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Vous avez bien dit « dignité » ?

photo publiée sur la page FB de la Marche

photo publiée sur la page FB de la Marche

Une Marche « pour la dignité et contre le racisme », quelle personne progressiste, ne voudrait pas participer ?

Tentant en effet, jusqu’à lecture de l’appel et des signataires que féministe laïque et lesbienne, je ne manque jamais de vérifier, ne souhaitant pas m’associer à des forces réactionnaires en matière de droits des femmes et des minorités.

 

Marcher contre tous les racismes, pour vivre ensemble dans le respect des différences, de toutes les différences ?

Pas vraiment et pour s’en convaincre, il suffit d’examiner les vidéos et photos postées après la Marche.

 

Bien sûr il y avait dans cette Marche des personnes de bonne volonté, animées des meilleures raisons du monde de manifester. Pas si facile de comprendre que les organisateurs de la Marche qui instrumentalisent habilement l’antiracisme, ne mènent qu’à une impasse.

Une approche identitaire et racialiste est fatalement manichéenne, à fortiori quand elle se fonde sur un flagrant mensonge : il y aurait en France un RACISME D’ÉTAT et des assassinats de noirs, d’arabes commis sciemment et impunément par des policiers.

NON, n’y a pas de racisme d’état en France, il y a indéniablement du racisme, un racisme culturel et social, aussi des bavures policières, mais l’état ne les cautionne pas, même s’il pourrait toujours s’investir de manière plus efficiente.

Mais nous ne sommes pas ni aux USA, ni ailleurs, mais bien en République française laïque.

Il en va de même pour l’homophobie / la lesbophobie : il n’y a pas d’homophobie d’état en France et les policiers ne tuent pas sciemment et impunément des gays ou des lesbiennes.

Néanmoins l’homophobie / la lesbophobie sévissent toujours et des politiques publiques doivent être maintenues, développées, en concertation avec les associations et mouvements concernés.

 

A y regarder de plus près, il saute aux yeux que des groupes organisateurs et leur cortège dans la Marche, ne sont pas tant préoccupés par le racisme, mot / maux que nous devrions d’ailleurs mettre au pluriel : les racismes dont l’antisémitisme, discriminations et violences, que par ce qu’ils appellent  »islamophobie », aussi, la cause palestinienne et un rejet de l’occident et de ses valeurs.

 

-Comment marcher au milieu d’appels à la haine contre les FEMEN, contre CHARLIE, contre la laïcité, contre un prétendu lobby juif ?

-Comment marcher au milieu de drapeaux et mots d’ordre antisémites qui vont bien au-delà des appels au boycott d’Israël, soutien à peine voilé au terrorisme islamique du Hamas, à l’ »Intifada des couteaux » ?

Au prétexte que l’islam serait la religion des opprimé-e-s, (automatiquement renvoyé-e-s à une appartenance religieuse), tout est bon pour conforter le communautarisme et prendre fait et cause pour le religieux et tant pis si l’islam, comme toute religion, opprime les femmes et les minorités sexuelles, jusqu’à même les assassiner dans ses versions les plus radicales.

-Comment marcher derrière une ligne de femmes mises en avant comme un étendard, grossière récupération d’un « féminisme » instrumentalisé, alors qu’en réalité, personne ne se soucie des violences qu’elles rencontrent au sein de leur communauté et que ce sont les garçons qui ont le plus souvent affaire à la justice/police ?

-Comment accepter que Voltuan, soit bousculé parce que sur sa pancarte était écrit « All lives matters » et cautionner ainsi ce violent rejet de l’universalisme ?

 

-Dans quelle mesure les groupes féministes et LGBT qui cautionnent cette idéologique politique sont-ils conscients de conforter le sexisme et l’homophobie d’un communautarisme sectaire ?

-Dans quelle mesure les formations politiques telles qu’EELV ou le PCF et autres, qui s’associent sans état d’âme aucun, à des groupes, individu-e-s identitaires racialistes pour des raisons électoralistes, ont-elles conscience de favoriser l’avancée du Front National ?

Leur responsabilité est immense, pourtant, elles ne se demandent même pas pourquoi cette Marche nationale organisée pendant des mois, n’a pas mobilisé grand monde, 3000 personnes tout au plus.

Autain, Coronado, Plenel et les autres, à quoi jouent-ils, quel est leur intérêt personnel à cautionner cette mascarade ?

 

Comment s’associer à une Marche moins concernée par les problèmes de racisme et les solutions à apporter que par un esprit de vengeance, de division et de haine, au point de compromettre à tout jamais, toute possibilité de vivre ensemble ?

Et comment des personnes qui se disent de gauche, des intellectuels, des médias, peuvent-ils cautionner une telle manipulation, un tel dévoiement de l’antiracisme ?

 

Dans toute action politique les motivations des organisateurs sont primordiales. Pour rassembler contre le / les racismes, il faudra dépasser les clichés, écarter les mensonges, les malveillants, les antis républicains, les antis laïcs du PIR (Parti des Indigènes de la République*) Houria Bouteldja en tête, le rappeur Médine, Tariq Ramadan et les autres, et même y penser à deux fois avant d’invoquer Angela Davis (pro-prostitution, voile, islamiste…) qui si elle fut une militante de la cause noire aux USA, a pourtant cautionné Elridge Cleaver et les autres militants noirs qui revendiquaient tout de même : «La libération de l’homme noir passe par le viol des femmes blanches ».

L’antiracisme phagocyté par des islamo-gauchistes, avec la complaisance de trop de politiques et médias, est en réalité le meilleur allié de l’extrême droite. Il serait temps que tous les républicains et en particulier les féministes et les LGBT le réalisent pleinement car l’époque exige que nous nous rassemblions toutes et tous sans tarder, contre toutes les discriminations et violences, contre tous les racismes, pour partager avec bienveillance et respect les valeurs d’une république laïque qui loin d’être exemplaire, nous garantit au moins, un minimum de démocratie.

Christine Le Doaré

 

* Le PIR (Parti des Indigènes de la République) qui lui n’a pas milité pour la disparition du concept de race, ni pour l’universalisme !

« Comme il existe un rapport de force entre les races, le but de notre organisation est de le politiser pour le faire basculer en notre faveur ».

Ça a le mérite d’être clair, l’objectif du PIR est de remplacer une domination par une autre, pas d’en venir à bout.

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http://pek.blogs.com/pek/2015/11/la-dignit%C3%A9-cest-la-lutte-contre-toutes-les-formes-racisme.html

http://www.prochoix.org/wordpress/?p=661

http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9247

http://www.prochoix.org/wordpress/?p=667

 

Islamo-gauchistes, prenez-nous pour des cruches !

fanatiques_cabuLes masques tombent  et ça fait peur.

Il a longtemps été mal vu de qualifier d’islamo-gauchiste cette gauche qui se pique de vouloir libérer l’humanité en hiérarchisant les discriminations, en substituant l’islamophobie à la lutte contre le racisme, en rejetant toute critique de l’islamisme. Elle se prétend féministe, mais justifie l’oppression des femmes par le relativisme culturel.

A peine 3 mois après les attentats qui ont ensanglanté  la France,  les islamo-gauchistes multiplient les provocations et abîment la mémoire et les luttes de la gauche et du mouvement des femmes.

Les islamo-gauchistes sont des politiques qui à gauche sont complaisants avec des militants de l’islam politique et n’hésitent pas à nouer de dangereuses alliances. Ils estiment que les musulmans sont le nouveau prolétariat et donc un électorat à séduire. Les islamo-gauchistes, aussi intersectionnels et anticolonialistes attribuent donc une place à part à la religion et aux coutumes des populations musulmanes, victimes de l’état colonial français peu importe leur statut social. Et tant pis si cette religion opprime les femmes et méprise les personnes homosexuelles.

Un grand nombre de personnalités en vue dans les milieux politiques, universitaires, aussi dans les médias, comme Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Rokhaya Diallo, Pierre Tévanian, Christine Delphy, Houria Bouteldja, Eric Fassin, Clémentine Autain, Gaiss Jasser et tant d’autres, aussi au NPA, au MRAP, au PCF, chez les Verts, dans certains groupes LGBT, au STRASS, etc., tiennent des propos et développent des stratégies qui relèvent de l’islamo-gauchisme.

Certains ont participé au  «meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire » aux côtés du Parti des Indigènes de la République (PIR),  de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), d’Oumma.com, des Indivisibles, etc.

Le PIR crée en 2005 se définissait à ses débuts comme un mouvement antiraciste, c’était de bonne augure ; seulement voilà, au lieu de se consacrer à la lutte contre le racisme, il s’est enfermé dans une haine de l’occident, un anti-colonialisme revanchard, défendant l’islamisme, parlant de « philosémitisme d’état » et allant jusqu’à soutenir sans réserve, le Hezbollah et le Hamas. La réactionnaire UOIF est  farouchement opposée à l’avortement et au mariage pour tous.

Remarquez bien que ça n’a pas gêné les Jeunes communistes, le NPA, la Fondation Copernic, le PCF et tant d’autres, de figurer dans la liste des signataires de l’Appel au meeting ; certains comme EELV ont longuement tergiversé, finissant par retirer leur signature.

imagesOn est en droit de se demander où est passé le bon sens politique de cette gauche et de ces « féministes » bernées par les sirènes intersectionnelles, essentialistes et différentialistes.

Athées, mais assumant un paternalisme condescendant en associant aux femmes musulmanes des  pratiques religieuses sexistes et aliénantes ! En revanche, il est de bon ton de s’attaquer aux religions des « dominants » en oubliant opportunément que la communauté religieuse la plus persécutée aujourd’hui dans le monde, ce sont les chrétiens ! Hurlant pour les droits des Palestiniens, ignorant ceux des Syriens.

La colonisation a fait des ravages, mais toutes les sociétés patriarcales humaines ont une histoire conquérante d’invasions successives, de domination, d’exploitation et de violences. Beaucoup ont pratiqué l’esclavage, et les musulmans en premier. Mahomet a autorisé tout homme musulman à coucher avec ses esclaves, sans avoir à subvenir aux besoins des enfants nés de ces rapports (le plus souvent des viols).

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Comment expliquer l’aveuglement des LGBT islamo-gauchistes qui feignent d’ignorer l’homophobie des Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée coordinateurs du « Nous sommes les Indigènes de la République » et qui revendiquent  « Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations » et qui ont accusé Fadela Amara d’avoir appelé à l’émergence « d’un mouvement gay dans les quartiers » ?!

Houria Boutelja du PIR parle « d’homosexualité imposée » et « d’impérialisme gay » et n’hésite pas à affirmer que « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires». Pour Youssef Al-Qaradawi de l’UOIF,  l’homosexualité est une « une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ». Il pense aussi que tuer les homosexuels n’est « qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ».

quenelles manifpourtousphoto prise lors de la dernière Manifpourtous Paris (collusion des totalitarismes religieux).

Cette manière de revisiter jusqu’à la nausée les responsabilités de l’état colonial français, de favoriser des replis communautaristes et religieux, de fragiliser la laïcité, n’aident en rien à régler les problèmes.

Que la politique des banlieues soit un échec est une évidence, en revanche, vouloir nous faire croire qu’il y aurait aujourd’hui en France, des discriminations organisées par une République d’ordre colonial et raciste est un grotesque mensonge. Idéaliser les pays d’origine aussi.

Les islamo-gauchistes font la promotion du terme  »islamophobie » pour interdire toute critique de l’islam politique (salafistes, frères musulmans). Pourtant, c’est un droit fondamental dans une démocratie, de rejeter et critiquer toute doctrine, tout dogme religieux ou politique.

D’un côté le PIR et autres islamo-gauchistes, de l’autre le  Bloc identitaire d’extrême droite, morbide tenaille identitaire.

ob_2db35e_10351821-10152640238464074-23160325570 Photo prise lors des manifestations pro-Palestine de l’été 2014 à Paris Place de la République

Le pire encore en tant que féministe, c’est d’être confrontée  à des militants qui se disent de gauche et féministes et qui en guise de féminisme cautionnent un féminisme complaisant envers les injonctions sexistes de l’islam politique. Nombre de « féministes » intersectionnelles que je qualifierais d’islamo-gauchistes vantent les bienfaits du voile, hijab ou niqab alors que des femmes sont harcelées et emprisonnées pour ne pas le porter ailleurs, en Iran, au Qatar, en Arabie Saoudite …

Le féminisme ne s’accommode jamais à la sauce de l’oppresseur ! Il n’a jamais cautionné le mariage des adolescents, le mariage forcé, le port du voile, hijab ou niqab,  les certificats de virginité, … qui ne s’imposent qu’aux femmes dans le but de les contrôler et de les réserver à un « propriétaire ». Ces islamo-gauchistes valorisent les collectifs 8marspourtoutes, les groupes de femmes voilées, comme celui des mamans de Christine Delphy mais ignorent le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers qui résiste aux injonctions du Conseil du Culte musulman : « Le voile est une prescription qui recommande au Prophète de « dire à ses femmes, à ses filles et aux femmes des croyants » (Coran 33-59), de l’arborer pour la réserve qu’il leur impose ». Lecture littéraliste et patriarcale s’il en est. Si les femmes d’origine maghrébine du collectif d’Aubervilliers contestent le voile, ce n’est certainement pas par racisme, mais parce qu’il marque une inégalités entre les femmes et les hommes, dans l’espace public. Selon elles, il est un instrument de domination et de restriction de liberté : « Exigé dans les pays les plus conservateurs, il est toujours le premier acte d’autorité des djihadistes dans les villages conquis (Irak, Syrie, Mali, Nigeria…), que les femmes soient musulmanes ou non. Il est devenu leur étendard de par le monde. Il s’accompagne de la suppression de toute liberté pour les femmes. »

Le féminisme vise à l’anéantissement du système patriarcal pour émanciper les femmes et par là-même toute l’Humanité, pas à son aménagement pour satisfaire un pouvoir politico-religieux. Le mouvement de libération des femmes est universel et laïque, il noue des solidarités entre les femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences identiques de la domination masculine.

islamo-gauchistes

Le concept de « féminisme blanc » est une imposture d’autant plus révoltante que l’intersectionnalité des luttes à la sauce islamo-gauchiste ne sert qu’à noyer les revendications, droits et libertés des femmes dans d’autres agendas politiques.

A l’évidence, renvoyer la laïcité et les religions à la sphère strictement privée est la meilleure garantie pour les femmes de parvenir à l’égalité. Pourtant les islamo-gauchistes nous expliqueront bientôt que la religion des « opprimé-e-s » est progressiste, que la prostitution c’est très bien pour certaines femmes mais que d’ autres doivent être voilées, et que le féminisme « occidental » est plus dangereux pour les femmes racisées que les violences de la domination masculine !

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Christine Le Doaré

GAZA – Palestine – Israël, à quoi jouent tant de féministes ?

reuters

11 août 2014 actualisation

Dans ce texte, je n’ai jamais eu la prétention d’analyser ce conflit sous toutes ses formes, ni d’être exhaustive, simplement de proposer une grille de lecture féministe.
Je dénonce une lutte machiste incessante pour imposer une domination politique, religieuse, culturelle, sur une autre et ne remonte donc pas jusqu’à l’origine des temps pour établir des responsabilités entre les protagonistes, en général masculins.
Je n’ignore pas les méfaits des guerres de colonisation, (en gros l’histoire de l’humanité) , mais je trouve curieux l’auto-flagellation, en particulier en France, qui consiste à toujours pointer les torts des civilisations occidentales et gommer ceux des autres (Pourtant nos civilisations ont permis, même tardivement, des luttes d’émancipation des femmes et des minorités).
Par exemple, l’esclavage musulman qui a saigné l’Afrique noire, n’est que rarement mentionné et pourtant, une recherche sur Internet permet en quelques clics, d’en mesurer l’ampleur ;  d’autres formes d’esclavage subsistent aujourd’hui dans plusieurs régions du monde.
Je propose une toute autre grille de lecture puisque l’histoire n’est qu’une succession de luttes hégémoniques machistes pour asseoir un pouvoir et contrôler le monde.

 

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05 août 2014 actualisation.

J’ai été déçue par l’analyse de la situation à GAZA faite par la plupart des féministes qui se sont exprimées sur la question . A l’instar de groupes gauchistes et du PCF, elles semblent être restées figées dans les années 70 , nostalgiques d’une représentation fantasmée de la Palestine qui  ne correspond guère à la réalité actuelle.

Je n’ai pas compris pourquoi elles ne condamnaient pas avant tout l’instrumentalisation politique des religions, les motivations machistes de contrôle des populations par des hommes avides de pouvoir, l’obscurantisme, les violences en tous genres, la destruction.

Je n’ai pas compris pourquoi elles cherchaient à lire le conflit à travers des analyses « gauchistes » dépassées plutôt qu’à travers une grille de lecture féministe, encore moins pourquoi elles prenaient partie pour un camp ou l’autre, alors que les deux côtés manifestaient un acharnement à détruire l’autre ; comme si les guerres, en particulier lorsque politique et religion en sont le cœur, n’étaient pas toujours particulièrement préjudiciables, surtout aux femmes et aux enfants.

J’ai été déçue plus encore par celles qui ont traversé ce conflit meurtrier en réussissant à ne pas exprimer la moindre idée, sur la question.

Le mardi 5 août 2014, un cesser le feu est enfin entré en vigueur pour 72 heures et des négociations se sont ouvertes, Israël et le Hamas ayant enfin accepté la proposition de trêve du Caire. L’armée israélienne a retiré toutes ses troupes. Les dernières 48 heures avaient été particulièrement intenses, les palestiniens lançant leurs roquettes sur une douzaine de villes israéliennes et les avions israéliens menant des raids nourris. Israël a toutefois prévenu qu’elle répondrait à toute attaque.

Les négociations seront difficiles les exigences des belligérants étant inconciliables. Le Hamas demande notamment la levée du blocus, alors qu’Israël avance un impératif de sécurité et prétend que le Hamas dispose encore d’environ 3 000 roquettes. Israël exigerait également que la reconstruction de Gaza soit conditionnée à sa démilitarisation. Dans tous les cas, cette région est à feu et à sang et ce n’est pas là de s’arrêter.

Ce que je retiens de ce conflit sanglant c’est que depuis les années 70, la situation dans cette région a considérablement évolué. Il ne s’agit plus seulement d’une guerre entre deux protagonistes, au contraire, elle est menée par de nombreux acteurs qui agissent par procuration.

Les chiites et les sunnites s’affrontent en Irak, en Syrie, au Liban ; des régimes arabes « autoritaires » sont en guerre avec des islamistes (200 000 syriens tués) ; un conflit intra-sunnite déchire l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Egypte et la Turquie. Toutes ces luttes hégémoniques expliquent aussi pourquoi le Hamas soutenu par l’Iran, (la Turquie et le Qatar),  s’attaque à Israël, dans la bande de Gaza. Se faisant, lui et ses alliés s’attaquent indirectement à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite.

La droite israélienne au pouvoir se comporte quant à elle, de manière inqualifiable, nourrit le terreau du terrorisme (même s’il n’a guère besoin d’encouragements), et par ses frappes disproportionnées et non maitrisées à tué sans raison un nombre hallucinant de civils dont des enfants. La seule explication et non excuse, acceptable, étant son isolement dans cette région du monde.

C’est aussi pourquoi il est urgent de comprendre que le conflit entre la Palestine et Israël dépend aussi des luttes qui déchirent les arabes et les musulmans entre eux.

Ce cesser le feu, qui probablement ne durera pas,  est un soulagement ; en revanche, le peu d’autonomie et de secours du féminisme pour proposer des alternatives crédibles d’interprétation et de résolution des conflits guerrier de ce monde, est accablant.

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J’ai écrit cet article le 21 juillet 2014.

Le 31 juillet, 10 jours plus tard, je constate que les manifestations partisanes , en particulier à Paris, pour soutenir un camp et ses exactions ou l’autre, n’ont abouti à rien de positif. Ce sont les civils, otages sacrifiés,  qui continuent de payer le prix fort. Un massacre insoutenable pendant que le Hamas continue ses frappes acec des lance-roquettes disséminés au milieu de la population, accolés aux édifices de l’ONU et qu’Israël bombarde des habitations, des écoles où est entreposé du matériel militaire mais aussi où trouvent refuge des civils.

La seule option depuis le début consistait bien à exiger un cesser le feu inconditionnel et immédiat, à demander ensuite la reconnaissance de deux états sécurisés. Comme à Paris, gesticuler dans des manifestations appelant essentiellement au boycott d’Israel au milieu de reproductions de fusées recouvertes de croix gammées, de drapeaux djihadistes, aux cris de morts aux juifs de ceux qui brûlent des drapeaux israéliens, etc. n’est pas glorieux ; les gauchistes et le PC notamment, qui ont fermé les yeux dans la plus grande démagogie, n’en sortent pas grandis. L’Humanité avec ses dossiers « Gaza mon amour » fait preuve d’un intérêt sélectif troublant pour la bande de GAZA.

Ne pas  dénoncer avant tout, que les deux protagonistes (et tous les autres indirectement impliqués) sont dans une logique hégémonique de domination et de puissance machiste, ne pouvait mener qu’à ce résultat.

Je rejoins l’analyse de Claudie Lesselier, elle aussi féministe, laïque, de gauche, même si elle fait l’économie d’une lecture féminsite de la situation et ne remarque pas que cette situation relève directement de la domination masculine.

http://www.mpctasso.org/spip.php?article1317

 

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Ce conflit plus que tout autre, est révélateur de l’incapacité de féministes à se détacher des idéologies dominantes, aussi machistes soient-elles.

Palestiniennes et israéliennes subissent, comme leur peuple, les conséquences du conflit qui enflamme périodiquement la région, mais elles sont également opprimées par les hommes de leur groupe.

A Gaza comme tout un chacun, les femmes sont touchées par des conditions de vie déplorables, les restrictions et contrôles du blocus israélien, mais aussi par la main mise du Hamas et son incurie, l’endoctrinement politico-religieux de leurs enfants, leur soumission à la charia.
Elles sont terriblement discriminées, ne travaillent pas (à peine 10% de la population qui travaille), subissent des violences conjugales et sexuelles comme partout ailleurs, n’ont aucun contrôle sur leurs droits reproductifs (l’avortement y est interdit), etc.

En Israël la situation des femmes est beaucoup plus hétérogène mais l’influence du religieux s’étend et enferme de plus en plus de femmes dans des traditions d’un autre âge.

Ce conflit résulte de l’une des pires horreurs de de l’humanité : la Shoah.

(Je sais bien que l’idée de la création d’un état juif en Palestine remonte aux environs de 1890 avec la naissance du mouvement sioniste (retour en terre sacrée) ; mais je m’intéresse ici à la création, par l’ONU en 1947,  de l’état d’Israël, proclamée en 1948, après la partition de la Palestine (terre promise aux juifs en 1917 et aux arabes en 1915 par le RU !).
Je fais bien référence à la découverte en 1945 des horreurs de l’Allemagne nazie, à l’histoire de l’Exodus, au partage de la Palestine en deux états par l’ONU en 1947 et à la déclaration de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948 (attaqué dés le lendemain par les arabes qui refusent le plan de l’ONU).
Les combats s’arrêteront en 1949 et l’Etat d’Israël en sortira conforté.)

Déculpabiliser de l’holocauste, réparer en créant un état juif sur ce territoire déjà témoin d’un lourd contentieux entre arabes et juifs, comment douter un seul instant, que cela ne se ferait pas sans une forte opposition  ?
Une compétition inégale pour la suprématie était à l’évidence en germe, dans le projet de création de l’état d’Israël.

Une coexistence pacifique n’était pas pour autant exclue, mais peu crédible, tant notre civilisation regorge d’exemples désastreux de l’incessante lutte de pouvoir virile visant à contrôler toujours plus de terres et de richesses, en dominant femmes et enfants toujours utiles pour perpétrer à l’infini, cette soif de puissance et de supériorité machiste.

L’instrumentalisation politique des religions est l’outil le plus performant pour parvenir à de tels fins et l’Histoire en atteste, les femmes en ont toujours été les premières victimes.

Alors historiens, sociologues et politiques expliqueront à leur façon la genèse, les rivalités et attaques successives du conflit, mais il est possible de résumer la situation à un bras de fer viril pour imposer sa religion, sa culture, ses valeurs à l’autre, l’étranger, différent et donc ennemi.

Israël s’est désengagé de la Bande de Gaza en 2005.

S’y s’entassent 1,7 million de personnes, qui vivent sous blocus israélien depuis 2006/2007, après perpétration par le Hamas d’un coup d’état contre l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas et instauration de la charia.
C’est donc le Hamas, organisation totalitaire terroriste qui contrôle et radicalise ce territoire. Sa gestion est indigente, sans les dons d’associations humanitaires et de pays « amis », la situation sociale et sanitaire de ce territoire, serait pire encore.
Le Hamas et la quinzaine d’organisations rivales salafistes ou jihadistes de Gaza n’ont pas déclenché cette guerre et ne refusent pas le cesser le feu proposé par l’Egypte, sans raison.

Ils savent bien qu’ils vont perdre sur le plan militaire, Tsahal est plus forte, même s’ils sont mieux équipés et préparés que les observateurs pouvaient le penser : les tirs de roquettes soutenus malgré les bombardements prouvent une organisation efficace, des munitions en nombre, des tunnels et souterrains où se terrent les chefs de guerre.
En l’absence des batteries anti-missiles israéliennes « dôme de fer » qui interceptent 90% des roquettes, les dégâts seraient probablement prodigieux en territoire israélien.
Ce qui intéresse le Hamas c’est de gagner sur le plan politique.

Il se sert des Gazaouïs qu’il fait tuer par Israël, il les fanatise ensuite d’autant plus facilement.
Il sait pertinemment que Tsahal pour parvenir à anéantir les lance-roquettes, entrepôts d’armes et responsables du Hamas disséminés volontairement dans les zones surpeuplées, va tuer de nombreux civils, y compris des enfants.
Il s’en moque, il n’a construit aucun dispositif de protection civile, aucun abri où se réfugier pendant les bombardements, il aime les martyres.

Les enfants, il les enrôle, il les utilise comme boucliers humains.
Qui n’a pas vu cette vidéo où des centaines d’enfants en uniforme, armés jusqu’aux dents, s’entraînent à haïr les juifs « parce qu’ils sont des animaux » ; où un militant du Hamas empoigne un gosse pour traverser une zone sous le contrôle d’un sniper israélien ?
* 1. Vidéo : Le Hamas et les enfants gazaouïs « Where is UNICEF ? »

Le président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas, a tenté en vain, d’obtenir un cesser le feu en parlementant avec des représentants du Hamas et du Palestinian Islamic Jihad.
Abbas a ensuite rencontré le premier ministre turc Recep Erdogan pour lui demander d’intercéder en faveur du cesser le feu, toujours sans succès.
La Ligue arabe a soutenu le cesser le feu égyptien mais le Hamas n’en a cure et décide seul, du sort des Gazaouïs car son intention clairement affichée est bien la destruction pure et simple de l’état d’Israël : «Avant de mourir Israël doit être humiliée et dégradée. » Khaled Mechaal – chef du Hamas (Al Aqsa TV, 2008)

De son côté, Israël a un gouvernement de droite depuis trop longtemps.
Le moins que l’on puisse dire est que ce gouvernement ne facilite pas le rapprochement des deux peuples, nombre de ces choix sont condamnables.
Il viole délibérément les accords de paix, cautionne voire organise une expansion constante des colonies israéliennes et peine à contrôler sa droite dure et ses extrémistes religieux.

L’offensive terrestre, même pour détruire les tunnels très dangereux pour Israël, même après le refus du cesser le feu par le Hamas, était une erreur.
Le risque de provoquer un carnage dans la population civile était beaucoup trop grand.
Pour défendre sa population des tirs de roquettes, Israël ne pourra pas justifier la mort de tant de civils, en particulier d’enfants, même si les Gazaouis sont beaucoup plus inféodés au Hamas qu’il y a quelques années.

Déjà en 2006 la riposte israélienne à une agression terroriste était disproportionnée, et ce même si en réalité, il ne s’agissait déjà plus de se défendre contre des armes « artisanales » mais bien contre des armes meurtrières fournies en nombre par l’Iran.
Depuis, le Hamas et son rival, le Djihad islamique, ont renforcé leur arsenal (roquettes iraniennes Fajr 3 et 5 et obus mais aussi missiles dernier cri, M-302 iraniens fabriqués en Syrie et missiles R-160 et Grad), de quoi atteindre la totalité du territoire israéliens.

On comprend bien pourquoi Israël tient à anéantir cet arsenal et les organisations totalitaires qui les détiennent, mais l’offensive terrestre avec un nombre aberrant de civils tués, fait le jeu de ces organisations et personne ne peut tolérer autant de civils tués.

Avec un peu de recul et une lecture féministe de la situation, il saute aux yeux que toute cette énergie guerrière, toute cette violence machiste relève purement et simplement de la domination masculine.
Alors je m’interroge quand je vois des féministes contribuer à exporter ce conflit en France, se ranger derrière l’un ou l’autre camp plutôt que de favoriser exclusivement l’étude d’un plan de paix équitable et durable, et plus encore, de ne pas s’intéresser à ce que les femmes israéliennes et palestiniennes pourraient faire ensemble pour résoudre ce conflit.

Pourquoi certaines féministes défilent-elles derrière des banderoles : « soutien total à Gaza » ? Soutenir Gaza en bloc, n’est-ce pas aussi soutenir l’autorité terroriste qui la manipule ?
Pourquoi certaines prennent-elles le risque de se mêler aux islamo-fascistes  et relayent cette fable grotesque d’un « génocide à Gaza », alors qu’il n’y a aucune volonté d’éradication ethnique de la part d’Israël et que la notion de génocide répond à des critères juridiques très précis ?

*2: IL faut lire l’analyse d’ Ayala Prager”The semantics of conflict: GAZA and the myth of genocide”, sur son blog The girl makes noise.

Pourquoi à l’inverse, d’autres soutiennent-elles d’une seule voix le gouvernement Netanyahu, allant même parfois jusqu’à cautionner les actions intolérables de la Ligue de Défense Juive et du Betar en France ?

Une banderole : « Cesser le feu immédiat – paix ! « ou « stop bombardements sur Gaza et roquettes sur Israël – paix ! « ou encore, un cortège féministe « femmes palestiniennes et israéliennes pour une paix durable », tout plutôt que Palestine ou Israël vaincra, je comprendrais.

Le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud dans son article * 3 « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine » est tellement plus cohérent quand il écrit : « D’abord non à la « solidarité » sélective. Celle qui s’émeut du drame palestinien parce que se sont des Israéliens qui bombardent. Et qui, donc, réagit à cause de l’ethnie, de la race, de la religion et pas à cause de la douleur. »
A côté, le PCF, avec son soutien inconditionnel à la Palestine, qui fait comme si rien n’avait changé depuis 2006/2007, m’inquiète beaucoup.
J’ai l’impression que s’il a évolué sur beaucoup de points, sur celui-ci, il trempe toujours dans son bain de formol.

La situation est éminent complexe.

Espérer un rapprochement entre les deux peuples, la reconnaissance internationale d’un état palestinien avec à sa tête un gouvernement démocratiquement élu, le Hamas et tous les groupes totalitaires désavoués, tout ceci semble bien relever de l’utopie pour l’immédiat.
Dans tous les cas, cela ne se fera pas à coups de soutiens partisans ni d’incantations à la paix.

Les accords d’Oslo avaient apporté l’illusion d’une paix entre deux états.
Mais l’objectif du Hamas est on ne peut plus clairement écrit dans sa chartre : anéantissement d’Israël et l’assassinat des juifs.
Il est certain que donner un état au peuple arable palestinien n’est pas sa priorité.

En outre, en Syrie, en Algérie, au Nigéria, en Irak, au Soudan, au Liban, etc. Israël n’est pas en cause, les massacres sont intra-islamiques.
Cette logique mortifère, il est temps que les arabes eux-mêmes la dénoncent, c’est d’ailleurs ce que tentent de faire, en nombre insuffisant, l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, Boualem Sansal, Malek Chebel et quelques autres.

Difficile d’être aussi crédule aujourd’hui, difficile d’imaginer mieux qu’un cesser le feu et son contrôle imposé par les autorités internationales.

Difficile aussi de ne pas être choquée par la différence idéologique faite entre toutes les victimes des guerres et des conflits.
L’indignation sélective française a quelque chose d’indécent : un quasi silence face aux centaines de milliers de morts en Syrie, mais un quartier de Paris mis à sac pour les morts palestiniens ?

Des féministes prêtes à défiler au milieu de femmes voilées exhibées par des propriétaires arborant un T-shirt : Émirats Arabes devant et Boycott Israël derrière, mais qui n’ont jamais organisé le moindre défilé contre le féminicide des femmes dans le monde ?

Confrontées à un conflit sanglant il semble bien que trop de féministes figent le temps, la zone de conflit et se rangent derrière les idéologies dominantes, un peu comme si le féminisme ne leur servait plus à rien, ne constituait plus un projet de société universel et intemporel.
Tout semble indiquer que dans un tel contexte, le féminisme cesse d’être une grille de lecture et d’analyse, n’offre plus une solution globale de vie en société.
Des gouvernements réactionnaires ou totalitaires, non paritaires, non féministes, imprégnés de dogmatisme religieux, qui mènent à des impasses d’antagonismes, ne sont tout d’un coup, plus dénoncés.
Voici qui est particulièrement grave et désespérant, plus encore que la somme de toutes les victimes des conflits subis par l’humanité depuis son origine.

Des puissances machistes successives s’emploient à mettre à feu et à sang une région du globe après l’autre depuis la nuit des temps, il serait temps d’en prendre vraiment conscience et de proposer d’authentiques alternatives féministes avant que l’humanité ne soit plus qu’un souvenir.

Christine Le Doaré

* 1. Vidéo : Le Hamas et les enfants gazaouïs : « Where is UNICEF ? » : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10152628481158938&id=749633937    

 

*2: Ayala Prager”The semantics of conflict: GAZA and the myth of genocide”, blog : The girl makes noise : http://t.co/7JiMj8KQM0    

 

*3 Par le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud « Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine » : http://www.medias24.com/tr13202Ce-pourquoi-je-ne-suis-pas-solidaire-de-la-Palestine.html

Crédit photo : Finbarr O’Reilly/Reuters)


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