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Abolition, la victoire arrachée !

prison-code-barreEnfin, après tant d’années de luttes acharnées, l’abolition de la prostitution va pouvoir faire ses preuves en France. C’est une victoire pour les féministes et pour tous les progressistes qui aspirent à la défaite de tous les esclavages.

L’abolition et non la prohibition, pour dépénaliser les personnes prostituées, les sortir de l’isolement et de la stigmatisation et leur donner les moyens si elles le souhaitent, de quitter cet esclavage sexuel d’un autre temps, à la croisée des oppressions de sexe, classe et origine.

Les clients quant à eux, consommateurs qui ne se préoccupent guère d’un système d’exploitation et de violence qu’ils alimentent par leur demande, vont être informés et pénalisés s’ils s’obstinent.

Il était temps que le législateur français soit cohérent avec le projet d’émancipation des femmes et d’égalité femmes-hommes qu’il prétend porter et cesse de cautionner ces hommes qui, par l’argent, contraignent des femmes ou des hommes d’ailleurs, à leur délivrer des services sexuels.

 

Ce ne sera pas simple, les associations et services sociaux auront besoin de moyens matériels et financiers conséquents pour mener à bien une politique abolitionniste efficace ;  pour faire évoluer les mentalités, il faudra promouvoir résolument les valeurs de consentement et de respect, propres à la liberté sexuelle.

 

Si la bataille a été âpre et longue, ce n’est pas fortuit.

Les bénéficiaires du système prostitueur : proxénètes en tous genres, entourage ou puissants réseaux mafieux, sans oublier l’opulente industrie du sexe ni les nombreux acteurs du lobby prostituteur et leurs soutiens politiques et médiatiques, ne vont pas considérer d’un bon œil, la perte d’une confortable manne financière pour les uns, d’un combat idéologique contre les femmes, pour les autres.

Pour constituer un rempart contre les violences de ce système et conduire une politique abolitionniste digne de ce nom, il faudra faire preuve d’une indéfectible volonté politique et soutenir en le finançant correctement, un tissu associatif féministe et abolitionniste compétent.

 

Les personnes les plus vulnérables subissent durement les lois des marchés financiers et sont des proies faciles pour le système prostitueur. Les féministes abolitionnistes et leurs allié-e-s associatifs et politiques sont souvent menacé-e-s, ici en France et partout où l’abolition de la prostitution est en question.

Les remparts sont bien fragiles, nos parlementaires ont enfin eu le courage politique de les renforcer.

Les attaques les plus violentes viennent bien comme on doit s’y attendre, des industries du sexe, de  groupes réactionnaires et masculinistes mais aussi,  beaucoup plus perfidement, de groupes de gauche qui se prétendent alternatifs et même « féministes » !

Il faut passer un certain temps dans les milieux militants pour appréhender correctement ces  alliances délétères entre des groupes et idéologies qui à priori n’ont pas grand-chose en commun tels que par exemple les féministes dites « pro-sexe », les défenseurs de la réglementation de la prostitution et les islamo-gauchistes.

Nombreuses sont les féministes diffamées, menacées, attaquées, les unes après les autres, dans le but de les isoler et discréditer.

En général, il s’agit de féministes qui résistent à la récupération « 3ème génération » et au dévoiement des  fondamentaux du féminisme au profit d’un féminisme queer dit « pro-sexe ».

Le féminisme « 3ème génération » fleurit dans certains milieux influents, universitaires, médiatiques, LGBT où il est de bon ton de ne plus parler d’études féministes mais d’études de genre, où les problématiques Trans., touchant pourtant un public ultra minoritaire, prennent le pas sur et au détriment de la lutte contre le sexisme, pour l’égalité et en faveur d’une société féministe, où les questions d’appropriation des corps – et vies – des femmes telles que la reproduction et la sexualité, sont présentées de manière à servir les besoins masculins  (prostitution / GPA – gestation pour autrui, etc.).

 

Actuellement, l’éditorialiste féministe bien connue Meghan Murphy fait l’objet d’une violente campagne de dénigrement orchestrée par les lobbys de l’industrie du sexe, destinée à la faire taire et pire, à lui faire perdre son emploi. *1.

Le Conseil d’administration et l’ancienne présidente porte-parole d’Osez-le-féminisme subissent une calomnieuse campagne de diffamation. Le communiqué de presse écrit par un groupe de militantes démissionnaires de l’antenne OLF Lyon est une attaque personnelle à charge et sans aucun élément tangible et vérifiable.

Il faut dire qu’à Lyon, la Gay Pride a depuis longtemps associé à la défense des droits des personnes LGBT, les revendications de libre prostitution et de GPA (Gestation pour Autrui) !

Les méthodes d’entrisme des lobbys pro-prostitution, STRASS (« Syndicat » des « travailleurs » du sexe) entre autres, formés aux pratiques des milieux politiques de l’ultra-gauche et de « l’islamo-gauchisme » étant particulièrement virulentes, il ne leur a pas fallu longtemps pour infiltrer et tenter de déstabiliser une association féministe bien connue pour ses positions abolitionnistes de la prostitution.

Que les responsables locales et nationales élues, sa présidente en tête, ne se laissent pas déborder et défendent les principes fondateurs d’une plate-forme constitutive votée, ADN de l’association, est tout à fait légitime.  La tentative de récupération ayant échoué, ne reste plus qu’à tenter de déstabiliser un CA et une présidente qui tiennent le cap et mettre en danger l’association.

Il est toujours possible de trouver des défauts aux militant-e-s qui prennent des responsabilités, ce n’est pas tâche facile et personne n’est irréprochable ; nombre de responsables associatifs sont ambitieux et motivé-e-s par des carrières politiques, à OLF comme ailleurs, mais le ton de la lettre et surtout l’absence d’arguments de fond et politiques, ne laissent que peu de doutes sur l’objet de la manœuvre.

On touche le fond quand des journalistes, longtemps complaisants à l’égard des lobbys prostitueurs, relayent l’info-poubelle ; tiens au hasard : Quentin Girard de Libération qui emballe le moulin en twittant une image du CP avec l’accroche : « Tiens, une partie d’OLF s’est rendue compte que l’organisation était trop affiliée au PS et se barre » ! 2.*

Que des Fondatrices d’OLF aient été, soient encore, au PS ou sympathisantes est un fait, mais d’autres sont proches d’autres formations, et de là à dire qu’OLF n’est « que la chapelle féministe du PS », il y a une sacrée marge, d’autant plus que l’association n’a tout de même pas rechigné à interpeller le gouvernement sur un bon nombre de sujets relatifs aux droits des femmes.

Depuis ce premier CP, des journalistes avisés ont repris l’affaire en mains, et tentent de faire passer OLF pour des représentantes d’un féminisme blanc et bourgeois qui mépriserait les femmes racisées. Voir l’article surréaliste de Madame Figaro 3.* soudainement promue spécialiste en féminisme et qui nous explique le mouvement des femmes et ses divisions internes !

 

Trouver en Madame Figaro un relais des théories des « féministes » dites « pro-sexe »,  « féministes » islamo-gauchistes et « féministes » islamistes, peut être saisissant, mais à bien y réfléchir, relayer la parole de ceux qui s’emploient à toute force à diviser les mouvements féministes, à séparer les femmes et à les enfermer dans des spécificités culturelles et religieuses propres aux systèmes de domination à l’œuvre dans leur pays où communauté d’origine, est plutôt malin.  Diviser pour mieux régner, ne peut qu’arranger le système patriarcal.

Alors même qu’elles sont les seules en réalité, à dénoncer et combattre les violences inouïes  des mariages forcés, de la relégation, des crimes d’honneur, de la lapidation, de l’infanticide des petites filles, de l’excision, de la prostitution, des violences domestiques et sexuelles, des féminicides, etc., les féministes ne trouvent jamais grâce aux yeux des mystificateurs.

Soit elles sont accusées de parler à la place des femmes « racisées », elles sont alors condescendantes, et les femmes racisées qui prennent la parole  sont-elles,  « vendues  à l’ennemi de race » (voir l’article du PIR Parti Des Indigènes de la République, sur Sophia Aram 4.*), soit elles sont accusées de colonialistes qui passent sous silence l’oppression des femmes racisées.

Les « féministes intersectionnelles », « féministes » dites « pro-sexe » et féministes islamistes » communautaristes, voire intégristes, et leurs complaisant-e-s allié-e-s. se mettent quant à elles/eux, au service du genre et de leurs frères opprimés, au détriment des droits et libertés des femmes du monde entier, allant jusqu’à cautionner leur aliénation au nom de la culture et de la religion, alors qu’elles/ils vomissent les religions dès lors qu’il ne s’agit plus de l’Islam.

Quand, au Maghreb et ailleurs, les femmes se libèrent du joug de l’oppression religieuse machiste, elles/ils les ignorent avec un manifeste mépris sexiste. 5*

Leur politique d’entrisme et de sabotage, à Lyon comme ailleurs,  gangrène qui s’étend partout où une solide formation politique, la solidarité et le courage de s’opposer font défaut, est redoutable.

 

Ce ne sont que quelques récents exemples parmi tant d’autres, d’une guerre qui ne dit pas son nom mais blesse gravement des militant-e-s, divise profondément la société et dans le cas de la prostitution, laisse depuis trop longtemps sans recours, des personnes prostituées brisées par la violence des milieux prostitueurs.

Aujourd’hui, c’est bien une heureuse victoire, mais la bataille fut, est et restera rude.

 

A l’issue de ce vote historique, nous, féministes et progressistes abolitionnistes,  n’allons pas bouder notre plaisir. Nous avons toutes les raisons de nous réjouir aux côtés des personnes prostituées qui vont enfin sortir de ce paradoxe insensé : être stigmatisées et détruites par ceux-là même qui revendiquent et/ou profitent sexuellement et/ou financièrement, de leur activité.

Nous pouvons saluer le travail formidable des associations regroupées au sein du Collectif abolition2012 et le soutien de député-e-s engagé-e-s pour la dignité et la liberté des êtres humains.

Mais ne nous faisons pas d’illusion, instituer une véritable alternative au système d’exploitation sexuelle et de domination  le plus violent qui soit, et repousser les lobbys des industries du sexe, ne se fera pas sans peine.

 

Un bon début, abolition !

Christine Le Doaré

 

*1https://ressourcesprostitution.wordpress.com/2015/06/09/la-guerre-de-lindustrie-du-sexe-contre-les-feministes/

 

 

*2 Quentin Girard ‏@quentingirard 4 juin

Tiens, une partie d’@osezlefeminisme s’est rendue compte que l’organisation était trop affiliée au PS et se barre.

 

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3.* http://madame.lefigaro.fr/societe/le-feminisme-exclut-il-les-minorites-090615-96897

4.* http://indigenes-republique.fr/politiser-la-trahison-le-cas-sophia-aram-2/

5* « Toutes en minijupe contre la campagne sois un homme et voile tes femmes «

«Rescapées de l’enfer islamistes, elles se délivrent de leur burqa », ils ne connaissent pas !

https://ldlltunisia.wordpress.com/2015/05/23/toutes-en-mini-jupe-la-contre-campagne-de-sois-un-homme-et-voile-tes-femmes

http://www.ouvalalgerie.com/monde/367-Rassemblement-en-mini-jupe-%C3%A0-Tunis-en-solidarit%C3%A9-avec-les-femmes-alg%C3%A9riennes.html

http://madame.lefigaro.fr/societe/fuyant-daech-elles-renouent-avec-la-liberte-en-retirant-leurs-burqa-080615-96891

Rien ne sera plus jamais comme avant

20131205-170451.jpgQue de contrevérités, inepties et injures n’avons-nous pas entendues avant que nos députéEs, forts de l’importance de ce vote historique, ne votent, ce 4 décembre 2013, à une large majorité, l’abolition de la prostitution ?

Enfin, la France l’affirme, cette archaïque forme d’oppression sur les femmes et les personnes les plus vulnérables, n’est pas légitime.
Au 21ème siècle, il était temps d’en prendre conscience : faire peser une servitude sexuelle de genre (dans tous les cas, les clients sont des hommes), sur les personnes les plus vulnérables, femmes, trans., jeunes, gays, étrangerEs, personnes raciséEs, pauvres, etc., est inhumain.
En outre, nos éluEs devaient réaffirmer les principes de non-patrimonialité et de non marchandisation des corps humains qui doivent échapper aux lois des marchés financiers.
Enfin, il n’y a pas d’autre alternative si nous voulons vraiment avancer vers l’égalité entre les femmes et les hommes.

En effet, les personnes prostituées ne sont coupables de rien, mais bien victimes du système prostitueur, bientôt, elles seront aidées à s’en extraire. Celles qui voudront continuer, pourront bénéficier des systèmes sociaux et de soin, se retourner contre les clients violents et /ou proxénètes, sans risquer d’être pénalisées.
Les clients en revanche, alimentent de leur argent les réseaux qu’ils nourrissent, c’est un fait incontournable.
Le second marché criminel en chiffre d’affaire, doit être combattu par tous les moyens possibles ; abroger le délit de racolage et ne pas responsabiliser les clients reviendrait à créer un appel d’air dans lequel ne manqueraient pas de s’engouffrer les réseaux mondiaux de trafic d’êtres humains.
Demain, les jeunes seront élevés dans le respect des relations humaines et d’une sexualité libre et gratuite entre personnes véritablement consentantes.

A l’évidence, la loi ne sera pas si facile à mettre en œuvre, mais elle va dans le bon sens, le seul envisageable. Bien sur, elle est perfectible, par souci de cohérence, il faudrait poser un interdit pénal plus cohérent, comme un délit sans peine d’emprisonnement.
Alors, je m’étonne des atermoiements des médias en particulier, des associations de santé communautaire également.

Pourquoi ces poncifs éculés, ces clichés assenées en boucle et jusqu’à la nausée, alors qu’il a été démontré que tous les fantasmes sur la prostitution ne tenaient pas, face aux arguments rationnels des divers spécialistes informéEs sur la question ?
Je m’interroge sur les véritables raisons d’un tel aveuglement ?
Pourquoi tant de gens qui jusqu’alors se moquaient totalement du sort des personnes prosituéEs s’acharnent à prétendre que l’abolition est un régime similaire à celui de la prohibition ?
Pourquoi l’inversion de la charge pénale, prostituéE versus client les dérange t’ils autant ?
Y aurait-il donc tant de clients en France ?
Les arguments qui visent à prétendre que les prostituéEs vont se trouver dans une plus grande précarité et clandestinité ont été déconstruits :
qui peut encore ignorer que le seul danger c’est le proxénète et aussi le client et ses violences, dans toutes les situations et les lieux possibles ?
que si la santé générale des personnes prostituéEs est déplorable c’est parce que les associations de santé communautaires comme les autorités de santé, ne s’y intéressent que sous un angle hygiéniste, en se limitant à la question de la prévention aux IST ?
Comment se fait-il que nous entendions tant de voix passéistes et conservatrices ?
Par quelles motivations sont donc animés tous ces adeptes de la prostitution, survivance patriarcale de privilèges dignes du temps jadis, quand fleurissaient les bordels à soldat ou quand l’église encourageait les hommes mariés à visiter les prostituées pour garantir la pérennité des mariages ?
Comment se fait-il que dans l’Hémicycle, une députée EELV soit applaudie à tout rompre par la droite et l’extrême droite ?

En réalité, nos députéEs viennent de réaffirmer la position abolitionniste de la France et de lui donner les moyens ce régime. C’est ce que feront aussi demain d’autres pays européens afin d’enrayer la prolifération des trafics.

Comme il est curieux de constater que les plus farouches opposants à l’émancipation des femmes et des personnes les plus vulnérables aussi, se cachent parfois là où on les attend le moins.
Cyniquement, ils n’envisagent pas, ni pour les femmes, ni pour les plus vulnérables, de meilleur avenir que cette désespérante servitude qui pourtant, n’a plus aucune raison d’être à l’époque de l’égalité.
Le vote de la loi signe le désaveu de ces « pleureuses » défaitistes.

Je remercie tous les députéEs progressistes qui pour des motivations humanistes, féministes et /ou politiques ont voté l’abolition, parfois, contre les consignes de leur formation politique.
Je remercie l’engagement de la Ministre des droits des femmes, Mme Najat Vallaud Belkacem, le courage de Catherine Coutelle, Maud Olivier, Ségolène Neuville, et de toutes les autres personnes qui se sont fortement impliquées, à commencer par Danielle Bousquet et Guy Geoffroy.
La politique, c’est œuvrer pour l’émancipation, jamais pour le maintien ou l’instauration d’un esclavage, quel qu’il soit.
L’Assemblée Nationale vient de nous offrir une belle victoire sur l’obscurantisme de la domination masculine, une belle raison d’espérer en l’avenir de l’humanité.

Christine Le Doaré

Révélation dans l’hémicycle

247583_627443000617265_1631712614_nEn ce vendredi 29 novembre 2013, j’ai passé l’après-midi dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, afin d’y suivre les débats sur la proposition de loi d’abolition de la prostitution.

Je pourrais applaudir les unEs, moquer ou critiquer les autres.
Des interventions m’ont émue, j’en ai même eu les larmes aux yeux, d’autres m’ont exaspérée, d’autres encore choquée.
En ouverture, la ministre des droits des femmes a donné un vibrant discours particulièrement persuasif et on se souviendra longtemps des courageuses députées, notamment Catherine Coutelle et Maud Olivier, qui portent et défendent la loi sans jamais faiblir.
Je suis désormais convaincue, que la pénalisation du client, qui pose un interdit, devrait en effet et comme plusieurs députéEs l’ont suggéré, consister en un délit et non une contravention. On ne peut pas qualifier une violence sexuelle d’infraction, c’est au minimum un délit, voire un crime.

Mais, ce que je vais retenir de cette journée que j’attendais depuis longtemps, c’est d’abord ce que j’ai ressenti et compris en écoutant les débats. Et cela tient en quelques mots.

Les personnes qui banalisent la prostitution, veulent la libéraliser ou en font la promotion, acceptent de facto que des femmes se soumettent à la domination masculine, et ce, qu’elles y subissent ou pas, des violences sociales et sexuelles.
La prostitution étant fortement genrée, ceci signifie sans aucun doute possible, que ces personnes ont nécessairement fait une croix sur toute possibilité d’une société d’égalité entre les femmes et les hommes.

C’est exactement là qu’est le clivage.
Bien sûr il faut aussi prendre en compte les enjeux socio-économiques de cette forme d’esclavage sexuel, à l’intersection des problématiques de sexe, classe et race, et les profits énormes qu’elle représente pour les proxénètes esclavagistes, mais ce qui m’apparait désormais très clairement, c’est que tout être humain qui se mobilise contre l’abolition de la prostitution, ne croit ni en l’émancipation des femmes, ni en l’égalité femmes-hommes, et encore moins en de nouvelles relations humaines affranchies des stigmates de la domination masculine.

Tous ces gens, hommes comme femmes, ne croient pas à une évolution favorable et féministe de l’humanité. Sinon, ils ne tolèreraient pas cet esclavage sexuel d’un sexe sur l’autre. C’est comme s’ils voulaient que les femmes payent encore et toujours, et toujours plus et à jamais. (Je sais bien qu’il y a quelques prostituéEs gays et trans, mais ça ne change rien, les clients sont toujours des hommes, seule leur orientation sexuelle est différente, et il s’agit toujours de domination sociale et sexuelle).

De quel droit ?

A mes yeux, ces personnes sont cyniques et défaitistes et je comprends désormais que c’est ce qui me pèse le plus, et même me désespère.
Même si la loi d’abolition de la prostitution passe, ce que je crois, j’ai tout de même l’intuition que la bataille pour simplement, vivre autrement ensemble, n’est pas là d’être gagnée.
Une chose après l’autre ? Allez, la loi, maintenant ! Abolition !

Christine Le Doaré


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