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Politiques, intellectuels, médias, reprenez-vous vite !

pour postIl est temps de prendre conscience de la situation

Nous aurions pu récupérer un peu dans la torpeur de l’été, oublier les averses printanières, nos inquiétudes quant à l’avenir politique du pays ; guérir nos récentes blessures de guerre et espérer des fous d’Allah, une trêve.

Nous n’aurons eu aucun répit. Des attentats islamistes nous ont frappés, une fois de plus : en France, l’indescriptible massacre du 14 juillet à Nice, puis le père Hamel égorgé dans son église de Saint-Etienne du Rouvray ; en Allemagne aussi, et toujours en Syrie, etc.

 

Après la tuerie de Nice, alors que le décompte invraisemblable de tués et de blessés tombait comme autant de mares de sang noyant la ville sous l’horreur, les réseaux sociaux mais aussi des médias et des politiques ont rivalisé des poncifs habituels : « c’est l’œuvre d’un fou », « il n’est même pas religieux », « pas d’amalgame », qui ont résonné comme autant de coups supplémentaires portés aux victimes.

L’enquête progressant, il fut rapidement établi que ni l’attentat de Nice, ni plus tard l’assassinat de Saint Etienne du Rouvray, n’étaient l’œuvre de malades mentaux délirants. Les hommes qui ont commis ces horreurs ne sont ni déséquilibrés ni solitaires.

Dans tous les cas, si quelqu’un peut me dire ce qu’est un terroriste islamiste équilibré, je suis preneuse ! Vouloir édifier au vingt-et-unième siècle, un grand califat et asservir la planète toute entière pour y parvenir, c’est sensé vous croyez ?

Les hommes qui s’engagent dans le djihad et commettent ces attentats islamistes, ne sont pas plus déséquilibrés ni solitaires que bien d’autres. Ils sont souvent délinquants, peuvent être alcooliques ou toxicos, instables et parfois violents ils ont pris l’habitude de transgresser les lois ; ils ne viennent pas de milieux nécessiteux ; ils ont des appuis, des réseaux ; ils ont méthodiquement planifié leurs actes, en prenant leur temps et avec un sang-froid hors du commun.

Ils ne sont pas forcément très religieux, ils se sont radicalisés plus ou moins vite, mais tous se sont tournés vers Daech, fascinés par sa propagande, pour venger leurs frustrations petites ou grandes et vomir leur haine des valeurs occidentales.

Ils sont attirés par l’organisation paramilitaire de Daech, son dessein sectaire d’une nation islamique mondiale : terrasser des mécréants et la civilisation occidentale pour instaurer un grand califat islamique, c’est sans nuance et cette implacable et virile toute puissance est à même de les galvaniser suffisamment pour passer à l’acte sans arrière-pensée.

Ils obéissent aux derniers commandements de Daech qui recommande de ne plus rejoindre le califat mais de frapper sur place. Nul besoin de se former en Syrie, ni même de se procurer des armes lourdes, n’importe quel objet, véhicule, peut devenir une arme par destination et tuer.

 

Apprendre que le terroriste de Nice a commis des violences conjugales n’a rien de bien étonnant ; en revanche, tous les hommes violents ne deviennent pas terroristes, il ne resterait plus grand monde sur terre ! Les coupables de violences conjugales et plus généralement violences de genre, sont de tous les milieux sociaux, de toutes les religions ou athées, et de toutes les obédiences politiques.

Si les violences conjugales n’expliquent pas à elles seules le ralliement à Daech, (nous ne lutterons évidemment pas contre l’islam radical en luttant seulement contre les violences conjugales), il est malgré tout légitime de s’interroger sur le lien entre machisme, masculinisme et terrorisme car seules des sociétés patriarcales peuvent inventer et développer des systèmes totalitaires aussi mortifères.

 

Comment avons-nous pu jusqu’ici, supporter en silence, autant d’aberration ?

Le religieux prend infiniment trop de place dans nos sociétés livrées au capitalisme sauvage et mondialisé. Sans régulation et une meilleure répartition des richesses, les plus démunis et fragilisés peuvent se tourner vers ce qui les réconforte à bon compte ; les intégristes ne se privent alors pas de les recruter.

Il faut toutefois relativiser cette influence en matière de terrorisme islamiste : la plupart des djihadistes sont issus de familles relativement aisées. Certains se sont radicalisés après un long parcours d’endoctrinement religieux et d’entraînement en Syrie ou ailleurs, mais dans les cas de radicalisation dite « rapide », il semble plutôt que ces hommes brièvement exposés à la propagande djihadiste (via Internet, des relations, un imam aux prêches douteux…) compensent des frustrations d’ordre privé, telles par exemple, des difficultés de couple, en se vengeant, en se projetant héros de la nation islamique.

Il est intéressant de noter qu’à l’occasion des attentats, les religions se confortent mutuellement (en tous cas le catholicisme et l’islam) : assoir leur emprise et tacler la laïcité, ne leur déplait pas.

Les récents propos du pape sont révélateurs : avec aveuglement, il a mis sur le même plan les violences islamiques et catholiques, comparant les massacres terroristes commis par Daech avec les violences et crimes commis individuellement par des catholiques. Oui, les violences machistes du système patriarcal tuent chaque jour mais on ne peut pas comparer un système politique visant à l’instauration d’une dictature politico-religieuse avec des crimes individuels. Le nazisme pourrait-il être réduit à des crimes machistes individuels ?

 

L’envahissement du religieux, l’influence des réseaux intégristes catholiques  pro-vie et anti-mariage pour tous et les concessions constantes à « l’islam de France », sont insupportables. Ils répondent aussi à un besoin de reprise en mains d’hommes et même de femmes, perturbés par la perte d’un  mode de vie et de rapports de genre traditionnels. Pour beaucoup d’hommes, c’est un moyen de réaffirmer la domination masculine.

Trop de politiques, intellectuels et médias semblent avoir perdu tout esprit critique, ils se sont retranchés pour certains derrière une confortable et aveugle complaisance, pendant que d’autres à l’inverse, instrumentalisent les problèmes à des fins politiciennes. Pourtant, le progrès et l’égalité valent bien d’être défendus et sans compromis aucun.

En ce qui concerne l’islamisation de notre société par les Frères musulmans et les salafistes, islamisation qui prépare le terrain du terrorisme, combien de décideurs et faiseurs d’opinion luttent avec bon sens, mesure et efficacité, contre :

  • Une urbanisation génératrice de ghettos, des politiques sociales inopérantes, l’absence d’intégration des populations migrantes (notamment l’isolement des femmes arrivées dans le cadre du regroupement familial), l’échec scolaire, … ;
  • Le voilement progressif des femmes et des fillettes de plus en plus jeunes, symbole visuel de l’asservissement des femmes et étendard politique ; les créneaux non mixtes dans les piscines ; les médecins interdits d’ausculter et de soigner des musulmanes dans les hôpitaux, … ;
  • les salafistes qui ont fini par régler la vie de certains quartiers : l’économie salafiste ou frèriste parallèle avec ces boutiques et sites Internet qui vendent des accoutrements exportés d’Iran, abayas ou hijabs pour cacher les corps des femmes et des fillettes (bâches informes pour les pauvres rue Jean-Pierre Timbaud à Paris ou boutiques de luxe pour les riches saoudiennes) ; les vastes territoires zones de non-droit livrés aux trafics et à la violence où la charia a déjà remplacé la loi de la République et où des élèves contestent effrontément l’enseignement des classes d’histoire, de biologie, … ;
  • le communautarisme, le relativisme culturel, le complotisme, l’obscurantisme, l’antisémitisme décomplexé, l’antiracisme tombé aux mains d’idéologues racistes anti-blancs, … ;
  • l’islamisation via Internet et les réseaux sociaux et via des imams qui complaisamment évitent de traiter du sujet ou pire, à l’instar de celui de Brest ou de la mosquée du Mirail à Toulouse, Mamadou Daffé, prêchent l’impensable en toute impunité ;
  • le caillassage des médecins, pompiers et forces de l’ordre ; la haine de la France, des valeurs républicaines, de l’occident, le verrouillage des institutions internationales qui ont fini par vider de leur substance les Droits Humains ;
  • etc.

Au contraire, le recrutement universitaire est verrouillé afin que l’enseignement se fasse le relai d’une pensée gauchiste radicale, culpabilisant l’occident colonisateur et impérialiste et disculpant  de toute responsabilité, l’autre partie de la planète ; la plupart des médias suivent et les politiques n’ont pas le courage de contredire.

Sinon, expliquez-moi pour quelles raisons tant de politiques, intellectuels et médias feignent d’ignorer ce qui s’est produit en Algérie dans les années 90, quand les islamistes ont commencé à s’attaquer insidieusement aux femmes, aux laïques, à la société civile, puis les ont harcelés, assassinés, au nom d’Allah et du Coran, avant de verrouiller la société toute entière ?

Les 220 000 morts algériens dont de nombreuses femmes jugées insoumises, pas assez bonnes musulmanes, toutes et tous sacrifiés sur l’autel du terrorisme islamiste du GIA, ancêtre de Daech, qui en parle à part quelques intellectuels algériens stigmatisés et à peine soutenus chez nous ?

A l’extrême droite, l’islamisation est instrumentalisée pour promouvoir une France nationaliste et raciste.

La droite s’illustre par une surenchère électoraliste de mesures inutiles ; après avoir supprimé des forces de police et désorganisé le renseignement, c’est véritablement indigne.

A gauche, il est de bon ton de réduire l’étendue de l’islamisation et même le terrorisme islamiste au seul désespoir social et à confier aux représentants de l’islam le soin de régler les problèmes, c’est une inexcusable erreur de jugement : l’islam politique doit être combattu sur tous les plans et par l’état au premier chef.

La gauche radicale quant à elle, cautionne le relativisme culturel et même le racisme essentialiste révoltant d’une Houria Bouteldja, meneuse du Parti des Indigènes de la République (PIR), et contribue en cela à détruire sans alternative crédible, le peu de confiance qu’il nous reste, dans nos valeurs républicaines. Elle n’a plus que le mot « islamophobie » à la bouche, et je ne serais pas surprise que pour se justifier, elle en arrive un jour à défendre aussi les dérives du catholicisme : soutenir la lutte contre l’avortement, revendiquer l’homophobie, en tant que vils héritages coloniaux et impérialistes ! Ah j’oubliais, ça ne risque pas d’arriver, car seule l’islam est la religion des opprimés, ce qui l’autoriserait même à persécuter les femmes et les minorités sexuelles… !

Les démocraties occidentales ne sont pas irréprochables, loin s’en faut, mais la gauche radicale aide du mieux qu’elle peut les islamistes à les culpabiliser et condamner. Pourtant, opposer schématiquement occident et « indigènes » ne mène nulle part : hors du monde occidental, des personnes pauvres, fragiles, des femmes, des enfants, des étrangers, des minorités sont exploitées et victimes des violences les plus abjectes.

*Judith Butler : « Il est extrêmement important de considérer le Hamas et le Hezbollah (groupes terroristes s’il en est) comme des mouvements sociaux progressistes, qui se situent à gauche et font partie d’une gauche mondiale ».

 

Quelles solutions ?

Le plus urgent est de comprendre comment s’adapte le terrorisme islamiste et d’apporter les bonnes réponses politiques.

Nous le savions déjà mais le dernier numéro de Dabiq, la revue de Daech, nous le confirme, l’Etat Islamique ne nous haït pas à cause de la situation dans nos banlieues, ni de notre politique extérieure, mais parce que « nous sommes des mécréants qui refusons l’unicité d’Allah », parce que nous sommes laïcs et que « nos sociétés libérales autorisent ce qu’Allah interdit ».Tant que nous ne nous soumettrons pas à l’autorité de l’islam, Daech nous combattra. Daech et les islamistes nous haïssent donc pour ce que nous sommes : laïcité, mode de vie, mixité, égalité Femme/Homme, etc.

Il s’agit de se venger, de nous humilier et de nous terrifier ; de nous imposer par tous les moyens (que les djihadistes rejoignent la Syrie ou improvisent sur place), un grand califat islamique.

Par conséquent, il nous faut cesser de trouver des excuses aux assassins, sortir de la complaisance et du déni et combattre l’islamisation, la radicalisation et le terrorisme sur tous les plans, avec une détermination sans faille, pour tenter de rattraper le temps perdu :

  • Au plan international : plus de contrats avec les pays fondamentalistes islamistes, wahhabites ou frères musulmans, seulement avec les pays arabes qui s’en démarquent. Le Qatar et l’Arabie Saoudite nous achètent pour infiltrer l’Europe de l’idéologie islamiste. Les droits humains sont universels et aucun relativisme culturel ne peut les conditionner ni les entraver. Les droits des femmes sont toujours les premiers menacés et attaqués, puis la route est tracée pour installer un régime totalitaire.
  • Au plan national : l’Observatoire de la laïcité doit prendre toute sa place et son président enfin profiter de la retraite ; les lieux de culte soupçonnés d’intégrisme, dont les mosquées, doivent être surveillés ; les activités douteuses des membres de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) doivent être interdites : il doit être impossible de présenter, sur le territoire de la République, le  Djihad comme une forme de résistance, le relativiser et inciter les jeunes à se radicaliser. L’association IESH (Institut européen des Sciences Humaines) des Frères musulmans est installée en France et en Europe de manière tentaculaire. Son influence est inouïe sur les jeunes français endoctrinés par un islam fondamentaliste, avec la bénédiction de l’état français qui ne prélève aucun impôt sur les dons encaissés par l’association. Ce n’est pas tolérable.
  • Economique : mieux réguler le capitalisme et ses effets sur les populations, mieux répartir les richesses et les investissements…, c’est une urgence ;
  • Urbanisme : peu à peu détruire les cités-ghettos sociaux et ethniques ; réformer de fond en comble et avec des moyens à la hauteur des enjeux, l’accueil et la réinsertion des démunis et des sans-abris nationaux ainsi que des populations migrantes et réfugiées.
  • Education, formation : déconstruire par le biais des programmes scolaires toutes les fausses croyances et contrer toute contestation de l’enseignement scientifique, cultiver l’esprit critique et d’analyse ;
  • Lutter contre toutes les discriminations, plus que jamais contre le sexisme, l’homophobie/la lesbophobie, l’antisémitisme et le racisme (à ne pas confondre avec la critique salutaire des religions), dès l’école primaire ;
  • Intégration : pas d’accueil (regroupement familial, migrants, réfugiés) sans parcours d’intégration avec transmission des valeurs républicaines et notamment d’égalité Femmes/ Hommes…)… ;
  • Internet / Réseaux sociaux : empêcher toute propagande djihadiste et islamiste via les réseaux sociaux et Internet.
  • Police, justice : développer une véritable coordination européenne et internationale ; coordonner en France forces de l’ordre, sécurité et le renseignement ; instituer un renseignement de proximité ; revoir la formation des juges sur l’évaluation des risques ; modifier les contraintes du contrôle judiciaire ; réintroduire une police de proximité ; lutter contre les trafics et la délinquance ; exercer une surveillance dans les prisons, prodiguer un enseignement à tout prisonnier, les employer à des travaux d’intérêt général… ;
  • etc.

 

Par respect pour tous les morts du terrorisme, pour empêcher plus de morts innocentes ; pour défendre notre civilisation, notre République laïque une et indivisible et ses valeurs, (car aussi perfectibles soient-elles, il n’existe toujours pas sur terre d’alternative plus probante), il faut nous mobiliser pour combattre le terrorisme islamiste et plus globalement, la tentation obscurantiste du conservatisme religieux.

Dans les réponses apportées jusqu’ici par le gouvernement et tous les politiques républicains, il manque systématiquement, la lutte pleine et entière contre tous les intégrismes, contre l’islam politique, l’islamisation de l’Europe par le salafisme et les frères musulmans.

Nous ne sommes plus au XIème siècle, aucune religion ne doit être en mesure d’imposer ses diktats, de museler ses opposants, et encore moins de susciter une ferveur prosélyte capable de conduire des êtres humains à en tuer d’autres pour assoir la volonté de puissance et de domination d’une caste politico-religieuse.

Si l’état ne peut et ne doit pas mettre un policier derrière chaque citoyen, les gouvernements et les politiques, les intellectuel-le-s et les médias, les militant-e-s, les responsables religieux, doivent le dire et le redire et sans relâche, et très fort, les imams au premier chef :   non le califat ne s’implantera jamais, oui c’est un mythe ; non il n’y aura pas de revanche ni encore moins de paradis, ni de vierges ; oui vous serez condamnés, rejetés et haïs par votre religion et par vos proches, par l’humanité toute entière.

Qui le dit vraiment, haut et fort, et de cette manière ? Seulement une poignée et toujours les mêmes. Alors j’attends.

Christine Le Doaré

Islamo-gauchistes, prenez-nous pour des cruches !

fanatiques_cabuLes masques tombent  et ça fait peur.

 

Il a longtemps été mal vu de qualifier d’islamo-gauchiste cette  gauche  qui se pique de vouloir  libérer l’humanité en hiérarchisant les discriminations, en substituant l’islamophobie à la lutte contre le racisme, en rejetant toute critique de l’Islamisme. Elle ose se prétendre féministe, mais  justifie  l’oppression des femmes, par le relativisme culturel.

 

A peine 3 mois après les attentats qui ont ensanglanté  la France,  l’islamo-gauchisme multiplie les provocations et salie la mémoire et les luttes de la gauche et du mouvement des femmes.

Alors oui, cette étiquette lui va comme un gant et il n’est plus temps d’afficher la moindre complaisance à son encontre.

 

Islamo-gauchisme ou différentialisme  identitaire qui efface les classes sociales et les rapports sociaux de sexe au profit de l’anticolonialisme. Il attribue une  place à part à la religion et aux coutumes des populations immigrées,  labélisées victimes de l’état colonial, peu importe leur statut social et les inégalités entre les femmes et les hommes.

Et tant pis si cette religion opprime les femmes, il n’est pas si facile de travestir le soutien à l’islam ou lutte contre l’islamophobie en antiracisme encore moins en féminisme, alors ça mérite bien quelques  sacrifices !

 

Je ne pense pas beaucoup me tromper en écrivant que nombre de personnalités bien positionnées dans les milieux politiques, universitaires, aussi dans les médias, telles Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Rokhaya Diallo, Pierre Tévanian, Christine Delphy, Houria Bouteldja, Eric Fassin, Clémentine Autain, Gaiss Jasser et tant d’autres, aussi au NPA, au MRAP, au PCF, chez les Verts, dans certains groupes LGBT, au STRASS, etc., sont plus ou moins associées à cette  étiquette.

Certains ont participé au  «meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », aux côtés du Parti des Indigènes de la République (PIR),  de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), d’Oumma.com, des Indivisibles, etc.

Le PIR crée en 2005 se définissait à ses débuts comme un mouvement antiraciste, c’était de bonne augure ; seulement voilà, au lieu de se consacrer à la lutte contre le racisme, il s’est enfermé dans une haine communautariste de l’occident, défendant l’islamisme, se déclarant antisionistes (c’est-à-dire contre l’état d’Israël), parlant de « philosémitisme d’état » et allant jusqu’à soutenir sans réserve, le Hezbollah et le Hamas.

La réactionnaire UOIF est  farouchement opposée à l’avortement et au mariage pour tous.

Remarquez bien que ça n’a pas gêné les Jeunes communistes, le NPA, la Fondation Copernic, le PCF et tant d’autres, de figurer dans la liste des signataires de l’Appel au meeting ; certains comme EELV ont longuement tergiversé, finissant par retirer leur signature.

 

imagesOn est en droit de se demander où est passé le bon sens politique de cette  gauche, de ces « féministes » bernées par les sirènes essentialistes et différentialistes.

Athées, mais pas du tout embarrassés par un paternalisme condescendant qui encourage les opprimé-e-s, personnes racisées seulement (guère étonnant que tant d’ouvriers et employés passent au FN !),   à adopter des  pratiques religieuses sexistes et aliénantes ! En revanche, les religions des « dominants » continuent d’être moquées et combattues. Cohérence ?

Pas gênés non plus qu’il ne soit plus question de luttes de classes ou de luttes féministes mais de caricaturaux affrontements  « blancs » contre « non blancs » !

A l’aise pour exiger le droit de la religion islamiste à s’imposer au prétexte que ce serait la religion des défavorisés, mais oublier opportunément que la communauté religieuse la plus persécutée aujourd’hui dans le monde, c’est les chrétiens ! Cohérence ?

Hurlant pour les droits des Palestiniens, ignorant ceux des Syriens. Cohérence ?

Faut-il que cette gauche et ses pseudos féministes soient malades pour justifier des alliances nauséabondes, dangereuses pour tous les démocrates et en particulier pour les droits des femmes.

 

Prétendre lutter contre le racisme, se revendiquer du féminisme,  avec une haine qui ressemble à s’y méprendre, à du racisme, qu’est-ce d’autre sinon une imposture ?

Houria Bouteldja, patronne du PIR a tout de même traité de « souchiens » les français « blancs ». L’expression « français de souche » du FN est indéniablement condamnable, mais à quoi rime de le  faire de cette manière ?

Je hais le racisme ! C’est quoi « blanc-che « ? C’est quoi « noir-e » ? A à partir de quelle concentration pigmentaire ? Et tous les autres ? J’en ai tellement marre de cette façon raciste d’appréhender les individu-e-s.

Les êtres humains ont des origines et  couleurs de peaux diverses depuis le temps que l’humanité se mélange. Ce qui est certain, c’est que l’ultra libéralisme écrase les classes sociales les plus fragiles et que les  femmes sont toujours les principales victimes des discriminations et violences de classe et de sexe.

Oui la colonisation a existé, a fait des ravages, mais toutes les sociétés patriarcales ont une histoire conquérante d’invasions successives, de domination, d’exploitation et de violences.

Beaucoup ont pratiqué l’esclavage, et les musulmans en premier. Si je ne m’abuse, Mahomet a autorisé tout homme musulman à coucher avec ses esclaves, sans avoir à subvenir aux besoins des enfants nés de ces rapports (le plus souvent des viols).

Sympathique non ?

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A quoi peut bien mener une vision aussi tendancieuse si ce n’est à pérenniser l’exclusion et à en fabriquer d’autres ?

Comment, par exemple, expliquer l’aveuglement suicidaire des LGBT islamo-gauchistes qui font semblant d’ignorer l’homophobie des Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée coordinateurs du « Nous sommes les Indigènes de la République » et qui revendiquent  « Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations » et qui ont accusé Fadela Amara d’avoir appelé à l’émergence « d’un mouvement gay dans les quartiers » ?!

Houria Boutelja du PIR parle « d’homosexualité imposée » et « d’impérialisme gay » et n’hésite pas à affirmer que « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires».

Pour Youssef Al-Qaradawi de l’UOIF,  l’homosexualité est une « une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ». Il pense aussi que tuer les homosexuels n’est « qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ».

Nos meilleurs ami-e-s quoi !

quenelles manifpourtousphoto prise lors de la dernière Manifpourtous Paris (collusion des totalitarismes religieux).

Qu’est-ce qui distingue le PIR et les  islamo-gauchistes des haineux du Bloc identitaire d’extrême droite ou de Riposte Laïque aux affiliations plus confuses ? Pas  grand-chose, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, tous sont aussi irresponsables et morbides.

 

Pour beaucoup, la vie en France n’est pas facile,  à fortiori depuis la crise. Les  moyens de lutte contre les discriminations et les violences de toutes natures, sont insuffisants.

L’accès à l’emploi ou au logement ne sont pas égalitaires, mais il est faux de dire que rien n’est mis en œuvre et si des populations immigrées ou d’origine immigrées, réfugiées aussi, sont légitimes pour exprimer des frustrations et des revendications, elles ne sont pas les seules.

Mais surtout je ne vois pas en quoi  revisiter jusqu’à la nausée les responsabilités de l’état colonial, creuser les replis communautaristes et religieux, encore moins fragiliser la laïcité, vont nous aider à régler les problèmes.

Que la politique des banlieues soit un échec est une évidence, en revanche, vouloir nous faire croire qu’il y aurait aujourd’hui en France, des discriminations organisées par une République d’ordre colonial et raciste est juste un grotesque mensonge.

Faire comme si les injustices, le racisme, les discriminations et les violences ne sévissaient pas amplement dans les pays idéalisés avec la plus grande démagogie par les « islamo-gauchistes »,  l’est tout autant.

Nombre de « féministes » islamo-gauchistes qui se pavanent ici sur les plateaux de TV pour parler des bienfaits du voile, hijab ou niqab alors que des femmes sont harcelées et emprisonnées pour ne pas le porter ailleurs, ne prendraient leur place pour rien au monde !

 

Tenter de faire avaler à des militantes féministes qu’il suffirait de combattre l’ »islamophobie » pour que tout s’améliore, c’est franchement nous prendre pour des abruti-e-s.

Le terme même d’ »islamophobie » que médias et politiques utilisent à qui mieux mieux, est contestable car il interdit toute critique de la religion musulmane.

La peur et le rejet de l’autre, étranger-e, immigré-e, arabe, africain-e, asiatique, etc., c’est du racisme ou de la xénophobie ;  le racisme et l’antisémitisme sont infects, ce sont des délits, pas l’islamophobie, la cathophobie ou le judaismophobie !

Voudrait-on nous faire croire qu’un arabe athée, ou un noir juif, sont moins victimes du racisme qu’un musulman  « blanc » ? !

Il est aussi absurde d’assimiler de manière systématique, les personnes d’origine étrangère, immigré-e-s, réfugié-e-s, même en provenance de pays arabes, à des musulmans.

Tout le monde n’est pas embrigadé dans une religion, et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui se lèvent un peu partout dans le monde pour revendiquer leur athéisme.

Les islamo-gauchistes ne leur rendent pas service !

Comme s’ils ignoraient que toute  religion, même sous sa forme modérée, opprime les femmes, leur assigne une place inférieure ?

Enfin, la virulence du totalitarisme fondamentaliste musulman est telle qu’elle impose de condamner fortement les dérives barbares qui écrasent les populations de nombre de pays musulmans, aussi la complaisance de nombre d’islamo-gauchistes à l’encontre de groupes terroristes intégristes est-elle proprement scandaleuse.

Dans tous les cas, c’est un droit fondamental dans une démocratie, sans risquer  une accusation de racisme, de pouvoir rejeter et critiquer toute doctrine, tout dogme religieux ou politique.

ob_2db35e_10351821-10152640238464074-23160325570 Photo prise lors des manifestations pro-Palestine de l’été 2014 à Paris Place de la République

Le pire encore en tant que féministe, c’est d’être confrontée  à des militants qui se disent de gauche et féministes et qui en guise de féminisme, passent leur temps à cautionner  un féminisme bradé, voire un « féminisme musulman » ! Vous connaissez vous, le féminisme chrétien ?!

Non, le féminisme, ça ne s’accommode jamais à la sauce de l’oppresseur !

 

Le féminisme n’a jamais fait la promotion du mariage des adolescents, encore moins du mariage forcé, de la prostitution ou du port du voile, hijab ou niqab,  contrainte sexiste essentialiste, qui ne s’impose qu’aux femmes dans le but de les contrôler et de les réserver à la vue de leur seul « propriétaire ».

Les islamo-gauchistes ne rendent pas service aux femmes qui tentent, dans les  pays où le port du voile est obligatoire, de s’en affranchir au péril de leur vie !

Ils valorisent les collectifs 8marspourtoutes, les groupes de femmes voilées, comme celui des mamans de Christine Delphy mais ignorent le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers qui résiste aux injonctions du Conseil du Culte musulman : « Le voile est une prescription qui recommande au Prophète de « dire à ses femmes, à ses filles et aux femmes des croyants » (Coran 33-59), de l’arborer pour la réserve qu’il leur impose ».

Lecture littéraliste et patriarcale s’il en est.

Si les femmes d’origine maghrébine du collectif d’Aubervilliers contestent le voile, ce n’est certainement pas par racisme, mais parce qu’il marque un rapport social inégal entre les femmes et les hommes, dans l’espace public.

Selon elles, il est un instrument de domination et de restriction de liberté : « Exigé dans les pays les plus conservateurs, il est toujours le premier acte d’autorité des djihadistes dans les villages conquis (Irak, Syrie, Mali, Nigeria…), que les femmes soient musulmanes ou non. Il est devenu leur étendard de par le monde. Il s’accompagne de la suppression de toute liberté pour les femmes. »

 

Le féminisme vise à l’anéantissement du système patriarcal pour émanciper les femmes et par là-même toute l’Humanité, pas à son aménagement pour complaire un quelconque pouvoir masculin, à fortiori religieux !

Le mouvement de libération des femmes est universel et laïque, il noue des solidarités entre les femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences identiques de la domination masculine.

Les violences conjugales, le viol, les violences prostitutionnelles, les mariages forcés, les féminicides, se retrouvent partout sur la planète ; dans certains pays, se pratiquent également quelques horreurs supplémentaires telles l’excision, la répudiation, la lapidation, etc.

Se battre contre l’islamophobie, la cathophobie ou je ne sais quelle phobie des religions, n’a jamais fait partie des  priorités du féminisme dont le but est de libérer les femmes de toute domination donc de tout  diktat religieux ; les religions étant sans conteste, l’un des instruments patriarcaux les plus redoutables.

Tout de même, quelle  confusion, quelle vaste fumisterie ! Que penser de ces intellectuel-le-s et politiques qui orchestrent cette machination, nourrissent les haines, inventent des concepts toujours plus aberrants, flattant leur cour de nostalgiques de la revanche du  grand soir « Indigène » ?

islamo-gauchistes

Le concept de « féminisme raciste blanc » est une imposture d’autant plus révoltante que l’intersectionnalité des luttes à la sauce islamo-gauchiste ne sert qu’à noyer les revendications, droits et libertés des femmes dans les stratégies prioritaires des objectifs et agendas masculins.

Bientôt les islamo-gauchistes nous expliqueront que la religion des « opprimé-e-s » est forcément progressiste, que la prostitution c’est très bien pour certaines femmes mais que les autres doivent être voilées, retour aux ancestrales saintes ou putains, et que le féminisme « occidental » est plus dangereux pour les femmes racisées que les violences de la domination masculine !

Allons donc ! La laïcité pleine et entière et les religions renvoyées à la sphère strictement privée, sont  à l’évidence la meilleure garantie pour les femmes de parvenir à l’égalité femme/homme.

Tout ce charabia fait écho au narcissisme du féminisme relativiste post-moderne où des idiotes inutiles qui ne connaissent rien aux fondamentaux,  se bornent  à clamer « être féministe c’est faire ce que je veux », comme si le féminisme n’était qu’un individualisme de plus et n’avait pas d’autres ambitions que l’exploration de l’aliénation « choisie » ? !

Ce dévoiement, ce travestissement  du féminisme relève en réalité du plus sordide révisionnisme qui soit, c’est une répugnante arnaque, une sale névrose.

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Il ne faut pas penser beaucoup plus loin que le  bout de son nez pour plonger dans ces tristes et stupides sornettes, aussi dangereuses pour notre démocratie (aussi faillible et perfectible soit-elle),  et pour les droits des femmes,  que l’est l’extrême droite, et ce n’est pas peu dire.

Des extrêmes purulents de haine et de mensonges,  des impostures à dénoncer et combattre sans relâche.

Islamo-gauchistes ou FN, c’est non aux extrêmes de la haine !

Christine Le Doaré

GAZA – Palestine – Israël, à quoi jouent tant de féministes ?

reuters

11 août 2014 actualisation

Dans ce texte, je n’ai jamais eu la prétention d’analyser ce conflit sous toutes ses formes, ni d’être exhaustive, simplement de proposer une grille de lecture féministe.
Je dénonce une lutte machiste incessante pour imposer une domination politique, religieuse, culturelle, sur une autre et ne remonte donc pas jusqu’à l’origine des temps pour établir des responsabilités entre les protagonistes, en général masculins.
Je n’ignore pas les méfaits des guerres de colonisation, (en gros l’histoire de l’humanité) , mais je trouve curieux l’auto-flagellation, en particulier en France, qui consiste à toujours pointer les torts des civilisations occidentales et gommer ceux des autres (Pourtant nos civilisations ont permis, même tardivement, des luttes d’émancipation des femmes et des minorités).
Par exemple, l’esclavage musulman qui a saigné l’Afrique noire, n’est que rarement mentionné et pourtant, une recherche sur Internet permet en quelques clics, d’en mesurer l’ampleur ;  d’autres formes d’esclavage subsistent aujourd’hui dans plusieurs régions du monde.
Je propose une toute autre grille de lecture puisque l’histoire n’est qu’une succession de luttes hégémoniques machistes pour asseoir un pouvoir et contrôler le monde.

 

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05 août 2014 actualisation.

J’ai été déçue par l’analyse de la situation à GAZA faite par la plupart des féministes qui se sont exprimées sur la question . A l’instar de groupes gauchistes et du PCF, elles semblent être restées figées dans les années 70 , nostalgiques d’une représentation fantasmée de la Palestine qui  ne correspond guère à la réalité actuelle.

Je n’ai pas compris pourquoi elles ne condamnaient pas avant tout l’instrumentalisation politique des religions, les motivations machistes de contrôle des populations par des hommes avides de pouvoir, l’obscurantisme, les violences en tous genres, la destruction.

Je n’ai pas compris pourquoi elles cherchaient à lire le conflit à travers des analyses « gauchistes » dépassées plutôt qu’à travers une grille de lecture féministe, encore moins pourquoi elles prenaient partie pour un camp ou l’autre, alors que les deux côtés manifestaient un acharnement à détruire l’autre ; comme si les guerres, en particulier lorsque politique et religion en sont le cœur, n’étaient pas toujours particulièrement préjudiciables, surtout aux femmes et aux enfants.

J’ai été déçue plus encore par celles qui ont traversé ce conflit meurtrier en réussissant à ne pas exprimer la moindre idée, sur la question.

Le mardi 5 août 2014, un cesser le feu est enfin entré en vigueur pour 72 heures et des négociations se sont ouvertes, Israël et le Hamas ayant enfin accepté la proposition de trêve du Caire. L’armée israélienne a retiré toutes ses troupes. Les dernières 48 heures avaient été particulièrement intenses, les palestiniens lançant leurs roquettes sur une douzaine de villes israéliennes et les avions israéliens menant des raids nourris. Israël a toutefois prévenu qu’elle répondrait à toute attaque.

Les négociations seront difficiles les exigences des belligérants étant inconciliables. Le Hamas demande notamment la levée du blocus, alors qu’Israël avance un impératif de sécurité et prétend que le Hamas dispose encore d’environ 3 000 roquettes. Israël exigerait également que la reconstruction de Gaza soit conditionnée à sa démilitarisation. Dans tous les cas, cette région est à feu et à sang et ce n’est pas là de s’arrêter.

Ce que je retiens de ce conflit sanglant c’est que depuis les années 70, la situation dans cette région a considérablement évolué. Il ne s’agit plus seulement d’une guerre entre deux protagonistes, au contraire, elle est menée par de nombreux acteurs qui agissent par procuration.

Les chiites et les sunnites s’affrontent en Irak, en Syrie, au Liban ; des régimes arabes « autoritaires » sont en guerre avec des islamistes (200 000 syriens tués) ; un conflit intra-sunnite déchire l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Egypte et la Turquie. Toutes ces luttes hégémoniques expliquent aussi pourquoi le Hamas soutenu par l’Iran, (la Turquie et le Qatar),  s’attaque à Israël, dans la bande de Gaza. Se faisant, lui et ses alliés s’attaquent indirectement à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite.

La droite israélienne au pouvoir se comporte quant à elle, de manière inqualifiable, nourrit le terreau du terrorisme (même s’il n’a guère besoin d’encouragements), et par ses frappes disproportionnées et non maitrisées à tué sans raison un nombre hallucinant de civils dont des enfants. La seule explication et non excuse, acceptable, étant son isolement dans cette région du monde.

C’est aussi pourquoi il est urgent de comprendre que le conflit entre la Palestine et Israël dépend aussi des luttes qui déchirent les arabes et les musulmans entre eux.

Ce cesser le feu, qui probablement ne durera pas,  est un soulagement ; en revanche, le peu d’autonomie et de secours du féminisme pour proposer des alternatives crédibles d’interprétation et de résolution des conflits guerrier de ce monde, est accablant.

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J’ai écrit cet article le 21 juillet 2014.

Le 31 juillet, 10 jours plus tard, je constate que les manifestations partisanes , en particulier à Paris, pour soutenir un camp et ses exactions ou l’autre, n’ont abouti à rien de positif. Ce sont les civils, otages sacrifiés,  qui continuent de payer le prix fort. Un massacre insoutenable pendant que le Hamas continue ses frappes acec des lance-roquettes disséminés au milieu de la population, accolés aux édifices de l’ONU et qu’Israël bombarde des habitations, des écoles où est entreposé du matériel militaire mais aussi où trouvent refuge des civils.

La seule option depuis le début consistait bien à exiger un cesser le feu inconditionnel et immédiat, à demander ensuite la reconnaissance de deux états sécurisés. Comme à Paris, gesticuler dans des manifestations appelant essentiellement au boycott d’Israel au milieu de reproductions de fusées recouvertes de croix gammées, de drapeaux djihadistes, aux cris de morts aux juifs de ceux qui brûlent des drapeaux israéliens, etc. n’est pas glorieux ; les gauchistes et le PC notamment, qui ont fermé les yeux dans la plus grande démagogie, n’en sortent pas grandis. L’Humanité avec ses dossiers « Gaza mon amour » fait preuve d’un intérêt sélectif troublant pour la bande de GAZA.

Ne pas  dénoncer avant tout, que les deux protagonistes (et tous les autres indirectement impliqués) sont dans une logique hégémonique de domination et de puissance machiste, ne pouvait mener qu’à ce résultat.

Je rejoins l’analyse de Claudie Lesselier, elle aussi féministe, laïque, de gauche, même si elle fait l’économie d’une lecture féminsite de la situation et ne remarque pas que cette situation relève directement de la domination masculine.

http://www.mpctasso.org/spip.php?article1317

 

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Ce conflit plus que tout autre, est révélateur de l’incapacité de féministes à se détacher des idéologies dominantes, aussi machistes soient-elles.

Palestiniennes et israéliennes subissent, comme leur peuple, les conséquences du conflit qui enflamme périodiquement la région, mais elles sont également opprimées par les hommes de leur groupe.

A Gaza comme tout un chacun, les femmes sont touchées par des conditions de vie déplorables, les restrictions et contrôles du blocus israélien, mais aussi par la main mise du Hamas et son incurie, l’endoctrinement politico-religieux de leurs enfants, leur soumission à la charia.
Elles sont terriblement discriminées, ne travaillent pas (à peine 10% de la population qui travaille), subissent des violences conjugales et sexuelles comme partout ailleurs, n’ont aucun contrôle sur leurs droits reproductifs (l’avortement y est interdit), etc.

En Israël la situation des femmes est beaucoup plus hétérogène mais l’influence du religieux s’étend et enferme de plus en plus de femmes dans des traditions d’un autre âge.

Ce conflit résulte de l’une des pires horreurs de de l’humanité : la Shoah.

(Je sais bien que l’idée de la création d’un état juif en Palestine remonte aux environs de 1890 avec la naissance du mouvement sioniste (retour en terre sacrée) ; mais je m’intéresse ici à la création, par l’ONU en 1947,  de l’état d’Israël, proclamée en 1948, après la partition de la Palestine (terre promise aux juifs en 1917 et aux arabes en 1915 par le RU !).
Je fais bien référence à la découverte en 1945 des horreurs de l’Allemagne nazie, à l’histoire de l’Exodus, au partage de la Palestine en deux états par l’ONU en 1947 et à la déclaration de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948 (attaqué dés le lendemain par les arabes qui refusent le plan de l’ONU).
Les combats s’arrêteront en 1949 et l’Etat d’Israël en sortira conforté.)

Déculpabiliser de l’holocauste, réparer en créant un état juif sur ce territoire déjà témoin d’un lourd contentieux entre arabes et juifs, comment douter un seul instant, que cela ne se ferait pas sans une forte opposition  ?
Une compétition inégale pour la suprématie était à l’évidence en germe, dans le projet de création de l’état d’Israël.

Une coexistence pacifique n’était pas pour autant exclue, mais peu crédible, tant notre civilisation regorge d’exemples désastreux de l’incessante lutte de pouvoir virile visant à contrôler toujours plus de terres et de richesses, en dominant femmes et enfants toujours utiles pour perpétrer à l’infini, cette soif de puissance et de supériorité machiste.

L’instrumentalisation politique des religions est l’outil le plus performant pour parvenir à de tels fins et l’Histoire en atteste, les femmes en ont toujours été les premières victimes.

Alors historiens, sociologues et politiques expliqueront à leur façon la genèse, les rivalités et attaques successives du conflit, mais il est possible de résumer la situation à un bras de fer viril pour imposer sa religion, sa culture, ses valeurs à l’autre, l’étranger, différent et donc ennemi.

Israël s’est désengagé de la Bande de Gaza en 2005.

S’y s’entassent 1,7 million de personnes, qui vivent sous blocus israélien depuis 2006/2007, après perpétration par le Hamas d’un coup d’état contre l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas et instauration de la charia.
C’est donc le Hamas, organisation totalitaire terroriste qui contrôle et radicalise ce territoire. Sa gestion est indigente, sans les dons d’associations humanitaires et de pays « amis », la situation sociale et sanitaire de ce territoire, serait pire encore.
Le Hamas et la quinzaine d’organisations rivales salafistes ou jihadistes de Gaza n’ont pas déclenché cette guerre et ne refusent pas le cesser le feu proposé par l’Egypte, sans raison.

Ils savent bien qu’ils vont perdre sur le plan militaire, Tsahal est plus forte, même s’ils sont mieux équipés et préparés que les observateurs pouvaient le penser : les tirs de roquettes soutenus malgré les bombardements prouvent une organisation efficace, des munitions en nombre, des tunnels et souterrains où se terrent les chefs de guerre.
En l’absence des batteries anti-missiles israéliennes « dôme de fer » qui interceptent 90% des roquettes, les dégâts seraient probablement prodigieux en territoire israélien.
Ce qui intéresse le Hamas c’est de gagner sur le plan politique.

Il se sert des Gazaouïs qu’il fait tuer par Israël, il les fanatise ensuite d’autant plus facilement.
Il sait pertinemment que Tsahal pour parvenir à anéantir les lance-roquettes, entrepôts d’armes et responsables du Hamas disséminés volontairement dans les zones surpeuplées, va tuer de nombreux civils, y compris des enfants.
Il s’en moque, il n’a construit aucun dispositif de protection civile, aucun abri où se réfugier pendant les bombardements, il aime les martyres.

Les enfants, il les enrôle, il les utilise comme boucliers humains.
Qui n’a pas vu cette vidéo où des centaines d’enfants en uniforme, armés jusqu’aux dents, s’entraînent à haïr les juifs « parce qu’ils sont des animaux » ; où un militant du Hamas empoigne un gosse pour traverser une zone sous le contrôle d’un sniper israélien ?
* 1. Vidéo : Le Hamas et les enfants gazaouïs « Where is UNICEF ? »

Le président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas, a tenté en vain, d’obtenir un cesser le feu en parlementant avec des représentants du Hamas et du Palestinian Islamic Jihad.
Abbas a ensuite rencontré le premier ministre turc Recep Erdogan pour lui demander d’intercéder en faveur du cesser le feu, toujours sans succès.
La Ligue arabe a soutenu le cesser le feu égyptien mais le Hamas n’en a cure et décide seul, du sort des Gazaouïs car son intention clairement affichée est bien la destruction pure et simple de l’état d’Israël : «Avant de mourir Israël doit être humiliée et dégradée. » Khaled Mechaal – chef du Hamas (Al Aqsa TV, 2008)

De son côté, Israël a un gouvernement de droite depuis trop longtemps.
Le moins que l’on puisse dire est que ce gouvernement ne facilite pas le rapprochement des deux peuples, nombre de ces choix sont condamnables.
Il viole délibérément les accords de paix, cautionne voire organise une expansion constante des colonies israéliennes et peine à contrôler sa droite dure et ses extrémistes religieux.

L’offensive terrestre, même pour détruire les tunnels très dangereux pour Israël, même après le refus du cesser le feu par le Hamas, était une erreur.
Le risque de provoquer un carnage dans la population civile était beaucoup trop grand.
Pour défendre sa population des tirs de roquettes, Israël ne pourra pas justifier la mort de tant de civils, en particulier d’enfants, même si les Gazaouis sont beaucoup plus inféodés au Hamas qu’il y a quelques années.

Déjà en 2006 la riposte israélienne à une agression terroriste était disproportionnée, et ce même si en réalité, il ne s’agissait déjà plus de se défendre contre des armes « artisanales » mais bien contre des armes meurtrières fournies en nombre par l’Iran.
Depuis, le Hamas et son rival, le Djihad islamique, ont renforcé leur arsenal (roquettes iraniennes Fajr 3 et 5 et obus mais aussi missiles dernier cri, M-302 iraniens fabriqués en Syrie et missiles R-160 et Grad), de quoi atteindre la totalité du territoire israéliens.

On comprend bien pourquoi Israël tient à anéantir cet arsenal et les organisations totalitaires qui les détiennent, mais l’offensive terrestre avec un nombre aberrant de civils tués, fait le jeu de ces organisations et personne ne peut tolérer autant de civils tués.

Avec un peu de recul et une lecture féministe de la situation, il saute aux yeux que toute cette énergie guerrière, toute cette violence machiste relève purement et simplement de la domination masculine.
Alors je m’interroge quand je vois des féministes contribuer à exporter ce conflit en France, se ranger derrière l’un ou l’autre camp plutôt que de favoriser exclusivement l’étude d’un plan de paix équitable et durable, et plus encore, de ne pas s’intéresser à ce que les femmes israéliennes et palestiniennes pourraient faire ensemble pour résoudre ce conflit.

Pourquoi certaines féministes défilent-elles derrière des banderoles : « soutien total à Gaza » ? Soutenir Gaza en bloc, n’est-ce pas aussi soutenir l’autorité terroriste qui la manipule ?
Pourquoi certaines prennent-elles le risque de se mêler aux islamo-fascistes  et relayent cette fable grotesque d’un « génocide à Gaza », alors qu’il n’y a aucune volonté d’éradication ethnique de la part d’Israël et que la notion de génocide répond à des critères juridiques très précis ?

*2: IL faut lire l’analyse d’ Ayala Prager”The semantics of conflict: GAZA and the myth of genocide”, sur son blog The girl makes noise.

Pourquoi à l’inverse, d’autres soutiennent-elles d’une seule voix le gouvernement Netanyahu, allant même parfois jusqu’à cautionner les actions intolérables de la Ligue de Défense Juive et du Betar en France ?

Une banderole : « Cesser le feu immédiat – paix ! « ou « stop bombardements sur Gaza et roquettes sur Israël – paix ! « ou encore, un cortège féministe « femmes palestiniennes et israéliennes pour une paix durable », tout plutôt que Palestine ou Israël vaincra, je comprendrais.

Le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud dans son article * 3 « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine » est tellement plus cohérent quand il écrit : « D’abord non à la « solidarité » sélective. Celle qui s’émeut du drame palestinien parce que se sont des Israéliens qui bombardent. Et qui, donc, réagit à cause de l’ethnie, de la race, de la religion et pas à cause de la douleur. »
A côté, le PCF, avec son soutien inconditionnel à la Palestine, qui fait comme si rien n’avait changé depuis 2006/2007, m’inquiète beaucoup.
J’ai l’impression que s’il a évolué sur beaucoup de points, sur celui-ci, il trempe toujours dans son bain de formol.

La situation est éminent complexe.

Espérer un rapprochement entre les deux peuples, la reconnaissance internationale d’un état palestinien avec à sa tête un gouvernement démocratiquement élu, le Hamas et tous les groupes totalitaires désavoués, tout ceci semble bien relever de l’utopie pour l’immédiat.
Dans tous les cas, cela ne se fera pas à coups de soutiens partisans ni d’incantations à la paix.

Les accords d’Oslo avaient apporté l’illusion d’une paix entre deux états.
Mais l’objectif du Hamas est on ne peut plus clairement écrit dans sa chartre : anéantissement d’Israël et l’assassinat des juifs.
Il est certain que donner un état au peuple arable palestinien n’est pas sa priorité.

En outre, en Syrie, en Algérie, au Nigéria, en Irak, au Soudan, au Liban, etc. Israël n’est pas en cause, les massacres sont intra-islamiques.
Cette logique mortifère, il est temps que les arabes eux-mêmes la dénoncent, c’est d’ailleurs ce que tentent de faire, en nombre insuffisant, l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, Boualem Sansal, Malek Chebel et quelques autres.

Difficile d’être aussi crédule aujourd’hui, difficile d’imaginer mieux qu’un cesser le feu et son contrôle imposé par les autorités internationales.

Difficile aussi de ne pas être choquée par la différence idéologique faite entre toutes les victimes des guerres et des conflits.
L’indignation sélective française a quelque chose d’indécent : un quasi silence face aux centaines de milliers de morts en Syrie, mais un quartier de Paris mis à sac pour les morts palestiniens ?

Des féministes prêtes à défiler au milieu de femmes voilées exhibées par des propriétaires arborant un T-shirt : Émirats Arabes devant et Boycott Israël derrière, mais qui n’ont jamais organisé le moindre défilé contre le féminicide des femmes dans le monde ?

Confrontées à un conflit sanglant il semble bien que trop de féministes figent le temps, la zone de conflit et se rangent derrière les idéologies dominantes, un peu comme si le féminisme ne leur servait plus à rien, ne constituait plus un projet de société universel et intemporel.
Tout semble indiquer que dans un tel contexte, le féminisme cesse d’être une grille de lecture et d’analyse, n’offre plus une solution globale de vie en société.
Des gouvernements réactionnaires ou totalitaires, non paritaires, non féministes, imprégnés de dogmatisme religieux, qui mènent à des impasses d’antagonismes, ne sont tout d’un coup, plus dénoncés.
Voici qui est particulièrement grave et désespérant, plus encore que la somme de toutes les victimes des conflits subis par l’humanité depuis son origine.

Des puissances machistes successives s’emploient à mettre à feu et à sang une région du globe après l’autre depuis la nuit des temps, il serait temps d’en prendre vraiment conscience et de proposer d’authentiques alternatives féministes avant que l’humanité ne soit plus qu’un souvenir.

Christine Le Doaré

* 1. Vidéo : Le Hamas et les enfants gazaouïs : « Where is UNICEF ? » : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10152628481158938&id=749633937    

 

*2: Ayala Prager”The semantics of conflict: GAZA and the myth of genocide”, blog : The girl makes noise : http://t.co/7JiMj8KQM0    

 

*3 Par le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine » : http://www.medias24.com/tr13202Ce-pourquoi-je-ne-suis-pas-solidaire-de-la-Palestine.html

Crédit photo : Finbarr O’Reilly/Reuters)


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