Posts Tagged 'islamophobie'

Non, les droits des musulmanes ne sont pas des Droits des Femmes ! Réponse à la Tribune la libre.be 2/8/18

IMG_7125Non, les droits des musulmanes ne sont pas des Droits des Femmes !

Réponse à la Tribune la libre.be 2/8/18

Selon un article paru jeudi 2 août dans la libre.be , « Les droits des musulmanes font partie des droits des femmes ». D’après ce texte, « l’interdiction de signes ou vêtements religieux dans l’emploi ou le secteur public constitue une discrimination ».

Ce texte n’a pas été écrit par hasard. Sous la pression d’un Collectif de musulmanes qui revendique « un modèle d’inclusion et de pluralisme européen », la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres du Parlement Européen (mais si, un jour viendra, elles et ils parleront de droits DES femmes et éviteront tout essentialisme) a débattu récemment de la place des femmes musulmanes en Europe.

Ce collectif considère que les restrictions relatives au port des vêtements religieux témoignent d’une suspicion généralisée envers les musulmans. Interpellant les états membres de l’UE, il affirme que le débat qui s’est tenu au sein du Parlement Européen sur la situation d’exclusion des musulmanes, constitue « un soutien à la solidarité féministe avec les femmes musulmanes qui commence à se manifester en Europe ».

Parmi les signataires nous retrouvons Rokhaya Diallo, Lila Charef du Collectif contre l’islamophobie en France, etc.

Je commence par noter que les groupes de pression sur les institutions nationales et européennes ne sont pas sans effet.

Pourtant la façon de faire n’est pas nouvelle : se victimiser « femmes musulmanes exclues » et détourner les référentiels droits humains, droits des femmes «  solidarité féministe « pour obtenir des privilèges spécifiques communautaires et religieux .

Pourtant le risque est grand de compromettre l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes dans chaque pays, comme au niveau européen ainsi que compromettre le principe de neutralité religieuse dans les secteurs privé et public.

Sur le « féminisme » revendiqué dans cet article, je note que la question des violences faites aux femmes est survolée, quasiment accessoire dans le texte ;  elle n’est que prétexte à promouvoir l’idée d’une islamophobie généralisée en Europe. Instrumentalisation des luttes féministes s’il en est !

Le port d’un signe distinctif ostentatoire tel que le voile islamique, hijab, abaya… est un marqueur sexiste puisqu’il ne concerne que les femmes. Il est sensé marqué la pudeur des femmes face à l’avidité sexuelle des hommes, et par voie de conséquence,  accuse les femmes qui ne se voilent pas d’impudeur. Etrange manière de lutter contre les stéréotypes sexuels et sexistes et d’avancer vers l’égalité femmes-hommes. Dans l’espace public, c’est déjà difficile de voir à quel point le nombre de femmes soumises à ce diktat communautaire et religieux patriarcal est en augmentation, mais dans le milieu de l’entreprise ou des services publics, ce serait catastrophique pour les droits et libertés des femmes. Ce marqueur et drapeau de l’islamisme est une entrave à l’émancipation des femmes et la marche vers l’égalité femmes-hommes, nous ne le dirons jamais assez. Les musulmanes ne se voilent pas toutes loin de là, celles qui le font affichent une revendication politique.

Sur « la place des femmes musulmanes en Europe », je pense utile de rappeler que les femmes musulmanes n’ont pas de droits spécifiques en tant que musulmane, pas plus que les catholiques, les juives, les boudhistes, …, elles ont des droits en tant que citoyenne d’un état membre de l’UE, et en France citoyenne d’une République laïque.

Elles ont donc le droit de pratiquer leur culte dans leur sphère privée et intime, culte qui ne doit en rien interférer avec la vie de la République, ses institutions, ses services.

Dans l’entreprise, imagine t’on des salariés organisés et divisés selon leur conviction religieuse ? A quoi veut-on aboutir exactement ici ? A favoriser le vivre ensemble ou à afficher le religieux avant le reste, à exacerber les communautarismes, à diviser les citoyens d’un pays de l’UE, à fragmenter une UE déjà fort fragilisée ?

Des signataires de cet article sont aussi celles qui se revendiquent soit du féminisme essentialiste, relativiste, racialiste, intersectionnel, « pro-sexe »/queer d’une Joan Scott ou d’une Christine Delphy par exemple, ou du « féminisme islamique », aussi celles qui signent les tribunes exigeant la libération de Tariq Ramadan…, étrange coalition, pas étonnant qu’elle ait si peu à voir avec le féminisme. Pour s’y retrouver dans le féminisme, ses « versions » et dérives : https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/

L’action d’un tel Collectif représente un danger pour nos démocraties nationales comme pour l’Union Européenne. Il serait temps d’en prendre pleinement conscience. C’est-à-dire pour les féministes occidentales refuser toute alliance avec cette imposture de « féminisme », et pour les parlements et gouvernements, ne pas se laisser aussi facilement influencer, manipuler, et à l’inverse consolider le socle toujours imparfait mais irremplaçable de valeurs d’égalité sur lequel se fondent nos démocraties.

Christine Le Doaré

Féministes contre les extrémismes religieux

CWdpoOSWwAEx-mgLes extrémismes/intégrismes religieux profitent toujours des périodes troublées pour revenir à la charge. Même au « pays des Lumières » rien n’est définitivement acquis, les extrêmes tentent de s’imposer par la censure ou par la mobilisation politique (comme dans le cas du mariage pour tous, par exemple).

Mondialisation, crises économiques et conflits en tous genres, ont poussé des populations à se réfugier en orient, dans des organisations (Frères musulmans…) et des régimes politico-religieux islamistes ; alors qu’en occident, les courants religieux réactionnaires ont mobilisé contre le mariage ouvert aux couples de même sexe, et sont toujours vent debout contre l’avortement.

Dans le mouvement féministe et plus généralement les mouvements progressistes, il est ordinaire de lutter contre les catholiques intégristes obsédés par la hiérarchie des  genres, par la sexualité des femmes, et par l’homosexualité. Beaucoup de combats féministes ont consisté à s’opposer aux restrictions de liberté imposées aux femmes par des dogmes religieux emprunts de misogynie, et à s’affranchir des rôles traditionnellement impartis aux genres féminin et masculin.

En revanche, lutter contre l’influence de l’islam politique est moins consensuel. Les musulmans bénéficient pour une partie de la gauche, du statut jadis reconnu à la classe ouvrière opprimée. Par voie de conséquence, critiquer ce qui, d’une manière ou d’une autre,  relève de l’islam est tabou. Une partie du mouvement antiraciste a  substitué à la lutte contre le racisme, la lutte contre l’ »islamophobie ». Il ne s’agit plus tant de combattre les discriminations et violences à raison de  l’origine ou de la couleur de peau, que d’empêcher toute critique d’une religion, même quand elle vise à contrôler et à inférioriser les femmes. Les règles, coutumes et traditions communautaires à caractère religieux qui enferment les femmes sont peu contestées par peur d’être jugé «islamophobe».

 

Le contexte étant posé, comment lutter contre les intégrismes religieux ? Selon moi,  il est important de commencer par se mettre d’accord sur ce qu’est et ce que n’est pas le féminisme :

Il n’y a pas un seul féminisme, des clivages sont apparus dès le début, puis dans les années 70 entre des tendances luttes de classe et psychanalyse et politique ; puis apparurent les théories queer post-modernes américaines qui visent à abolir le genre et ce faisant disqualifient les luttes féministes, etc.

– Il devrait être possible de se mettre d’accord sur ce qu’est à minima, le féminisme  :

  • reconnaitre que la moitié de l’humanité en tant que groupe/classe des femmes, est toujours dans une situation d’infériorité/inégalité par rapport au groupe des hommes,
  • œuvrer pour une autonomie et maitrise totale par les femmes, de leur corps (intégrité physique, mentale, sexuelle, sexualité, reproduction…), et de leur vie (éducation, couple, famille, santé, emploi…),
  • viser l’égalité réelle en solidarité avec les femmes du monde entier qui subissent toutes, quelle que soit leur origine ou couleur de peau, culture ou religion, des discriminations et violences inhérentes au système patriarcal.

Le féminisme universaliste est un combat universel contre la domination masculine.

– Il devrait être tout aussi facile de se mettre d’accord sur ce que ne peut pas être le féminisme. Il ne suffit pas de se prétendre féministe pour l’être, les impostures hélas ne manquent pas.

Depuis les années 2000 a émergé un « féminisme » relativiste qui a pour caractéristique de réduire des femmes à une identité (régionale, culturelle, religieuse…). Ce féminisme qui consiste à aménager l’oppression est une adaptation aux exigences traditionnelles, communautaires, religieuses. Il n’est pas apparu spontanément mais concomitamment  à l’influence grandissante au sein même des institutions internationales, de pays au régime politique islamique, tel que par exemple l’Arabie Saoudite (qui a rejoint récemment la Commission des Droits de la Femme à l’ONU!). Ces pays financent dans le monde entier, des groupes dits « féministes » qui en réalité, remettent en question des fondamentaux du féminisme.

Ces pays se sont attaqués, à l’ONU notamment, au caractère universel des Droits des femmes, en imposant la nécessité de prendre en compte des spécificités régionales. Ce relativisme culturel a engendré des « féminismes » identitaires, tel le « féminisme islamique » et ses variantes : « dé-colonial »… (En France : c’est notamment l’association « Femmes dans la mosquée » de Hanane Karimi …),  c’est un « féminisme » communautaire, racialiste et donc par nature essentialiste et différentialiste.

Nous constatons que ces « féminismes » séparent les femmes les unes des autres au profit d’autres luttes que celles contre le patriarcat. Comment pourrait-il en être autrement alors que les  traditions et religions ont toujours été l’instrument le plus  répressif du système patriarcal. Renvoyer des femmes à leur religion, leurs traditions, leur communauté, leur culture pour les isoler des autres femmes, retarde notre émancipation collective. 

Il n’existe pas plus de « féminisme » islamique que chrétien ou juif, c’est une imposture car il n’y a pas d’aménagement possible de l’oppression : le féminisme ne s’adapte pas aux règles posées par l’oppresseur, il les renverse, les dépasse pour l’émancipation de toutes et tous.

 

Une fois le féminisme défini, comment résister à sa récupération et à son dévoiement ? :

– Se méfier de certains concepts, comme »islamophobie», »intersectionnalité» ou « inclusif » très prisés par les défenseurs du relativisme culturel. Certes, les oppressions se surajoutent :  à l’évidence, être femme, noire, et pauvre par exemple, est autrement plus difficile à vivre que d’être blanc et aisé. Le racisme et la xénophobie, l’antisémitisme, comme le sexisme et l’homophobie/la lesbophobie, tous les préjugés et rejets de l’autre doivent combattus, mais renvoyer des femmes à leur groupe d’origine ne peut constituer une solution. Comment un repli identitaire pourrait-il les/nous affranchir de la domination masculine qui traverse toutes les origines comme toutes les classes sociales ? L’ »intersectionnalité » comme les « féminisme décolonial », « féminisme inclusif »,  le plus souvent noient les revendications des femmes dans les agendas masculins. Comment pourrait-il en être autrement là aussi : le machisme n’a jamais eu besoin de l’occident ni des colonisateurs pour exister.

– Refuser la banalisation du « féminisme » relativiste, islamique ou autre, s’opposer à la « mode pudique », au « Hidjab day » de Sciences Po et aux groupes tels que Lallab (*) par exemple.

L’islam politique veut imposer le voile, la mode dite «pudique » l’aide à y parvenir en  dépolitisant son caractère religieux : prétendre que des femmes s’affichent couvertes dans l’espace public pour des raisons esthétiques, comme s’il s’agissait de n’importe quel autre accessoire, est perfide. Le voile est l’étendard de l’islamisme, il affiche visiblement et via les femmes, sa progression, mais s’il est banalisé en étant dépolitisé par la mode, il devient alors facile de le généraliser. En revanche, les féministes universalistes ont  plus de mal à le combattre pour ce qu’il est vraiment, même si, paradoxe stupéfiant quand on y songe,  de nombreuses musulmanes dans le monde, se battent contre ce même voile.

Le crédo de l’association « féministe islamique » Lallab est de rejeter le « féminisme blanc » pour imposer des spécificités communautaires et religieuses, en particulier l’acceptation du voile islamique. Lallab cautionne et développe en les intégrant, des règles de conduite, des obligations prescrites seulement aux femmes ; se faisant, l’association s’adapte à l’oppresseur et devient un porte-parole comme un autre, du système patriarcal. Lallab cautionne un apartheid genré et contribue à pérenniser un système d’oppression, c’est donc une indéniable récupération du féminisme. Pourtant, ce groupe accusé de détourner des subventions publiques en recrutant des services civiques, a été défendu par nombre d’associations féministes aveuglées par une idéologie islamo-gauchiste qui peu à peu a convaincu à l’extrême gauche et plus largement.

– Réveiller le mouvement féministe qui se laisse séduire par ces « nouveaux féminismes » promus massivement dans les médias et milieux universitaires. Combien d’émissions de radio et articles de presse ces dernières années sur ce qui nous est vendu comme « nouveau féminisme » ? On ne les compte plus.

 

Dénoncer l’imposture sans complaisance, résister pied à pied à la récupération ne suffisent pas, le féminisme universaliste doit aussi construire des alliances :

  • Avec les groupes féministes laïques tels que par exemple le groupe « Femmes sans voile d’Aubervilliers » en France et d’autres ailleurs, relayer leurs actions, en organiser en commun.
  • Avec les intellectuel.le.s  et militant.e.s qui résistent dans le monde arabe, au Maghreb, en Egypte, également en Iran, etc. Relayer leur parole et les soutenir.
  • Avec les mouvements laïques qu’il faut éclairer sur la domination masculine ; quelques exceptions mises à part, ils ont souvent tendance à  s’afficher féministe uniquement quand il s’agit de contrer les religions.

 

Christine Le Doaré

(*) Lallab : voir l’article d’Ikhwan infos  (les deux fondatrices sont d’anciennes étudiantes de Pascal Boniface …).    http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/11198

 

Féminisme, racisme, Lallab etc., la grande confusion

 

J’en ai l’intuition depuis pas mal de temps et l’affaire de Lallab (*1 / *2) et du service civique me le confirme, n’est pas féministe qui veut.

Certaines formes de « féminisme » (essentialiste, victimaire…) n’ont en réalité pas grand-chose de politique, au sens où elles ne visent pas à renverser le système patriarcal mais à s’en accommoder, à l’adapter au mieux, parfois dans l’intérêt des femmes, mais toujours à court terme, et en le pérennisant.

Les féministes matérialistes et universalistes se sont toujours préoccupées de la vie des femmes au sein de la famille nucléaire, dans le monde du travail, et plus généralement à tous les niveaux de la vie sociale, culturelle et politique d’un pays. Certaines se sont attachées plus spécifiquement à un domaine, qu’il s’agisse de l’emploi, des violences, de la sexualité… mais toutes avaient en tête un projet de société féministe et humaniste, bien au-delà de la seule égalité FH, un projet collectif dans lequel tout rapport de pouvoir et de domination serait contesté et bientôt inenvisageable.

Pour le féminisme politique, il ne s’agit pas seulement de mettre des pansements là où ça fait mal, mais de viser une société humaniste, en évitant de calquer de vieux modèles, marxistes ou autres, qui n’ont aucunement fait leurs preuves. De plus en plus de « féministes » perdent de vue cet objectif, se contentent par exemple pour certaines, de se focaliser sur une problématique (le harcèlement de rue, le manspreading…). A notre époque, cette question devrait être prise en charge par des politiques publiques efficaces (certes avec l’aide d’associations maitrisant leur sujet) et les féministes être libres de travailler aussi sur un projet de société alternative.

C’est un piège de se laisser enfermer ainsi, de ne plus prendre de hauteur, de ne plus avoir de vision à long terme ni même de ne plus savoir ce que féminisme veut dire. C’est ainsi que des groupes de femmes comme Lallab peuvent se regrouper autour de problématiques communautaires et/ou religieuses et se prétendre féministes. En réalité, elles ne font que prendre en compte des normes et obligations patriarcales faites aux femmes de leurs communautés et consentir à un « féminisme » adapté. Elles vont en effet défendre à court terme l’intérêt de certaines femmes, dans certaines circonstances, mais aussi contribuer à pérenniser le système.

Il est d’ailleurs fort logique que d’autres « féministes » les adoubent, en particulier celles d’une certaine extrême gauche en prise à un relativisme culturel qui consiste à lier oppression à traditions et donc admettre que certaines violences soient culturellement justifiées ; et les « queer féministes » qui sont tout de même parvenues à substituer les études de genre aux études féministes et ainsi gommer les discriminations et violences subies par le seul groupe social des femmes (ce groupe n’existerait plus puisque désormais les êtres humains s’identifieraient selon leur bon vouloir.).

Quand des féministes universalistes contestent cette récupération (« Combien y a-t-il de féminismes ? *3), ce dévoiement du féminisme, elles sont immédiatement accusées de racisme de manière aussi systématique qu’absurde. Si la diffamation n’était pas si grave, ce serait comique. Pour rappel, le racisme est une idéologie qui admet l’existence de races humaines (et non d’une seule espèce humaine) et affirme sans aucun fondement scientifique qu’elles ne seraient pas égales entre elles. Dans tous les cas, l’islam n’est pas une « race », c’est une religion et donc une croyance. Critiquer le conservatisme, sexisme, lesbophobie/homophobie des religions est progressiste et féministe et fort admis lorsqu’il s’agit d’autres religions que l’islam ; c’est d’ailleurs fort couru et à juste titre, vis-à-vis de l’église catholique parmi l’extrême-gauche et les « queers » auxquels je viens de faire référence, mais l’islam est taboue et ses interprétations plus ou moins fondamentalistes peuvent servir à contrôler et opprimer les femmes.

Contrairement à ce qu’ont prétendu des féministes égarées telle Christine Delphy (*4), les féministes universalistes et laïques ne sont pas racistes, bien au contraire, elles sont solidaires des femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences du système patriarcal ; elles ne sont pas complaisantes, encore moins condescendantes, elles combattent la perversité du relativisme culturel ; en revanche, la condescendance vis-à-vis de personnes issues d’une autre culture/religion qui seraient incapables de savoir ce qu’émancipation et liberté veulent dire, est à l’inverse la manifestation d’un profond racisme, qui s’ignore peut-être mais néanmoins bien réel.

Les personnes qui se revendiquent du féminisme devraient s’interroger sur ce concept, cette lutte, ce projet de société. L’exécrable confusion qui s’étend, empire d’année en année, vide lentement mais sûrement le féminisme de son sens originaire. Bientôt, à force de dévoiement, il ne signifiera plus rien et tout le monde pourra s’en emparer pour le morceler à l’infini, puis le néantiser.

Christine Le Doaré

 

*1 Lallab et islamisme – IKHwan infos :

http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/11198

 

*2 Lallab et service civique – prochoix

http://www.prochoix.org/wordpress/?p=1071

 

*3 Combien y a-t-il de féminismes ? :

https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/amp/

 

*4 Christine Delphy, la supercherie :

https://www.google.fr/amp/s/christineld75.wordpress.com/2015/07/24/christine-delphy-la-supercherie/amp/

 

 

 

 

 

 

 

Burkini, réanimez les féministes !

IMG_7123Ah les femmes et leurs corps !

En 2016 a-t-on fini par oublier que le système patriarcal a pour principales raisons d’être le contrôle et l’appropriation des femmes et de leurs corps pour la reproduction, la sexualité, l’organisation de la famille et de nos sociétés ?

En 2016 a-t-on fini par oublier que le féminisme a pour principales raisons d’être de combattre l’oppression des femmes nécessaire au maintien de ce système et de parvenir à atteindre l’égalité et l’émancipation des femmes, et plus généralement de tous les êtres humains ?

Les droits et libertés gagnés par les femmes sont toujours révélateurs de l’état de progrès et de modernité d’une société.

Alors qu’une idéologie politico-religieuse totalitaire tente de s’imposer en régentant les femmes et leurs corps, les associations féministes sont le plus généralement inaudibles voire défaillantes sur le sujet, en tous cas pas à la hauteur des enjeux ; et ne parlons pas des intellectuels, politiques et médias qui feignent de ne pas voir ce qui se passe sous leurs yeux.

 

Le corps des femmes trop exposé, pas assez exposé mais toujours suspect, jamais vraiment libre.

Pornifié ou masqué, c’est toujours un corps qui nous échappe et qu’ils contrôlent pour leurs propres obsessions : il faut tour à tour le vendre ou le cacher aux regards machistes concupiscents.

 

Le débat n’est pas, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire franco-français mais bien européen et même mondial : en Belgique, en Allemagne et en Espagne la question du burkini est également débattue, au Maroc il est interdit dans nombre de lieux touristiques.

Dans les pays les plus intégristes, Iran, Afghanistan, Arabie Saoudite, la charia impose aux femmes de ne pas se baigner autrement qu’habillées (sauf sur des plages et piscines privées).

Pour certains le burkini serait l’invention en 2004, d’une libanaise vivant en Australie mais pour d’autres il viendrait de Turquie ; en réalité des burkini sont apparus en Egypte, il y a environ 25 ans.

Jusqu’alors, les femmes au Maghreb étaient en maillots de bains sur les plages mais en 2015, le burkini soudainement à la mode, s’est répandu au grand dam de femmes qui veulent vivre libres et qui regrettent cette nouvelle censure religieuse : http://fr.allafrica.com/stories/201409050055.html.

 

Comment ne pas voir dans cette profusion de voiles, hijabs, abadas, niqabs, burqas et maintenant burkinis qui envahissent les pays occidentaux depuis peu de temps, une farouche volonté politique d’imposer aux femmes une pudeur toute fabriquée et aux musulmans l’adhésion à un islam rigoriste ?

Femmes couvrez-vous, affichez votre adhésion aux interdits inventés par des hommes mal à l’aise avec le corps des femmes, la sexualité, le respect de l’égalité et de la liberté de l’autre, des autres ; femmes, marquez votre différence avec les autres femmes, ces être impures, infidèles, ces prostituées dont vous devez vous désolidariser.

En 2016, il faut toujours le marteler : ce ne sont pas les femmes qui devraient faire preuve de pudeur mais les hommes qui devraient apprendre à se contrôler et à respecter les femmes pour ce qu’elles sont et ce qu’elles veulent. Apprendre à se connaître et à échanger en toute égalité, depuis des lustres que les êtres humains sont sur la terre, devrait être un art de vivre.

Les femmes qui se prêtent à cette mascarade obscurantiste, commettent, consciemment ou pas, un acte militant. Au début, grâce au zèle de la mode jamais en reste quand il y a de l’argent à se faire, les tenues peuvent être seyantes et colorées, elles n’en traduisent pas moins une volonté d’entraver la liberté de mouvement des femmes dans l’espace public et deviendront avec le temps, plus informes et plus sombres.

Revêtir l’un ou plusieurs de ces vêtements, c’est adhérer, que ce soit par mimétisme ou conviction, à un apartheid sexuel ; c’est se rendre complice du projet politique islamiste et participer à une action prosélyte. Bientôt, comme pour les piscines, la revendication de plages non-mixtes émergera.

 

Si cette injonction, indiscutablement sexiste, à la pudeur féminine est une constante dans toutes les religions terrifiées par les femmes, leurs corps et sexualité, au 21ème siècle, seul l’islamisme tente d’imposer sa vision du monde et des régimes politico-religieux totalitaires, soit par la force avec ISIS et Boko Haram notamment, soit idéologiquement, par la diffusion prosélyte du rigorisme wahhabite.

Les frères musulmans (1928) sont, comme les salafistes (IXe S.), des islamistes partisans de la charia, mais ils sont aussi très expansionnistes. L’Islam radical est un néofascisme, à ce titre, il ne serait pas absurde d’en interdire toutes les manifestations contraires à la constitution, au principe d’égalité et à l’égalité femmes-hommes.

Ce n’est toutefois pas à ce titre qu’a été interdite la burqa, petite faiblesse républicaine, mais pour raison de sécurité : couvrant le visage, elle empêche toute identification.

Alors, faut-il ou non interdire, comme l’ont fait en France, des maires par arrêté, le burkini sur nos plages ?

 

En premier lieu, j’ai considéré que non car en l’absence de loi, le combat doit aussi se situer au plan idéologique : interdire favorise la victimisation alors que c’est justement le but recherché ; un peu de pédagogie ne fait pas de mal, et l’humour peut aider : ce burkini qui moule les formes, produit plutôt l’effet inverse à celui recherché et attire doublement l’attention ; sexy en diable, il pourrait être qualifié d’exhibitionnisme islamiste ! J’ai aussi adoré la campagne Tweeter #unmaillotpouredwy suite au tweet lamentable d’Edwy Plenel qui comparait le burkini aux tenues de nos arrières grands-mères, noyant d’un coup d’un seul, un siècle d’avancées féministes. Merci Edwy, à toi et ton copain Tariq, nous proposons une nouvelle ligne de shortkinis bien moulants et bien collants !

Puis, je me suis ravisée : ce marquage sexiste des femmes par l’islam politique est inacceptable dans un pays laïc qui a mis au cœur de son projet de société, l’égalité femmes-hommes. Cette affaire de burkini n’est pas une question de choix individuel mais bien de projet de société et il est inadmissible de bafouer ainsi chez nous, un mode de vie et des libertés si chèrement acquises.

Puis je suis revenue à ma première impression, puis… puis je me suis demandé ce qu’en pensaient les associations féministes et à mon étonnement, je n’ai entendu que le silence, silence sur toute la ligne.

Les associations féministes ne m’aident plus à avancer. Il n’y a d’ailleurs plus de mouvement feministe à proprement parler.

Quand dans les années 1970/1980 les féministes s’affranchissaient des normes culturelles judéo-chrétiennes pour revendiquer leur liberté, elles pulvérisaient sur leur passage les ligues de vertu et moindres tentatives de retour arrière. Aujourd’hui elles se taisent, malgré les demandes incessantes des féministes qui dans les pays musulmans les supplient de réagir, ici pour repousser une emprise islamiste grandissante et là-bas pour dénoncer les violences de l’islam politique dont elles sont les premières victimes.

Quand elles ne se taisent pas, certaines crient  à l’islamophobie aux côtés d’autres idiots utiles de l’islam radical, d’autres encore, perdues,  se joignent au concert des « pas d’amalgame », culpabilisant par avance, d’être confondues avec les groupes racistes et d’extrême droite qui instrumentalisent la menace islamiste. Elles n’ont plus confiance en elles, en leurs analyses et jugements.

En 2016, elles ont oublié que ce sont les hommes qui profitent du système patriarcal qui doivent se remettre en question, s’éduquer et évoluer, et que les droits et libertés des femmes du monde entier, ici comme ailleurs, ne sont pas négociables.

C’est effrayant.

 

Christine Le Doaré

Depuis mon texte posté hier soir, 18 aout, j’ai lu d’excellents textes, féministes et pro-féministes sur ce sujet, en voici une sélection :

Fatiha Daoudi

Juriste, politiste et experte en genre et droits humains

  • Non Monsieur Plenel, le burkini n’est pas un vêtement comme un autre!

http://www.huffpostmaghreb.com/fatiha-daoudi/non-monsieur-plenel-le-burkini-nest-pas-un-vetement-comme-un-autre_b_11581122.html

Publication: 18/08/2016 11h07 CEST

LISE RAVARY

  • Pourquoi le burkini me choque

http://www.journaldemontreal.com/2016/08/18/pourquoi-le-burkini-me-choque

Publication : Jeudi, 18 août 2016 05:00

et avant

Aalam Wassef

  • «Ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe» par Aalam Wassef

http://www.liberation.fr/debats/2016/08/17/ne-soyons-pas-naifs-sur-le-symbole-de-cette-etoffe-par-aalam-wassef_1472951

Publié 17 août 2016 à 11:45

Raphaël Enthoven

Professeur de philosophie

  • Les partisans du burkini défendent-ils, au nom de la tolérance qu’ils invoquent, le port du string sur les plages saoudiennes?

http://www.huffingtonpost.fr/raphael-enthoven/debat-interdiction-burkini_b_11560792.html

Publication: 17/08/2016 11h19 CEST

En 2015

Tahar Ben Jelloun

  • BURQA PLAGE !

http://fr.le360.ma/blog/le-coup-de-gueule/burqa-plage#.V7XhinKGSrl.twitter

Publié 03/08/2015 à 12h00

Orlando, tuerie homophobe ou terrorisme islamiste ?

ClF4i42XEAEwzQ9Encore un immonde carnage et qui rappelle d’autres attaques ;  cette fois, 49 morts et 53 blessés gays et lesbiennes dans une boite gay, le Pulse, à Orlando USA.

Après de vibrants hommages, à Orlando même, New York et dans nombre de pays, une polémique a rapidement enflé :

  • les uns caractérisant la tuerie de « fusillade » pour ne surtout pas mentionner l’orientation sexuelle de la cible visée, les autres parlant d’acte homophobe en passant sous silence le ralliement du tueur à Daech, d’autres encore dont je suis, parlant d’acte terroriste islamiste visant l’homosexualité ;
  • les uns qualifiant le meurtrier de loup solitaire, les autres de musulman radicalisé et à la solde de Daech.

 

Est-il donc si difficile d’imaginer que le tueur puisse être à la fois radicalisé et avoir choisi, motivé par sa haine homophobe, l’une des cibles privilégiées de l’islam fondamentaliste : l’homosexualité ?

Dans le cas d’Omar Mateen, client de l’établissement gay, il est autorisé de penser qu’homosexuel (au moins bisexuel) refoulé, il était cohérent qu’il s’en prenne à ceux qui lui rappellent ce qu’il n’assume pas : son orientation sexuelle.

L’homophobie intériorisée est une haine de soi qui peut conduire à des comportements de grande violence,  il n’est pas rare qu’après un échange sexuel sur un lieu de drague, des homosexuels refoulés s’attaquent à leur partenaire.

Radicalisé, Omar Mateen aura racheté ses tendances homosexuelles en rejoignent la guerre de Daech contre les mécréants et pour la progression du califat, de la façon la plus logique : en tuant ceux qu’il maudissait le plus.

 

L’islam fondamentaliste comme tous les intégrismes condamne en bloc toutes les libertés du mode de vie occidental considéré comme permissif et impie, ce qui ne l’empêche en rien d’avoir, et de longue date, des cibles privilégiées.

La priorité absolue consiste à soumettre et effacer les femmes ou les éliminer, puis il leur faut nier l’existence des gays et des lesbiennes ou les assassiner. Bien entendu, les autres religions doivent être surpassées, voire anéanties ; les athées constituent un grand danger, il faut absolument les dompter. Enfin constituent d’insoutenables provocations, l’art, la musique et surtout la science, troubles qu’il faut interdire.

 

A Orlando, c’est une des libertés du mode de vie occidentale, celle de vivre son orientation sexuelle au grand jour,  qui a été mise à mort.

Il est utile de rappeler que :

  • les gays et lesbiennes sont menacés et assassinés dans nombre de pays non seulement par l’islam radical, mais aussi par l’islam dit modéré qui applique la charia comme en Iran, Arabie Saoudite, Soudan…,
  • les femmes n’ont nulle part les même droits que les hommes, elles sont violées, entravées, assassinées quotidiennement que ce soit par Boko Haram, par des tribunaux islamiques, par des chefs religieux quand leur famille ne s’en charge pas elle-même.
  • Les Yézidis sont massacrés, on parle de génocide,
  • Des dessinateurs ont été exterminés à Charlie Hebdo, des juifs, des policiers assassinés froidement, …

Cela n’a jamais soulevé la même indignation dans les associations/« communautés LGBT », pourtant ces violences sont quotidiennes et en trop grand nombre pour qu’il soit possible d’en dresser la liste.

 

Ne parlons même pas des chefs d’état des pays arabes/musulmans, ils n’ont même pas condamné l’attentat, mais entre les homophobes que ça arrange de ne pas parler de l’orientation sexuelle des victimes et ceux qui ne voudraient parler que  d’homophobie, sortant ainsi les gays et les lesbiennes du contexte politico-religieux du moment, il y a pourtant une réalité plus plausible.

 

Quand je lis l’article d’Abdellah Taia dans Libération « Orlando un silence pas très gay » qui se termine par « Et tout le monde veut la peau des homosexuels », j’ai envie de lui répondre, non ce n’est heureusement pas ce que les nombreuses réactions de sympathie  donnent à penser. Les gays et les lesbiennes sont des cibles parmi d’autres, d’un islam intransigeant. « Gay must die » (propos tenus par le tueur dans le Pulse), oui, mais ce ne sont pas les seuls et il serait temps de se solidariser des autres cibles.

Eric Fassin toujours dans le même média, avec son article « Orlando : « Parlons d’abord de terrorisme sexuel » va encore plus loin en refusant de « renvoyer la tuerie du Pulse vers l’islam et l’islamisme, pour ne pas tomber dans le piège des partisans du « choc des civilisations » ! Une soupe grumeleuse qui résume le projet de Daech  à un « terrorisme sexuel » ! Cet idéologue, pardon sociologue, est passé maître dans l’art de monopoliser la parole universitaire et médiatique mais avec cet article, il se décrédibilise,  l’attentat a bien été revendiqué par Daech qui qualifie le tueur de »combattant de l’état islamique ». Eric Fassin, comme tant d’autres, ne rend pas service aux  progressistes musulmans et / ou arabes qui tentent de réformer et moderniser l’islam, de laïciser leur société, de recouvrer des libertés publiques et individuelles.

Aude Lorriaux quant à elle, avec son article « La tuerie d’Orlando va exacerber la haine des gays contre les musulmans »,  a raison de rappeler que le l’homonationalisme se développe en Europe, mais oublie que l’on peut :

  • combattre librement tous les dogmes religieux ne serait-ce que parce qu’ils oppriment les femmes et les minorités et conditionnent les peuples,
  • à fortiori combattre l’islam fondamentaliste, sa haine des femmes, des personnes homosexuelles et de tout ce qui ne lui ressemble pas,
  • ne pas pour autant verser dans le racisme, ne pas haïr les musulmans ni les arabes ou autres.

En outre, il faut bien mal connaître « les communautés » et associations LGBT pour ignorer que toutes ces dernières années, en tous cas en France, elles se sont plutôt solidarisées des mouvements « décolonialistes », qui « résistent à l’impérialisme » et prônent la non-mixité ou séparation raciale, entraînées par Act-Up, le STRASS…

Elles sont, pour la plupart, bien plus proches des thèses islamo-gauchistes, qu’homonationalistes ! Elles n’ont à la bouche que le mot islamophobie, allant jusqu’à tordre les fondamentaux du féminisme pour les adapter à une doctrine hostile à l’émancipation des femmes et des minorités sexuelles ! Il n’existe pas plus de féminisme islamiste que catholique, mais nous vivons une époque où la manipulation et l’imposture ne connaissent pas de bornes.

Ces alliances sont délirantes, ces mouvements « décolonialistes » justifiant l’homophobie par le fait de résister à l’impérialisme blanc.

S’allier avec ceux qui veulent vous éliminer, ça vous fait penser à quoi ? Allez, un petit effort, un syndrome bien connu …

 

Tous ces raccourcis et ce déni entretenus par des intellectuels et médias sont terrifiants, ils ont notamment nourri le clientélisme politique et d’innombrables atteintes à la laïcité, à l’égalité femmes-hommes,…

Quelles sont les véritables raisons de cette complaisance vis-à-vis de l’obscurantisme d’une religion, alors qu’à juste titre, le moindre faux pas de n’importe quelle autre religion est immédiatement dénoncé ? C’est probablement la seule question à se poser pour comprendre ces intellectuels et militants qui à force de déni et de complicité avec les  racistes du Parti des Indigènes de la République (PIR) et autres, ouvrent un immense boulevard à l’extrême droite et ses groupes identitaires.

 

Le concept de loup solitaire n’a quant à lui guère de sens. Pourquoi un loup, pourquoi solitaire ? Pour se rallier à Daech et pire encore passer à l’acte, il faut avoir été radicalisé. Personne ne se dit tout à coup, tiens, je me procure des armes et je vais tuer des juifs, des femmes, des homosexuels, des lesbiennes, des musiciens, des policiers… ? Non, il faut avoir été endoctriné pour cela et même s’il s’agit d’une décision individuelle. D’ailleurs, avec Internet, nul besoin de faire partie d’un groupe, ni même fréquenter une mosquée. Encore que,  nous avons appris depuis qu’à la mosquée d’Orlando, un invité de l’imam s’était prononcé « pour la mort des homosexuels ». (La vidéo est en libre accès sur Youtube).

 

Cette fois, la cible d’un tueur radicalisé qui avait fait allégeance à Daech, c’est l’orientation sexuelle, l’homosexualité,  comme d’autres fois le sont le sexe/genre, la religion, la jeunesse, la fête, le vivre ensemble ou tout autre symbole de la soi-disant perversité laxiste de l’occident.

Il est dommage que si peu de gays et de lesbiennes le prennent en compte.

Il est également regrettable que l’on ne parle une fois de plus, que de gays, tant dans les associations LGBT que dans les médias. Il n’y a pas que des gays décédés au Pulse. Invisibiliser les lesbiennes, il faudrait distribuer des médailles, quelle bousculade ce serait !

Julie Bindel, journaliste au Gardian, militante féministe et lesbienne, a tweeté « Can we please stop using the word « homophobia »? Hatred and bigotry is NOT a phobia, and women are excluded by the use of homo”.

La tuerie d’Orlando c’est la bigoterie religieuse, la misogynie, la masculinité frustrée, la haine de soi et de l’homosexualité de nos sociétés machistes ET l’endoctrinement islamique qui en sont responsables.

 

La solidarité n’est pas à sens unique, elle doit se manifester à l’égard de toutes les cibles du fondamentalisme musulman. Tous ceux  qui sont prêts à vendre les droits et libertés que les féministes, les minorités et les progressistes ont acquis de très haute lutte, doivent savoir que nous ne les laisserons pas faire.

A l’évidence la liberté et la sécurité sont des aspirations universelles, non seulement nous ne reculerons pas ici, mais nous aiderons toutes celles et ceux qui partout dans le monde, se battent pour s’affranchir des inégalités, discriminations et violences religieuses,  fondamentalistes ou « modérées ».

Je terminerai par les mots de l’écrivaine et femme politique Somalienne Ayaan Hirsi Ali, qui sait de quoi elle parle : « No doctrine is more violent to the gay community than islamic doctrine. It is time to take on muslim homophobie.«

Christine Le Doaré

 

 

Christine Delphy, la supercherie

eGZjcWl0MTI=_o_linvit-prsente-christine-delphyChristine Delphy, sociologue française, a fait paraître dans The Guardian, le 20 juillet dernier un article intitulé : « French Feminists are failing Muslim women by supporting racist French Laws ».

 

Utiliser un support anglophone pour balancer sur le mouvement féministe français n’est vraiment pas fair-play ! La thèse développée par Mme Delphy, en France, nous la connaissons bien, elle peut se résumer en une phrase : le féminisme français au prétexte d’être universel et laïc, stigmatiserait les femmes musulmanes pourtant contraintes de se voiler afin de résister à un état français islamophobe.

Aussi, selon elle, le féminisme français devrait-il s’adapter aux spécificités culturelles et religieuses musulmanes pour échapper à l’accusation d’islamophobie.

Allons bon, ceci signifie-t-il que l’interdit de la contraception et de l’avortement, la virginité, le mariage religieux, la mise sous tutelle, le camouflage des corps impurs, la polygamie, le mariage précoce, le mariage forcé, la répudiation, l’excision, les crimes d’honneur, l’interdiction de l’homosexualité, et j’en passe, toutes ces charmantes coutumes culturelles et /ou religieuses, genrées et misogynes, devraient être évaluées, considérées et tolérées par le féminisme français ?

Non, ne dramatisons pas, les traditions culturelles, chrétiennes, bouddhistes, hindouistes, judaïques, etc., ne sont pas concernées, il faut trier et seules les traditions culturelles islamiques sont à considérer.

Pourquoi ? Parce que les seuls opprimé-e-s en France sont de culture / religion islamique et qu’il n’est pas choquant, sauf d’un point de vue occidental, que  les femmes de ce groupe soient assignées au respect des règles culturelles et religieuses de leur identité de naissance !

 

Pourquoi faire de telles concessions au culturel alors que selon moi, le féminisme consiste notamment à remettre en question la place et les rôles impartis aux femmes et aux hommes ( les stéréotypes de genre ) et promouvoir un modèle de société sans rapport de domination  ?

Otez-moi d’un doute, dans les années 70’s, de quoi donc se libéraient Mme Delphy et avec elle, tout le MLF si ce n’est justement de notre culture patriarcale ? Que criait-on dans les manifestations à l’époque ? Libération des femmes de toutes les traditions, coutumes et habitudes qui nous enfermaient dans les contraintes et violences de la domination masculine judéo-chrétienne !

Ainsi, Mme Delphy qui parle au nom d’une communauté à laquelle elle n’appartient pas, décide que ce qui fut vital pour elle, pour nous, serait mauvais pour les femmes musulmanes qui elles, n’auraient besoin pour s’émanciper que d’aménager leurs  spécificités culturelles et religieuses.

S’être libérée mais  empêcher d’autres femmes de le faire.  A peine condescendant !

 

Le système patriarcal en rêvait, Mme Delphy le lui offre ! Mme Delphy et ses ami-e-s du PIR (Parti des Indigènes de la République), des Indivisibles, Tariq Ramadan et les autres (d’une certaine gauche radicale, etc.), demandent aux femmes de rester à la place qui leur a été assignée par leur culture d’origine.

Le relativisme culturel permet de justifier l’oppression des femmes au nom de la culture, alors si en plus, c’est la culture de l’opprimé-e-,  toute critique est interdite sous peine d’accusation de racisme.

Le féminisme universaliste constitue une grave menace : vous imaginez la moitié de l’humanité consciente de la domination masculine universelle, toutes solidaires dans nos luttes, rejetant les discriminations et violences de genre et valorisant d’autres rapports sociaux et politiques, et dans tous les domaines ?

Bien trop risqué ! Il faut à tout prix nous diviser et récupérer nos luttes et nos énergies. Le pire, c’est que ça fonctionne, alors qu’il ne viendrait à aucun autre mouvement social l’idée de défendre des théories qui pour finir, se retourneraient contre ses membres ! Il ne faut pas se demander pourquoi l’oppression des femmes n’en finit pas !

C’est indéniable, Mme Delphy fut jadis féministe, mais dans un contexte mondialisé de retour en force des religions, elle a fait le choix du relativisme culturel, allant jusqu’à s’allier aux groupes de pression racialistes, essentialistes et différentialistes, aux relents racistes.

 

Le mouvement des femmes, qui sait que le féminisme est antinomique avec toute forme de domination de sexe, classe et « race », n’a jamais attendu une intellectuelle égarée, pour s’intéresser à la question, nouer des liens de solidarité avec les femmes du monde entier qui elles, s’organisent pour résister au machisme et au totalitarisme (La Marche mondiale des Femmes, par exemple).

C’est une chose de dire qu’il n’y a pas suffisamment de femmes « racisées » dans le mouvement des femmes, c’est tout autre chose de prétendre le mouvement féministe, raciste !

Le plus grave dans tout ceci, c’est le mépris affiché par Mme Delphy et les relativistes envers les femmes en lutte pour leurs droits et libertés, et souvent au péril de leur vie, dans les pays de culture musulmane.

Quand les intégristes quittent leur pays,  elles se libèrent de leur voile stigmate sexiste d’impureté féminine,   mais chez nous, Mme Delphy les trahit !

Les féministes universalistes sont solidaires des féministes de culture musulmane qui refusent les diktats culturels et religieux sexistes. « Celles qui portent un voile en vivant dans le monde occidental contribuent à asservir les femmes pour lesquelles le voile est une contrainte ailleurs dans le monde. » Mona Eltahawy

 

En France, la défense de religion musulmane, présentée comme la lutte contre l’islamophobie, s’est substituée à la lutte contre le racisme, contre toutes les formes de racisme.

Critiquer l’islam, refuser les  contraintes et violences genrées qu’elle impose aux femmes, n’est pas être islamophobe, mais féministe et progressiste. De la même manière, l’est la critique de toutes les religions.

Quand une féministe condamne les femmes de culture musulmane à devoir revendiquer une identité religieuse,  communautaire, alors que les féministes occidentales se sont elles, révoltées contre les contraintes culturelles, sociales, religieuses, familiales, qui les étouffaient, elle tourne irrémédiablement le dos au mouvement de libération des femmes. C’est logique de la part des islamistes de prétendre le féminisme occidental raciste, ils gagnent du temps en nous séparant de « leurs » femmes, en revanche, les femmes qui s’en font les complices perdent toute légitimité à s’exprimer au nom du mouvement de libération des femmes.

Le féminisme est universel car l’oppression des femmes et nos solidarités n’ont pas de frontières ; le reste n’est qu’imposture.

 

Christine Le Doaré

 

 

 

Islamo-gauchistes, prenez-nous pour des cruches !

fanatiques_cabuLes masques tombent  et ça fait peur.

 

Il a longtemps été mal vu de qualifier d’islamo-gauchiste cette  gauche  qui se pique de vouloir  libérer l’humanité en hiérarchisant les discriminations, en substituant l’islamophobie à la lutte contre le racisme, en rejetant toute critique de l’Islamisme. Elle ose se prétendre féministe, mais  justifie  l’oppression des femmes, par le relativisme culturel.

 

A peine 3 mois après les attentats qui ont ensanglanté  la France,  l’islamo-gauchisme multiplie les provocations et salie la mémoire et les luttes de la gauche et du mouvement des femmes.

Alors oui, cette étiquette lui va comme un gant et il n’est plus temps d’afficher la moindre complaisance à son encontre.

 

Islamo-gauchisme ou différentialisme  identitaire qui efface les classes sociales et les rapports sociaux de sexe au profit de l’anticolonialisme. Il attribue une  place à part à la religion et aux coutumes des populations immigrées,  labélisées victimes de l’état colonial, peu importe leur statut social et les inégalités entre les femmes et les hommes.

Et tant pis si cette religion opprime les femmes, il n’est pas si facile de travestir le soutien à l’islam ou lutte contre l’islamophobie en antiracisme encore moins en féminisme, alors ça mérite bien quelques  sacrifices !

 

Je ne pense pas beaucoup me tromper en écrivant que nombre de personnalités bien positionnées dans les milieux politiques, universitaires, aussi dans les médias, telles Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Rokhaya Diallo, Pierre Tévanian, Christine Delphy, Houria Bouteldja, Eric Fassin, Clémentine Autain, Gaiss Jasser et tant d’autres, aussi au NPA, au MRAP, au PCF, chez les Verts, dans certains groupes LGBT, au STRASS, etc., sont plus ou moins associées à cette  étiquette.

Certains ont participé au  «meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », aux côtés du Parti des Indigènes de la République (PIR),  de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), d’Oumma.com, des Indivisibles, etc.

Le PIR crée en 2005 se définissait à ses débuts comme un mouvement antiraciste, c’était de bonne augure ; seulement voilà, au lieu de se consacrer à la lutte contre le racisme, il s’est enfermé dans une haine communautariste de l’occident, défendant l’islamisme, se déclarant antisionistes (c’est-à-dire contre l’état d’Israël), parlant de « philosémitisme d’état » et allant jusqu’à soutenir sans réserve, le Hezbollah et le Hamas.

La réactionnaire UOIF est  farouchement opposée à l’avortement et au mariage pour tous.

Remarquez bien que ça n’a pas gêné les Jeunes communistes, le NPA, la Fondation Copernic, le PCF et tant d’autres, de figurer dans la liste des signataires de l’Appel au meeting ; certains comme EELV ont longuement tergiversé, finissant par retirer leur signature.

 

imagesOn est en droit de se demander où est passé le bon sens politique de cette  gauche, de ces « féministes » bernées par les sirènes essentialistes et différentialistes.

Athées, mais pas du tout embarrassés par un paternalisme condescendant qui encourage les opprimé-e-s, personnes racisées seulement (guère étonnant que tant d’ouvriers et employés passent au FN !),   à adopter des  pratiques religieuses sexistes et aliénantes ! En revanche, les religions des « dominants » continuent d’être moquées et combattues. Cohérence ?

Pas gênés non plus qu’il ne soit plus question de luttes de classes ou de luttes féministes mais de caricaturaux affrontements  « blancs » contre « non blancs » !

A l’aise pour exiger le droit de la religion islamiste à s’imposer au prétexte que ce serait la religion des défavorisés, mais oublier opportunément que la communauté religieuse la plus persécutée aujourd’hui dans le monde, c’est les chrétiens ! Cohérence ?

Hurlant pour les droits des Palestiniens, ignorant ceux des Syriens. Cohérence ?

Faut-il que cette gauche et ses pseudos féministes soient malades pour justifier des alliances nauséabondes, dangereuses pour tous les démocrates et en particulier pour les droits des femmes.

 

Prétendre lutter contre le racisme, se revendiquer du féminisme,  avec une haine qui ressemble à s’y méprendre, à du racisme, qu’est-ce d’autre sinon une imposture ?

Houria Bouteldja, patronne du PIR a tout de même traité de « souchiens » les français « blancs ». L’expression « français de souche » du FN est indéniablement condamnable, mais à quoi rime de le  faire de cette manière ?

Je hais le racisme ! C’est quoi « blanc-che « ? C’est quoi « noir-e » ? A à partir de quelle concentration pigmentaire ? Et tous les autres ? J’en ai tellement marre de cette façon raciste d’appréhender les individu-e-s.

Les êtres humains ont des origines et  couleurs de peaux diverses depuis le temps que l’humanité se mélange. Ce qui est certain, c’est que l’ultra libéralisme écrase les classes sociales les plus fragiles et que les  femmes sont toujours les principales victimes des discriminations et violences de classe et de sexe.

Oui la colonisation a existé, a fait des ravages, mais toutes les sociétés patriarcales ont une histoire conquérante d’invasions successives, de domination, d’exploitation et de violences.

Beaucoup ont pratiqué l’esclavage, et les musulmans en premier. Si je ne m’abuse, Mahomet a autorisé tout homme musulman à coucher avec ses esclaves, sans avoir à subvenir aux besoins des enfants nés de ces rapports (le plus souvent des viols).

Sympathique non ?

unnamed200

A quoi peut bien mener une vision aussi tendancieuse si ce n’est à pérenniser l’exclusion et à en fabriquer d’autres ?

Comment, par exemple, expliquer l’aveuglement suicidaire des LGBT islamo-gauchistes qui font semblant d’ignorer l’homophobie des Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée coordinateurs du « Nous sommes les Indigènes de la République » et qui revendiquent  « Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations » et qui ont accusé Fadela Amara d’avoir appelé à l’émergence « d’un mouvement gay dans les quartiers » ?!

Houria Boutelja du PIR parle « d’homosexualité imposée » et « d’impérialisme gay » et n’hésite pas à affirmer que « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires».

Pour Youssef Al-Qaradawi de l’UOIF,  l’homosexualité est une « une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ». Il pense aussi que tuer les homosexuels n’est « qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ».

Nos meilleurs ami-e-s quoi !

quenelles manifpourtousphoto prise lors de la dernière Manifpourtous Paris (collusion des totalitarismes religieux).

Qu’est-ce qui distingue le PIR et les  islamo-gauchistes des haineux du Bloc identitaire d’extrême droite ou de Riposte Laïque aux affiliations plus confuses ? Pas  grand-chose, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, tous sont aussi irresponsables et morbides.

 

Pour beaucoup, la vie en France n’est pas facile,  à fortiori depuis la crise. Les  moyens de lutte contre les discriminations et les violences de toutes natures, sont insuffisants.

L’accès à l’emploi ou au logement ne sont pas égalitaires, mais il est faux de dire que rien n’est mis en œuvre et si des populations immigrées ou d’origine immigrées, réfugiées aussi, sont légitimes pour exprimer des frustrations et des revendications, elles ne sont pas les seules.

Mais surtout je ne vois pas en quoi  revisiter jusqu’à la nausée les responsabilités de l’état colonial, creuser les replis communautaristes et religieux, encore moins fragiliser la laïcité, vont nous aider à régler les problèmes.

Que la politique des banlieues soit un échec est une évidence, en revanche, vouloir nous faire croire qu’il y aurait aujourd’hui en France, des discriminations organisées par une République d’ordre colonial et raciste est juste un grotesque mensonge.

Faire comme si les injustices, le racisme, les discriminations et les violences ne sévissaient pas amplement dans les pays idéalisés avec la plus grande démagogie par les « islamo-gauchistes »,  l’est tout autant.

Nombre de « féministes » islamo-gauchistes qui se pavanent ici sur les plateaux de TV pour parler des bienfaits du voile, hijab ou niqab alors que des femmes sont harcelées et emprisonnées pour ne pas le porter ailleurs, ne prendraient leur place pour rien au monde !

 

Tenter de faire avaler à des militantes féministes qu’il suffirait de combattre l’ »islamophobie » pour que tout s’améliore, c’est franchement nous prendre pour des abruti-e-s.

Le terme même d’ »islamophobie » que médias et politiques utilisent à qui mieux mieux, est contestable car il interdit toute critique de la religion musulmane.

La peur et le rejet de l’autre, étranger-e, immigré-e, arabe, africain-e, asiatique, etc., c’est du racisme ou de la xénophobie ;  le racisme et l’antisémitisme sont infects, ce sont des délits, pas l’islamophobie, la cathophobie ou le judaismophobie !

Voudrait-on nous faire croire qu’un arabe athée, ou un noir juif, sont moins victimes du racisme qu’un musulman  « blanc » ? !

Il est aussi absurde d’assimiler de manière systématique, les personnes d’origine étrangère, immigré-e-s, réfugié-e-s, même en provenance de pays arabes, à des musulmans.

Tout le monde n’est pas embrigadé dans une religion, et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui se lèvent un peu partout dans le monde pour revendiquer leur athéisme.

Les islamo-gauchistes ne leur rendent pas service !

Comme s’ils ignoraient que toute  religion, même sous sa forme modérée, opprime les femmes, leur assigne une place inférieure ?

Enfin, la virulence du totalitarisme fondamentaliste musulman est telle qu’elle impose de condamner fortement les dérives barbares qui écrasent les populations de nombre de pays musulmans, aussi la complaisance de nombre d’islamo-gauchistes à l’encontre de groupes terroristes intégristes est-elle proprement scandaleuse.

Dans tous les cas, c’est un droit fondamental dans une démocratie, sans risquer  une accusation de racisme, de pouvoir rejeter et critiquer toute doctrine, tout dogme religieux ou politique.

ob_2db35e_10351821-10152640238464074-23160325570 Photo prise lors des manifestations pro-Palestine de l’été 2014 à Paris Place de la République

Le pire encore en tant que féministe, c’est d’être confrontée  à des militants qui se disent de gauche et féministes et qui en guise de féminisme, passent leur temps à cautionner  un féminisme bradé, voire un « féminisme musulman » ! Vous connaissez vous, le féminisme chrétien ?!

Non, le féminisme, ça ne s’accommode jamais à la sauce de l’oppresseur !

 

Le féminisme n’a jamais fait la promotion du mariage des adolescents, encore moins du mariage forcé, de la prostitution ou du port du voile, hijab ou niqab,  contrainte sexiste essentialiste, qui ne s’impose qu’aux femmes dans le but de les contrôler et de les réserver à la vue de leur seul « propriétaire ».

Les islamo-gauchistes ne rendent pas service aux femmes qui tentent, dans les  pays où le port du voile est obligatoire, de s’en affranchir au péril de leur vie !

Ils valorisent les collectifs 8marspourtoutes, les groupes de femmes voilées, comme celui des mamans de Christine Delphy mais ignorent le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers qui résiste aux injonctions du Conseil du Culte musulman : « Le voile est une prescription qui recommande au Prophète de « dire à ses femmes, à ses filles et aux femmes des croyants » (Coran 33-59), de l’arborer pour la réserve qu’il leur impose ».

Lecture littéraliste et patriarcale s’il en est.

Si les femmes d’origine maghrébine du collectif d’Aubervilliers contestent le voile, ce n’est certainement pas par racisme, mais parce qu’il marque un rapport social inégal entre les femmes et les hommes, dans l’espace public.

Selon elles, il est un instrument de domination et de restriction de liberté : « Exigé dans les pays les plus conservateurs, il est toujours le premier acte d’autorité des djihadistes dans les villages conquis (Irak, Syrie, Mali, Nigeria…), que les femmes soient musulmanes ou non. Il est devenu leur étendard de par le monde. Il s’accompagne de la suppression de toute liberté pour les femmes. »

 

Le féminisme vise à l’anéantissement du système patriarcal pour émanciper les femmes et par là-même toute l’Humanité, pas à son aménagement pour complaire un quelconque pouvoir masculin, à fortiori religieux !

Le mouvement de libération des femmes est universel et laïque, il noue des solidarités entre les femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences identiques de la domination masculine.

Les violences conjugales, le viol, les violences prostitutionnelles, les mariages forcés, les féminicides, se retrouvent partout sur la planète ; dans certains pays, se pratiquent également quelques horreurs supplémentaires telles l’excision, la répudiation, la lapidation, etc.

Se battre contre l’islamophobie, la cathophobie ou je ne sais quelle phobie des religions, n’a jamais fait partie des  priorités du féminisme dont le but est de libérer les femmes de toute domination donc de tout  diktat religieux ; les religions étant sans conteste, l’un des instruments patriarcaux les plus redoutables.

Tout de même, quelle  confusion, quelle vaste fumisterie ! Que penser de ces intellectuel-le-s et politiques qui orchestrent cette machination, nourrissent les haines, inventent des concepts toujours plus aberrants, flattant leur cour de nostalgiques de la revanche du  grand soir « Indigène » ?

islamo-gauchistes

Le concept de « féminisme raciste blanc » est une imposture d’autant plus révoltante que l’intersectionnalité des luttes à la sauce islamo-gauchiste ne sert qu’à noyer les revendications, droits et libertés des femmes dans les stratégies prioritaires des objectifs et agendas masculins.

Bientôt les islamo-gauchistes nous expliqueront que la religion des « opprimé-e-s » est forcément progressiste, que la prostitution c’est très bien pour certaines femmes mais que les autres doivent être voilées, retour aux ancestrales saintes ou putains, et que le féminisme « occidental » est plus dangereux pour les femmes racisées que les violences de la domination masculine !

Allons donc ! La laïcité pleine et entière et les religions renvoyées à la sphère strictement privée, sont  à l’évidence la meilleure garantie pour les femmes de parvenir à l’égalité femme/homme.

Tout ce charabia fait écho au narcissisme du féminisme relativiste post-moderne où des idiotes inutiles qui ne connaissent rien aux fondamentaux,  se bornent  à clamer « être féministe c’est faire ce que je veux », comme si le féminisme n’était qu’un individualisme de plus et n’avait pas d’autres ambitions que l’exploration de l’aliénation « choisie » ? !

Ce dévoiement, ce travestissement  du féminisme relève en réalité du plus sordide révisionnisme qui soit, c’est une répugnante arnaque, une sale névrose.

caricature_charlie

Il ne faut pas penser beaucoup plus loin que le  bout de son nez pour plonger dans ces tristes et stupides sornettes, aussi dangereuses pour notre démocratie (aussi faillible et perfectible soit-elle),  et pour les droits des femmes,  que l’est l’extrême droite, et ce n’est pas peu dire.

Des extrêmes purulents de haine et de mensonges,  des impostures à dénoncer et combattre sans relâche.

Islamo-gauchistes ou FN, c’est non aux extrêmes de la haine !

Christine Le Doaré

Je suis féministe, je suis Charlie

74027095

7 janvier 2015, 11h30, la rédaction de Charlie Hebdo est victime d’un attentat terroriste ; deux jours plus tard, des juifs sont exécutés dans un commerce cascher.

C’est probablement la première fois en France, que des fondamentalistes exécutent méthodiquement, implacablement, leurs cibles : « Vous allez payer parce que vous avez insulté le prophète » lâchent-ils en partant de Charlie Hebdo, pour justifier leur effroyable carnage.

S’en suit une mobilisation sans précédent depuis la libération de Paris, soutenue un peu partout dans le monde libre.

 

Engagée, laïque, anticléricale, antiraciste, antifasciste, la féroce satyre de Charlie Hebdo visait les pouvoirs économiques, politiques et religieux, la gauche, la droite, le FN souvent, etc.

Les tueurs, fondamentalistes islamistes qui ne tolèrent pas la désacralisation, ont voulu réduire au silence des libres-penseurs anticléricaux.

Leurs cibles étaient menacées depuis longtemps, mais qui pouvait imaginer que la lutte serait à ce point inégale : des dessins et des mots, des parisiens qui font leur course et des policiers en service, contre des tueurs lourdement armés ?

La critique, la liberté d’expression, la vie tout simplement, fusillées. Cette liberté, ces modes de vie, ce sont les nôtres, ceux du peuple français, des européens aussi, et c’est même universel, c’est notre ADN commun.

 

Curieusement pourtant, des voix se sont élevées pour dire « Je ne suis pas Charlie… », de féministes aussi, se dissociant de l’unanime élan de solidarité nationale, et allant jusqu’à prétendre que Charlie Hebdo était sexiste, raciste et « islamophobe ».

Diffamation caractérisée : Charlie Hebdo n’a jamais été ni raciste, ni « islamophobe » *1, au contraire, il luttait, à sa façon, contre les idéologies haineuses. Mais je reconnais bien là, la grossière manipulation rhétorique de certains « islamo-gauchistes ». Le relativisme façon « Indigènes de la République » *2 est une insulte à la démocratie ; il a malheureusement imprégné jusqu’aux politiques publiques instaurées par la gauche, accordant notamment aux « grands-frères » des citées, un rôle plus que contestable.

« JeSuisCharlie » n’a jamais voulu dire : je valide tout le contenu de Charlie Hebdo, mais je suis pour la liberté de la presse, la critique des religions et leur caricature.

Justifier l’acte sans nom des assassins de Charlie Hebdo, quand on vit dans un pays démocratique, c’est un luxe de lâches.

 

Quant à être sexiste, Charlie Hebdo, parfois oui, souvent non.

Le système patriarcal infantilise les femmes, entrave leur autonomie, contrôle leur sexualité et leur interdise de disposer d’elles-mêmes comme elles l’entendent.

Alors, Charlie, ni personne, n’est jamais assez féministe, mais l’engagement de Charlie Hebdo contre l’exploitation des femmes et le sexisme des religions en a toujours fait un allié incontestable des féministes.

N’oublions pas les éditos et textes féministes publiés dans le magazine, et les dessins, notamment celui de Charb en réponse aux 343 salauds !

Rappelons-nous les unes sur l’avortement, la fête des mères « Vive la pilule », la GPA (un couple et une esclave) !

Nous savons notamment Charb et Gérard Biar rédacteur en chef, pro-féministes et abolitionnistes de la prostitution.

 

Tuer des membres de l’équipe de Charlie Hebdo pour imposer son point de vue, est un aboutissement des plus pervers du machisme.

Les terroristes sont des ultra-machistes, sont ce que les sociétés patriarcales produisent de pire.

C’est donc bien aussi, en tant que féministe, que je pleure les courageux humoristes irrévérencieux qui, bien que lourdement menacés, ont jusqu’au bout tenu à remplir leur mission d’aiguillon des consciences.

 

Voir autant de gens soudés pour défendre nos libertés fondamentales et résister au terrorisme, m’a aidée comme beaucoup, à endurer ce cauchemar. Bien sûr il y a des personnes racistes en France, le succès du Front National est là pour nous le rappeler, mais au cœur de ces heures oppressantes, nous n’avons déploré qu’à la marge, amalgames et actes de violence envers des musulmans ou supposé.e.s être musulmans car les français le savent, les musulmans sont aussi des cibles du terrorisme.

Dans l’adversité, l’exécutif a bien réagi et cette fois, j’ai trouvé François Hollande à la hauteur de l’évènement, rassembleur, responsable, rappelant que « Ceux qui ont commis ces actes, ces fanatiques, ces illuminés n’ont rien à voir avec la religion musulmane. », n’éludant pas la volonté délibérée des terroristes, de commettre « un acte antisémite » Porte de Vincennes et appelant « tous les Français à se lever dimanche, ensemble, pour porter ces valeurs de démocratie, de liberté de pluralisme ».

 

Il y a un temps pour tout. Tous les prétextes pour affaiblir la mobilisation étaient autant de cadeaux faits aux terroristes. Dimanche, le peuple rassemblé a adressé unanime, un message aux groupes terroristes : le délit de blasphème n’existe pas, l’Islam, radical ou pas, comme toutes les religions, peut et doit être critiqué, non au terrorisme !

Nous devons maintenant interroger : les responsabilités de l’état sur l’échec de l’intégration de populations, aux valeurs « républicaines » ; le manque de perspicacité de nos gouvernements pour lutter contre les dérives intégristes et le terrorisme ; les failles de la protection des personnes fortement menacées ; l’importance des liens entre le grand banditisme et le terrorisme ; le manque de surveillance des personnes identifiées dangereuses et l’ampleur du groupe « des buttes Chaumont » ; le rôle des imams qui endoctrinent et recrutent pour les filières djihadistes ; etc. tout cela doit nous interpeller et être traité par les autorités.

 

Il nous faut aussi refuser les poncifs et faux-fuyants qui ne nous aideront pas à régler les problèmes. Il n’y aurait pas de problème avec l’Islam ? Bien sûr que si ! Comme il y en a avec toutes les religions qui toutes sans exception, ont un versant doux et éclairé et un versant beaucoup plus sectaire, totalitaire, allant jusqu’à l’intégrisme (Manifpourtous et désobéissance civile avec le refus de marier des couples homosexuels, Frères musulmans, etc.). Toutes les religions sont préjudiciables aux femmes, à leur autonomie et liberté, aux gays et aux lesbiennes aussi, et la religion musulmane n’est pas en reste.

Les religions chrétiennes sont en perte de vitesse, mais les religions musulmane et juive rencontrent un regain d’intérêt, se radicalisent et sont de plus en plus visibles dans l’espace public, à un point tel que nombre d’athées étouffent sous tant de religiosité ostentatoire. L’islam politique a sous emprise des familles, des quartiers, au point que la pratique religieuse se généralise, devient radicale, et interdit à ceux qui le souhaiteraient de se déclarer athé.e.s. Les enseignants qui témoignent de la journée de deuil national du 8 janvier font état de réactions d’enfants imperméables à l’humour, figés dans une foi aveugle, intransigeante : « Ils l’ont bien mérité : Ils n’avaient pas à insulter notre Prophète ». Des macho-barbus imposent souvent des règles qu’ils décrètent coraniques et dont les principales victimes sont les femmes et les enfants. Il n’y a pas que l’islamisme versions Hamas, Hezbollah ou Etat Islamique qui soient  critiquables, trop rares sont les musulmans qui effectuent un travail critique sur les textes et pratiques religieuses, et dénoncent notamment, une lecture datée, particulièrement sexiste des textes. Les tenants d’un « politiquement correct » n’ont eu de cesse de culpabiliser ceux qui s’interrogeaient sur le développement du communautarisme et de l’islam politique.

 

Pour continuer de vivre ensemble, de partager l’espace public, la République devrait procéder à des rappels, aussi souvent et fortement que nécessaires, à la laïcité. Elle devrait aussi relever les confusions, l’origine et la religion sont deux réalités bien différentes, c’est le premier amalgame qu’il faut cesser de faire : le racisme existe, l’ »islamophobie » non. Elle devrait réaffirmer que religions ne sont en rien opprimées en France, en revanche, elles oppriment toujours les femmes et c’est un problème dans une République qui vise l’égalité entre les femmes et les hommes, inutile de se le cacher.

 

Parce que je suis féministe, forcément, JeSuisCharlie et le resterai

Christine Le Doaré

 

*1 Le mot « islamophobe » a une histoire, il a été inventé par les islamistes dans le but d’interdire toute critique de l’islam radical.  Il s’agit d’une atteinte au droit fondamental à exercer la liberté d’expression. Les religions ne sont que des croyances qui doivent pouvoir être critiquées.  En utilisant ce mot, nous donnons du pouvoir aux islamistes pour réduire au silence leurs peuples d’abord et puis tous ceux qu’ils considèrent être des mécréants. Cessons d’être complices, de mélanger origine, religion et pouvoir.  Le racisme existe, l’antisémitisme a une histoire, mais les religions elles, ne sont jamais à l’origine de phobie ; il y a les indifférents, les adeptes et ceux qui les combattent, le plus souvent pour d’excellentes raisons et c’est très différent.  Une certaine gauche, certains intellectuels, les Indigènes de la République et leurs amis n’ont que ce mot à la bouche, il faut l’oublier.

http://sisyphe.org/spip.php?article2282

 

*2 Quand un collectif de 20 intellectuels, aux côtés des Indigènes de la République, condamnait Charlie Hebdo.

http://Imsi.net/Pour-la-defense-de-la-liberte-d

 

http://wwwgaucherrepublicaine.org//…/2,article,907..

 

 

 

STRASS, Morgane Merteuil : inversions et manipulations

marche-tete-04-900x599Morgane Merteuil, STRASS, réglementaristes de la prostitution et inversion rhétorique au service de la manipulation.

Savez-vous que les personnes qui ne consomment pas assez de biens matériels sont responsables des ratées du système capitaliste ? Egalement, que les victimes du racisme sont responsables de l’inquiétude des occidentaux menacés par une société métissée et plurielle ?
Je vous sens crispéEs là, non mais c’est quoi ce discours néolibéral et raciste ? Inversion sémantique au service de la manipulation idéologique ? Oui, sans aucun doute !
Pourtant, quand Morgane Merteuil, porte-parole du STRASS*1. écrit que les clients et plus généralement les bénéficiaires du système prostitueur rendent service aux femmes en leur permettant de se prostituer quand les féministes abolitionnistes, elles, les mettent en danger, le procédé est rigoureusement le même mais peu y trouvent à redire.
Pourquoi sur le sujet de la prostitution tant de progressistes ont-ils l’esprit critique en berne, quand sur d’autres sujets, ils sont prompts à repérer les tentatives de manipulation à coups d’inversions sémantiques flagrantes ?

Le dernier texte de Morgane Merteuil est un chef-d’œuvre du genre. Elle y opère une double manipulation.
Elle s’appuie sur un texte de Joan W. Scott « Émancipation et égalité : une généalogie critique », donné lors d’une conférence Au-delà du patriarcat du colloque Penser l’émancipation (Nanterre, février 2014).

Le titre de Merteuil « Putes, corps désirants et émancipations », donne le ton, comme si juxtaposer des mots inconciliables suffisait pour convaincre de la pertinence du propos :
« putes » ce qui signifie : femmes (le plus souvent, mais pas seulement) performant des rapports sexuels sans désir et pour de l’argent, sous la contrainte (le plus souvent, mais pas toujours) ; rien que l’utilisation du mot « pute » est douteux, il permet de détourner l’attention et d’effacer la violence de la réalité de la prostitution,
« corps désirants » mais qu’est-ce donc qu’un corps désirant ? Un être désirant, oui, je vois, un corps désirant, déjà beaucoup moins, à moins que Morgane Merteuil ne reconnaisse l’état de distanciation / dissociation nécessaire pour se prostituer, l’esprit ici et le corps tout là-bas ?
Dans tous les cas, parler de « corps désirants » dans le cadre de la prostitution, alors que nombre de professionnels de santé et de féministes s’accordent à la qualifier de violence sexuelle intrinsèque et que les associations de défense de prostituéEs prétendent en faire un travail, est pour le moins contradictoire.
« émancipations », le mot est au pluriel, c’est tout de suite plus signifiant.
C’est aussi un artifice pour associer l’émancipation des femmes musulmanes à celles des femmes prostituées, le STRASS ratisse large et aux côtés de ses amiEs des Indigènes de la République, Morgane Merteuil tente de nous convaincre que « féminisme musulman » et « féminisme pute », même combat ! *2.Voir « Des déchaînézs au genoux du patriarcat ».

Le texte est à l’image du titre : une laborieuse tentative d’inversion des responsabilités, chaque argument étant maltraité jusqu’à l’absurde.
Bien entendu, les industries du sexe ne sont plus des industries ultra-capitalistes qui s’en mettent plein les poches sur le dos de femmes exploitées, les proxénètes comme les clients ne sont plus des instruments de la domination masculine et ne sont jamais responsabilisés, en revanche, les féministes abolitionnistes seraient des libérales « des franges répressives » et mettraient en danger les personnes prostituées.
De quelle manière et avec quels moyens, vous ne saurez jamais, ce qui compte c’est de semer le doute, de faire de la désinformation et de propager des mensonges.

Joan W. Scott prétend que « la rhétorique de l’émancipation sexuelle et de l’égalité entre les sexes, en ce qu’elle est soumise à un capital mondialisé qui fait du désir, et de sa capacité à l’assouvir, un préalable à la citoyenneté, contribue à la perpétuation de la domination de « populations minoritaires défavorisées », et notamment des femmes musulmanes ».
La théorie de Joan W. Scott est tout de même particulièrement perverse, elle suggère que l’émancipation des femmes occidentales, leur droit à une sexualité libre et désirante, leur volonté d’égalité, sont responsables de la domination des femmes musulmanes qui elles, n’auraient pas atteint ce niveau de liberté et ne pourraient donc, de ce fait, accéder au statut de citoyenne.
Entendez bien, les femmes musulmanes ne seraient pas opprimées par la domination masculine, l’interprétation masculine de textes religieux, le poids des traditions, non, du tout, elles seraient dominées à cause des féministes, des femmes occidentales libérées et seules dignes d’un statut de citoyenne !
Formidable exemple d’inversion des responsabilités et de manipulation rhétorique !
Les féministes universalistes « orientales » qui luttent dans les pays musulmans apprécieront cette obole au féminisme islamiste et plus encore au système patriarcal !
[Que des intervenants capables de telles manipulations soient invitéEs dans des universités françaises me laisse perplexe.]

Puis, entraînée dans son élan, non contente, comme Joan W. Scott, d’accuser « la communauté des nations » d’avoir choisi « le désir sexuel comme dénominateur commun universel dans la définition de l’humain », et par conséquent, selon Morgane Merteuil, d’être « islamophobe », [vous suivez j’espère ?], la porte-parole du STRASS extrapole et, seconde manipulation, se demande « si le rejet des revendications des travailleuses du sexe peut, lui aussi, correspondre un autre aspect du discours civilisationnel analysé ici par Joan W. Scott ».

Je vous épargne quelques paragraphes plutôt inintelligibles, pour arriver à ceci : « L’accent placé sur une sexualité libérée … fait écho au désir de consommer qui sert de moteur au marché, et permet de détourner l’attention des injustices économiques et sociales qui résultent de la discrimination et des formes structurelles de l’inégalité. On touche bien là à un des fondements de l’idéologie libérale, qui fait finalement reposer sur la volonté individuelle la capacité d’émancipation (sexuelle), sans prendre en compte les rapports de domination et de dépendance qui peuvent entraver celle-ci. Ainsi, dans le débat sur la prostitution, la position abolitionniste consistera essentiellement en une volonté de « responsabilisation » des clients…, sans que ne soient jamais abordées les causes économiques et structurelles qui peuvent pousser des femmes non seulement à exercer cette activité mais de manière plus générale à être dépendantes des hommes. »
Quel plus beau déni de la réalité des luttes féministes !
Un allié pareil, le patriarcat en rêvait, Morgane Merteuil l’incarne, il peut dormir sur ses deux oreilles.
Morgane Merteuil avance que la libéralisation de la prostitution et la soumission à des dictats religieux/coutumiers, sont des enjeux de luttes émancipatrices.
En réalité, les groupuscules d’activistes du STRASS, du collectif « 8marspourtoutes » et leurs quelques alliéEs politiques et universitaires s’emploient à faire diversion pour éviter toute atteinte sérieuse au système patriarcal et c’est à peu prés tout.

Constamment et simultanément les féministes combattent les systèmes d’oppression idéologiques, économiques et sociaux, dénoncent la pression des industries patriarcales et capitalistes du sexe qui ne cessent d’envahir nos sociétés hypersexualisées, combattent les inégalités femmes-hommes, etc.
Nous abordons la question de la prostitution, en tant que projet de société, à fortiori collectif, par opposition aux réglementaristes qui ne parlent jamais que de choix individuels de quelques « libérales/libéraux » qui exerceraient « librement » sans se préoccuper des millions de femmes déplacées, torturées, violées et prisonnières de proxénètes, de la traite.
Et tout ça, nous le ferions sans jamais interroger et combattre les raisons économiques et sociales qui poussent les femmes à se prostituer ?
Allons donc, nous ne cessons d’expliquer que désespoir, besoin d’argent et passage à l’acte favorisé par des violences sexuelles antérieures, sont les raisons qui poussent le plus souvent les femmes à se prostituer, quand elles n’y sont pas contraintes par un proxénète ou un réseau mafieux.
Une seule femme opprimée, une seule femme violée, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui risquent elles aussi, de subir ce même destin.

Le féminisme n’a pas de sens s’il n’aboutit pas à libérer les femmes, toutes les femmes, de l’emprise de la domination masculine, de leur exploitation et de leurs violences.
La domination masculine vise à contrôler les femmes, leur sexualité, la reproduction ; les religions, les traditions, les institutions sont les instruments de ce pouvoir masculin.
La prostitution n’est jamais que l’un des plus archaïques moyens de s’approprier les femmes – et souvent les enfants, parfois des hommes – réduitEs à des commodité sexuelle au service des hommes. Le voile et plus encore la burqa, le niqab, n’ont d’autre fonction que d’effacer les femmes et de les désigner propriété exclusive du père ou du mari tout puissant.
Morgane Merteuil aura beau triturer la réalité dans tous les sens, nous inventer des concepts « d’épanouissement sexuel islamophobes », – quelle personne sensée peut accréditer une seule seconde l’idée que nos politiques publiques associent épanouissement sexuel et droits sociaux ? -, elle n’est jamais du côté des femmes, de leur libération, de l’abolition du patriarcat.
C’est d’ailleurs pour cette unique raison et manifestement pas pour la pertinence de ses analyses, qu’elle cumule tant de soutiens et d’intérêts médiatiques et politiques.

Une manipulation rhétorique aussi grossière que celle qui consiste à inverser les responsabilités et absoudre au passage les bénéficiaires des systèmes patriarcal et prostitueur, est lamentable mais ce qui l’est plus encore, c’est la complaisance dont elle bénéficie pour continuer sans vergogne, à la tête du STRASS et des réglementaristes de la prostitution, à salir le mouvement féministe et tenter de le diviser.

Christine Le Doaré

********************************************************************************************************
*1.STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

*2 : https://christineld75.wordpress.com/2014/04/02/des-dechainees-aux-genoux-du-patriarcat-2/

Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !

pancakes-158510Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !
Ou pourquoi, à peine connues, les théories « féministes « post-modernes sont vouées aux poubelles de l’Histoire.

« Islam et prostitution : les féministes, le voile et le string » de ValérieCG ou Crêpe Georgette. Vous ne rêvez pas, dans un même titre, s’enchaînent les mots : Islam, prostitution, féministes et voile. String c’est juste pour faire style.

Surprenant ? Pas vraiment, depuis quelque temps déjà, une mouvance constituée de : bloggeuses influentes (notamment « Les Déchaînées »*1.), aussi la nébuleuse « 8marspourtoutes » *2., de Morgane Merteuil et d’autres du STRASS *3 et aussi d’Act-Up Paris, de quelques militants du NPA, aussi des Verts et de quelques universitaires amplement médiatisés, a pour ambition de parvenir à décrédibiliser puis diviser le mouvement féministe, en récupérant certaines luttes de femmes.

Les théoriciens et théoriciennes du « féminisme » post-moderne dit improprement « pro-sexe », nullement effrayéEs par les amalgames improbables, récupèrent des luttes de femmes que la société rejette et /ou que leurs « choix » isolent.
Ces femmes, à priori, tout les oppose : les unes revendiquent de se voiler « librement », les autres de se prostituer « librement ».
On ne peut imaginer plus grand écart entre les motivations et revendications d’un tel rassemblement, mais le mot « librement » a indéniablement un fort pouvoir d’attraction sur les libertariens !

D’un côté, nous avons des femmes voilées qui semblent ignorer que des générations de femmes se sont battues pour s’en affranchir, que des femmes sont, en France, sommées de le porter par les hommes de leur entourage, que d’autres femmes dans le monde sont harcelées, lapidées et assassinées quand elles ne le portent pas.
En tous cas, elles s’acharnent à défendre en France, ce morceau de tissu qu’aucun texte religieux n’impose, mais infligé aux seules femmes par des hommes qui encore et toujours exigent de les contrôler et entravent leur liberté.
Paradoxalement, ces femmes s’entêtent à leur donner raison et se déclarent « libres », certaines le sont sûrement, mais combien sont instrumentalisées par le « féminisme islamique », des islamo-gauchistes et intellectuels si bienveillants à leur encontre ?

De l’autre, des prostituéEs qui semblent ignorer qu’en guise de liberté, elles participent à l’organisation patriarcale d’une distribution des rôles agencée pour garantir aux hommes une mise à disposition des corps des femmes.
Réduites à une convenance sexuelle, elles n’expriment aucune solidarité envers les femmes forcées dans la prostitution, comme si elles ignoraient que les clients ne s’inquiètent jamais de la situation des femmes et filles qu’ils payent, que leur demande nourrit une traite criminelle et un sordide trafic d’êtres humains.
Une liberté d’entreprise incompatible avec la défense des droits humains et à fortiori des droits des femmes.

Rien de bien moderne, subversif ni féministe dans ces revendications, si ce n’est que le mot « librement » justifie tout, y compris de renforcer le contrôle et les violences contre les femmes puisqu’elles semblent y consentir.
En réalité dans un cas comme dans l’autre, des femmes souffrent du regard de la société, de violences et de discriminations mais plutôt que de lutter contre les raisons de leurs problèmes à savoir, l’arbitraire de l’interprétation masculine des religions et les violences sexuelles de la domination masculine, elles tentent d’aménager leur oppression plutôt que de l’abolir.
Erreur fatale, l’oppression ne s’aménage pas, elle s’abolit.

Le mouvement féministe est loin d’être parfait et ne se préoccupe probablement pas assez des multiples discriminations de sexe, classe, race-racisation-, il est compréhensible que des femmes se pensent laissées pour compte ; en revanche, ce qui est scandaleux c’est l’instrumentalisation éhontée de frustrations légitimes par des intellectuels et des activistes que l’honnêteté intellectuelle n’étouffe pas.
Le relativisme culturel est pourtant de plus en plus contesté, à commencer par les femmes concernées dans les pays arabes ; les femmes du monde entier sont solidaires face à des violences et discriminations qui les concernent toutes, c’est ça le féminisme et le relativisme culturel les divise.
Le soutien direct ou indirect de plus en plus flagrant aux industries du sexe, que les femmes dès qu’elles sortent de la prostitution, dénoncent en grand nombre, est de plus en plus difficile à cacher.
Nous vivons dans un monde formidable : les systèmes d’oppression, les industries n’ont même plus besoin d’assurer leur maintien et défense eux-mêmes, des personnes et groupes se présentant comme subversifs le font bien mieux à leur place !

Ce sont les mêmes qui nous rabattent les oreilles de l’intersectionnalité des luttes, concept utile pour exiger des femmes qu’elles attendent le grand soir pour revendiquer des droits spécifiques ; dommage, l’Histoire et même la plus récente nous prouve qu’elles sont alors très vite muselées et renvoyées à leur oppression.

Aucun des arguments avancés dans le texte « Islam et prostitution… », au paroxysme de cette posture aberrante ultra-libérale et islamo-gauchiste et qui revient à promouvoir un racisme de l’occident pas plus intelligent que ne l’est aucun racisme, ne résiste bien longtemps à une lecture un tant soit peu critique et surtout féministe.

« La lutte contre le voile, outil fédérateur d’un féminisme en mal de visibilité » !
Il faut le lire pour le croire ! La lutte contre les discriminations, l’éducation à l’égalité, la lutte contre les violences (le viol, les violences conjugales, etc.) sont des sujets fédérateurs parmi bien d’autres et depuis toujours, pour les militantes féministes.
En outre, la question du voile est un vrai sujet de société sur lequel les féministes aussi ont leur mot à dire car religions, interprétation masculine des religions et oppression des femmes ont toujours été fortement liés !

« Civiliser les femmes musulmanes : « mission oppression », au nom du féminisme » !
Entre culture du complot et fantasme de persécution de type « Indigènes de la République » ! Comment croire une seule seconde que le mouvement féministe penserait à « civiliser les musulmanes » ?
Les femmes du monde entier ont toujours cherché à s’affranchir du poids des religions, de toutes les religions et de ce qu’elles imposent aux femmes.
Quelle pathétique névrose que de masquer les voix des féministes du monde musulman qui résistent pour mettre en avant les « féministes islamistes », instruments des pouvoirs intégristes !

« 2013, le féminisme anti-putes s’offre les feux de la rampe » !
Référence à la loi d’abolition de la prostitution qui comporte la pénalisation du client prostitueur. Comme si depuis toujours le mouvement féministe n’était pas abolitionniste de la prostitution, plutôt que complaisant à l’égard des hommes qui abusent du pouvoir de l’argent pour contraindre des femmes à une sexualité non désirée ?
Mais c’est quoi au juste le féminisme sinon l’émancipation des femmes pour l’égalité femmes-hommes, une société qui se libère des dominations, exploitations et violences et abolit les privilèges patriarcaux à commencer par les plus anciens et à l’origine même du patriarcat : l’appropriation du corps des femmes pour la sexualité et la reproduction dans le mariage comme dans la prostitution ?!

Tout est à l’avenant, les fondamentaux d’un féminisme universel et laïc sont bafoués dans un jargon complotiste, des arguments absurdes, une grossière manipulation idéologique.
Qui donc peut être dupe ? Cette mouvance, démasquée depuis un certain temps déjà, ne poursuit en réalité pas d’autres buts que la perpétuation du patriarcat, alors je me demande bien pourquoi ces « féministes » de pacotille continuent de faire semblant ? Croient-elles vraiment pouvoir ainsi souiller les luttes féministes et tromper celles et ceux qui les suivent, encore longtemps ?
Pourquoi ne disent-elles pas clairement qu’elles sont du côté de l’oppresseur, des dictats religieux, du contrôle des femmes ? Pourquoi ne rejoignent-elles et ils pas les masculinistes, les islamistes, enfin qui elles et ils veulent, mais cessent d’usurper le nom de féminisme ?

Quelle terrible imposture, les seulEs véritables « putophobes » et « islamophobes » ce sont eux, tout juste bons à attiser la haine et à diviser.

Christine Le Doaré

*****************************************************************************************

*1 Les Déchaînées : Valérie CG et Crêpe Georgette + Daria Marx + Gaëlle-Marie Zimmerman et A Contrario : http://www.crepegeorgette.com/2014/03/17/creation-de-lassociation-les-de-chainees/

l’article objet de ce post : « Islam, prostitution, … » : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.dechainees.fr%2F2014%2F02%2F27%2Fislam-prostitution-feminisme-voile-string%2F

*2
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/09/un-etrange-8-mars-2014/
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/04/encore-un-8-mars-et-des-questions-qui-fachent/

*3 STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

Insupportables enfermements identitaires !

20130823-155043.jpgUne intégration réussie, c’est l’adhésion à un socle commun, enrichi de diversités culturelles.

En France vivent des gens qui croient. Ils croient en une force supérieure qui nous aurait fabriqué ce monde, nous y ferait naître et mourir, dans un dessin déterminé.
Ceux qui croient en cette force, l’appellent Dieu.
Pourquoi pas, chacun peut bien croire en ce qu’il veut, Dieu, le soleil, les elfes, la matière ou l’Humain, surtout si ça l’aide à accepter la condition humaine, une inévitable solitude intérieure, son insignifiance face à l’immensité de l’univers, la conscience d’une mort inéluctable.

Seulement voilà, rien n’a jamais été avéré, toute croyance relève de l’imaginaire, bref, il ne s’agit en rien de révélations, mais bien d’hypothèses.
Vous en conviendrez, il serait irrationnel d’accorder à de simples hypothèses, une autre place que celle de vivre dans l’esprit et la conscience de celles et ceux qui font le choix de croire.
Pourtant, depuis des millénaires les religions ont mené le monde ; chacune portée par des hommes convaincus que Dieu, c’est le leur et pas celui du voisin ; toutes liées par d’immenses massacres, toutes en grande partie responsables de l’oppression des femmes, des personnes homosexuelles et autres minorités.

En France, nous avons fini par adopter des règles politiques pour nous permettre de vivre ensemble, athées et croyants de toutes confessions confondues.
La religion à l’âme et dans la vie civile, citoyenne et politique, une relative neutralité et la promotion de valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité (au moins en droit, parce que dans les faits, c’est évidemment assez loin du compte).
Depuis 1905, la loi consacre la séparation des Églises et de l’État, et nous vivons dans un état laïc.
La laïcité bien pensée ne veut pas dire que les religions n’ont pas voix au chapitre, mais qu’elles ne doivent pas influencer la vie civile et rester dans la sphère privée.
A l’évidence, des interférences sont inévitables, par exemple, l’état finance une partie des écoles privées religieuses (même si on comprend bien l’intérêt de maîtriser certains cursus et programmes).
Pendant des décennies, tout a semblé s’articuler ainsi, l’état d’un côté, l’église de l’autre, non sans quelques heurts, mais dans une relative harmonie.

Mais ces dix dernières années tout va de travers et c’est de pire en pire.
Les enfermements identitaires sont comme d’immenses murailles, de plus en plus infranchissables.
Chacune des trois religions monothéistes, à des degrés différents certes, se radicalise ; la séparation des pouvoirs est de moins en moins une réalité, l’influence des religions dans la vie civile est de plus en plus inquiétante.
Les modérés sont en retrait et laissent de plus en plus souvent les intégristes occuper le devant de la scène.
Chaque, obédience son crédo, ses obsessions et ses méthodes.
Les uns ne veulent pas de mixité dans les piscines, agressent les médecins masculins qui examinent leurs femmes, marient leurs filles de force ; d’autres débranchent les interphones des immeubles le vendredi soir ; d’autres encore assassinent de jeunes libertaires ; etc.
Indéniablement, les intégristes de tous bords s’accordent pour restreindre les droits et libertés des femmes, qu’il s’agisse de contraception ou avortement, de tenue vestimentaire, de sexualité, etc. Tous s’entendent aussi, de façon plus ou moins virulente, pour refuser l’égalité des droits aux couples de même sexe.

Des quartiers, des rues ou parties de rues, autour d’une église, d’une mosquée ou d’une synagogue ; des immeubles entiers se transforment en ghettos quasi intégristes de l’une ou l’autre religion. Chacune dans son style, la tenue de sortie de messe est tout aussi stéréotypée à St Nicolas du Chardonnay, qu’à la Synagogue de la rue des Tournelles ou autour d’une mosquée de la Goutte d’or.
Il est désormais impossible de se promener dans un des bois de la capitale le dimanche en été, sans tomber sur des pique-niques familiaux regroupant sur des emplacements bien délimités, des femmes et des hommes qui semblent sortis d’un autre siècle.
Les hommes s’en sortent un peu mieux, mais les femmes sont couvertes de la tête aux pieds, arabes, comme juives, l’idée étant de les protéger des regards masculins concupiscents, un peu comme leur attacherait autour du cou un écriteau « propriété privée, ne pas regarder » !
Et d’une année sur l’autre, c’est de plus en plus imposant et pesant.

L’église catholique a perdu de sa superbe en France après les années 70, ses groupes intégristes n’ont pour autant, jamais disparu.
Ils se fondaient dans la population des beaux quartiers et rendaient de temps à autres de menus services, à l’extrême droite notamment, agressant de temps à autres, tantôt des étudiants, tantôt des minorités. Ils ont démontré leur capacité à se mobiliser à l’occasion des débats sur le mariage pour tous où ils se sont illustrés par une violence misogyne et homophobe, mais jusqu’alors, leurs interventions étaient plutôt marginales.
Bien entendu, la religion catholique est instrumentalisée politiquement, notamment par une partie de la droite, et par l’extrême droite, nous l’avons bien vu lors des évènements déplorables du mariage pour tous, mais une grande majorité des catholiques modérés, s’était jusqu’alors, clairement démarquée des agissements violents des intégristes.
Dans tous les cas, la critique de l’église catholique et de ses prises de position a toujours été libre et vivace en France. Un certain anticléricalisme ayant même plutôt bonne presse.
Le mot « catholicophobie » n’existe pas.

Le judaïsme en France, m’avait toujours semblé être plutôt discret, tolérant et bien intégré à la société française. En outre, cette religion concerne un peu plus d’1% de la population française, elle est donc très minoritaire.
Les rares fois où elle fait parler d’elles, c’est lorsque l’un de ses membres est agressé.
Je me souviens avoir croisé pour la première fois, des femmes habillées comme des paysannes, avec des bas, longue jupe et tête couverte, et des hommes en costume traditionnel, c’était en 2006 lors d’un voyage en Israël, à Mea Sharim, dans le quartier intégriste de Jérusalem ; aujourd’hui, à Paris, j’en croise chaque jour.
Dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que kasher et/ou israélites.
Comme en écho au radicalisme musulman, un radicalisme judaïque se développe.
L’antisémitisme est toujours bien prégnant en France, il doit être combattu sans relâche.
Les critiques émises contre le judaïsme, ses dignitaires et ses pratiques, ne soulèvent pas l’indignation ni des communautés juives, ni des intellectuels ou des politiques français ni étrangers.
Le mot « judaïsmophobie » n’existe pas.

Depuis que je suis arrivée à Paris, à l’âge de 24 ans, j’ai des ami-e-s maghrébin-e-s, j’ai partagé 5 ans l’intimité d’une algéroise dont je connaissais la famille, à Paris et en Algérie, et j’ai toujours habité dans l’est parisien où les immigrés sont en grand nombre.
Il y a 20 ans, beaucoup d’entre eux étaient athées, certains musulman-e-s, mais très peu pratiquaient le ramadan, et aucune femme n’était voilée. Cette religion concerne un peu plus de 6% de la population française, c’est la 2nde religion du pays.
Aujourd’hui, le ramadan est quasiment obligatoire, dans beaucoup de cantines, on mange hallal, dans beaucoup de piscines il y a des créneaux mixtes et non mixtes, etc.
Dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que hallal et/ou coraniques ; une femme sur deux est voilée.
Bien sûr, le racisme est bien vivant en France, à l’encontre des populations d’origine arabe notamment ; il doit être combattu sans relâche.
A l’inverse des deux autres religions, toute critique, même modérée de l’islam radical, de la charia, des mollahs, de dérives, suscite de fortes réactions et même la réprobation d’une partie des intellectuels et politiques, en particulier Verts et de l’ultragauche (« islamo gauchistes » comme les Indigènes de la République…).
Par exemple, la responsable de Luttes Ouvrières considère que Gaza est « un camp de concentration ».
En réalité, Gaza est une prison, il est temps de trouver des solutions équitables et pérennes pour régler la situation dans cette partie de la planète, mais Gaza n’est sûrement pas un camp de concentration, la nuance n’est pas un « détail de l’histoire ».
Il semble interdit de critiquer l’Islam, le mot d’islamophobie a même été inventé à cet effet.

Ce concept d’ »islamophobie » interdit toute critique de l’islam radical ailleurs comme chez nous.
Pourtant, dans une république laïque, une religion qui n’est après tout qu’un ensemble d’opinions et de pratiques doit s’attendre à être observée de près, c’est même au degré de liberté de critique que l’on reconnait une démocratie.
Pourtant, des trois religions, c’est celle qui de nos jours, dans sa version radicale (la charia), condamne à mort les personnes homosexuelles, excise les femmes, les lapide au prétexte qu’elles sont soupçonnées d’être infidèles ou pire encore parce qu’elles ont été violées et déshonorent leur communauté, et au quotidien les emmure vivantes dans des tenues, pour les soustraire au regard des hommes, qui seuls ont le droit de vivre au grand jour.
Alors bien sûr, nous n’en sommes pas là en France. Toutefois, par bien des égards, la situation des femmes entre mariages forcées et le port de la Burqa dont on ne sait jamais s’il est contraint ou non, est très préoccupante.
N’oublions pas que les femmes arabes se sont jadis libérées, aussi dignes, indépendantes et libres que les occidentales, elles avaient repris leur destin en mains, mais le poids des conservatismes religieux les a rattrapées et de nouveau enfermées.
Les occidentales fraîchement converties, originaires de Bretagne ou de la Creuse, feraient bien de s’en souvenir. Les chantres de la démagogie feraient bien de remiser leur relativisme culturel au vestiaire de l’histoire.
Au final, je suis persuadée que ce concept d’ »islamophobie » fait plus de dégâts qu’il n’aide à régler les problèmes. Il engendre encore plus de racisme et rejet.
Non seulement, les français n’osent pas, extrémistes mis à part, critiquer les entorses à la laïcité, mais les musulmans modérés, paisibles et respectueux des valeurs républicaines, n’osent plus, sous peine d’être montrés du doigt par les plus radicaux d’entre eux, se démarquer d’actes, comportements intégristes et violents.
En réalité et de différentes manières, les islamistes se servent des musulmans, ils se moquent bien de savoir ce qu’ils vont subir de leur fait, ils instrumentalisent la religion à des fins politiques. C’est le pouvoir et seulement le pouvoir qui les motive.

A l’évidence, il va nous falloir comprendre très vite pourquoi, quel que soit le pays d’origine et la religion, l’intégration républicaine ne fonctionne plus et y remédier.
Personne ne l’ignore, les conditions de vie économiques et sociales de familles issues de l’immigration, une certaine faillite de l’éducation nationale et des politiques de la ville et des banlieues, sont à juste titre pointées du doigt.
Mais, le sens des réalités nous contraint aussi à relever que le volume des aides sociales et publiques consacrées à aider ces familles est aussi infiniment plus élevé que dans nombre de pays européens et surtout que trop de parents, toutes confessions confondues d’ailleurs, ne prennent plus vraiment la peine d’élever leurs enfants et encore moins de leur transmettre des valeurs, ne serait-ce que le respect de l’autre et de sa culture, surtout, le respect du socle commun de valeurs du pays dans lequel ils vivent et se sont parfois réfugiés.

Dans tous les cas, je ne pense pas que respecter le socle commun des valeurs républicaines et de la laïcité soit contraire à l’intérêt des populations, en particulier des femmes ; bien au contraire, c’est même la seule garantie d’évolution favorable pour elles.
L’évolution vers toujours plus de religieux, toujours plus d’affichage des symboles d’appartenance religieux, quels qu’ils soient, et qui se répondent les uns aux autres jusqu’à plus soif, dans notre espace public, est proprement accablante.
Pour que le pacte républicain fonctionne, il faut certes que l’état fasse son autocritique, mais il faut aussi que toutes les minorités qui veulent vivre dans un pays d’accueil respectent les valeurs de la société qui les héberge.
L’intégration bien pensée consiste à sortir des enfermements identitaires, qui n’ont souvent pour fonction que d’isoler les femmes ; à partager des valeurs communes, et enrichir ce socle des différences culturelles ; ainsi, nous pourrons vivre ensemble, en bonne intelligence.
La république, la laïcité, ne se négocient pas ; aucune entorse ne doit être permise dans l’espace, l’administration, les services, les équipements publics.
Tout le reste n’est que démission et démagogie d’une logique individualiste, toujours préjudiciable aux femmes, et à la société toute entière.
Créer des droits différents est un piège grossier.
Je ne veux pas vivre dans cette société-là.

Christine Le Doaré


Articles récents

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives