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Rififi à Paris, Alice Coffin, EELV et féminisme

Alice Coffin si vous ne la connaissiez pas, moi oui. Je militais dans le mouvement LGBT à une époque où avec Alix Béranger sa compagne de l’époque, elles s’intéressaient plus particulièrement aux problématiques liées au sida. Il y a une douzaine d’années de cela. 

Pour celles et ceux qui sont un peu perdu.es dans les étiquettes, je dirais pour la situer, ni lesbienne radicale ni lesbienne féministe, plutôt militante LGBT tendance queer ; recentrée sur les questions propres aux lesbiennes et vent debout pour la PMA ;  pas féministe radicale ni universaliste, mais plutôt néo-féministe tendance queer, relativisme culturel et intersectionnalité.

J’ajouterais bien verte en diable. Je ne parle pas d’écologie mais de ces mouvances et stratégies politiques radicales que les Verts ont intégré depuis quelques décennies : féminisme intersectionnel (où l’agenda féministe se couche devant d’autres agendas révolutionnaires prioritaires), soutien indéfectible à la Palestine et tant pis si le Hamas et autres groupes terroristes en bénéficient, soutien aux communautarismes et séparatismes politico-religieux, abolition des frontières, soutien aux mouvements indigénistes et racialistes, soutien des trans activistes haineux envers les féministes, …

La liste est longue, en fait, je me demande parfois s’il reste des écologistes chez les Verts, je n’en suis pas certaine du tout, en revanche, toutes ces mouvances aussi extrêmes que marginales se retrouvent chez eux et progressent dans la société grâce à eux.

Un exemple parmi tant d’autres : les féministes abolitionnistes de la prostitution n’ont pas oublié les exploits du STRASS issu du mouvement LGBT qui jetait du faux sang sur les militantes féministes, les calomniait, les menaçait de toutes les manières possibles avant le vote de la loi d’abolition de la prostitution. Thierry Schaffauser fondateur du STRASS menait campagne chez les Verts qui se sont derrière lui, alignés sur la défense du système prostitueur.

L’amateurisme et l’immaturité politique des Verts donnent des ailes aux activistes de l’extrême qui trouvent chez EELV un moyen de percer et une fois fait, d’imposer leurs idées et manières de faire. L’entrisme fonctionne un peu partout en politique, mais chez les Verts c’est un jeu d’enfants.

Ce qui m’étonne c’est l’attitude du PS quand il s’allie à EELV faisant comme s’il s’agissait de mettre en avant des préoccupations liées à l’écologie, la défense de la nature, la protection de la planète, la sauvegarde du climat … Je rigole, vert, vert de rage. Comme si le PS ignorait à qui il a réellement à faire !

Alice Coffin, en plein Conseil de Paris crie « la honte, la honte, la honte » lors de l’hommage rendu à Christophe Girard, l’adjoint à la culture d’Anne Hidalgo qui a démissionné pour avoir eu des liens d’amitié avec Gabriel Matzneff visé par une enquête pour viols sur mineures ?

Avec Alix Béranger et Raphaëlle Rémy-Leleu, également élue écologiste à Paris et ancienne militante d’Osez-le-féminisme, Alice Coffin organise un mini rassemblement de vingt personnes devant l’hôtel de ville, avec des pancartes amalgamant Paris à un « pédoland » ?

J’ai presque envie de dire, banal, insignifiant pour des activistes radicaux EELV ;  ils peuvent faire beaucoup plus spectaculaire et embarrassant. Les amalgames, les caricatures, les condamnations à l’emporte-pièces, les tribunaux populaires, ils savent faire.

A la décharge d’Alice Coffin, il y a une différence entre l’activisme et la fonction d’élue, par manque de métier, cette subtilité lui aura probablement échappé. Les politiques plus aguerris sont plus ronds, plus roublards aussi.

A sa décharge toujours, il est vrai que le milieu politique PS gay parisien est bien spécifique. Un petit entre soi élitiste, fait de coteries et cooptations, et qui n’est pas exempt de misogynie. De là à tomber dans l’insulte et le mépris homophobe associant homosexualité et pédocriminalité :  « pédoland », il y a un monde.

En outre, Alice Coffin connaissait Christophe Girard et a fait campagne sur la même liste, de là à conclure qu’elle aurait pu y penser avant ? Non, quand on connait les Verts, on sait que tous les moyens d’arriver à ses fins sont bons et que les coups de couteau dans le dos ne les dérangent pas spécialement. Quant à l’indignation pour les affaires de viol, elle peut être à géométrie variable : pas de quartier pour Polanski, mais Ramadan, Traoré, … ça se discute.

Que sur les réseaux sociaux, Alice Coffin soit remise à sa place sur le fond de ses propos et sur sa manière de réagir, ne me dérange pas. Ses propos sont caricaturaux, on ne peut pas amalgamer comme elle le fait tous les hommes, c’est un système que l’on combat, le sytème patriarcal, pas tous les individus de sexe masculin qui ne sont pas tous auteurs de violences conjugales ni des violeurs.

Son interview donnée à la chaine TV russe est consternante. Sa manière d’exiger la démission de Christophe Girard, est excessive. Malgré tout, je me demande bien, pourquoi il a ainsi pris les devants en démissionnant après une mini manifestation de vingt activistes. Très étonnant, y aurait-il autre chose ? Pour l’instant Christophe Girard n’est pas inquiété par la justice. Alors qu’il était secrétaire général de la Maison Yves Saint-Laurent, Christophe Girard a financé pour l’écrivain, deux ans de séjours à l’hôtel où ce dernier violait sa victime. C’est glauque, pour autant, ces tribunaux populaires qui condamnent et coupent des têtes avant que des procès en bonne et due forme puissent se tenir, sont insupportables.

En revanche, quand sur les réseaux sociaux, les internautes s’attaquent à son physique, critiquant sa manière de s’habiller ou de se coiffer, il s’agit clairement de lesbophobie. Elle se donne l’apparence qu’elle veut, les coupes courtes ne sont pas réservées aux hommes et ces clichés sexistes sont d’un autre temps.

Anne Hidalgo est en colère et va saisir la justice ? Mais enfin, les faits d’arme des Verts sont notoires, notamment à Paris ! Dans le 20ème arrondissement, l’adjointe verte de la Maire PS à l’époque, avait organisé au nom de la Mairie pour le 8 mars 2015, un évènement à la gloire du relativisme culturel, avec Rockaya Diallo et d’autres défendant le port du voile et autres spécificités politico-religieuses pour les femmes musulmanes, sans qu’aucune contradiction ne puisse être apportée. Cette affaire qui avait fait grand bruit, est encore dans toutes les mémoires féministes parisiennes, et ce n’est qu’un exemple.

Anne Hidalgo ne peut ignorer la véritable nature des Verts, et si quelques EELV sont  rompus à un fonctionnement politique plus policé, combien d’activistes brut de décoffrage et aux stratégies de cracheurs de feu compte ce mouvement ? Une  réaction quelque peu étrange, Anne Hidalgo ne peut écarter des élues et le groupe écolo à la Mairie de Paris n’exclura pas ses militantes, il lui faudrait sinon se délester de la plupart de ses militant.es de base, or il y a bien longtemps que les écologistes, à Paris en tous cas, ont quitté EELV justement à cause de ces extrémistes.

EELV fera t’elle un jour son autocritique, se séparera t’elle de ces militants gauchistes qui n’ont pas grand chose à voir avec l’écologie ? J’en doute.  A cause de l’amateurisme des Verts et de l’arrogance du PS qui décidément se refuse à apprendre de ses erreurs, la gauche à Paris est donc en guerre ouverte. Ça promet pour la suite, une ville qui souffre et qui n’avait vraiment pas besoin de ça.

Christine Le Doaré

Et en complément l’article des VigilantEs féministes universalistes et laïques :

Alice Coffin n’est pas une VigilantE : 

https://christineld75.wordpress.com/2020/07/28/alice-coffin-nest-pas-une-vigilante-les-vigilantes/

 

EELV, abrogation du délit de racolage ? Oui, mais pas seulement !

contre prostitutionEn octobre 2012 le groupe écologiste du Sénat déposait une proposition de loi visant à abroger le délit de racolage. Puis retirait sa proposition, admettant que l’abrogation du délit de racolage, devait faire partie d’un projet de loi global sur la prostitution.
Mais considérant que le gouvernement ne va pas assez vite, (c’est vrai qu’en ce moment, il n’a pas tant de problèmes à adresser), EELV, Esther Benbassa en tête, s’impatiente et revient à la charge.

Beaucoup en conviennent, réglementaristes comme abolitionnistes, ce texte doit être abrogé. En revanche, se limiter à son abrogation, sans appréhender la question de la prostitution dans sa globalité, serait une grave erreur. Comme tout le reste, la prostitution s’est mondialisée ces dernières années et les enjeux ont changé d’échelle. La situation est devenue alarmante et ne se limite plus, loin de là, à la seule question des conditions d’exercice de l’activité, en France.

La prostitution forcée, avec ses réseaux de proxénètes et ses mafias très puissantes qui brassent des milliards de devises, est désormais un phénomène de très grande ampleur qui plonge dans un immense désarroi un nombre effarent et toujours croissant de femmes et d’enfants déplacés. Toutes et tous, sont à la merci du crime organisé, des proxénètes et mafias mondialisées, qui sans scrupules aucun, les exploitent après un conditionnement des plus barbares (maisons de tortures et de viols systématiques pour briser toute résistance).
La traite des êtres humains et le proxénétisme mondialisé inquiètent désormais les institutions européennes et les pays qui ont réglementé la prostitution, se voient dépassés par ce qui constitue la troisième industrie criminelle mondiale après la drogue et les armes.

Dans tous les pays confrontés au problème, les décideurs en conviennent, la façon d’endiguer ce phénomène est de protéger les personnes prostituées vulnérables, mais aussi d’adopter des programmes de prévention et d’éducation, de proposer des alternatives aux personnes prostituées, d’éduquer et de pénaliser les clients afin de contraindre la demande. Récemment, plusieurs pays dont l’Irlande et la Norvège, réfléchissent à rejoindre les pays abolitionnistes.

Répétons-le, l’abolition n’étant pas la prohibition, une prostitution résiduelle dite « libre » continuera d’exister le temps que cette nouvelle politique publique produise ses effets et probablement pendant pas mal de temps. Aussi, est-il en effet nécessaire d’abolir le délit de racolage afin que les personnes prostituées qui resteront dans la prostitution puissent bénéficier de conditions sanitaires et sociales satisfaisantes.

Toutefois, on se demande parfois à quoi jouent les élu-e-s d’ELLV et s’il faut leur faire confiance sur les questions de société. D’ailleurs, si l’on en croit les derniers résultats électoraux, ils ont bien du mal à convaincre sur d’autres questions que celles de l’écologie.
L’argumentation du Groupe écologiste qui soutient la réglementation de la prostitution, s’il apparaît naïf est en réalité très idéologique, basé sur la liberté individuelle poussée à son paroxysme.
En réalité, nul n’ignore :
– que la prostitution dite « libre » est marginale (environ 10% de la prostitution en France), qu’elle est le plus souvent liée à des violences sexuelles dans l’enfance et que bien adressés, ces traumatismes pourraient trouver, en tous cas pour une partie des personnes prostituées, d’autres réponses que ces formes de thérapie destructrices ;
– que c’est l’activité prostitutionnelle elle-même, aussi la surenchère d’une offre pléthorique en période de crise économique et la demande des clients qui contraignent les personnes prostituées à accepter des prises de risque inconsidérées qui les exposent aux IST ; il est d’ailleurs peu probable que l’abandon de la politique répressive ait des répercussions spectaculaires (sachant par ailleurs qu’il suffit de passer dans certains quartiers à certaines heures pour constater que la prostitution se pratique déjà sans aucune entrave policière) ;
– que les violences subies (psychologiques et physiques), sont le plus souvent, le fait de clients et ne vont pas pour autant disparaître ; d’ailleurs, la prostitution elle-même est bien la dernière violence faite aux femmes que la loi ne réprime pas ;
– de même, il est peu probable que la prostitution puisse s’exercer au grand jour et dans les endroits fréquentés sans que les riverains et divers mouvements citoyens ne s’y opposent.

Néanmoins, ce délit de racolage public qui n’a jamais prouvé son efficacité, mais qui expose trop souvent les personnes prostituées à des comportements policiers abusifs et aux violences liées à la clandestinité, doit en effet être abrogé.

Si cette position fait l’unanimité, en revanche, ce qui fait bien polémique c’est de ne proposer que cette seule mesure, alors que la situation globale de la prostitution est catastrophique.
C’est bien la preuve d’une position purement idéologique qui ne tient pas compte des réalités et encore moins des risques.
L’industrie criminelle de la prostitution n’attend que des encouragements et considère d’un très bon œil les alliés que sont pour elle, qu’ils en soient conscients ou non, les réglementaristes.
Dans quelle société voulons-nous donc vivre ? Demandez aux populations de la Jonquera espagnole ce qu’elles pensent du déferlement de délinquance et violences en tous genres, généré par la prolifération industrielle des bordels dans la région. Demandez aux populations belges ce qu’elles pensent de ces quartiers entiers, réduits en vitrine où sont exposées des femmes, telles des marchandises. Egalité entre les sexes-genres, dites-vous ? Et surtout, demandez aux familles des femmes des pays de l’Est, d’Afrique, d’Asie et d’ailleurs, ce qu’elles pensent des chantages et violences qu’elles subissent pour que leurs filles, sœurs, femmes, restent prisonnières des réseaux. Demandez-leur si elles remercient le système prostitueur, c’est-à-dire les proxénètes, les clients sans lesquels le marché n’existerait pas et tous ceux qui le soutiennent, politiques, médias et people en tête.

Alors, abrogation du délit de racolage, oui bien sûr, car les personnes prostituées ne sont pas celles qui profitent du système prostitueur, une minorité d’indépendant-e-s libéraux mis à part. Elles en sont les otages et souvent les victimes. Mais pas d’abrogation sans projet global d’abolition du système prostitueur, c’est-à-dire, l’adoption de programmes alternatifs de réinsertion, de programmes d’éducation, de prévention et de pénalisation des clients, seuls responsables par leur demande d’un immense trafic humain et de son corollaire, le crime organisé.
Merci aux élus d’EELV de nous rassurer, elles et ils veulent bien toujours vivre dans une société d’égalité et de progrès ?

Christine Le Doaré


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