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Quel-le présidentiable aura le courage de le dire ?

feminisme-1Les gouvernements de gauche ne peuvent tout simplement plus honorer leurs promesses électorales, en particulier celle de l’inversion de la courbe du chômage. Les candidats de gauche, les élus et politiques de gauche le savent, mais n’ont pas le courage de le dire.

Alors,

  • Les populistes, de gauche comme de droite, surfent sur la colère des citoyen-ne-s mécontent-e-s, leur font miroiter des rêves chimériques de sauveur providentiel et de grand soir. Pourtant, chacun-e le sait : aucune révolution ni gouvernement d’extrême gauche n’a jamais tenu ses promesses (Grèce,…) ni même instauré de démocratie (Cuba, révolutions arabes,…) ; tout gouvernement d’extrême droite, amplifie les divisions, accélère les exclusions, attise les haines et finit par mener au chaos.
  • La droite tente de nouveau de séduire les citoyen-ne-s mécontent-e-s qui savent pourtant, qu’invariablement, elle avantage la finance et les classes aisées ainsi que les valeurs conservatrices.

Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que si les promesses électorales pouvaient être tenues et garantir aux candidats de conserver leur siège, elles le seraient.

La vérité c’est que la courbe du chômage ne s’inversera plus. Les énergies fossiles vont s’épuiser, les moyens de production ont changé, le digital/numérique et la robotisation finiront d’ici quelques décennies par réduire à sa portion congrue, le nombre de salariés.

Les seuls exemples de quasi plein emploi cachent une myriade de postes non qualifiés tenus par des travailleurs pauvres qui s’épuisent dans des activités ni gratifiantes ni rémunératrices.

 

Je pense désormais que ceux qui se font élire en promettant l’impossible favorisent le populisme, mettent en danger la démocratie. L’échec ne pouvant se reproduire indéfiniment, nous arrivons au bout du mensonge et plus significativement du capitalisme mondialisé insuffisamment régulé qui ne survit qu’en exploitant toujours plus (délocalisations) et en surproduisant. Une sorte de spirale infernale.

Pour éviter le pire, c’est-à-dire la menace tout à fait sérieuse de régimes fascisants, qu’ils soient d’extrême droite ou de nature politico-religieuse (islamiste, etc.), et de guerres civiles, je ne vois que trois voies dans lesquelles s’engager sans tarder.

 Premièrement : Une transition écologique bien pensée pour produire et consommer autrement : il est grand temps de cesser d’enrichir des industries qui surproduisent et détruisent l’environnement à grand renfort de publicité, pour s’orienter vers des besoins authentiques pour le plus grand nombre. A ces fins, il sera nécessaire de créer de nouveaux métiers, de nouveaux emplois qui seront utiles et agréables aux êtres humains, au vivant, à notre environnement.

Deuxièmement : Une économie régulée, sociale, qui disqualifie les mauvaises pratiques (exploitation, surproduction, pollution, etc.) et valorise tout ce qui favorise la transition écologique. Une économie au service d’un projet de société et non pas d’une poignée qui tient en otage toute une civilisation, toute une planète et la détruit peu à peu. A l’évidence, de moins en moins de gens auront demain la chance d’exercer un travail au sens où nous l’entendons aujourd’hui. La seule solution acceptable consiste donc à envisager le travail d’une toute autre manière : accepter qu’il se distribuera autrement, que des gens pourront ne pas exercer d’emploi salarié de manière continue ; fournir à celles et ceux qui seront sans emploi toute ou partie de leur vie, les moyens financiers de subvenir à leurs besoins en échange d’activités bénévoles utiles à l’ensemble de la société ; former aux métiers de demain ; etc. Dans tous les cas, cesser de faire du travail une valeur centrale (et sacrée) à la réussite d’une vie humaine.

Troisièmement : Une République laïque et féministe qui :

  • retrouve le sens de sa devise « Liberté, égalité, fraternité/sororité » ;
  • laïque, rassemble au lieu d’exacerber les communautarismes et d’encourager l’islam politique (salafistes/frères musulmans…) ;
  • disqualifie les extrêmes et intégrismes de tout poil.

Une société fière de ses valeurs républicaines qui :

  • place l’humain et le vivant au cœur de son projet, encourage le respect de l’autre et de ses différences,
  • questionne pour les dépasser les rapports de domination et de pouvoir, instaure une égalité réelle entre les femmes et les hommes,
  • abolit les discriminations et les violences de toute nature.

Une société féministe en fait.

 

Etant donné la situation politique mondiale actuelle, tout autre projet politique risque bien de conduire, à plus ou moins long terme, l’humanité à sa perte.

Nous devrions cesser d’encourager les égos des hommes (et rares femmes) politiques, absorbés par leur soif de reconnaissance et de pouvoir personnel. Nous devrions exiger des candidats qu’ils s’abstiennent des vaines promesses mais s’engagent pour le seul projet de société réaliste et viable qui soit : une transition écologique sociale, laïque et féministe.

Ce projet politique n’est hélas pour l’instant incarné par personne ni par aucun parti de manière crédible. Les écologistes, gangrénés par les islamo-gauchistes, « travailleurs du sexe » et autres inconséquents, s’occupent de tout sauf d’écologie ; les féministes sont dispersées, affaiblies par la récupération et le dévoiement des fondamentaux du féminisme.

Alors à défaut de voter pour le seul programme qui vaille, je voterai une fois de plus pour celui qui au moins défendra le mieux les valeurs républicaines, et surtout pour éviter le pire.

Il faudra pourtant qu’un jour prochain, des politiques sincères, animéEs par l’intérêt général, l’émancipation des êtres humains et la sauvegarde de notre environnement, mènent à bon terme un véritable projet de société écologique, social et féministe.

Christine Le Doaré

 

Quand déni rime avec populisme

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La version Rue 89 de ce même article : « Les femmes étrangères rêvent de devenir putes, c’est ça ? »
http://www.rue89.com/2013/10/12/les-femmes-etrangeres-revent-devenir-putes-cest-ca-246484

Quand un universitaire associe PS et FN pour défendre le système prostitueur

En matière de prostitution, envahissantes sont les tribunes complaisantes écrites par des intellectuels ou des artistes appelés en renfort par le bruyant lobby réglementariste.
Mais je crois bien que nous pouvons décerner la palme de la tribune la plus inquiétante à Lilian Mathieu, sociologue et directeur de recherche au CNRS. Jugez plutôt : « Avec le PS, la préférence nationale commencera-t-elle par le tapin ? » sur Rue 89, ce mardi 8 octobre 2013.
Associer PS et FN pour défendre le système prostitueur, à ma connaissance, personne n’y avait encore pensé.

Quelle objectivité peut bien avoir sur cette question, l’auteur qui tente de démontrer que la proposition de loi abolitionniste déposée par la Délégation aux Droits des Femmes de l’Assemblée Nationale s’apparente à l’idéologie du Front National ?
La proposition de loi abolitionniste de la prostitution a mis les réglementaristes aux abois et mobilise leurs alliés intellectuels, people et médias.
Dodo, Antoine, Frédéric, Lilian et les autres nous rappellent les uns après les autres, que des hommes tiennent à leurs archaïques privilèges, s’accrochent dur comme fer, non pas au « plus vieux métier du monde » mais bien à la plus vieille et sexiste exploitation : la prostitution. Quelle superbe arnaque patriarcale tout de même que cet esclavage qui a la peau dure.

Lilian Mathieu sait pourtant qu’il n’y a pas plus de « droit à baiser » que par exemple, de droit à l’enfant, même en payant. Il sait aussi que la proposition de loi abolitionniste constitue un progrès, qu’elle est respectueuse des personnes et permettra d’avancer vers l’égalité, de mieux lutter contre le sexisme et les violences sexuelles. *1.
Abolir progressivement l’une des violences les plus préjudiciables que la domination masculine ait jamais imposée aux femmes, enfants et quelques hommes, la société toute entière y a intérêt et ça, Lilian Mathieu le sait pertinemment.
Il ne peut ignorer que les réglementaristes font très peu de cas des femmes victimes de la prostitution, utilisées mais stigmatisées et méprisées par des générations d’hommes.
Il sait que les seules personnes qui combattent les violences du système prostitueur qui engrange d’énormes profits criminels sur le dos des femmes, sont les abolitionnistes.

Il n’a guère d’arguments à opposer aux mesures proposées mais son intention est de discréditer le projet.
Quoi de plus efficace que de prétendre que les prostitué-e-s étranger-e-s seraient discriminé-e-s par le projet de loi, elles, si heureuses d’être sous la coupe des réseaux !
Dans cette période politique plutôt trouble, un peu de surenchère populiste devrait passer inaperçue et l’idéal, pour frapper les esprits, serait tout de même de parvenir à associer PS avec FN.

Premier artifice, commencer par jeter le doute sur le pourcentage de femmes étrangères en situation de prostitution pour mieux laisser à croire que ce serait le ministère de l’intérieur motivé par la chasse aux sans papiers, qui aurait initié ce projet. Je pense que toute la Délégation au Droit des Femmes de l’Assemblée Nationale qui a déposé la proposition et les abolitionnistes de tous bords politiques qui défendent ce projet, vont apprécier cet argument !
Si Lilian Mathieu arpentait comme les associations qui s’intéressent aux personnes prostituées, les lieux de prostitution ou les sites de petites annonces Internet, il aurait constaté que les prostituées sont dans leur écrasante majorité, et depuis déjà longtemps, des femmes étrangères exploitées par un proche ou un réseau, induites en erreur et conduites sur les lieux de prostitution où elles ne restent qu’un moment avant d’être déplacées ailleurs.
Que ce pourcentage soit de 85, 90 ou 95 % n’y change d’ailleurs pas grand-chose.

Ensuite, tenter de réfuter l’évidence : l’oppression et l’exploitation des femmes ne relèveraient pas de la domination masculine !
Vous l’ignoriez peut-être, mais sachez-le, les femmes étrangères prostituées sont venues s’échouer sur nos trottoirs de leur propre chef ! Voyez-vous ce n’est pas comme les hommes qui rêvent de devenir géomètre, maçon, prof, ou kiné, non, non, les femmes étrangères elles, rêvent de devenir « putes » !
Les macs, les réseaux, la traite, tout ça, n’existe pas, pur fantasme féministe que ce système prostitueur !
Pas de doute, Lilian Mathieu est un sociologue auquel le patriarcat doit beaucoup.

Bien sûr il est utile de feindre d’ignorer les différences entre les 3 régimes*2. existants en confondant prohibition et abolition. Surtout passer sous silence, les mérites de l’abolition qui en inversant la charge pénale sur les clients, aide les prostitué-e-s à se défendre contre des clients violents, puis grâce aux mesures d’éducation et de responsabilisation des clients, parvient progressivement à l’égalité et à une autre conception des relations femmes-hommes.

Malgré tout, Lilian Mathieu est contraint de reconnaître que le projet propose bien des mesures sociales aux personnes prostituées, mais cette partie de la tribune est à dessin embrouillée, et selon lui, le fait de sortir des réseaux, de bénéficier d’une régularisation et de pouvoir exercer une autre activité, constituerait alors une sévère injustice car ces pauvres femmes étrangères ne pourraient plus se prostituer, contrairement aux françaises !

Mais dans quel monde vit donc Lilian Mathieu ?
Imagine-t-il vraiment que les femmes prisonnières de proxénètes ou de réseaux mafieux qui les exploitent, choisiront cette prison ? Sait-il ce qu’est un camp de dressage, a-t-il la moindre idée des menaces qui pèsent sur ces femmes qui s’acquittent le plus souvent d’une dette et dont la famille est menacée de mort au pays ?
Pense-t-il que les femmes françaises s’éclatent dans la prostitution ? Ignore-t-il que la plupart d’entre elles ont vécu des violences sexuelles, que des rapports sexuels répétés et sans aucun désir, la peur au ventre, occasionnent d’innombrables douleurs physiques et psychologiques, et que toutes les femmes pour se prostituer se réfugient dans la dissociation ? Doute-t-il vraiment que l’écrasante majorité d’entre elles souhaite en sortir et ne plus jamais en entendre parler ?
Les femmes doivent être de bien étranges créatures pour Lilian Mathieu !

Enfin, comme une cerise qui aurait eu le temps de pourrir sur un gâteau bien rassis, la chute de ce texte dangereux, tombe. Les mesures proposées reviendraient « à appliquer sur le « marché du sexe », la revendication du Front national : la préférence nationale réservant aux seuls nationaux une activité fermée aux étrangers » !
Oui, oui, vous avez bien lu ! Voici ce qu’écrit un universitaire sollicité par le lobby pro-prostitution. Un bel exemple de supercherie intellectuelle.

Ce qui échappe à Lilian Mathieu, c’est la finalité de cette proposition qui vise à progressivement fermer « le marché » de la prostitution.
La sexualité ne peut être soumise aux marchés financiers. L’esclavage sexuel, ni dans la conjugalité, ni dans la prostitution, n’est plus admissible.
Enfin, le principe d’indisponibilité du corps humain doit être réaffirmé. Même le libéralisme ne peut tout vendre et tout acheter.
Il n’y a donc pas de « marché du sexe », ni de » travailleurs du sexe », mais un privilège patriarcal qui à terme disparaîtra et des personnes victimes d’une exploitation et de violences sexuelles que cette proposition de loi vise à protéger.
Certes des femmes « françaises » dont beaucoup sont pauvres et racisées, pourront continuer de se prostituer si elles le souhaitent, de moins en moins nombreuses et de moins en moins longtemps, nous l’espérons. Mais ce n’est en rien un privilège et nous verrons bien combien feront le choix de continuer alors que des alternatives et des aides leur seront proposées.
Quant aux femmes étrangères, si elles y sont encouragées, il y a fort à parier qu’elles dénonceront leur réseau et choisiront une alternative à la prostitution.
C’est bien mal connaître la réalité de la prostitution que de prétendre le contraire. Ces femmes ne sont pas venues sur nos trottoirs de leur plein grés, elles ont été trompées, elles sont captives (leurs papiers leur sont retirés), elles subissent des violences.

Ce texte démagogique et emprunt de populisme, produit par un sociologue censé encadrer des travaux de recherche, est inquiétant. Un sociologue n’est-il pas au moins supposé questionner les idées reçues sur la sexualité, les rapports sociaux de sexe, la domination masculine ?
Le projet abolitionniste est un projet d’émancipation qui relève de la défense des droits humains, et en particulier, des droits des femmes ; défendre de manière aussi consternante un système d’exploitation et de domination qui a fait son temps, n’honore pas l’université française.

Christine Le Doaré

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*1. La proposition de loi a pour objectif d’adopter une politique globale et cohérente pour abolir progressivement l’une des violences les plus préjudiciables que la domination masculine ait jamais imposée à l’égard des femmes, des enfants et de quelques hommes.
Toutes les personnes prostituées y ont intérêt, celles qui vont arrêter comme celles qui vont continuer ; ce que les rédacteurs de la proposition leur disent c’est :
– nous savons que la violence est inhérente à l’activité prostitutionnelle (Le taux de mortalité des personnes prostituées est terriblement élevé comparé à celui du reste de la population), nous voulons cesser de faire des victimes les coupables et abroger le délit de racolage…
– nous voulons que les personnes prostituées aient un meilleur suivi en matière de santé, pas uniquement sous l’angle de prévention des IST, mais dans une approche globale de santé sexuelle, physique et mentale, selon la définition de l’OMS…
– nous voulons permettre à celles et ceux qui le souhaitent, de se réinsérer grâce à un arsenal social de mesures d’aide à la formation, au logement…
– nous voulons permettre à celles et ceux qui sont étrangers, d’être régularisé-e-s par un titre de séjour, s’ils sortent de la prostitution …
– nous allons renforcer la lutte contre la traite et le proxénétisme, confisquer les biens du proxénétisme pour qu’ils bénéficient à leurs victimes et les aident à se réorienter…
– nous allons adopter des politiques de prévention au risque prostitutionnel et d’éducation à l’égalité et contre le sexisme….
– nous allons responsabiliser les clients prostitueurs et pas seulement lorsque les prostitué-s-s sont mineur-e-s ou en situation de vulnérabilité, et instaurer un délit pour sanctionner tout acte d’achat sexuel.

*2 : trois régimes
– réglementariste, comme en Allemagne ou aux pays bas, qui en légalisant le « travail du sexe », dépénalise le proxénétisme et laisse les marchés criminels envahir le pays au point de ne plus pouvoir rien contrôler
– prohibitionniste qui interdit toute prostitution et pénalise clients comme prostitué-e-s
– abolitionniste qui interdit le seul achat d’acte sexuel mais dépénalise le racolage

L’article de Lilian Mathieu : http://www.rue89.com/2013/10/08/prostitution-ps-reprend-preference-nationale-chere-fn-246404

Manipulation, calomnies et menaces, pourquoi sont-ils indignes ?

Manipulation, calomnies et menaces, pourquoi les activistes réglementaristes de la prostitution sont-ils indignes ?

Exprimer son opinion, fourbir ses arguments, dialoguer, c’est sain. En revanche, désinformer, manipuler, diffamer, calomnier et brutaliser, c’est grave et ce n’est pas sans raison.

C’est vrai, la question de la prostitution génère crispations et passions déraisonnées. Oui, mais pourquoi ? Il n’est plus temps de constater, mais bien de comprendre et dénoncer les enjeux véritables de la prostitution. Ces enjeux éclairent les comportements des activistes réglementaristes, qui emploient des méthodes discutables pour parvenir à leurs fins.

Quels sont donc les véritables enjeux de la prostitution ?

Système prostitutionnel et système patriarcal, un combat féministe : Il est raisonnable de penser qu’une société construite sur la domination masculine s’est arrangée pour garantir aux hommes, l’accès aux corps de femmes aux fins de soulager plus que des « besoins sexuels », des besoins de domination. La prostitution n’est pas récente, gageons que sans le rapport de domination séculaire entre les femmes et les hommes, elle n’aurait jamais existé. En effet, même si 20% des prostitué-e-s sont des hommes, les clients eux, restent à 99% des hommes. Comment parvenir à une égalité entre les sexes tant que les hommes pourront se passer de relations égalitaires et forcer en le payant, le consentement d’une femme – ou d’un homme d’ailleurs – ?

Tant qu’une seule femme reste sexuellement accessible, non pas par désir, mais parce qu’elle fait commerce de son sexe, elle suggère que toutes les femmes pourraient en faire autant et compromet l’avènement d’une société d’égalité. Les tenants de la réglementation de la prostitution sont le plus souvent, les mêmes qui réclament la GPA (Gestation pour autrui) ; aussi ceux qui, au nom d’un principe de réalité, distribuent des capote, certes pour éviter la contamination des prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et de facto entretiennent et confortent le système prostitutionnel. Il semble bien, que consciemment ou non, ils contribuent à maintenir les privilèges du système patriarcal. Que font-ils si ce n’est garantir aux hommes que les femmes restent et sans aucun danger pour eux, à leur service, pour baiser, pour fabriquer des enfants, etc.

Les activistes réglementaristes conseillés par les « ultragauchistes», toujours prompts à brouiller les cartes, ont su infiltrer le mouvement féministe et convaincre quelques unes que les « prostitué-e-s sont heureuses et libres » de l’être, que la prostitution ne disparaîtra donc jamais et qu’il vaut mieux mettre des pansements sur la gangrène plutôt que d’amputer. C’est vrai, quelques unes l’ont « choisi », même si de plus en plus d’études le révèlent, nombreuses sont celles et ceux qui ont subi l’inceste et d’autres violences sexuelles dans l’enfance. Il y a donc ceux qui en rajoutent une couche et les encouragent à se maintenir dans le système prostitutionnel, et les abolitionnistes qui leur proposent d’autres perspectives que cette forme de thérapie sauvage ; ni « condescendants», ni « criminels », mais au contraire respectueux et optimistes. En outre, l’abolition ce n’est pas la prohibition, donc des prostituées continueront leur activité, mais grâce à la prévention et l’éducation, leur nombre décroitra si on en croit le bilan des pays abolitionnistes et surtout, des alternatives seront possibles. La société pourra avancer vers l’égalité réelle.

Beaucoup de gens se disent féministes, mais si vous leur demandez s’ils veulent abolir la domination masculine du système patriarcal, ils vous répondent d’abord que des hommes aussi en souffrent, qu’il faut abolir les clivages de genres. Oui, quelques hommes sont victimes, en attendant, ce sont bien les femmes que l’on excise, marie de force, bat, viole, brule, tue, et massivement. Le principe de réalité a bon dos quand il ne fait que maintenir l’oppression. Un des principaux enjeux du système prostitutionnel est donc bien de constituer l’ultime système de défense du patriarcat. Seulement voilà, maintenir la domination masculine, n’est pas une option envisageable et les activistes réglementaristes ne peuvent tout de même pas dire haut et fort, nous voulons maintenir le système patriarcal ! Ils sont donc contraints de raconter une autre histoire.

Prostitution et système d’exploitation économique et social, un combat socialiste : La plupart des activistes réglementaristes et abusant des méthodes que je réprouve, se revendiquent le plus souvent révolutionnaires ou alternatifs, sont plutôt situés à l’extrême de l’extrême gauche, certains sont membres des Indigènes de la République, mais curieuse association, il est aussi possible de trouver dans leurs rangs des personnes réactionnaires. Les alliances douteuses, sur le dos des femmes, ce n’est hélas pas rare. Ils se prétendent anticapitalistes, farouchement opposés à l’exploitation de »l’homme par l’homme ». Mais très curieusement et par une incroyable pirouette rhétorique, ces anticapitalistes se transforment en farouches néolibéraux lorsqu’il s’agit de prostitution. D’un seul coup, ils nous vantent le marché, valorisent les industries du sexe comme le petit commerce. Les mêmes discours que dans les écoles de commerce, les joies de la libre entreprise, de l’offre et de la demande ! Quelles sont les lois de ce marché, qui fixe les prix, à combien est évaluée une passe dans un squat, dans la rue, dans une chambre d’étudiant ou un studio de luxe ? Quels sont les risques physiques, psychiques, comment les prendre en charge ? Et les bénéfices, on les place en bourse ?

Avez-vous remarqué que les activistes réglementaristes sont inaudibles en matière de lutte contre le crime organisé et mondialisé de la traite. Pourquoi ? Parce que l’ouverture aux marchés industriels du sexe provoquerait la plus grande confusion et que chacun espère y trouver son compte ? La traite organisée par des réseaux mafieux est massive et mondialisée. Les bénéfices de la prostitution sont colossaux, c’est le second marché criminel, juste derrière celui de la drogue et avant celui des armes. Mis à part le cannabis, personne ne songe encore à légaliser les drogues ni les armes à feu en France, mais il faudrait légaliser la prostitution ! C’est-à-dire ouvrir la porte aux mafias, aux réseaux, aux macs en tous genres, familiaux ou industriels, avec des quartiers entiers de femmes exposées derrière des vitrines, comme en Belgique. Chouette alors ! Les pays qui ont réglementé le disent, ils veulent faire marche arrière, incapables de faire la distinction entre la prostitution libre et forcée, dépassés par une criminalité galopante. Mais pourquoi, devrions-nous alors prendre de tels risques ? Parce qu’une poignée de prostituté-e-s qui se disent « libres » et leurs soutiens nous en intiment l’ordre ? N’est-il pas curieux d’envisager une politique publique fonction de la demande d’une poignée d’individu-e-s, ne devrions-nous pas plutôt nous demander quel projet de société nous voulons ?

Un second enjeu du système prostitutionnel est bien de garantir d’énormes revenus au crime organisé. Pourtant, penser une société pour convenir au crime organisé n’est pas non plus, une option sérieusement envisageable. Dans ce domaine aussi, on voit mal les activistes réglementaristes se lever pour défendre les mafieux ni même revendiquer une petite part artisanale du gâteau, ça ferait désordre ; ils sont donc contraints de louvoyer.

Ce que ne sera jamais la prostitution : Le système prostitutionnel qui défend le système patriarcal et les profits exorbitants des industries du sexe, ne pourra jamais être ni un métier, ni une liberté.

La prostitution n’est pas un métier, c’est une violence et même la dernière violence faite aux femmes que la loi ne punit pas. La peur et les risques de violences sont inhérents à cette activité qui laisse toujours des traces physiques et psychiques. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les anciennes prostitué-e-s qui expliquent, comme Ulla, qu’il ne fallait pas la croire, si elle avait regardé la vérité en face, elle n’aurait pas été capable d’y retourner le lendemain et surtout aurait fait fuir ses clients ; sans compter celles qui se seraient fait massacrer par leurs macs.

Il n’y a ni école, ni diplôme. Vendre sa force de travail et subir les lois du marché, en matière de travail physique ou intellectuel, les rapports de force sont déjà suffisamment durs à établir, mais vendre ou louer son intimité, faire commerce de son corps, la société n’a pas à l’organiser, au contraire, elle doit protéger les personnes vulnérables et interdire ce type de commerce. Bien entendu, il sera toujours possible de trouver des personnes qui voudront vendre un organe, faire commerce de leur corps ou même se vendre comme esclave. Tout comme des femmes cautionnent la domination masculine car un système d’oppression, quel qu’il soit, a toujours besoin de relais au sein même des opprimé-e-s. Le conditionnement fonctionne à merveille, la plupart des femmes sont inconscientes de leur oppression, et pire encore, certaines vont adopter les comportements de l’oppresseur pour en tirer un bénéfice immédiat ; elles n’en resteront pas moins en situation de danger.

Ce n’est pas non plus une liberté. Une société qui n’a rien d’autre à offrir aux personnes confrontées à des difficultés sociales et financières, que de vendre leur intimité sexuelle n’est pas une société civilisée. Victor Hugo a dit « On dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur. Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme et il s’appelle prostitution ». Nos ultragauchistes et activistes réglementaristes condescendants ne lui arrivent pas à la cheville et tentent de nous imposer leur « bon féminisme ». On comprend bien que ce qui les intéresse surtout dans la libération des femmes, c’est qu’elles soient totalement et en permanence disponibles pour eux. Quant aux « queers-Trans-PD-Gouines » activistes réglementaristes – euh moi je suis féministe et lesbienne -, ils prônent une réappropriation libératrice de la pornographie et de la prostitution. Seulement voilà, leurs tristes et infantiles productions relèvent surtout de la thérapie de groupe et n’ont nullement fait la démonstration d’une quelconque remise en question de la domination masculine, bien au contraire, elles l’alimentent. Mises en scène, jeux de rôles, artifices, etc. cachent très mal un manque d’imagination et de désir, parfois même des souffrances, quand ce n’est pas une profonde aversion de la sexualité. Une sexualité épanouissante c’est du désir réciproque et libre de tout rapport de force, de toute contrainte. La sexualité n’est pas un dû, elle relève de la relation à l’autre, de son désir et de son consentement. Payer c’est forcer le consentement, payer, en réalité, c’est violer. La liberté est toujours gratuite alors que l’acte de prostitution n’a qu’une finalité, l’argent. Se prostituer, par définition, ne sera jamais une liberté.

En conséquence, au regard des rapports sociaux de classe comme de sexe, la prostitution doit être abolie. Cette position n’est ni religieuse, ni morale mais belle et bien politique.

Que signifie le mot abolition et quel est le projet abolitionniste ? : Abolition, de quoi s’agit-il exactement ? Les réglementaristes accusent les abolitionnistes d’être pour la prohibition de la prostitution. C’est facile, la plupart des gens ne font pas la différence. Alors, disons-le haut et fort, non, l’abolition n’est pas la prohibition, c’est même l’inverse. La prohibition c’est le délit de racolage passif que nous voulons abroger, c’est le harcèlement et toutes les mesures répressives à l’encontre des personnes prostitué-e-s, c’est-à-dire une double peine dont nous féministes ne voulons surtout pas. Alors que l’abolition, c’est à l’inverse, la responsabilisation des clients qui doivent se poser la question des rapports femmes-hommes, de leur relation à l’autre, de ce que payer veut dire. La responsabilisation du client est affaire de prévention, d’éducation, de respect de soi et des autres ; puis de pénalisation pour les récalcitrants. Nous espérons, qu’avec le temps et non soudainement comme par magie, une grande partie des femmes qui subissent la prostitution pourront ainsi s’en libérer et que les hommes qui sont encore dans cette demande pourront évoluer. Nous espérons pouvoir avancer ensemble, en prenant le temps qu’il faudra, vers une société plus égale, plus juste et plus libre. L’abolition de la prostitution est un projet humaniste. Le site abolition 2012 est public : www.abolition2012.fr La revendication consiste à demander une loi cadre avec les mesures principales suivantes : Abolition de toute mesure de répression à l’encontre des personnes prostituées, politique sociale et de santé, politique de réinsertion des personnes prostituées qui le souhaitent, politique de responsabilisation du client, etc.

Des méthodes répréhensibles: Nous l’avons compris, cachés derrière des enjeux inavouables, ne reste plus qu’à adopter des méthodes douteuses pour tenter de pourrir le débat et compromettre les abolitionnistes. Certains n’hésitent devant rien et osons le dire, leurs méthodes s’apparentent à celles de voyous.

Mensonges et manipulation, quelques exemples :

– « Criminaliser les putes ». Un groupe « 8 mars pour toutes » s’est crée autour de structures comme le STRASS, Act-UP et quelques autres. La seule revendication qui se distingue clairement de celle des collectifs qui organisent les manifestations du 25 novembre contre les violences faites aux femmes et du 8 mars pour les droits des femmes, porte sur la prostitution, qu’ils veulent libéraliser et donc réglementer. Pour mobiliser les membres du groupe, voici le mail qui leur a été adressé : « Un risque de violence de la part des militantes prohibitionnistes (qui souhaitent interdirent la prostitution quitte à criminaliser les putes) existe car c’est ce qu’il se passe depuis 1 an dans les mobilisations féministes où elles sont majoritaires (pour le moment) ». A l’évidence, la personne qui a rédigé cette phrase n’ignore rien des véritables positions abolitionnistes mais préfère mentir et accuser les abolitionnistes d’intentions qui, si elles étaient vraies, seraient en effet scandaleuses. La seule violence subie durant la manifestation du 25 novembre a consisté à entendre ce cortège réglementariste hurler : « Abolo, catho, facho, vous nous cassez le clito » ! En l’absence d’argument digne de ce nom, ils en arrivent aux injures et à la calomnie, ils manipulent sans complexe et inversent les rôles ; le plus curieux c’est que certains y croient. Comment un projet humaniste, féministe et socialise pourrait-il être associé au fascisme ? Le collectif Abolition 2012 doit-il porter plainte en diffamation ?

– La contamination au VIH-Sida : Souvent, vous entendrez les réglementaristes affirmer sans vergogne que les abolitionnistes sont responsables de la contamination au VIH-sida des personnes prostitué-e-s et les tuent. Rien que ça ! En réalité, tout le monde le sait, le seul responsable des violences dont fait partie la contamination au VIH-sida, c’est le système prostitueur. Les réseaux bien sûr qui dressent, violent et contaminent leurs victimes, mais aussi les clients qui baisent sans capote et payent plus cher pour ça. La prise de risque aussi, renforcée par les menaces et le stress inhérents à l’activité, par les substances qu’il faut prendre pour tenir. La encore, qui peut sincèrement croire à un tel argument ? Pourtant, il est rabâché, c’est énorme, mais ça passe !

– La parole des personnes prostitué-e-s : Ils accusent les abolitionnistes de parler au nom des prostitué-e-s, mais quand on leur demande d’écouter et de respecter la parole d’Ulla, de Rebecca Mott et de toutes les autres, qui dans le documentaire « L’imposture » http://vimeo.com/16641741 ou dans tous les superbes documentaires d’Hubert Dubois, se dévoilent et disent librement la mésestime de soi, la peur, le dégoût, les viols, la dissociation, la sidération, etc., les activistes réglementaristes leur refusent le droit à la parole. Ils les discréditent et les invisibilisent, eux qui prétendent parler en leur nom ! D’anciennes prostituées ont créé un réseau avec un site Internet, un cri, des cris, leurs cris, des vérités que tant voudraient effacer : http://survivorsconnect.wordpress.com/ Le comportement des activistes réglementaristes est proprement immonde et pourtant, ça passe quand même et on les croit quand ils professent que nous instrumentalisons la parole des prostitué-e-s !

Calomnies, discrédit et isolement de personnes représentatives : « Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Le bon sens populaire, rarement démenti. La pratique qui consiste à discréditer une personne auprès de ses pairs, à l’isoler pour mieux la neutraliser est très prisée par les activistes réglementaristes. Beaucoup en ont fait les frais. En tant que présidente du Centre LGBT Paris, je peux témoigner, j’ai eu ma part ; vous comprendrez aisément qu’il était inadmissible qu’une des porte-parole du mouvement LGBT ne soit pas à la botte des réglementaristes pro-prostitution. Sur les réseaux sociaux, leurs calomnies diffamatoires sont rabâchées à l’envie et ne différent jamais, et plus c’est gros, mieux c’est. Jugez-donc : « Faites la taire cette putain de féministe », etc. A cause de moi, le Centre LGBT Paris est « exsangue «. Pas de bol, il se porte comme un charme, sorti de l’ornière de la rue Keller, du dépôt de bilan et d’un taudis qui menaçait de s’effondrer, installé rue Beaubourg, après avoir recouvré ses subventions qu’il a depuis multipliées. Il s’est développé avec un bilan satisfaisant, accueillant chaque année de plus en plus de visiteurs et offrant des permanences d’aide et un programme culturel et festif de qualité. Cet été, j’ai passé la main à deux volontaires qui ont pris la co-présidence et toute l’équipe des bénévoles et salariés continue sur la lancée. Bref, la réalité, et vérifiable car tous les bilans financiers, les rapports annuels sont disponibles sur le site Internet, se heurte invariablement à leurs fantasmes et accusations calomnieuses. Autre variante, « je ne connais rien à la question du VIH-Sida et je n’ai rien fait pour lutter contre au CLGBT Paris ». Les dossiers de demande de subvention pour payer un chargé de prévention à demeure, maintenir des locaux offrant matériels et brochures de prévention, tenir des réunions d’information et tout un tas d’évènements sur le sujet de la prévention au VIH-SIDA mais pas seulement, c’est sans doute à eux qu’on les doit ! En revanche, vous pouvez en être certain-e-s, eux ne connaissent rien aux questions de santé lesbienne, les IST et les cancers qui les touchent, ils s’en fichent. Le VIH-Sida seul est digne d’intérêt et la stratégie servie par les fonds engloutis par la sidacratie, elle, n’a pas à être discutée ! Les plus violents sont aussi les plus velléitaires, eux n’ont en réalité pas fait grand-chose ni pour le mouvement LGBT ni pour quoi que ce soit d’autre ; ceci expliquant sans doute cela. Souvent aussi, je suis accusée d’être « à la solde du PS » et « d’avoir fait carrière « ! Quelle carrière, si ce n’est de ne pas avoir fait la mienne au boulot, comme j’aurais pu la faire ? Là aussi la réalité, ils la connaissent, salariée à temps plein en entreprise en tant que juriste, et présidente élue, j’ai passé pendant 7 ans, l’essentiel de mon temps libre au Centre où je n’ai jamais touché un seul centime, bien au contraire, et s’il fallait me payer le temps consacré à y travailler bénévolement, je serai sûrement très riche ! Quant au PS, ma liberté de pensé et mon esprit critique m’autorise à le critiquer quand il le faut, autant que n’importe quelle autre formation politique. Tout ça, ils le savent, mais s’évertuent avec un acharnement pathologique à propager rumeurs et mensonges, dans le but de me discréditer afin de me faire taire. C’est pourtant peine perdue, leurs calomnies et leurs menaces ne me perturbent pas bien au contraire, elles me stimulent, mais combien de personnes ont-ils réussi à impressionner, insécuriser et museler ?

-La dérision et les menaces : Les abolitionnistes seraient de puritains catholiques qu’il faudrait tourner en dérision, même les plus athées d’entre nous et même et surtout s’ils ne connaissent rien de notre vie sexuelle et affective. Il y a aussi les intimidations et les menaces. La liste est très longue, pour ainsi dire infinie. Disons-le enfin, ce sont purement et simplement des méthodes de voyous. Les activistes réglementaristes en abusent à volonté ; il est amplement temps d’y mettre un point final, d’autant plus qu’eux, procéduriers à l’extrême, ne supportent aucune critique et n’hésitent pas à poursuivre en diffamation. Sachant ce que sont les véritables enjeux de la prostitution et du système prostitutionnel, n’hésitons pas à rétablir la vérité, dénoncer les manipulations grossières et exercer une solidarité indéfectible envers leurs victimes.

En conclusion : La question de l’abolition ou de la réglementation de la prostitution est affaire de projet de société. Les arguments doivent pouvoir s’échanger avec respect et sans intimidation aucune. Nous le savons, les enjeux véritables de la prostitution sont inavouables, pour autant, il s’agit d’un débat politique qui ne doit en aucun cas souffrir de méthodes inqualifiables. Si les activistes réglementaristes ne trouvent aucun argument honnête et n’ont rien d’autre que le mensonge, la calomnie, la manipulation et le discrédit à nous opposer alors peut-être est-il temps pour eux d’admettre que leur lutte est vaine. Seule une société abolitionniste de la prostitution, dernière forme d’esclavage humain, est une société humaniste, féministe et de progrès. Dans quelle société voulons-nous vivre demain ?


Précision : NON je ne veux pas que les personnes prostituées soient contaminées !

Ça n’a pas tardé. Les activistes réglementaristes et quelques uns de leurs alliés ont immédiatement fait la démonstration de leur mauvaise foi à la lecture de cet article. Ils ont interprété, dénaturé, manipulé la seule idée qu’ils pouvaient exploiter, fuyant soigneusement tout le texte, incapables de démonter les arguments posés.

« … aussi ceux qui, au nom d’un principe de réalité, distribuent des capote, certes pour éviter la contamination des prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et de facto entretiennent et confortent le système prostitutionnel. »

Cette phrase n’est pas difficile à comprendre, mais puisqu’il le faut, je vais expliciter.

Cette phrase ne dit pas que les personnes prostitué-e-s ne doivent pas avoir accès aux préservatifs ni autres moyens de prévention et d’information, ni maintenant, ni même après l’abolition de la prostitution bien sûr. J’ai moi-même suffisamment fait de prévention pour en comprendre la nécessité vitale. Tiens j’aimerais assez pour changer que le VIH-Sida ne soit d’ailleurs pas la seule infection et maladie utilisée par les activistes réglementaristes pour assoir leurs argumentations. Les questions de santé des personnes prostitué-e-s sont majeures, prévention IST certes, mais aussi prévention cancers féminins, addictions, suicide… Tout ce dont ils ne se soucient jamais.

Cette phrase dit exactement que se contenter de distribuer des capotes bien sûr est nécessaire pour les personnes prostituées mais incontestablement sert aussi les intérêts du système prostitueur, lui facilite le travail, l’entretien, le sert….

Qu’est-ce qui n’est pas clair dans cette évidence ?

Bien sûr c’est clair, mais quand on est habitué à louvoyer et que l’on n’a pas d’autres argument que ceux qui relèvent de la défense du patriarcat, ou de la défense des profits du crime organisé des industries du sexe, légalisées ou non ; faut bien trouver un angle d’attaque.

Ces procès en sorcellerie sont purement et simplement une manœuvre manipulatoire qui ne trompe plus personne, sauf ceux et celles pour lesquelles plus c’est gros et plus ça passe !

Christine Le Doaré


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