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Leur politique est à la dérive, un nouveau cap est possible

7772255632_un-bureau-de-vote-a-angouleme-illustrationEn France, mais aussi au Danemark, en Autriche, au Royaume-Uni, etc., les résultats des élections Européennes 2014 sont un désastre. Comment dépasser un tel malaise, reste-t-il des raisons d’espérer, lesquelles ?

L’Europe ne fait plus rêver. Pourquoi aussi, ne s’est-elle pas donné les moyens du fédéralisme ?
En restant au milieu du gué, sans politiques économique et sociale harmonisées, sans régulation de l’industrie financière, sans justice sociale, difficile de construire un ensemble cohérent.
Il aurait probablement fallu consolider une Europe plus restreinte, puis l’élargir. Chercher à agrandir trop vite un ensemble aussi hétérogène, n’avait guère de sens.
Les taux d’abstention les plus faibles : – 25 % de votants, sont enregistrés dans les anciens pays du bloc de l’Est : Pologne, Croatie, Slovaquie (87% d’abstention), mais curieusement, dans les pays où la crise économique a frappé le plus fort, Grèce, Italie, Espagne, le taux de participation est de 57 %, le sentiment d’appartenance reste fort.

Il faut aussi bien l’admettre, les gens sont plein de paradoxes et ne cherchent guère à s’informer, encore moins à s’impliquer.
Des régions entières, des pays, ont prospéré grâce à des financements européens, mais si l’on demande aux habitants quelle est la part de financements européens dans les réalisations et équipements dont ils bénéficient au quotidien, ils n’en savent rien.
Ils sont ravis de ne plus sortir de passeport aux frontières ni de changer de devise et pourtant, ils n’ont que le protectionnisme national à la bouche.
Les institutions européennes ont imposé aux législations nationales d’évoluer sur les droits des minorités, notamment sur les droits et libertés des personnes LGBT, mais il n’est pas certain que les citoyenNEs concernéEs aient voté pour donner au Parlement européen les moyens de continuer son action en ce sens.
Les gouvernements nationaux les déçoivent, les électeurs se vengent aux municipales et européennes. Illogique et inopérant.

Bien sûr, la part de responsabilité des partis politiques traditionnels, coupables de tant d’inconséquence, d’inefficacité et de suffisance malgré les échecs répétés, est gigantesque.
Les populistes des extrêmes ne nous sauveront jamais de rien car à part détruire ils ne proposent pas d’alternatives réalistes, mais ils s’y entendent pour agiter les épouvantails.
C’est ainsi que beaucoup d’observateurs trouvent des excuses aux français qui ont voté FN (25% des voix). Pas moi, et je me demande à qui j’en veux le plus, à celles et ceux qui se sont abstenus, défaitistes, individualistes, inconscients et puériles (73% des moins de 35 ans n’ont pas pris part au vote, moins d’un jeune sur trois n’a daigné se déplacer jusqu’à un bureau de vote) ou aux électeurs tout aussi inconscients ou pire encore, fascisants, du FN ?
Je ne comprends pas ces gens qui, devant une vingtaine de bulletins offrant un choix varié de messages à adresser aux institutions européennes, n’aient pas trouvé mieux à faire que de préférer celui du FN.

Tout de même, faut-il être irresponsable et même stupide pour déposer dans l’urne un bulletin du Front National, parti qui s’attache à gommer une identité troublée, xénophobe, raciste, sexiste, homophobe, dont le programme est indigent et qui n’a jamais fait la preuve de la moindre capacité à gérer des affaires économiques et sociales !
Pour quelles suffisantes raisons donner sa voix à un parti prompt à trouver des boucs émissaires, à exacerber les violences et attiser les haines ?
De quel droit mettre la France et l’Europe dans une telle situation de risque politique ?
Que va peser la France dans l’Europe avec 50% de renouvellement de ses députés qui vont devoir apprendre le job, sachant que les 24 députés FN ne vont pas mouiller leur chemise pour une institution qu’ils veulent supprimer ?

Au nouveau Parlement européen siégeront environ 140 eurodéputés hostiles à l’Europe.
Des députés nazis, membres d’Aube Dorée en Grèce, de Jobbik en Hongrie ou d’UKIP en Grande Bretagne, et d’extrême-droite tels que des députés du Front National et du Parti Populaire Danois, vont se retrouver dans l’enceinte d’une institution dont la création a notamment été inspirée par un rejet du nazisme.
Des eurosceptiques de gauche, tels que des députés espagnols issus de Podemos – les Indignés, aussi vont siéger dans une institution qu’ils rejettent.
Le PEE de la droite conservatrice avec environ 217 sièges, les 199 députés du groupe socialiste, les libéraux(61) et les Verts (50), maintiennent les grands équilibres droite/gauche traditionnelle, mais qui peut croire qu’une telle cacophonie permettra à l’Europe de se reprendre et d’avancer vers plus de justice sociale et financière ?

Qui va payer les conséquences d’une telle situation ? Sans surprise, les plus vulnérables et en particulier les femmes.
Les droits des femmes, sur les questions de l’avortement notamment, ont été fragilisés, à plusieurs reprises, ces derniers temps. Alors, j’ai beaucoup de peine à imaginer le nouveau Parlement européen impulsant des politiques progressiste et féministe que nous attendons.

Combien de temps encore allons-nous devoir subir les errances et les échecs de sociétés machistes qui saccagent la planète et sacrifient des vies humaines ?
Nous en avons marre de tourner en rond indéfiniment et depuis la nuit des temps ; des révolutions infailliblement récupérées aux alternances politiques de façade, intrigues de pouvoir et de domination, guerres économiques ou guerres de tranchées, tout se ressemble et rien ne convient.

Il faut se mobiliser pour réaliser l’égalité femmes-hommes, renoncer aux privilèges qui profitent au genre masculin au détriment des femmes, rejeter les rapports d’exploitation, de domination et de violence, abandonner enfin les systèmes d’oppression déficients et déshumanisants que sont le libéralisme et le patriarcat.
Le féminisme est un projet de société à part entière, la seule alternative crédible aux vieux systèmes d’oppression qui ont fait leur temps ; une civilisation féministe pourrait bien être le seul moyen d’instituer une société socialiste, écologiste et humaniste.

En Suède, le PFS, parti féministe suédois a obtenu 5,3% des voix et aura un siège au Parlement européen.
En France, les listes du tout nouveau FPES, parti paritaire « Féministes pour une Europe Solidaire » lancé tardivement et sans moyens financiers ni audience médiatique, a tout de même réuni 30 000 voix.
Loin de toute naïveté, sans nourrir des illusions inconsidérées, nulle part ailleurs, je ne vois de raisons d’espérer en un meilleur avenir.


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