou laïc, nous aurions eu droit à un puissant lever de boucliers féministes mais voilà, l’influence morbide des intellectuels et politiques islamo-gauchistes, si indulgents envers le machisme religieux, est telle, que les féministes qui pensent le prosélytisme politico-religieux inoffensif tant qu’il ne concerne que les femmes musulmanes, (parce que c’est leur culture et qu’après tout ce serait leur choix), sont de plus en plus nombreuses.

Leur place, leur culture, leur choix, ben voyons ! Comme ce fut le choix des femmes de mourir en couche, de ne pouvoir ouvrir de compte en banque, de mourir en avortant…

Dénoncer le sexisme du catholicisme, c’est permis, c’est lutter contre le colonialisme, (et les féministes ne se sont jamais privées de réagir contre l’intégrisme catholique), en revanche, s’attaquer au fondamentalisme musulman, curieusement, c’est une autre paire de manche ! Il faut croire que lutter contre le machisme de l’Islam, religion des seuls opprimés dignes de ce nom, à en croire certains, reviendrait à alimenter le racisme d’extrême droite et conforter le Front National ! Alors il faudrait faire silence, laisser dire et laisser faire, sacrifier des femmes, voire toutes les femmes, et pourquoi pas le féminisme tant qu’on y est ? ! L’intersectionnalité des luttes n’exige-t-elle pas de hiérarchiser les luttes et de sacrifice les droits et libertés des femmes en attendant le grand jour ?!

Hiérarchiser ainsi les oppressions, confondre volontairement racisme et « islamophobie », lutter contre un fascisme en cautionnant un autre, est une terrible erreur politique.

Ne pas dénoncer c’est cautionner, c’est encourager les violences fondamentalistes faites aux femmes, et le justifier en pensant éviter l’arrivée du Front National au pouvoir, est juste absurde.
L’égalité, le combat contre les systèmes de domination et les violences, c’est partout et pour tout le monde !

Ce relativisme culturel qui trahit des femmes, les passent au second plan, prétend que le « féminisme musulman » est un féminisme comme un autre est odieux, c’est l’antithèse de tout féminisme politique et solidaire, cela s’apparente à de la collaboration, purement et simplement.

Depuis un moment déjà, je considère que beaucoup des femmes qui se prétendent féministes sont en réalité complices du patriarcat, en particulier celles assujetties à une certaine idéologie gauchiste qui dévoie tous les fondamentaux du féminisme.

Mais constater que les associations féministes qui échappent plus ou moins à ces dérives, n’ont pas porté cette mobilisation, que leur silence est tristement assourdissant, est une lourde déception.

Il va falloir s’y faire : à force de relativisme culturel et d’alliances douteuses, même les associations féministes les plus authentiques, sont dépassées par les enjeux actuels, refusent de s’attaquer aux pires dangers pour les femmes, aussi pour l’humanité.

Pour vivre avec bonheur dans une société diverse, il faudra bien parvenir à convaincre tous ceux qui se sont récemment tournés vers le Front National ou d’autres réponses inappropriées, que la République française laïque est : forte de ses valeurs, capable de combattre sur son sol les dérives fondamentalistes, intraitable quand il s’agit d’égalité, de droits des femmes qui toujours sont les plus fiables baromètres de l’humanité d’une société.

Christine Le Doaré

N’OUBLIEZ PAS DE SIGNER LES  PETITIONS EN FIN DE REVUE DE PRESSE !

 

REVUE DE PRESSE

L’annonce du salon : http://salon-musulman-valdoise.com/saf/?uid=programme

 

depuis la publication de cet article, deux des FEMEN ont fait le 12 au soir une intervention dans le salon, elles ont été sorties à coups de pieds et sous des menaces de mort, heureusement pour elles, la police les a évacuées.

voici un article sur cet événement ainsi qu’une vidéo de leur intervention :

Huffington post : Femen au salon de la femme musulmane de Pontoise

http://www.huffingtonpost.fr/2015/09/13/femen-salon-femme-musulmane-pontoise_n_8129122.html?utm_hp_ref=France

La vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=4C7-uwaMykM&sns=fb

 

  • L’OBS Le Plus

Le 12 septembre 2015

Par Valéry Rasplus et Nadia Geerts Sociologue – Enseignante

Salon musulman du Val d’Oise, les femmes à l’honneur ? Non, communautarisme et sexiste

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1419152-salon-musulman-du-val-d-oise-les-femmes-a-l-honneur-non-communautariste-et-sexiste.html

  • Le Figaro.fr

Le 12 septembre 2015

Par Eugénie Bastié

« Le salon de la femme musulmane à Pontoise fait polémique »

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/09/12/01016-20150912ARTFIG00002-le-salon-de-la-femme-musulmane-a-pontoise-fait-polemique.php

  • Le Huffington Post

Le 11 septembre 2015

Isabelle Kersimon

Journaliste indépendante, coauteure de « Islamophobie, la contre-enquête »

http://www.huffingtonpost.fr/isabelle-kersimon/salon-musulman-du-val-doise-il-faut-mettre-fin-au-clientelisme-religieux_b_8122618.html

 ~ Justice pour les femmes

Le 11 Septembre 2015

https://dikecourrier.wordpress.com/2015/09/11/apologie-du-viol-une-indignation-a-geometrie-variable/

Apologie du viol, une indignation à géométrie variable

https://dikecourrier.wordpress.com/2015/09/11/apologie-du-viol-une-indignation-a-geometrie-variable/

  • France Laîque

Le 11 septembre 2015

http://francelaique.fr/salon-musulman-du-val-doise-la-femme-a-lhonneur/

Salon musulman du Val-d’Oise : la femme « à l’honneur »

  • Le HUFFINGTON POST

Le 10 septembre 2015

Isabelle Kersimon

Journaliste indépendante, coauteure de « Islamophobie, la contre-enquête »

Salon musulman du Val d’Oise: racisme et misogynie à l’honneur

http://www.huffingtonpost.fr/isabelle-kersimon/racisme-et-misogynie-a-lhonneur-a-pontoise_b_8115202.html?1441881502

  • 9 septembre 2015 – Pétition à signer !

https://www.change.org/p/commune-de-pontoise-boycott-du-salon-musulman-du-val-d-oise-12-et-13-septembre-2015-%C3%A0-pontoise

Opposons nous au fondamentalisme du Salon « Musulman » du Val d’Oise (12 et 13 septembre 2015)

  • 12 septembre 2015 – Pétition à signer !

Luttez contre le prosélytisme politico-religieux contraire aux valeurs de la République et au droit

https://www.change.org/p/au-gouvernement-aux-pouvoirs-publics-et-aux-%C3%A9lus-luttez-contre-le-pros%C3%A9lytisme-politico-religieux-contraire-aux-valeurs-de-la-r%C3%A9publique-et-au-droit?recruiter=145306885&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=share_page&utm_term=des-lg-guides-no_msg&fb_ref=Default

 

Christine Delphy, la supercherie

eGZjcWl0MTI=_o_linvit-prsente-christine-delphyChristine Delphy, sociologue française, a fait paraître dans The Guardian, le 20 juillet dernier un article intitulé : « French Feminists are failing Muslim women by supporting racist French Laws ».

 

Utiliser un support anglophone pour balancer sur le mouvement féministe français n’est vraiment pas fair-play ! La thèse développée par Mme Delphy, en France, nous la connaissons bien, elle peut se résumer en une phrase : le féminisme français au prétexte d’être universel et laïc, stigmatiserait les femmes musulmanes pourtant contraintes de se voiler afin de résister à un état français islamophobe.

Aussi, selon elle, le féminisme français devrait-il s’adapter aux spécificités culturelles et religieuses musulmanes pour échapper à l’accusation d’islamophobie.

Allons bon, ceci signifie-t-il que l’interdit de la contraception et de l’avortement, la virginité, le mariage religieux, la mise sous tutelle, le camouflage des corps impurs, la polygamie, le mariage précoce, le mariage forcé, la répudiation, l’excision, les crimes d’honneur, l’interdiction de l’homosexualité, et j’en passe, toutes ces charmantes coutumes culturelles et /ou religieuses, genrées et misogynes, devraient être évaluées, considérées et tolérées par le féminisme français ?

Non, ne dramatisons pas, les traditions culturelles, chrétiennes, bouddhistes, hindouistes, judaïques, etc., ne sont pas concernées, il faut trier et seules les traditions culturelles islamiques sont à considérer.

Pourquoi ? Parce que les seuls opprimé-e-s en France sont de culture / religion islamique et qu’il n’est pas choquant, sauf d’un point de vue occidental, que  les femmes de ce groupe soient assignées au respect des règles culturelles et religieuses de leur identité de naissance !

 

Pourquoi faire de telles concessions au culturel alors que selon moi, le féminisme consiste notamment à remettre en question la place et les rôles impartis aux femmes et aux hommes ( les stéréotypes de genre ) et promouvoir un modèle de société sans rapport de domination  ?

Otez-moi d’un doute, dans les années 70’s, de quoi donc se libéraient Mme Delphy et avec elle, tout le MLF si ce n’est justement de notre culture patriarcale ? Que criait-on dans les manifestations à l’époque ? Libération des femmes de toutes les traditions, coutumes et habitudes qui nous enfermaient dans les contraintes et violences de la domination masculine judéo-chrétienne !

Ainsi, Mme Delphy qui parle au nom d’une communauté à laquelle elle n’appartient pas, décide que ce qui fut vital pour elle, pour nous, serait mauvais pour les femmes musulmanes qui elles, n’auraient besoin pour s’émanciper que d’aménager leurs  spécificités culturelles et religieuses.

S’être libérée mais  empêcher d’autres femmes de le faire.  A peine condescendant !

 

Le système patriarcal en rêvait, Mme Delphy le lui offre ! Mme Delphy et ses ami-e-s du PIR (Parti des Indigènes de la République), des Indivisibles, Tariq Ramadan et les autres (d’une certaine gauche radicale, etc.), demandent aux femmes de rester à la place qui leur a été assignée par leur culture d’origine.

Le relativisme culturel permet de justifier l’oppression des femmes au nom de la culture, alors si en plus, c’est la culture de l’opprimé-e-,  toute critique est interdite sous peine d’accusation de racisme.

Le féminisme universaliste constitue une grave menace : vous imaginez la moitié de l’humanité consciente de la domination masculine universelle, toutes solidaires dans nos luttes, rejetant les discriminations et violences de genre et valorisant d’autres rapports sociaux et politiques, et dans tous les domaines ?

Bien trop risqué ! Il faut à tout prix nous diviser et récupérer nos luttes et nos énergies. Le pire, c’est que ça fonctionne, alors qu’il ne viendrait à aucun autre mouvement social l’idée de défendre des théories qui pour finir, se retourneraient contre ses membres ! Il ne faut pas se demander pourquoi l’oppression des femmes n’en finit pas !

C’est indéniable, Mme Delphy fut jadis féministe, mais dans un contexte mondialisé de retour en force des religions, elle a fait le choix du relativisme culturel, allant jusqu’à s’allier aux groupes de pression racialistes, essentialistes et différentialistes, aux relents racistes.

 

Le mouvement des femmes, qui sait que le féminisme est antinomique avec toute forme de domination de sexe, classe et « race », n’a jamais attendu une intellectuelle égarée, pour s’intéresser à la question, nouer des liens de solidarité avec les femmes du monde entier qui elles, s’organisent pour résister au machisme et au totalitarisme (La Marche mondiale des Femmes, par exemple).

C’est une chose de dire qu’il n’y a pas suffisamment de femmes « racisées » dans le mouvement des femmes, c’est tout autre chose de prétendre le mouvement féministe, raciste !

Le plus grave dans tout ceci, c’est le mépris affiché par Mme Delphy et les relativistes envers les femmes en lutte pour leurs droits et libertés, et souvent au péril de leur vie, dans les pays de culture musulmane.

Quand les intégristes quittent leur pays,  elles se libèrent de leur voile stigmate sexiste d’impureté féminine,   mais chez nous, Mme Delphy les trahit !

Les féministes universalistes sont solidaires des féministes de culture musulmane qui refusent les diktats culturels et religieux sexistes. « Celles qui portent un voile en vivant dans le monde occidental contribuent à asservir les femmes pour lesquelles le voile est une contrainte ailleurs dans le monde. » Mona Eltahawy

 

En France, la défense de religion musulmane, présentée comme la lutte contre l’islamophobie, s’est substituée à la lutte contre le racisme, contre toutes les formes de racisme.

Critiquer l’islam, refuser les  contraintes et violences genrées qu’elle impose aux femmes, n’est pas être islamophobe, mais féministe et progressiste. De la même manière, l’est la critique de toutes les religions.

Quand une féministe condamne les femmes de culture musulmane à devoir revendiquer une identité religieuse,  communautaire, alors que les féministes occidentales se sont elles, révoltées contre les contraintes culturelles, sociales, religieuses, familiales, qui les étouffaient, elle tourne irrémédiablement le dos au mouvement de libération des femmes. C’est logique de la part des islamistes de prétendre le féminisme occidental raciste, ils gagnent du temps en nous séparant de « leurs » femmes, en revanche, les femmes qui s’en font les complices perdent toute légitimité à s’exprimer au nom du mouvement de libération des femmes.

Le féminisme est universel car l’oppression des femmes et nos solidarités n’ont pas de frontières ; le reste n’est qu’imposture.

 

Christine Le Doaré

 

 

 

Islamo-gauchistes, prenez-nous pour des cruches !

fanatiques_cabuLes masques tombent  et ça fait peur.

 

Il a longtemps été mal vu de qualifier d’islamo-gauchiste cette  gauche  qui se pique de vouloir  libérer l’humanité en hiérarchisant les discriminations, en substituant l’islamophobie à la lutte contre le racisme, en rejetant toute critique de l’Islamisme. Elle ose se prétendre féministe, mais  justifie  l’oppression des femmes, par le relativisme culturel.

 

A peine 3 mois après les attentats qui ont ensanglanté  la France,  l’islamo-gauchisme multiplie les provocations et salie la mémoire et les luttes de la gauche et du mouvement des femmes.

Alors oui, cette étiquette lui va comme un gant et il n’est plus temps d’afficher la moindre complaisance à son encontre.

 

Islamo-gauchisme ou différentialisme  identitaire qui efface les classes sociales et les rapports sociaux de sexe au profit de l’anticolonialisme. Il attribue une  place à part à la religion et aux coutumes des populations immigrées,  labélisées victimes de l’état colonial, peu importe leur statut social et les inégalités entre les femmes et les hommes.

Et tant pis si cette religion opprime les femmes, il n’est pas si facile de travestir le soutien à l’islam ou lutte contre l’islamophobie en antiracisme encore moins en féminisme, alors ça mérite bien quelques  sacrifices !

 

Je ne pense pas beaucoup me tromper en écrivant que nombre de personnalités bien positionnées dans les milieux politiques, universitaires, aussi dans les médias, telles Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Rokhaya Diallo, Pierre Tévanian, Christine Delphy, Houria Bouteldja, Eric Fassin, Clémentine Autain, Gaiss Jasser et tant d’autres, aussi au NPA, au MRAP, au PCF, chez les Verts, dans certains groupes LGBT, au STRASS, etc., sont plus ou moins associées à cette  étiquette.

Certains ont participé au  «meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », aux côtés du Parti des Indigènes de la République (PIR),  de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), d’Oumma.com, des Indivisibles, etc.

Le PIR crée en 2005 se définissait à ses débuts comme un mouvement antiraciste, c’était de bonne augure ; seulement voilà, au lieu de se consacrer à la lutte contre le racisme, il s’est enfermé dans une haine communautariste de l’occident, défendant l’islamisme, se déclarant antisionistes (c’est-à-dire contre l’état d’Israël), parlant de « philosémitisme d’état » et allant jusqu’à soutenir sans réserve, le Hezbollah et le Hamas.

La réactionnaire UOIF est  farouchement opposée à l’avortement et au mariage pour tous.

Remarquez bien que ça n’a pas gêné les Jeunes communistes, le NPA, la Fondation Copernic, le PCF et tant d’autres, de figurer dans la liste des signataires de l’Appel au meeting ; certains comme EELV ont longuement tergiversé, finissant par retirer leur signature.

 

imagesOn est en droit de se demander où est passé le bon sens politique de cette  gauche, de ces « féministes » bernées par les sirènes essentialistes et différentialistes.

Athées, mais pas du tout embarrassés par un paternalisme condescendant qui encourage les opprimé-e-s, personnes racisées seulement (guère étonnant que tant d’ouvriers et employés passent au FN !),   à adopter des  pratiques religieuses sexistes et aliénantes ! En revanche, les religions des « dominants » continuent d’être moquées et combattues. Cohérence ?

Pas gênés non plus qu’il ne soit plus question de luttes de classes ou de luttes féministes mais de caricaturaux affrontements  « blancs » contre « non blancs » !

A l’aise pour exiger le droit de la religion islamiste à s’imposer au prétexte que ce serait la religion des défavorisés, mais oublier opportunément que la communauté religieuse la plus persécutée aujourd’hui dans le monde, c’est les chrétiens ! Cohérence ?

Hurlant pour les droits des Palestiniens, ignorant ceux des Syriens. Cohérence ?

Faut-il que cette gauche et ses pseudos féministes soient malades pour justifier des alliances nauséabondes, dangereuses pour tous les démocrates et en particulier pour les droits des femmes.

 

Prétendre lutter contre le racisme, se revendiquer du féminisme,  avec une haine qui ressemble à s’y méprendre, à du racisme, qu’est-ce d’autre sinon une imposture ?

Houria Bouteldja, patronne du PIR a tout de même traité de « souchiens » les français « blancs ». L’expression « français de souche » du FN est indéniablement condamnable, mais à quoi rime de le  faire de cette manière ?

Je hais le racisme ! C’est quoi « blanc-che « ? C’est quoi « noir-e » ? A à partir de quelle concentration pigmentaire ? Et tous les autres ? J’en ai tellement marre de cette façon raciste d’appréhender les individu-e-s.

Les êtres humains ont des origines et  couleurs de peaux diverses depuis le temps que l’humanité se mélange. Ce qui est certain, c’est que l’ultra libéralisme écrase les classes sociales les plus fragiles et que les  femmes sont toujours les principales victimes des discriminations et violences de classe et de sexe.

Oui la colonisation a existé, a fait des ravages, mais toutes les sociétés patriarcales ont une histoire conquérante d’invasions successives, de domination, d’exploitation et de violences.

Beaucoup ont pratiqué l’esclavage, et les musulmans en premier. Si je ne m’abuse, Mahomet a autorisé tout homme musulman à coucher avec ses esclaves, sans avoir à subvenir aux besoins des enfants nés de ces rapports (le plus souvent des viols).

Sympathique non ?

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A quoi peut bien mener une vision aussi tendancieuse si ce n’est à pérenniser l’exclusion et à en fabriquer d’autres ?

Comment, par exemple, expliquer l’aveuglement suicidaire des LGBT islamo-gauchistes qui font semblant d’ignorer l’homophobie des Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée coordinateurs du « Nous sommes les Indigènes de la République » et qui revendiquent  « Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations » et qui ont accusé Fadela Amara d’avoir appelé à l’émergence « d’un mouvement gay dans les quartiers » ?!

Houria Boutelja du PIR parle « d’homosexualité imposée » et « d’impérialisme gay » et n’hésite pas à affirmer que « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires».

Pour Youssef Al-Qaradawi de l’UOIF,  l’homosexualité est une « une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ». Il pense aussi que tuer les homosexuels n’est « qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ».

Nos meilleurs ami-e-s quoi !

quenelles manifpourtousphoto prise lors de la dernière Manifpourtous Paris (collusion des totalitarismes religieux).

Qu’est-ce qui distingue le PIR et les  islamo-gauchistes des haineux du Bloc identitaire d’extrême droite ou de Riposte Laïque aux affiliations plus confuses ? Pas  grand-chose, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, tous sont aussi irresponsables et morbides.

 

Pour beaucoup, la vie en France n’est pas facile,  à fortiori depuis la crise. Les  moyens de lutte contre les discriminations et les violences de toutes natures, sont insuffisants.

L’accès à l’emploi ou au logement ne sont pas égalitaires, mais il est faux de dire que rien n’est mis en œuvre et si des populations immigrées ou d’origine immigrées, réfugiées aussi, sont légitimes pour exprimer des frustrations et des revendications, elles ne sont pas les seules.

Mais surtout je ne vois pas en quoi  revisiter jusqu’à la nausée les responsabilités de l’état colonial, creuser les replis communautaristes et religieux, encore moins fragiliser la laïcité, vont nous aider à régler les problèmes.

Que la politique des banlieues soit un échec est une évidence, en revanche, vouloir nous faire croire qu’il y aurait aujourd’hui en France, des discriminations organisées par une République d’ordre colonial et raciste est juste un grotesque mensonge.

Faire comme si les injustices, le racisme, les discriminations et les violences ne sévissaient pas amplement dans les pays idéalisés avec la plus grande démagogie par les « islamo-gauchistes »,  l’est tout autant.

Nombre de « féministes » islamo-gauchistes qui se pavanent ici sur les plateaux de TV pour parler des bienfaits du voile, hijab ou niqab alors que des femmes sont harcelées et emprisonnées pour ne pas le porter ailleurs, ne prendraient leur place pour rien au monde !

 

Tenter de faire avaler à des militantes féministes qu’il suffirait de combattre l’ »islamophobie » pour que tout s’améliore, c’est franchement nous prendre pour des abruti-e-s.

Le terme même d’ »islamophobie » que médias et politiques utilisent à qui mieux mieux, est contestable car il interdit toute critique de la religion musulmane.

La peur et le rejet de l’autre, étranger-e, immigré-e, arabe, africain-e, asiatique, etc., c’est du racisme ou de la xénophobie ;  le racisme et l’antisémitisme sont infects, ce sont des délits, pas l’islamophobie, la cathophobie ou le judaismophobie !

Voudrait-on nous faire croire qu’un arabe athée, ou un noir juif, sont moins victimes du racisme qu’un musulman  « blanc » ? !

Il est aussi absurde d’assimiler de manière systématique, les personnes d’origine étrangère, immigré-e-s, réfugié-e-s, même en provenance de pays arabes, à des musulmans.

Tout le monde n’est pas embrigadé dans une religion, et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui se lèvent un peu partout dans le monde pour revendiquer leur athéisme.

Les islamo-gauchistes ne leur rendent pas service !

Comme s’ils ignoraient que toute  religion, même sous sa forme modérée, opprime les femmes, leur assigne une place inférieure ?

Enfin, la virulence du totalitarisme fondamentaliste musulman est telle qu’elle impose de condamner fortement les dérives barbares qui écrasent les populations de nombre de pays musulmans, aussi la complaisance de nombre d’islamo-gauchistes à l’encontre de groupes terroristes intégristes est-elle proprement scandaleuse.

Dans tous les cas, c’est un droit fondamental dans une démocratie, sans risquer  une accusation de racisme, de pouvoir rejeter et critiquer toute doctrine, tout dogme religieux ou politique.

ob_2db35e_10351821-10152640238464074-23160325570 Photo prise lors des manifestations pro-Palestine de l’été 2014 à Paris Place de la République

Le pire encore en tant que féministe, c’est d’être confrontée  à des militants qui se disent de gauche et féministes et qui en guise de féminisme, passent leur temps à cautionner  un féminisme bradé, voire un « féminisme musulman » ! Vous connaissez vous, le féminisme chrétien ?!

Non, le féminisme, ça ne s’accommode jamais à la sauce de l’oppresseur !

 

Le féminisme n’a jamais fait la promotion du mariage des adolescents, encore moins du mariage forcé, de la prostitution ou du port du voile, hijab ou niqab,  contrainte sexiste essentialiste, qui ne s’impose qu’aux femmes dans le but de les contrôler et de les réserver à la vue de leur seul « propriétaire ».

Les islamo-gauchistes ne rendent pas service aux femmes qui tentent, dans les  pays où le port du voile est obligatoire, de s’en affranchir au péril de leur vie !

Ils valorisent les collectifs 8marspourtoutes, les groupes de femmes voilées, comme celui des mamans de Christine Delphy mais ignorent le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers qui résiste aux injonctions du Conseil du Culte musulman : « Le voile est une prescription qui recommande au Prophète de « dire à ses femmes, à ses filles et aux femmes des croyants » (Coran 33-59), de l’arborer pour la réserve qu’il leur impose ».

Lecture littéraliste et patriarcale s’il en est.

Si les femmes d’origine maghrébine du collectif d’Aubervilliers contestent le voile, ce n’est certainement pas par racisme, mais parce qu’il marque un rapport social inégal entre les femmes et les hommes, dans l’espace public.

Selon elles, il est un instrument de domination et de restriction de liberté : « Exigé dans les pays les plus conservateurs, il est toujours le premier acte d’autorité des djihadistes dans les villages conquis (Irak, Syrie, Mali, Nigeria…), que les femmes soient musulmanes ou non. Il est devenu leur étendard de par le monde. Il s’accompagne de la suppression de toute liberté pour les femmes. »

 

Le féminisme vise à l’anéantissement du système patriarcal pour émanciper les femmes et par là-même toute l’Humanité, pas à son aménagement pour complaire un quelconque pouvoir masculin, à fortiori religieux !

Le mouvement de libération des femmes est universel et laïque, il noue des solidarités entre les femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences identiques de la domination masculine.

Les violences conjugales, le viol, les violences prostitutionnelles, les mariages forcés, les féminicides, se retrouvent partout sur la planète ; dans certains pays, se pratiquent également quelques horreurs supplémentaires telles l’excision, la répudiation, la lapidation, etc.

Se battre contre l’islamophobie, la cathophobie ou je ne sais quelle phobie des religions, n’a jamais fait partie des  priorités du féminisme dont le but est de libérer les femmes de toute domination donc de tout  diktat religieux ; les religions étant sans conteste, l’un des instruments patriarcaux les plus redoutables.

Tout de même, quelle  confusion, quelle vaste fumisterie ! Que penser de ces intellectuel-le-s et politiques qui orchestrent cette machination, nourrissent les haines, inventent des concepts toujours plus aberrants, flattant leur cour de nostalgiques de la revanche du  grand soir « Indigène » ?

islamo-gauchistes

Le concept de « féminisme raciste blanc » est une imposture d’autant plus révoltante que l’intersectionnalité des luttes à la sauce islamo-gauchiste ne sert qu’à noyer les revendications, droits et libertés des femmes dans les stratégies prioritaires des objectifs et agendas masculins.

Bientôt les islamo-gauchistes nous expliqueront que la religion des « opprimé-e-s » est forcément progressiste, que la prostitution c’est très bien pour certaines femmes mais que les autres doivent être voilées, retour aux ancestrales saintes ou putains, et que le féminisme « occidental » est plus dangereux pour les femmes racisées que les violences de la domination masculine !

Allons donc ! La laïcité pleine et entière et les religions renvoyées à la sphère strictement privée, sont  à l’évidence la meilleure garantie pour les femmes de parvenir à l’égalité femme/homme.

Tout ce charabia fait écho au narcissisme du féminisme relativiste post-moderne où des idiotes inutiles qui ne connaissent rien aux fondamentaux,  se bornent  à clamer « être féministe c’est faire ce que je veux », comme si le féminisme n’était qu’un individualisme de plus et n’avait pas d’autres ambitions que l’exploration de l’aliénation « choisie » ? !

Ce dévoiement, ce travestissement  du féminisme relève en réalité du plus sordide révisionnisme qui soit, c’est une répugnante arnaque, une sale névrose.

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Il ne faut pas penser beaucoup plus loin que le  bout de son nez pour plonger dans ces tristes et stupides sornettes, aussi dangereuses pour notre démocratie (aussi faillible et perfectible soit-elle),  et pour les droits des femmes,  que l’est l’extrême droite, et ce n’est pas peu dire.

Des extrêmes purulents de haine et de mensonges,  des impostures à dénoncer et combattre sans relâche.

Islamo-gauchistes ou FN, c’est non aux extrêmes de la haine !

Christine Le Doaré

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

67791378Tribune collective :

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

La récupération de mouvements sociaux par des forces conservatrices ou obscurantistes est une constante. En matière de féminisme, elle est parfois spectaculaire. Ce qui vient de se produire en mairie du 20eme arrondissement de Paris en est un exemple.

GARDEZ-MOI DE MES AMI-ES, MES ENNEMI-ES JE M’EN CHARGE

La maire, Frédérique Calandra, avait confié à son adjointe en charge de l’égalité Femmes/Hommes la programmation d’événements autour du 8 mars, Journée Internationale des Femmes.

Bien mal lui en a pris !

Cette élue EELV n’a pas hésité à flirter avec des idéologies éloignées de l’émancipation des femmes dont le relativisme culturel et le « féminisme dit- pro-sexe ».

Oubliant qu’elle représentait la mairie, l’élue EELV a choisi de transformer la semaine du 8 mars en semaine de promotion exclusive de thèses et personnalités particulièrement polémiques, pour la plupart engagées depuis longtemps aux côtés des Indigènes de la République (PIR), du site Les mots sont importants et dans la lutte contre la loi 2004 sur le port des signes religieux à l’école :

– Christine Delphy et Sylvie Tissot, sociologues, sont toutes deux initiatrices du premier Manifeste (2005) des Indigènes de la République ; elles sont en outre signataires du manifeste de soutien aux Y’a bon Awards décernés (pour « racisme ») à Caroline Fourest en 2012.

– Rokhaya Diallo est animatrice des Indivisibles, groupe à l’origine de ce prix.

– Ndella Paye est porte-parole d’un collectif de mères voilées militant pour l’abrogation de la circulaire Chatel.

BONJOUR LE 8 MARS !

Quelques semaines après les assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, on peut s’étonner qu’une élue choisisse d’offrir un plateau totalement monochrome à des personnes qui ont signé un texte « contre le soutien à Charlie Hebdo » après le premier attentat de 2011.

Partout dans le monde, la Journée Internationale pour le Droit des Femmes est un moment privilégié où les féministes échangent sur leurs revendications, pratiques et stratégies d’émancipation. Militantes, chercheuses, politiques impliqué-es contre les violences sexistes et pour l’égalité entre les sexes, sont invité-es à faire le point et lancer de nouveaux programmes pour battre en brèche la domination masculine et le patriarcat.

C’est l’occasion d’une solidarité internationale avec les femmes qui se battent contre l’oppression des religions d’état ou des groupes fondamentalistes.

Aussi, détourner le 8 mars pour promouvoir des personnalités controversées parce qu’elles ne trouvent rien à redire ni aux pressions de l’arbitraire religieux imposées aux femmes, ni aux violences du système prostitutionnel, est pour le moins manipulatoire.

MÊME PAS PEUR !

Nous saluons l’annulation de cette programmation, acte lucide et courageux de la Maire du 20e arrondissement de Paris.

Nous connaissons la propension de certains groupes à confisquer la parole des féministes et des partisanes de la laïcité; et leur aptitude à se victimiser à la moindre occasion.

Nous savons la violence avec laquelle Caroline Fourest fut interdite de parole lors d’un débat sur le danger du Front National à la fête de l’Humanité.

Nous avons déjà supporté insultes et intimidations proférées par les ami-es de Rokhaya Diallo, issu-es d’un pseudo « syndicat de travailleurs du sexe » pro-système prostitutionnel.

Face à cette nouvelle tentative de récupération et de dévoiement de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, nous, féministes universalistes, laïques, engagées pour l’égalité femmes/hommes, contre le racisme et l’antisémitisme, nous apportons tout notre soutien à Frédérique Calandra, maire du 20eme arrondissement de Paris.

La mise au point de la Maire du 20ème Frédérique Calandra :

https://www.facebook.com/frederique.calandra/posts/10153165530037948?fref=nf&pnref=story#

 

Arlette Zilberg, Christine Le Doaré

Les premières signataires, issues du Mouvement des Femmes :

Annie Sugier, Djemila Benhabib, Michèle Loup, Françoise Morvan, Monique Dental, Nadia Benmissi, Bernice Dubois, Marie-Josèphe Bonnet, Jacqueline Feldman, Martine Cerf, Marieme Helie Lucas, Laure Caille, Isabelle Steyer, Nadine Bouteilly, Ana Pak, Agnès Setton, Josiane Doan, Anaïs Decans, Irène Corradin, Mair Verthuy, Sporenda, Catherine Kintzler, Geneviève Duché, Nelly Trumel, Patricia Duthion, Brigitte Boucheron, Christelle Raspolini,  Bernadette Doleux, Evelyne Rochedereux,  Mélusine Vertelune, Yael Mellul, Agnès Perrin-Doucey, Françoise Courtiade, Martine LLanes, Françoise Armengaud, Malika El Idrissi, Josée Contreras, Catherine Moreau, Samira Banna, Sophie Boiszeau, Agnès Bellego, Caroline Merlin, Christelle Di Pietro, Françoise Roux, Claude Strano, Nicole Savey, Soad Baba Aissa, Maïté Albagly, Hypathie, Françoise Brié, Claudy Bouyon, Nicole Crépeau, Carine Delahaie, Marie-Noëlle Gérolami, Jamileh Nedaï, Sabine Salmon, Gisèle Noublanche, Marie-Josée Salmon,

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Un second  CP rédigé cette fois par des féministes « historiques » qui remettent les pendules à l’heure !

COMMUNIQUE DE PRESSE

SOUTIEN FEMINISTE À FREDERIQUE CALANDRA, MAIRE DU 20E ARRONDISSEMENT

Nous soutenons la décision prise par Mme Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement de Paris, d’annuler les débats prévus pour le 8 mars.

Ces débats avaient en effet été organisés de manière à ne laisser la parole qu’à une seule vision politique, un féminisme controversé qui partage les idées du Parti des Indigènes de la République. Cette vision disqualifie les valeurs de la citoyenneté démocratique et le féminisme universaliste au prétexte qu’ils seraient portés par des « blancs occidentaux ». Il dévalorise du même coup les luttes féministes pour l’accès aux droits humains, à l’égalité et à la liberté, qui se développent dans d’autres pays (hors Occident)

Une telle position enferme les individus dans des assignations identitaires et va à l’encontre de l’idéal d’autonomie qui fonde le féminisme.

Des débats de cette nature ne seraient propices ni à la réflexion critique ni à la création d’une intelligence collective des questions brûlantes qui se posent à tous, femmes et hommes, français ou non, « blancs » ou non.

Suite aux attentats des 7, 8 et 9 janvier, il n’était pas concevable pour une institution publique, de donner la parole sans débat contradictoire, et donc de soutenir des positions politiques dont les représentantes sont au mieux restées silencieuses face à l’assassinat des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, des policiers et des juifs, au pire ont pris la parole pour relativiser ces crimes.

Nous avons toutes participé au Mouvement de libération des femmes, certaines depuis le début des années 70. Ensemble, nous saluons aujourd’hui, en mars 2015, le courage de Frédérique Calandra, une élue qui a fait preuve de cohérence par rapport aux valeurs qui nous sont communes: liberté, égalité, solidarité, laïcité. Et nous espérons que beaucoup d’autres mairies témoigneront de la même détermination dans leur défense.

Premières signataires :

Catherine Deudon, photographe auteur de Un mouvement à soi : Images du mouvement des femmes, 1970-2001, 2002, Syllepse ;

Liliane Kandel, co-auteur des chroniques du « Sexisme ordinaire » (à l’initiative de Simone de Beauvoir), les Temps modernes, 1973-1983 ;

Christine Le Doaré, présidente de Sos-Homophobie de 1998 à 2002 et du Centre LGBT Paris-IdF de 2005 à 2012 ;

Claudie Lessellier, responsable du Rajfire (Collectif féministe d’action et de solidarité avec les femmes migrantes et exilées) et co-présidente de la Maison des femmes de Paris ;

Françoise Picq, auteur de Libération des femmes, quarante ans de mouvement, 2011, Dialogues ;

Nadja Ringart, co-auteur de Mouvement de Libération des Femmes : Textes premiers, 2009, Stock ;

Annie Sugier, Présidente de la Ligue internationale du Droit des Femmes, (fondée par Simone de Beauvoir ), et Vice-Présidente de la Coordination Française du Lobby Européen des Femmes (CLEF) ;

Ioana Wieder-Atherton, co-fondatrice en 1982 avec Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig du Centre audio-visuel Simone de Beauvoir ;

Arlette Zilberg, présidente de la Commission Féminisme des Verts puis EELV (2004-2009); maire-adjointe du 20ème ardt de Paris (2001-2008)

Paris, le 2 mars 2015

Je suis féministe, je suis Charlie

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7 janvier 2015, 11h30, la rédaction de Charlie Hebdo est victime d’un attentat terroriste ; deux jours plus tard, des juifs sont exécutés dans un commerce cascher.

C’est probablement la première fois en France, que des fondamentalistes exécutent méthodiquement, implacablement, leurs cibles : « Vous allez payer parce que vous avez insulté le prophète » lâchent-ils en partant de Charlie Hebdo, pour justifier leur effroyable carnage.

S’en suit une mobilisation sans précédent depuis la libération de Paris, soutenue un peu partout dans le monde libre.

 

Engagée, laïque, anticléricale, antiraciste, antifasciste, la féroce satyre de Charlie Hebdo visait les pouvoirs économiques, politiques et religieux, la gauche, la droite, le FN souvent, toutes les religions, etc.

Les tueurs, fondamentalistes islamistes qui ne tolèrent ni scepticisme ni désacralisation, ont voulu réduire au silence des libres-penseurs anticléricaux.

Leurs cibles sont menacées depuis longtemps, mais qui pouvait imaginer que la lutte serait à ce point inégale : des dessins et des mots, des parisiens qui font leur course et des policiers en service, contre des tueurs lourdement armés ?

La critique, la liberté d’expression, la liberté tout simplement, fusillées.

 

Cette liberté c’est la nôtre, celle du peuple français, c’est notre ADN commun.

Curieusement pourtant, des voix se sont élevées pour dire « Je ne suis pas Charlie… », de féministes aussi, se dissociant de l’unanime élan de solidarité nationale, et allant jusqu’à prétendre que Charlie Hebdo était sexiste, raciste et « islamophobe ».

Diffamation caractérisée : Charlie Hebdo n’a jamais été ni raciste, ni « islamophobe » *1, au contraire, il luttait, à sa façon, contre les idéologies haineuses.

Mais je reconnais bien là, la grossière manipulation rhétorique de certains « islamo-gauchistes » qui d’ailleurs, fait autant de torts aux populations supposées être ou étant de religion musulmane, que celle du Front National.

Le relativisme façon « Indigènes de la République » *2 est une insulte à la démocratie ; il a malheureusement imprégné jusqu’aux politiques de gauche, accordant notamment aux « grands-frères », un rôle plus que contestable.

« JeSuisCharlie » n’a jamais voulu dire : je valide tout le contenu de Charlie Hebdo, mais je suis pour la liberté de la presse, la critique des religions et leur caricature.

Salir la liberté d’expression en justifiant son assassinat, quand on vit dans un pays démocratique, c’est le luxe des lâches.

 

Quant à être sexiste, Charlie Hebdo, parfois oui, parfois moins.

Mais surtout, les pouvoirs politiques et religieux infantilisent, les femmes au premier chef, les réduisant aux rôles d’épouse et de mère, entravant leur autonomie, leur sexualité et leurs droits à disposer d’elles-mêmes comme elles l’entendent.

A fortiori, les femmes qui vivent sous l’emprise de la charia payent le prix fort : restrictions de liberté (soumission totale à une autorité masculine, père, frère ou mari), interdits, sanctions (répudiation, lapidation…), etc.

Alors, bien sûr, Charlie n’était pas assez féministe, la gauche ne l’est jamais assez, mais son engagement contre le sexisme des religions en faisait un allié incontestable.

N’oublions pas que des articles pro-féministes ont été publiés dans le magazine, ni le dessin de Charb en réponse aux 343 salauds !

Les unes sur l’avortement, la fête des mères « Vive la pilule », la GPA (un couple et une esclave), etc. ne nous ont pas échappé non plus et nous savions notamment Charb et Gérard Biar rédacteur en chef, pro-féministes et abolitionnistes de la prostitution.

Alors c’est vrai que des femmes sont chaque jour et en grand nombre assassinées, aussi bien par des proches que par des régimes totalitaires, mais il ne fait aucun doute pour moi que tuer aveuglement des cibles désignées, pour imposer son point de vue, est un aboutissement des plus pervers du machisme.

Les terroristes sont des ultra-machistes, sont ce que les sociétés patriarcales produisent de pire.

C’est donc bien aussi, en tant que féministe, que je pleure les courageux humoristes irrévérencieux qui, bien que lourdement menacés, ont jusqu’au bout tenu à remplir leur mission d’aiguillon des consciences.

 

Sans naïveté aucune, sachant que toute tentative d’unité nationale, même contre la barbarie, est vite lézardée par des intérêts inconciliables ; que les pouvoirs politiques cherchent toujours à récupérer les mouvements populaires, malgré tout, voir autant de gens soudés pour défendre nos libertés fondamentales et résister au terrorisme, m’a aidée comme beaucoup, à endurer ce cauchemar.

Bien sûr il y a des personnes racistes en France, le succès du Front National est là pour nous le rappeler, mais au cœur de ces heures oppressantes, nous n’avons déploré qu’à la marge, amalgames et actes de violence ; les français le savent, les musulmans sont aussi des cibles du terrorisme et d’ailleurs, nombreux sont ces derniers, descendus dans la rue pour le rappeler et refuser que le nom de leur Dieu soit associé à la haine.

Seuls les extrêmes confondent une stigmatisation et un rejet des musulmans avec la nécessité de combattre tout laxisme face à des dérives intégristes inacceptables et pire encore des actes de terreur.

Dans l’adversité, l’exécutif a bien réagi et cette fois, j’ai trouvé François Hollande à la hauteur de l’évènement, rassembleur, responsable, rappelant que « Ceux qui ont commis ces actes, ces fanatiques, ces illuminés n’ont rien à voir avec la religion musulmane. », n’éludant pas la volonté délibérée de commettre « un acte antisémite » Porte de Vincennes et appelant « tous les Français à se lever dimanche, ensemble, pour porter ces valeurs de démocratie, de liberté de pluralisme ».

 

Il y a un temps pour tout.

Tous les prétextes pour affaiblir la mobilisation étaient autant de cadeaux faits aux terroristes ; s’opposer ensemble au terrorisme, n’empêche en rien d’avoir des opinions divergentes sur le reste, c’est juste une question de priorité.

Sans être dupe pour autant des odieuses tentatives de récupération de ceux qui dans leur pays sont coupables d’atteinte à la liberté d’expression, dimanche, le peuple rassemblé a adressé unanime, un message aux groupes terroristes : le délit de blasphème n’existe pas, l’Islam, radical ou pas, comme toutes les religions, peut et doit être critiqué, non au terrorisme !

 

En revanche, nous devons maintenant interroger : les responsabilités de l’état sur l’échec de l’intégration de populations, aux valeurs « républicaines » ; le manque de perspicacité de nos gouvernements pour lutter contre les dérives intégristes et le terrorisme ; la faiblesse de la protection des personnes fortement menacées ; l’importance des liens entre le grand banditisme et le terrorisme ; le manque de surveillance des personnes identifiées dangereuses et l’ampleur du groupe « des buttes Chaumont » ; le rôle des imams qui endoctrinent et recrutent pour les filières djihadistes ; etc.

 

Il est temps de le dire haut et fort, confondre le racisme avec la lutte contre les dérives sectaires et même intégristes des religions, est criminel.

Il n’y aurait pas de problème avec l’Islam ? Bien sûr que si ! Comme il y en a avec toutes les religions qui toutes sans exception, ont un versant doux et éclairé et un versant beaucoup plus sectaire, totalitaire, pouvant aller jusqu’à l’intégrisme (Manifpourtous et désobéissance civile avec le refus de marier des couples homosexuels, etc.).

Toutes les religions sont fortement préjudiciables aux femmes, à leur autonomie et liberté, aux gays et aux lesbiennes aussi, et la religion musulmane n’est pas en reste.

Les religions chrétiennes sont en perte de vitesse, mais les religions musulmane et juive vivent un regain d’intérêt, se radicalisent et sont de plus en plus visibles dans l’espace public, à un point tel, il faut bien le dire, que nombre d’athées étouffent sous tant de religiosité ostentatoire.

Le communautarisme religieux qui se développe gaillardement sous nos yeux depuis des années, est propice à l’endoctrinement.

Il a mis sous emprise, dans toutes les religions, des familles, des quartiers, au point que leurs enfants se sentent, si jeunes, obligés d’être les porte-parole d’une religion qu’ils endossent tous, comme si cela allait de soi et que personne n’avait plus le droit d’être athée, et pratiquent d’une manière de plus en plus radicale.

Les enseignants qui témoignent de la journée de deuil national du 8 janvier font état de réactions d’enfants imperméables à l’humour, figés dans une foi aveugle, intransigeante : « Ils l’ont bien mérité : Ils n’avaient pas à insulter notre Prophète ». Ces enfants ne sont pourtant pas des intégristes !

Des macho-barbus dans la religion musulmane, (sous d’autres aspects dans les autres religions), imposent souvent l’arbitraire et la violence de lois qu’ils décrètent coraniques et dont les principales victimes sont les femmes et les enfants.

Il n’y a pas que l’islamisme versions Hamas, Hezbollah ou Etat Islamique qui soient  critiquables, trop rares sont les musulmans et ceux qui les représentent qui effectuent un travail critique sur leur textes et pratiques religieuses, et dénoncent haut et fort, l’imposture.

De son côté, souvent complaisant, le « politiquement correct français » n’a eu de cesse de culpabiliser ceux qui s’interrogeaient sur le développement du communautarisme et des comportements radicaux de plus en plus envahissants.

Pour continuer de vivre ensemble, de partager l’espace public, la République a pourtant été contrainte de constamment procéder à des rappels, bien trop timides d’ailleurs, à la laïcité.

Une immense cacophonie quand on y pense.

 

Pour bien vivre ensemble, il faudrait éviter de tout confondre : l’origine et la religion sont deux réalités bien différentes ; c’est le premier amalgame qu’il faut cesser de faire : le racisme existe, l’ »islamophobie » non.

Il faut aussi cesser de prétendre que les religions sont opprimées en France, c’est faux ; en revanche, elles oppriment toujours les femmes et c’est un problème dans une République qui vise l’égalité entre les femmes et les hommes, inutile de se le cacher.

Ensuite, il faudrait avec constance, valoriser les valeurs d’humanisme et de respect mutuel au cœur du projet républicain, favoriser le dialogue et les échanges, briser les barrières et les replis ; ne jamais encourager mais combattre fermement toute dérive, toute radicalisation religieuse et/ou politique ; condamner inlassablement les idéologies, postures et délits tels que :

  • stigmatisation et rejet des musulmans et supposés musulmans (personnes d’origine arable et autres, dont français convertis),
  • antisémitisme
  • racisme
  • arbitraire et violence des diktats religieux imposés le plus souvent par une domination masculine décomplexée
  • sexisme
  • atteinte à l’égalité
  • atteinte à la laïcité

–         atteinte à toutes les valeurs républicaines et de progrès

 

La liberté, la démocratie, l’autonomie et l’émancipation des personnes et en particulier des femmes sont à ce prix.

Parce que je suis féministe, forcément, JeSuisCharlie

Christine Le Doaré

 

*1 Le mot « islamophobe » a une histoire, il a été inventé par les islamistes dans le but d’interdire toute critique de l’islam radical.  Il s’agit d’une atteinte au droit fondamental à exercer la liberté d’expression. Les religions ne sont que des croyances qui doivent pouvoir être critiquées.  En utilisant ce mot, nous donnons du pouvoir aux islamistes pour réduire au silence leurs peuples d’abord et puis tous ceux qu’ils considèrent être des mécréants. Cessons d’être complices, de mélanger origine, religion et pouvoir.  Le racisme existe, l’antisémitisme a une histoire, mais les religions elles, ne sont jamais à l’origine de phobie ; il y a les indifférents, les adeptes et ceux qui les combattent, le plus souvent pour d’excellentes raisons et c’est très différent.  Une certaine gauche, certains intellectuels, les Indigènes de la République et leurs amis n’ont que ce mot à la bouche, il faut l’oublier.

http://sisyphe.org/spip.php?article2282

 

*2 Quand un collectif de 20 intellectuels, aux côtés des Indigènes de la République, condamnait Charlie Hebdo.

http://Imsi.net/Pour-la-defense-de-la-liberte-d

 

http://wwwgaucherrepublicaine.org//…/2,article,907..

 

 

Le hijab, et nous, les femmes

imageLa délicatesse est à Mme Morano, ce que le hijab est à la liberté

Nadine Morano et la délicatesse sont de parfaits antonymes mais, il faut tout de même le dire, si le hijab était un signe de liberté, les hommes en seraient tous affublés.

Depuis cette nouvelle sortie tonitruante de Nadine Morano de son lieu de villégiature, tout le monde s’en mêle, les médias comme d’habitude font leurs choux gras de l’insignifiant et les politiques présents à Paris se bousculent devant les micros.

A vrai dire, cette polémique à la française est parfaitement ridicule.

Tout d’abord, Mme Morano ne nous a jamais habitué-e-s à la subtilité, elle s’attaque à une femme dont elle ne connaît rien et l’instrumentalise en la mettant en photo sur son blog.

Je veux bien croire qu’elle a été choquée par le manque de liberté de cette femme qui contrairement à son mari, ne s’est pas baignée, mais il y a bien d’autres façons de traiter de cette question.

Les journalistes comme les médias reprochent à Mme Morano de s’être ainsi emportée, d’avoir fait preuve d’intolérance, de confondre laïcité et racisme et rappellent à l’envie ce que chacun-e sait pertinemment, à savoir : la laïcité ne consiste pas à entraver la liberté de culte.

En revanche, personne ne se précipite pour rappeler que l’oppression des femmes a de multiples visages et que les obligations religieuses imposées aux femmes, ne sont le plus souvent que le fruit de l’imagination et de la volonté des hommes, férus de soumettre les femmes à leur contrôle.

Effacer les femmes de l’espace public en les affublant d’oripeaux qui ressemblent à de sinistres linceuls, dans le but de les dissimuler à la vue de ceux qui ne savent pas se contrôler ou encore, parce qu’ils les considèrent impures, tout ceci relève bien de la violence machiste.

Invisibiliser les femmes et les condamner à n’être que la propriété privée d’un homme, le mari, (le père ou le frère en attendant) en prétextant que telle est la volonté de Dieu, relève bien d’une violence psychologique patriarcale.

Car enfin, dans TOUTES les religions, le voile/hijab révèle essentiellement, une haine des femmes.

Le voile, est bien le drapeau insidieux d’un apartheid de genre, puisque seules les femmes et de rares dignitaires islamistes, (comme en Iran), le portent.

Comme le dit si bien l’écrivain algérien Mohamed Kacimi, « Le voile est un symbole de 3 000 ans de machisme religieux ».

En effet, l’auteur nous rappelle que le voile devient une obligation théologique avec la chrétienté et que c’est Saint Paul le premier qui impose le voile aux femmes.

Le voile est utilisé par l’église « comme un instrument de ségrégation qui fait de la femme un être inférieur, non seulement vis-à-vis de l’homme, mais aussi de Dieu ».

Dans le Coran, il est fait référence à une étoffe recouvrant le corps et plus précisément la poitrine, mais nullement de hijab recouvrant les cheveux et encore moins le visage.

C’est la révolution iranienne de 1979 qui généralise le voile, le hijab « innovation sortie tout droit de la tête des tailleurs islamistes, a supplanté le haïk traditionnel, un carré de tissu blanc. »

L’auteur nous explique que la différence fondamentale entre les 3 religions monothéistes est que l’Islam est « venue au monde comme religion d’état et une religion de conquête qui n’a pas souvent été minoritaire et qui n’a pas été un exemple de tolérance ».

Selon lui, « le hijab est l’effacement et l’abolition virtuels des femmes… Toute fille pubère est donc perçue comme honteuse. Elle est éduquée pour se percevoir, depuis l’âge de 8 ans, comme un objet sexuel potentiel qui doit être dérobé aux yeux de la foule concupiscente. Derrière chaque voile, il y a trois mille ans de haine envers la femme qui nous regarde. » http://m.slateafrique.com/97015/linvention-du-voile-religion-machisme

Par quel raisonnement, tant de gens en France, en arrivent à confondre des notions telles que : la tolérance, le racisme et l’oppression des femmes ?

Ceux qui pensent qu’il faudrait faire preuve de plus de tolérance, revendiquent-ils une tolérance envers l’oppression machiste ?

Ceux qui accusent de racisme les personnes qui s’inquiètent de l’accroissement constant dans l’espace public, du port d’un symbole non pas religieux mais machiste, sont-ils également prêts à cautionner d’autres manifestations machistes dans le même espace public ?

Quelle culpabilité, quelle distorsion idéologique aveuglent ainsi ceux qui ont si peur d’être pris en défaut de « politiquement correct » ?

Bien entendu, il est indispensable de refuser les amalgames et de faire la différence entre la condamnation féministe des stigmates de la domination masculine et par exemple, une récupération politique indécente par l’extrême droite.

Il ne s’agit évidement pas d’agresser les femmes qui portent le hijab, simplement de pouvoir en débattre en toute lucidité et de questionner l’obscurantisme religieux quel qu’il soit et dans tous ses aspects oppressifs.

Les athées subissent, terriblement tolérants quand on y pense, forcé-e-s d’être les otages silencieux de l’influence grandissante des religions dans la sphère publique et la géopolitique mondiale.

C’est terriblement oppressant.

Personnellement, je tolère les religions tant qu’elles restent dans la sphère privée.

Tout ce prosélytisme religieux est accablant : des revendications incessantes pour gagner toujours plus de terrain, un affichage ostentatoire des symboles, des guerres de religion qui dévastent le monde, leur instrumentalisation politique par des voyous qui n’ont de cesse d’asservir des populations et soumettre les femmes, etc.

La liberté de ne pas croire, de vivre dans une société qui ne soit pas imprégnée du religieux au point de tant peser sur nos vies et politiques publiques, doit être réaffirmée.

Faut-il le rappeler ? Tous ces communautarismes, règles, interdits, menaces et massacres, s’amplifient au nom d’un prétendu Dieu (vous remarquez que bien sûr qu’il est masculin !) sans même que la probabilité de son existence n’ait jamais été établie.

Croire est un espoir irrationnel, l’invention d’une éternité, la négation de la réalité d’une fin inéluctable et ce dès notre conception, notre temps de vie étant d’emblée, limité.

La condition humaine c’est de le savoir, de l’assumer et ne pas imposer aux autres ses techniques empiriques pour y faire face, qu’elles se nomment spiritualité, humanisme, religion ou je ne sais quoi d’autre.

Les croyants intelligents et éduqués qui ne s’opposent pas à cette ingérence grandissante, espérant quelques retombées pour leur propre religion, sont aussi redevables de cet état des lieux ; les athées qui au nom d’une obscure idéologie, cautionnent l’intransigeance terrible des dogmes religieux, tout autant.

Il ne fait pas de doute que les hommes règnent toujours en maîtres du monde, eux aussi souffrent des violences religieuses, mais ils ne risquent jamais autant que les femmes.

Il serait temps que les tous les athées, les femmes en particulier, se réveillent pour rappeler que face à ce qui n’est même pas une hypothèse, ne pas croire est amplement aussi légitime, si ce n’est plus, que croire et que les croyants n’ont pas à imposer de la sorte leur imaginaire.

Pour conclure j’imagine une fiction qui – et c’est tout de même un comble -, aurait à elle seule, le pouvoir de mettre un terme à toute polémique sur le hijab, mais qui je le crains, n’a guère de chance de se produire :

Breaking news : à la stupeur générale, le Conseil du culte musulman annonce en ce mois d’août 2014, qu’en l’absence de directives claires dans le Coran, c’est au tour des hommes de porter librement le hijab !

GAZA – Palestine – Israël, à quoi jouent tant de féministes ?

reuters

11 août 2014 actualisation

Dans ce texte, je n’ai jamais eu la prétention d’analyser ce conflit sous toutes ses formes, ni d’être exhaustive, simplement de proposer une grille de lecture féministe.
Je dénonce une lutte machiste incessante pour imposer une domination politique, religieuse, culturelle, sur une autre et ne remonte donc pas jusqu’à l’origine des temps pour établir des responsabilités entre les protagonistes, en général masculins.
Je n’ignore pas les méfaits des guerres de colonisation, (en gros l’histoire de l’humanité) , mais je trouve curieux l’auto-flagellation, en particulier en France, qui consiste à toujours pointer les torts des civilisations occidentales et gommer ceux des autres (Pourtant nos civilisations ont permis, même tardivement, des luttes d’émancipation des femmes et des minorités).
Par exemple, l’esclavage musulman qui a saigné l’Afrique noire, n’est que rarement mentionné et pourtant, une recherche sur Internet permet en quelques clics, d’en mesurer l’ampleur ;  d’autres formes d’esclavage subsistent aujourd’hui dans plusieurs régions du monde.
Je propose une toute autre grille de lecture puisque l’histoire n’est qu’une succession de luttes hégémoniques machistes pour asseoir un pouvoir et contrôler le monde.

 

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05 août 2014 actualisation.

J’ai été déçue par l’analyse de la situation à GAZA faite par la plupart des féministes qui se sont exprimées sur la question . A l’instar de groupes gauchistes et du PCF, elles semblent être restées figées dans les années 70 , nostalgiques d’une représentation fantasmée de la Palestine qui  ne correspond guère à la réalité actuelle.

Je n’ai pas compris pourquoi elles ne condamnaient pas avant tout l’instrumentalisation politique des religions, les motivations machistes de contrôle des populations par des hommes avides de pouvoir, l’obscurantisme, les violences en tous genres, la destruction.

Je n’ai pas compris pourquoi elles cherchaient à lire le conflit à travers des analyses « gauchistes » dépassées plutôt qu’à travers une grille de lecture féministe, encore moins pourquoi elles prenaient partie pour un camp ou l’autre, alors que les deux côtés manifestaient un acharnement à détruire l’autre ; comme si les guerres, en particulier lorsque politique et religion en sont le cœur, n’étaient pas toujours particulièrement préjudiciables, surtout aux femmes et aux enfants.

J’ai été déçue plus encore par celles qui ont traversé ce conflit meurtrier en réussissant à ne pas exprimer la moindre idée, sur la question.

Le mardi 5 août 2014, un cesser le feu est enfin entré en vigueur pour 72 heures et des négociations se sont ouvertes, Israël et le Hamas ayant enfin accepté la proposition de trêve du Caire. L’armée israélienne a retiré toutes ses troupes. Les dernières 48 heures avaient été particulièrement intenses, les palestiniens lançant leurs roquettes sur une douzaine de villes israéliennes et les avions israéliens menant des raids nourris. Israël a toutefois prévenu qu’elle répondrait à toute attaque.

Les négociations seront difficiles les exigences des belligérants étant inconciliables. Le Hamas demande notamment la levée du blocus, alors qu’Israël avance un impératif de sécurité et prétend que le Hamas dispose encore d’environ 3 000 roquettes. Israël exigerait également que la reconstruction de Gaza soit conditionnée à sa démilitarisation. Dans tous les cas, cette région est à feu et à sang et ce n’est pas là de s’arrêter.

Ce que je retiens de ce conflit sanglant c’est que depuis les années 70, la situation dans cette région a considérablement évolué. Il ne s’agit plus seulement d’une guerre entre deux protagonistes, au contraire, elle est menée par de nombreux acteurs qui agissent par procuration.

Les chiites et les sunnites s’affrontent en Irak, en Syrie, au Liban ; des régimes arabes « autoritaires » sont en guerre avec des islamistes (200 000 syriens tués) ; un conflit intra-sunnite déchire l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Egypte et la Turquie. Toutes ces luttes hégémoniques expliquent aussi pourquoi le Hamas soutenu par l’Iran, (la Turquie et le Qatar),  s’attaque à Israël, dans la bande de Gaza. Se faisant, lui et ses alliés s’attaquent indirectement à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite.

La droite israélienne au pouvoir se comporte quant à elle, de manière inqualifiable, nourrit le terreau du terrorisme (même s’il n’a guère besoin d’encouragements), et par ses frappes disproportionnées et non maitrisées à tué sans raison un nombre hallucinant de civils dont des enfants. La seule explication et non excuse, acceptable, étant son isolement dans cette région du monde.

C’est aussi pourquoi il est urgent de comprendre que le conflit entre la Palestine et Israël dépend aussi des luttes qui déchirent les arabes et les musulmans entre eux.

Ce cesser le feu, qui probablement ne durera pas,  est un soulagement ; en revanche, le peu d’autonomie et de secours du féminisme pour proposer des alternatives crédibles d’interprétation et de résolution des conflits guerrier de ce monde, est accablant.

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J’ai écrit cet article le 21 juillet 2014.

Le 31 juillet, 10 jours plus tard, je constate que les manifestations partisanes , en particulier à Paris, pour soutenir un camp et ses exactions ou l’autre, n’ont abouti à rien de positif. Ce sont les civils, otages sacrifiés,  qui continuent de payer le prix fort. Un massacre insoutenable pendant que le Hamas continue ses frappes acec des lance-roquettes disséminés au milieu de la population, accolés aux édifices de l’ONU et qu’Israël bombarde des habitations, des écoles où est entreposé du matériel militaire mais aussi où trouvent refuge des civils.

La seule option depuis le début consistait bien à exiger un cesser le feu inconditionnel et immédiat, à demander ensuite la reconnaissance de deux états sécurisés. Comme à Paris, gesticuler dans des manifestations appelant essentiellement au boycott d’Israel au milieu de reproductions de fusées recouvertes de croix gammées, de drapeaux djihadistes, aux cris de morts aux juifs de ceux qui brûlent des drapeaux israéliens, etc. n’est pas glorieux ; les gauchistes et le PC notamment, qui ont fermé les yeux dans la plus grande démagogie, n’en sortent pas grandis. L’Humanité avec ses dossiers « Gaza mon amour » fait preuve d’un intérêt sélectif troublant pour la bande de GAZA.

Ne pas  dénoncer avant tout, que les deux protagonistes (et tous les autres indirectement impliqués) sont dans une logique hégémonique de domination et de puissance machiste, ne pouvait mener qu’à ce résultat.

Je rejoins l’analyse de Claudie Lesselier, elle aussi féministe, laïque, de gauche, même si elle fait l’économie d’une lecture féminsite de la situation et ne remarque pas que cette situation relève directement de la domination masculine.

http://www.mpctasso.org/spip.php?article1317

 

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Ce conflit plus que tout autre, est révélateur de l’incapacité de féministes à se détacher des idéologies dominantes, aussi machistes soient-elles.

Palestiniennes et israéliennes subissent, comme leur peuple, les conséquences du conflit qui enflamme périodiquement la région, mais elles sont également opprimées par les hommes de leur groupe.

A Gaza comme tout un chacun, les femmes sont touchées par des conditions de vie déplorables, les restrictions et contrôles du blocus israélien, mais aussi par la main mise du Hamas et son incurie, l’endoctrinement politico-religieux de leurs enfants, leur soumission à la charia.
Elles sont terriblement discriminées, ne travaillent pas (à peine 10% de la population qui travaille), subissent des violences conjugales et sexuelles comme partout ailleurs, n’ont aucun contrôle sur leurs droits reproductifs (l’avortement y est interdit), etc.

En Israël la situation des femmes est beaucoup plus hétérogène mais l’influence du religieux s’étend et enferme de plus en plus de femmes dans des traditions d’un autre âge.

Ce conflit résulte de l’une des pires horreurs de de l’humanité : la Shoah.

(Je sais bien que l’idée de la création d’un état juif en Palestine remonte aux environs de 1890 avec la naissance du mouvement sioniste (retour en terre sacrée) ; mais je m’intéresse ici à la création, par l’ONU en 1947,  de l’état d’Israël, proclamée en 1948, après la partition de la Palestine (terre promise aux juifs en 1917 et aux arabes en 1915 par le RU !).
Je fais bien référence à la découverte en 1945 des horreurs de l’Allemagne nazie, à l’histoire de l’Exodus, au partage de la Palestine en deux états par l’ONU en 1947 et à la déclaration de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948 (attaqué dés le lendemain par les arabes qui refusent le plan de l’ONU).
Les combats s’arrêteront en 1949 et l’Etat d’Israël en sortira conforté.)

Déculpabiliser de l’holocauste, réparer en créant un état juif sur ce territoire déjà témoin d’un lourd contentieux entre arabes et juifs, comment douter un seul instant, que cela ne se ferait pas sans une forte opposition  ?
Une compétition inégale pour la suprématie était à l’évidence en germe, dans le projet de création de l’état d’Israël.

Une coexistence pacifique n’était pas pour autant exclue, mais peu crédible, tant notre civilisation regorge d’exemples désastreux de l’incessante lutte de pouvoir virile visant à contrôler toujours plus de terres et de richesses, en dominant femmes et enfants toujours utiles pour perpétrer à l’infini, cette soif de puissance et de supériorité machiste.

L’instrumentalisation politique des religions est l’outil le plus performant pour parvenir à de tels fins et l’Histoire en atteste, les femmes en ont toujours été les premières victimes.

Alors historiens, sociologues et politiques expliqueront à leur façon la genèse, les rivalités et attaques successives du conflit, mais il est possible de résumer la situation à un bras de fer viril pour imposer sa religion, sa culture, ses valeurs à l’autre, l’étranger, différent et donc ennemi.

Israël s’est désengagé de la Bande de Gaza en 2005.

S’y s’entassent 1,7 million de personnes, qui vivent sous blocus israélien depuis 2006/2007, après perpétration par le Hamas d’un coup d’état contre l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas et instauration de la charia.
C’est donc le Hamas, organisation totalitaire terroriste qui contrôle et radicalise ce territoire. Sa gestion est indigente, sans les dons d’associations humanitaires et de pays « amis », la situation sociale et sanitaire de ce territoire, serait pire encore.
Le Hamas et la quinzaine d’organisations rivales salafistes ou jihadistes de Gaza n’ont pas déclenché cette guerre et ne refusent pas le cesser le feu proposé par l’Egypte, sans raison.

Ils savent bien qu’ils vont perdre sur le plan militaire, Tsahal est plus forte, même s’ils sont mieux équipés et préparés que les observateurs pouvaient le penser : les tirs de roquettes soutenus malgré les bombardements prouvent une organisation efficace, des munitions en nombre, des tunnels et souterrains où se terrent les chefs de guerre.
En l’absence des batteries anti-missiles israéliennes « dôme de fer » qui interceptent 90% des roquettes, les dégâts seraient probablement prodigieux en territoire israélien.
Ce qui intéresse le Hamas c’est de gagner sur le plan politique.

Il se sert des Gazaouïs qu’il fait tuer par Israël, il les fanatise ensuite d’autant plus facilement.
Il sait pertinemment que Tsahal pour parvenir à anéantir les lance-roquettes, entrepôts d’armes et responsables du Hamas disséminés volontairement dans les zones surpeuplées, va tuer de nombreux civils, y compris des enfants.
Il s’en moque, il n’a construit aucun dispositif de protection civile, aucun abri où se réfugier pendant les bombardements, il aime les martyres.

Les enfants, il les enrôle, il les utilise comme boucliers humains.
Qui n’a pas vu cette vidéo où des centaines d’enfants en uniforme, armés jusqu’aux dents, s’entraînent à haïr les juifs « parce qu’ils sont des animaux » ; où un militant du Hamas empoigne un gosse pour traverser une zone sous le contrôle d’un sniper israélien ?
* 1. Vidéo : Le Hamas et les enfants gazaouïs « Where is UNICEF ? »

Le président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas, a tenté en vain, d’obtenir un cesser le feu en parlementant avec des représentants du Hamas et du Palestinian Islamic Jihad.
Abbas a ensuite rencontré le premier ministre turc Recep Erdogan pour lui demander d’intercéder en faveur du cesser le feu, toujours sans succès.
La Ligue arabe a soutenu le cesser le feu égyptien mais le Hamas n’en a cure et décide seul, du sort des Gazaouïs car son intention clairement affichée est bien la destruction pure et simple de l’état d’Israël : «Avant de mourir Israël doit être humiliée et dégradée. » Khaled Mechaal – chef du Hamas (Al Aqsa TV, 2008)

De son côté, Israël a un gouvernement de droite depuis trop longtemps.
Le moins que l’on puisse dire est que ce gouvernement ne facilite pas le rapprochement des deux peuples, nombre de ces choix sont condamnables.
Il viole délibérément les accords de paix, cautionne voire organise une expansion constante des colonies israéliennes et peine à contrôler sa droite dure et ses extrémistes religieux.

L’offensive terrestre, même pour détruire les tunnels très dangereux pour Israël, même après le refus du cesser le feu par le Hamas, était une erreur.
Le risque de provoquer un carnage dans la population civile était beaucoup trop grand.
Pour défendre sa population des tirs de roquettes, Israël ne pourra pas justifier la mort de tant de civils, en particulier d’enfants, même si les Gazaouis sont beaucoup plus inféodés au Hamas qu’il y a quelques années.

Déjà en 2006 la riposte israélienne à une agression terroriste était disproportionnée, et ce même si en réalité, il ne s’agissait déjà plus de se défendre contre des armes « artisanales » mais bien contre des armes meurtrières fournies en nombre par l’Iran.
Depuis, le Hamas et son rival, le Djihad islamique, ont renforcé leur arsenal (roquettes iraniennes Fajr 3 et 5 et obus mais aussi missiles dernier cri, M-302 iraniens fabriqués en Syrie et missiles R-160 et Grad), de quoi atteindre la totalité du territoire israéliens.

On comprend bien pourquoi Israël tient à anéantir cet arsenal et les organisations totalitaires qui les détiennent, mais l’offensive terrestre avec un nombre aberrant de civils tués, fait le jeu de ces organisations et personne ne peut tolérer autant de civils tués.

Avec un peu de recul et une lecture féministe de la situation, il saute aux yeux que toute cette énergie guerrière, toute cette violence machiste relève purement et simplement de la domination masculine.
Alors je m’interroge quand je vois des féministes contribuer à exporter ce conflit en France, se ranger derrière l’un ou l’autre camp plutôt que de favoriser exclusivement l’étude d’un plan de paix équitable et durable, et plus encore, de ne pas s’intéresser à ce que les femmes israéliennes et palestiniennes pourraient faire ensemble pour résoudre ce conflit.

Pourquoi certaines féministes défilent-elles derrière des banderoles : « soutien total à Gaza » ? Soutenir Gaza en bloc, n’est-ce pas aussi soutenir l’autorité terroriste qui la manipule ?
Pourquoi certaines prennent-elles le risque de se mêler aux islamo-fascistes  et relayent cette fable grotesque d’un « génocide à Gaza », alors qu’il n’y a aucune volonté d’éradication ethnique de la part d’Israël et que la notion de génocide répond à des critères juridiques très précis ?

*2: IL faut lire l’analyse d’ Ayala Prager”The semantics of conflict: GAZA and the myth of genocide”, sur son blog The girl makes noise.

Pourquoi à l’inverse, d’autres soutiennent-elles d’une seule voix le gouvernement Netanyahu, allant même parfois jusqu’à cautionner les actions intolérables de la Ligue de Défense Juive et du Betar en France ?

Une banderole : « Cesser le feu immédiat – paix ! « ou « stop bombardements sur Gaza et roquettes sur Israël – paix ! « ou encore, un cortège féministe « femmes palestiniennes et israéliennes pour une paix durable », tout plutôt que Palestine ou Israël vaincra, je comprendrais.

Le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud dans son article * 3 « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine » est tellement plus cohérent quand il écrit : « D’abord non à la « solidarité » sélective. Celle qui s’émeut du drame palestinien parce que se sont des Israéliens qui bombardent. Et qui, donc, réagit à cause de l’ethnie, de la race, de la religion et pas à cause de la douleur. »
A côté, le PCF, avec son soutien inconditionnel à la Palestine, qui fait comme si rien n’avait changé depuis 2006/2007, m’inquiète beaucoup.
J’ai l’impression que s’il a évolué sur beaucoup de points, sur celui-ci, il trempe toujours dans son bain de formol.

La situation est éminent complexe.

Espérer un rapprochement entre les deux peuples, la reconnaissance internationale d’un état palestinien avec à sa tête un gouvernement démocratiquement élu, le Hamas et tous les groupes totalitaires désavoués, tout ceci semble bien relever de l’utopie pour l’immédiat.
Dans tous les cas, cela ne se fera pas à coups de soutiens partisans ni d’incantations à la paix.

Les accords d’Oslo avaient apporté l’illusion d’une paix entre deux états.
Mais l’objectif du Hamas est on ne peut plus clairement écrit dans sa chartre : anéantissement d’Israël et l’assassinat des juifs.
Il est certain que donner un état au peuple arable palestinien n’est pas sa priorité.

En outre, en Syrie, en Algérie, au Nigéria, en Irak, au Soudan, au Liban, etc. Israël n’est pas en cause, les massacres sont intra-islamiques.
Cette logique mortifère, il est temps que les arabes eux-mêmes la dénoncent, c’est d’ailleurs ce que tentent de faire, en nombre insuffisant, l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, Boualem Sansal, Malek Chebel et quelques autres.

Difficile d’être aussi crédule aujourd’hui, difficile d’imaginer mieux qu’un cesser le feu et son contrôle imposé par les autorités internationales.

Difficile aussi de ne pas être choquée par la différence idéologique faite entre toutes les victimes des guerres et des conflits.
L’indignation sélective française a quelque chose d’indécent : un quasi silence face aux centaines de milliers de morts en Syrie, mais un quartier de Paris mis à sac pour les morts palestiniens ?

Des féministes prêtes à défiler au milieu de femmes voilées exhibées par des propriétaires arborant un T-shirt : Émirats Arabes devant et Boycott Israël derrière, mais qui n’ont jamais organisé le moindre défilé contre le féminicide des femmes dans le monde ?

Confrontées à un conflit sanglant il semble bien que trop de féministes figent le temps, la zone de conflit et se rangent derrière les idéologies dominantes, un peu comme si le féminisme ne leur servait plus à rien, ne constituait plus un projet de société universel et intemporel.
Tout semble indiquer que dans un tel contexte, le féminisme cesse d’être une grille de lecture et d’analyse, n’offre plus une solution globale de vie en société.
Des gouvernements réactionnaires ou totalitaires, non paritaires, non féministes, imprégnés de dogmatisme religieux, qui mènent à des impasses d’antagonismes, ne sont tout d’un coup, plus dénoncés.
Voici qui est particulièrement grave et désespérant, plus encore que la somme de toutes les victimes des conflits subis par l’humanité depuis son origine.

Des puissances machistes successives s’emploient à mettre à feu et à sang une région du globe après l’autre depuis la nuit des temps, il serait temps d’en prendre vraiment conscience et de proposer d’authentiques alternatives féministes avant que l’humanité ne soit plus qu’un souvenir.

Christine Le Doaré

* 1. Vidéo : Le Hamas et les enfants gazaouïs : « Where is UNICEF ? » : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10152628481158938&id=749633937    

 

*2: Ayala Prager”The semantics of conflict: GAZA and the myth of genocide”, blog : The girl makes noise : http://t.co/7JiMj8KQM0    

 

*3 Par le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine » : http://www.medias24.com/tr13202Ce-pourquoi-je-ne-suis-pas-solidaire-de-la-Palestine.html

Crédit photo : Finbarr O’Reilly/Reuters)

Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !

pancakes-158510Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !
Ou pourquoi, à peine connues, les théories « féministes « post-modernes sont vouées aux poubelles de l’Histoire.

« Islam et prostitution : les féministes, le voile et le string » de ValérieCG ou Crêpe Georgette. Vous ne rêvez pas, dans un même titre, s’enchaînent les mots : Islam, prostitution, féministes et voile. String c’est juste pour faire style.

Surprenant ? Pas vraiment, depuis quelque temps déjà, une mouvance constituée de : bloggeuses influentes (notamment « Les Déchaînées »*1.), aussi la nébuleuse « 8marspourtoutes » *2., de Morgane Merteuil et d’autres du STRASS *3 et aussi d’Act-Up Paris, de quelques militants du NPA, aussi des Verts et de quelques universitaires amplement médiatisés, a pour ambition de parvenir à décrédibiliser puis diviser le mouvement féministe, en récupérant certaines luttes de femmes.

Les théoriciens et théoriciennes du « féminisme » post-moderne dit improprement « pro-sexe », nullement effrayéEs par les amalgames improbables, récupèrent des luttes de femmes que la société rejette et /ou que leurs « choix » isolent.
Ces femmes, à priori, tout les oppose : les unes revendiquent de se voiler « librement », les autres de se prostituer « librement ».
On ne peut imaginer plus grand écart entre les motivations et revendications d’un tel rassemblement, mais le mot « librement » a indéniablement un fort pouvoir d’attraction sur les libertariens !

D’un côté, nous avons des femmes voilées qui semblent ignorer que des générations de femmes se sont battues pour s’en affranchir, que des femmes sont, en France, sommées de le porter par les hommes de leur entourage, que d’autres femmes dans le monde sont harcelées, lapidées et assassinées quand elles ne le portent pas.
En tous cas, elles s’acharnent à défendre en France, ce morceau de tissu qu’aucun texte religieux n’impose, mais infligé aux seules femmes par des hommes qui encore et toujours exigent de les contrôler et entravent leur liberté.
Paradoxalement, ces femmes s’entêtent à leur donner raison et se déclarent « libres », certaines le sont sûrement, mais combien sont instrumentalisées par le « féminisme islamique », des islamo-gauchistes et intellectuels si bienveillants à leur encontre ?

De l’autre, des prostituéEs qui semblent ignorer qu’en guise de liberté, elles participent à l’organisation patriarcale d’une distribution des rôles agencée pour garantir aux hommes une mise à disposition des corps des femmes.
Réduites à une convenance sexuelle, elles n’expriment aucune solidarité envers les femmes forcées dans la prostitution, comme si elles ignoraient que les clients ne s’inquiètent jamais de la situation des femmes et filles qu’ils payent, que leur demande nourrit une traite criminelle et un sordide trafic d’êtres humains.
Une liberté d’entreprise incompatible avec la défense des droits humains et à fortiori des droits des femmes.

Rien de bien moderne, subversif ni féministe dans ces revendications, si ce n’est que le mot « librement » justifie tout, y compris de renforcer le contrôle et les violences contre les femmes puisqu’elles semblent y consentir.
En réalité dans un cas comme dans l’autre, des femmes souffrent du regard de la société, de violences et de discriminations mais plutôt que de lutter contre les raisons de leurs problèmes à savoir, l’arbitraire de l’interprétation masculine des religions et les violences sexuelles de la domination masculine, elles tentent d’aménager leur oppression plutôt que de l’abolir.
Erreur fatale, l’oppression ne s’aménage pas, elle s’abolit.

Le mouvement féministe est loin d’être parfait et ne se préoccupe probablement pas assez des multiples discriminations de sexe, classe, race-racisation-, il est compréhensible que des femmes se pensent laissées pour compte ; en revanche, ce qui est scandaleux c’est l’instrumentalisation éhontée de frustrations légitimes par des intellectuels et des activistes que l’honnêteté intellectuelle n’étouffe pas.
Le relativisme culturel est pourtant de plus en plus contesté, à commencer par les femmes concernées dans les pays arabes ; les femmes du monde entier sont solidaires face à des violences et discriminations qui les concernent toutes, c’est ça le féminisme et le relativisme culturel les divise.
Le soutien direct ou indirect de plus en plus flagrant aux industries du sexe, que les femmes dès qu’elles sortent de la prostitution, dénoncent en grand nombre, est de plus en plus difficile à cacher.
Nous vivons dans un monde formidable : les systèmes d’oppression, les industries n’ont même plus besoin d’assurer leur maintien et défense eux-mêmes, des personnes et groupes se présentant comme subversifs le font bien mieux à leur place !

Ce sont les mêmes qui nous rabattent les oreilles de l’intersectionnalité des luttes, concept utile pour exiger des femmes qu’elles attendent le grand soir pour revendiquer des droits spécifiques ; dommage, l’Histoire et même la plus récente nous prouve qu’elles sont alors très vite muselées et renvoyées à leur oppression.

Aucun des arguments avancés dans le texte « Islam et prostitution… », au paroxysme de cette posture aberrante ultra-libérale et islamo-gauchiste et qui revient à promouvoir un racisme de l’occident pas plus intelligent que ne l’est aucun racisme, ne résiste bien longtemps à une lecture un tant soit peu critique et surtout féministe.

« La lutte contre le voile, outil fédérateur d’un féminisme en mal de visibilité » !
Il faut le lire pour le croire ! La lutte contre les discriminations, l’éducation à l’égalité, la lutte contre les violences (le viol, les violences conjugales, etc.) sont des sujets fédérateurs parmi bien d’autres et depuis toujours, pour les militantes féministes.
En outre, la question du voile est un vrai sujet de société sur lequel les féministes aussi ont leur mot à dire car religions, interprétation masculine des religions et oppression des femmes ont toujours été fortement liés !

« Civiliser les femmes musulmanes : « mission oppression », au nom du féminisme » !
Entre culture du complot et fantasme de persécution de type « Indigènes de la République » ! Comment croire une seule seconde que le mouvement féministe penserait à « civiliser les musulmanes » ?
Les femmes du monde entier ont toujours cherché à s’affranchir du poids des religions, de toutes les religions et de ce qu’elles imposent aux femmes.
Quelle pathétique névrose que de masquer les voix des féministes du monde musulman qui résistent pour mettre en avant les « féministes islamistes », instruments des pouvoirs intégristes !

« 2013, le féminisme anti-putes s’offre les feux de la rampe » !
Référence à la loi d’abolition de la prostitution qui comporte la pénalisation du client prostitueur. Comme si depuis toujours le mouvement féministe n’était pas abolitionniste de la prostitution, plutôt que complaisant à l’égard des hommes qui abusent du pouvoir de l’argent pour contraindre des femmes à une sexualité non désirée ?
Mais c’est quoi au juste le féminisme sinon l’émancipation des femmes pour l’égalité femmes-hommes, une société qui se libère des dominations, exploitations et violences et abolit les privilèges patriarcaux à commencer par les plus anciens et à l’origine même du patriarcat : l’appropriation du corps des femmes pour la sexualité et la reproduction dans le mariage comme dans la prostitution ?!

Tout est à l’avenant, les fondamentaux d’un féminisme universel et laïc sont bafoués dans un jargon complotiste, des arguments absurdes, une grossière manipulation idéologique.
Qui donc peut être dupe ? Cette mouvance, démasquée depuis un certain temps déjà, ne poursuit en réalité pas d’autres buts que la perpétuation du patriarcat, alors je me demande bien pourquoi ces « féministes » de pacotille continuent de faire semblant ? Croient-elles vraiment pouvoir ainsi souiller les luttes féministes et tromper celles et ceux qui les suivent, encore longtemps ?
Pourquoi ne disent-elles pas clairement qu’elles sont du côté de l’oppresseur, des dictats religieux, du contrôle des femmes ? Pourquoi ne rejoignent-elles et ils pas les masculinistes, les islamistes, enfin qui elles et ils veulent, mais cessent d’usurper le nom de féminisme ?

Quelle terrible imposture, les seulEs véritables « putophobes » et « islamophobes » ce sont eux, tout juste bons à attiser la haine et à diviser.

Christine Le Doaré

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*1 Les Déchaînées : Valérie CG et Crêpe Georgette + Daria Marx + Gaëlle-Marie Zimmerman et A Contrario : http://www.crepegeorgette.com/2014/03/17/creation-de-lassociation-les-de-chainees/

l’article objet de ce post : « Islam, prostitution, … » : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.dechainees.fr%2F2014%2F02%2F27%2Fislam-prostitution-feminisme-voile-string%2F

*2
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/09/un-etrange-8-mars-2014/
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/04/encore-un-8-mars-et-des-questions-qui-fachent/

*3 STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

Les droits des femmes en sont Verts de rage !

150PX-~1Le mardi 11 mars, les députés européens votaient le rapport Zuber et la recommandation faite aux états membres de « garantir le respect du principe fondamental de l’égalité de rémunération à travail égal entre les femmes et les hommes ».

La mobilisation réactionnaire contre les droits des femmes bat son plein alors, il fallait s’en douter, les députéEs européens de droite voteraient contre et rejetteraient le rapport.
En revanche, que les Verts, pour moitié, s’abstiendraient et de fait s’allieraient à la droite pour faire capoter une recommandation importante en matière d’égalité, ça c’était plus inattendu et surtout fâcheux.

Pour quelle raison suffisamment importante ont-ils pris, et dans la plus grand désinvolture, un tel risque et ainsi bafoué les droits des femmes ?
Mais la prostitution bien sûr !
Ce rapport ne comportait qu’une simple allusion à la question de la prostitution, pourtant, y lire que « la prostitution est une violence faite aux femmes » leur a été tellement insupportable qu’il leur a semblé utile de s’allier à la droite et à l’extrême droite, contre les droits des femmes.
Déjà, lors du vote de la loi d’abolition de la prostitution à l’Assemblée Nationale, le groupe EELV n’avait pas semblé s’émouvoir que son intervention ait été applaudie à tout rompre par l’extrême droite et partie de la droite.

Chez les Verts réglementaristes, infiltrés par des groupuscules de défense du lobby prostitueur, il est « interdit d’interdire », alors forcément ils ne supportent pas l’idée même d’imposer aux clients une remise en cause d’un privilège sexuel archaïque.
Ignorent-ils que des esclaves aussi refusaient d’être affranchis, se disant satisfaits de leur sort, fallait-il pour autant ne pas abolir l’esclavage ?

Leur approche des politiques de santé est hygiéniste : les clients et donc les personnes prostituées ne doivent pas être contaminés aux IST. Certes, mais ils refusent de s’intéresser à l’humain dans sa globalité, sa santé sexuelle, physique et mentale ; concernant les violences sexuelles, ils sont dans le déni, ils ignorent tout de la distanciation nécessaire pour gérer des actes sexuels non désirés, de la dissociation pour supporter l’impensable : subir à répétition des actes sexuels imposés par l’argent.
Ignorent-ils que la demande nourrit la traite et qu’aucun client ne se demande quelle est la vie de la personne prostituée, si elle est sous influence, sous la coupe d’un réseau, si elle est mineure ? L’argent déresponsabilise les clients et les Verts les cautionnent sachant que le plus souvent, la prostitution reste une violence imposée, dans une immense majorité, aux femmes.

Indisponibilité marchande des corps humains, est-ce si difficile à comprendre pour des Verts qui prônent la décroissance ?
La caution du viol tarifé est un choix politique, ce choix cautionne les violences sexuelles faites aux femmes et place ceux qui le font, du côté de l’oppresseur et contre les droits des femmes, un point c’est tout. Une fois de plus, démonstration en est faite et le dernier communiqué d’EELV, tentative pathétique de justification, éclaire les contradictions dans lesquels sont plongés les écologistes.

Quand revendiquer un droit au débat, sur une question marginale à une recommandation d’égale rémunération favorable aux droits des femmes, conduit au rejet de cette recommandation, il faut soit arrêter de faire de la politique, soit arrêter de prétendre défendre les droits des femmes.

Christine Le Doaré

Un étrange 8 mars 2014

Manifestation unitaire 8 mars 2014 007Des médias et même des militantEs se sont sentis obligéEs de dire qu’il y avait deux manifestations féministes à Paris, le 8 mars 2014 ; par conséquent leur association avait été contrainte de se diviser en deux ; certainEs ont même annoncé défiler dans les deux cortèges, passer de l’un à l’autre.
Deux cortèges féministes le même jour, vous y croyez-vous ?

Non, il y avait bien une manifestation unitaire féministe, laïque et universaliste (principes fondateurs du féminisme) et une contre-manifestation dont nombre de slogans tel que: « Nous sommes des putains de féministes », étaient tout bénéfice pour les industries du sexe. D’autres slogans n’auraient pas déplu aux commissaires politiques religieux et à leurs instruments : père, frère, mari.
Un 8 mars pour remplir d’aise les machos de la planète !

Une contre-manifestation, ce n’est pas une « autre manifestation féministe », la nuance est de taille et ses organisateurs, « #8marspourtoutes » et ses alliéEs, ne s’embarrassaient pas d’un double langage.

La liste des revendications de la contre-manifestation ressemblait à celle de la manifestation unitaire, à deux ou trois « gloubi-boulga « près, que l’on peut résumer par le soutien à la légalisation de la prostitution et au relativisme culturel.
Une marmite ANTI-SYSTÈME, ultra-gauche tendance Indigènes de la République, teintée d’antisémitisme, le tout à la sauce « pro-sexe » post-modernes, STRASS, etc.

Je me demande bien pourquoi les militantEs #NPA, #EELV, #LGBT, « féministes », etc. qui ont rejoint la contre-manifestation, ont eu besoin, pour l’assumer, de jouer sur les mots et de se raconter des histoires ? Que des médias, tel « Libération », titrent « Deux manifestations féministes ce week end à Paris » n’étonnera personne, mais que des militants politiques et associatifs se fourvoient dans un soutien à cette contre-manifestation est tout de même sidérant.

La manifestation unitaire, certes imparfaite mais pleine de diversités, fidèle aux fondamentaux du féminisme, aurait mérité de plus de soutiens ; quant à la contre-manifestation, elle n’a pas mobilisé à la hauteur des espérances de ses organisateurs ; il faut croire que ni l’entrisme, ni l’imposture ne sont payants.

L’histoire du féminisme est pleine de groupes et de projets différent, une diversité aussi faite de divergences, mais ses principes fondateurs sont toujours d’actualité : les droits et libertés des femmes sont universels et la laïcité est préférable aux lois religieuses pour les garantir.
La fonction première du patriarcat a toujours été l’appropriation sexuelle et reproductive des femmes. Les slogans du type « féministe pute » ou « nous sommes des putains de féministes » ne font que renvoyer les femmes à l’un des rôles que la domination masculine leur assigne : la mise à disposition sexuelle comme si elles n’étaient que des commodités. Des machistes, masculinistes, proxénètes, etc. ne proposeraient pas de pires slogans !

Cette contre-manifestation relève de la récupération post-moderne, c’est une imposture, qui ne libère en rien les femmes mais sert les intérêts des dominants.

PS 1 :
En matière d’intersectionnalité des luttes, concept très à la mode chez les post-modernes « pro-sexe » et leurs alliés, il faut relire ce texte qui rappelle la nécessaire solidarité de la classe des des femmes contre le patriarcat et le capitalisme/libéralisme et pointe du doigt le piège de l’intersectionnalité qui ne vise jamais à abolir les privilèges masculins. Bien entendu, les questions de classe et race doivent être traitées au sein du mouvement des femmes.
http://beyourownwomon.wordpress.com/2012/08/15/ignorer-et-defendre-le-male-le-piege-de-lintersectionalite/

PS 2 :
Lire également de GLOSSWITCH : “Sex-positive” feminism is doing the patriarchy’s work for it » paru dans http://www.newstatesman.com/

http://www.newstatesman.com/lifestyle/2014/03/sex-positive-feminism-doing-patriarchys-work-it

En français :  » Le féminisme pro-sexe fait le sale boulot du patriarcat  »
https://www.facebook.com/notes/martin-dufresne/le-f%C3%A9minisme-dit-pro-sexe-fait-le-sale-boulot-du-patriarcat/10153954677065595

Christine Le Doaré

Insupportables enfermements identitaires !

20130823-155043.jpgUne intégration réussie, c’est l’adhésion à un socle commun, enrichi de diversités culturelles.

En France vivent des gens qui croient. Ils croient en une force supérieure qui nous aurait fabriqué ce monde, nous y ferait naître et mourir, dans un dessin déterminé.
Ceux qui croient en cette force, l’appellent Dieu.
Pourquoi pas, chacun peut bien croire en ce qu’il veut, Dieu, le soleil, les elfes, la matière ou l’Humain, surtout si ça l’aide à accepter la condition humaine, une inévitable solitude intérieure, son insignifiance face à l’immensité de l’univers, la conscience d’une mort inéluctable.

Seulement voilà, rien n’a jamais été avéré, toute croyance relève de l’imaginaire, bref, il ne s’agit en rien de révélations, mais bien d’hypothèses.
Vous en conviendrez, il serait irrationnel d’accorder à de simples hypothèses, une autre place que celle de vivre dans l’esprit et la conscience de celles et ceux qui font le choix de croire.
Pourtant, depuis des millénaires les religions ont mené le monde ; chacune portée par des hommes convaincus que Dieu, c’est le leur et pas celui du voisin ; toutes liées par d’immenses massacres, toutes en grande partie responsables de l’oppression des femmes, des personnes homosexuelles et autres minorités.

En France, nous avons fini par adopter des règles politiques pour nous permettre de vivre ensemble, athées et croyants de toutes confessions confondues.
La religion à l’âme et dans la vie civile, citoyenne et politique, une relative neutralité et la promotion de valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité (au moins en droit, parce que dans les faits, c’est évidemment assez loin du compte).
Depuis 1905, la loi consacre la séparation des Églises et de l’État, et nous vivons dans un état laïc.
La laïcité bien pensée ne veut pas dire que les religions n’ont pas voix au chapitre, mais qu’elles ne doivent pas influencer la vie civile et rester dans la sphère privée.
A l’évidence, des interférences sont inévitables, par exemple, l’état finance une partie des écoles privées religieuses (même si on comprend bien l’intérêt de maîtriser certains cursus et programmes).
Pendant des décennies, tout a semblé s’articuler ainsi, l’état d’un côté, l’église de l’autre, non sans quelques heurts, mais dans une relative harmonie.

Mais ces dix dernières années tout va de travers et c’est de pire en pire.
Les enfermements identitaires sont comme d’immenses murailles, de plus en plus infranchissables.
Chacune des trois religions monothéistes, à des degrés différents certes, se radicalise ; la séparation des pouvoirs est de moins en moins une réalité, l’influence des religions dans la vie civile est de plus en plus inquiétante.
Les modérés sont en retrait et laissent de plus en plus souvent les intégristes occuper le devant de la scène.
Chaque, obédience son crédo, ses obsessions et ses méthodes.
Les uns ne veulent pas de mixité dans les piscines, agressent les médecins masculins qui examinent leurs femmes, marient leurs filles de force ; d’autres débranchent les interphones des immeubles le vendredi soir ; d’autres encore assassinent de jeunes libertaires ; etc.
Indéniablement, les intégristes de tous bords s’accordent pour restreindre les droits et libertés des femmes, qu’il s’agisse de contraception ou avortement, de tenue vestimentaire, de sexualité, etc. Tous s’entendent aussi, de façon plus ou moins virulente, pour refuser l’égalité des droits aux couples de même sexe.

Des quartiers, des rues ou parties de rues, autour d’une église, d’une mosquée ou d’une synagogue ; des immeubles entiers se transforment en ghettos quasi intégristes de l’une ou l’autre religion. Chacune dans son style, la tenue de sortie de messe est tout aussi stéréotypée à St Nicolas du Chardonnay, qu’à la Synagogue de la rue des Tournelles ou autour d’une mosquée de la Goutte d’or.
Il est désormais impossible de se promener dans un des bois de la capitale le dimanche en été, sans tomber sur des pique-niques familiaux regroupant sur des emplacements bien délimités, des femmes et des hommes qui semblent sortis d’un autre siècle.
Les hommes s’en sortent un peu mieux, mais les femmes sont couvertes de la tête aux pieds, arabes, comme juives, l’idée étant de les protéger des regards masculins concupiscents, un peu comme leur attacherait autour du cou un écriteau « propriété privée, ne pas regarder » !
Et d’une année sur l’autre, c’est de plus en plus imposant et pesant.

L’église catholique a perdu de sa superbe en France après les années 70, ses groupes intégristes n’ont pour autant, jamais disparu.
Ils se fondaient dans la population des beaux quartiers et rendaient de temps à autres de menus services, à l’extrême droite notamment, agressant de temps à autres, tantôt des étudiants, tantôt des minorités. Ils ont démontré leur capacité à se mobiliser à l’occasion des débats sur le mariage pour tous où ils se sont illustrés par une violence misogyne et homophobe, mais jusqu’alors, leurs interventions étaient plutôt marginales.
Bien entendu, la religion catholique est instrumentalisée politiquement, notamment par une partie de la droite, et par l’extrême droite, nous l’avons bien vu lors des évènements déplorables du mariage pour tous, mais une grande majorité des catholiques modérés, s’était jusqu’alors, clairement démarquée des agissements violents des intégristes.
Dans tous les cas, la critique de l’église catholique et de ses prises de position a toujours été libre et vivace en France. Un certain anticléricalisme ayant même plutôt bonne presse.
Le mot « catholicophobie » n’existe pas.

Le judaïsme en France, m’avait toujours semblé être plutôt discret, tolérant et bien intégré à la société française. En outre, cette religion concerne un peu plus d’1% de la population française, elle est donc très minoritaire.
Les rares fois où elle fait parler d’elles, c’est lorsque l’un de ses membres est agressé.
Je me souviens avoir croisé pour la première fois, des femmes habillées comme des paysannes, avec des bas, longue jupe et tête couverte, et des hommes en costume traditionnel, c’était en 2006 lors d’un voyage en Israël, à Mea Sharim, dans le quartier intégriste de Jérusalem ; aujourd’hui, à Paris, j’en croise chaque jour.
Dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que kasher et/ou israélites.
Comme en écho au radicalisme musulman, un radicalisme judaïque se développe.
L’antisémitisme est toujours bien prégnant en France, il doit être combattu sans relâche.
Les critiques émises contre le judaïsme, ses dignitaires et ses pratiques, ne soulèvent pas l’indignation ni des communautés juives, ni des intellectuels ou des politiques français ni étrangers.
Le mot « judaïsmophobie » n’existe pas.

Depuis que je suis arrivée à Paris, à l’âge de 24 ans, j’ai des ami-e-s maghrébin-e-s, j’ai partagé 5 ans l’intimité d’une algéroise dont je connaissais la famille, à Paris et en Algérie, et j’ai toujours habité dans l’est parisien où les immigrés sont en grand nombre.
Il y a 20 ans, beaucoup d’entre eux étaient athées, certains musulman-e-s, mais très peu pratiquaient le ramadan, et aucune femme n’était voilée. Cette religion concerne un peu plus de 6% de la population française, c’est la 2nde religion du pays.
Aujourd’hui, le ramadan est quasiment obligatoire, dans beaucoup de cantines, on mange hallal, dans beaucoup de piscines il y a des créneaux mixtes et non mixtes, etc.
Dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que hallal et/ou coraniques ; une femme sur deux est voilée.
Bien sûr, le racisme est bien vivant en France, à l’encontre des populations d’origine arabe notamment ; il doit être combattu sans relâche.
A l’inverse des deux autres religions, toute critique, même modérée de l’islam radical, de la charia, des mollahs, de dérives, suscite de fortes réactions et même la réprobation d’une partie des intellectuels et politiques, en particulier Verts et de l’ultragauche (« islamo gauchistes » comme les Indigènes de la République…).
Par exemple, la responsable de Luttes Ouvrières considère que Gaza est « un camp de concentration ».
En réalité, Gaza est une prison, il est temps de trouver des solutions équitables et pérennes pour régler la situation dans cette partie de la planète, mais Gaza n’est sûrement pas un camp de concentration, la nuance n’est pas un « détail de l’histoire ».
Il semble interdit de critiquer l’Islam, le mot d’islamophobie a même été inventé à cet effet.

Ce concept d’ »islamophobie » interdit toute critique de l’islam radical ailleurs comme chez nous.
Pourtant, dans une république laïque, une religion qui n’est après tout qu’un ensemble d’opinions et de pratiques doit s’attendre à être observée de près, c’est même au degré de liberté de critique que l’on reconnait une démocratie.
Pourtant, des trois religions, c’est celle qui de nos jours, dans sa version radicale (la charia), condamne à mort les personnes homosexuelles, excise les femmes, les lapide au prétexte qu’elles sont soupçonnées d’être infidèles ou pire encore parce qu’elles ont été violées et déshonorent leur communauté, et au quotidien les emmure vivantes dans des tenues, pour les soustraire au regard des hommes, qui seuls ont le droit de vivre au grand jour.
Alors bien sûr, nous n’en sommes pas là en France. Toutefois, par bien des égards, la situation des femmes entre mariages forcées et le port de la Burqa dont on ne sait jamais s’il est contraint ou non, est très préoccupante.
N’oublions pas que les femmes arabes se sont jadis libérées, aussi dignes, indépendantes et libres que les occidentales, elles avaient repris leur destin en mains, mais le poids des conservatismes religieux les a rattrapées et de nouveau enfermées.
Les occidentales fraîchement converties, originaires de Bretagne ou de la Creuse, feraient bien de s’en souvenir. Les chantres de la démagogie feraient bien de remiser leur relativisme culturel au vestiaire de l’histoire.
Au final, je suis persuadée que ce concept d’ »islamophobie » fait plus de dégâts qu’il n’aide à régler les problèmes. Il engendre encore plus de racisme et rejet.
Non seulement, les français n’osent pas, extrémistes mis à part, critiquer les entorses à la laïcité, mais les musulmans modérés, paisibles et respectueux des valeurs républicaines, n’osent plus, sous peine d’être montrés du doigt par les plus radicaux d’entre eux, se démarquer d’actes, comportements intégristes et violents.
En réalité et de différentes manières, les islamistes se servent des musulmans, ils se moquent bien de savoir ce qu’ils vont subir de leur fait, ils instrumentalisent la religion à des fins politiques. C’est le pouvoir et seulement le pouvoir qui les motive.

A l’évidence, il va nous falloir comprendre très vite pourquoi, quel que soit le pays d’origine et la religion, l’intégration républicaine ne fonctionne plus et y remédier.
Personne ne l’ignore, les conditions de vie économiques et sociales de familles issues de l’immigration, une certaine faillite de l’éducation nationale et des politiques de la ville et des banlieues, sont à juste titre pointées du doigt.
Mais, le sens des réalités nous contraint aussi à relever que le volume des aides sociales et publiques consacrées à aider ces familles est aussi infiniment plus élevé que dans nombre de pays européens et surtout que trop de parents, toutes confessions confondues d’ailleurs, ne prennent plus vraiment la peine d’élever leurs enfants et encore moins de leur transmettre des valeurs, ne serait-ce que le respect de l’autre et de sa culture, surtout, le respect du socle commun de valeurs du pays dans lequel ils vivent et se sont parfois réfugiés.

Dans tous les cas, je ne pense pas que respecter le socle commun des valeurs républicaines et de la laïcité soit contraire à l’intérêt des populations, en particulier des femmes ; bien au contraire, c’est même la seule garantie d’évolution favorable pour elles.
L’évolution vers toujours plus de religieux, toujours plus d’affichage des symboles d’appartenance religieux, quels qu’ils soient, et qui se répondent les uns aux autres jusqu’à plus soif, dans notre espace public, est proprement accablante.
Pour que le pacte républicain fonctionne, il faut certes que l’état fasse son autocritique, mais il faut aussi que toutes les minorités qui veulent vivre dans un pays d’accueil respectent les valeurs de la société qui les héberge.
L’intégration bien pensée consiste à sortir des enfermements identitaires, qui n’ont souvent pour fonction que d’isoler les femmes ; à partager des valeurs communes, et enrichir ce socle des différences culturelles ; ainsi, nous pourrons vivre ensemble, en bonne intelligence.
La république, la laïcité, ne se négocient pas ; aucune entorse ne doit être permise dans l’espace, l’administration, les services, les équipements publics.
Tout le reste n’est que démission et démagogie d’une logique individualiste, toujours préjudiciable aux femmes, et à la société toute entière.
Créer des droits différents est un piège grossier.
Je ne veux pas vivre dans cette société-là.

Christine Le Doaré

Caroline Fourest empêchée de parler à la fête de l’Huma, simple incident, vraiment ?

Qu’en est-il de la liberté d’expression et du débat démocratique dans notre pays ?

« Caroline Fourest chahutée à la fête de l’Huma » titre Libération, chahutée, vraiment ? Non, elle n’a pas été chahutée, mais empêchée de parler, elle n’a pas ouvert la bouche et a du s’éclipser pour éviter les tentatives d’agression et jets de projectiles !

Où tout ceci a-t-il bien pu se produire, à l’étranger… ? Non, à Paris, sur le stand des « Amis de l’Humanité » à la fête de l’Huma, lieu de rencontres et d’échanges, lors d’un débat intitulé « Comment lutter contre le Front National ? » ! Quand la même chose s’est passée à l’ULB*, on a entendu et lu que ce n’était guère étonnant, que les organisateurs étaient mal préparés et toutes sortes de commentaires propres à minimiser ce qui fut alors qualifié d’incident. Cette fois-ci personne ne pouvait ignorer que le risque existait et d’ailleurs un service d’ordre était bien prévu.

J’étais dans la salle, je n’avais pas entendu Caroline Fourest depuis un moment, j’avais envie d’en savoir plus sur son enquête contre Marine Le Pen, j’avais des questions à  lui poser. Je connais Caroline Fourest depuis longtemps, elle a cofondé Prochoix, elle a présidé quelques temps le Centre LGBT Paris-IdF, elle a souvent mené des investigations en infiltrant des groupes (pro-vie…), elle combat le sexisme, également le racisme et l’antisémitisme, elle s’attaque fortement au FN, elle vient de publier un livre sur Marine Le Pen, etc. ;   à n’en pas douter, c’est une journaliste et essayiste engagée, féministe, antiraciste, de gauche, etc. Il est tout à fait possible d’avoir des divergences avec elle, mais il est certain qu’elle lutte contre les intégrismes avec efficacité et c’est justement pour cette raison que certains s’acharnent à lui barrer la route. Dans ces conditions, lancer des rumeurs, pratiquer l’amalgame, afin de la décrédibiliser et de l’isoler, n’est que la partie immergée des  méthodes « fascisantes » utilisées par les groupuscules qui la harcèlent et la menacent.

Ce que j’ai vu et entendu samedi m’a fortement interpellée et pourtant,  ce n’est pas la première fois que j’assiste à de tels  sabotages. Je ne comprends pas comment ceci a pu se passer à la fête de l’Humanité, en présence de milliers de personnes, d’un service d’ordre et d’organisateurs prévenus des risques et des enjeux et de forces de l’ordre présentes sur les lieux. En effet, depuis des jours, sur les sites Ouma.com, des Indigènes de la République, et d’autres,  les appels à la fatwa pour « délit de blasphème » contre Caroline Fourest se multipliaient ;  je n’ai d’ailleurs toujours pas compris le manque de plus de soutiens dans la salle.

Les perturbateurs, Indigènes de la République et autres « islamo-ultra gauche » qui entretiennent avec tant de démagogie et populisme la confusion entre l’islamophobie et la critique de l’islamisme intégriste et s’associent sans distinction avec des nationalistes opportunistes, sont intervenus de façon totalitaire et même violente pour empêcher toute prise de parole de Caroline Fourest ; plus étonnant Morgane Merteuil porte-parole du STRASS et autres membres du STRASS tous identifiables sur les films et les photos, étaient parmi eux. En réalité, il ne faut pas s’étonner de la présence du STRASS et de sa porte-parole, dont le féminisme se limite à revendiquer le voile et la prostitution « libre «, symboles politiques d’enfermement des femmes ou de leur esclavage. Tous ont en horreur l’universalisme et se complaisent dans un relativisme culturel prompt à sacrifier les femmes au nom d’une prétendue révolution. Marine Le Pen peut les féliciter, ils le méritent.

Ils ont crié : « Dehors Fourest ! », « Le racisme ne passera pas »… ils ont brandi la « banane d’or du racisme », ont empêché tout débat dés les 3 premières minutes et avant toute intervention de Caroline Fourest, ils ont tenu tout un chapiteau en otage avec des méthodes dignes de commandos fascistes. D’ailleurs une partie de l’assistance a résisté en tentant de faire entendre « Le fascisme ne passera pas » et « Liberté d’expression ». Je déplore toutefois que les personnes qui sont intervenues activement pour exiger la tenue du débat et tenté de contrer cette intervention intempestive, n’aient pas été plus nombreuses, elles ont donc été bousculées, molestées ; je déplore également la passivité d’une bonne partie de la salle, il aurait été facile de recouvrir leurs voix à nous tous, et surtout je m’interroge sur le manque de réactivité de l’animateur, totalement dépassé par les évènements, qui au bout d’un quart d’heure se réveille et reprend le micro qui pourtant n’a jamais été coupé ! Quant au service d’ordre, il s’est contenté de bloquer le passage à l’estrade, mission prioritaire certes, mais vu le nombre, ils auraient fort bien pu appeler des renforts et contenir ce groupe d’une quarantaine d’individus et les évacuer. Il faut d’ailleurs noter que d’autres débats et stands féministes sur la fête, ont également été perturbés par ces individus et leurs alliés.

Ces groupuscules procèdent toujours de la même façon. Ils quadrillent la salle, au signal, lancent plusieurs interjections, se lèvent et descendent devant l’estrade, plusieurs se font passer pour des photographes et se sont déjà avancés , avec appareils photos et caméras, ils vous empêchent d’intercéder en se prétendant journalistes, ils filment oui, mais uniquement les perturbateurs pour ensuite exhiber le spectacle de leurs exploits sur les réseaux sociaux et surtout ils s’assurent que le service d’ordre ne puisse pas les sortir car alors ils disposeraient de documents pour se victimiser. Les fascistes et intégristes religieux font de même dans les pays de l’est lors des Marches des Fiertés LGBT.

Il serait temps que les organisateurs de débats et manifestations démocratiques apprennent à se prémunir contre ce type d’intervention. Il faut visionner les films et photos,  identifier les perturbateurs, exiger la carte de presse de toute personne se prétendant journaliste,  sécuriser la sonorisation et ne pas hésiter à l’utiliser pour couvrir les mégaphones, choisir  l’animateur pour sa réactivité, pugnacité et aptitude à maîtriser de telles interventions, prévenir la salle des risques et lui demander de réagir en exigeant la liberté d’expression, prévenir immédiatement la police afin qu’elle garantisse  la liberté d’expression et la tenue du débat démocratique, etc.… Le temps n’est plus à la naïveté.

Les personnes, groupes ou associations qui réagissent en minimisant ce genre de sabotage, en prétendant que c’était inévitable, en relayant plus ou moins subtilement la propagande grossièrement diffamatoire à l’égard de Caroline Fourest, n’ont à mon avis, pas correctement pris la mesure de la situation, leur indulgence, voire complaisance envers des individus et groupes aux méthodes totalitaires qui prétendent au nom d’une idéologie populiste et pervertie, interdire tout débat démocratique me dérange.

En France la laïcité est fortement chahutée, et ce n’est pas pour rien non plus si Caroline Fourest est prise pour cible, c’est une femme et elle est féministe. Ces groupuscules montent en puissance, pervertissent le débat politique démocratique et pourtant, ils n’organisent rien, ils se contentent de pourrir les évènements existants, c’est infiniment plus facile. Il va falloir résister et s’assurer que  nos manifestations et nos débats ne leur servent en aucune façon de faire-valoir. Nous sommes passés dans une nouvelle ère où des groupes plus ou moins indéfinis, populistes, organisent la confusion, brouillent les messages,  adoptent des méthodes d’intimidation et de violence.

La réponse des citoyens et des responsables associatifs et politiques doit être unanime et massive. Pas de telles méthodes chez nous, des groupuscules extrémistes ne peuvent ainsi bafouer la liberté d’expression ! Une journaliste qui lutte contre l’intégrisme, défend les valeurs d’égalité, doit pouvoir exercer son métier sans restriction, informer et débattre sans restriction aucune. L’Islamophobie est un terme inventé pour empêcher la critique de l’Islam radical, toutes les religions doivent être acceptées mais également pouvoir être librement critiquées. Les institutions républicaines doivent garantir la liberté du débat démocratique, la liberté d’expression est un droit humain fondamental, nous tous devons être concernés et vigilants.

Christine Le Doaré

ULB*Université Libre de Bruxelles

Les ayatollahs de l’intérieur

Les ayatollahs de l’intérieur

Comment ne pas  revenir sur les deux affaires qui en mai, ont défrayé la chronique dans le  Landerneau LGBT et même émoustillé la presse généraliste ? Deux affaires que, ceux que l’on pourrait appeler nos petits ayatollahs de l’intérieur, ont reliées, alors qu’elles sont en tout point distinctes, pour en tirer des analyses hasardeuses sur le mouvement LGBT, après avoir considérablement amplifié, déformé et instrumentalisé les faits.

L’affiche de l’Inter-LGBT pour la Marche des Fiertés et la fin du partenariat entre le Centre et le Café Lunettes Rouges (CLR).

Dans un cas, des militants d’une Inter-associative ont probablement eu tort de s’adresser à une agence de communication. Ce qui est incontestable c’est que  l’équipe chargée du projet a validé un projet esthétiquement laid. Puis, s’est trompée en pensant qu’un coq fièrement revêtu d’un boa était un symbole républicain et gay génial pour appeler à marcher en 2011 et voter en 1012..En admettant même que le coq symbolise la République, contrairement à d’autres de ses symboles, il évoque surtout le côté franchouillard, chauvin et conservateur de la nation, et c’est aussi l’emblème du « baiseur invétéré qui saute toutes les poules dans le fumier ». Une faute de goût à n’en pas douter, mais surtout d’analyse des diversités en présence ; de là à les accuser de tous les maux, sexisme peut-être bien, mais racisme, nationalisme et on a même lu pétainisme, non, et il y avait là un gouffre que les afficionados de l’extrême se sont empressés de franchir à pieds joints !

Je suis ravie que cette affiche ait été retirée, laide, elle ne fédérait pas et bien au contraire, divisait et prêtait même à rire. En revanche, les critiques outrancières émises me laissent songeuse et même inquiète, que de raccourcis, que d’opportunisme et que de haine.

Dans l’autre cas, l’équipe du Centre LGBT Paris IdF, confrontée à des comportements asociaux, des agressions verbales et physiques, la dernière en date plus sérieuse que les précédentes, décide d’exclure des lieux les agresseurs. Je dis bien les agresseurs car en effet si une Trans M to F a commis l’agression physique, les deux agresseurs ont proféré des tombereaux de menaces et d’injures homophobes et lesbophobes. Le Café Lunettes Rouges,  hébergé gracieusement dimanches et jours fériés depuis 7 ans organise alors un sit-in pour exiger l’intégration des agresseurs qui fréquentent son café, ne profère aucune excuse et plus inquiétant encore, ne prend aucune disposition pour cadrer ni son activité, ni son public. Par conséquent, l’équipe du Centre prend la décision difficile de rompre ce partenariat car les incidents répétés ces deux dernières années l’ont conduite à conclure qu’elle n’est pas qualifiée pour gérer les désordres et violences occasionnés par des personnes atteintes de pathologies lourdes, elles n’en a ni les compétences, ni même la vocation.

C’est une décision légitime, prise par 16 administrateurs responsables qui ont à cœur de veiller à  l’équilibre de la structure, à la sécurité du public, des associations membres et de ses équipes. (Voir les 2 Lettres ouvertes du CA du Centre sur le site internet du Centre www.centrelgbtparis.org).

Des personnes se sont rangées derrière l’Inter-LGBT qui a réalisé tardivement  l’ampleur que prenait l’affaire, tout comme le Centre a reçu quantité de messages de soutien et de compréhension, y compris de bénévoles et proches du CLR.

Mais ces deux affaires ont également  provoqué une salve de commentaires et critiques, certains raisonnables et fondés, mais la plupart effroyables. Laissons de côté les mails vengeurs de personnes manipulées n’ayant pas pris le soin de s’informer, certains s’en excusant d’ailleurs ultérieurement, en particulier dans l’affaire du CLR, pour nous concentrer sur nos petits ayatollahs de l’intérieur.

Ils se sont engouffrés pour juger, condamner dans des termes démesurés. Sur un site Internet gay minoritaire, assez coutumier de l’attaque en règle des militants LGBT, des féministes etc., pas moins de 3 textes ont été postés le même jour ; s’ils se répartissent les rôles et ne sont pas tous aussi haineux et méprisants, ils en profitent tout de même au passage pour me diffamer et même inciter explicitement à la violence à mon encontre.

Bien entendu, aucun des protagonistes concernés par ces deux affaires qu’ils amalgament n’ont été interviewés, toute cette diatribe consiste surtout à se faire plaisir, se conforter, se venger et séduire ses lecteurs dans la plus absolue démagogie. Ils qualifient les militants LGBT de « dindes », surnom misogyne donné aux femmes supposées débiles et ici étendu aux gays pour les inférioriser et ridiculiser, ils titrent leurs papiers « crêtes de coq »…  Au passage on apprécie le machisme bien gras de ces gays qui au prétexte de leur séropositivité vomissent  sur tout et sur tout le monde et imposent leurs idées avec mépris, menaces et agressivité.

Nos courageux guerriers du clavier qui ne peuvent s’empêcher de personnaliser leur haine, me qualifient cette fois de «sérophobe »…, ça change, on a presque envie d’y croire et de toute façon, c’est toujours plus facile que de s’attaquer à un Conseil d’administration au grand complet !

Ces textes sont édifiants, fort mal rédigés, partisans et excessifs,  dans une confusion extrême,  ils nous parlent de « laïcards souchiens »,  “ta race”, et autres termes et notions délirants ; ils font preuve de négationnisme, écrivant que les faits sont contestés, mais ne disent ni par qui ni comment, et pour cause !

En réalité, nos champions de l’extrême exècrent la République, déjà l’an dernier ils s’étaient gaussés du Centre qui avait organisé, non sans autodérision, un Pique-nique républicain le 14 juillet.

Méprisant l’idéal républicain ils amalgament les politiques gouvernementales de droite avec les revendications des associations. Ils font l’apologie d’un  ultra-communautarisme qui promeut le fait religieux au mépris de la laïcité ou encore l’apologie des industries capitalistes du sexe présentées comme libératrices au mépris de la libération des femmes et de l’égalité des sexes.

Nos ayatollahs de l’extrême vivent dans un monde totalement virtuel et à des années-lumière de toute réalité de terrain, saturés de haine, ils font le lit des extrêmes et c’est à se demander quels objectifs politiques ils poursuivent vraiment.

De l’autre côté, le Refuge agressé par les plumes du Boa, saute sur l’occasion de se faire un peu plus de pub et publie un communiqué de presse pour promouvoir la normalisation et le bien-pensant, c’est certes moins violent, mais quel sinistre opportunisme.

Ce que ces tristes affaires auront révélé, c’est que les mouvements LGBT ont aussi leurs névroses, elles ont toujours existé mais avaient peu d’audience avant Internet, ses sites, blogs et forums ; maintenant, chacun planqué derrière ses pseudos ou même à visage découvert peut assener sa haine et déverser ses théories fumeuses et dangereuses. Ces ayatollahs de l’intérieur ne savent pas reconnaitre qui sont leurs véritables ennemis, ils sont en guerre contre tous sauf eux-mêmes, ultra-minoritaires, ultra-gauche dont les discours et comportements ne varient guère des ultra-droites, il est d’ailleurs souvent difficile de les différentier.

Il nous faudra donc à l’avenir en tenir compte et nous en méfier tout comme nous avions l’habitude de nous méfier de ceux qui nous refusent de vivre dans une société libre de discriminations et de violences.

Christine Le Doaré

Non, votre féminisme n’est pas nouveau !

Non, votre féminisme n’est pas nouveau !

8 mars, Journée internationale des femmes oblige, laissons de côté quelques instants nos combats LGBT. La moitié ou à peu près de l’humanité mérite tout de même bien ça !

Depuis toujours récupéré, dévoyé, dévalorisé, parfois même ridiculisé, le féminisme est bel et bien toujours pertinent pour changer les relations entre les êtres et espérer un jour vivre dans un monde plus égalitaire et apaisé.

L’égalité n’est pas une alternative, c’est une impérieuse nécessité ; n’est-il pas extravagant qu’au xxie siècle elle ne soit toujours pas achevée ?

Le 8 mars est organisée une manifestation à laquelle participeront de nombreux groupes féministes, mais aussi associations et quelques partis politiques. La plate-forme revendicative est accessible sur le site du Collectif national des droits des femmes (CNDF) : monde du travail – inégalité des salaires, 80 % des travailleurs pauvres, plafond de verre… –, représentativité politique, sexualité et contraception, santé, violences et viols, prise en compte des revendications lesbiennes…

Le CNDF est un collectif, le mouvement des femmes n’a d’ailleurs jamais été uniforme : entre psy et po (psychanalyse et politique) et les femmes de l’extrême gauche, ça n’a jamais été le grand amour et les lesbiennes n’ont pas toujours non plus été accueillies bras ouverts ! Au sein d’un collectif se confrontent des positions parfois divergentes, ce qui permet d’apprendre des autres et d’évoluer, à condition toutefois d’adhérer aux fondamentaux fondateurs.

Une « nébuleuse alternative » constituée de groupuscules et individus en appelle à « un nouveau féminisme » et propose une autre manifestation que celle du CNDF. Par nature curieuse, j’ai voulu comprendre les raisons d’un tel besoin de séparation et de visibilité ; alors j’ai comparé leurs revendications avec celles de la plate-forme du CNDF. J’ai aussi consulté leurs échanges sur le groupe Internet « Un nouveau féminisme est possible » et j’y ai retrouvé, sans surprise, quelques militants de la nébuleuse des alternatifs « pro-sexe » ou « sexe positif ».

Quel bilan tirer de la comparaison des revendications ? Si on les survole, elles sont similaires : contre l’oppression, l’appropriation du corps des femmes, l’injonction aux normes, aux rôles ; contre les violences, le viol, les violences conjugales ; contre la précarisation des femmes, les différences de salaire ; contre la sous-représentation politique des femmes ; pour la sauvegarde de la gynécologie médicale, l’IVG… Je précise que toutes ces revendications m’agréent à 100 %.

La « nébuleuse alternative » s’intéresse peut-être plus – et à juste titre – aux questions de choix de sexe, genre et sexualité. Indéniablement, beaucoup de féministes sont éloignées des questions trans ; pourtant, des trans sont devenues, deviendront des femmes, d’autres ne veulent pas être assimilées au genre masculin, d’autres encore veulent s’affranchir du genre.

Notre « nébuleuse alternative » insiste aussi sur les problèmes des femmes « racialisées » ; étrange expression tout de même, si l’on considère qu’il n’existe qu’une seule race, la race humaine. J’ai un peu de mal à imaginer que le CNDF et la Marche Mondiale des Femmes ne soient pas convaincu de la nécessité de lutter contre le racisme et surtout de l’exigence d’inclure plutôt que de parler en leur nom les femmes de couleur, les femmes immigrées qui doivent enfin avoir voix au chapitre pour dénoncer leur double, voire triple oppression !

Je comprends aussi que les membres de la « nébuleuse alternative » reprochent au CNDF d’exclure des individus ou groupes du cortège du 8 mars. L’exclusion n’est peut-être pas une réponse adaptée en effet, mais ce sont en partie les mêmes qui veulent chasser Gaylib (les LGBT de l’UMP) de la Marche des Fiertés LGBT ! Comprend qui peut…

À condition d’adhérer aux principes fondamentaux de la plate-forme revendicative et de ne pas trahir les principes fondateurs de la lutte, quelles que soient par ailleurs leurs différences politiques et stratégiques, tous ceux qui défendent les droits des personnes LGBT et ne s’opposent pas à l’égalité des droits ne doivent-ils pas pouvoir participer à la Marche des Fiertés, et tous ceux qui défendent les droits des femmes pouvoir défiler à la manifestation féministe du 8 mars ? Je crois bien que si.

Nous venons de le vérifier, les revendications convergent. Reste une question à élucider : la « nébuleuse alternative » contrevient-elle aux principes fondamentaux du féminisme ?

Il faut persévérer un peu, au bout de la liste des revendications, je crois bien avoir trouvé la raison de la vindicte des féministes à leur encontre : « Parce que nous subissons de front la loi sur la sécurité intérieure (LSI). Parce qu’on nous dit qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut de nos corps et de nos vies. Parce que les prostituéEs sont criminaliséEs, harceléEs, violentéEs. Parce que ce sont d’abord elles et eux qui sont précariséEs et misEs en danger par la pénalisation des clients. Parce que c’est la loi sur le racolage et la clandestinisation supplémentaire des étrangères qui sont dangereuses, pas le travail du sexe quand il est choisi, et s’il est autogéré et protégé par le droit commun. »

Cette phrase indique sans ambiguïté que des « travailleurs du sexe » sont membres du groupe et que ce groupe revendique la réglementation de la prostitution.

Les travailleurs du sexe qui s’expriment notamment au travers du Syndicat des travailleurs du sexe (STRASS) affirment qu’ils se prostituent librement ; ce sont majoritairement des hommes « biologiques », également quelques trans femmes (M to F), mais plus rares sont les prostituées femmes « biologiques » ou les trans masculins (F to M) en leur sein.

Ces travailleurs du sexe sont particulièrement doués en matière de communication et avec quelques prostituées de luxe, escortes filles et garçons, sur Internet, ils monopolisent l’attention des médias sur la question ; rien de bien surprenant en cela, ils ravissent la bonne conscience de beaucoup d’hommes, allez disons-le, qui rechignent à questionner leur rapport à l’autre dans le domaine du sexe et plus généralement de l’intime.

À l’inverse, les esclaves modernes que sont les prostituées en provenance des pays de l’Est ou d’Afrique notamment ou les gamins gay mis à la porte de chez eux et n’ayant pas d’autre alternative pour survivre n’intéressent guère les médias car lorsqu’ils s’expriment, c’est pour raconter leur cauchemar, à des années-lumière de tout glamour ! Il faut avoir entendu ces garçons raconter leur histoire ; ces filles qui n’ont aucune échappatoire car leurs familles sont menacées, décrire jusqu’à la nausée les violences subies, la drogue et l’alcool, elles enchaînent les passes, leurs conditions de vie sont lamentables et beaucoup sont assassinées dans l’indifférence générale.

J’ai visionné récemment un documentaire sur la prostitution sur Arte, j’ai bien écouté les prostituées « volontaires », toutes rêvent d’en sortir, l’une de celles qui dit s’être librement prostituée confiait sans ciller être actuellement amoureuse et donc ne plus se prostituer ! Tiens donc, mais pour quelle raison, s’il s’agit comme le prétendent les travailleurs du sexe, d’un métier comme un autre ? En France, 92 % des prostituées veulent en sortir, mais ce sont les 8 % de « volontaires » qui fascinent les médias ! En outre, creuser un peu leur discours, c’est vite comprendre que pour beaucoup d’entre elles, la prostitution fait office de thérapie paradoxale pour tenter de dépasser un traumatisme, le plus souvent des violences sexuelles dans l’enfance.

Sans même questionner le caractère « volontaire » proclamé par quelques prostitué(e)s, pour un ou une prostitué(e) « volontaire », combien de centaines de prostitué(e)s forcé(e)s ?

Si tout le monde est bien convaincu de la nécessité de ne pas stigmatiser les prostitué(e)s, mais plutôt de lutter contre les violences et discriminations commises à leur encontre, en revanche, les avis divergent sur les modalités pour y parvenir et sur leur finalité.

Pour quelles raisons les « pro-sexe » et pro-prostitution plus généralement ne disent-ils jamais que les féministes sont favorables à la poursuite des proxénètes et des industriels du sexe, également des clients (sans client, pas de marché), mais pas du tout à la poursuite des prostitué(e)s ? Ils ne parlent jamais non plus de l’expérience des féministes australiennes qui se sont battues pour réglementer la prostitution et le regrettent aujourd’hui, le bilan étant désastreux.

La légalisation de la prostitution, une expérience sociale qui a échoué en Australie : http://sisyphe.org/spip.php?article723

En fait, ils ne donnent que peu d’arguments, jamais de chiffres, ils se contentent de nier en bloc, de prétendre que les abolitionnistes et les féministes en particulier sont malhonnêtes et n’ont rien compris. Seulement voilà, il faut juste les croire sur parole !

Ce que je trouve plus accablant encore, c’est que des universitaires, des chercheurs, sans surprise très majoritairement masculins, sont de fervents adeptes de la réglementation et de la banalisation de la prostitution ; ceux-là devancent ou cautionnent les mouvements pro-réglementation.

Du haut de leurs privilèges, ils défendent notamment qu’il n’est pas pire de se prostituer que de se faire exploiter dans des emplois « classiques ». Bien sûr, ils ne s’intéressent qu’à la prostitution « choisie », balayent tout le reste d’un revers de la main, et surtout font comme s’ils ne savaient pas que l’argent facile du ou de la prostituté(e) est aussi l’argent qui les détruit, l’argent qu’il faut pour payer toutes les substances et autres artifices nécessaires pour tenir sur la longueur et que les « carrières » ne durent pas ! Plus grave encore, ils ignorent les conclusions des rapports établis par les pays qui ont adopté la légalisation. L’objectif premier de la réglementation consiste à soustraire les industries du sexe au crime organisé ; ces rapports révèlent pourtant clairement que le contrôle des mafias et du crime organisé sur ces industries est, après réglementation, pire que jamais ; également qu’il n’est plus possible de faire la chasse à la prostitution forcée, car interdire le trafic tout en autorisant la prostitution revient exactement au même que vouloir interdire la traite tout en autorisant l’esclavage !

Face à une telle mauvaise foi, je finis par me demander à qui profitent de telles positions et qui les finance ? Une amie, jeune chercheuse, m’a récemment confiée avoir voulu entreprendre une thèse féministe sur la prostitution : elle a fini par abandonner, sa directrice de thèse ayant été menacée.

En France, c’est donc la guerre entre partisans de la réglementation et ceux de la prohibition et quelque chose me dit que les féministes de la manifestation unitaire du 8 mars ne défendent pas les intérêts des industries du sexe, prostitution comprise, qui drainent sans complexe les capitaux néocoloniaux et exploitent souvent jusqu’à la mort des femmes, parfois des garçons, du monde entier, toujours plus nombreux et plus jeunes.

C’est indéniable, défendre les industries capitalistes et mondialisées du sexe ne fait pas partie des fondamentaux du féminisme, n’en déplaise aux partisans « pro-sexe » !

Les « pro-sexe » prétendent que les féministes subissent une influence religieuse et morale ou encore qu’elles sont dépassées, qu’il s’agit d’une question de génération. Pourtant, de très jeunes féministes sont abolitionnistes et certains « pro-sexe » ont amplement passé soixante ans !

En réalité, ce sont tout à la fois une conscience aiguë de l’oppression des femmes et de la domination masculine, également une remise en question des mythes naturalistes relatifs à la sexualité et surtout une forte conscience de classe qui motivent leur position. Yolande Geadah l’a fort bien résumé : « La morale puritaine bourgeoise, inspirée du christianisme, selon laquelle l’idéal féminin réside dans la virginité ou la maternité, interdit les relations sexuelles libres pour les femmes, mais tolère ou encourage la prostitution pour assouvir les besoins sexuels des hommes célibataires tout en préservant la chasteté des jeunes filles de bonne famille. » Ce n’est pas par hasard si Christine Boutin est favorable aux maisons closes !

Les féministes et pro-féministes refusent la forme ultime de l’exploitation de l’homme par l’homme ou de la femme par l’homme (sans oublier la prostitution gay). Je ne peux m’empêcher de citer ici un fameux philosophe du xixe siècle, insoupçonnable d’une quelconque influence religieuse : « Vint enfin un temps où tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devint objet d’échange, de trafic et pouvait s’aliéner. C’est le temps où les choses mêmes qui jusqu’alors étaient communiquées mais jamais échangées ; données mais jamais vendues ; acquises mais jamais achetées – vertu, amour, opinion, science, conscience, etc. – où tout enfin passa dans le commerce. C’est le temps de la corruption générale, de la vénalité universelle, ou, pour parler en termes d’économie politique, le temps où toute chose, morale ou physique, étant devenue valeur vénale, est portée au marché » (Karl Marx, Misère de la philosophie, 1847, cité par Richard Poulin dans La Mondialisation des industries du sexe). Édifiant, non ?

Ce sociologue canadien qui déclare « La prostitution prétendument “libre” relève du libéralisme et non de la liberté » a également observé que les victimes de la prostitution sont dans leur immense majorité des femmes et des enfants issus « de couches sociales défavorisées, aux revenus précaires et limités, de minorités ethniques, de groupes indigènes, de réfugiés, d’immigrants clandestins, du tiers monde, des pays déstructurés par leur transition vers l’économie capitaliste ».

Nous comprenons mieux pourquoi notre « nébuleuse alternative » ne peut déployer ses banderoles pro-prostitution dans le cortège féministe du 8 mars. Ce jour est la Journée internationale du droit des femmes : drôle d’idée tout de même que de vouloir intégrer un cortège féministe pour revendiquer le droit de se prostituer alors que l’écrasante majorité des prostitués sont des femmes qui exercent sous la contrainte ! Si la question de la prostitution devait être abordée lors de cette manifestation, ce serait pour dénoncer les industries du sexe, les mafias, les trafics, les profits des patrons de maisons closes, les violences, les viols, la drogue…

Personnellement, je trouve que le modèle suédois qui sanctionne toute forme de proxénétisme et tout achat de services sexuels, mais n’inquiète jamais directement les prostitué(e)s qui peuvent ainsi porter plainte sans risque pour des faits de violences ou des viols, constitue peut-être bien l’une des meilleures réponses existantes. Reste peut-être à étudier mieux encore la question et les solutions à mettre en œuvre chez nous.

Aussi, quel étrange mélange des genres de se revendiquer « pour un féminisme qui refuse de voir son discours récupéré à des fins racistes, qui sache se démultiplier, concevoir l’émancipation sous toutes ses formes, et se revendique aussi des féminismes anticolonialiste, pro-sexe, trans et lesbiennes » ? Qu’ont donc en commun les théories anticolonialistes et les assertions des « pro-sexe » et pour quelles obscures raisons s’arrogent-ils l’exclusivité ou la spécificité des luttes antiracistes ? Peut-on m’expliquer en quoi défendre les droits des lesbiennes et ceux des trans serait lié aux théories « pro-sexe » ? Comme des milliers d’autres, je suis lesbienne, féministe, je défends ardemment les droits des trans, plus généralement des personnes LGBT, je combats toute forme de racisme, les discriminations vécues par les personnes handicapées me révoltent aussi… et pourtant, les préoccupations « pro-sexe » au mieux m’indiffèrent et souvent m’exaspèrent !

Tout ceci ne relève-t-il pas d’une forme de mystification qui n’a de progressiste ou révolutionnaire que le nom ? Que ce soit en matière de prostitution où je rejoins Yolande Geadah (« Les réglementaristes acquiescent, sciemment ou non, au célèbre adage thatchérien : “Je ne connais pas de société, je ne connais que des individus” ») comme dans tous les autres domaines d’ailleurs.

Face aux théories, événements, comportements, productions, créations qualifiés de « pro-sexe », je reste souvent perplexe, rarement séduite.

Tout d’abord, se revendiquer « pro-sexe » sous-entend nécessairement que d’autres sont contre. Mais qui sont donc ces autres ? L’Église, la bourgeoisie, les générations précédentes ? Il y a longtemps que les apôtres de la pudibonderie ont perdu la bataille ! Pourquoi alors ce besoin de promouvoir le sexe ; serait-il menacé ? Il me semble pourtant que le sexe est à l’aise partout, omniprésent dans les programmes télé, au cinéma, dans la rue, sur les affiches ; les enfants y sont désormais confrontés dès leur plus jeune âge… Partout des incitations à jouir sans entraves, jusque dans nos assiettes avec tous ces aliments et compléments alimentaires aphrodisiaques dont on nous rebat les oreilles. Mais quels sont donc les problèmes des « pro-sexe » avec le sexe pour être ainsi dans la surenchère et s’imaginer être plus libres, créatifs, émoustillants et exaltants que les autres et que produisent-ils donc de si alléchant ?

Toujours motivée par ma curiosité, les performances « artistiques » que j’ai pu découvrir relèvent, à de rares exceptions près, de l’amateurisme le plus déplaisant ; le propos y est somme toute assez pauvre, le jeu des acteurs très approximatif. Que l’on souhaite s’amuser en privé, je comprends et alors tout est bon à prendre, mais capturer un public et lui faire payer un droit d’entrée pour de bien piètres prestations, j’ai plus de mal à suivre. Les films porno quant à eux sont souvent déconcertants, parfois même d’une tristesse et d’une laideur confondantes, les corps sont ultra-instrumentalisés, plus les godes sont énormes et les situations glauques, mieux c’est ! Les soirées sex-club sont promues comme un must incontournable et terriblement in. En réalité, il ne s’agit que de reproduire ce qui se joue dans n’importe quel sex-club depuis des décennies : esclave sexuel tenu en laisse, voyeurisme, exhibition, artifices et instruments, pratiques sadomaso… Bien entendu, certains produits sont mieux aboutis et plus convaincants que d’autres et soyons clair, je ne porte aucun jugement moral sur tout ceci : élevée par des parents athées, je considère que chacun choisit sa sexualité et les pratiques qui lui conviennent à partir du moment ou tout se passe entre adultes consentants, mais je n’ai toujours pas compris ce que tout ceci pouvait bien avoir de particulièrement excitant, encore moins de nouveau et surtout de subversif !

À vrai dire, l’univers « pro-sexe » m’inspire au mieux un sévère ennui, au pis je perçois tant de souffrances et d’entraves dans ce qui nous est montré à voir et entendre par certains et surtout certaines que je crois comprendre ce qui se joue là en réalité mais ne se dit pas, ne se discute jamais. Ceci me bouleverse et m’intéresse infiniment plus.

Ce qui nous est vendu là, car c’est aussi un business ne nous y trompons pas, pour être une géniale débauche de sexe ultradécomplexé et en toute convivialité, me conduit à me demander jusqu’où les « pro-sexe » iront dans une forme de thérapie financée par un public quelque peu naïf et généreux, prêt à soutenir, avec beaucoup d’indulgence, ce que produit sa communauté !

Allez, j’ose le dire, le sexe est en effet génial, comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs, mais celui qui me comble et me trouble, c’est celui que je partage avec l’autre que je ne perds jamais de vue dans sa globalité, celui qui peut avec le moins d’artifices et de mise en scène possible nous transporter ; pas étonnant que les performances « pro-sexe » me déçoivent le plus souvent. Je ne leur en veux bien sûr pas pour ça, mais parce qu’ils prétendent ériger en nouveaux standards de la sexualité et de la jouissance moderne et subversive leurs modèles tristes et glacés à pleurer ; fort heureusement pour eux, beaucoup de personnes LGBT ont un humour, une patience et une solidarité à toute épreuve et réclament rarement un remboursement !

À peine connues et déjà dépassées, les théories « pro-sexe », malgré mon agacement, ne méritaient peut-être pas autant d’attention, d’ailleurs, de nos jours c’est le mouvement « no sex » qui les supplante ! Oui, l’alternance en quelque sorte, trop de pression à consommer du sexe conduit, par opposition, les adeptes du « no sex » à refuser tout échange sexuel et c’est furieusement tendance aux États-Unis.

En France, avec notre petit retard habituel, les « pro-sexe » exercent encore une fascination sur des personnes mystifiées par ce qui n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux. Il est vrai qu’il n’est pas si facile de déconstruire de séduisantes théories apparemment révolutionnaires et admettre qu’elles peuvent se révéler réactionnaires.

N’est-ce pas terrible de réaliser notamment que les mafieux du crime organisé et les patrons des industries du sexe ne pouvaient pas rêver de meilleurs alliés ?

Non, votre féminisme n’est pas nouveau, il n’est tout simplement pas si féministe que ça !

Christine Le Doaré


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