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Boko Haram, enlèvements, traite et prostitution : un effarant déni

Manifestaton-bamako-lyceenneLa mobilisation internationale pour retrouver les lycéennes nigérianes enlevées par la secte terroriste islamiste Boko Haram est enfin de grande ampleur. 1*

En outre, le lien entre l’enlèvement des jeunes femmes au Nigéria et leur présence massive sur les trottoirs européens, qui fut d’abord rappelé par les associations abolitionnistes de la prostitution, est désormais incontestablement établi. 2* et 2 bis*

D’une part, de nombreuses femmes prostituées par des réseaux de traite en France sont nigérianes ; d’autre part, Boko Haram a annoncé sans détour, que les lycéennes seraient vendues comme esclaves, il est donc hélas probable que des lycéennes enlevées échoueront, elles aussi, sur nos trottoirs. 3*

C’est d’ailleurs la thèse défendue par Mathieu Guidère, Professeur d’islamologie à l’université de Toulouse. 4*

L’annonce concomitante par le gouvernement, du plan d’action contre la traite a également été l’occasion de rappeler que 22 millions de personnes dans le monde rapporte un revenu annuel de 32 milliards de dollars aux trafiquants (sources ONU). En outre, le nombre de victimes a augmenté de 18% en un an, en Europe (Sources Eurostats) et la France qui a arrêté 45 réseaux en 2013, est une plaque tournante des trafics.
Ce plan d’action comporte 23 mesures importantes en faveur des personnes prostituées, dont la délivrance d’une carte de séjour temporaire. Il sera notamment financé par les saisies faites auprès des personnes condamnées et par les amendes des clients prostitueurs.
L’engagement du gouvernement est très encourageant, mais les associations abolitionnistes le rappellent, c’est bien le client qui est au cœur du problème, sa demande génère l’exploitation par les proxénètes, des plus démuniEs et vulnérable. 5*

Pourtant, avant que le lien entre l’enlèvement des jeunes lycéennes, l’annonce de leur vente comme esclave et la lutte contre la traite ne soient publiquement discutés, nombre de personnes ont porté des accusations odieuses à l’encontre des abolitionnistes, leur reprochant une récupération honteuse de l’évènement. 6* (Liste de tweets accusateurs).
Aussi, faut-il se demander pourquoi, rappeler les réalités de l’esclavage et de l’exploitation sexuelle, déclenche autant de réactions violentes, bien entendu de la part de militants réglementaristes de la prostitution tels que les membres et soutiens du STRASS 7*, mais aussi de militants LGBT et de bien d’autres.

Que cache un tel déni des réalités ? Pourquoi s’acharner à nier que les femmes enlevées par Boko Haram et par d’autres, les lycéennes et les autres, au Nigéria et ailleurs, finissent le plus souvent dans les réseaux de prostitution quand elles ne sont pas mariées de force, c’est-à-dire violées et séquestrées, souvent par des pédocriminels car elles sont très souvent, encore des enfants ?
A mon avis, la raison en est simple. Etablir ce lien est dangereux pour les tenants de la légalisation de la prostitution, car ceci signifie que condition des femmes et prostitution, traite et prostitution sont des éléments indissociables les uns des autres.
En effet, pas de demande donc pas de clients implique pas de réseaux, pas d’enlèvements et pas de traite ni de prostitution. A l’évidence, aucun client ne s’interroge sur la vie ni le parcours, d’une prostituée ; il ne s’intéresse qu’à son besoin et remercie la société de l’autoriser à exercer une domination sexuelle par l’argent.

C’est tout de même hallucinant de constater jusqu’où va le déni de ceux qui défendent la prostitution et par voie de conséquence, la traite.
L’idée même de pénalisation du client les perturbe à un point tel qu’ils sont prêts à accepter l’enlèvement, la torture, l’esclavage, l’exploitation, le viol des femmes juste pour que perdure l’une des plus archaïques formes de domination sexuelle masculine.

On touche le fond quand des militants LGBT et autres progressistes, qui pourtant luttent pour l’égalité des droits, s’aveuglent à ce point et avec un égocentrisme effrayant, se rendent complices du système prostitueur et des industries du sexe qui doivent, à tout prix, défendre l’organisation, dans la prostitution notamment, du contrôle et de la mise à disposition des femmes et de leurs corps.

Christine Le Doaré

******************************************************************
*1 :
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203494212705-lyceennes-enlevees-le-president-du-nigeria-veut-prolonger-l-etat-d-urgence-670548.php

2* : http://abolition13avril.wordpress.com/2014/05/13/bringbackourgirls-emotion-et-mobilisation-a-deux-vitesses/

2bis* : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140513.AFP7064/des-associations-denoncent-l-exploitation-en-france-de-prostituees-nigerianes.html?xtor=RSS-25

3* http://www.rtl.be/info/magazinesdelaredaction/Controverse/1090210/-les-lyceennes-enlevees-au-nigeria-vont-finir-sur-les-trottoirs-de-belgique-

4* :
http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/08/1877166-il-y-a-peu-de-chances-qu-on-les-retrouve.html

5* :
http://www.mouvementdunid.org/1er-plan-d-action-national-de

6* :
Sélections de quelques tweets

-Mathieu Nocent @MathieuNocent
@ChLeDoare @_Bintje Ce n’est pas en pénalisant les clients de prostituées que tu vas empêcher Boko Haram d’agir.Ton parallèle est grotesque.
13 mai 2014 20:21

-Aurélien @AureDe
Je propose que l’on échange les 200 lycéennes nigérianes contre @ChLeDoare.
#astuce #BringBackOurGirls pic.twitter.com/KZ49QRDpPW
13 mai 2014 17:19

-Morgane Merteuil @MorganeMerteuil
@ChLeDoare mais LOL. mais quelle est le rapport ? vs en avez pas marre d’instrumentaliser ces 200 meufs? @_Bintje @MathieuNocent @KrysaliaH
13 mai 2014 15:01

-PⒶTATE @_Bintje
c’est de la récupération, et c’est lamentable; maintenant allez chouiner ailleurs sur mon appartenance au « lobby prostituteur ». @ChLeDoare
13 mai 2014 14:37

-Krysalia h. @KrysaliaH
@ChLeDoare on vous demande d’étayer votre propos, vous en êtes incapable. honteuse manipulation ! @Subraf @peperehonni @Ptit_Cheminot
13 mai 2014 13:11

-Krysalia h. @KrysaliaH
@ChLeDoare ok. une série d’affirmations précises concernant ces filles. étayées par… ? @Euterpeaventure @Subraf @_Bintje @Ptit_Cheminot
13 mai 2014 12:36

-PⒶTATE @_Bintje
instrumentaliser l’enlèvement de ces enfants au Nigéria est parfaitemetn dégueulasse, et votre raisonnement ne repose sur RIEN @ChLeDoare
13 mai 2014 11:56

-PⒶTATE @_Bintje
dire « 20% des pros fr sont nigérianne DONC celles enlevées au nigeria sont ds le réseau fr  » est un raisonnement fallacieux @ChLeDoare
13 mai 2014 11:54

-PⒶTATE @_Bintje
j’en connais une qui devrait bien fermer sa gueule, une fois de plus : @ChLeDoare
13 mai 2014 00:07

-Mathieu Nocent @MathieuNocent
@ChLeDoare Quel rapport avec Boko Haram, ce groupe terroriste qui tue dans les lycées ? Christine, tu dérailles complètement. cc @_Bintje
13 mai 2014 08:18

-Christine Le Doaré @ChLeDoare
Les lycéennes nigérianes vendues comme esclaves : responsabilité des clients de la #prostitution engagée. m.facebook.com/story.php?stor… – 12 mai

-João Gabriell @NegreInverti
@ChLeDoare le rapport entre les deux sujets ? Aucun, si ce n’est votre bêtise crasse, doublée de votre indécence. Un peu de respect pitié. – 12 mai

-CERISIER rouge @CerisierRouge
@NegreInverti t’etonnes pas des gens comme ca votent !!! @paul_denton @ChLeDoare
13 mai 2014 05:30

-Christine Le Doaré @ChLeDoare
Les lycéennes nigérianes vendues comme esclaves : responsabilité des clients de la #prostitution engagée. m.facebook.com/story.php?stor… –
12 mai

-JeFreine @Jefreine
@ChLeDoare Mais vous êtes d’une bêtise crasse, en plus de faire preuve de mauvaise foi. C’est hallucinant cette récupération. Et sale. Très.

-Christine Le Doaré @ChLeDoare
Les lycéennes nigérianes vendues comme esclaves : responsabilité des clients de la #prostitution engagée. m.facebook.com/story.php?stor… –
12 mai

-PⒶTATE @_Bintje
j’en connais une qui devrait bien fermer sa gueule, une fois de plus : @ChLeDoare – 12 mai

-PⒶTATE @_Bintje
c’est immonde cette récupération de l’enlèvement des écolières @ChLeDoare
12 mai 2014 22:07

7* STRASS : « syndicat » des « travailleurs » du sexe

Révélation dans l’hémicycle

247583_627443000617265_1631712614_nEn ce vendredi 29 novembre 2013, j’ai passé l’après-midi dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, afin d’y suivre les débats sur la proposition de loi d’abolition de la prostitution.

Je pourrais applaudir les unEs, moquer ou critiquer les autres.
Des interventions m’ont émue, j’en ai même eu les larmes aux yeux, d’autres m’ont exaspérée, d’autres encore choquée.
En ouverture, la ministre des droits des femmes a donné un vibrant discours particulièrement persuasif et on se souviendra longtemps des courageuses députées, notamment Catherine Coutelle et Maud Olivier, qui portent et défendent la loi sans jamais faiblir.
Je suis désormais convaincue, que la pénalisation du client, qui pose un interdit, devrait en effet et comme plusieurs députéEs l’ont suggéré, consister en un délit et non une contravention. On ne peut pas qualifier une violence sexuelle d’infraction, c’est au minimum un délit, voire un crime.

Mais, ce que je vais retenir de cette journée que j’attendais depuis longtemps, c’est d’abord ce que j’ai ressenti et compris en écoutant les débats. Et cela tient en quelques mots.

Les personnes qui banalisent la prostitution, veulent la libéraliser ou en font la promotion, acceptent de facto que des femmes se soumettent à la domination masculine, et ce, qu’elles y subissent ou pas, des violences sociales et sexuelles.
La prostitution étant fortement genrée, ceci signifie sans aucun doute possible, que ces personnes ont nécessairement fait une croix sur toute possibilité d’une société d’égalité entre les femmes et les hommes.

C’est exactement là qu’est le clivage.
Bien sûr il faut aussi prendre en compte les enjeux socio-économiques de cette forme d’esclavage sexuel, à l’intersection des problématiques de sexe, classe et race, et les profits énormes qu’elle représente pour les proxénètes esclavagistes, mais ce qui m’apparait désormais très clairement, c’est que tout être humain qui se mobilise contre l’abolition de la prostitution, ne croit ni en l’émancipation des femmes, ni en l’égalité femmes-hommes, et encore moins en de nouvelles relations humaines affranchies des stigmates de la domination masculine.

Tous ces gens, hommes comme femmes, ne croient pas à une évolution favorable et féministe de l’humanité. Sinon, ils ne tolèreraient pas cet esclavage sexuel d’un sexe sur l’autre. C’est comme s’ils voulaient que les femmes payent encore et toujours, et toujours plus et à jamais. (Je sais bien qu’il y a quelques prostituéEs gays et trans, mais ça ne change rien, les clients sont toujours des hommes, seule leur orientation sexuelle est différente, et il s’agit toujours de domination sociale et sexuelle).

De quel droit ?

A mes yeux, ces personnes sont cyniques et défaitistes et je comprends désormais que c’est ce qui me pèse le plus, et même me désespère.
Même si la loi d’abolition de la prostitution passe, ce que je crois, j’ai tout de même l’intuition que la bataille pour simplement, vivre autrement ensemble, n’est pas là d’être gagnée.
Une chose après l’autre ? Allez, la loi, maintenant ! Abolition !

Christine Le Doaré

Le double effet kiss-cool de la pénalisation du client prostitueur

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En version courte sur le site de Libération – Société – Rebonds :
http://mobile.liberation.fr/societe/2013/07/02/il-est-temps-de-penaliser-le-client-prostitueur_915424
En version courte sur Prostitution et Société :
http://www.prostitutionetsociete.fr/eclairage/point-de-vue/il-est-temps-de-penaliser-le

L’état français qui a fait le choix de l’abolition en 1960, doit maintenant l’appliquer. Bien que la question soit polémique, il est temps d’agir et de faire preuve de courage politique.
Une véritable politique abolitionniste exige de voter une loi globale : renforcer la lutte contre la traite, abroger le délit de racolage, pénaliser le client, adopter de sérieuses alternatives sociales et agir dans le domaine de la prévention et de l’éducation.

Les personnes prostituées sont avant tout victimes des violences sexuelles du système prostitueur, aussi, la loi sur le racolage qui prévoie six mois de prison, doit-elle être abrogée.
En revanche, ce sont bien les coupables des violences qui faut pénaliser. La lutte contre la traite et les mafias du sexe doit s’intensifier ; le client, acteur majeur du système prostitueur doit être responsabilisé. Lorsqu’il achète, non pas des services mais des violences sexuelles, il enrichit les proxénètes mais aussi l’état qui se paye sur le dos de femmes victimes de violences. Si la pénalisation du client s’impose c’est parce que sa demande est à l’origine de l’existence même du système prostitueur, 3ème marché criminel mondial. Une économie criminelle coupable de violences inouïes à l’encontre de femmes et d’enfants déplacés, dressés, violés, torturés. Voulons-nous oui ou non, l’égalité entre les femmes et les hommes ; le respect des droits de l’enfant ; le respect du principe d’inaliénabilité du corps et en réalité, de l’être humain ? C’est bien d’un projet de société humaniste et féministe dont il est question, pas de pudibonderie, ni même de morale.

Les voix s’élèvent, toujours plus nombreuses pour affirmer que la prostitution résulte d’une vision patriarcale de la sexualité : les hommes auraient des pulsions sexuelles irrépressibles et seraient en droit de disposer d’êtres destinés pour survivre, à les assouvir, sans désir, ni plaisir.
La prostitution est bien moins affaire de sexualité que de domination. Les hommes préservent non pas « le plus vieux métier du monde » mais un privilège archaïque qui leur évite de se confronter d’égal à égal, dans une relation à l’autre (peu importe cette relation d’ailleurs, du « plan cul » à la relation de couple). A l’évidence, maintenir la domination masculine compromet tout projet d’Egalité entre les femmes et les hommes.

La violence est intrinsèque à la situation de prostitution (subir des actes répétés de pénétration par des inconnus qui s’imposent par l’argent ; avoir peur d’un pervers ; subir le rejet social; etc. ) et s’y ajoutent les violences avérées des proxénètes et des clients : menaces, vols, coups, viols, tortures, sans compter les meurtres.
Des études en attestent, beaucoup de femmes, quelques hommes, ayant subi des violences sexuelles, s’infligent la violence prostitutionnelle. Les raisons économiques ne sont pas les seules à pousser les femmes dans la prostitution. Pensant contrôler, réparer, elles s’enferment dans une spirale de dévalorisation de soi. Même les prostituées « libres », témoignent en sortant, avoir vécu dans un état d’anesthésie et de dissociation qui seul, leur permettait de tenir. Ne pas sentir ni admettre la réalité de ce qu’elles endurent pour pouvoir y retourner le lendemain. Facile de se donner bonne conscience et de croire leurs discours, fabriqués pour ne pas craquer !

Quand les féministes des années 70 défendaient « la liberté de disposer de son corps », elles réclamaient une sexualité et une contraception libres et gratuites et la légalisation de l’avortement. Ce slogan est récupéré par des lobbys aux fins de marchandisation des corps (des êtres car le corps n’est pas dissocié), soumis aux industries du sexe. Peu à peu, les récupérations successives des mouvements féministes, l’absence de politiques ambitieuses éducatives et répressives contre les violences faites aux femmes, nous ont conduits à une véritable culture du viol et il faut voir les ravages de la libéralisation de la prostitution dans les pays réglementaristes. L’Allemagne, dépassée par le développement du trafic, à son tour tire un bilan négatif (Dossier Der Spiegel) et se promener à la Jonquera espagnole est édifiant.

La prostitution n’est pas un mode de sexualité comme un autre, mais bien une violence sexuelle. La lutte contre la prostitution entre à 100% dans le champ des violences faites aux femmes.
Les violences ne se combattent pas avec de bonnes intentions. Les législations libérales et les discours néolibéraux des lobbys pro-prostitution ont fait leur temps. Défendre la liberté d’une minorité d’escort-e-s petits entrepreneurs, contre les droits de l’écrasante majorité des femmes prostituées contraintes, n’est pas légitime mais indécent.

Il faudrait aujourd’hui à nos représentants, un courage politique identique à celui qui a prévalu quand le viol ou les violences conjugales sont entrées à leur juste place dans le code pénal.
Nos député-e-s doivent s’engager et refuser que des êtres humains ne soient soumis au pouvoir des marchés financiers du sexe et à la domination de clients qui pensent, par l’argent, effacer un acte de violence. Tout être humain peut comprendre que la sexualité relève d’un rapport à l’autre, et qu’il est révoltant de forcer un consentement par l’argent.
Les violences sexuelles ne sont jamais anodines, aussi ne peut-il être question d’une simple contravention, mais au moins d’un délit, voire d’un crime. En droit français, le législateur détermine les seuls délits et crimes, il ne peut donc pas prévoir une contravention punie d’une simple amende. Pour un délit, la peine est de 2 mois à 10 ans de prison, une peine alternative telle qu’un stage de citoyenneté ou des jours amendes peut être substituée à l’emprisonnement. Sachant que ne pas payer sa boisson au café (acte de filouterie) est un délit passible de 6 mois de prison et de 7500 euros d’amende, pénaliser le client prostitueur ne devrait pas constituer un obstacle infranchissable ! Avec le temps et la sensibilisation de la population à légalité et à l’inaliénabilité de l’être humain, la demande baissera non plus par crainte de la répression, mais par conviction.

Rappelons que l’abolition n’est pas la prohibition. L’interdiction ou la prohibition de la prostitution, pénalise à la fois le client et la personne prostituée, plaçant cette dernière en situation de danger. Les abolitionnistes ne sont pas naïfs, ils savent qu’une prostitution résiduelle persistera et s’ils veulent pénaliser le client c’est dans l’intérêt de la société toute entière.
Un véritable effet « Kiss- cool » quand on y pense :
-Premier effet : avancer plus vite vers l’égalité femmes-hommes et refuser une marchandisation toujours plus prégnante des êtres humains.
-Deuxième effet : inverser la charge pénale en la reportant sur le client et non plus sur la personne prostituée. Un rapport de force inversé en faveur des personnes prostituées, face à un client, conscient de seul commettre une infraction et ayant donc intérêt à se tenir à carreau !

La pénalisation du client n’entraîne pas une plus grande précarisation, ni mise en danger des prostituées. Ce qui met toute personne prostituée en danger, c’est le risque induit par le fait d’être seule et vulnérable avec le client, que ce soit dans la rue, dans une voiture, dans un appartement, ou dans un bois. Le danger c’est le client lui-même. Même les «traditionnelles » de la rue Blondel qui partagent en plein Paris, un immeuble, disent avoir toujours peur des clients qu’elles ne connaissent pas ! Dans les pays abolitionniste, la prostitution n’a pas été déportée au fond des bois, elle a diminué, au moins de moitié et se produit aussi en centre ville. En revanche, les prostituées ont accès aux aides sociales, de santé et de prévention aux IST ; sorties de la clandestinité ; elles peuvent imposer plus facilement le port du préservatif.

Ceux qui considèrent que les résultats des pays abolitionnistes sont difficiles à évaluer (même si tout le monde s’accorde à reconnaitre une baisse spectaculaire de la demande et une meilleure égalité femmes-hommes), ne peuvent ignorer les dégâts spectaculaires causés par les politiques libérales : demande exponentielle et de plus en plus sordide (prix au rabais…) ; croissance des trafics, impossible à juguler. Dans ces conditions, entre un bénéfice certain et une catastrophe annoncée, comment croire un seul instant que la France ferait le mauvais choix ?

Christine Le Doaré


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