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GPA, le juge décide mais ne résout rien, au contraire

imagesLe premier ministre prend acte de la décision de la Cour de Cassation, ce 4 juillet 2015, mais rappelle que la GPA (Gestation pour Autrui) est interdite en France ?!

Alors, elle est interdite ou elle ne l’est pas ?

Si elle l’est, pourquoi la Cour a-t-elle donné  satisfaction à un couple de gays qui a sciemment violé la loi Française en contractant une GPA en Russie ?

Quel parent d’un enfant né de GPA, a rencontré en France, le moindre problème d’autorité parentale ? Aucun.

Et l’enfant me direz-vous ?  Mais l’enfant a bien un acte de naissance établi dès sa naissance dans son pays d’origine, les identités de son  père biologique et de sa  mère porteuse sont portées sur le document, sa filiation est établie. Les enfants  nés d’une  GPA ne rencontrent aucun problème en France, en revanche, les parents qui les ont achetés, oui. Ils veulent contraindre l’état à reconnaître ce qu’il a pourtant interdit. Si la transcription dans l’état civil français n’était pas automatique, c’était pour respecter la loi française qui interdit la GPA. Cohérence juridique et politique toute logique.

Par sa décision, la Cour de Cassation cautionne ceux qui ont  sciemment violé la loi, et encourage  ceux qui ne l’ont pas encore fait,  à emprunter le même chemin. Cette décision fera jurisprudence en la matière et constitue quasiment une légalisation de fait, en attendant mieux.

Quand le juge décide en lieu et place du  législateur, quand la petite loi du contrat commercial prend le pas sur la Loi de la République, c’est en général signe d’égarement voire  de démission politique. Pourtant c’est bien au législateur d’être le garant de la cohérence juridique de nos systèmes politique et juridique, aussi des droits des femmes et des enfants.

Sur le plan du droit pur, la décision de la Cour de cassation crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Tout d’abord, comme l’explique si bien Marie-Anne Frison Roche*, professeur de droit à Sciences po, le droit des personnes et le droit des choses / animaux, sont deux droits distincts. La Notion de Droit de la personne qui fonde notre civilisation, est une abstraction juridique qui protège les êtres humains. Par opposition aux choses, les personnes sont indisponibles, incessibles (ne peuvent être dans le commerce). L’enfant est une personne, à ce titre il est incessible, même gratuitement,  et à fortiori, ne peut être acheté. Le droit protège ainsi les personnes les plus faibles contre les désirs de plus puissants, fortunés, etc. La GPA est intrinsèquement contraire au droit de la personne sur lequel est fondée notre civilisation. La Cour de Cassation ne le sait pas ?

La France réglemente drastiquement l’accouchement sous X, l’adoption, mais elle accepterait de retranscrire un acte d’état civil qui résulte du commerce d’un enfant ?

Que penser de la règle posée par la Cour de Cassation qui consiste à exiger de tout père biologique qui demande la transcription de l’acte de naissance à l’état civil français, de fournir un test ADN pour prouver sa paternité ? Quid de l’adoption qui elle,  établit juridiquement  une filiation, sans aucun lien biologique ? La filiation n’a jamais été « tout biologique » en France. Sous prétexte de modernité, on revient à la loi du sang ? La loi du sang et du sperme, il faudrait désormais établir une « filiation spermatique » en lieu et place de la présomption de paternité ?  Le patriarcat en rêvait, le juge la lui offre !

En outre, nous nageons en pleines contradictions, si la filiation est biologique, alors la mère porteuse qui accouche de l’enfant et qui figure également sur le certificat de naissance,  a autant de droit sur l’enfant que le père biologique ! Insécurité juridique totale, la Cour de Cassation ne le voit pas ?

Sur les plans politique et philosophique, la GPA est le reflet d’une société plongée dans une crise de ses valeurs, menée par les lois des marchés financiers, un libéralisme sauvage qui marchandise aussi les êtres humains (la traite, la prostitution, la GPA et les organes, etc.),  les possibilités de profits sont infinies et d’ailleurs la GPA est un gigantesque marché, de plus en plus florissant. Les désirs égocentriques des plus aisés sont satisfaits par celles et ceux qui pour survivre,  n’ont guère d’autre choix que de se vendre, eux ou l’une de leur fonction, organe, etc. Les clients achètent une projection  d’eux-mêmes, exclusivement génétique, on nous parle de père et mère d’intention, mais l’intention consiste surtout à reproduire ses gènes par tout moyen disponible, et malheur à  l’enfant qui naît  du « mauvais sexe », de la « mauvaise couleur », malade, handicapé-e, etc., et à sa mère porteuse, il suffit d’une clause contractuelle pour régler le problème !

Sur le plan des droits des femmes et des enfants, nous sommes clairement en pleine régression. L’appropriation des corps et vies des femmes pour s’assurer une descendance, la transmission de patrimoines financier et génétique, sont de toujours,  les enjeux majeurs de la  domination masculine. La  GPA permet de s’approprier des enfants biologiques, en exploitant des femmes pauvres et leur fonction reproductive ou en payant une fortune des femmes occidentales qui vont agrémenter le niveau de vie de leur famille, renvoyées au seul rôle social qui ne leur a jamais été contesté : mettre au monde des enfants.

Et  au milieu, des entreprises peu scrupuleuses, s’enrichissent à bon compte.

Quant à la notion de don, mise en avant par les personnes « de gauche », elle renvoie à l’esprit de sacrifice associé au féminin dans notre société sexiste,  c’est d’un cynisme !

Ce que les enfants nés de ces trafics et exploitations diverses, penseront plus tard de tout ceci, ne soucie pas grand monde. Voudront-ils retourner dans le pays où ils sont nés, en prendre la nationalité… ?

Que des avocats, associations et même  juges, défendent des intérêts privés ou de groupes, c’est banal ;  que la GPA soit un florissant business  dans nombre de pays,  c’est un fait ; mais la France a le droit de choisir un projet de société dans lequel la marchandisation de l’humain n’a pas sa place. En droit de la famille, la compétence des états membres de l’UE, quand elle n’est pas exclusive, n’est que partagée.

Pour conclure, avec cette décision, la Cour de Cassation vient tout de même de créer une grave incohérence juridique en matière de filiation ; de décider que l’enfant, telle une chose, est désormais cessible et donc de mettre en danger le droit de la personne ;  de valider l’exploitation des femmes au profit d’entreprises de fabrication de bébés. Et tout ça, pour régler des problèmes qui n’existaient pas vraiment !

Il est temps que nos représentants politiques sortent de leurs hésitations et déclarations contradictoires et repoussent tout chantage,  pour rappeler fermement que le droit français est un droit protecteur des personnes qui ne doit jamais encourager le commerce d’êtres humains.

Christine Le Doaré

* Marie-Anne Frison-Roche Le droit à l’épreuve des contrats de maternité de substitution http://mafr.fr/fr/article/le-droit-a-lepreuve-des-contrats-de-maternite-de-s/

Coup de gueule contre mes anciens compagnons de route

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Un coup de gueule, lâché comme un cri, dans un souffle, brutal, brouillon, contre mes anciens compagnons de lutte, les militants LGBT.

De nombreux militants LGBT postent sur les réseaux sociaux, une interview réalisée par un média LGBT avec une sociologue américaine qui a publié une étude sur la GPA en Inde. Ils ne retiennent des propos tenus par la sociologue qui pourtant positionne bien  les gestatrices comme des victimes, que ce qui les arrange, à savoir, l’hypothèse que la Gestation pour autrui serait émancipatrice pour les femmes indiennes.

En exploitant cette allégation,  ils cautionnent un système d’exploitation et s’allient aux pires partisans de l’oppression des femmes.

Dire que pendant des années j’ai pensé que les LGBT qui revendiquaient la GPA, aussi   la réglementation de la prostitution, deux  systèmes d’exploitation des femmes au service d’hommes le plus souvent, le faisaient de bonne foi, parce qu’ils n’avaient pas réfléchi au problème et ne l’avaient pas correctement évalué.

Fallait-il que je sois naïve !

Désormais, je sais qu’il n’en est rien : c’est délibérément qu’ils entendent profiter eux-aussi de la condition des femmes, de la misère, de la vulnérabilité des plus faibles.

Nous étions habituéEs à nous battre contre les « pro-vie », contre les intégristes qui veulent contrôler tout ce qui touche à la sexualité des femmes et à la reproduction.

Nous étions habituéEs à nous battre contre l’obscurantisme, les sexistes, homophobes et lesbophobes qui défendent leurs privilèges.

Il faudrait maintenant se battre contre ceux des gays et lesbiennes qui à leur tour, réclament que des femmes soient instrumentalisées et exploitées dans la GPA ; soient déplacées, enlevées, menacées, dressées, agressées, violées, détruites, voire assassinées dans la prostitution.

Je ne peux plus  rester solidaire de militants LGBT qui font comme si le système patriarcal n’existait pas, comme si les privilèges de la domination masculine devaient perdurer  et qui exigent leur part du gâteau.

Quand je vois des activistes LGBT, la plupart d’entre eux et notamment l’APGL (association des parents gays et lesbiens) vanter  l’article d’une sociologue étrangère qui  prétend que la GPA permet aux femmes  indiennes de s’émanciper, ça me donne envie de pleurer.

J’en arrive à penser que si le trafic d’organes pouvait leur être utile, ils trouveraient le moyen de le valoriser.

En outre, les interpeller,  c’est se confronter à des gays arrogants qui vous expliquent ce qu’est le féminisme, celui qu’ils acceptent  parce qu’il ne les remet pas en question.

Des lesbiennes se solidarisent d’eux et justifient le pire, trahissant leur classe de sexe, juste pour s’assurer qu’elles bénéficieront en retour de leur soutien, nécessaire pour l’obtention de leur PMA.

Complices de la domination masculine sur le dos des femmes qu’elles méprisent et enferment dans une condition de reproductrice.

Si ce n’est pas désespérant !

Le tout avec la caution d’universitaires, de  sociologues et autres.

Alors soudain, la raison pour laquelle les études féministes ont été écrasées, remplacées par les études de genre, devient évidente.

Les hommes peuvent plus facilement prendre le contrôle de l’enseignement, décider de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas, et donner le ton à des  générations de jeunes femmes et hommes intéressés par les études de genre.

Peu à peu le féminisme est dénaturé,  remplacé par un post-féminisme « pro-sexe » qui ne fait pas grand mal au patriarcat !

Les fondamentaux historiques du féminisme : lutter contre une appropriation des corps et vies des femmes par les  hommes qui transmettent à leur guise leurs  gènes et leur patrimoine financier, sont  à peine abordés.

Quel intérêt ? Parlons plutôt  d’autre chose : nous sommes tous dans la même galère, nous devons tous nous émanciper et bla bla bla le tour est joué : plus de sexe,  plus d’opprimées, et donc  plus besoin de luttes féministes. Euréka !

En fait le féminisme pour ces post-modernes, militants LGBT en tête,  c’est simple, c’est tout ce qui  leur permet d’expérimenter, de s’amuser et surtout ne les remet pas en question.

Le pire encore, c’est qu’ils parviennent à en convaincre les jeunes lesbiennes nourries aux études de genre façon « pro-sexe » et  « queer »,  à des années- lumière du féminisme et de ses fondamentaux.  La récupération des mouvements de libération est une constante, mais là chapeau !

Je trouve de plus en plus insupportable la bêtise et l’arrogance de trop de LGBT ignorants de l’histoire de l’humanité,  des mouvements sociaux, du mouvement de libération des femmes.

Je suis de plus en plus excédée par leurs  choix, leur manque de pertinence et de solidarité, leur absence de sincérité et d’honnêteté intellectuelle.

Je trouve de plus en plus pénible que si peu de  LGBT plus sensés, de féministes, ne contestent leur incurie ni leur demandent  si vraiment tout va bien dans leur tête.

Je voudrais dire aux LGBT conscients de la domination masculine, ainsi qu’aux féministes qui critiquent les dérives du mouvement LGBT qu’il ne suffit pas de travailler dans un entre soi sécurisant, il faut aussi intervenir pour empêcher que ne s’étendent des idées et revendications odieuses et fortement  préjudiciables aux femmes.

Le nombre de personnes qui se taisent est sidérant.

Nous ne pouvons pas laisser un mouvement de libération écraser un autre mouvement social pour parvenir à ses fins, d’autant plus quand ce mouvement social le précède, l’a aidé à émerger, et concerne tout de même de la moitié de l’humanité !

J’espère seulement que nous n’aurons pas demain en France une conjoncture défavorable aux droits et libertés légitimes des personnes LGBT, ce serait compliqué de se solidariser tout en condamnant des revendications qui  nous mettent en danger !

Des militants LGBT indignes qui nous compromettent toutes et tous dans leur quête égotique et inique.

Ignorent-ils que les féministes  lesbiennes, aussi  les gays pro-féministes, affrontent également les  discriminations et violences sexistes,  lesbophobes et homophobes et sont donc aussi concernéEs par les luttes et revendications LGBT ?

Ne pas pouvoir compter sur le mouvement LGBT,  quel paradoxe tout de même : des gays, des lesbiennes même, alliés du système patriarcal !

Des militants indignes qui dénigrent, diffament, menacent,  attaquent même, celles et ceux d’entre nous qui citoyenNEs engagéEs, de gauche, féministes et luttant pour les droits des minorités avons pourtant amplement contribué à la libération des personnes homosexuelles.

En arriver là, devoir se battre contre d’anciens compagnons de lutte parce qu’à leur tour ils légitiment les violences contre les femmes, il y a vraiment de quoi être dégoûtéEs et très en colère.

Christine Le Doaré

Un tournant décisif pour l’abolition !

14037_148752161961252_1608100489_nAlors bien sûr il y a eu l’avis de la Commission des Droits de l’Homme, un avis qui n’aide pas vraiment à y voir plus clair et surtout pas à libérer les femmes de leurs obligations patriarcales.
Des « sages » pas prêts à remettre en question les privilèges de la domination masculine, les leurs tout compte fait, puisque cette commission est composée de 40 hommes pour 19 femmes !
(https://christineld75.wordpress.com/2014/06/01/19-femmes-pour-40-hommes-de-quoi-sagit-il/)

Heureusement, les évidences ont cela de bien que malgré toutes les traditions, toutes les réticences, tous les lobbys, tôt ou tard, elles crèvent les yeux du plus grand nombre.
Toute personne de bonne foi qui fait un parallèle entre les bénéfices et désavantages du régime suédois et allemand ou hollandais, par exemple, ne peut être que convaincue par l’urgence de mettre un terme à un système néfaste pour les êtres humains qui le subissent et par ailleurs second plus important marché criminel au monde.

La prostitution, ça ne peut simplement pas durer parce que :
– Les hommes qui y ont recours entretiennent un marché dont le produit est un être humain, son intimité, marché alimenté principalement par des criminels et un petit pourcentage d’indépendantes qui se disent « libres » et heureuses « d’être pute » (selon les termes exacts du groupuscule qui entend les représenter : le STRASS)
– L’égalité femmes-hommes est compromise par une répartition des rôles qui assigne aux femmes de mettre leur corps au service de la sexualité et surtout de la domination masculine ; toute éducation au respect dans la sexualité devient hasardeuse
– La prostitution est une violence sexuelle qui occasionne de sérieux traumatismes physiques et mentaux
C’est en substance ce que vient de dire la Délégation sénatoriale aux Droits des Femmes et à l’Egalité des Chances entre les Hommes et les Femmes, le 5 juin dernier, en adoptant le rapport de Mme Brigitte Gonthier-Maurin (CRC, Hauts-de-Seine), et en l’assortissant de 11 recommandations.
Le rapport appuie la pénalisation de l’achat d’actes sexuels et la responsabilité des clients de la prostitution, l’abrogation du délit de racolage ainsi que l’attribution de moyens pérennes au financement du parcours de sortie de prostitution :
« La délégation a considéré que la prostitution est avant tout une violence qui s’exerce contre les femmes, qu’elle ne saurait être considérée comme un métier et que le débat sur la prostitution pose, en réalité, la question de l’égalité entre hommes et femmes. « et en ajoutant : « La délégation souhaite également, renforcer la sensibilisation à l’égalité entre hommes et femmes dès le plus jeune âge. Elle recommande également la généralisation des ABCD de l’égalité »

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes de son côté, a salué l’adoption de ce rapport favorable à la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel, déjà votée par l’Assemblée Nationale. Il a rappelé que le renforcement de la position abolitionniste de la France s’inscrivait dans une dynamique européenne initiée par l’adoption du rapport Honeyball, en février dernier.

Il faudrait maintenant que le vote de la proposition de loi soit rapidement inscrit au calendrier du Sénat afin que nous puissions engager une véritable politique abolitionniste en France et venir en aide aux personnes prostituées qui le souhaitent. Il y a urgence.

Il semblerait bien que cette dynamique désormais dépasse les frontières de l’Europe : le gouvernement Canadien s’est prononcé à son tour, le 4 juin dernier, pour un dispositif global incluant la protection des victimes du système prostitueur, la pénalisation des proxénètes et des clients. Le gouvernement canadien reconnait que les femmes autochtones sont sur-représentées parmi les personnes prostituées.
Son approche consiste à agir sur plusieurs axes : criminaliser les clients qui alimentent et perpétuent la demande de la prostitution ; protéger les personnes prostituées, les aider à sortir de la prostitution, mais ne pas intervenir lorsqu’elles souhaitent continuer leur activité ; également protéger les collectivités contre les torts causés par la prostitution.
Le gouvernement canadien veut frapper fort, les peines de prison prévues sont comprises entre 18 mois et 5 ans, assorties d’amendes, 500 $ pour la première infraction.
Ces amendes seraient doublées si l’infraction est commise près de parcs, d’écoles où des enfants pourraient se trouver.
L’objectif est que les clients comprennent les préjudices qu’ils causent aux personnes prostituées et cessent cette pratique d’un autre âge.
La loi s’attaque aussi au proxénétisme en renforçant le dispositif existant, elle accroît notamment la peine d’emprisonnement maximale de 10 ans actuelle en la portant à 14 ans.
Enfin, les programmes de réinsertion seront financés par des nouveaux fonds qui s’élèvent à 20 millions de dollars.

Enfin, l’exploitation, et n’ayons pas peur des mots, l’esclavage, qui frappe les plus démunis et vulnérables, qui est responsable de trafics sordides d’êtres humains, sont en passe d’être véritablement combattus à l’échelle de la planète.

Cependant, la mobilisation doit continuer, les lobbys des industries du sexe sont particulièrement puissants, infiltrés à tous les niveaux de décision, les enjeux financiers sont pour eux colossaux, alors vigilance et persévérance sont de mise.
Il serait naïf de penser qu’ils ne vont pas tenter de résister, d’agir et jusqu’au bout, et toujours, comme tout système d’exploitation et d’oppression.
Les élus de tous bords doivent s’investir et faire preuve d’un fort courage politique.

Christine Le Doaré

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France :
http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/violences-de-genre/actualites-69/article/la-delegation-aux-droits-des
http://www.mouvementdunid.org/Une-loi-d-abolition-de-la
http://www.osezlefeminisme.fr/article/communique-de-presse-06juin2014-prostitution-labolition-au-senat-maintenant

Europe :
http://www.prostitutionetsociete.fr/actualites/actualites-europe/inedit-le-conseil-de-l-europe
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2014-0162+0+DOC+XML+V0//FR

Canada:
http://sisyphe.org/spip.php?article4780#.U5DR0LeIyyM.facebook
http://www.abolitionprostitution.ca…
http://www.cbc.ca/news/politics/jimmy-carter-offers-canada-advice-on-updating-prostitution-laws-1.2654394
http://blogues.journaldemontreal.com/liseravary/societe/qui-est-derriere-le-lobby-de-la-prostitution/#.U5Hd96OQTPK.twitter
http://www.lepoint.fr/monde/prostitution-le-canada-veut-penaliser-les-clients-05-06-2014-1832581_24.php

STRASS, Morgane Merteuil : inversions et manipulations

marche-tete-04-900x599Morgane Merteuil, STRASS, réglementaristes de la prostitution et inversion rhétorique au service de la manipulation.

Savez-vous que les personnes qui ne consomment pas assez de biens matériels sont responsables des ratées du système capitaliste ? Egalement, que les victimes du racisme sont responsables de l’inquiétude des occidentaux menacés par une société métissée et plurielle ?
Je vous sens crispéEs là, non mais c’est quoi ce discours néolibéral et raciste ? Inversion sémantique au service de la manipulation idéologique ? Oui, sans aucun doute !
Pourtant, quand Morgane Merteuil, porte-parole du STRASS*1. écrit que les clients et plus généralement les bénéficiaires du système prostitueur rendent service aux femmes en leur permettant de se prostituer quand les féministes abolitionnistes, elles, les mettent en danger, le procédé est rigoureusement le même mais peu y trouvent à redire.
Pourquoi sur le sujet de la prostitution tant de progressistes ont-ils l’esprit critique en berne, quand sur d’autres sujets, ils sont prompts à repérer les tentatives de manipulation à coups d’inversions sémantiques flagrantes ?

Le dernier texte de Morgane Merteuil est un chef-d’œuvre du genre. Elle y opère une double manipulation.
Elle s’appuie sur un texte de Joan W. Scott « Émancipation et égalité : une généalogie critique », donné lors d’une conférence Au-delà du patriarcat du colloque Penser l’émancipation (Nanterre, février 2014).

Le titre de Merteuil « Putes, corps désirants et émancipations », donne le ton, comme si juxtaposer des mots inconciliables suffisait pour convaincre de la pertinence du propos :
« putes » ce qui signifie : femmes (le plus souvent, mais pas seulement) performant des rapports sexuels sans désir et pour de l’argent, sous la contrainte (le plus souvent, mais pas toujours) ; rien que l’utilisation du mot « pute » est douteux, il permet de détourner l’attention et d’effacer la violence de la réalité de la prostitution,
« corps désirants » mais qu’est-ce donc qu’un corps désirant ? Un être désirant, oui, je vois, un corps désirant, déjà beaucoup moins, à moins que Morgane Merteuil ne reconnaisse l’état de distanciation / dissociation nécessaire pour se prostituer, l’esprit ici et le corps tout là-bas ?
Dans tous les cas, parler de « corps désirants » dans le cadre de la prostitution, alors que nombre de professionnels de santé et de féministes s’accordent à la qualifier de violence sexuelle intrinsèque et que les associations de défense de prostituéEs prétendent en faire un travail, est pour le moins contradictoire.
« émancipations », le mot est au pluriel, c’est tout de suite plus signifiant.
C’est aussi un artifice pour associer l’émancipation des femmes musulmanes à celles des femmes prostituées, le STRASS ratisse large et aux côtés de ses amiEs des Indigènes de la République, Morgane Merteuil tente de nous convaincre que « féminisme musulman » et « féminisme pute », même combat ! *2.Voir « Des déchaînézs au genoux du patriarcat ».

Le texte est à l’image du titre : une laborieuse tentative d’inversion des responsabilités, chaque argument étant maltraité jusqu’à l’absurde.
Bien entendu, les industries du sexe ne sont plus des industries ultra-capitalistes qui s’en mettent plein les poches sur le dos de femmes exploitées, les proxénètes comme les clients ne sont plus des instruments de la domination masculine et ne sont jamais responsabilisés, en revanche, les féministes abolitionnistes seraient des libérales « des franges répressives » et mettraient en danger les personnes prostituées.
De quelle manière et avec quels moyens, vous ne saurez jamais, ce qui compte c’est de semer le doute, de faire de la désinformation et de propager des mensonges.

Joan W. Scott prétend que « la rhétorique de l’émancipation sexuelle et de l’égalité entre les sexes, en ce qu’elle est soumise à un capital mondialisé qui fait du désir, et de sa capacité à l’assouvir, un préalable à la citoyenneté, contribue à la perpétuation de la domination de « populations minoritaires défavorisées », et notamment des femmes musulmanes ».
La théorie de Joan W. Scott est tout de même particulièrement perverse, elle suggère que l’émancipation des femmes occidentales, leur droit à une sexualité libre et désirante, leur volonté d’égalité, sont responsables de la domination des femmes musulmanes qui elles, n’auraient pas atteint ce niveau de liberté et ne pourraient donc, de ce fait, accéder au statut de citoyenne.
Entendez bien, les femmes musulmanes ne seraient pas opprimées par la domination masculine, l’interprétation masculine de textes religieux, le poids des traditions, non, du tout, elles seraient dominées à cause des féministes, des femmes occidentales libérées et seules dignes d’un statut de citoyenne !
Formidable exemple d’inversion des responsabilités et de manipulation rhétorique !
Les féministes universalistes « orientales » qui luttent dans les pays musulmans apprécieront cette obole au féminisme islamiste et plus encore au système patriarcal !
[Que des intervenants capables de telles manipulations soient invitéEs dans des universités françaises me laisse perplexe.]

Puis, entraînée dans son élan, non contente, comme Joan W. Scott, d’accuser « la communauté des nations » d’avoir choisi « le désir sexuel comme dénominateur commun universel dans la définition de l’humain », et par conséquent, selon Morgane Merteuil, d’être « islamophobe », [vous suivez j’espère ?], la porte-parole du STRASS extrapole et, seconde manipulation, se demande « si le rejet des revendications des travailleuses du sexe peut, lui aussi, correspondre un autre aspect du discours civilisationnel analysé ici par Joan W. Scott ».

Je vous épargne quelques paragraphes plutôt inintelligibles, pour arriver à ceci : « L’accent placé sur une sexualité libérée … fait écho au désir de consommer qui sert de moteur au marché, et permet de détourner l’attention des injustices économiques et sociales qui résultent de la discrimination et des formes structurelles de l’inégalité. On touche bien là à un des fondements de l’idéologie libérale, qui fait finalement reposer sur la volonté individuelle la capacité d’émancipation (sexuelle), sans prendre en compte les rapports de domination et de dépendance qui peuvent entraver celle-ci. Ainsi, dans le débat sur la prostitution, la position abolitionniste consistera essentiellement en une volonté de « responsabilisation » des clients…, sans que ne soient jamais abordées les causes économiques et structurelles qui peuvent pousser des femmes non seulement à exercer cette activité mais de manière plus générale à être dépendantes des hommes. »
Quel plus beau déni de la réalité des luttes féministes !
Un allié pareil, le patriarcat en rêvait, Morgane Merteuil l’incarne, il peut dormir sur ses deux oreilles.
Morgane Merteuil avance que la libéralisation de la prostitution et la soumission à des dictats religieux/coutumiers, sont des enjeux de luttes émancipatrices.
En réalité, les groupuscules d’activistes du STRASS, du collectif « 8marspourtoutes » et leurs quelques alliéEs politiques et universitaires s’emploient à faire diversion pour éviter toute atteinte sérieuse au système patriarcal et c’est à peu prés tout.

Constamment et simultanément les féministes combattent les systèmes d’oppression idéologiques, économiques et sociaux, dénoncent la pression des industries patriarcales et capitalistes du sexe qui ne cessent d’envahir nos sociétés hypersexualisées, combattent les inégalités femmes-hommes, etc.
Nous abordons la question de la prostitution, en tant que projet de société, à fortiori collectif, par opposition aux réglementaristes qui ne parlent jamais que de choix individuels de quelques « libérales/libéraux » qui exerceraient « librement » sans se préoccuper des millions de femmes déplacées, torturées, violées et prisonnières de proxénètes, de la traite.
Et tout ça, nous le ferions sans jamais interroger et combattre les raisons économiques et sociales qui poussent les femmes à se prostituer ?
Allons donc, nous ne cessons d’expliquer que désespoir, besoin d’argent et passage à l’acte favorisé par des violences sexuelles antérieures, sont les raisons qui poussent le plus souvent les femmes à se prostituer, quand elles n’y sont pas contraintes par un proxénète ou un réseau mafieux.
Une seule femme opprimée, une seule femme violée, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui risquent elles aussi, de subir ce même destin.

Le féminisme n’a pas de sens s’il n’aboutit pas à libérer les femmes, toutes les femmes, de l’emprise de la domination masculine, de leur exploitation et de leurs violences.
La domination masculine vise à contrôler les femmes, leur sexualité, la reproduction ; les religions, les traditions, les institutions sont les instruments de ce pouvoir masculin.
La prostitution n’est jamais que l’un des plus archaïques moyens de s’approprier les femmes – et souvent les enfants, parfois des hommes – réduitEs à des commodité sexuelle au service des hommes. Le voile et plus encore la burqa, le niqab, n’ont d’autre fonction que d’effacer les femmes et de les désigner propriété exclusive du père ou du mari tout puissant.
Morgane Merteuil aura beau triturer la réalité dans tous les sens, nous inventer des concepts « d’épanouissement sexuel islamophobes », – quelle personne sensée peut accréditer une seule seconde l’idée que nos politiques publiques associent épanouissement sexuel et droits sociaux ? -, elle n’est jamais du côté des femmes, de leur libération, de l’abolition du patriarcat.
C’est d’ailleurs pour cette unique raison et manifestement pas pour la pertinence de ses analyses, qu’elle cumule tant de soutiens et d’intérêts médiatiques et politiques.

Une manipulation rhétorique aussi grossière que celle qui consiste à inverser les responsabilités et absoudre au passage les bénéficiaires des systèmes patriarcal et prostitueur, est lamentable mais ce qui l’est plus encore, c’est la complaisance dont elle bénéficie pour continuer sans vergogne, à la tête du STRASS et des réglementaristes de la prostitution, à salir le mouvement féministe et tenter de le diviser.

Christine Le Doaré

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*1.STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

*2 : https://christineld75.wordpress.com/2014/04/02/des-dechainees-aux-genoux-du-patriarcat-2/

Revenir aux fondamentaux.

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Revenir aux fondamentaux.
« Liberté de choix » ou double peine ?

En écoutant Jean-Michel Carré sur France Inter, j’ai réalisé que lui, comme tous ceux qui font l’apologie du principe de liberté individuelle absolue, aboutissent souvent à cautionner les pires déviations et systèmes d’exploitation, des femmes en particulier.
Jean-Michel Carré était invité le 30 avril dernier sur France-Inter pour parler de son dernier documentaire sur la Chine. Ce cinéaste est aussi l’auteur « Des travailleurs du sexe », documentaire pro-réglementariste qui selon moi, fait l’apologie d’une « libre » prostitution. Alors j’écoutais avec intérêt pour tenter d’en savoir plus sur sa personnalité et ses centres d’intérêt.

Il s’est présenté comme libertaire et ancien maoïste ce qui selon moi est contradictoire puisque les libertaires prônent une liberté absolu et la négation de tout principe d’autorité et de contrainte, alors que Mao a instauré un système autoritaire digne des pires dictatures.
Il a n’a pas hésité à dire que nous n’étions pas fondés à parler des Droits de l’Homme en Chine ni à leur donner de leçon car nous traitons mal les Roms. Certes, cependant, la nuance est tout de même de taille entre ne pas traiter comme nous le devrions les Roms chez nous, et maintenir à l’échelle d’un pays tout entier, une dictature corrompue et brutale !

Il a ensuite expliqué qu’il était « maoïste libertaire » parce qu’il voulait vivre la libération sexuelle de 68 et qu’il se sentait toujours concerné par la lutte contre le patriarcat. La fameuse « libération sexuelle de 68 » ! Bien sûr, les femmes en ont bénéficié mais, nombreuses sont celles qui ont fini par l’admettre, la libération sexuelle bénéficiait surtout aux hommes, les femmes se devaient d’être en permanence disponibles et enthousiastes, sinon considérées comme coincées. Libération sexuelle oui, mais dans les limites du système patriarcal qui n’avait pas disparu pour autant. Monsieur Carré, elles ne vous ont pas dit en 68, que la sexualité était libre, gratuite et désirée ?!

Le système patriarcal, Jean-Michel Carré le défend d’ailleurs efficacement avec sa propagande pour le « travail du sexe ». Tout comme Mao n’était pas un libertaire mais un dictateur, la prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde, mais bien la plus vieille arnaque patriarcale, puisqu’elle vise à maintenir un quota de femmes (et de quelques hommes pour satisfaire une minorité homosexuelle) sacrifiées aux exigences sexuelles et aux besoins de domination des hommes. Dans leur immense majorité, ces femmes sont de classes défavorisées, racisées et /ou ont subi des violences sexuelles dans leur enfance. Merci monsieur le maoïste libertaire de leur réserver la plus belle place dans nos sociétés !
Et puis, comment faites-vous pour nous parler de la Chine sans nous dire que ce pays a commis le plus grand massacre génocidaire de toute l’histoire de l’humanité en éliminant plusieurs dizaines de millions de femmes, et en en déportant d’autres dizaines de millions à des fins de mariage forcé et de prostitution ?

Mais Jean-Michel Carré n’est pas le seul dans ce cas ; ils sont très nombreux les hommes et les femmes aussi, qui considèrent que la liberté de choix prime et que si quelques femmes disent : » je veux être « pute », » j’ai choisi la prostitution », il faut le croire et s’en contenter, voire même en déduire que c’est le cas du plus grand nombre d’entre elles. Rassuré-e-s, ils peuvent se rendormir sur leurs deux oreilles, ainsi va le monde et si des femmes se prostituent c’est parce qu’elles aiment ça, en ont rêvé, une vocation, en sorte. En outre, quelle aubaine, vu que l’égalité femmes-hommes c’est tout de même une utopie et qu’il faudra toujours des femmes dont les hommes pourront disposer !

Je me demande parfois ce qui les empêche de voir l’égocentrique violence de cette opinion ? Comment font-ils pour, au nom du principe du « libre choix », cautionner les pires exploitations et violences ?
Comment font-ils pour ignorer que personne, jamais, n’est libre complètement, ni de son corps, ni de ses envies, ni de sa vie ? Notre cadre de vie dès la naissance, nos rencontres, nous font et nous défont constamment. Les institutions sont déterminantes, l’enseignement, les valeurs républicaines et/ou religieuses, politiques, syndicales sont des moules. Bien sûr chaque personne dispose d’une marge de manœuvre et fera des choix tout au long de sa vie, des choix cruciaux, mais toujours dans un cadre collectif et jamais en dehors du regard des autres et des codes des groupes d’appartenance et/ou de rejet. Un « sans abri » est aussi libre que moi, mais de quoi est-il ou elle libre exactement ? Suis-je aussi libre que d’autres qui détiennent des moyens que je n’ai pas (âge, revenus, formation, qualifications, réseaux, etc.) ?

Dans bien des situations, ce n’est pas la liberté qui protège les personnes, en particulier les personnes vulnérables ou fragiles, c’est la loi, le cadre social, les références culturelles et »morales », etc. Eriger le principe de liberté absolue en système politique, me semble, bien que je sois farouchement attachée à ma liberté, infantile et égocentrique.
Au nom d’un principe de « libre choix » dont la réalisation est parfaitement hypothétique, les gens qui justifient, maintiennent, renforcent le système prostitueur au nom du « libre choix », en réalité, se font les complices d’un système d’exploitation et de violences inouïes qui génèrent d’énormes profits et une criminalité toujours plus importante. La double peine ne leur fait pas peur, puisqu’ils la légitiment par la « liberté de choix ». Ainsi ils peuvent condamner en leur âme et conscience celles et ceux qui ont eu le mauvais goût de naître dans les basses classes, ont été victimes d’un accident de la vie, ont subi des violences sexuelles dans l’enfance, ou ont été victimes d’un proxénète ou d’un réseau, à se prostituer pour tenter de s’en sortir.

Ces « libertaires » et révolutionnaires aux contradictions effarantes sont les mêmes qui encouragent l’émergence des micro-identités, toutes les micro-libertés devant être promues. C’est aussi le cas dans le mouvement homosexuel devenu Mouvement L, G, B, T, Q, I, A, etc. ; à chaque fois qu’une poignée de personnes a une spécificité bien à elle et juge être plus gravement discriminée que les autres, il faut ajouter une lettre et sinon subir un constant harcèlement. Les droits de la lettre L (lesbiennes) sont toujours amplement ignorés par le Mouvement LGBTQIA… mais il faut prioriser, par exemple, les droits des I (Intersexués).
Ce principe de saupoudrage est le même pour toutes les catégories, de genre/sexe, mais aussi religieuses, ethniques, etc. Les micro-identités peuvent diviser les forces, seules les personnes concernées s’intéressant à leur micro-problème, pendant ce temps-là, d’autres ne se gênent pas pour continuer d’exploiter et opprimer massivement les populations !

Le plus important surtout, c’est de bien gommer qu’il y a toujours la moitié de l’humanité qui vit sous domination masculine, qu’il y a des systèmes d’oppression économique majeurs, etc. J’ai relevé de telles dérives, particulièrement en matière d’égalité de Genre : les études de genre, les Droits des femmes, ne devraient plus seulement être féministes et porter sur l’analyse et la déconstruction du système patriarcal, mais prendre en compte les droits des Trans. , les questions de genre n’étant plus seulement comprises comme une problématique d’égalité femmes-hommes mais comme une déconstruction du genre au profit d’un « troisième genre ». La question est intéressante mais ne devrait pas pour autant gommer les luttes féministes. Pourtant c’est bien ce qui se passe et l’on glisse d’une lutte contre les violences de masse du genre masculin à l’encontre du genre féminin, vers une problématique minoritaire, celle des personnes Trans. Comme si les rapports sociaux de sexe n’existaient plus, comme si l’écrasante majorité de la population n’était pas toujours pas plongée dans la dichotomie d’un monde dans lequel les femmes et les hommes n’ont toujours pas la même valeur ni la même place. Les personnes Trans. rencontrent en effet des discriminations avant, au cours de leur parcours de transition, et après (papiers d’identité conformes, etc.), ces problèmes doivent être adressées et résolus, mais pas au détriment des luttes féministes. Pourtant, même au niveau européen, les programmes et agendas des Gender issues (Egalité de genre) sont perturbés par la place disproportionnée accordée à des questions touchant des micro-communautés. Des conférences féministes sont sabotées par des trans./queer activists. Mon propos n’est pas de dire que les minorités n’ont pas de problèmes qui ne doivent pas être adressés bien entendu, mais que les équilibres doivent être maintenus et les efforts proportionnellement consentis.

Des jeunes LGBT, mais pas seulement, sont séduits par ces dérives issues des théories queers. Ils peuvent s’isoler un temps des réalités sociales, vivre entre eux, prétendre s’affranchir des rapports sociaux de sexe, choisir le genre qui leur convient, celui du « milieu ». Ils seront rattrapé-e-s par les réalités sociales, les plus lucides en tireront les conclusions qui s’imposent, mais certains tenteront d’imposer leurs revendications et plutôt que de contribuer à déconstruire le système patriarcal et la domination masculine en reconnaissant aux femmes le droit de s’organiser de façon autonome et prioritaire, s’attaqueront aux féministes, comme les queers trans-activistes qui ont cette année compromis la tenue d’une conférence féministe radicale, au Royaume-Uni.

L’instrumentalisation, la mise en valeur, la prolifération de micro-communautés au détriment d’une lutte de masse contre les systèmes d’oppression dominants, qui en bénéficie sinon le système patriarcal et ses bénéficiaires ? Jean-Michel Carré, tous les chantres de la « liberté de choix «, dans une société phallocrate et dépolitisée, en utilisant de la sorte ce concept de liberté, qu’ils en soient conscients ou non, empêchent les femmes de s’organiser pour revendiquer et obtenir l’abolition du patriarcat.

Ce qui m’étonne encore le plus c’est que tant d’intellectuels les cautionnent ; faut-il qu’ils aient démissionné devant l’indigence et la démagogie de ce « prêt à penser » ! Notre société de consommation, d’apparences et d’indifférences, malade de son individualisme, vide de sens collectif, encourage ceux qui sous couvert de subversion, contribuent au maintien et renforcent les systèmes de domination.

Il va pourtant bien falloir sortir de cet éclatement qui profite aux systèmes et revenir aux fondamentaux.

Christine Le Doaré

Le 13 avril, rêvons et agissons pour une humanité libre de la prostitution

photo pour blogRêver de plus de justice et d’humanité, pour les enfants et pour les femmes qui subissent tant de violences machistes, pour les hommes aussi ; pour nous libérer toutes et tous des manques, frustrations, inquiétudes et souffrances que nous imposent les systèmes d’oppression capitaliste et patriarcal.

Rêver que demain, nous parvenions à vivre mieux, à produire moins et mieux, à respecter notre environnement et tous les êtres vivants, à retrouver des rythmes apaisants, à échanger sereinement ; à construire sans détruire.

Rêver que l’exploitation des êtres humains sera achevée, que chacun-e choisira une façon de contribuer au collectif, qu’il s’agisse d’un métier ou d’autre chose, en fonction de ses goûts et compétences et des besoins de la société.

Rêver que la marchandisation des corps, ne sera plus qu’un lointain et triste souvenir. Respecter que l’affectif et/ou la sexualité relèvent de l’intime, d’un intime politique peut-être, mais de l’intime tout de même. La sexualité et l’affectif ne s’évaluent pas, ne se valorisent pas, ne se monnayent pas, ils doivent rester en dehors des marchés et s’échanger librement et gratuitement.

Je fais ce rêve d’un vivre ensemble autrement, enrichissant pour nous et non pour ceux qui nous exploitent. Des alternatives sont possibles, les systèmes qui nous oppriment sont à bout de souffle, il est temps d’inventer autre chose et tant qu’à faire, que ce soit frais, lumineux et généreux.

La prostitution doit disparaître, Victor Hugo le disait déjà : «On dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur. Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme, et il s’appelle prostitution. » (Victor Hugo – les misérables). L’idée même d’un quota d’êtres humains, les plus vulnérables : les plus pauvre et/ou les plus fragiles, sacrifié-e-s sur l’autel de la légende patriarcale d’une sexualité masculine incontrôlable et/ou du besoin de domination et de pouvoir des hommes sur les femmes, voire sur d’autres hommes, est injustifiable. La prostitution c’est bien le paroxysme de la domination masculine, l’un de ses derniers remparts. Non, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais aucun « droit de créance » à la sexualité !

Mais me direz-vous fort justement, que vont devenir les personnes en situation de prostitution, comment vont-elles survivre ? Certes, les systèmes d’oppression ne sont pas tombés et nous ne vivons pas encore dans le « Meilleur des mondes ». Rien ne se produira, voire pire adviendra, si nous ne commençons pas, quelque part, à poser des pierres qui peu à peu formeront les fondations d’une nouvelle société. Pouvons- nous continuer de préserver et cautionner ces systèmes inhumains et morbides ?

Alors, il nous faut rêver oui, c’est à dire agir. Réunir nos forces et agir pour un monde sans violences et sans prostitution. C’est le projet Abolition 2012 qui propose l’abolition du délit de racolage passif, mais pas de façon isolée, car ce serait alors un piège qui enfermerait les personnes prostituées dans plus de risques et de dangers. Abolition 2012 exige l’adoption simultanée et pour les personnes qui le souhaitent, d’un plan social alternatif à la prostitution avec des mesures d’encadrement de sortie et de réinsertion sociale et professionnelle. Enfin, Abolition 2012 suggère de pénaliser les clients prostitueurs qui nourrissent la demande et toutes les dérives afférentes, espérant ainsi sensibiliser et éduquer des générations d’hommes conditionnés par le système patriarcal, pour qu’ils avancent vers l’égalité femmes-hommes et comprennent que le consentement affectif et/ou sexuel ne s’achète pas.

C’est en rêvant et en agissant que l’on avance. C’est ce que nous allons faire ensemble le 13 avril 2013 à la Machine du Moulin rouge, œuvrer à l’abolition de la prostitution. Les invité-e-s, artistes, politiques, témoins, et vous et nous toutes et tous ensemble, nous allons commencer à construire l’avenir, un avenir fait de respect et d’espoir en l’humanité, notre humanité. Ne restez-pas sur le bas-côté, participez !

Christine Le Doaré

Mobilisons- nous le 13 avril !

Le collectif Abolition 2012 organise le 13 avril de 13h30 à 18h un événement à la Machine du Moulin rouge à Paris pour construire ensemble une société sans prostitution et obtenir l’adoption d’une loi d’abolition du système prostitueur. De nombreuses personnalités viendront exprimer pourquoi, comme nous, elles pensent que l’abolition, c’est la seule solution, pour mettre fin à cette violence qu’est la prostitution !

Inscription obligatoire : http://www.emailmeform.com/builder/form/ff6Hg04w82bU8y72Q

Retrouvez l’événement sur le blog : abolition13avril.wordpress.com
Twitter : @abolition2012
Facebook : http://www.facebook.com/abolition2012?ref=hl

Manipulation, calomnies et menaces, pourquoi sont-ils indignes ?

Manipulation, calomnies et menaces, pourquoi les activistes réglementaristes de la prostitution sont-ils indignes ?

Exprimer son opinion, fourbir ses arguments, dialoguer, c’est sain. En revanche, désinformer, manipuler, diffamer, calomnier et brutaliser, c’est grave et ce n’est pas sans raison.

C’est vrai, la question de la prostitution génère crispations et passions déraisonnées. Oui, mais pourquoi ? Il n’est plus temps de constater, mais bien de comprendre et dénoncer les enjeux véritables de la prostitution. Ces enjeux éclairent les comportements des activistes réglementaristes, qui emploient des méthodes discutables pour parvenir à leurs fins.

Quels sont donc les véritables enjeux de la prostitution ?

Système prostitutionnel et système patriarcal, un combat féministe : Il est raisonnable de penser qu’une société construite sur la domination masculine s’est arrangée pour garantir aux hommes, l’accès aux corps de femmes aux fins de soulager plus que des « besoins sexuels », des besoins de domination. La prostitution n’est pas récente, gageons que sans le rapport de domination séculaire entre les femmes et les hommes, elle n’aurait jamais existé. En effet, même si 20% des prostitué-e-s sont des hommes, les clients eux, restent à 99% des hommes. Comment parvenir à une égalité entre les sexes tant que les hommes pourront se passer de relations égalitaires et forcer en le payant, le consentement d’une femme – ou d’un homme d’ailleurs – ?

Tant qu’une seule femme reste sexuellement accessible, non pas par désir, mais parce qu’elle fait commerce de son sexe, elle suggère que toutes les femmes pourraient en faire autant et compromet l’avènement d’une société d’égalité. Les tenants de la réglementation de la prostitution sont le plus souvent, les mêmes qui réclament la GPA (Gestation pour autrui) ; aussi ceux qui, au nom d’un principe de réalité, distribuent des capote, certes pour éviter la contamination des prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et de facto entretiennent et confortent le système prostitutionnel. Il semble bien, que consciemment ou non, ils contribuent à maintenir les privilèges du système patriarcal. Que font-ils si ce n’est garantir aux hommes que les femmes restent et sans aucun danger pour eux, à leur service, pour baiser, pour fabriquer des enfants, etc.

Les activistes réglementaristes conseillés par les « ultragauchistes», toujours prompts à brouiller les cartes, ont su infiltrer le mouvement féministe et convaincre quelques unes que les « prostitué-e-s sont heureuses et libres » de l’être, que la prostitution ne disparaîtra donc jamais et qu’il vaut mieux mettre des pansements sur la gangrène plutôt que d’amputer. C’est vrai, quelques unes l’ont « choisi », même si de plus en plus d’études le révèlent, nombreuses sont celles et ceux qui ont subi l’inceste et d’autres violences sexuelles dans l’enfance. Il y a donc ceux qui en rajoutent une couche et les encouragent à se maintenir dans le système prostitutionnel, et les abolitionnistes qui leur proposent d’autres perspectives que cette forme de thérapie sauvage ; ni « condescendants», ni « criminels », mais au contraire respectueux et optimistes. En outre, l’abolition ce n’est pas la prohibition, donc des prostituées continueront leur activité, mais grâce à la prévention et l’éducation, leur nombre décroitra si on en croit le bilan des pays abolitionnistes et surtout, des alternatives seront possibles. La société pourra avancer vers l’égalité réelle.

Beaucoup de gens se disent féministes, mais si vous leur demandez s’ils veulent abolir la domination masculine du système patriarcal, ils vous répondent d’abord que des hommes aussi en souffrent, qu’il faut abolir les clivages de genres. Oui, quelques hommes sont victimes, en attendant, ce sont bien les femmes que l’on excise, marie de force, bat, viole, brule, tue, et massivement. Le principe de réalité a bon dos quand il ne fait que maintenir l’oppression. Un des principaux enjeux du système prostitutionnel est donc bien de constituer l’ultime système de défense du patriarcat. Seulement voilà, maintenir la domination masculine, n’est pas une option envisageable et les activistes réglementaristes ne peuvent tout de même pas dire haut et fort, nous voulons maintenir le système patriarcal ! Ils sont donc contraints de raconter une autre histoire.

Prostitution et système d’exploitation économique et social, un combat socialiste : La plupart des activistes réglementaristes et abusant des méthodes que je réprouve, se revendiquent le plus souvent révolutionnaires ou alternatifs, sont plutôt situés à l’extrême de l’extrême gauche, certains sont membres des Indigènes de la République, mais curieuse association, il est aussi possible de trouver dans leurs rangs des personnes réactionnaires. Les alliances douteuses, sur le dos des femmes, ce n’est hélas pas rare. Ils se prétendent anticapitalistes, farouchement opposés à l’exploitation de »l’homme par l’homme ». Mais très curieusement et par une incroyable pirouette rhétorique, ces anticapitalistes se transforment en farouches néolibéraux lorsqu’il s’agit de prostitution. D’un seul coup, ils nous vantent le marché, valorisent les industries du sexe comme le petit commerce. Les mêmes discours que dans les écoles de commerce, les joies de la libre entreprise, de l’offre et de la demande ! Quelles sont les lois de ce marché, qui fixe les prix, à combien est évaluée une passe dans un squat, dans la rue, dans une chambre d’étudiant ou un studio de luxe ? Quels sont les risques physiques, psychiques, comment les prendre en charge ? Et les bénéfices, on les place en bourse ?

Avez-vous remarqué que les activistes réglementaristes sont inaudibles en matière de lutte contre le crime organisé et mondialisé de la traite. Pourquoi ? Parce que l’ouverture aux marchés industriels du sexe provoquerait la plus grande confusion et que chacun espère y trouver son compte ? La traite organisée par des réseaux mafieux est massive et mondialisée. Les bénéfices de la prostitution sont colossaux, c’est le second marché criminel, juste derrière celui de la drogue et avant celui des armes. Mis à part le cannabis, personne ne songe encore à légaliser les drogues ni les armes à feu en France, mais il faudrait légaliser la prostitution ! C’est-à-dire ouvrir la porte aux mafias, aux réseaux, aux macs en tous genres, familiaux ou industriels, avec des quartiers entiers de femmes exposées derrière des vitrines, comme en Belgique. Chouette alors ! Les pays qui ont réglementé le disent, ils veulent faire marche arrière, incapables de faire la distinction entre la prostitution libre et forcée, dépassés par une criminalité galopante. Mais pourquoi, devrions-nous alors prendre de tels risques ? Parce qu’une poignée de prostituté-e-s qui se disent « libres » et leurs soutiens nous en intiment l’ordre ? N’est-il pas curieux d’envisager une politique publique fonction de la demande d’une poignée d’individu-e-s, ne devrions-nous pas plutôt nous demander quel projet de société nous voulons ?

Un second enjeu du système prostitutionnel est bien de garantir d’énormes revenus au crime organisé. Pourtant, penser une société pour convenir au crime organisé n’est pas non plus, une option sérieusement envisageable. Dans ce domaine aussi, on voit mal les activistes réglementaristes se lever pour défendre les mafieux ni même revendiquer une petite part artisanale du gâteau, ça ferait désordre ; ils sont donc contraints de louvoyer.

Ce que ne sera jamais la prostitution : Le système prostitutionnel qui défend le système patriarcal et les profits exorbitants des industries du sexe, ne pourra jamais être ni un métier, ni une liberté.

La prostitution n’est pas un métier, c’est une violence et même la dernière violence faite aux femmes que la loi ne punit pas. La peur et les risques de violences sont inhérents à cette activité qui laisse toujours des traces physiques et psychiques. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les anciennes prostitué-e-s qui expliquent, comme Ulla, qu’il ne fallait pas la croire, si elle avait regardé la vérité en face, elle n’aurait pas été capable d’y retourner le lendemain et surtout aurait fait fuir ses clients ; sans compter celles qui se seraient fait massacrer par leurs macs.

Il n’y a ni école, ni diplôme. Vendre sa force de travail et subir les lois du marché, en matière de travail physique ou intellectuel, les rapports de force sont déjà suffisamment durs à établir, mais vendre ou louer son intimité, faire commerce de son corps, la société n’a pas à l’organiser, au contraire, elle doit protéger les personnes vulnérables et interdire ce type de commerce. Bien entendu, il sera toujours possible de trouver des personnes qui voudront vendre un organe, faire commerce de leur corps ou même se vendre comme esclave. Tout comme des femmes cautionnent la domination masculine car un système d’oppression, quel qu’il soit, a toujours besoin de relais au sein même des opprimé-e-s. Le conditionnement fonctionne à merveille, la plupart des femmes sont inconscientes de leur oppression, et pire encore, certaines vont adopter les comportements de l’oppresseur pour en tirer un bénéfice immédiat ; elles n’en resteront pas moins en situation de danger.

Ce n’est pas non plus une liberté. Une société qui n’a rien d’autre à offrir aux personnes confrontées à des difficultés sociales et financières, que de vendre leur intimité sexuelle n’est pas une société civilisée. Victor Hugo a dit « On dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur. Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme et il s’appelle prostitution ». Nos ultragauchistes et activistes réglementaristes condescendants ne lui arrivent pas à la cheville et tentent de nous imposer leur « bon féminisme ». On comprend bien que ce qui les intéresse surtout dans la libération des femmes, c’est qu’elles soient totalement et en permanence disponibles pour eux. Quant aux « queers-Trans-PD-Gouines » activistes réglementaristes – euh moi je suis féministe et lesbienne -, ils prônent une réappropriation libératrice de la pornographie et de la prostitution. Seulement voilà, leurs tristes et infantiles productions relèvent surtout de la thérapie de groupe et n’ont nullement fait la démonstration d’une quelconque remise en question de la domination masculine, bien au contraire, elles l’alimentent. Mises en scène, jeux de rôles, artifices, etc. cachent très mal un manque d’imagination et de désir, parfois même des souffrances, quand ce n’est pas une profonde aversion de la sexualité. Une sexualité épanouissante c’est du désir réciproque et libre de tout rapport de force, de toute contrainte. La sexualité n’est pas un dû, elle relève de la relation à l’autre, de son désir et de son consentement. Payer c’est forcer le consentement, payer, en réalité, c’est violer. La liberté est toujours gratuite alors que l’acte de prostitution n’a qu’une finalité, l’argent. Se prostituer, par définition, ne sera jamais une liberté.

En conséquence, au regard des rapports sociaux de classe comme de sexe, la prostitution doit être abolie. Cette position n’est ni religieuse, ni morale mais belle et bien politique.

Que signifie le mot abolition et quel est le projet abolitionniste ? : Abolition, de quoi s’agit-il exactement ? Les réglementaristes accusent les abolitionnistes d’être pour la prohibition de la prostitution. C’est facile, la plupart des gens ne font pas la différence. Alors, disons-le haut et fort, non, l’abolition n’est pas la prohibition, c’est même l’inverse. La prohibition c’est le délit de racolage passif que nous voulons abroger, c’est le harcèlement et toutes les mesures répressives à l’encontre des personnes prostitué-e-s, c’est-à-dire une double peine dont nous féministes ne voulons surtout pas. Alors que l’abolition, c’est à l’inverse, la responsabilisation des clients qui doivent se poser la question des rapports femmes-hommes, de leur relation à l’autre, de ce que payer veut dire. La responsabilisation du client est affaire de prévention, d’éducation, de respect de soi et des autres ; puis de pénalisation pour les récalcitrants. Nous espérons, qu’avec le temps et non soudainement comme par magie, une grande partie des femmes qui subissent la prostitution pourront ainsi s’en libérer et que les hommes qui sont encore dans cette demande pourront évoluer. Nous espérons pouvoir avancer ensemble, en prenant le temps qu’il faudra, vers une société plus égale, plus juste et plus libre. L’abolition de la prostitution est un projet humaniste. Le site abolition 2012 est public : www.abolition2012.fr La revendication consiste à demander une loi cadre avec les mesures principales suivantes : Abolition de toute mesure de répression à l’encontre des personnes prostituées, politique sociale et de santé, politique de réinsertion des personnes prostituées qui le souhaitent, politique de responsabilisation du client, etc.

Des méthodes répréhensibles: Nous l’avons compris, cachés derrière des enjeux inavouables, ne reste plus qu’à adopter des méthodes douteuses pour tenter de pourrir le débat et compromettre les abolitionnistes. Certains n’hésitent devant rien et osons le dire, leurs méthodes s’apparentent à celles de voyous.

Mensonges et manipulation, quelques exemples :

– « Criminaliser les putes ». Un groupe « 8 mars pour toutes » s’est crée autour de structures comme le STRASS, Act-UP et quelques autres. La seule revendication qui se distingue clairement de celle des collectifs qui organisent les manifestations du 25 novembre contre les violences faites aux femmes et du 8 mars pour les droits des femmes, porte sur la prostitution, qu’ils veulent libéraliser et donc réglementer. Pour mobiliser les membres du groupe, voici le mail qui leur a été adressé : « Un risque de violence de la part des militantes prohibitionnistes (qui souhaitent interdirent la prostitution quitte à criminaliser les putes) existe car c’est ce qu’il se passe depuis 1 an dans les mobilisations féministes où elles sont majoritaires (pour le moment) ». A l’évidence, la personne qui a rédigé cette phrase n’ignore rien des véritables positions abolitionnistes mais préfère mentir et accuser les abolitionnistes d’intentions qui, si elles étaient vraies, seraient en effet scandaleuses. La seule violence subie durant la manifestation du 25 novembre a consisté à entendre ce cortège réglementariste hurler : « Abolo, catho, facho, vous nous cassez le clito » ! En l’absence d’argument digne de ce nom, ils en arrivent aux injures et à la calomnie, ils manipulent sans complexe et inversent les rôles ; le plus curieux c’est que certains y croient. Comment un projet humaniste, féministe et socialise pourrait-il être associé au fascisme ? Le collectif Abolition 2012 doit-il porter plainte en diffamation ?

– La contamination au VIH-Sida : Souvent, vous entendrez les réglementaristes affirmer sans vergogne que les abolitionnistes sont responsables de la contamination au VIH-sida des personnes prostitué-e-s et les tuent. Rien que ça ! En réalité, tout le monde le sait, le seul responsable des violences dont fait partie la contamination au VIH-sida, c’est le système prostitueur. Les réseaux bien sûr qui dressent, violent et contaminent leurs victimes, mais aussi les clients qui baisent sans capote et payent plus cher pour ça. La prise de risque aussi, renforcée par les menaces et le stress inhérents à l’activité, par les substances qu’il faut prendre pour tenir. La encore, qui peut sincèrement croire à un tel argument ? Pourtant, il est rabâché, c’est énorme, mais ça passe !

– La parole des personnes prostitué-e-s : Ils accusent les abolitionnistes de parler au nom des prostitué-e-s, mais quand on leur demande d’écouter et de respecter la parole d’Ulla, de Rebecca Mott et de toutes les autres, qui dans le documentaire « L’imposture » http://vimeo.com/16641741 ou dans tous les superbes documentaires d’Hubert Dubois, se dévoilent et disent librement la mésestime de soi, la peur, le dégoût, les viols, la dissociation, la sidération, etc., les activistes réglementaristes leur refusent le droit à la parole. Ils les discréditent et les invisibilisent, eux qui prétendent parler en leur nom ! D’anciennes prostituées ont créé un réseau avec un site Internet, un cri, des cris, leurs cris, des vérités que tant voudraient effacer : http://survivorsconnect.wordpress.com/ Le comportement des activistes réglementaristes est proprement immonde et pourtant, ça passe quand même et on les croit quand ils professent que nous instrumentalisons la parole des prostitué-e-s !

Calomnies, discrédit et isolement de personnes représentatives : « Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Le bon sens populaire, rarement démenti. La pratique qui consiste à discréditer une personne auprès de ses pairs, à l’isoler pour mieux la neutraliser est très prisée par les activistes réglementaristes. Beaucoup en ont fait les frais. En tant que présidente du Centre LGBT Paris, je peux témoigner, j’ai eu ma part ; vous comprendrez aisément qu’il était inadmissible qu’une des porte-parole du mouvement LGBT ne soit pas à la botte des réglementaristes pro-prostitution. Sur les réseaux sociaux, leurs calomnies diffamatoires sont rabâchées à l’envie et ne différent jamais, et plus c’est gros, mieux c’est. Jugez-donc : « Faites la taire cette putain de féministe », etc. A cause de moi, le Centre LGBT Paris est « exsangue «. Pas de bol, il se porte comme un charme, sorti de l’ornière de la rue Keller, du dépôt de bilan et d’un taudis qui menaçait de s’effondrer, installé rue Beaubourg, après avoir recouvré ses subventions qu’il a depuis multipliées. Il s’est développé avec un bilan satisfaisant, accueillant chaque année de plus en plus de visiteurs et offrant des permanences d’aide et un programme culturel et festif de qualité. Cet été, j’ai passé la main à deux volontaires qui ont pris la co-présidence et toute l’équipe des bénévoles et salariés continue sur la lancée. Bref, la réalité, et vérifiable car tous les bilans financiers, les rapports annuels sont disponibles sur le site Internet, se heurte invariablement à leurs fantasmes et accusations calomnieuses. Autre variante, « je ne connais rien à la question du VIH-Sida et je n’ai rien fait pour lutter contre au CLGBT Paris ». Les dossiers de demande de subvention pour payer un chargé de prévention à demeure, maintenir des locaux offrant matériels et brochures de prévention, tenir des réunions d’information et tout un tas d’évènements sur le sujet de la prévention au VIH-SIDA mais pas seulement, c’est sans doute à eux qu’on les doit ! En revanche, vous pouvez en être certain-e-s, eux ne connaissent rien aux questions de santé lesbienne, les IST et les cancers qui les touchent, ils s’en fichent. Le VIH-Sida seul est digne d’intérêt et la stratégie servie par les fonds engloutis par la sidacratie, elle, n’a pas à être discutée ! Les plus violents sont aussi les plus velléitaires, eux n’ont en réalité pas fait grand-chose ni pour le mouvement LGBT ni pour quoi que ce soit d’autre ; ceci expliquant sans doute cela. Souvent aussi, je suis accusée d’être « à la solde du PS » et « d’avoir fait carrière « ! Quelle carrière, si ce n’est de ne pas avoir fait la mienne au boulot, comme j’aurais pu la faire ? Là aussi la réalité, ils la connaissent, salariée à temps plein en entreprise en tant que juriste, et présidente élue, j’ai passé pendant 7 ans, l’essentiel de mon temps libre au Centre où je n’ai jamais touché un seul centime, bien au contraire, et s’il fallait me payer le temps consacré à y travailler bénévolement, je serai sûrement très riche ! Quant au PS, ma liberté de pensé et mon esprit critique m’autorise à le critiquer quand il le faut, autant que n’importe quelle autre formation politique. Tout ça, ils le savent, mais s’évertuent avec un acharnement pathologique à propager rumeurs et mensonges, dans le but de me discréditer afin de me faire taire. C’est pourtant peine perdue, leurs calomnies et leurs menaces ne me perturbent pas bien au contraire, elles me stimulent, mais combien de personnes ont-ils réussi à impressionner, insécuriser et museler ?

-La dérision et les menaces : Les abolitionnistes seraient de puritains catholiques qu’il faudrait tourner en dérision, même les plus athées d’entre nous et même et surtout s’ils ne connaissent rien de notre vie sexuelle et affective. Il y a aussi les intimidations et les menaces. La liste est très longue, pour ainsi dire infinie. Disons-le enfin, ce sont purement et simplement des méthodes de voyous. Les activistes réglementaristes en abusent à volonté ; il est amplement temps d’y mettre un point final, d’autant plus qu’eux, procéduriers à l’extrême, ne supportent aucune critique et n’hésitent pas à poursuivre en diffamation. Sachant ce que sont les véritables enjeux de la prostitution et du système prostitutionnel, n’hésitons pas à rétablir la vérité, dénoncer les manipulations grossières et exercer une solidarité indéfectible envers leurs victimes.

En conclusion : La question de l’abolition ou de la réglementation de la prostitution est affaire de projet de société. Les arguments doivent pouvoir s’échanger avec respect et sans intimidation aucune. Nous le savons, les enjeux véritables de la prostitution sont inavouables, pour autant, il s’agit d’un débat politique qui ne doit en aucun cas souffrir de méthodes inqualifiables. Si les activistes réglementaristes ne trouvent aucun argument honnête et n’ont rien d’autre que le mensonge, la calomnie, la manipulation et le discrédit à nous opposer alors peut-être est-il temps pour eux d’admettre que leur lutte est vaine. Seule une société abolitionniste de la prostitution, dernière forme d’esclavage humain, est une société humaniste, féministe et de progrès. Dans quelle société voulons-nous vivre demain ?


Précision : NON je ne veux pas que les personnes prostituées soient contaminées !

Ça n’a pas tardé. Les activistes réglementaristes et quelques uns de leurs alliés ont immédiatement fait la démonstration de leur mauvaise foi à la lecture de cet article. Ils ont interprété, dénaturé, manipulé la seule idée qu’ils pouvaient exploiter, fuyant soigneusement tout le texte, incapables de démonter les arguments posés.

« … aussi ceux qui, au nom d’un principe de réalité, distribuent des capote, certes pour éviter la contamination des prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et de facto entretiennent et confortent le système prostitutionnel. »

Cette phrase n’est pas difficile à comprendre, mais puisqu’il le faut, je vais expliciter.

Cette phrase ne dit pas que les personnes prostitué-e-s ne doivent pas avoir accès aux préservatifs ni autres moyens de prévention et d’information, ni maintenant, ni même après l’abolition de la prostitution bien sûr. J’ai moi-même suffisamment fait de prévention pour en comprendre la nécessité vitale. Tiens j’aimerais assez pour changer que le VIH-Sida ne soit d’ailleurs pas la seule infection et maladie utilisée par les activistes réglementaristes pour assoir leurs argumentations. Les questions de santé des personnes prostitué-e-s sont majeures, prévention IST certes, mais aussi prévention cancers féminins, addictions, suicide… Tout ce dont ils ne se soucient jamais.

Cette phrase dit exactement que se contenter de distribuer des capotes bien sûr est nécessaire pour les personnes prostituées mais incontestablement sert aussi les intérêts du système prostitueur, lui facilite le travail, l’entretien, le sert….

Qu’est-ce qui n’est pas clair dans cette évidence ?

Bien sûr c’est clair, mais quand on est habitué à louvoyer et que l’on n’a pas d’autres argument que ceux qui relèvent de la défense du patriarcat, ou de la défense des profits du crime organisé des industries du sexe, légalisées ou non ; faut bien trouver un angle d’attaque.

Ces procès en sorcellerie sont purement et simplement une manœuvre manipulatoire qui ne trompe plus personne, sauf ceux et celles pour lesquelles plus c’est gros et plus ça passe !

Christine Le Doaré

« Putophobe » ou STRASSphobe ?

 « Putophobe » ou STRASSphobe ?   

Brisons le tabou d’une mixité d’apparence !

Le 3 mars dernier,  j’ai publié sur mon blog «Nos combats LGBT » sur Têtue.com, le texte « Non votre féminisme n’est pas nouveau ! ». J’ai volontairement laissé passer deux semaines avant de revenir sur ce document qui a provoqué des réactions dont l’ampleur et la force m’ont étonnée. Je n’avais pas envisagé que ce texte révèlerait de tels clivages.

L’objectif de ce nouveau post est double : dire comment j’ai reçu les diverses réactions ; proposer des hypothèses quant aux raisons de ce petit séisme et tenter d’apporter quelques pistes de réflexion afin de former les alliances nécessaires à un avenir commun.

Des réactions très tranchées !

Il me semble important de préciser que si je suis bien présidente du Centre LGBT Paris idF, je suis également une citoyenne libre de ses convictions, comme tout un chacun. Lorsque je parle au nom du Centre, je signe de mon nom, suivi de ma fonction. Les communications signées au nom du Centre font l’objet d’un communiqué de presse et figurent sur le site Internet. Tel ne fut pas le cas pour ce papier. En outre,  si ce blog m’a été ouvert, c’est parce que je  suis présidente du Centre, mais aussi et surtout parce que j’exerce et ai exercé d’autres fonctions associatives et fréquemment pris position en faveur des droits LGBT. A l’évidence, ce blog donne une visibilité au Centre LGBT et à nos luttes, mais si je me contentais de ne poster que les communications du Centre, je limiterais l’utilité même d’un blog qui sert aussi à exprimer des avis bien plus personnels et sur des sujets plus divers.

A l’exception d’un lecteur appelant à la sérénité,  les réactions reçues sont à ranger en deux catégories distinctes et opposées : d’un côté des commentaires où se disputaient au manque d’arguments construits et à propos, des interprétations, insultes,  menaces, diffamation et haine et de l’autre côté,  des manifestations de soutien, d’affection, des documents ; de rares tentatives de récupération aussi parfois.

Je l’affirme haut et fort, personne n’est légitime à me faire taire, le texte posté constituait un avis tout à fait décent, construit, pesé et partagé par un grand nombre de personnes LGBT et ou féministes ; il n’était en rien provoquant, injurieux ou menaçant. En outre, je pense avoir fait mes preuves en matière de militantisme LGBT. Je suis  engagée publiquement depuis une époque où il n’était pas si facile de s’afficher,  présidente de SOS homophobie un temps, j’ai ensuite contribué à relever le CGL de ses déboires passés pour en faire un Centre LGBT dont le bilan est positif et dont les membres m’ont réélue,  n’en déplaise à quelques bruyants détracteurs.

Je dois bien l’avouer, être traitée de « putophobe » et de « féministe de droite », recevoir des insultes sexistes et lesbophobes,  être menacée et diffamée… toute cette violence stérile n’a fait que décupler ma combativité, naturellement à un niveau déjà très élevé ! Tout ceci doit laisser bien perplexes ceux qui me considèrent comme bien trop à gauche ! Si ce n’était si grave,  cela serait à se tordre de rire !

La fonction expose, mais tout de même,  que de fantasmes et de personnalisation, alors que les questions soulevées par l’article sont éminemment collectives et politiques et que mes positions sont loin d’être particulièrement originales ou  isolées !

L’enjeu du débat

Je doute que le texte ait été lu attentivement par ceux qui m’ont agonie d’injures ; de nos jours, la somme d’informations à digérer rapidement, Internet et les réseaux sociaux, nous conduisent à zapper, cliquer, parcourir et rarement approfondir. Le texte est en ligne et peut toujours être lu, arguments et citations peuvent être relevés ; mais depuis, j’ai approfondi la question et la nature des critiques du STRASS et autres extrémistes, m’ont dévoilé les véritables raisons d’un tel tollé !

Sur la question de la prostitution

Je dois l’avouer, j’ai commis quelques erreurs dans ce premier texte, je n’étais alors que peu informée sur la question, simplement exaspérée par les pressions qui s’exercent dans les sphères associatives et politiques.

Je ne vais pas reprendre ce que j’ai écrit dans mon premier post suffisamment détaillé, il suffit de relire ; mais je ne l’ai pas écrit assez clairement, en France, la prostitution est légale ; le racolage et le proxénétisme sont eux, interdits. Le combat fait donc rage entre tenants de l’abolition de la prostitution et de sa réglementation. Il est très clair qu’un des objectifs du  STRASS (Syndicat des travailleurs du sexe) est de dépénaliser le proxénétisme, c’est ce qu’il avoue en revendiquant « la décriminalisation de l’organisation du travail du sexe dont le racolage », oui dont, et donc aussi du proxénétisme !

Je ne l’ai pas assez dit non plus, je ne suis pas contre les prostituéEs, aucune féministe ne l’est, mais contre le système prostitutionnel, contre l’exploitation capitaliste et mondialisée des industries du sexe.

Je dénonce la loi LSI et le harcèlement des prostituéEs, également, les violences subies.

Dans la réponse publique qu’il m’a adressée, le STRASS tente de tout embrouiller, il accuse je ne sais trop qui d’ailleurs, de valeurs religieuses, de militantisme discret… et même en cherchant bien, je vois mal en quoi ceci répond aux problèmes posés de sexualité oppressive des hommes sur les femmes (rappelons tout de même qu’une écrasante majorité des prostituéEs sont des femmes  même si au STRASS on entend toujours s’exprimer les 2 ou 3 mêmes hommes – j’ai d’ailleurs noté qu’une porte-parole a récemment être mise en avant), de marchandisation du corps humain, d’endettement auprès du mac, de trafic, d’enlèvement, de menaces sur la famille, de maisons d’abattage et de dressage, de drogue pour tenir, d’assassinats … ? Vous voyez,  vous ?

Le STRASS oppose des logiques individualiste et singulière, telle que le droit d’une personne à se prostituer,  à des rapports collectifs et sociaux  de domination/soumission et d’exploitation. Bien logiquement, il défend ses revenus, également en tant que syndicat, alors que nous parlons d’un système prostitutionnel et de ses ravages.

Que le STRASS n’ait pas de conscience politique passe encore, en revanche, le négationnisme dont il fait preuve est proprement inadmissible et terriblement dangereux comme tout négationnisme d’ailleurs.

“Le Doaré nous ressort le petit couplet classique sur les esclaves de l’Est et d’Afrique, et des gamins gays jetés de chez leurs parents, des traumatismes sexuels dans l’enfance, etc. Toujours les mêmes affirmations sans preuves. ”

Mais que fait donc le STRASS des enquêtes et études produites en quantité par Jeffreys, Farley, Dworkin, Russel, Poulin, Legardinier et tous les autres ? Que répond-il à celle-ci : La légalisation de la prostitution, une expérience sociale qui a échoué en Australie : http://sisyphe.org/spip.php?article723 ? ou celle-là : Extraits de l’étude de Bindel et Kelly de la London Metropolitan University ? * en fin de texte.

Hasards de l’actualité,  la semaine dernière, dans Envoyé Spécial, nous était présenté un reportage sur la prostitution des mineurs, fruit d’un sérieux travail d’investigation journalistique. Edifiants, ces témoignages de jeunes Rom à la Gare du Nord, de jeunes nigérianes aux mains des réseaux maffieux… Le STRASS nous répondra probablement que ces faits sont également sortis de  l’imaginaire des journalistes !

Quant au reste de la réponse, jargon incompréhensible, confusions historiques,  mauvaise foi,  et que dire de l’expression « nos partenaires sexuels » ? ! Ah bon, partenaires, même plus clients, mais au juste de quoi parle t’on ici et de qui se moque t’on ?

De quels prostituéEs le STRASS défend t’il donc les intérêts ? Ceux qui sont dans une misère économique et sociale, ceux qui sont plus ou moins forcés d’en passer par là, ceux qui sont victimes de la traite et des mafias ou bien d’une portion congrue de prostitution choisie, escortes ou  fils de bonne famille qui font leur petite révolution ?

Alors non, je ne suis pas putophobe, mais STRASSophobe, s’il faut l’être, et bien soyons-le !

Sur la question « pro-sexe »

Les tenants du « pro-sexe » ou « sexe positif » – récupération par les femmes des métiers du sexe et de la pornographie  (comme s’il n’y avait pas de sexe positif, d’énergie, de désir et de plaisir en dehors de la pornographie et de la prostitution !) –  verraient-ils d’un mauvais œil que l’on ne soit pas convaincu  par la nouvelle norme imposée d’une sexualité qui instrumentalise et déshumanise l’autre ?  N’a-t-on même pas le droit  d’être déçu par ce qui nous est  vendu sous le label  « pro-sexe » pour être créatif, subversif et libérateur ? Ne peut-on, le plus souvent, juger ces prestations ennuyeuses,  tristes, déconcertantes et de piètre qualité sans risquer d’être qualifié de prude ou d’imbécile ? Bien entendu il y a parfois quelques agréables surprises, elles sont si rares ! Tout n’est pas glauque et trash, certaines créations érotiques sont novatrices et offrent un  espace de liberté.

Enfin, je n’ai jamais dit que je souhaitais remplacer le « pro-sexe » par le « no-sexe » en vogue aux Etats-Unis, je les renvoie simplement dos à dos comme étant de simples phénomènes de mode !

Indéniablement,  « pro-sexe » et féminisme ne font que très rarement bon ménage, le féminisme supposant tout de même d’appréhender l’autre dans sa globalité, à égalité, et en dehors de toute exploitation, à fortiori marchande.

Sur la question du relativisme culturel

Je ne parle pas du voile, mais de la burqa ou du niqab, artifices effaçant les femmes pour mieux les isoler.

Le relativisme culturel pratiqué sur cette question à l’égard des femmes n’est selon moi que du sexisme. En quoi cet artifice serait-il respectable au seul motif que la femme qu’il efface n’est pas de culture occidentale ? Comment, une personne progressiste peut-elle ne pas défendre le droit à l’émancipation de toutes les femmes partout dans le monde ?

Pourquoi n’écouter que les intégristes ou celles et ceux qu’ils ont conditionnés ? Chacun le sait, les oppresseurs doivent trouver des relais parmi les opprimés pour que le système fonctionne. Pourquoi ne pas écouter toutes ces femmes laïques ou musulmanes, progressistes, féministes, qui nous demandent l’interdiction de ces outils d’oppression et de négation des femmes ?

Stupéfiant de la part de ceux qui clament à longueur de temps que nous n’écoutons pas les prostituéEs !

Les raisons du séisme, des clivages profonds qu’il nous faudra bien dépasser.

Le plus curieux tout de même, il faut bien le noter, c’est que les pro-réglementation de la prostitution sont aussi le plus souvent pro-sexe, pro-voile, pro-drogues, pro… un peu tout et rien en fait… et le plus souvent, dans une grande démagogie… Une sorte de laboratoire expérimental, dans lequel nous devrions tous nous immerger, peu importe si les dénouements sont pour le moins aléatoires !

Le tabou de la Mixité d’apparence

Je suis une farouche défenseuse des Droits Humains, sociaux et économiques également.

La société est mixte, je crois donc en la mixité ! Pour ceux qui en douteraient, je pense l’avoir incontestablement prouvé, investie depuis des années dans la lutte contre les LGBTphobies et pour l’égalité des droits, à laquelle j’ai amplement pris part ; alors, que les spécialistes du procès d’intention s’abstiennent !

Partisane de la mixité, je n’ai pour autant jamais dissocié cette lutte, des luttes féministes.  Les LGBTphobies s’expliquent selon moi par le sexisme patriarcal de nos sociétés. La contrainte à l’hétérosexualité et les rôles traditionnellement impartis aux hommes et aux femmes se sont maintenus par la domination masculine exercée sur les femmes. Tout est lié et nous ne vaincrons pas l’un sans l’autre.

Pourtant, depuis que je milite dans le mouvement mixte LGBT, il m’est arrivé régulièrement, d’être confrontée à la misogynie, voire à la lesbophobie de certains gays. J’ai toujours voulu considérer ces cas comme isolés et ne pas remettre en cause pour autant mon engagement, convaincue que la plupart de mes compagnons de route avaient analysé les mécanismes liés de toutes nos oppressions, admis ce qu’ils devaient aux luttes féministes,  compris que nous étions des alliés objectifs, bien plus forts ensemble que séparés.  Avec acharnement j’ai partagé, échangé, pour que l’on se rejoigne, toujours.

La mixité en laquelle je crois ne s’improvise pas, ne se décrète pas, c’est un travail, un long chemin. Une mixité authentique, de confrontation, qui déconstruit pour reconstruire et ne se contente pas d’apparence et de juxtaposition.

Et c’est peut-être bien là que réside le problème.   Des gays ont apporté une contribution théorique à la déconstruction du patriarcat et de l’homophobie, certains continuent mais ils sont rares, isolés.

Que constatons-nous aujourd’hui dans la plupart des associations mixtes ?

A de rares exceptions près (SOS homophobie…), les lesbiennes y sont peu nombreuses,  leurs spécificités peu priorisées et surtout, il n’y a guère d’échanges entre les gays et les lesbiennes sur la double oppression de femme et de lesbienne (ni de celle de trans. et de lesbienne ou de gay). Tout le monde fait plus ou moins comme si nous étions à égalité dans une société sans discriminations sexistes, sans privilèges. Je ne vais pas reprendre la plate-forme des revendications élaborées par le CNDF (Collectif National pour les Droits des Femmes) pour la Journée Internationale des Droits des Femmes, il suffit de revenir au post précédant, mais chacun sait parfaitement que cela est faux !

La mixité est le plus souvent une mixité d’apparence, même si certaines associations font plus d’efforts que d’autres pour y remédier.

C’est encore plus flagrant avec les associations de lutte contre le sida, certes, les lesbiennes sont touchées par le sida, mais elles le sont bien plus encore par d’autres IST et par certains cancers ; c’est de gynécologie médicale dont il faut parler dans notre cas, et pour le faire correctement,  il faut des fonds et tout un tas de moyens qui ne sont pas mis en œuvre.

Il me semble que plus les groupes sont radicaux, plus la mixité authentique est un leurre.

Pas étonnant dans ces conditions que les thèses  pro-réglementation de la prostitution et  pro-sexe rencontrent un grand succès parmi leurs membres.

Les filles se fondent dans l’urgence des revendications des garçons ; nécessairement elles se diluent et ce ne sont pas les quelques lesbiennes,  pas nécessairement alibis,  mais qui n’ont pas le temps ni les moyens de travailler sur les questions spécifiquement lesbiennes, ou alors de façon très marginale, qui peuvent y changer quelque chose. Et d’ailleurs le souhaitent-elles ? En discutant avec certaines,  j’ai parfois eu l’impression que par de curieux raccourcis, elles tendaient plutôt à s’identifier aux garçons et à gommer leurs propres spécificités, parce qu’il peut sembler plus facile d’endosser leurs  libertés et modes de vies que d’arracher les leurs. Une illusion qui peut fonctionner à condition de ne pas trop se mêler à la société et de vivre plus ou moins en circuit fermé.

En revanche, j’ai bien noté que nombre de lesbiennes renonçaient à la mixité,  ne trouvant pas leur place parmi nous. Elles militent à la Coordination Lesbienne en France, Cineffable… Au sein de nouveaux groupes féministes comme La Barbe ou Osez le féminisme !… ou de regroupements informels autour d’universitaires… Récemment invitée à un anniversaire, j’ai rencontré en une seule soirée,  environ 75 lesbiennes « politisées », féministes ou radicales, que je n’avais jamais croisées dans les mouvements LGBT.

Ce n’est pas par hasard si le STRASS et les gays et lesbiennes de groupes radicaux  ont violemment rejeté le texte « Non votre féminisme n’est pas nouveau ! », alors que quelques gays et lesbiennes du mouvement mixte attentif à une mixité authentique et surtout les lesbiennes et féministes hors mixité, l’ont approuvé.

Je suggère qu’il est temps de briser les tabous du silence et de l’apparence et de travailler sur la mixité, que les gays nous donnent des signes qu’ils se solidarisent avec nous, aussi avec les femmes progressistes et féministes sur les questions de société qui nous importent ; à défaut, la mixité dans les mouvements LGBT ne profitera pas autant, à tout le monde.

Faut-il le préciser, ce texte est un message de rassemblement et d’espoir.

Christine Le Doaré

* Une étude comparative Australie et Pays Bas réalisée en 2004 par Bindel et Kelly de la London Metropolitan University démontre les effets pervers de la légalisation du proxénétisme. Les liens entre prostitution et crime organisé ne font qu’augmenter : «… En octobre 2003, la mairie d’Amsterdam a décidé de fermer la zone de tolérance ouverte à la prostitution de rue. Le maire a invoqué “un dilemme diabolique” en expliquant qu’il “apparaissait impossible de créer pour les femmes prostituées une zone saine et contrôlable qui ne soit pas récupérée par le crime organisé….”. « … La légalisation ne fait pas disparaître la prostitution de rue ni les dangers qui y sont liés. On a même enregistré une augmentation significative dans le Victoria avec des niveaux plus élevés de viols et de violences.De même, les bordels légaux tendent à être pris en main par les entrepreneurs de l’industrie du sexe et il n’est pas facile pour les femmes elles-mêmes d’organiser et de maintenir des collectifs de prostituées…. » « …Dans le Victoria, entre 2000 et 2002, on a enregistré une augmentation de 91% du nombre de femmes présentant une infection au HIV, pour une augmentation de 56 % dans la population globale…. ».


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