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Qui voudrait d’un populisme communautaire homosexuel ?

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Les personnes homosexuelles ont longtemps eu le choix entre vivre cachées ou risquer le rejet, les discriminations et les violences.

Cette situation s’est améliorée ; dans nombre de pays, la législation réprime depuis des décennies l’homophobie et la lesbophobie, et instaure peu à peu une égalité des droits, partielle ou totale.

Même dans les pays plus progressistes que d’autres où l’homosexualité reste condamnée, tout n’est pas parfait loin de là et dans tous les cas, l’évolution des mentalités reste le véritable challenge. Cependant, c’est indéniable autant qu’irréversible, les gays et les lesbiennes ont redressé la tête et sont désormais des citoyenNEs comme les autres, souvent impliqués dans la vie sociale et politique de leur pays.

Pour gagner cette acceptation, il a fallu passer par des étapes d’affirmation de soi, aussi, parler de « fierté homosexuelle » a eu son utilité. Le risque serait de prendre cette fierté au premier degré car en réalité il n’y a pas plus de fierté à être homosexuelLE, qu’hétérosexuelLE !

La seule fierté pour tout le monde, consiste à être soi et à l’assumer, à respecter les autres et à accepter les différences sans les hiérarchiser.

Vous en conviendrez, la minorité homosexuelle doit être respectée et dispose, comme tout un chacun, de droits, mais n’a pas tous les droits.

Aussi, basculer dans l’arrogance, s’autoriser à écraser d’autres mouvements sociaux qui ne sont pas d’accord avec certaines de ses revendications ou à injurier les politiques qui ne cèdent pas immédiatement à ses attentes, ne pourrait-être que dommageable.

Pourtant, de plus en plus souvent, des positions, propositions, attitudes, défendues par des associations et collectifs, comme par des personnalités représentatives, fleurent bon la démagogie et je me demande si nous n’assistons pas à l’émergence d’un populisme communautaire, dont je pense, personne n’a besoin.

Comme dans tout groupe, toute minorité, il y a toujours eu des extrêmes dont les pratiques sont loin de faire l’unanimité. Mais ce n’est pas à ces extrêmes que je fais ici référence.

Le populisme est une manipulation politique qui consiste à flatter de manière manichéenne et démagogique une population, à encourager ou répondre à des revendications populaires immédiates.

J’ai examiné attentivement les messages véhiculés dans différents médias, en particulier sur les revendications de PMA et de GPA, provenant de gays et de lesbiennes représentatifs et je m’interroge.

 

–          Les réactions à l’annonce de la condamnation par la CEDH de la France, dans l’affaire des enfants nés à l’étranger « par contrats de mères porteuses » ou GPA.

Sur le plan juridique, cette décision est abusive puisque la circulaire Taubira organisait déjà l’inscription dans l’état civil, des enfants nés au moins d’un parent français (droit de la filiation).

Mais surtout, qui peut m’expliquer en quoi, « faire tomber une digue contre le marché international des mères porteuses », comme l’explique la Cour, c’est lutter contre des discriminations à raison de l’orientation sexuelle ?

Est-ce seulement progressiste de favoriser le marché libéral et lucratif de la gestation pour autrui, juste pour que des hommes en couple hétérosexuel ou homosexuel puissent être pères ?

Quel est ce monde dans lequel une Cour de Justice nous enjoint à reconnaître la fabrication d’enfants occidentaux par des femmes pauvres dans des usines reproductrices du tiers monde ou par des femmes américaines ou anglaises dont on rémunère la fonction reproductrice pour les maintenir en dehors du marché du travail, payer les études des enfants ou adjoindre une piscine à la maison familiale ?

Quand la Cour prétend que la France devrait reconnaitre la filiation du parent biologique, bien entendu elle parle du père biologique, mais elle se moque totalement de l’instrumentalisation du corps et de la vie des femmes, elle fait comme si les femmes étaient de simples machines biologiques à enfanter, exactement comme l’industrie produit des marchandises.

Que sait-elle des souhaits de l’enfant ? Qui nous dit, qu’adulte, l’enfant ne souhaitera pas prendre la nationalité de la femme qui l’a mis au monde ? http://nypost.com/2014/06/16/children-of-surrogacy-campaign-to-outlaw-the-practice/

Comment la France va-t-elle pouvoir maintenir une courageuse position éthique et progressiste contre l’économie de marché de la reproduction  alors qu’elle sera contrainte de régulariser automatiquement et à la chaîne, sur son sol, les enfants produits pour des parents qui contournent sciemment sa législation et exercent un odieux chantage ?

Qui peut croire que tout ceci se fait dans l’intérêt de l’enfant ?

L’enfant produit, l’enfant à tout prix, l’enfant sur étagère pour nourrir les fantasmes d’occidentaux alors que la planète se meurt d’une surpopulation galopante et que d’autres enfants par millions sont abandonnés, exploités, etc., et pourraient être adoptés.

Des lesbiennes se désolidarisent de leur classe de sexe pour faire preuve d’un zèle étourdissant dans la perpétuation et même l’invention de nouveaux privilèges masculins.

Cautions féminines, elles vont souvent un peu plus loin que les hommes, afin d’être reconnues.

C’est particulièrement vrai en matière de prostitution et de GPA, deux domaines d’appropriation du corps et des vies des femmes, indispensables au système patriarcal.

Par exemple, Caroline Mécary, avocate et coprésidente de la Fondation Copernic, propose « de disjoindre parentalité et conjugalité et d’organiser juste après le sevrage de l’enfant, une résidence alternée », afin de faciliter à l’avance, la future séparation des conjoints !

Sans le lobby tenace d’associations et de personnes gays et lesbiennes sur la question, la Cour aurait-elle pris cette décision qui bafoue le respect de la personne humaine et les droits des femmes ?

Rien n’est moins sûr.

Ces gays et lesbiennes qui défendent la toute puissance en matière de parentalité, au mépris le plus absolu des droits des femmes, ne font-il pas preuve de populisme communautaire ?

 

–          D’inquiétantes affiches du Collectif Oui-Oui-Oui ! (Oui à la PMA) et du Collectif « Fières », pour la Marche des Fiertés

« PS lesbophobe ! », « Hollande, lesbophobe ! ».

10487582_10152551664479743_8091891247544845155_n[1]La PMA ouverte à toutes les femmes, pourquoi pas ? Après tout, il s’agit d’un don de sperme et pour faire simple on va dire que le sperme se produit rapidement et facilement.

Que le Parti socialiste et plus exactement, le gouvernement Hollande ait une fâcheuse tendance à la reculade et n’honore pas ses promesses de campagne, est un fait ; qu’il soit nécessaire de le rappeler pour faire valoir ses droits, est une conséquence.

Néanmoins, ce collectif oublie que la revendication de la PMA ne concerne pas que les lesbiennes, mais aussi les femmes seules, donc l’accusation de « lesbophobe » n’a guère de sens.

Ensuite, user du suffixe « phobe » n’a en général qu’une finalité : discréditer ses contradicteurs et ce, dans la plus grande malhonnêteté intellectuelle qui soit (sérophobe, putophobe, etc.).

Dans tous les cas, est-ce vraiment indispensable d’injurier en bloc tout le Parti socialiste en le traitant de « lesbophobe » parce que cette mesure n’est pas encore adoptée ?

L’ouverture du mariage aux couples de même sexe date à peine d’un an, a été votée dans des conditions extrêmement difficiles et que personne n’avait imaginées, aussi parce que le PS l’a défendue ; alors prétendre qu’il est lesbophobe est proprement absurde.

Je note que cette avancée (adoptée fin avril 2013) n’a d’ailleurs pas été fêtée par une Marche des Fiertés 2014 à la mémoire un peu courte.

Comment se faire des alliéEs ? C’est simple : cracher dans la soupe, faire pipi par terre, insulter…, tout faire pour acculer ses interlocuteurs à se crisper sur la réputation qui leur est faite.

C’est tout de même affligeant de voir ainsi des gays et des lesbiennes ne pas faire la différence entre des réactions de frustration et des revendications articulées dans un dialogue politique avec l’institution qui peut au Parlement, faciliter l’adoption des droits attendus.

Dans un autre genre, l’affiche produite pour la Marche des Fiertés par le Collectif de jeunes lesbiennes « Fières » : « IVG / PMA Même combat ! », me laisse perplexe. L’interruption volontaire de grossesse, à l’origine de tant d’accidents et de décès de femmes en France avant l’adoption de la loi Veil, mise sur le même plan que la PMA ? Vraiment ? Cette affirmation est aussi mensongère que ridicule.

10502189_816126135078491_6231021827386890894_n[1].jpg Fières

Même l’Inter-LGBT n’hésite plus à flatter ses extrêmes et avec une franche démagogie produit une affiche : « Nos corps, nos droits, ta gueule ! ». Ensuite, ne nous restera plus que les coups, c’est tout de même troublant !

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Mais je m’interroge, ces comportements, ces slogans, sont-ils aussi spontanés et sincères qu’il y paraît car après tout, c’est beaucoup plus facile, de se faire remarquer et d’entraîner des partisans, en flattant la propension des gens aux amalgames faciles et à l’outrance, qu’en travaillant sur des dossiers et en entretenant un dialogue politique.

S’agit-il vraiment d’une erreur d’appréciation politique de la situation, sachant que le PS n’est évidemment pas lesbophobe, plutôt peu enclin à combattre les réactionnaires, et que le combat pour la PMA et celui pour l’IVG n’ont strictement rien en commun ?

Non, ces affiches mensongères ne sont pas produites par hasard mais délibérément et pour susciter à bon compte des adhésions.

Ces affiches contre-productives, car mensongères et outrancières, semblent bien elles aussi relever d’un certain populisme communautaire, et ce n’est pas très glorieux.

En Conclusion

Lutter contre les discriminations et les violences à raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, lutter pour obtenir l’égalité des droits ne peuvent en aucun cas se mener en bafouant les droits des femmes (contrôle patriarcal de la sexualité et de la reproduction dont relèvent la prostitution et la GPA) ; si en plus, les gays et les lesbiennes devaient verser dans le populisme communautaire, ce serait tout bonnement inacceptable, au même titre que l’est toute forme de populisme politique.

Quand les féministes aidaient le mouvement homosexuel à émerger en protégeant les gays dans cortèges revendicatifs des années 70/80, elles étaient loin d’imaginer qu’ils feraient aux 20ème et 21ème siècles, des choix qui attestent de leur attachement indéfectible à la classe dominante masculine.

Ils ont oublié en route, quelque part, qu’ils sont aussi responsables de l’oppression des femmes.

Le mot « genre » n’a pas la même signification pour les LGBT qui luttent pour la reconnaissance des personnes transsexuelles (identité de genre veut alors dire Trans. Transgenre et TransexuelLE) et les féministes qui luttent pour l’égalité entre les genres masculins et féminins.

Pour se rejoindre, il faudrait déconstruire les rouages de la domination masculine dans les politiques LGBT, mais l’époque où les gays comprenaient l’imbrication du sexisme et de l’homophobie semble révolue.

Même SOS homophobie a oublié cette année la lesbophobie dans son communiqué de presse, titrant : « La lutte contre l’homophobie, transphobie deux ans après l’élection de François Hollande ». Bien la peine que le mot ait fait son entrée au dictionnaire cette année !

Les féministes qui ont toujours été solidaires des LGBT, sont désormais confrontées à des revendications trop souvent antagonistes de leur part (Prostitution/GPA).

Les lignes de fracture se creusent rapidement et la tendance au populisme communautaire  récemment observée, n’arrange rien.

Tout ceci est inquiétant, d’autant plus que le contexte politique général est désastreux, que rapidement et sûrement, l’extrême droite assoit son emprise sur un pays de plus en plus déboussolé.

Mais c’est heureux, personne, pas moi, ni vous je pense, n’avons besoin d’un quelconque populisme communautaire !

Christine Le Doaré

 

Insupportables enfermements identitaires !

20130823-155043.jpgUne intégration réussie, c’est l’adhésion à un socle commun, enrichi de diversités culturelles.

En France vivent des gens qui croient. Ils croient en une force supérieure qui nous aurait fabriqué ce monde, nous y ferait naître et mourir, dans un dessin déterminé.
Ceux qui croient en cette force, l’appellent Dieu.
Pourquoi pas, chacun peut bien croire en ce qu’il veut, Dieu, le soleil, les elfes, la matière ou l’Humain, surtout si ça l’aide à accepter la condition humaine, une inévitable solitude intérieure, son insignifiance face à l’immensité de l’univers, la conscience d’une mort inéluctable.

Seulement voilà, rien n’a jamais été avéré, toute croyance relève de l’imaginaire, bref, il ne s’agit en rien de révélations, mais bien d’hypothèses.
Vous en conviendrez, il serait irrationnel d’accorder à de simples hypothèses, une autre place que celle de vivre dans l’esprit et la conscience de celles et ceux qui font le choix de croire.
Pourtant, depuis des millénaires les religions ont mené le monde ; chacune portée par des hommes convaincus que Dieu, c’est le leur et pas celui du voisin ; toutes liées par d’immenses massacres, toutes en grande partie responsables de l’oppression des femmes, des personnes homosexuelles et autres minorités.

En France, nous avons fini par adopter des règles politiques pour nous permettre de vivre ensemble, athées et croyants de toutes confessions confondues.
La religion à l’âme et dans la vie civile, citoyenne et politique, une relative neutralité et la promotion de valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité (au moins en droit, parce que dans les faits, c’est évidemment assez loin du compte).
Depuis 1905, la loi consacre la séparation des Églises et de l’État, et nous vivons dans un état laïc.
La laïcité bien pensée ne veut pas dire que les religions n’ont pas voix au chapitre, mais qu’elles ne doivent pas influencer la vie civile et rester dans la sphère privée.
A l’évidence, des interférences sont inévitables, par exemple, l’état finance une partie des écoles privées religieuses (même si on comprend bien l’intérêt de maîtriser certains cursus et programmes).
Pendant des décennies, tout a semblé s’articuler ainsi, l’état d’un côté, l’église de l’autre, non sans quelques heurts, mais dans une relative harmonie.

Mais ces dix dernières années tout va de travers et c’est de pire en pire.
Les enfermements identitaires sont comme d’immenses murailles, de plus en plus infranchissables.
Chacune des trois religions monothéistes, à des degrés différents certes, se radicalise ; la séparation des pouvoirs est de moins en moins une réalité, l’influence des religions dans la vie civile est de plus en plus inquiétante.
Les modérés sont en retrait et laissent de plus en plus souvent les intégristes occuper le devant de la scène.
Chaque, obédience son crédo, ses obsessions et ses méthodes.
Les uns ne veulent pas de mixité dans les piscines, agressent les médecins masculins qui examinent leurs femmes, marient leurs filles de force ; d’autres débranchent les interphones des immeubles le vendredi soir ; d’autres encore assassinent de jeunes libertaires ; etc.
Indéniablement, les intégristes de tous bords s’accordent pour restreindre les droits et libertés des femmes, qu’il s’agisse de contraception ou avortement, de tenue vestimentaire, de sexualité, etc. Tous s’entendent aussi, de façon plus ou moins virulente, pour refuser l’égalité des droits aux couples de même sexe.

Des quartiers, des rues ou parties de rues, autour d’une église, d’une mosquée ou d’une synagogue ; des immeubles entiers se transforment en ghettos quasi intégristes de l’une ou l’autre religion. Chacune dans son style, la tenue de sortie de messe est tout aussi stéréotypée à St Nicolas du Chardonnay, qu’à la Synagogue de la rue des Tournelles ou autour d’une mosquée de la Goutte d’or.
Il est désormais impossible de se promener dans un des bois de la capitale le dimanche en été, sans tomber sur des pique-niques familiaux regroupant sur des emplacements bien délimités, des femmes et des hommes qui semblent sortis d’un autre siècle.
Les hommes s’en sortent un peu mieux, mais les femmes sont couvertes de la tête aux pieds, arabes, comme juives, l’idée étant de les protéger des regards masculins concupiscents, un peu comme leur attacherait autour du cou un écriteau « propriété privée, ne pas regarder » !
Et d’une année sur l’autre, c’est de plus en plus imposant et pesant.

L’église catholique a perdu de sa superbe en France après les années 70, ses groupes intégristes n’ont pour autant, jamais disparu.
Ils se fondaient dans la population des beaux quartiers et rendaient de temps à autres de menus services, à l’extrême droite notamment, agressant de temps à autres, tantôt des étudiants, tantôt des minorités. Ils ont démontré leur capacité à se mobiliser à l’occasion des débats sur le mariage pour tous où ils se sont illustrés par une violence misogyne et homophobe, mais jusqu’alors, leurs interventions étaient plutôt marginales.
Bien entendu, la religion catholique est instrumentalisée politiquement, notamment par une partie de la droite, et par l’extrême droite, nous l’avons bien vu lors des évènements déplorables du mariage pour tous, mais une grande majorité des catholiques modérés, s’était jusqu’alors, clairement démarquée des agissements violents des intégristes.
Dans tous les cas, la critique de l’église catholique et de ses prises de position a toujours été libre et vivace en France. Un certain anticléricalisme ayant même plutôt bonne presse.
Le mot « catholicophobie » n’existe pas.

Le judaïsme en France, m’avait toujours semblé être plutôt discret, tolérant et bien intégré à la société française. En outre, cette religion concerne un peu plus d’1% de la population française, elle est donc très minoritaire.
Les rares fois où elle fait parler d’elles, c’est lorsque l’un de ses membres est agressé.
Je me souviens avoir croisé pour la première fois, des femmes habillées comme des paysannes, avec des bas, longue jupe et tête couverte, et des hommes en costume traditionnel, c’était en 2006 lors d’un voyage en Israël, à Mea Sharim, dans le quartier intégriste de Jérusalem ; aujourd’hui, à Paris, j’en croise chaque jour.
Dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que kasher et/ou israélites.
Comme en écho au radicalisme musulman, un radicalisme judaïque se développe.
L’antisémitisme est toujours bien prégnant en France, il doit être combattu sans relâche.
Les critiques émises contre le judaïsme, ses dignitaires et ses pratiques, ne soulèvent pas l’indignation ni des communautés juives, ni des intellectuels ou des politiques français ni étrangers.
Le mot « judaïsmophobie » n’existe pas.

Depuis que je suis arrivée à Paris, à l’âge de 24 ans, j’ai des ami-e-s maghrébin-e-s, j’ai partagé 5 ans l’intimité d’une algéroise dont je connaissais la famille, à Paris et en Algérie, et j’ai toujours habité dans l’est parisien où les immigrés sont en grand nombre.
Il y a 20 ans, beaucoup d’entre eux étaient athées, certains musulman-e-s, mais très peu pratiquaient le ramadan, et aucune femme n’était voilée. Cette religion concerne un peu plus de 6% de la population française, c’est la 2nde religion du pays.
Aujourd’hui, le ramadan est quasiment obligatoire, dans beaucoup de cantines, on mange hallal, dans beaucoup de piscines il y a des créneaux mixtes et non mixtes, etc.
Dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que hallal et/ou coraniques ; une femme sur deux est voilée.
Bien sûr, le racisme est bien vivant en France, à l’encontre des populations d’origine arabe notamment ; il doit être combattu sans relâche.
A l’inverse des deux autres religions, toute critique, même modérée de l’islam radical, de la charia, des mollahs, de dérives, suscite de fortes réactions et même la réprobation d’une partie des intellectuels et politiques, en particulier Verts et de l’ultragauche (« islamo gauchistes » comme les Indigènes de la République…).
Par exemple, la responsable de Luttes Ouvrières considère que Gaza est « un camp de concentration ».
En réalité, Gaza est une prison, il est temps de trouver des solutions équitables et pérennes pour régler la situation dans cette partie de la planète, mais Gaza n’est sûrement pas un camp de concentration, la nuance n’est pas un « détail de l’histoire ».
Il semble interdit de critiquer l’Islam, le mot d’islamophobie a même été inventé à cet effet.

Ce concept d’ »islamophobie » interdit toute critique de l’islam radical ailleurs comme chez nous.
Pourtant, dans une république laïque, une religion qui n’est après tout qu’un ensemble d’opinions et de pratiques doit s’attendre à être observée de près, c’est même au degré de liberté de critique que l’on reconnait une démocratie.
Pourtant, des trois religions, c’est celle qui de nos jours, dans sa version radicale (la charia), condamne à mort les personnes homosexuelles, excise les femmes, les lapide au prétexte qu’elles sont soupçonnées d’être infidèles ou pire encore parce qu’elles ont été violées et déshonorent leur communauté, et au quotidien les emmure vivantes dans des tenues, pour les soustraire au regard des hommes, qui seuls ont le droit de vivre au grand jour.
Alors bien sûr, nous n’en sommes pas là en France. Toutefois, par bien des égards, la situation des femmes entre mariages forcées et le port de la Burqa dont on ne sait jamais s’il est contraint ou non, est très préoccupante.
N’oublions pas que les femmes arabes se sont jadis libérées, aussi dignes, indépendantes et libres que les occidentales, elles avaient repris leur destin en mains, mais le poids des conservatismes religieux les a rattrapées et de nouveau enfermées.
Les occidentales fraîchement converties, originaires de Bretagne ou de la Creuse, feraient bien de s’en souvenir. Les chantres de la démagogie feraient bien de remiser leur relativisme culturel au vestiaire de l’histoire.
Au final, je suis persuadée que ce concept d’ »islamophobie » fait plus de dégâts qu’il n’aide à régler les problèmes. Il engendre encore plus de racisme et rejet.
Non seulement, les français n’osent pas, extrémistes mis à part, critiquer les entorses à la laïcité, mais les musulmans modérés, paisibles et respectueux des valeurs républicaines, n’osent plus, sous peine d’être montrés du doigt par les plus radicaux d’entre eux, se démarquer d’actes, comportements intégristes et violents.
En réalité et de différentes manières, les islamistes se servent des musulmans, ils se moquent bien de savoir ce qu’ils vont subir de leur fait, ils instrumentalisent la religion à des fins politiques. C’est le pouvoir et seulement le pouvoir qui les motive.

A l’évidence, il va nous falloir comprendre très vite pourquoi, quel que soit le pays d’origine et la religion, l’intégration républicaine ne fonctionne plus et y remédier.
Personne ne l’ignore, les conditions de vie économiques et sociales de familles issues de l’immigration, une certaine faillite de l’éducation nationale et des politiques de la ville et des banlieues, sont à juste titre pointées du doigt.
Mais, le sens des réalités nous contraint aussi à relever que le volume des aides sociales et publiques consacrées à aider ces familles est aussi infiniment plus élevé que dans nombre de pays européens et surtout que trop de parents, toutes confessions confondues d’ailleurs, ne prennent plus vraiment la peine d’élever leurs enfants et encore moins de leur transmettre des valeurs, ne serait-ce que le respect de l’autre et de sa culture, surtout, le respect du socle commun de valeurs du pays dans lequel ils vivent et se sont parfois réfugiés.

Dans tous les cas, je ne pense pas que respecter le socle commun des valeurs républicaines et de la laïcité soit contraire à l’intérêt des populations, en particulier des femmes ; bien au contraire, c’est même la seule garantie d’évolution favorable pour elles.
L’évolution vers toujours plus de religieux, toujours plus d’affichage des symboles d’appartenance religieux, quels qu’ils soient, et qui se répondent les uns aux autres jusqu’à plus soif, dans notre espace public, est proprement accablante.
Pour que le pacte républicain fonctionne, il faut certes que l’état fasse son autocritique, mais il faut aussi que toutes les minorités qui veulent vivre dans un pays d’accueil respectent les valeurs de la société qui les héberge.
L’intégration bien pensée consiste à sortir des enfermements identitaires, qui n’ont souvent pour fonction que d’isoler les femmes ; à partager des valeurs communes, et enrichir ce socle des différences culturelles ; ainsi, nous pourrons vivre ensemble, en bonne intelligence.
La république, la laïcité, ne se négocient pas ; aucune entorse ne doit être permise dans l’espace, l’administration, les services, les équipements publics.
Tout le reste n’est que démission et démagogie d’une logique individualiste, toujours préjudiciable aux femmes, et à la société toute entière.
Créer des droits différents est un piège grossier.
Je ne veux pas vivre dans cette société-là.

Christine Le Doaré


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