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Aucune féministe n’est transphobe, le lobby trans activiste est misogyne

 

 

 

 

 

La question trans a récemment créé une polémique dans les médias lorsque des activistes ont profité des collages contre les féminicides pour leur subtiliser leurs slogans.

Une tribune collective proposée par Pauline Arrighi a d’abord été publiée sur le Huffpost ; des pressions ont été exercées sur la rédaction, en conséquence de quoi, la tribune a été retirée. Marianne l’a reprise. En réponse, la tribune « Le débat sur la place des femmes trans n’a pas lieu d’être », est parue dans Libération. En lisant ces tribunes, j’ai relevé pas mal de confusion et contrevérités.

Au départ, c’est plutôt simple. Une personne grandit en ne s’identifiant pas à son sexe biologique de naissance et agit afin d’être socialement reconnue comme appartenant au genre opposé.

 

Quand on lutte pour une cause, on commence par élaborer et imposer un vocabulaire, et c’est ce qu’ont fait les trans activistes. Peu à peu la notion de sexe (biologique) a été remplacée par celle de genre (construction sociale).

Au début, on parlait de transsexuel, c’est-à-dire, une personne passée d’un sexe à l’autre, après avoir subi une chirurgie de réassignation de genre. L’expression « réassignation de genre » est imposée par les militants parce qu’elle suggère qu’un genre serait non pas constaté, mais assigné à la naissance, sous-entendu de manière arbitraire. Puis il a été question de transgenre, par opposition aux notions de sexe biologique et de sexualité. Transgenre c’est-à-dire transgressant le genre socialement construit; il n’est donc plus nécessaire qu’une personne transgenre soit opérée. Les trans activistes parlent aussi de trans identité. On comprend bien l’intérêt de cette évolution  sémantique, il est plus aisé de penser la question trans, et surtout de la banaliser, quand on considère qu’une personne change simplement de genre social et non biologique ou plus simplement encore,  d’identité.

 

Longtemps, ne furent visibles que les trans M (male) to F (femelle), plus hauts en couleur et transgressifs aussi, étant souvent contraints de se prostituer pour vivre et pour payer les opérations de réassignation de genre. Elles étaient souvent des caricatures de femmes, cumulant les pires clichés imaginables de féminité patriarcale. Les trans de nos jours,  ne ressemblent plus beaucoup à leurs ainés. De nos jours, après un diagnostique et une évaluation psychologique que les militants s’acharnent à vouloir supprimer, des protocoles de réassignation de genre, avec traitement hormonal et chirurgie de réattribution sexuelle, ou pas, sont aisément disponibles. Les chirurgies génitales sont remboursées intégralement par la Sécurité Sociale. En, 2016, on comptabilise 165 actes de chirurgie en France. Dans nombre de pays essaiment les cliniques spécialisées. La réassignation de genre est devenue un business très lucratif et les enfants sont aussi encouragés à y avoir recours, après qu’ait été bloquée leur puberté, ce qui n’est pas sans conséquence sur leur développement et ce qui le plus souvent les rend stériles. Avec l’émergence du mouvement LGBT, les trans F (femelle) to M (male) sont devenues plus visibles. Ils pratiquent plus rarement une chirurgie de réassignation, la phalloplastie n’ayant pas l’équivalent fonctionnel ni esthétique, de la vaginoplastie ; et d’autres veulent un pénis en plastique mais gardent leur vagin et leurs ovaires. Avec l’émergence de groupes néo-féministes, des jeunes femmes désireuses de s’affranchir du sexisme prennent un raccourci. La pression sociale est forte sur les femmes et lutter pour une société féministe peut sembler fastidieux, alors passer pour un homme peut être plus attractif, transgressif et sexy. D’autres s’affichent gender fluid. Le monde de l’identité à la carte.

 

Il faut le rappeler, des trans femmes ou hommes se fondent dans la société pour vivre leur vie comme elles/ils le souhaitaient. Il est important de les protéger contre les préjugés, discriminations et violences.Les trans activistes en revanche, ne sont jamais satisfaits tant qu’ils n’ont pas imposé leur vision du monde et leur agenda. La tâche leur est aisée, il est vrai que l’époque est à la dictature des minorités.

 

S’il est important de déconstruire les rôles sociaux de genre, il ne peut pour autant être fait abstraction de la biologie. Les féministes s’emploient à challenger le genre social, mais elles n’ont jamais nié les différences biologiques, elles expliquent que ces différences ne justifient ni une hiérarchie ni une domination. Il est vain de nier que les expériences sociales et personnelles vécues par les hommes et des femmes sont dissemblables. Indépendamment des rôles et des conditionnements sociaux de genre, une femme et un homme, de part leur biologie, leur physiologie, leur physique, sont confrontés à des réalités bien différentes. Une femme a des règles, elle a moins de force physique, elle est plus vulnérable dans l’espace privé comme public, elle a la capacité d’enfanter…C’est justement parce que les femmes ont ces caractéristiques physiques et biologiques qu’elles ont été opprimées. Le système patriarcal a toujours eu pour objet principal l’appropriation du corps des femmes pour la reproduction et la sexualité. Un exploitation et une oppression des femmes bien réelle qui n’a strictement rien à voir avec un quelconque ressenti, ni avec l’idéologie.

 

Les trans activistes eux, confondent tout à dessein et plus c’est gros, plus ça passe.

Si seul compte le genre social, dans ce cas, pourquoi avoir recours à des opérations de réattribution de la zone génitale ? Pourquoi vouloir imposer que ne soit plus utilisé le mot « vagin » qui les offenserait mais plutôt l’expression « trou devant », si le sexe importe si peu ? Dans le Wyoming, des trans activistes se battent contre un projet de loi de criminalisation des mutilations génitales féminines (excision/infibulation) au prétexte que « female genital mutilation” is transgender-exclusionary language, as not all people with vaginas are women, and not all women have vaginas » ( Les FGM relèvent du langage trans-exclusion, toutes les personnes avec un vagin ne sont pas des femmes, toutes les femmes n’ont pas un vagin). *1. Moi, j’ai vomi. Et ce n’est qu’un exemple de l’argumentaire politique trans, les trans activistes n’ayant de cesse que de substituer leur agenda et revendications à ceux des femmes.  Je note que les débats portent essentiellement sur les trans M to F, et ce n’est pas un hasard. Si on écoute le lobby trans, il suffirait de se sentir et se déclarer femme, pour l’être. Le monde du réel devrait laisser place à celui du ressenti et de l’auto-affirmation. Ainsi, tout homme transgenre, se déclarant femme, même non opéré et donc porteur d’un appareil génital masculin (ce qui est le cas de 75 % des trans M to F en France), peut-il désormais avoir accès à tous les lieux jusqu’ici réservés aux femmes pour des raisons de sécurité : toilettes, vestiaires, foyers, prisons, etc. Ce qui fait qu’entre autres problèmes, dans des prisons de femmes sont commis des viols. Le problème est encore plus flagrant en matière de compétition sportive où leur physique et musculature avantagent outrageusement les trans M to F face aux femmes cis-genre.

 

Le plus étrange pour moi, est qu’il suffit que les trans activistes assènent leur idéologie faite de bric et de broc,  d’affirmations aussi fantaisistes qu’insensées, pour que tout le monde adhère. Beaucoup d’universitaires, de journalistes sont conquis, il n’est donc pas surprenant de lire sous la plume de Lauren Provost dans le HuffPost pour justifier le retrait de la tribune de Pauline Arrighi : » Les propos transphobes à l’intérieur vont à l’encontre des valeurs prônées par le HuffPost depuis sa création. Les femmes trans sont des femmes. Nous vous présentons nos plus sincères excuses pour la publication de ce texte.».  A plat ventre. Nombre de politiques et membres du corps médical, ont aussi été convaincus. De toute façon, ceux qui doutent et l’expriment subissent de très sévères représailles. Des universitaires et journalistes sont ostracisé.es, interdit.es d’intervenir dans des colloques, doivent être escorté.es et éviter les coups ; des scientifiques sont révoqué.es.

Il n’y a pas grand monde pour résister au chantage et à la violence des trans activistes, sauf des féministes, en particulier les féministes radicales, mais pas seulement, toutes les féministes opposées à la marchandisation du corps des femmes. Si les féministes résistent, c’est parce qu’il n’est pas question que les droits des femmes soient sacrifiés sur l’hôtel de la bien-pensance. Résister c’est faire les frais de virulentes accusations de transphobie, c’est être qualifiées de sales cisgenre (personne à l’aise avec le sexe attribué à la naissance), de TERF (Trans Exclusionary Radical Feminist), c’est manifester sous les cris de  « Mort aux TERF ! » (Die Terfs ! ou  Kill terfs !). Des  badges et des t-shirts sont même imprimés avec ces slogans !

 

La violence des trans activistes dépasse l’entendement, c’est une violence misogyne déployée par une minorité qui pourtant a acquis des droits grâce aux mouvements féministe et LGBT. C’est une violence misogyne équivalente à celle des masculinistes. L’objectif est de réduire les féministes au silence, également les trans revenues de leur transition,  et le mouvement LGBT, qui ne compte plus désormais aucune lesbienne féministe, leur sert de véhicule. L’acronyme LGBT est désormais une imposture, en réalité il faudrait parler de mouvement GBT et même GT. Vous ne m’empêcherez pas d’y voir une forme particulièrement insidieuse de résistance du système patriarcal. Aussi, les affirmations que « la transphobie n’a pas sa place dans le féminisme » relèvent au mieux de la naïveté, de l’inversion des responsabilités, voire d’un agressif militantisme anti-féministe. De nos jours, tant de gens qui se prétendent féministes, l’accommodent à leur sauce pour mieux le dévoyer et l’affaiblir. Les faits eux sont têtus : à l’évidence, les trans M to F sont des trans femmes, pas des femmes, les trans F to M sont des trans hommes, pas des hommes. Et alors ? C’est quoi le problème exactement ? Il n’y aurait pas de place pour des femmes, des hommes, des femmes trans, des hommes trans ? Et pourquoi donc ? Au nom de quel conformisme ?

Dans tous les cas, si notre société veut plus de visibilité et de droits pour les trans, cela ne se fera pas au détriment des droits des femmes. Un point c’est tout.

Christine Le Doaré

*1.

https://www.womenarehuman.com/trans-activists-protest-bi-partisan-bill-to-protect-girls-from-barbaric-practice-of-female-genital-mutilation/

 

 

 

 

Solidarité féministe et sportive internationale #JOParis2024 !

Solidarité féministe et sportive internationale !

#JOParis2024 #LetWomenGoToStadium #StopApartheidSexuel

Au « Marathon de la honte « de Téhéran où les femmes ont couru à part sur un parcours réduit et dans un stade fermé *1, a répondu un silence assourdissant de la part des ONG de défense des Droits Humains, comme des organisations et fédérations sportives et même des associations féministes.

Seules, la Ligue du Droit International des femmes et la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes ont organisé en riposte à Paris, un évènement en solidarité avec les femmes Iraniennes et Saoudiennes, contre l’apartheid sexuel.

Darya Safai formidable résistante iranienne, aujourd’hui réfugiée politique, qui avait déployé une banderole pendant les JO de RIO en 2016, en était l’ambassadrice.

#LetWomenGoToStadium  #StopApartheidSexuel

Pour ces deux fédérations féministes, « Les règles éthiques du sport et des JO sont fondées sur des valeurs universelles, et Paris qui défend sa candidature pour les JO 2024 oublie ces valeurs. »

Les VigilantES  www.vigilantes2015.wordpress.com et quelques autres, appelaient aussi à soutenir l’évènement.

Lorsqu’il s’agit des droits et libertés des femmes, le relativisme culturel paralyse celles et  ceux qui pourtant sont prompts à agir en matière de Droits Humains,  et même désormais nombre d’organisations qui se revendiquent du féminisme.

Le manque de solidarité internationale envers les femmes vivant dans les pays islamiques qui imposent des règles de vie moyenâgeuses aux femmes, est criant. Evidement, les  groupes « féministes islamiques » comme LALLAB et les tous les autres se taisent :  il est bien trop risqué pour elles de parler de solidarité internationale, mieux vaut discréditer et attaquer à l’unisson avec le parti des Indigènes de la République dont elles sont le plus souvent une émanation, le seul « racisme d’état » de l’état français et des pays occidentaux !

Mais les groupes féministes mainstream ne se bousculent pas non plus pour répondre présentes quand il le faudrait.  Peu à peu, la rhétorique des identitaires racialistes et essentialistes gagne les milieux politiques et féministes de gauche et pas seulement. L’entrisme de l’islam politique est redoutablement efficace et les islamo-gauchistes qui détiennent les postes universitaires,  médiatiques et politiques clés, lui facilite le travail en ouvrant peu à peu toutes les portes de nos institutions locales comme nationales.

La ségrégation, les discriminations et violences sexistes vécues par les femmes saoudiennes, iraniennes et toutes les autres, finit par devenir leur problème ; s’en préoccuper et vouloir exercer une solidarité féministe universelle est désormais suspect, accusé de comportement colonialiste et raciste !

Cette rhétorique monstrueusement stupide devrait être facilement battue en brèche par tous les groupes et individu-e-s qui se revendiquent du féminisme, hélas, il semble bien que le relativisme culturel ait fini par anéantir leurs neurones affectés à l’intelligence. Alors, mille fois merci aux rares individu-e-s et associations encore capables de discernement et de solidarité envers les femmes opprimées du monde entier.

#JOParis2024 c’est aussi l’obligation morale, humaine, féministe et politique d’agir pour la libération des femmes, de toutes les femmes. Non à l’apartheid sexuel, oui à l’universel et à l’égalité par le sport !

Christine Le Doaré

*1 www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/pour-le-premier-marathon-de-teheran-les-femmes-ont-du-courir-a-part_1896870.html

Une date historique de l’émancipation des femmes : 6 avril 2016 la prostitution enfin abolie

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Le 6 avril 2016 est un jour de victoire pour toutes les féministes et leurs alliés, tous les progressistes et tenants de l’Egalité. Enfin, après des années d’une âpre bataille, à une très large majorité, l’Assemblée Nationale adopte la loi d’abolition de la prostitution et libère les femmes de la plus ancienne et odieuse oppression patriarcale qui soit : considérer les femmes comme des commodités ou pire encore, des esclaves sexuelles.

Le 29 novembre 2013, j’étais à l’Assemblée Nationale pour assister au vote de la proposition de loi d’abolition de la prostitution.

Révélation dans l’hémicycle | irréductiblement féministe !

https://christineld75.wordpress.com/2013/11/29/revelation-dans-lhemicycle/

 

A l’affichage des votes j’ai ressenti un immense soulagement, comme si le poids de siècles d’esclavage sexuel pesant sur les femmes, allait enfin s’alléger. Les femmes (mais aussi les enfants et quelques hommes), ne peuvent être envisagéEs comme des commodités sexuelles. C’est la même logique que celle du viol, l’argent en moins, l’argent qui donne l’illusion d’un consentement acquis.

Cette fois je n’y étais pas mais à l’annonce des résultats du vote, j’ai explosé de joie, consciente de cette immense avancée pour les femmes et pour l’humanité.

 

La loi d’abolition et non de prohibition est juste et équilibrée : elle décriminalise les personnes prostituées, responsabilise les clients qui nourrissent la demande et favorise le trafic d’êtres humains, prévoie des actions de prévention, adopte des programmes de sortie et réinsertion pour les prostituées qui le souhaitent.

Au fait, que dit la loi d’abolition | irréductiblement féministe !

https://christineld75.wordpress.com/2013/11/08/au-fait-que-dit-la-loi-dabolition-de-la-prostitution/

 

Une loi n’est que peu de choses sans ses décrets d’application, une forte volonté politique et de sérieux moyens alloués à sa mise en œuvre. Cette loi est d’importance : elle protège des personnes vulnérables et punit ceux qui sans scrupule, en profitent, pensant connaître le prix à payer pour abuser sexuellement d’un être humain ; aussi, tous les moyens d’assurer son succès devront-ils être rapidement réunis.

Ni « liberticide », ni « morale », la loi abolitionniste de la prostitution est POLITIQUE | irréductiblement féministe !

https://christineld75.wordpress.com/2013/11/15/ni-liberticide-ni-morale-la-loi-abolitionniste-de-la-prostitution-est-politique/

 

Le Sénat, plus à l’écoute des lobbies prostitueurs que des « survivantes » (anciennes prostituées désormais libres de leur parole) et associations féministes, a fait traîner la montre, plus soucieux du porte-monnaie des clients que du sort des personnes prostituées en grand nombre, agressées, violées et même tuées soit par leurs clients, soit par les réseaux de trafiquants.

 

Cette lourde servitude patriarcale devait bien être défaite un jour. Le 6 avril 2016 est une date à inscrire au calendrier des victoires arrachées de haute lutte par les féministes. Victoire.

Christine Le Doaré

8 mars, une éprouvante journée

149087_10200540470928727_1254857611_nChaque année revient le 8 mars et avec lui, la Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes.

Cette année encore, il a fallu :

  • Expliquer, à s’en casser la voix et les doigts sur le clavier, que non, ce n’est pas la fête des femmes et qu’il est indécent, par exemple, de leur offrir une rose pour l’occasion ;
  • Rabâcher jusqu’à la nausée que la journée de LA femme c’est essentialiste, que ça ne vaut guère mieux que la journée de la musique folklorique ;
  • Expliquer que le comité ONU Femmes a reconnu une mauvaise traduction et s’est engagé à mener une campagne pour corriger cette erreur ;
  • Rappeler que le 8 mars, pour les  féministes, c’est tous les jours.

N’en déplaise aux « nuls en féminisme », la journée et même désormais la semaine du 8 mars, sont consacrées à rappeler que partout dans le monde,  les femmes sont en lutte pour :

  • combattre les discriminations et innombrables violences à leur encontre,
  • en terminer avec la domination masculine,  l’aliénation patriarcale et le féminicide,
  • s’émanciper et parvenir à l’égalité.

Mais il y a pire encore, de nouveaux expertEs en féminisme s’obstinent à le détourner de ses fondamentaux. Leur mission, ils et elles l’ont acceptée, consiste à pratiquer la récupération des idées et des luttes pour mieux nous diviser et ainsi maintenir le système de domination masculine en place, juste en l’égratignant, pour la forme.

En occident, les droits et libertés des femmes, acquis de haute lutte, restent fragiles, constamment remis en question. C’est particulièrement vrai en matière de droits reproductifs, mais aussi de droits sociaux et culturels. Les violences, qu’il s’agisse des violences conjugales, des agressions et des viols ou de l’exploitation sexuelle dans la prostitution, ne régressent pas et les chiffres donnent le tournis. L’appropriation du corps des femmes est toujours un enjeu, le marché de la GPA est lucratif et les pressions s’intensifient. Les politiques de la ville, la gestion de l’espace public sont pensés pour une population masculine.

Le système patriarcal est à la manœuvre sur toute la planète, aussi, le seul féminisme à même de le renverser est-il nécessairement universaliste. La solidarité entre les femmes de tous les pays est vitale.  Dans nombre de régions du monde,  la situation des femmes est encore bien pire que dans les pays occidentaux car se surajoutent aux discriminations et violences déjà citées, toutes celles qui découlent des traditions et codes de la famille misogynes qui les infantilisent et les placent sous la coupe de l’arbitraire de leur père, frère ou mari. Elles sont en grand nombre mariées de force, souvent mineures ; sont excisées, reniées, emprisonnées pour ne pas avoir porté avec suffisamment de rigueur le voile islamique, lapidées, exécutées pour laver « l’honneur » de leur famille, etc.

 

Toutes ces injustices et persécutions constituent un volume considérable de sujets à traiter ; de quoi donner le vertige certes, mais matière à  occuper amplement journalistes, chercheurs et politiques qui souhaitent s’exprimer à l’occasion du  8 mars.

Eh bien malgré tout, de prétenduEs expertEs en féminisme s’autorisent à enfouir cette abondante matière pour nous vendre à la place leurs cafouillages, à longueur d’articles et interviews, radio, TV ou presse.

 

Ainsi, ARTE, tout de même pas la plus nulle des chaînes de TV, nous a bassinés toute la journée du 8, avec « la journée de LA femme ».

 

Ainsi, dans Libération, Cécile Daumas, nous a-t-elle expliqué que le féminisme est dans une « compétition désastreuse avec l’antiracisme ». Elle pense avoir découvert que le « féminisme serait pris en otage dans le débat sur la place de l’Islam » et prétend que « les féministes qui défendent la culture occidentale, les « féministes de la liberté des mœurs », sont moins prolixes pour évoquer la parité en politique ou en économie ».

Déjà dans un article relatif à l’affaire des viols de Cologne, elle soutenait subtilement les lyncheurs de Kamel Daoud et le tançait elle aussi, pour avoir critiqué la manière dont sont abordées les questions de sexualité et de liberté des femmes dans les pays musulmans.

Elle a touché le pompon, maintenant elle tire dessus !

Non, il n’y a aucune compétition entre féminisme et antiracisme : le féminisme est transverse à toutes les autres oppressions, de classe et de « race » notamment, car les femmes, la moitié de l’humanité, subissent toutes, d’une manière ou d’une autre, la domination masculine et peuvent être victimes de violences. Si les femmes sont toutes victimes du système patriarcal, se surajoutent pour certaines, d’autres discriminations, de classe, « race », orientation sexuelle, handicap, etc. Où est la compétition ?

Ce qui est certain et historiquement vérifié, en revanche, c’est que les hommes ont objectivement intérêt à détourner les femmes du féminisme universel et à les mobiliser pour d’autres causes.

La journaliste reproche aux féministes attachées à la « liberté des mœurs » de ne pas parler de parité en politique. La parité c’est un minimum mais ce n’est pas non plus un gage de féminisme, il ne faut pas confondre femme et féminisme, la nuance est tout de même de taille. Mais surtout, cette accusation ne repose sur rien, mais accusez donc, il en reste toujours quelque chose !

Non, le féminisme ne sera pas pris en otage, la liberté que les femmes occidentales ont chèrement arrachée et doivent défendre sans relâche, seulEs les féministes, pro-féministes et progressistes ont le droit de s’en revendiquer. Aucune féministe n’est dupe des tentatives de récupération politiques, notamment de l’extrême droite !

En revanche, il est parfaitement hors de question de renoncer à la « liberté sexuelle » et à l’égalité, pour pouvoir « débattre de la place de l’islam » en occident. Les religions ont toujours infantilisé et même asservi les femmes ; celles des opprimés aussi, opprimés qui dans d’autres contextes sont les puissants.

Les religions ne dicteront pas leur loi, pas plus l’islam qu’une autre, et le féminisme islamiste n’existe pas plus que le féminisme catholique, fumisterie !

Cécile Daumas croit aussi que l’affaire de Cologne a révélé « un schisme entre générations de militantes », c’est faux et c’est bien mal connaître les mouvements féministes : les divergences d’opinion sur cette affaire sont transverses aux générations.

A quand un article sur l’exploitation sexuelle, les viols et trafics humains, dans les camps de réfugiés ? Parce que la réalité c’est aussi ça, les femmes, partout, toujours, subissent les violences masculines, y compris à l’intérieur de leur propre groupe, aussi défavorisé et désespéré soit-il.

 

Ainsi, le Nouvel Obs a-t-il vanté le « féminisme fondamentaliste » à travers les voix de deux journalistes Eric Aeschimann et Marie Vaton qui prétendent que l’islam serait un vecteur de l’égalité hommes-femmes. Selon eux, les féministes qui critiquent les religions et la place qu’elles réservent aux femmes, l’islam surtout, car les autres religions n’ont guère droit de cité, feraient preuve d’une laïcité ringarde.

Dans quel monde vivent-ils ? Non contents de s’abstenir de critiquer les violences inouïes des formes intégristes des religions, en particulier les exactions barbares des islamistes, ils cautionnent l’oppression des femmes inhérente aux versions plus orthodoxes ?

Quelles sont donc les motivations de ceux qui inversent ainsi la réalité et les responsabilités ? Pourquoi critiquent t’ils le catholicisme lorsqu’il impose le contrôle du corps des femmes, l’interdiction de l’avortement et de la contraception, de l’homosexualité, mais approuvent les contraintes et violences sexistes faites aux femmes, au nom de l’islam ?

 

Les exemples sont légions et cet article pourrait faire 100 pages. L’idéologie islamo-gauchiste a perverti la pensée politique et universitaire, les médias rivalisent désormais de soumission envers ces théories absurdes et mortifères qui sacrifient sans vergogne les femmes, les enfants aussi.

La sociologue et écrivaine iranienne Chahla Chafiq a dit  «En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une occidentalisation qui détruirait l’identité islamique.» Dans notre société dysfonctionnelle, ses propos rationnels sont précieux mais certains les jugent suspects, un comble !

Nous n’avons pas entendu tous ces gens soutenir les associations féministes quand le juge versaillais a relaxé le rappeur Orelsan pourtant condamné en première instance, pour provocation à la violence. En réalité, le féminisme est la dernière de leurs préoccupations, ils font semblant de s’y intéresser pour mieux le détruire et retarder l’émergence d’une société féministe, libérée des rapports de force et de domination.

 

Alors à toutes celles et ceux qui nous divisent pour nous ralentir, intersectionnels et vendeurs de soupe à la mode islamiste, brandissant à tours de bras l’accusation d’islamophobie comme une bible, j’affirme que :

  • le féminisme est et sera toujours la somme des luttes contre la domination mondiale du groupe des femmes, par le système patriarcal qui profite aux seuls hommes ;
  • la laïcité est la garantie d’atteindre plus certainement cet objectif.

Démasquer et neutraliser tous ces faux expertEs en féminisme et juges en islamophobie, devraient être une priorité pour les féministes qui veulent ne plus avoir à vivre un éternel 8 mars, parce que la domination masculine serait enfin vaincue et l’égalité, réelle et partout dans le monde.

Christine Le Doaré

 

Islamo-gauchistes, prenez-nous pour des cruches !

fanatiques_cabuLes masques tombent  et ça fait peur.

Il a longtemps été mal vu de qualifier d’islamo-gauchiste cette gauche qui se pique de vouloir libérer l’humanité en hiérarchisant les discriminations, en substituant l’islamophobie à la lutte contre le racisme, en rejetant toute critique de l’islamisme. Elle se prétend féministe, mais justifie l’oppression des femmes par le relativisme culturel.

A peine 3 mois après les attentats qui ont ensanglanté  la France,  les islamo-gauchistes multiplient les provocations et abîment la mémoire et les luttes de la gauche et du mouvement des femmes.

Les islamo-gauchistes sont des politiques qui à gauche sont complaisants avec des militants de l’islam politique et n’hésitent pas à nouer de dangereuses alliances. Ils estiment que les musulmans sont le nouveau prolétariat et donc un électorat à séduire. Les islamo-gauchistes, aussi intersectionnels et anticolonialistes attribuent donc une place à part à la religion et aux coutumes des populations musulmanes, victimes de l’état colonial français peu importe leur statut social. Et tant pis si cette religion opprime les femmes et méprise les personnes homosexuelles.

Un grand nombre de personnalités en vue dans les milieux politiques, universitaires, aussi dans les médias, comme Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Rokhaya Diallo, Pierre Tévanian, Christine Delphy, Houria Bouteldja, Eric Fassin, Clémentine Autain, Gaiss Jasser et tant d’autres, aussi au NPA, au MRAP, au PCF, chez les Verts, dans certains groupes LGBT, au STRASS, etc., tiennent des propos et développent des stratégies qui relèvent de l’islamo-gauchisme.

Certains ont participé au  «meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire » aux côtés du Parti des Indigènes de la République (PIR),  de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), d’Oumma.com, des Indivisibles, etc.

Le PIR crée en 2005 se définissait à ses débuts comme un mouvement antiraciste, c’était de bonne augure ; seulement voilà, au lieu de se consacrer à la lutte contre le racisme, il s’est enfermé dans une haine de l’occident, un anti-colonialisme revanchard, défendant l’islamisme, parlant de « philosémitisme d’état » et allant jusqu’à soutenir sans réserve, le Hezbollah et le Hamas. La réactionnaire UOIF est  farouchement opposée à l’avortement et au mariage pour tous.

Remarquez bien que ça n’a pas gêné les Jeunes communistes, le NPA, la Fondation Copernic, le PCF et tant d’autres, de figurer dans la liste des signataires de l’Appel au meeting ; certains comme EELV ont longuement tergiversé, finissant par retirer leur signature.

imagesOn est en droit de se demander où est passé le bon sens politique de cette gauche et de ces « féministes » bernées par les sirènes intersectionnelles, essentialistes et différentialistes.

Athées, mais assumant un paternalisme condescendant en associant aux femmes musulmanes des  pratiques religieuses sexistes et aliénantes ! En revanche, il est de bon ton de s’attaquer aux religions des « dominants » en oubliant opportunément que la communauté religieuse la plus persécutée aujourd’hui dans le monde, ce sont les chrétiens ! Hurlant pour les droits des Palestiniens, ignorant ceux des Syriens.

La colonisation a fait des ravages, mais toutes les sociétés patriarcales humaines ont une histoire conquérante d’invasions successives, de domination, d’exploitation et de violences. Beaucoup ont pratiqué l’esclavage, et les musulmans en premier. Mahomet a autorisé tout homme musulman à coucher avec ses esclaves, sans avoir à subvenir aux besoins des enfants nés de ces rapports (le plus souvent des viols).

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Comment expliquer l’aveuglement des LGBT islamo-gauchistes qui feignent d’ignorer l’homophobie des Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée coordinateurs du « Nous sommes les Indigènes de la République » et qui revendiquent  « Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations » et qui ont accusé Fadela Amara d’avoir appelé à l’émergence « d’un mouvement gay dans les quartiers » ?!

Houria Boutelja du PIR parle « d’homosexualité imposée » et « d’impérialisme gay » et n’hésite pas à affirmer que « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires». Pour Youssef Al-Qaradawi de l’UOIF,  l’homosexualité est une « une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ». Il pense aussi que tuer les homosexuels n’est « qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ».

quenelles manifpourtousphoto prise lors de la dernière Manifpourtous Paris (collusion des totalitarismes religieux).

Cette manière de revisiter jusqu’à la nausée les responsabilités de l’état colonial français, de favoriser des replis communautaristes et religieux, de fragiliser la laïcité, n’aident en rien à régler les problèmes.

Que la politique des banlieues soit un échec est une évidence, en revanche, vouloir nous faire croire qu’il y aurait aujourd’hui en France, des discriminations organisées par une République d’ordre colonial et raciste est un grotesque mensonge. Idéaliser les pays d’origine aussi.

Les islamo-gauchistes font la promotion du terme  »islamophobie » pour interdire toute critique de l’islam politique (salafistes, frères musulmans). Pourtant, c’est un droit fondamental dans une démocratie, de rejeter et critiquer toute doctrine, tout dogme religieux ou politique.

D’un côté le PIR et autres islamo-gauchistes, de l’autre le  Bloc identitaire d’extrême droite, morbide tenaille identitaire.

ob_2db35e_10351821-10152640238464074-23160325570 Photo prise lors des manifestations pro-Palestine de l’été 2014 à Paris Place de la République

Le pire encore en tant que féministe, c’est d’être confrontée  à des militants qui se disent de gauche et féministes et qui en guise de féminisme cautionnent un féminisme complaisant envers les injonctions sexistes de l’islam politique. Nombre de « féministes » intersectionnelles que je qualifierais d’islamo-gauchistes vantent les bienfaits du voile, hijab ou niqab alors que des femmes sont harcelées et emprisonnées pour ne pas le porter ailleurs, en Iran, au Qatar, en Arabie Saoudite …

Le féminisme ne s’accommode jamais à la sauce de l’oppresseur ! Il n’a jamais cautionné le mariage des adolescents, le mariage forcé, le port du voile, hijab ou niqab,  les certificats de virginité, … qui ne s’imposent qu’aux femmes dans le but de les contrôler et de les réserver à un « propriétaire ». Ces islamo-gauchistes valorisent les collectifs 8marspourtoutes, les groupes de femmes voilées, comme celui des mamans de Christine Delphy mais ignorent le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers qui résiste aux injonctions du Conseil du Culte musulman : « Le voile est une prescription qui recommande au Prophète de « dire à ses femmes, à ses filles et aux femmes des croyants » (Coran 33-59), de l’arborer pour la réserve qu’il leur impose ». Lecture littéraliste et patriarcale s’il en est. Si les femmes d’origine maghrébine du collectif d’Aubervilliers contestent le voile, ce n’est certainement pas par racisme, mais parce qu’il marque une inégalités entre les femmes et les hommes, dans l’espace public. Selon elles, il est un instrument de domination et de restriction de liberté : « Exigé dans les pays les plus conservateurs, il est toujours le premier acte d’autorité des djihadistes dans les villages conquis (Irak, Syrie, Mali, Nigeria…), que les femmes soient musulmanes ou non. Il est devenu leur étendard de par le monde. Il s’accompagne de la suppression de toute liberté pour les femmes. »

Le féminisme vise à l’anéantissement du système patriarcal pour émanciper les femmes et par là-même toute l’Humanité, pas à son aménagement pour satisfaire un pouvoir politico-religieux. Le mouvement de libération des femmes est universel et laïque, il noue des solidarités entre les femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences identiques de la domination masculine.

islamo-gauchistes

Le concept de « féminisme blanc » est une imposture d’autant plus révoltante que l’intersectionnalité des luttes à la sauce islamo-gauchiste ne sert qu’à noyer les revendications, droits et libertés des femmes dans d’autres agendas politiques.

A l’évidence, renvoyer la laïcité et les religions à la sphère strictement privée est la meilleure garantie pour les femmes de parvenir à l’égalité. Pourtant les islamo-gauchistes nous expliqueront bientôt que la religion des « opprimé-e-s » est progressiste, que la prostitution c’est très bien pour certaines femmes mais que d’ autres doivent être voilées, et que le féminisme « occidental » est plus dangereux pour les femmes racisées que les violences de la domination masculine !

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Christine Le Doaré

STRASS, Morgane Merteuil : inversions et manipulations

marche-tete-04-900x599Morgane Merteuil, STRASS, réglementaristes de la prostitution et inversion rhétorique au service de la manipulation.

Savez-vous que les personnes qui ne consomment pas assez de biens matériels sont responsables des ratées du système capitaliste ? Egalement, que les victimes du racisme sont responsables de l’inquiétude des occidentaux menacés par une société métissée et plurielle ?
Je vous sens crispéEs là, non mais c’est quoi ce discours néolibéral et raciste ? Inversion sémantique au service de la manipulation idéologique ? Oui, sans aucun doute !
Pourtant, quand Morgane Merteuil, porte-parole du STRASS*1. écrit que les clients et plus généralement les bénéficiaires du système prostitueur rendent service aux femmes en leur permettant de se prostituer quand les féministes abolitionnistes, elles, les mettent en danger, le procédé est rigoureusement le même mais peu y trouvent à redire.
Pourquoi sur le sujet de la prostitution tant de progressistes ont-ils l’esprit critique en berne, quand sur d’autres sujets, ils sont prompts à repérer les tentatives de manipulation à coups d’inversions sémantiques flagrantes ?

Le dernier texte de Morgane Merteuil est un chef-d’œuvre du genre. Elle y opère une double manipulation.
Elle s’appuie sur un texte de Joan W. Scott « Émancipation et égalité : une généalogie critique », donné lors d’une conférence Au-delà du patriarcat du colloque Penser l’émancipation (Nanterre, février 2014).

Le titre de Merteuil « Putes, corps désirants et émancipations », donne le ton, comme si juxtaposer des mots inconciliables suffisait pour convaincre de la pertinence du propos :
« putes » ce qui signifie : femmes (le plus souvent, mais pas seulement) performant des rapports sexuels sans désir et pour de l’argent, sous la contrainte (le plus souvent, mais pas toujours) ; rien que l’utilisation du mot « pute » est douteux, il permet de détourner l’attention et d’effacer la violence de la réalité de la prostitution,
« corps désirants » mais qu’est-ce donc qu’un corps désirant ? Un être désirant, oui, je vois, un corps désirant, déjà beaucoup moins, à moins que Morgane Merteuil ne reconnaisse l’état de distanciation / dissociation nécessaire pour se prostituer, l’esprit ici et le corps tout là-bas ?
Dans tous les cas, parler de « corps désirants » dans le cadre de la prostitution, alors que nombre de professionnels de santé et de féministes s’accordent à la qualifier de violence sexuelle intrinsèque et que les associations de défense de prostituéEs prétendent en faire un travail, est pour le moins contradictoire.
« émancipations », le mot est au pluriel, c’est tout de suite plus signifiant.
C’est aussi un artifice pour associer l’émancipation des femmes musulmanes à celles des femmes prostituées, le STRASS ratisse large et aux côtés de ses amiEs des Indigènes de la République, Morgane Merteuil tente de nous convaincre que « féminisme musulman » et « féminisme pute », même combat ! *2.Voir « Des déchaînézs au genoux du patriarcat ».

Le texte est à l’image du titre : une laborieuse tentative d’inversion des responsabilités, chaque argument étant maltraité jusqu’à l’absurde.
Bien entendu, les industries du sexe ne sont plus des industries ultra-capitalistes qui s’en mettent plein les poches sur le dos de femmes exploitées, les proxénètes comme les clients ne sont plus des instruments de la domination masculine et ne sont jamais responsabilisés, en revanche, les féministes abolitionnistes seraient des libérales « des franges répressives » et mettraient en danger les personnes prostituées.
De quelle manière et avec quels moyens, vous ne saurez jamais, ce qui compte c’est de semer le doute, de faire de la désinformation et de propager des mensonges.

Joan W. Scott prétend que « la rhétorique de l’émancipation sexuelle et de l’égalité entre les sexes, en ce qu’elle est soumise à un capital mondialisé qui fait du désir, et de sa capacité à l’assouvir, un préalable à la citoyenneté, contribue à la perpétuation de la domination de « populations minoritaires défavorisées », et notamment des femmes musulmanes ».
La théorie de Joan W. Scott est tout de même particulièrement perverse, elle suggère que l’émancipation des femmes occidentales, leur droit à une sexualité libre et désirante, leur volonté d’égalité, sont responsables de la domination des femmes musulmanes qui elles, n’auraient pas atteint ce niveau de liberté et ne pourraient donc, de ce fait, accéder au statut de citoyenne.
Entendez bien, les femmes musulmanes ne seraient pas opprimées par la domination masculine, l’interprétation masculine de textes religieux, le poids des traditions, non, du tout, elles seraient dominées à cause des féministes, des femmes occidentales libérées et seules dignes d’un statut de citoyenne !
Formidable exemple d’inversion des responsabilités et de manipulation rhétorique !
Les féministes universalistes « orientales » qui luttent dans les pays musulmans apprécieront cette obole au féminisme islamiste et plus encore au système patriarcal !
[Que des intervenants capables de telles manipulations soient invitéEs dans des universités françaises me laisse perplexe.]

Puis, entraînée dans son élan, non contente, comme Joan W. Scott, d’accuser « la communauté des nations » d’avoir choisi « le désir sexuel comme dénominateur commun universel dans la définition de l’humain », et par conséquent, selon Morgane Merteuil, d’être « islamophobe », [vous suivez j’espère ?], la porte-parole du STRASS extrapole et, seconde manipulation, se demande « si le rejet des revendications des travailleuses du sexe peut, lui aussi, correspondre un autre aspect du discours civilisationnel analysé ici par Joan W. Scott ».

Je vous épargne quelques paragraphes plutôt inintelligibles, pour arriver à ceci : « L’accent placé sur une sexualité libérée … fait écho au désir de consommer qui sert de moteur au marché, et permet de détourner l’attention des injustices économiques et sociales qui résultent de la discrimination et des formes structurelles de l’inégalité. On touche bien là à un des fondements de l’idéologie libérale, qui fait finalement reposer sur la volonté individuelle la capacité d’émancipation (sexuelle), sans prendre en compte les rapports de domination et de dépendance qui peuvent entraver celle-ci. Ainsi, dans le débat sur la prostitution, la position abolitionniste consistera essentiellement en une volonté de « responsabilisation » des clients…, sans que ne soient jamais abordées les causes économiques et structurelles qui peuvent pousser des femmes non seulement à exercer cette activité mais de manière plus générale à être dépendantes des hommes. »
Quel plus beau déni de la réalité des luttes féministes !
Un allié pareil, le patriarcat en rêvait, Morgane Merteuil l’incarne, il peut dormir sur ses deux oreilles.
Morgane Merteuil avance que la libéralisation de la prostitution et la soumission à des dictats religieux/coutumiers, sont des enjeux de luttes émancipatrices.
En réalité, les groupuscules d’activistes du STRASS, du collectif « 8marspourtoutes » et leurs quelques alliéEs politiques et universitaires s’emploient à faire diversion pour éviter toute atteinte sérieuse au système patriarcal et c’est à peu prés tout.

Constamment et simultanément les féministes combattent les systèmes d’oppression idéologiques, économiques et sociaux, dénoncent la pression des industries patriarcales et capitalistes du sexe qui ne cessent d’envahir nos sociétés hypersexualisées, combattent les inégalités femmes-hommes, etc.
Nous abordons la question de la prostitution, en tant que projet de société, à fortiori collectif, par opposition aux réglementaristes qui ne parlent jamais que de choix individuels de quelques « libérales/libéraux » qui exerceraient « librement » sans se préoccuper des millions de femmes déplacées, torturées, violées et prisonnières de proxénètes, de la traite.
Et tout ça, nous le ferions sans jamais interroger et combattre les raisons économiques et sociales qui poussent les femmes à se prostituer ?
Allons donc, nous ne cessons d’expliquer que désespoir, besoin d’argent et passage à l’acte favorisé par des violences sexuelles antérieures, sont les raisons qui poussent le plus souvent les femmes à se prostituer, quand elles n’y sont pas contraintes par un proxénète ou un réseau mafieux.
Une seule femme opprimée, une seule femme violée, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui risquent elles aussi, de subir ce même destin.

Le féminisme n’a pas de sens s’il n’aboutit pas à libérer les femmes, toutes les femmes, de l’emprise de la domination masculine, de leur exploitation et de leurs violences.
La domination masculine vise à contrôler les femmes, leur sexualité, la reproduction ; les religions, les traditions, les institutions sont les instruments de ce pouvoir masculin.
La prostitution n’est jamais que l’un des plus archaïques moyens de s’approprier les femmes – et souvent les enfants, parfois des hommes – réduitEs à des commodité sexuelle au service des hommes. Le voile et plus encore la burqa, le niqab, n’ont d’autre fonction que d’effacer les femmes et de les désigner propriété exclusive du père ou du mari tout puissant.
Morgane Merteuil aura beau triturer la réalité dans tous les sens, nous inventer des concepts « d’épanouissement sexuel islamophobes », – quelle personne sensée peut accréditer une seule seconde l’idée que nos politiques publiques associent épanouissement sexuel et droits sociaux ? -, elle n’est jamais du côté des femmes, de leur libération, de l’abolition du patriarcat.
C’est d’ailleurs pour cette unique raison et manifestement pas pour la pertinence de ses analyses, qu’elle cumule tant de soutiens et d’intérêts médiatiques et politiques.

Une manipulation rhétorique aussi grossière que celle qui consiste à inverser les responsabilités et absoudre au passage les bénéficiaires des systèmes patriarcal et prostitueur, est lamentable mais ce qui l’est plus encore, c’est la complaisance dont elle bénéficie pour continuer sans vergogne, à la tête du STRASS et des réglementaristes de la prostitution, à salir le mouvement féministe et tenter de le diviser.

Christine Le Doaré

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*1.STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

*2 : https://christineld75.wordpress.com/2014/04/02/des-dechainees-aux-genoux-du-patriarcat-2/

Libération sexuelle et liberté de disposer de son corps

600269_10151496884167948_298307319_nLiberté, quelle liberté, où en sont les femmes ?

Entre timides battues en brèche, violents retours de bâtons, le système patriarcal contre lequel nous sommes mobilisé-e-s, détient probablement le record de longévité des systèmes d’oppression. Il sévit dans tous les domaines mais affectionne particulièrement l’intime et la sexualité.

Je me suis souvent demandé comment s’étaient débrouillés les hommes pour que le mouvement de libération sexuelle des années 60/70, leur profite autant ? Il n’est pas question de le nier, les droits et libertés des femmes ont progressé à partir des années 60, mais nombreuses sont celles qui ont fini par l’admettre : la libération des mœurs sans égalité réelle femmes-hommes jetait comme une ombre au tableau. Les femmes se devaient surtout d’être en permanence disponibles et enthousiastes, sous peine d’être considérées comme de mauvaises coucheuses. Alors, libération sexuelle oui, mais dans les limites imposées par la domination masculine.

Après plus de 40 ans la situation a certes évolué mais je ne suis pas certaine que dans leur majorité, les femmes s’en sortent vraiment mieux. Le patriarcat n’en finit pas de s’éterniser, les femmes n’ont toujours pas gagné l’égalité, encore moins leur liberté. Un peu partout, les droits reproductifs dont l’avortement sont menacés, limités ; des millions de femmes sont toujours enfermées dans les mariages forcés et la prostitution.
Nos sociétés phallocrates essayent bien de nous faire croire que tout va pour le mieux : que les femmes orientales se satisferaient de la soumission et que le voile les protègerait ; que les femmes occidentales s’éclateraient de la Lolita à la Couguar !
En réalité, de manière plus ou moins subtile, partout des femmes résistent aux humiliations et aux violences. Dans les sociétés occidentales, l’hypersexualisation des petites filles et la chosification / pornification des femmes s’impose massivement et à une vitesse fulgurante.
C’est le leurre qu’a trouvé la domination masculine pour continuer de nous contrôler et imposer sa volonté. Des femmes libérées, fort bien, mais qui plaisent aux hommes !

Finalement, la Suède, reste l’un des rares pays a n’avoir pas gommé le caractère féministe de la révolution sexuelle ; elle a notamment choisi d’abolir la prostitution, c’est-à-dire de ne pas inquiéter les prostituées qui, sans craindre d’être arrêtées, peuvent porter plainte en cas de violences ; mais de condamner le proxénétisme et l’achat de services sexuels, pour instaurer l’égalité femmes-hommes et promouvoir l’indisponibilité marchande de l’être Humain.

Dans un tel contexte, quelles sont les libertés sexuelles des femmes ?

Peut-être faut-il commencer par poser le postulat que jamais, personne, n’est totalement libre. Notre naissance, notre cadre de vie, nos rencontres, nous font et défont constamment. Les institutions sont déterminantes, l’enseignement, les valeurs républicaines et/ou religieuses, politiques, syndicales sont des moules.
Bien sûr chaque personne dispose d’une marge de manœuvre et opérera des choix tout au long de sa vie ; des choix cruciaux, mais jamais en dehors du regard des autres ni des codes des groupes d’appartenance et/ou de rejet. Un « sans abri » est aussi libre que moi, mais de quoi est-il ou elle, libre, exactement ? Suis-je aussi libre que d’autres qui détiennent des moyens que je n’ai pas (âge, revenus, formation, qualifications, réseaux sociaux/politiques, etc.) ?
Dans bien des situations, ce n’est pas la liberté qui protège les personnes vulnérables ou fragiles, mais la loi, le cadre social, les références culturelles et morales ou leur absence.

Rappelons aussi que les espaces de liberté sont de nos jours de plus en plus réduits. Notre imaginaire aussi est colonisé. Les industries du sexe, les plus inventives et prolifiques qui soient, savent se vendre : omniprésentes, elles influencent toute notre culture : la représentation hypersexualisée des femmes et des petites filles dans la mode, la photographie, le roman, le cinéma, etc., ce sont elles.
Elles servent les fantasmes masculins et séduisent nombre de jeunes et moins jeunes femmes, elles leur racontent qu’elles sont libération et émancipation.
L’hétérosexiste industrie du sexe formate et tient sous contrôle la sexualité des femmes comme celle des hommes ; elle répond aux attentes, quand elle ne les crée pas, de consommateurs mâles, toujours plus exigeants et violents. Même quand des lesbiennes se lancent dans la production pornographique, il est rare que les codes de domination / soumission qui prévalent dans la très normative industrie du sexe, soient vraiment questionnés.
Yolande Geadah a écrit : « La banalisation de la pornographie, conduit à la “prostitution de la sexualité”, à travers laquelle la sexualité est pour ainsi dire confisquée par l’industrie du sexe, qui réussit à imposer partout sa culture pornographique. De marginale qu’elle était, la prostitution devient ainsi la nouvelle norme sexuelle, encouragée et mise en valeur très activement par l’industrie du sexe. »

Paradoxe invraisemblable, de plus en plus de femmes, influencées par les industries du sexe, réclament le droit de se pornifier et de se prostituer au nom du féminisme et de la liberté à disposer de son corps !
Seulement voilà, quand les féministes des années 60/70 défendaient le droit de « disposer librement de leur corps », elles réclamaient l’imagination au pouvoir et non le carcan des normes d’une industrie, elles revendiquaient une sexualité libre et gratuite, hors des contraintes du mariage « traditionnaliste » (devoir conjugal et maternité), elles voulaient jouir d’une sexualité de désir et de plaisir, d’échanges dans l’écoute de soi comme de l’autre.
Elles réclamaient une contraception libre et gratuite et la légalisation de l’avortement. Ces slogans ont été récupérés, détournés aux fins de chosification et de marchandisation des corps (des êtres en réalité, car le corps n’est pas dissociable).
Liberté et libéralisme ce n’est pas pareil. Comme l’a si bien dit Richard Poulin : « La prostitution prétendument “libre” relève du libéralisme et non de la liberté ».

Personne ne l’ignore, dans leur écrasante majorité, les femmes prostituées sont de classes sociales défavorisées, racisées (déplacées de leurs pays d’origine, réfugiées, immigrantes clandestines), souvent victimes d’un accident de la vie, souvent elles ont été violées, parfois elles cumulent plusieurs de ces situations. Les pays qui ont légalisé la prostitution le reconnaissent un par un, et le dernier en date, l’Allemagne : les violences et les agressions augmentent.
Dans un Rapport remis au gouvernement en 1997 dans l’Etat de Victoria, il était déjà écrit : « La légalisation, loin de protéger les prostituées, ne fait que légitimer le droit des hommes à abuser sexuellement des femmes ».
Comment un état peut-il à la fois lutter contre le harcèlement sexuel et organiser un marché du sexe dont il taxe les revenus ? L’état lutte contre les violences faites aux femmes mais il organiserait et cautionnerait un système de domination et de violences sexuelles, auquel accéder moyennant finance ?
Le paiement, cette « ruse de la domination », a dit l’anthropologue Françoise Héritier. L’argent, qui nourrit le système prostitueur légal comme illégal, garantit aux hommes d’accéder aux femmes, quand bon leur semble.

Par quel paradoxe, les libertaires et antilibéraux qui dénoncent la « marchandisation » envahissante, sauf lorsqu’il s’agit des femmes, en arrivent-ils à envisager, au nom du principe à disposer librement de son corps, de légaliser les violences sexuelles du système prostitueur ? Pour organiser l’exploitation et les violences, il suffirait d’appeler les prostitué-e-s « travailleuses du sexe » et le tour serait joué ? Pour accepter que des femmes subissent la dissociation émotionnelle ou anesthésie mentale, indispensable pour supporter de se prostituer et d’y retourner chaque jour, il suffirait donc de brandir le sésame du « libre choix » ?
A quoi bon s’interroger sur le respect de l’intime et de la dignité, ne pas occulter le traumatisme des violences sexuelles subies avant l’entrée dans la prostitution et sa fossilisation ensuite, c’est tellement complexe, alors que le « libre choix », c’est tellement plus simple !

Malka Marcovich, militante abolitionniste a écrit : « Le corps n’est pas une marchandise et il conserve des traces. Des pénétrations à répétition, sans désir, même avec vaseline, ne laissent pas indemne. »
Mais nos champions des libertés préfèrent complaisamment prendre fait et cause pour une minorité d’escort-e-s activistes, micro-entrepreneurs non représentatifs. (+ de 90% des prostituées veulent en sortir, mais le lobby pro-prostitution, comme les médias ne s’intéressent qu’aux 10% restants).
Entretenir des fantasmes, c’est tout de même beaucoup plus sexy ! Oui, des anti-libéraux, des Verts favorables à la décroissance, des progressistes, peuvent quand il s’agit de sexualité et domination, se rendre complices d’un système criminel d’exploitation et de violences inouïes qui génère toujours plus de profits.
Et ce ne sont pas les puritains, depuis toujours défenseurs de la prostitution qui vont leur donner tort ! « La morale puritaine bourgeoise, inspirée du christianisme, selon laquelle l’idéal féminin réside dans la virginité ou la maternité, interdit les relations sexuelles libres pour les femmes, mais tolère ou encourage la prostitution pour assouvir les besoins sexuels des hommes célibataires tout en préservant la chasteté des jeunes filles de bonne famille », rappelle Yolande Geadah.
Le pire encore c’est quand de grandes bourgeoises intellectuelles qui ne connaissent rien à la question, grâce à leur notoriété et vernis féministe, prétendent s’exprimer au nom des femmes prostituées. Elisabeth Badinter dans Le Monde (31 juillet 2002) « Redonnons la parole aux prostituées », bien sûr, il n’y a qu’elle qui s’exprime, et ne lui demandez surtout pas de donner aux « survivantes » de la prostitution !

Ceux qui comme Madame Badinter, ne font pas la différence entre libéralisme et liberté, dans une société phallocrate de plus en plus acculturée et dépolitisée, individualiste et vide de sens collectif, compromettent en réalité toute chance d’abolir un jour le patriarcat.
Le libéralisme, les récupérations successives des luttes féministes, l’absence de politiques ambitieuses éducatives et répressives contre les violences faites aux femmes, les ravages de la libéralisation de la prostitution et des industries du sexe, présentées comme apologie de la liberté sexuelle, pèsent sur toutes les femmes ; imposent une plus grande chosification ; instaurent une véritable culture du viol.

C’en est assez ! Non, les femmes ne sont pas toutes vénales, non les femmes ne sont pas toutes masochistes, non les femmes ne sont pas toutes des « putes » et encore moins des « putes féministes » !
Ces slogans misogynes du lobby-prostitution, qui plaisent tant aux hommes et aux femmes qui le soutiennent, sèment la confusion et tentent de faire passer pour libération sexuelle ce qui n’est en réalité que subordination de la sexualité des femmes à la domination masculine et aux dictats des industries du sexe.

Oui les femmes veulent disposer librement de leurs corps, c’est pourquoi elles s’opposent à toute forme de servage. Dans le couple ou le mariage, elles veulent inventer les amours et sexualités qui les épanouissent.
Yolande Geadah a écrit : « Les rapports sexuels dans le mariage ne sont qu’un élément de la vie à deux, important certes, mais qui s’inscrit dans une relation humaine complète et non pas morcelée, comme c’est le cas dans la prostitution ».

Les industries du sexe et la prostitution (non pas « le plus vieux métier du monde », mais bien la plus vieille arnaque patriarcale) ne sont en rien subversives ni libératrices, mais au contraire, juste un enfermement de plus.
Du « plan cul » à la relation de couple, les femmes veulent s’émanciper, libérer leurs désirs et leurs plaisirs autant de la domination masculine que du libéralisme.
Liberté, égalité !

Christine Le Doaré

Note :
« Vint enfin un temps où tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devint objet d’échange, de trafic et pouvait s’aliéner. C’est le temps où les choses mêmes qui jusqu’alors étaient communiquées mais jamais échangées ; données mais jamais vendues ; acquises mais jamais achetées – vertu, amour, opinion, science, conscience, etc. – où tout enfin passa dans le commerce. C’est le temps de la corruption générale, de la vénalité universelle, ou, pour parler en termes d’économie politique,le temps où toute chose, morale ou physique,étant devenue valeur vénale, est portée au marché. » Karl Marx, Misère de la philosophie, 1847, cité par Richard Poulin dans La mondialisation des industries du sexe


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