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Combien y a-t-il de féminismes ?

img_6122N’en déplaise aux modes médiatiques, aux révisionnistes et aux imposteurs, il y a toujours eu plusieurs versions du mouvement social qu’est le féminisme.

En résumé, en France, dès les années 60/70, ont coexisté trois principaux courants : réformiste, révolutionnaire puis socialiste et enfin radical ; sans oublier quelques théories critiques plus marginales. Ces courants, encore aujourd’hui, partagent l’idée que dans nos sociétés patriarcales, les femmes ne doivent plus être subordonnées au pouvoir masculin. Le système patriarcal organise l’appropriation et le contrôle des femmes et de leur corps pour maitriser la reproduction, la sexualité, l’organisation sociale de la famille et de nos sociétés.

Le féminisme, structurellement, fondamentalement, c’est donc avant tout, la reconnaissance d’une subordination des femmes en tant que groupe/classe des femmes (la moitié de l’humanité) à l’autre groupe/classe des hommes, et les moyens de l’abolir.

Les causes et solutions varient mais des objectifs sont communs : déconstruire pour les dépasser les rapports sociaux de sexe, et ainsi parvenir à l’égalité dans le respect des différences, proposer une société avec des relations humaines libres des rapports de domination.
Certes,

– le féminisme réformiste égalitariste s’intéresse surtout au sexisme dans l’éducation et la culture ;

– le féminisme révolutionnaire accuse lui, le capitalisme d’être responsable de l’oppression des femmes, arguant que seules les luttes de classes en viendront à bout ;

– le féminisme socialiste tente d’articuler les oppressions des systèmes capitaliste et patriarcal ;

– le féminisme radical opère une rupture majeure avec les deux autres courants en affirmant que l’oppression des femmes est première et transverse à toutes les autres oppressions qu’elles soient de classe ou de « race », et que l’ennemi à combattre c’est le patriarcat : pouvoir exercé par la classe sexuelle des hommes sur celle des femmes ;

– la critique de l’hétérosexualité conduit les lesbiennes radicales à promouvoir le séparatisme, puis à s’inscrire au sein des rapports sociaux de sexe ;

– l’afro féminisme élargit la lutte contre le patriarcat à celle contre le racisme, et ce faisant ouvre une brèche dans le socle commun des luttes contre la domination masculine, s’intéressant aux différences entre femmes, les « blanches » et les autres ;

néanmoins, ces courants, imprégnés au fil des années et à différents degrés de féminisme radical et universaliste, s’accordent au moins sur l’exigence de disposer librement de son corps dans la sexualité et la reproduction notamment, et de lutter contre les violences faites aux femmes.

Un des principaux clivages entre ces courants, nait dans les années 70, de l’influence de la psychanalyse qui met en avant les différences spécifiques communes aux femmes (biologiques et psychologiques), et à laquelle s’opposent les féministes matérialistes radicales (combinaison du féminisme socialiste et du féminisme radical) qui elles, combattent le système hiérarchique d’organisation sociale des sexes/genres féminin et masculin.

A partir des années 90 avec les théories post-modernes des universitaires américaines, apparaissent d’autres clivages qui visent à abolir les genres féminin/masculin tels que nous les connaissons, et qui d’une certaine façon, disqualifient les luttes féministes qui n’auraient plus les mêmes raisons d’être. Le mouvement Queer et le « féminisme » dit « pro-sexe » s’en inspirent allant jusqu’à imposer une vision de féminisme qui n’appartient qu’à eux, parfois avec violence à l’égard des féministes radicales. Ce mouvement qui s’éloigne des fondamentaux du féminisme, ouvre une autre brèche.

On le voit, il y a toujours eu plusieurs versions du féminisme, mais la constante à minima pour qu’un courant puisse se revendiquer du féminisme, c’est qu’il se développe à partir du noyau commun, des fondamentaux initiaux, en l’occurrence : la lutte contre des rapports sociaux de sexe préjudiciables aux femmes, lutte qui passe à minima par la revendication d’une autonomie et maitrise totale par les femmes, de leur vie (couple, famille, éducation, emploi…), de leur corps (sexualité, reproduction, …).

Depuis les années 2000 a émergé un « féminisme » relativiste qui a pour particularité de réduire les femmes à une identité culturelle, religieuse, régionale, etc. et d’aménager l’oppression.

Ce « féminisme » n’est pas apparu spontanément mais dans la foulée de la montée des religions et de l’influence grandissante de pays tel que l’Iran qui a financé des groupes antiféministes (contre l’avortement…) au sein des institutions internationales. Ces pays se sont attaqués, à l’ONU notamment, à l’universalité des droits des femmes, faisant valoir des spécificités régionales. Le relativisme culturel a engendré des « féminismes » identitaire, communautaire, essentialiste, « racialiste » qui séparent les femmes les unes des autres au profit d’autres luttes que celles contre le patriarcat, également au profit d’idéologies politico-religieuses.

Qu’il s’appelle identitaire, dé-colonial, musulman, islamique ou que sais-je demain, ce « féminisme » relativiste s’oppose au féminisme universaliste qui lui, continue de revendiquer partout dans le monde, l’émancipation des femmes et des minorités sexuelles, liées dans le monde entier et ce quelles que soient leur origine, couleur de peau, culture ou religion, par un socle commun de discriminations et de violences patriarcales.

Il faut le dire très clairement, ce « féminisme » relativiste fait fi du noyau fondateur, il tente de s’imposer partout et d’étouffer les voix des féministes universalistes des pays arabes et/ou à dominante musulmane, qui elles, tentent de s’affranchir de tous les diktats politico-religieux qui s’imposent à elles, voile en tête.

La sociologue et écrivaine iranienne Chahla Chafiq a dit «En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une occidentalisation qui détruirait l’identité islamique.»
Le « féminisme » relativiste n’est pas seulement un dévoiement du féminisme radical universaliste, c’est un contre-féminisme.

Toutes les cultures ou presque (les cultures matriarcales sont ultra marginales), toutes les religions sont patriarcales ; les religions ont même de tous temps été l’un des instruments les plus répressifs du système patriarcal.

Renvoyer les femmes à leur communauté, leur culture, leurs traditions, leur religion, le plus souvent empreintes d’un sexisme séculaire, les séparer des autres femmes, ne pourra jamais les émanciper mais retarde considérablement l’avancée de toutes les femmes.

Celles qui acceptent les règles qui scellent un apartheid genré, trouvent dans les coutumes, traditions, religions des justifications pour limiter l’autodétermination des femmes, ne peuvent en aucun cas se revendiquer du féminisme.

Les oppressions se surajoutent, être femme, noire, et pauvre par exemple, est plus compliqué qu’être homme ou même femme, blanche et riche ; le racisme et la xénophobie, tout comme l’antisémitisme et tous les autres préjugés doivent être fortement combattus, mais le repli identitaire et communautaire, le renvoi des femmes à leur groupe d’origine ont peu de chance de les affranchir du machisme qui depuis toujours, traverse toutes les classes, toutes les origines.

Il n’existe pas plus de « féminisme » musulman que chrétien ou juif car il n’y a pas d’aménagement possible de l’oppression. C’était déjà vrai dans les années 70/80 quand les féministes occidentales se battaient contre tous les interdits et ça l’est toujours aujourd’hui. C’est tout simplement indécent, aberrant, d’affubler de tels qualificatifs, le combat féministe.

Quant au « féminisme » dé-colonial qui noie les revendications des femmes dans les agendas masculins, solidarise les femmes avec la classe des hommes, avec « leurs » hommes, je me demande bien en quoi il est féministe ? Il le torpille plutôt. *1.

En outre, le colonialisme date, l’histoire de l’humanité n’est de toute façon faite que de luttes de domination et de pouvoir, nombre de pays décolonisés n’ont rien à envier dans l’horreur aux colonisateurs et le machisme n’a jamais eu besoin de l’occident ni des colonisateurs pour exister. *2.

Prétendre que seule l’expérience autorise à parler d’une discrimination est réducteur, cela signifierait par exemple, qu’il est impossible de comprendre et s’engager dans un combat contre l’homophobie si on n’est pas homosexuel-le soit même. Segmenter, diviser jusqu’à plus soif le corps social, il faut se demander au profit de qui ?

Les féministes ont besoin de travailler ensemble, d’apprendre les unes des autres pour parvenir à se libérer ensemble des systèmes d’oppression et de leur ennemi principal commun : le système patriarcal. Tout ce qui les divise sert le système patriarcal.

L’affaire du burkini est à ce point exemplaire : les « féministes » qui défendent la déferlante de vêtements islamiques destinés aux seules femmes, adhèrent de facto à l’idée essentialiste qu’il existerait des caractères, féminin peu enclin à la réserve, à la pudeur, et masculin concupiscent ; par conséquent, les femmes devraient se cacher et s’enfermer dans ces tenues. Injonction à la pudeur ségrégationniste et sexiste, marquage des femmes par l’islam politique ; en cédant, les femmes qui se voilent et leurs soutiens s’engagent dans une action prosélyte qui n’est pas sans conséquence pour les autres femmes.

Nous sommes donc à des années lumières du féminisme, mouvement social de libération DES femmes.

Dans les années 70/82, il ne serait venu à l’idée de personne d’associer des tenues imposées par des religieux avec le féminisme.

S’il n’y a pas qu’un féminisme, certains « féminismes » ne sont que des impostures : le féminisme ne s’adapte pas aux règles posées par l’oppresseur, il les renverse. L’idéologie islamo-gauchiste a perverti la pensée intellectuelle en substituant à la lutte contre le racisme, celle contre l’islamophobie ; politiques, universitaires, médias rivalisent désormais de soumission, par effet de mode et peut-être aussi parce que ce « féminisme » identitaire ne risque en rien de renverser le système patriarcal.

Cet antiféminisme essentialiste, différentialiste est tout aussi dangereux que celui des réactionnaires, masculinistes, etc., il n’a pas sa place dans un pays laïc qui a mis au cœur de son projet de société, l’égalité femmes-hommes.

Je n’oublie pas que les féministes occidentales ont chèrement acquis des droits et libertés, que la domination masculine et ses violences sévissent toujours, que l’égalité est loin d’être achevée. Ces impostures nous ramènent en arrière.

Je n’accepte pas que le féminisme soit vidé de son sens fondateur, récupéré, dévoyé, ridiculisé par des gens qui ne connaissent rien au sujet.

Je n’accepte pas la récupération politique du féminisme par les identitaires de tous bords, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Pour un féminisme radical, universaliste et laïc, debout et jusqu’au bout.

 

Christine Le Doaré

*1. Houria Bouteldja du PIR (Parti des Indigènes de la République) « Mon corps ne m’appartient pas… J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’islam ».
*2. Un des derniers esclavages fut aussi l’un des plus barbares : il a fait la fortune de Zanzibar où les africains étaient esclavagisés par les arabes.

Politiques, intellectuels, médias, reprenez-vous vite !

pour postIl est temps de prendre conscience de la situation

Nous aurions pu récupérer un peu dans la torpeur de l’été, oublier les averses printanières, nos inquiétudes quant à l’avenir politique du pays ; guérir nos récentes blessures de guerre et espérer des fous d’Allah, une trêve.

Nous n’aurons eu aucun répit. Des attentats islamistes nous ont frappés, une fois de plus : en France, l’indescriptible massacre du 14 juillet à Nice, puis le père Hamel égorgé dans son église de Saint-Etienne du Rouvray ; en Allemagne aussi, et toujours en Syrie, etc.

 

Après la tuerie de Nice, alors que le décompte invraisemblable de tués et de blessés tombait comme autant de mares de sang noyant la ville sous l’horreur, les réseaux sociaux mais aussi des médias et des politiques ont rivalisé des poncifs habituels : « c’est l’œuvre d’un fou », « il n’est même pas religieux », « pas d’amalgame », qui ont résonné comme autant de coups supplémentaires portés aux victimes.

L’enquête progressant, il fut rapidement établi que ni l’attentat de Nice, ni plus tard l’assassinat de Saint Etienne du Rouvray, n’étaient l’œuvre de malades mentaux délirants. Les hommes qui ont commis ces horreurs ne sont ni déséquilibrés ni solitaires.

Dans tous les cas, si quelqu’un peut me dire ce qu’est un terroriste islamiste équilibré, je suis preneuse ! Vouloir édifier au vingt-et-unième siècle, un grand califat et asservir la planète toute entière pour y parvenir, c’est sensé vous croyez ?

Les hommes qui s’engagent dans le djihad et commettent ces attentats islamistes, ne sont pas plus déséquilibrés ni solitaires que bien d’autres. Ils sont souvent délinquants, peuvent être alcooliques ou toxicos, instables et parfois violents ils ont pris l’habitude de transgresser les lois ; ils ne viennent pas de milieux nécessiteux ; ils ont des appuis, des réseaux ; ils ont méthodiquement planifié leurs actes, en prenant leur temps et avec un sang-froid hors du commun.

Ils ne sont pas forcément très religieux, ils se sont radicalisés plus ou moins vite, mais tous se sont tournés vers Daech, fascinés par sa propagande, pour venger leurs frustrations petites ou grandes et vomir leur haine des valeurs occidentales.

Ils sont attirés par l’organisation paramilitaire de Daech, son dessein sectaire d’une nation islamique mondiale : terrasser des mécréants et la civilisation occidentale pour instaurer un grand califat islamique, c’est sans nuance et cette implacable et virile toute puissance est à même de les galvaniser suffisamment pour passer à l’acte sans arrière-pensée.

Ils obéissent aux derniers commandements de Daech qui recommande de ne plus rejoindre le califat mais de frapper sur place. Nul besoin de se former en Syrie, ni même de se procurer des armes lourdes, n’importe quel objet, véhicule, peut devenir une arme par destination et tuer.

 

Apprendre que le terroriste de Nice a commis des violences conjugales n’a rien de bien étonnant ; en revanche, tous les hommes violents ne deviennent pas terroristes, il ne resterait plus grand monde sur terre ! Les coupables de violences conjugales et plus généralement violences de genre, sont de tous les milieux sociaux, de toutes les religions ou athées, et de toutes les obédiences politiques.

Si les violences conjugales n’expliquent pas à elles seules le ralliement à Daech, (nous ne lutterons évidemment pas contre l’islam radical en luttant seulement contre les violences conjugales), il est malgré tout légitime de s’interroger sur le lien entre machisme, masculinisme et terrorisme car seules des sociétés patriarcales peuvent inventer et développer des systèmes totalitaires aussi mortifères.

 

Comment avons-nous pu jusqu’ici, supporter en silence, autant d’aberration ?

Le religieux prend infiniment trop de place dans nos sociétés livrées au capitalisme sauvage et mondialisé. Sans régulation et une meilleure répartition des richesses, les plus démunis et fragilisés peuvent se tourner vers ce qui les réconforte à bon compte ; les intégristes ne se privent alors pas de les recruter.

Il faut toutefois relativiser cette influence en matière de terrorisme islamiste : la plupart des djihadistes sont issus de familles relativement aisées. Certains se sont radicalisés après un long parcours d’endoctrinement religieux et d’entraînement en Syrie ou ailleurs, mais dans les cas de radicalisation dite « rapide », il semble plutôt que ces hommes brièvement exposés à la propagande djihadiste (via Internet, des relations, un imam aux prêches douteux…) compensent des frustrations d’ordre privé, telles par exemple, des difficultés de couple, en se vengeant, en se projetant héros de la nation islamique.

Il est intéressant de noter qu’à l’occasion des attentats, les religions se confortent mutuellement (en tous cas le catholicisme et l’islam) : assoir leur emprise et tacler la laïcité, ne leur déplait pas.

Les récents propos du pape sont révélateurs : avec aveuglement, il a mis sur le même plan les violences islamiques et catholiques, comparant les massacres terroristes commis par Daech avec les violences et crimes commis individuellement par des catholiques. Oui, les violences machistes du système patriarcal tuent chaque jour mais on ne peut pas comparer un système politique visant à l’instauration d’une dictature politico-religieuse avec des crimes individuels. Le nazisme pourrait-il être réduit à des crimes machistes individuels ?

 

L’envahissement du religieux, l’influence des réseaux intégristes catholiques  pro-vie et anti-mariage pour tous et les concessions constantes à « l’islam de France », sont insupportables. Ils répondent aussi à un besoin de reprise en mains d’hommes et même de femmes, perturbés par la perte d’un  mode de vie et de rapports de genre traditionnels. Pour beaucoup d’hommes, c’est un moyen de réaffirmer la domination masculine.

Trop de politiques, intellectuels et médias semblent avoir perdu tout esprit critique, ils se sont retranchés pour certains derrière une confortable et aveugle complaisance, pendant que d’autres à l’inverse, instrumentalisent les problèmes à des fins politiciennes. Pourtant, le progrès et l’égalité valent bien d’être défendus et sans compromis aucun.

En ce qui concerne l’islamisation de notre société par les Frères musulmans et les salafistes, islamisation qui prépare le terrain du terrorisme, combien de décideurs et faiseurs d’opinion luttent avec bon sens, mesure et efficacité, contre :

  • Une urbanisation génératrice de ghettos, des politiques sociales inopérantes, l’absence d’intégration des populations migrantes (notamment l’isolement des femmes arrivées dans le cadre du regroupement familial), l’échec scolaire, … ;
  • Le voilement progressif des femmes et des fillettes de plus en plus jeunes, symbole visuel de l’asservissement des femmes et étendard politique ; les créneaux non mixtes dans les piscines ; les médecins interdits d’ausculter et de soigner des musulmanes dans les hôpitaux, … ;
  • les salafistes qui ont fini par régler la vie de certains quartiers : l’économie salafiste ou frèriste parallèle avec ces boutiques et sites Internet qui vendent des accoutrements exportés d’Iran, abayas ou hijabs pour cacher les corps des femmes et des fillettes (bâches informes pour les pauvres rue Jean-Pierre Timbaud à Paris ou boutiques de luxe pour les riches saoudiennes) ; les vastes territoires zones de non-droit livrés aux trafics et à la violence où la charia a déjà remplacé la loi de la République et où des élèves contestent effrontément l’enseignement des classes d’histoire, de biologie, … ;
  • le communautarisme, le relativisme culturel, le complotisme, l’obscurantisme, l’antisémitisme décomplexé, l’antiracisme tombé aux mains d’idéologues racistes anti-blancs, … ;
  • l’islamisation via Internet et les réseaux sociaux et via des imams qui complaisamment évitent de traiter du sujet ou pire, à l’instar de celui de Brest ou de la mosquée du Mirail à Toulouse, Mamadou Daffé, prêchent l’impensable en toute impunité ;
  • le caillassage des médecins, pompiers et forces de l’ordre ; la haine de la France, des valeurs républicaines, de l’occident, le verrouillage des institutions internationales qui ont fini par vider de leur substance les Droits Humains ;
  • etc.

Au contraire, le recrutement universitaire est verrouillé afin que l’enseignement se fasse le relai d’une pensée gauchiste radicale, culpabilisant l’occident colonisateur et impérialiste et disculpant  de toute responsabilité, l’autre partie de la planète ; la plupart des médias suivent et les politiques n’ont pas le courage de contredire.

Sinon, expliquez-moi pour quelles raisons tant de politiques, intellectuels et médias feignent d’ignorer ce qui s’est produit en Algérie dans les années 90, quand les islamistes ont commencé à s’attaquer insidieusement aux femmes, aux laïques, à la société civile, puis les ont harcelés, assassinés, au nom d’Allah et du Coran, avant de verrouiller la société toute entière ?

Les 220 000 morts algériens dont de nombreuses femmes jugées insoumises, pas assez bonnes musulmanes, toutes et tous sacrifiés sur l’autel du terrorisme islamiste du GIA, ancêtre de Daech, qui en parle à part quelques intellectuels algériens stigmatisés et à peine soutenus chez nous ?

A l’extrême droite, l’islamisation est instrumentalisée pour promouvoir une France nationaliste et raciste.

La droite s’illustre par une surenchère électoraliste de mesures inutiles ; après avoir supprimé des forces de police et désorganisé le renseignement, c’est véritablement indigne.

A gauche, il est de bon ton de réduire l’étendue de l’islamisation et même le terrorisme islamiste au seul désespoir social et à confier aux représentants de l’islam le soin de régler les problèmes, c’est une inexcusable erreur de jugement : l’islam politique doit être combattu sur tous les plans et par l’état au premier chef.

La gauche radicale quant à elle, cautionne le relativisme culturel et même le racisme essentialiste révoltant d’une Houria Bouteldja, meneuse du Parti des Indigènes de la République (PIR), et contribue en cela à détruire sans alternative crédible, le peu de confiance qu’il nous reste, dans nos valeurs républicaines. Elle n’a plus que le mot « islamophobie » à la bouche, et je ne serais pas surprise que pour se justifier, elle en arrive un jour à défendre aussi les dérives du catholicisme : soutenir la lutte contre l’avortement, revendiquer l’homophobie, en tant que vils héritages coloniaux et impérialistes ! Ah j’oubliais, ça ne risque pas d’arriver, car seule l’islam est la religion des opprimés, ce qui l’autoriserait même à persécuter les femmes et les minorités sexuelles… !

Les démocraties occidentales ne sont pas irréprochables, loin s’en faut, mais la gauche radicale aide du mieux qu’elle peut les islamistes à les culpabiliser et condamner. Pourtant, opposer schématiquement occident et « indigènes » ne mène nulle part : hors du monde occidental, des personnes pauvres, fragiles, des femmes, des enfants, des étrangers, des minorités sont exploitées et victimes des violences les plus abjectes.

*Judith Butler : « Il est extrêmement important de considérer le Hamas et le Hezbollah (groupes terroristes s’il en est) comme des mouvements sociaux progressistes, qui se situent à gauche et font partie d’une gauche mondiale ».

 

Quelles solutions ?

Le plus urgent est de comprendre comment s’adapte le terrorisme islamiste et d’apporter les bonnes réponses politiques.

Nous le savions déjà mais le dernier numéro de Dabiq, la revue de Daech, nous le confirme, l’Etat Islamique ne nous haït pas à cause de la situation dans nos banlieues, ni de notre politique extérieure, mais parce que « nous sommes des mécréants qui refusons l’unicité d’Allah », parce que nous sommes laïcs et que « nos sociétés libérales autorisent ce qu’Allah interdit ».Tant que nous ne nous soumettrons pas à l’autorité de l’islam, Daech nous combattra. Daech et les islamistes nous haïssent donc pour ce que nous sommes : laïcité, mode de vie, mixité, égalité Femme/Homme, etc.

Il s’agit de se venger, de nous humilier et de nous terrifier ; de nous imposer par tous les moyens (que les djihadistes rejoignent la Syrie ou improvisent sur place), un grand califat islamique.

Par conséquent, il nous faut cesser de trouver des excuses aux assassins, sortir de la complaisance et du déni et combattre l’islamisation, la radicalisation et le terrorisme sur tous les plans, avec une détermination sans faille, pour tenter de rattraper le temps perdu :

  • Au plan international : plus de contrats avec les pays fondamentalistes islamistes, wahhabites ou frères musulmans, seulement avec les pays arabes qui s’en démarquent. Le Qatar et l’Arabie Saoudite nous achètent pour infiltrer l’Europe de l’idéologie islamiste. Les droits humains sont universels et aucun relativisme culturel ne peut les conditionner ni les entraver. Les droits des femmes sont toujours les premiers menacés et attaqués, puis la route est tracée pour installer un régime totalitaire.
  • Au plan national : l’Observatoire de la laïcité doit prendre toute sa place et son président enfin profiter de la retraite ; les lieux de culte soupçonnés d’intégrisme, dont les mosquées, doivent être surveillés ; les activités douteuses des membres de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) doivent être interdites : il doit être impossible de présenter, sur le territoire de la République, le  Djihad comme une forme de résistance, le relativiser et inciter les jeunes à se radicaliser. L’association IESH (Institut européen des Sciences Humaines) des Frères musulmans est installée en France et en Europe de manière tentaculaire. Son influence est inouïe sur les jeunes français endoctrinés par un islam fondamentaliste, avec la bénédiction de l’état français qui ne prélève aucun impôt sur les dons encaissés par l’association. Ce n’est pas tolérable.
  • Economique : mieux réguler le capitalisme et ses effets sur les populations, mieux répartir les richesses et les investissements…, c’est une urgence ;
  • Urbanisme : peu à peu détruire les cités-ghettos sociaux et ethniques ; réformer de fond en comble et avec des moyens à la hauteur des enjeux, l’accueil et la réinsertion des démunis et des sans-abris nationaux ainsi que des populations migrantes et réfugiées.
  • Education, formation : déconstruire par le biais des programmes scolaires toutes les fausses croyances et contrer toute contestation de l’enseignement scientifique, cultiver l’esprit critique et d’analyse ;
  • Lutter contre toutes les discriminations, plus que jamais contre le sexisme, l’homophobie/la lesbophobie, l’antisémitisme et le racisme (à ne pas confondre avec la critique salutaire des religions), dès l’école primaire ;
  • Intégration : pas d’accueil (regroupement familial, migrants, réfugiés) sans parcours d’intégration avec transmission des valeurs républicaines et notamment d’égalité Femmes/ Hommes…)… ;
  • Internet / Réseaux sociaux : empêcher toute propagande djihadiste et islamiste via les réseaux sociaux et Internet.
  • Police, justice : développer une véritable coordination européenne et internationale ; coordonner en France forces de l’ordre, sécurité et le renseignement ; instituer un renseignement de proximité ; revoir la formation des juges sur l’évaluation des risques ; modifier les contraintes du contrôle judiciaire ; réintroduire une police de proximité ; lutter contre les trafics et la délinquance ; exercer une surveillance dans les prisons, prodiguer un enseignement à tout prisonnier, les employer à des travaux d’intérêt général… ;
  • etc.

 

Par respect pour tous les morts du terrorisme, pour empêcher plus de morts innocentes ; pour défendre notre civilisation, notre République laïque une et indivisible et ses valeurs, (car aussi perfectibles soient-elles, il n’existe toujours pas sur terre d’alternative plus probante), il faut nous mobiliser pour combattre le terrorisme islamiste et plus globalement, la tentation obscurantiste du conservatisme religieux.

Dans les réponses apportées jusqu’ici par le gouvernement et tous les politiques républicains, il manque systématiquement, la lutte pleine et entière contre tous les intégrismes, contre l’islam politique, l’islamisation de l’Europe par le salafisme et les frères musulmans.

Nous ne sommes plus au XIème siècle, aucune religion ne doit être en mesure d’imposer ses diktats, de museler ses opposants, et encore moins de susciter une ferveur prosélyte capable de conduire des êtres humains à en tuer d’autres pour assoir la volonté de puissance et de domination d’une caste politico-religieuse.

Si l’état ne peut et ne doit pas mettre un policier derrière chaque citoyen, les gouvernements et les politiques, les intellectuel-le-s et les médias, les militant-e-s, les responsables religieux, doivent le dire et le redire et sans relâche, et très fort, les imams au premier chef :   non le califat ne s’implantera jamais, oui c’est un mythe ; non il n’y aura pas de revanche ni encore moins de paradis, ni de vierges ; oui vous serez condamnés, rejetés et haïs par votre religion et par vos proches, par l’humanité toute entière.

Qui le dit vraiment, haut et fort, et de cette manière ? Seulement une poignée et toujours les mêmes. Alors j’attends.

Christine Le Doaré

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

67791378Tribune collective :

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

La récupération de mouvements sociaux par des forces conservatrices ou obscurantistes est une constante. En matière de féminisme, elle est parfois spectaculaire. Ce qui vient de se produire en mairie du 20eme arrondissement de Paris en est un exemple.

GARDEZ-MOI DE MES AMI-ES, MES ENNEMI-ES JE M’EN CHARGE

La maire, Frédérique Calandra, avait confié à son adjointe en charge de l’égalité Femmes/Hommes la programmation d’événements autour du 8 mars, Journée Internationale des Femmes.

Bien mal lui en a pris !

Cette élue EELV n’a pas hésité à flirter avec des idéologies éloignées de l’émancipation des femmes dont le relativisme culturel et le « féminisme dit- pro-sexe ».

Oubliant qu’elle représentait la mairie, l’élue EELV a choisi de transformer la semaine du 8 mars en semaine de promotion exclusive de thèses et personnalités particulièrement polémiques, pour la plupart engagées depuis longtemps aux côtés des Indigènes de la République (PIR), du site Les mots sont importants et dans la lutte contre la loi 2004 sur le port des signes religieux à l’école :

– Christine Delphy et Sylvie Tissot, sociologues, sont toutes deux initiatrices du premier Manifeste (2005) des Indigènes de la République ; elles sont en outre signataires du manifeste de soutien aux Y’a bon Awards décernés (pour « racisme ») à Caroline Fourest en 2012.

– Rokhaya Diallo est animatrice des Indivisibles, groupe à l’origine de ce prix.

– Ndella Paye est porte-parole d’un collectif de mères voilées militant pour l’abrogation de la circulaire Chatel.

BONJOUR LE 8 MARS !

Quelques semaines après les assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, on peut s’étonner qu’une élue choisisse d’offrir un plateau totalement monochrome à des personnes qui ont signé un texte « contre le soutien à Charlie Hebdo » après le premier attentat de 2011.

Partout dans le monde, la Journée Internationale pour le Droit des Femmes est un moment privilégié où les féministes échangent sur leurs revendications, pratiques et stratégies d’émancipation. Militantes, chercheuses, politiques impliqué-es contre les violences sexistes et pour l’égalité entre les sexes, sont invité-es à faire le point et lancer de nouveaux programmes pour battre en brèche la domination masculine et le patriarcat.

C’est l’occasion d’une solidarité internationale avec les femmes qui se battent contre l’oppression des religions d’état ou des groupes fondamentalistes.

Aussi, détourner le 8 mars pour promouvoir des personnalités controversées parce qu’elles ne trouvent rien à redire ni aux pressions de l’arbitraire religieux imposées aux femmes, ni aux violences du système prostitutionnel, est pour le moins manipulatoire.

MÊME PAS PEUR !

Nous saluons l’annulation de cette programmation, acte lucide et courageux de la Maire du 20e arrondissement de Paris.

Nous connaissons la propension de certains groupes à confisquer la parole des féministes et des partisanes de la laïcité; et leur aptitude à se victimiser à la moindre occasion.

Nous savons la violence avec laquelle Caroline Fourest fut interdite de parole lors d’un débat sur le danger du Front National à la fête de l’Humanité.

Nous avons déjà supporté insultes et intimidations proférées par les ami-es de Rokhaya Diallo, issu-es d’un pseudo « syndicat de travailleurs du sexe » pro-système prostitutionnel.

Face à cette nouvelle tentative de récupération et de dévoiement de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, nous, féministes universalistes, laïques, engagées pour l’égalité femmes/hommes, contre le racisme et l’antisémitisme, nous apportons tout notre soutien à Frédérique Calandra, maire du 20eme arrondissement de Paris.

La mise au point de la Maire du 20ème Frédérique Calandra :

https://www.facebook.com/frederique.calandra/posts/10153165530037948?fref=nf&pnref=story#

 

Arlette Zilberg, Christine Le Doaré

Les premières signataires, issues du Mouvement des Femmes :

Annie Sugier, Djemila Benhabib, Michèle Loup, Françoise Morvan, Monique Dental, Nadia Benmissi, Bernice Dubois, Marie-Josèphe Bonnet, Jacqueline Feldman, Martine Cerf, Marieme Helie Lucas, Laure Caille, Isabelle Steyer, Nadine Bouteilly, Ana Pak, Agnès Setton, Josiane Doan, Anaïs Decans, Irène Corradin, Mair Verthuy, Sporenda, Catherine Kintzler, Geneviève Duché, Nelly Trumel, Patricia Duthion, Brigitte Boucheron, Christelle Raspolini,  Bernadette Doleux, Evelyne Rochedereux,  Mélusine Vertelune, Yael Mellul, Agnès Perrin-Doucey, Françoise Courtiade, Martine LLanes, Françoise Armengaud, Malika El Idrissi, Josée Contreras, Catherine Moreau, Samira Banna, Sophie Boiszeau, Agnès Bellego, Caroline Merlin, Christelle Di Pietro, Françoise Roux, Claude Strano, Nicole Savey, Soad Baba Aissa, Maïté Albagly, Hypathie, Françoise Brié, Claudy Bouyon, Nicole Crépeau, Carine Delahaie, Marie-Noëlle Gérolami, Jamileh Nedaï, Sabine Salmon, Gisèle Noublanche, Marie-Josée Salmon,

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Un second  CP rédigé cette fois par des féministes « historiques » qui remettent les pendules à l’heure !

COMMUNIQUE DE PRESSE

SOUTIEN FEMINISTE À FREDERIQUE CALANDRA, MAIRE DU 20E ARRONDISSEMENT

Nous soutenons la décision prise par Mme Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement de Paris, d’annuler les débats prévus pour le 8 mars.

Ces débats avaient en effet été organisés de manière à ne laisser la parole qu’à une seule vision politique, un féminisme controversé qui partage les idées du Parti des Indigènes de la République. Cette vision disqualifie les valeurs de la citoyenneté démocratique et le féminisme universaliste au prétexte qu’ils seraient portés par des « blancs occidentaux ». Il dévalorise du même coup les luttes féministes pour l’accès aux droits humains, à l’égalité et à la liberté, qui se développent dans d’autres pays (hors Occident)

Une telle position enferme les individus dans des assignations identitaires et va à l’encontre de l’idéal d’autonomie qui fonde le féminisme.

Des débats de cette nature ne seraient propices ni à la réflexion critique ni à la création d’une intelligence collective des questions brûlantes qui se posent à tous, femmes et hommes, français ou non, « blancs » ou non.

Suite aux attentats des 7, 8 et 9 janvier, il n’était pas concevable pour une institution publique, de donner la parole sans débat contradictoire, et donc de soutenir des positions politiques dont les représentantes sont au mieux restées silencieuses face à l’assassinat des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, des policiers et des juifs, au pire ont pris la parole pour relativiser ces crimes.

Nous avons toutes participé au Mouvement de libération des femmes, certaines depuis le début des années 70. Ensemble, nous saluons aujourd’hui, en mars 2015, le courage de Frédérique Calandra, une élue qui a fait preuve de cohérence par rapport aux valeurs qui nous sont communes: liberté, égalité, solidarité, laïcité. Et nous espérons que beaucoup d’autres mairies témoigneront de la même détermination dans leur défense.

Premières signataires :

Catherine Deudon, photographe auteur de Un mouvement à soi : Images du mouvement des femmes, 1970-2001, 2002, Syllepse ;

Liliane Kandel, co-auteur des chroniques du « Sexisme ordinaire » (à l’initiative de Simone de Beauvoir), les Temps modernes, 1973-1983 ;

Christine Le Doaré, présidente de Sos-Homophobie de 1998 à 2002 et du Centre LGBT Paris-IdF de 2005 à 2012 ;

Claudie Lessellier, responsable du Rajfire (Collectif féministe d’action et de solidarité avec les femmes migrantes et exilées) et co-présidente de la Maison des femmes de Paris ;

Françoise Picq, auteur de Libération des femmes, quarante ans de mouvement, 2011, Dialogues ;

Nadja Ringart, co-auteur de Mouvement de Libération des Femmes : Textes premiers, 2009, Stock ;

Annie Sugier, Présidente de la Ligue internationale du Droit des Femmes, (fondée par Simone de Beauvoir ), et Vice-Présidente de la Coordination Française du Lobby Européen des Femmes (CLEF) ;

Ioana Wieder-Atherton, co-fondatrice en 1982 avec Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig du Centre audio-visuel Simone de Beauvoir ;

Arlette Zilberg, présidente de la Commission Féminisme des Verts puis EELV (2004-2009); maire-adjointe du 20ème ardt de Paris (2001-2008)

Paris, le 2 mars 2015

Le hijab, et nous, les femmes

imageLa délicatesse est à Mme Morano, ce que le hijab est à la liberté

Nadine Morano et la délicatesse sont de parfaits antonymes mais, il faut tout de même le dire, si le hijab était un signe de liberté, les hommes en seraient tous affublés.

Depuis cette nouvelle sortie tonitruante de Nadine Morano de son lieu de villégiature, tout le monde s’en mêle, les médias comme d’habitude font leurs choux gras de l’insignifiant et les politiques présents à Paris se bousculent devant les micros.

A vrai dire, cette polémique à la française est parfaitement ridicule.

Tout d’abord, Mme Morano ne nous a jamais habitué-e-s à la subtilité, elle s’attaque à une femme dont elle ne connaît rien et l’instrumentalise en la mettant en photo sur son blog.

Je veux bien croire qu’elle a été choquée par le manque de liberté de cette femme qui contrairement à son mari, ne s’est pas baignée, mais il y a bien d’autres façons de traiter de cette question.

Les journalistes comme les médias reprochent à Mme Morano de s’être ainsi emportée, d’avoir fait preuve d’intolérance, de confondre laïcité et racisme et rappellent à l’envie ce que chacun-e sait pertinemment, à savoir : la laïcité ne consiste pas à entraver la liberté de culte.

En revanche, personne ne se précipite pour rappeler que l’oppression des femmes a de multiples visages et que les obligations religieuses imposées aux femmes, ne sont le plus souvent que le fruit de l’imagination et de la volonté des hommes, férus de soumettre les femmes à leur contrôle.

Effacer les femmes de l’espace public en les affublant d’oripeaux qui ressemblent à de sinistres linceuls, dans le but de les dissimuler à la vue de ceux qui ne savent pas se contrôler ou encore, parce qu’ils les considèrent impures, tout ceci relève bien de la violence machiste.

Invisibiliser les femmes et les condamner à n’être que la propriété privée d’un homme, le mari, (le père ou le frère en attendant) en prétextant que telle est la volonté de Dieu, relève bien d’une violence psychologique patriarcale.

Car enfin, dans TOUTES les religions, le voile/hijab révèle essentiellement, une haine des femmes.

Le voile, est bien le drapeau insidieux d’un apartheid de genre, puisque seules les femmes et de rares dignitaires islamistes, (comme en Iran), le portent.

Comme le dit si bien l’écrivain algérien Mohamed Kacimi, « Le voile est un symbole de 3 000 ans de machisme religieux ».

En effet, l’auteur nous rappelle que le voile devient une obligation théologique avec la chrétienté et que c’est Saint Paul le premier qui impose le voile aux femmes.

Le voile est utilisé par l’église « comme un instrument de ségrégation qui fait de la femme un être inférieur, non seulement vis-à-vis de l’homme, mais aussi de Dieu ».

Dans le Coran, il est fait référence à une étoffe recouvrant le corps et plus précisément la poitrine, mais nullement de hijab recouvrant les cheveux et encore moins le visage.

C’est la révolution iranienne de 1979 qui généralise le voile, le hijab « innovation sortie tout droit de la tête des tailleurs islamistes, a supplanté le haïk traditionnel, un carré de tissu blanc. »

L’auteur nous explique que la différence fondamentale entre les 3 religions monothéistes est que l’Islam est « venue au monde comme religion d’état et une religion de conquête qui n’a pas souvent été minoritaire et qui n’a pas été un exemple de tolérance ».

Selon lui, « le hijab est l’effacement et l’abolition virtuels des femmes… Toute fille pubère est donc perçue comme honteuse. Elle est éduquée pour se percevoir, depuis l’âge de 8 ans, comme un objet sexuel potentiel qui doit être dérobé aux yeux de la foule concupiscente. Derrière chaque voile, il y a trois mille ans de haine envers la femme qui nous regarde. » http://m.slateafrique.com/97015/linvention-du-voile-religion-machisme

Par quel raisonnement, tant de gens en France, en arrivent à confondre des notions telles que : la tolérance, le racisme et l’oppression des femmes ?

Ceux qui pensent qu’il faudrait faire preuve de plus de tolérance, revendiquent-ils une tolérance envers l’oppression machiste ?

Ceux qui accusent de racisme les personnes qui s’inquiètent de l’accroissement constant dans l’espace public, du port d’un symbole non pas religieux mais machiste, sont-ils également prêts à cautionner d’autres manifestations machistes dans le même espace public ?

Quelle culpabilité, quelle distorsion idéologique aveuglent ainsi ceux qui ont si peur d’être pris en défaut de « politiquement correct » ?

Bien entendu, il est indispensable de refuser les amalgames et de faire la différence entre la condamnation féministe des stigmates de la domination masculine et par exemple, une récupération politique indécente par l’extrême droite.

Il ne s’agit évidement pas d’agresser les femmes qui portent le hijab, simplement de pouvoir en débattre en toute lucidité et de questionner l’obscurantisme religieux quel qu’il soit et dans tous ses aspects oppressifs.

Les athées subissent, terriblement tolérants quand on y pense, forcé-e-s d’être les otages silencieux de l’influence grandissante des religions dans la sphère publique et la géopolitique mondiale.

C’est terriblement oppressant.

Personnellement, je tolère les religions tant qu’elles restent dans la sphère privée.

Tout ce prosélytisme religieux est accablant : des revendications incessantes pour gagner toujours plus de terrain, un affichage ostentatoire des symboles, des guerres de religion qui dévastent le monde, leur instrumentalisation politique par des voyous qui n’ont de cesse d’asservir des populations et soumettre les femmes, etc.

La liberté de ne pas croire, de vivre dans une société qui ne soit pas imprégnée du religieux au point de tant peser sur nos vies et politiques publiques, doit être réaffirmée.

Faut-il le rappeler ? Tous ces communautarismes, règles, interdits, menaces et massacres, s’amplifient au nom d’un prétendu Dieu (vous remarquez que bien sûr qu’il est masculin !) sans même que la probabilité de son existence n’ait jamais été établie.

Croire est un espoir irrationnel, l’invention d’une éternité, la négation de la réalité d’une fin inéluctable et ce dès notre conception, notre temps de vie étant d’emblée, limité.

La condition humaine c’est de le savoir, de l’assumer et ne pas imposer aux autres ses techniques empiriques pour y faire face, qu’elles se nomment spiritualité, humanisme, religion ou je ne sais quoi d’autre.

Les croyants intelligents et éduqués qui ne s’opposent pas à cette ingérence grandissante, espérant quelques retombées pour leur propre religion, sont aussi redevables de cet état des lieux ; les athées qui au nom d’une obscure idéologie, cautionnent l’intransigeance terrible des dogmes religieux, tout autant.

Il ne fait pas de doute que les hommes règnent toujours en maîtres du monde, eux aussi souffrent des violences religieuses, mais ils ne risquent jamais autant que les femmes.

Il serait temps que les tous les athées, les femmes en particulier, se réveillent pour rappeler que face à ce qui n’est même pas une hypothèse, ne pas croire est amplement aussi légitime, si ce n’est plus, que croire et que les croyants n’ont pas à imposer de la sorte leur imaginaire.

Pour conclure j’imagine une fiction qui – et c’est tout de même un comble -, aurait à elle seule, le pouvoir de mettre un terme à toute polémique sur le hijab, mais qui je le crains, n’a guère de chance de se produire :

Breaking news : à la stupeur générale, le Conseil du culte musulman annonce en ce mois d’août 2014, qu’en l’absence de directives claires dans le Coran, c’est au tour des hommes de porter librement le hijab !

19 femmes pour 40 hommes de quoi s’agit-il ?

téléchargementUn indice ? N’oubliez pas, nous sommes en France, pays des Droits de l’Homme et non des Droits Humains. Trouvé ? Oui, c’est bien la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme).

Elle a rendu le vendredi 23 mai dernier, un avis sur la loi d’abolition de la prostitution. Cet avis est plutôt difficile à traduire en termes de politique à appliquer en matière de prostitution.

Souvenons-nous, l’Assemblée Nationale, cohérente avec la position abolitionniste de la France, vient de voter en faveur de la pénalisation des clients prostituteurs ; de leur côté, inquiètes des résultats déplorables dans les pays qui ont légalisé la prostitution, les instances Européennes ont pris de fermes recommandations abolitionnistes (Résolution du Parlement européen du 26 février 2014 sur l’exploitation sexuelle et la prostitution et leurs conséquences sur l’égalité entre les hommes et les femmes, qui reconnaît que la prostitution est contraire aux principes régissant les droits de l’homme et contraire aux principes de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne *1 ; Résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 8 avril 2014 relative à la prostitution, à la traite et à l’esclavage moderne en Europe *2).

Le contexte Français et européen rappelé, on ne peut que s’étonner de l’avis de la CNCDH qui réussit tout de même l’exploit de se référer à plusieurs textes européens, sans mentionner ces récentes et notables résolutions abolitionnistes.

Plus globalement, cette décision donne l’impression que la Commission a peiné à conclure, préférant en fin de compte, rester dans un entre deux inefficient.
D’un côté, elle reconnaît l’intérêt d’une politique abolitionniste, mais de l’autre, elle craint, sans pour autant apporter d’arguments convaincants, que la pénalisation des clients n’entraîne des effets négatifs.
Plus étrange encore, elle déconseille la pénalisation des clients, mais le regrette en remarquant que c’est dommage de se priver de l’effet pédagogique d’une telle mesure.
Comment dire ?
Cela aurait été trop cohérent d’aller jusqu’au bout de l’analyse et reconnaître que toute demande des clients de la prostitution nourrit la traite, puis d’y mettre un terme ?
Les clients consomment des « produits », de plus en plus jeunes, de plus en plus vulnérables, sans se préoccuper de leur vie, sans savoir si les prostituées ne sont pas captives, menacées, brutalisées.
Eduquer à une sexualité libre et désirante, à l’égalité, au respect de l’autre et surtout à refuser l’exploitation sexuelle d’un être humain par un autre, ne sont-ce pas des orientations et préconisations que l’on attendrait de la part d’une commission sensée défendre les Droits Humains ?

Dans son rapport, la CNCDH se dit préoccupée par le risque de clandestinité et d’éloignement de la prostitution dans des lieux reculés. Mais à quoi fait-telle exactement allusion ?
Ignore-t-elle que la prostitution a déjà lieu sur des aires d’autoroutes désertes, sur des routes isolées, des abords de bois, de parcs et dans divers lieux que l’on peut qualifier de « reculés » ?
Ne sait-elle pas que les prostituées assassinées le sont autant dans un appartement, une ruelle, un parc ou un bois ; que le risque permanent provient soit des proxénètes qu’ils appartiennent ou non à des réseaux, soit des clients eux-mêmes ?
La situation d’isolement avec le client, dans n’importe quel lieu que ce soit, en plein centre-ville, dans une chambre d’hôtel, une voiture, un parc, un quai, une villa ou un hôtel de luxe rend toute personne prostituée vulnérable.
L’activité, l’acte prostitutionnel, voilà le danger.
La CNCDH n’a-t-elle pas pris le temps d’interviewer les procureurs des pays abolitionnistes ?
Dommage, parce qu’ils expliquent que la prostitution résiduelle continue de se produire dans les centres villes et que cet argument ressassé en boucle par les défenseurs du lobby prostitueur ne repose sur aucune réalité.
En revanche, dans les pays abolitionnistes, les programmes d’accompagnement de sortie de la prostitution autant que les mesures de prévention, tout comme la pénalisation des clients sont bien parvenus à drastiquement réduire cette forme archaïque et sexiste d’exploitation et à protéger efficacement les personnes prostituées qui choisissent malgré tout de se prostituer car elles ne sont plus pénalisées.

Dans quelles contradictions s’est enfermée la CNCDH pour à la fois reconnaître qu’il faut continuer de pénaliser la prostitution de personnes « vulnérables *3 », tout en affirmant que pénaliser les clients, risquerait de pousser les personnes prostituées dans « des lieux encore plus reculés » ?
Il faut savoir ! Les personnes prostituées vulnérables ne risqueraient rien à être poussées dans des « lieux reculés » ?
Si les clients de prostituées vulnérables peuvent et doivent être pénalisés, sans que la Commission ne s’inquiète du risque de clandestinité les concernant, alors à fortiori, ce risque n’est pas plus réel pour des prostituées moins vulnérables.
En réalité, les risques encourus par les personnes prostituées, tout le monde les connait, ils consistent à subir toutes sortes de violences : la violence sexuelle intrinsèque à la prostitution, les violences relatives à leur état de santé, qu’il s’agisse de contracter une IST autant que de développer des addictions à toutes sortes de substances pour tenir et une mauvaise prise en charge générale, enfin les violences physiques et psychologiques, qu’elles émanent des clients ou des proxénètes.

Je vois au moins deux raisons à cet avis particulièrement confus et qui une fois de plus s’intéresse au faible pourcentage de prostituées réellement « libres » au dépend de toutes celles qui subissent, captives ou non de réseaux mafieux.
La première raison est que le lobby prostitueur n’a pas ménagé ses efforts et mobilisé des soutiens de poids.
Mise à part son amitié avec Dominique Strauss Kahn, que connaît Monsieur Badinter des réalités de la prostitution ? M. Lilian Mathieu, chantre de la légalisation de la prostitution, est-il le seul sociologue en France ?
Les associations gays de lutte contre le sida ne voient la question de la prostitution que par le prisme hygiéniste de la seule lutte contre le sida, sans jamais considérer les personnes dans leur globalité ni s’intéresser aux droits des femmes ou à l’égalité femmes-hommes.
Le STRASS n’est pas un syndicat représentatif mais un groupuscule qui verrait d’un bon œil la légalisation du proxénétisme à l’Allemande se développer chez nous ; je suis curieuse de savoir si le nombre de femmes prostituées membres du STRASS fait un ou deux chiffres, la CNCDH le leur a-t-elle demandé ?
Il ne semble pas que les « survivantes » de la prostitution qui pourtant, savent de quoi elles parlent et peuvent s’exprimer sans subir de pression depuis qu’elles ont quitté le milieu prostitutionnel, aient été auditionnées.
La seconde raison est que cette décision n’a pas été adoptée à l’unanimité, loin s’en faut, mais plutôt de très peu : 4 abstentions, 16 voix contre, 20 voix pour.
Heureusement cet avis n’est que consultatif et passera vite aux oubliettes de l’Histoire.

A l’évidence, cet avis rendu par une écrasante majorité d’hommes, à contre-courant de toutes les mises en garde contre le dangereux développement du business criminel de la prostitution, ménage les clients prostitueurs et plus généralement les vieilles prérogatives sexistes d’une prétendue sexualité masculine irrépressible.
La domination masculine et ses industries du sexe sont toujours à la manœuvre quand il s’agit de se raconter des histoires à bon compte sur le dos des femmes.
Tout de même, je suis étonnée que les hommes ne soient pas plus nombreux à se lever contre la prostitution qui les caricature tant et les rabaisse au niveau d’opportunistes prédateurs.

Les violences sexuelles sanctuarisées par les valeurs libérales et patriarcales d’une commission dont le rôle est pourtant de défendre les Droits Humains et donc aussi les droits des femmes.
Le corps des femmes n’est pas une marchandise, un produit, ni même un service à disposition des hommes, alors vivement une société paritaire et féministe, car ce que nous impose cette société machiste et libérale, nous ne le supporterons plus longtemps.

Dissolution de cette Commission des Droits de l’homme et place à une commission des Droits Humains paritaire, humaniste et féministe !

Christine Le Doaré

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*1 Résolution du Parlement européen du 26 février 2014 sur l’exploitation sexuelle et la prostitution et leurs conséquences sur l’égalité entre les hommes et les femmes, qui reconnaît que la prostitution est contraire aux principes régissant les droits de l’homme et contraire aux principes de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/content/20140221IPR36644/html/Sanctionner-les-clients-et-non-les-prostitu%C3%A9es

*2 Résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 8 avril 2014 relative à la prostitution, à la traite et à l’esclavage moderne en Europe http://assembly.coe.int/nw/xml/News/News-View-FR.asp?newsid=4964&lang=1&cat=8

*3 prostituées vulnérables : femmes enceintes, etc.

STRASS, Morgane Merteuil : inversions et manipulations

marche-tete-04-900x599Morgane Merteuil, STRASS, réglementaristes de la prostitution et inversion rhétorique au service de la manipulation.

Savez-vous que les personnes qui ne consomment pas assez de biens matériels sont responsables des ratées du système capitaliste ? Egalement, que les victimes du racisme sont responsables de l’inquiétude des occidentaux menacés par une société métissée et plurielle ?
Je vous sens crispéEs là, non mais c’est quoi ce discours néolibéral et raciste ? Inversion sémantique au service de la manipulation idéologique ? Oui, sans aucun doute !
Pourtant, quand Morgane Merteuil, porte-parole du STRASS*1. écrit que les clients et plus généralement les bénéficiaires du système prostitueur rendent service aux femmes en leur permettant de se prostituer quand les féministes abolitionnistes, elles, les mettent en danger, le procédé est rigoureusement le même mais peu y trouvent à redire.
Pourquoi sur le sujet de la prostitution tant de progressistes ont-ils l’esprit critique en berne, quand sur d’autres sujets, ils sont prompts à repérer les tentatives de manipulation à coups d’inversions sémantiques flagrantes ?

Le dernier texte de Morgane Merteuil est un chef-d’œuvre du genre. Elle y opère une double manipulation.
Elle s’appuie sur un texte de Joan W. Scott « Émancipation et égalité : une généalogie critique », donné lors d’une conférence Au-delà du patriarcat du colloque Penser l’émancipation (Nanterre, février 2014).

Le titre de Merteuil « Putes, corps désirants et émancipations », donne le ton, comme si juxtaposer des mots inconciliables suffisait pour convaincre de la pertinence du propos :
« putes » ce qui signifie : femmes (le plus souvent, mais pas seulement) performant des rapports sexuels sans désir et pour de l’argent, sous la contrainte (le plus souvent, mais pas toujours) ; rien que l’utilisation du mot « pute » est douteux, il permet de détourner l’attention et d’effacer la violence de la réalité de la prostitution,
« corps désirants » mais qu’est-ce donc qu’un corps désirant ? Un être désirant, oui, je vois, un corps désirant, déjà beaucoup moins, à moins que Morgane Merteuil ne reconnaisse l’état de distanciation / dissociation nécessaire pour se prostituer, l’esprit ici et le corps tout là-bas ?
Dans tous les cas, parler de « corps désirants » dans le cadre de la prostitution, alors que nombre de professionnels de santé et de féministes s’accordent à la qualifier de violence sexuelle intrinsèque et que les associations de défense de prostituéEs prétendent en faire un travail, est pour le moins contradictoire.
« émancipations », le mot est au pluriel, c’est tout de suite plus signifiant.
C’est aussi un artifice pour associer l’émancipation des femmes musulmanes à celles des femmes prostituées, le STRASS ratisse large et aux côtés de ses amiEs des Indigènes de la République, Morgane Merteuil tente de nous convaincre que « féminisme musulman » et « féminisme pute », même combat ! *2.Voir « Des déchaînézs au genoux du patriarcat ».

Le texte est à l’image du titre : une laborieuse tentative d’inversion des responsabilités, chaque argument étant maltraité jusqu’à l’absurde.
Bien entendu, les industries du sexe ne sont plus des industries ultra-capitalistes qui s’en mettent plein les poches sur le dos de femmes exploitées, les proxénètes comme les clients ne sont plus des instruments de la domination masculine et ne sont jamais responsabilisés, en revanche, les féministes abolitionnistes seraient des libérales « des franges répressives » et mettraient en danger les personnes prostituées.
De quelle manière et avec quels moyens, vous ne saurez jamais, ce qui compte c’est de semer le doute, de faire de la désinformation et de propager des mensonges.

Joan W. Scott prétend que « la rhétorique de l’émancipation sexuelle et de l’égalité entre les sexes, en ce qu’elle est soumise à un capital mondialisé qui fait du désir, et de sa capacité à l’assouvir, un préalable à la citoyenneté, contribue à la perpétuation de la domination de « populations minoritaires défavorisées », et notamment des femmes musulmanes ».
La théorie de Joan W. Scott est tout de même particulièrement perverse, elle suggère que l’émancipation des femmes occidentales, leur droit à une sexualité libre et désirante, leur volonté d’égalité, sont responsables de la domination des femmes musulmanes qui elles, n’auraient pas atteint ce niveau de liberté et ne pourraient donc, de ce fait, accéder au statut de citoyenne.
Entendez bien, les femmes musulmanes ne seraient pas opprimées par la domination masculine, l’interprétation masculine de textes religieux, le poids des traditions, non, du tout, elles seraient dominées à cause des féministes, des femmes occidentales libérées et seules dignes d’un statut de citoyenne !
Formidable exemple d’inversion des responsabilités et de manipulation rhétorique !
Les féministes universalistes « orientales » qui luttent dans les pays musulmans apprécieront cette obole au féminisme islamiste et plus encore au système patriarcal !
[Que des intervenants capables de telles manipulations soient invitéEs dans des universités françaises me laisse perplexe.]

Puis, entraînée dans son élan, non contente, comme Joan W. Scott, d’accuser « la communauté des nations » d’avoir choisi « le désir sexuel comme dénominateur commun universel dans la définition de l’humain », et par conséquent, selon Morgane Merteuil, d’être « islamophobe », [vous suivez j’espère ?], la porte-parole du STRASS extrapole et, seconde manipulation, se demande « si le rejet des revendications des travailleuses du sexe peut, lui aussi, correspondre un autre aspect du discours civilisationnel analysé ici par Joan W. Scott ».

Je vous épargne quelques paragraphes plutôt inintelligibles, pour arriver à ceci : « L’accent placé sur une sexualité libérée … fait écho au désir de consommer qui sert de moteur au marché, et permet de détourner l’attention des injustices économiques et sociales qui résultent de la discrimination et des formes structurelles de l’inégalité. On touche bien là à un des fondements de l’idéologie libérale, qui fait finalement reposer sur la volonté individuelle la capacité d’émancipation (sexuelle), sans prendre en compte les rapports de domination et de dépendance qui peuvent entraver celle-ci. Ainsi, dans le débat sur la prostitution, la position abolitionniste consistera essentiellement en une volonté de « responsabilisation » des clients…, sans que ne soient jamais abordées les causes économiques et structurelles qui peuvent pousser des femmes non seulement à exercer cette activité mais de manière plus générale à être dépendantes des hommes. »
Quel plus beau déni de la réalité des luttes féministes !
Un allié pareil, le patriarcat en rêvait, Morgane Merteuil l’incarne, il peut dormir sur ses deux oreilles.
Morgane Merteuil avance que la libéralisation de la prostitution et la soumission à des dictats religieux/coutumiers, sont des enjeux de luttes émancipatrices.
En réalité, les groupuscules d’activistes du STRASS, du collectif « 8marspourtoutes » et leurs quelques alliéEs politiques et universitaires s’emploient à faire diversion pour éviter toute atteinte sérieuse au système patriarcal et c’est à peu prés tout.

Constamment et simultanément les féministes combattent les systèmes d’oppression idéologiques, économiques et sociaux, dénoncent la pression des industries patriarcales et capitalistes du sexe qui ne cessent d’envahir nos sociétés hypersexualisées, combattent les inégalités femmes-hommes, etc.
Nous abordons la question de la prostitution, en tant que projet de société, à fortiori collectif, par opposition aux réglementaristes qui ne parlent jamais que de choix individuels de quelques « libérales/libéraux » qui exerceraient « librement » sans se préoccuper des millions de femmes déplacées, torturées, violées et prisonnières de proxénètes, de la traite.
Et tout ça, nous le ferions sans jamais interroger et combattre les raisons économiques et sociales qui poussent les femmes à se prostituer ?
Allons donc, nous ne cessons d’expliquer que désespoir, besoin d’argent et passage à l’acte favorisé par des violences sexuelles antérieures, sont les raisons qui poussent le plus souvent les femmes à se prostituer, quand elles n’y sont pas contraintes par un proxénète ou un réseau mafieux.
Une seule femme opprimée, une seule femme violée, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui risquent elles aussi, de subir ce même destin.

Le féminisme n’a pas de sens s’il n’aboutit pas à libérer les femmes, toutes les femmes, de l’emprise de la domination masculine, de leur exploitation et de leurs violences.
La domination masculine vise à contrôler les femmes, leur sexualité, la reproduction ; les religions, les traditions, les institutions sont les instruments de ce pouvoir masculin.
La prostitution n’est jamais que l’un des plus archaïques moyens de s’approprier les femmes – et souvent les enfants, parfois des hommes – réduitEs à des commodité sexuelle au service des hommes. Le voile et plus encore la burqa, le niqab, n’ont d’autre fonction que d’effacer les femmes et de les désigner propriété exclusive du père ou du mari tout puissant.
Morgane Merteuil aura beau triturer la réalité dans tous les sens, nous inventer des concepts « d’épanouissement sexuel islamophobes », – quelle personne sensée peut accréditer une seule seconde l’idée que nos politiques publiques associent épanouissement sexuel et droits sociaux ? -, elle n’est jamais du côté des femmes, de leur libération, de l’abolition du patriarcat.
C’est d’ailleurs pour cette unique raison et manifestement pas pour la pertinence de ses analyses, qu’elle cumule tant de soutiens et d’intérêts médiatiques et politiques.

Une manipulation rhétorique aussi grossière que celle qui consiste à inverser les responsabilités et absoudre au passage les bénéficiaires des systèmes patriarcal et prostitueur, est lamentable mais ce qui l’est plus encore, c’est la complaisance dont elle bénéficie pour continuer sans vergogne, à la tête du STRASS et des réglementaristes de la prostitution, à salir le mouvement féministe et tenter de le diviser.

Christine Le Doaré

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*1.STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

*2 : https://christineld75.wordpress.com/2014/04/02/des-dechainees-aux-genoux-du-patriarcat-2/

Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !

pancakes-158510Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !
Ou pourquoi, à peine connues, les théories « féministes « post-modernes sont vouées aux poubelles de l’Histoire.

« Islam et prostitution : les féministes, le voile et le string » de ValérieCG ou Crêpe Georgette. Vous ne rêvez pas, dans un même titre, s’enchaînent les mots : Islam, prostitution, féministes et voile. String c’est juste pour faire style.

Surprenant ? Pas vraiment, depuis quelque temps déjà, une mouvance constituée de : bloggeuses influentes (notamment « Les Déchaînées »*1.), aussi la nébuleuse « 8marspourtoutes » *2., de Morgane Merteuil et d’autres du STRASS *3 et aussi d’Act-Up Paris, de quelques militants du NPA, aussi des Verts et de quelques universitaires amplement médiatisés, a pour ambition de parvenir à décrédibiliser puis diviser le mouvement féministe, en récupérant certaines luttes de femmes.

Les théoriciens et théoriciennes du « féminisme » post-moderne dit improprement « pro-sexe », nullement effrayéEs par les amalgames improbables, récupèrent des luttes de femmes que la société rejette et /ou que leurs « choix » isolent.
Ces femmes, à priori, tout les oppose : les unes revendiquent de se voiler « librement », les autres de se prostituer « librement ».
On ne peut imaginer plus grand écart entre les motivations et revendications d’un tel rassemblement, mais le mot « librement » a indéniablement un fort pouvoir d’attraction sur les libertariens !

D’un côté, nous avons des femmes voilées qui semblent ignorer que des générations de femmes se sont battues pour s’en affranchir, que des femmes sont, en France, sommées de le porter par les hommes de leur entourage, que d’autres femmes dans le monde sont harcelées, lapidées et assassinées quand elles ne le portent pas.
En tous cas, elles s’acharnent à défendre en France, ce morceau de tissu qu’aucun texte religieux n’impose, mais infligé aux seules femmes par des hommes qui encore et toujours exigent de les contrôler et entravent leur liberté.
Paradoxalement, ces femmes s’entêtent à leur donner raison et se déclarent « libres », certaines le sont sûrement, mais combien sont instrumentalisées par le « féminisme islamique », des islamo-gauchistes et intellectuels si bienveillants à leur encontre ?

De l’autre, des prostituéEs qui semblent ignorer qu’en guise de liberté, elles participent à l’organisation patriarcale d’une distribution des rôles agencée pour garantir aux hommes une mise à disposition des corps des femmes.
Réduites à une convenance sexuelle, elles n’expriment aucune solidarité envers les femmes forcées dans la prostitution, comme si elles ignoraient que les clients ne s’inquiètent jamais de la situation des femmes et filles qu’ils payent, que leur demande nourrit une traite criminelle et un sordide trafic d’êtres humains.
Une liberté d’entreprise incompatible avec la défense des droits humains et à fortiori des droits des femmes.

Rien de bien moderne, subversif ni féministe dans ces revendications, si ce n’est que le mot « librement » justifie tout, y compris de renforcer le contrôle et les violences contre les femmes puisqu’elles semblent y consentir.
En réalité dans un cas comme dans l’autre, des femmes souffrent du regard de la société, de violences et de discriminations mais plutôt que de lutter contre les raisons de leurs problèmes à savoir, l’arbitraire de l’interprétation masculine des religions et les violences sexuelles de la domination masculine, elles tentent d’aménager leur oppression plutôt que de l’abolir.
Erreur fatale, l’oppression ne s’aménage pas, elle s’abolit.

Le mouvement féministe est loin d’être parfait et ne se préoccupe probablement pas assez des multiples discriminations de sexe, classe, race-racisation-, il est compréhensible que des femmes se pensent laissées pour compte ; en revanche, ce qui est scandaleux c’est l’instrumentalisation éhontée de frustrations légitimes par des intellectuels et des activistes que l’honnêteté intellectuelle n’étouffe pas.
Le relativisme culturel est pourtant de plus en plus contesté, à commencer par les femmes concernées dans les pays arabes ; les femmes du monde entier sont solidaires face à des violences et discriminations qui les concernent toutes, c’est ça le féminisme et le relativisme culturel les divise.
Le soutien direct ou indirect de plus en plus flagrant aux industries du sexe, que les femmes dès qu’elles sortent de la prostitution, dénoncent en grand nombre, est de plus en plus difficile à cacher.
Nous vivons dans un monde formidable : les systèmes d’oppression, les industries n’ont même plus besoin d’assurer leur maintien et défense eux-mêmes, des personnes et groupes se présentant comme subversifs le font bien mieux à leur place !

Ce sont les mêmes qui nous rabattent les oreilles de l’intersectionnalité des luttes, concept utile pour exiger des femmes qu’elles attendent le grand soir pour revendiquer des droits spécifiques ; dommage, l’Histoire et même la plus récente nous prouve qu’elles sont alors très vite muselées et renvoyées à leur oppression.

Aucun des arguments avancés dans le texte « Islam et prostitution… », au paroxysme de cette posture aberrante ultra-libérale et islamo-gauchiste et qui revient à promouvoir un racisme de l’occident pas plus intelligent que ne l’est aucun racisme, ne résiste bien longtemps à une lecture un tant soit peu critique et surtout féministe.

« La lutte contre le voile, outil fédérateur d’un féminisme en mal de visibilité » !
Il faut le lire pour le croire ! La lutte contre les discriminations, l’éducation à l’égalité, la lutte contre les violences (le viol, les violences conjugales, etc.) sont des sujets fédérateurs parmi bien d’autres et depuis toujours, pour les militantes féministes.
En outre, la question du voile est un vrai sujet de société sur lequel les féministes aussi ont leur mot à dire car religions, interprétation masculine des religions et oppression des femmes ont toujours été fortement liés !

« Civiliser les femmes musulmanes : « mission oppression », au nom du féminisme » !
Entre culture du complot et fantasme de persécution de type « Indigènes de la République » ! Comment croire une seule seconde que le mouvement féministe penserait à « civiliser les musulmanes » ?
Les femmes du monde entier ont toujours cherché à s’affranchir du poids des religions, de toutes les religions et de ce qu’elles imposent aux femmes.
Quelle pathétique névrose que de masquer les voix des féministes du monde musulman qui résistent pour mettre en avant les « féministes islamistes », instruments des pouvoirs intégristes !

« 2013, le féminisme anti-putes s’offre les feux de la rampe » !
Référence à la loi d’abolition de la prostitution qui comporte la pénalisation du client prostitueur. Comme si depuis toujours le mouvement féministe n’était pas abolitionniste de la prostitution, plutôt que complaisant à l’égard des hommes qui abusent du pouvoir de l’argent pour contraindre des femmes à une sexualité non désirée ?
Mais c’est quoi au juste le féminisme sinon l’émancipation des femmes pour l’égalité femmes-hommes, une société qui se libère des dominations, exploitations et violences et abolit les privilèges patriarcaux à commencer par les plus anciens et à l’origine même du patriarcat : l’appropriation du corps des femmes pour la sexualité et la reproduction dans le mariage comme dans la prostitution ?!

Tout est à l’avenant, les fondamentaux d’un féminisme universel et laïc sont bafoués dans un jargon complotiste, des arguments absurdes, une grossière manipulation idéologique.
Qui donc peut être dupe ? Cette mouvance, démasquée depuis un certain temps déjà, ne poursuit en réalité pas d’autres buts que la perpétuation du patriarcat, alors je me demande bien pourquoi ces « féministes » de pacotille continuent de faire semblant ? Croient-elles vraiment pouvoir ainsi souiller les luttes féministes et tromper celles et ceux qui les suivent, encore longtemps ?
Pourquoi ne disent-elles pas clairement qu’elles sont du côté de l’oppresseur, des dictats religieux, du contrôle des femmes ? Pourquoi ne rejoignent-elles et ils pas les masculinistes, les islamistes, enfin qui elles et ils veulent, mais cessent d’usurper le nom de féminisme ?

Quelle terrible imposture, les seulEs véritables « putophobes » et « islamophobes » ce sont eux, tout juste bons à attiser la haine et à diviser.

Christine Le Doaré

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*1 Les Déchaînées : Valérie CG et Crêpe Georgette + Daria Marx + Gaëlle-Marie Zimmerman et A Contrario : http://www.crepegeorgette.com/2014/03/17/creation-de-lassociation-les-de-chainees/

l’article objet de ce post : « Islam, prostitution, … » : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.dechainees.fr%2F2014%2F02%2F27%2Fislam-prostitution-feminisme-voile-string%2F

*2
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/09/un-etrange-8-mars-2014/
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/04/encore-un-8-mars-et-des-questions-qui-fachent/

*3 STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

Encore un 8 mars et des questions qui fâchent

1800340_10152224068699743_987557899_nQu’il semble loin le jour où les femmes n’auront plus besoin d’une journée internationale, non pas pour leur offrir une rose comme le font toujours certains, mais pour rappeler qu’elles subissent d’insoutenables discriminations et violences, que l’égalité est loin d’être achevée.

Quand sera-t-il enfin possible de se passer de cette journée ? C’est la question qui fâche. Ce n’est pas la seule, une journée internationale pour revendiquer des droits et des libertés, oui mais lesquels et avec qui ?

D’année en année, nous nous retrouvons dans des manifestations, pas très nombreusEs et depuis quelques années, nous sommes confrontéEs à des incidents parfois violents avec des groupuscules post-modernes qui se qualifient de »pro-sexe », ce qui a pour effet de dissuader de plus en plus de féministes de participer.

Pourtant, encore et toujours nous nous devons de porter les mêmes revendications, jamais ou partiellement satisfaites : des centres d’IVG dans tous les hôpitaux, la PMA pour toutes les femmes, une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, la revalorisation des métiers et des salaires dans les professions féminisées, le droit d’asile pour les femmes persécutées pour sexisme et/ou lesbophobie, etc.
Nous sommes souvent déçuEs, dernièrement par François Hollande qui a refusé de faire une place à Olympe de Gouges au Panthéon ; républicaine trahie par le sexisme des institutions dont elle défendait les valeurs.

Dans un contexte social pour le moins crispé, entre crise économique tenace et délires paranoïaques d’une « manifpourtous » surchauffée, le gouvernement Hollande ne s’illustre hélas pas, par une détermination sans faille à appliquer une politique de gauche ; il ne tient même pas toutes ses promesses de campagne. La réforme sur les retraites est particulièrement préjudiciable aux femmes, en allongeant les cotisations à 43 ans, elle augmente le nombre de femmes partant avec des pensions minorées.

La droite nous rebat les oreilles avec la question du genre, mise à toutes les sauces ; pourtant la question du genre est simple, comme l’a écrit Isabelle Alonso : « Le sexe c’est une fille, un garçon. Le genre c’est une princesse, un héros. ».
Surtout, il me semble que le plus urgent en matière de sexe (biologique) et genre (construction sociale) est de se recentrer sur les stéréotypes à déconstruire pour parvenir à l’égalité femmes-hommes et abolir les privilèges patriarcaux.
Les études de genre peuvent aussi être instrumentalisées et des théories post-modernes pour le moins confuses composent avec la domination masculine et divisent le mouvement féministe.
C’est ce que dit très bien la spécialiste féministe en Sciences Politiques Sheila Jeffreys dans Unpacking Queer Politics : « I am no fan of the word ‘gender’, and would prefer to abolish it in favour of expressions which refer directly to the political foundation of male domination. Thus I prefer to describe masculinity as ‘male-dominant behaviour’ and femininity as ‘female-subordinate behavior’. No multiplicity of genders can emerge from this perspective. »

Malgré tout, grâce au ministère des Droits des Femmes et à sa ministre Najat Vallaud-Belkacem qui ne sont pas restés les bras croisés, des revendications féministes ont été satisfaites depuis le dernier 8 mars.
Je retiens notamment la suppression du concept d’état de détresse, de la loi sur l’IVG ; les ABCD de l’Egalité ; le renforcement de la loi sur le recouvrement des pensions alimentaires impayées ; la ratification de la convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes par la France, et surtout le vote par l’Assemblée Nationale de l’abolition de la prostitution : abrogation du délit de racolage mais pénalisation des clients. Des féministes et pro-féministes abolitionnistes, les associations du Collectif Abolition 2012 *1 s’étaient fortement mobiliséEs malgré de virulentes attaques du lobby prostitueur et des médias complaisants envers le système prostitueur, indifférents à la précarité et/ou vulnérabilité des personnes prostituées, préférant offrir d’interminables tribunes pleurnicheuses aux clients.
Avec le vote, à une très large majorité, d’une résolution abolitionniste au Parlement Européen, le 26 février 2014 (Pénalisation des clients et soutien aux victimes), c’est une véritable lame de fond, une prise de conscience générale que la servitude sexuelle prostitutionnelle n’a plus lieu d’être car c’est une violation des Droits Humains qui entrave toute émancipation des femme en tant que groupe et tout projet d’Egalité femme-hommes. Voir le Rapport Honeyball *2.
Il faut maintenant que la France concrétise cette avancée avec le vote de la loi par le Sénat.

Des progrès indéniables mais une liste de revendications toujours en souffrance ; je ne parlerai que de la nécessité de lutter efficacement contre le viol et les violences sexuelles. Environ 75.000 femmes seraient victimes de viol chaque année, c’est considérable, pourtant seulement 11 000 d’entre eux sont déclarés. Désormais les effets d’un viol, telle l’amnésie post-traumatique, sont mieux connus : ils empêchent longtemps les femmes de parler. Le délai de prescription est de 10 ans pour les viols et de 3 ans pour les agressions sexuelles, il est temps de le modifier.

Il nous faut rester mobiliséEs et défiler encore ce 8 mars. L’idéal serait que face à une droite et extrême droite agressives, toujours prêtes à s’attaquer aux droits des femmes et des LGBT, également une gauche qu’il faut rappeler à l’ordre, nous nous retrouvions toutes et tous sur des revendications féministes unitaires et universalistes.
Mais ce n’est pas le cas et il me semble dangereux d’ignorer les risques que font courir au mouvement féministe, les groupuscules de la nébuleuse « Pro-sexe » post-moderne qui se sont dernièrement illustrés par des actes de violence à l’encontre de féministes et pro-féministes dans différents cortèges comme à Toulouse contre Zéromacho. Il s’agit notamment du Collectif « 8marspourtoutes» *3 (émanation du STRASS *4, d’Act-Up, et de groupuscules de TPDG (Trans-activistes…) extrêmes, etc.).
Voir le texte *5 « 8marspourtoutes » ou l’oubli d’un énorme détail de l’histoire.

La plaie de cette idéologie post-moderne, néo-libérale, si mal nommée « Pro-sexe », portée par certains groupes et même partis politiques avec la bénédiction d’intellectuels qui pour certains, en vivent, c’est surtout le relativisme culturel qui l’imprègne.
Mettre en avant et sur-médiatiser quelques femmes prostituées, présentées comme « libres et heureuses » ou encore quelques femmes voilées « de leur plein gré », auxquelles on donne les moyens de s’exprimer au nom de toutes les autres, c’est aussi condamner ces dernières, étrangères, émigrées, racisées, fragilisées, à devoir suivre les mêmes voies pour s’émanciper.
Des femmes seraient prédisposées à se soumettre parce que la culture et les traditions de leur pays d’origine pensent que c’est bon pour elles ?
Ce qui révulserait n’importe quelle femme serait salutaire pour des femmes douées d’une aptitude secrète à subir pour survivre, des actes sexuels non désirés ?

Encourager des porte-paroles tant qu’elles ne prennent pas conscience de leur oppression, ne cherchent pas à sortir de leur condition et encore moins à dénoncer ce que sont vraiment leurs vies, ne serait-ce pas tout bonnement du paternalisme ?

Des femmes voilées pour marquer leur soumission à Dieu et/ou aux hommes mais, le voile a-t-il vraiment à voir avec l’identité arabe et la religion musulmane ou sert-il les intégristes et leur obscurantisme ?
Qui a intérêt à vilipender la laïcité, à inciter au relativisme culturel qui pèse surtout sur les femmes ?

Qui a intérêt à ce que le proxénétisme soit perçu comme une industrie comme une autre et les prostituéEs considérées comme des produits à choisir dans la rue ou sur Internet ?
Qui a intérêt à gommer la réalité des violences du système prostiteur ? Comme l’a rappelé Rachel Moran, militante féministe abolitionniste, survivante de la prostitution, récemment sur Twitter : « 1 prostituée assassinée sous le modèle Nordique, 127 sous la législation hollandaise, le tribut de la mort parle pour lui-même ! ».

Comment croire que la prostitution comme le relativisme culturel ne sont pas des valeurs de domination et d’exploitation chères aux systèmes patriarcal et libéral ?

Le mouvement féministe ne peut ignorer le désastre du post-modernisme individualiste et néo-libéral sous peine de se perdre et de renoncer à ses valeurs fondatrices.
Le Mouvement féministe et les milieux universitaires de recherche sur le genre, sont infiltrés et récupérés par des post-modernes queers « pro-sexe » réglementaristes de la prostitution. Sous couvert de défense des libertés et choix individuels, ils décident de ce qui est « féministe « ou pas et vantent les vertus de la libération sexuelle par la prostitution et la pornographie, le SM, des pratiques sexuelles performatrices et extrêmes, empreintes de violences contre les femmes.
Pendant qu’ils s’emploient à détourner les militantEs des luttes prioritaires, les femmes continuent d’être confrontées aux violences infinies du patriarcat.

Comme le dit si bien Sheila Jeffreys dans La théorie « queer » et la violence contre les femmes : « Le libéralisme et ses aspects les plus à la mode dans le postmodernisme et la théorie queer sont parvenus à occulter la présence d’un oppresseur. Toutes les pratiques violentes sont perçues comme des choix faits par des utilisateurs consentants, voire comme politiquement progressistes et transgressives. »
C’est ce que dit aussi Gail Dines: “Feminism as a movement never was about individual « choice » but about changing the economic, social and political structures that oppress women.

Ces mouvances font aussi de l’entrisme dans les partis, associations, syndicats et différents groupes de populations défavorisées et rejetées par la société.
Mais peu à peu, des voix comme celles du Collectif pour les Droits des Femmes de Toulouse « Sont-ils nos alliés ? » *7 et de l’AVFT « Un bal masqué bien orchestré » *8 s’élèvent enfin contre cette idéologie et ceux qui la défendent pour dénoncer des interventions et prises de parole violentes dans des réunions, conférence, des attaques dans des manifestations.
La dernière en date, de l’association ZEROMACHO par le STRASS et GRISELIS, à Toulouse, n’est pas passée inaperçue, pourtant peu nombreuses furent les réactions dans les associations féministes, ce qui autorise sur Twitter la porte-parole du STRASS à justifier une telle action car « ZEROMACHO n’avait rien à faire dans cette manifestation pour l’IVG » !.
Il est temps de réagir parce qu’au point où ils en sont, il ne faudra pas être surpris s’ils tentent d’exclure les féministes de leurs propres manifestations !
Il faut remettre en lumière l’universalisme d’un féminisme laïc et abolitionniste de la prostitution, un féminisme au service de l’émancipation des femmes.

Cette année, pour le 8 mars, un collectif localisé dans le 93 propose une contre-manifestation, dans un amalgame que l’on peut qualifier de populiste il entend « prendre la défense des femmes ouvrières et prolétaires exploitées et sans papiers dans les quartiers, aussi des femmes qui portent un voile, aussi des LGBT… », car « les féministes institutionnelles et bourgeoises nient les réalités sociales… ».
Pourtant, chaque année je vais à la manifestation du 8 mars, le cortège regroupe des femmes de toutes conditions sociales, opinions et engagements politiques, des associations lesbiennes et soutiens LGBT. Ces revendications ne sont pas oubliées et les femmes ont toutes des intérêts en commun même si bien sûr, les oppressions de classe et le racisme traversent leurs mouvements comme l’ensemble de la société, mais les discriminations et violences spécifiques qui touchent la moitié de la population du globe constituent bien un socle commun de luttes féministes.
Alors, pourquoi diviser le mouvement, à qui cela peut-il servir, sûrement pas aux femmes !

Si ce sont bien les pouvoirs publics que nous responsabilisons pour les retards et blocages relatifs aux droits des femmes, ne négligeons pas les dégâts occasionnés par la nébuleuse post-moderne aux méthodes douteuses, à moins de vouloir les laisser réquisitionner nos luttes et nous dire en quoi consiste l’émancipation des femmes.
Dans tous les cas, je doute que leurs théories directement influencées par les industries patriarcales et libérales du sexe ne nous mènent jamais à une société de progrès et de libération ni pour les femmes, ni pour les hommes.

La manifestation féministe unitaire appelée par le CNDF et de nombreuses associations signataires partira le samedi 8 mars à 14H30 de Bastille

Christine Le Doaré

*1 Collectif Abolition 2012 :
http://www.abolition2012.fr/

*2 Rapport Honeyball :
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2F%2FEP%2F%2FTEXT+REPORT+A7-2014-0071+0+DOC+XML+V0%2F%2FFR

*3 Collectif « 8marspourtoutes »

*4 STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

*5 « 8marspourtoutes » ou l’oubli d’un énorme détail de l’histoire :
https://christineld75.wordpress.com/2013/11/22/8marspourtoutes-ou-loubli-dun-enorme-detail-de-lhistoire-feministe/

*7 Toulouse : Sont-Ils nos alliés ?
http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/02/21/sont-ils-nos-allies/
« Des groupuscules réglementaristes s’invitent et parasitent nos réunions, profitent de nos rassemblements et de nos manifestations pour détourner nos mots d’ordre et promouvoir l’ordre libéral et la marchandisation du corps des femmes….Ces groupes interviennent de manière violente, parfois masquée, dans nos manifestations, arrachant les banderoles et proférant des slogans sans lien avec la lutte menée …Ces pseudo-révolutionnaires ne sont en fait que les laquais de l’économie de marché où tout se vend, tout s’achète, y compris le corps des êtres humains….Ces groupes réglementaristes sont misogynes, ils n’ont rien à faire dans nos réunions et nos rassemblements, sinon nous diviser. »

*8 L’AVFT : Un bal masqué bien orchestré
http://www.avft.org/article.php?id_article=739
« LA CROISADE DES REGLEMENTARISTES
…En effet, les promoteurs d’une « prostitution choisie » ont tactiquement trouvé un nouveau cheval de bataille pour diffuser leur idéologie. Le STRASS ne se présente plus uniquement comme un « syndicat » militant pour les droits de celles et ceux qui « font le choix se prostituer », pour reprendre leur terminologie. Le groupe de pression intègre désormais n’importe quelles mobilisations à caractère social, contestataire ou féministe. En d’autres termes, cela s’appelle de l’entrisme. Dans cette même mouvance, le Strass soutient pêle-mêle, les salariées de Lejaby, les femmes sans papiers, les assistantes maternelles, les femmes en lutte en Grèce etc. Un grand gloubiboulga destiné à nous enfumer. Ce fourre-tout à un nom : « le féminisme non-excluant ».
Et voici donc le Syndicat du Travail Sexuel embarqué dans une croisade pour le droit à l’avortement en Europe ! La manipulation idéologique est grossière et fonctionne, alors qu’elle procède d’un pur sophisme. On la comprend encore mieux lorsqu’on lit ce slogan sur un des panneaux du rassemblement place d’Italie : « mon vagin, mon choix, ta gueule ». Faire comme si la liberté d’acheter des femmes à des fins sexuelles était le même combat que la liberté d’avorter. Faire comme si aliéner son corps était la même chose que de réclamer la liberté d’en jouir…. Le groupe de pression cherche désormais à paraître plus présentable à force de faire de l’entrisme aux côtés des militant-es féministes dont certaines n’y voient que du feu ou bien épousent ses thèses. Il en tire un bénéfice et une couverture médiatique non négligeable. … »

*6 « La postmodernité proxénète » par Sylviane Dahan publié dans Action féministe 26 -N Traduit du castillan par Martin Dufresne et l’auteure, Sylviane Dahan
https://www.facebook.com/notes/martin-dufresne/la-postmodernit%C3%A9-prox%C3%A9n%C3%A8te/10153922640475595

Retour de bâton patriarcal !

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Retour de bâton patriarcal !
L’avortement, encore et toujours un enjeu : c’est le patriarcat qui s’accroche.

Ce n’est pas nouveau, dans un contexte de crise économique ce sont toujours les femmes et les minorités qui trinquent.
Les forces réactionnaires sont prévisibles, elles veillent au grain et à la moindre occasion se mobilisent pour restreindre les droits et les libertés de celles et ceux qui remettent en question les systèmes d’oppression.

En Espagne, elles ont commencé par menacer de revenir sur le mariage pour tous voté par le gouvernement précédent, puis elles se sont attaquées aux femmes et à leur droit d’avorter suite à une grossesse non désirée.
En France, elles se sont déchaînées à l’occasion du vote du mariage pour tous et n’allaient pas rester les bras ballants alors que le gouvernement proposait de supprimer la notion de détresse pour recourir à l’avortement.
La notion obsolète de détresse n’a pas empêché les femmes d’avorter, mais elle constitue bien une limitation dont un gouvernement mal intentionné pourrait s’emparer ; elle suggère que les femmes devraient se justifier alors qu’elles seules sont en mesure de savoir si elles veulent ou non, mener la grossesse à terme.
Nos forces réactionnaires ne s’y sont pas trompées et sur leur élan, elles ont réactivé leurs réseaux, de députés UMP à l’extrême droite, en passant par les intégristes religieux. Tous fébriles rien qu’à l’idée de battre à nouveau le pavé, sortir leurs tenues et slogans si grotesques et se confronter à nouveau au gouvernement.
L’amendement PS au projet de loi à l’égalité femmes – hommes a été adopté à l’Assemblée Nationale et il y a fort à parier que la mobilisation des réactionnaires français retombera comme un soufflet froid.
Toutefois, il est important de rester mobiliséEs, en soutien aux espagnoles et parce qu’en Europe, nombreux sont les pays et leurs représentants dans les institutions européennes qui rêvent de suivre le mauvais exemple espagnol.

Dans l’actualité, j’ai lu et entendu beaucoup de réactions et analyses intéressantes sur la défense de l’IVG, en Espagne, en France, en Europe et un peu partout dans le monde.
Etant donné le contexte de crise économique mondiale et plus globalement la situation catastrophique des femmes dans le monde, je suis tout de même étonnée qu’un grand nombre de citoyenNEs, militantEs et politiques aient été surpris par ce retour de bâton.
Mais surtout, je pense que ce qui devrait être dit plus fort et plus souvent, c’est que nous vivons toujours dans des sociétés fortement patriarcales et que les forces réactionnaires que nous combattons en sont les gardiens.
La raison d’être première du patriarcat est de s’approprier les corps et même les vies des femmes afin de contrôler pour le profit des hommes, tant la sexualité que la reproduction.
Le patriarcat consacre une fantastique énergie à s’assurer de l’accès permanent au corps des femmes, quitte à payer (prostitution / GPA) afin de garantir la transmission du patrimoine aussi bien génétique que matériel et financier.
A l’évidence, il ne va pas lâcher prise sur les questions de sexualité et de reproduction aussi facilement, l’accès aux corps des femmes est sa priorité.

Aussi je m’étonne toujours, même si c’est tant mieux, de constater qu’un grand nombre de personnes soutiennent le droit à la contraception et à l’avortement, sans jamais pour autant déconstruire les stratégies de la domination masculine, ni militer pour l’avènement d’une société féministe.
Pourtant tout est imbriqué, si les femmes sont libres de leur sexualité et d’enfanter ou non, elles échappent en grande partie, au système d’oppression patriarcal.
Ce n’est pas pour rien si le patriarcat trouve de nombreux subterfuges tels que par exemple les mirages vendus par les industries du sexe (pornographie et prostitution) pour s’assurer du maintien des femmes dans une oppression qui ne dit pas son nom et même leur donne l’illusion de leur émancipation et de liberté sexuelle, en réalité, toujours au bénéfice des hommes.
C’est pourquoi, avec d’autres féministes, je trouve désopilant de voir les réglementaristes de la prostitution, défendre l’IVG avec des pancartes qui confondent vagin et utérus, faisant ainsi la démonstration de leur confusion.

La remise en cause de l’IVG libre et gratuit, ce n’est jamais que le patriarcat qui nous rappelle combien il tient à ses privilèges, combien les femmes sont encore et toujours menacées, pas encore des individuEs ni citoyennes à part entière.
Solidarité !

Les associations organisent une manifestation le 1er février à 14 heures, à Paris, place Joffre afin de se rendre jusqu’à l’Ambassade d’Espagne : « Non à la régression des droits des femmes en Espagne et ailleurs ! La liberté face à l’obscurantisme ! 2014 : pour nos droits, pour nos choix ! »

Les violeurs de Nirbhaya condamnés à mort : solution de facilité !

3477202_3_cc0e_un-rassemblement-d-etudiantes-contre-le-viol-a_9c85684797097afaaae067e386f1f606A New Delhi, les 4 violeurs de Nirbhaya condamnés à mort , la solution patriarcale par excellence !

La sanction est tombée ce vendredi 13 septembre 2013 : les 4 violeurs de l’étudiante de New Delhi sont condamnés à mort. L’un des agresseurs, mineur à l’époque des faits échappe à la peine de mort, et le chauffeur s’est depuis, suicidé en prison.

Les faits sont d’une violence inouïe, la jeune femme et son compagnon avaient été séquestrés dans un bus, la jeune étudiante y a subi un viol collectif commis par chacun des six agresseurs, mais également avec une barre de fer. Nirbhaya et son compagnon avaient ensuite été laissés pour mort sur le bord de la route, la jeune femme est décédée à l’hôpital, et son compagnon est depuis handicapé.

Les avocats de la défense avaient annoncé en début de semaine, leur intention d’interjeter appel, le tribunal ayant déclaré les violeurs coupables de viol et de meurtre « de sang froid ». A l’évidence, la sanction est hautement symbolique, elle a été saluée avec joie par la famille et la population rassemblée devant le tribunal, dans l’attente du verdict. On s’en souvient, de nombreuses manifestations avaient été organisées pour dénoncer l’incompétence des pouvoirs publics en matière de protection des personnes et en particulier des femmes, par une population excédée.
Ces manifestations avaient pris une ampleur historique, les groupes féministes se mobilisant fortement et l’indignation de la population étant à son comble.

Sous toute cette pression, les opposants au gouvernement n’étant pas en reste, le gouvernement avait agit rapidement, travaillant parallèlement au procès, à un projet de loi pour durcir les sanctions et prévenir les violences sexuelles. Les aspects culturels des violences de genre avaient bien été reconnus et les besoins éducatifs nécessaire à l’évolution des mentalités mesurés. A l’issue de cet état des lieux et des recommandations qui en ont découlé, une loi a été votée pour aggraver la peine en cas de viol et la porter à 20 ans au minimum et pouvant aller jusqu’à perpétuité. En outre, en cas de récidive ou de décès de la victime, la peine de mort, qui n’est pas abrogée en Inde, mais qui fait l’objet d’un moratoire, peut être prononcée.

Le plus étrange malgré tout, est qu’après les manifestations et le durcissement de la loi, les plaintes pour viol ont augmenté, mais il est toujours difficile de savoir si cette augmentation est due à une plus grande médiatisation et sévérité de la peine, ce qui aide les victimes à se sentir légitimes et à dénoncer leurs agresseurs ou s’il y a un plus grand nombre de viols commis.

Le verdict prononcé ce jour, semble satisfaire une grande partie de la population, dégoutée par la violence déchainée à l’occasion de ces viols et galvanisée par les partisans de la peine de mort, mais le mouvement pour son abolition est aussi mobilisé et ne va pas rester sans réaction. En outre, rien ne dit aujourd’hui que le second jugement confirmera le premier.

Dans tous les cas, et à l’évidence, la peine de mort ne peut pas être la solution.
Tout d’abord parce que la barbarie en réponse à la barbarie, l’humanité peut faire mieux.
Ensuite, parce que condamner à mort des violeurs et des tueurs, même des tortionnaires coupables d’actes d’une sauvagerie inouïe, ne fera jamais évoluer la société, ni les mentalités, durablement et en profondeur.
En Inde, comme sur toute la planète, chaque jour, des hommes violent et tuent des femmes. Au moins 6 états ont déjà reconnu le crime de fémicide.
Alors bien sûr, il nous arrive à toutes et à certains, parfois, de haïr les violeurs et tueurs de femmes, d’avoir des envies de meurtre à leur encontre, mais de là à penser sérieusement que la peine de mort pourrait être une solution, il y a un gouffre que peu d’entre nous franchiront et c’est tant mieux. Evitons d’ajouter de la violence à la violence.

Non, la solution consiste plutôt à admettre, puis déconstruire, pour mieux la combattre et la dépasser, la domination masculine et son cortège de violences sexistes, les violences sexuelles et les autres aussi. Le patriarcat est destructeur, il en a fait la démonstration. Une société sexiste n’a pas grand-chose de bien civilisé ni juste à offrir à ses membres.
Pour se revendiquer des sociétés humaines, les états devront tôt ou tard, adopter une grille de lecture féministe de la vie collective et mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour que prévention, éducation et répression soient enfin, non pas de simples concepts et arguments électoraux, mais bien des programmes prioritaires destinés à transformer tous les aspects de la vie sociale et culturelle, avec des valeurs d’égalité et de respect.

Bien entendu, les sanctions pénales doivent être proportionnelles et à la hauteur du crime insoutenable et indéfendable qu’est le viol – et à fortiori tout acte de barbarie, allant souvent jusqu’au meurtre, contre les femmes -.
Bien entendu, la fin de peine, la liberté conditionnelle, bref, toute sortie de prison après des violences sexuelles doit être encadrée, organisée afin d’exclure toute possibilité de récidive. C’est même à cette seule condition qu’un prédateur sexuel devrait être relâché, on en est tellement loin !
Tout ça demande beaucoup de moyens et donc de conviction politique.
Il ne s’agit pas de bricoler des solutions pour avoir la paix sociale, mais bien de changer une société, d’abolir une domination systémique, tout un système de pensée et de vie en commun.

Mais, se contenter de condamner à mort les violeurs, c’est la solution de facilité, c’est s’intéresser aux conséquences sans remédier aux causes.
Bien entendu, des sanctions individuelles doivent prononcées à l’encontre des hommes coupables, mais c’est bien toute la société patriarcale qui est malade de ses violences sexuelles.
Les industries du sexe, de plus en plus influentes, invitent à tout va, à consommer sans scrupules leurs violences pornographiques et la prostitution, elles banalisent la culture du viol et de toutes les violences sexuelles.
En face, la peur des lois répressives, un rapport de force porté en permanence par les luttes féministes, sont bien insuffisants pour nous éviter le pire et surtout nous permettre d’avancer vers une société de progrès et de lumière à laquelle nous aspirons toutes et tous.

Le viol est un crime commis par certains hommes, beaucoup trop d’hommes, parce que notre culture patriarcale ne le condamne que contrainte et forcée par une exigence d’ordre public, ni par conviction ni motivée par un projet de société féministe d’égalité et de respect.

Christine Le Doaré

Le 13 avril, rêvons et agissons pour une humanité libre de la prostitution

photo pour blogRêver de plus de justice et d’humanité, pour les enfants et pour les femmes qui subissent tant de violences machistes, pour les hommes aussi ; pour nous libérer toutes et tous des manques, frustrations, inquiétudes et souffrances que nous imposent les systèmes d’oppression capitaliste et patriarcal.

Rêver que demain, nous parvenions à vivre mieux, à produire moins et mieux, à respecter notre environnement et tous les êtres vivants, à retrouver des rythmes apaisants, à échanger sereinement ; à construire sans détruire.

Rêver que l’exploitation des êtres humains sera achevée, que chacun-e choisira une façon de contribuer au collectif, qu’il s’agisse d’un métier ou d’autre chose, en fonction de ses goûts et compétences et des besoins de la société.

Rêver que la marchandisation des corps, ne sera plus qu’un lointain et triste souvenir. Respecter que l’affectif et/ou la sexualité relèvent de l’intime, d’un intime politique peut-être, mais de l’intime tout de même. La sexualité et l’affectif ne s’évaluent pas, ne se valorisent pas, ne se monnayent pas, ils doivent rester en dehors des marchés et s’échanger librement et gratuitement.

Je fais ce rêve d’un vivre ensemble autrement, enrichissant pour nous et non pour ceux qui nous exploitent. Des alternatives sont possibles, les systèmes qui nous oppriment sont à bout de souffle, il est temps d’inventer autre chose et tant qu’à faire, que ce soit frais, lumineux et généreux.

La prostitution doit disparaître, Victor Hugo le disait déjà : «On dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur. Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme, et il s’appelle prostitution. » (Victor Hugo – les misérables). L’idée même d’un quota d’êtres humains, les plus vulnérables : les plus pauvre et/ou les plus fragiles, sacrifié-e-s sur l’autel de la légende patriarcale d’une sexualité masculine incontrôlable et/ou du besoin de domination et de pouvoir des hommes sur les femmes, voire sur d’autres hommes, est injustifiable. La prostitution c’est bien le paroxysme de la domination masculine, l’un de ses derniers remparts. Non, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais aucun « droit de créance » à la sexualité !

Mais me direz-vous fort justement, que vont devenir les personnes en situation de prostitution, comment vont-elles survivre ? Certes, les systèmes d’oppression ne sont pas tombés et nous ne vivons pas encore dans le « Meilleur des mondes ». Rien ne se produira, voire pire adviendra, si nous ne commençons pas, quelque part, à poser des pierres qui peu à peu formeront les fondations d’une nouvelle société. Pouvons- nous continuer de préserver et cautionner ces systèmes inhumains et morbides ?

Alors, il nous faut rêver oui, c’est à dire agir. Réunir nos forces et agir pour un monde sans violences et sans prostitution. C’est le projet Abolition 2012 qui propose l’abolition du délit de racolage passif, mais pas de façon isolée, car ce serait alors un piège qui enfermerait les personnes prostituées dans plus de risques et de dangers. Abolition 2012 exige l’adoption simultanée et pour les personnes qui le souhaitent, d’un plan social alternatif à la prostitution avec des mesures d’encadrement de sortie et de réinsertion sociale et professionnelle. Enfin, Abolition 2012 suggère de pénaliser les clients prostitueurs qui nourrissent la demande et toutes les dérives afférentes, espérant ainsi sensibiliser et éduquer des générations d’hommes conditionnés par le système patriarcal, pour qu’ils avancent vers l’égalité femmes-hommes et comprennent que le consentement affectif et/ou sexuel ne s’achète pas.

C’est en rêvant et en agissant que l’on avance. C’est ce que nous allons faire ensemble le 13 avril 2013 à la Machine du Moulin rouge, œuvrer à l’abolition de la prostitution. Les invité-e-s, artistes, politiques, témoins, et vous et nous toutes et tous ensemble, nous allons commencer à construire l’avenir, un avenir fait de respect et d’espoir en l’humanité, notre humanité. Ne restez-pas sur le bas-côté, participez !

Christine Le Doaré

Mobilisons- nous le 13 avril !

Le collectif Abolition 2012 organise le 13 avril de 13h30 à 18h un événement à la Machine du Moulin rouge à Paris pour construire ensemble une société sans prostitution et obtenir l’adoption d’une loi d’abolition du système prostitueur. De nombreuses personnalités viendront exprimer pourquoi, comme nous, elles pensent que l’abolition, c’est la seule solution, pour mettre fin à cette violence qu’est la prostitution !

Inscription obligatoire : http://www.emailmeform.com/builder/form/ff6Hg04w82bU8y72Q

Retrouvez l’événement sur le blog : abolition13avril.wordpress.com
Twitter : @abolition2012
Facebook : http://www.facebook.com/abolition2012?ref=hl

En mouvement

En mouvement

Après des années d’immobilisme et de démobilisation, tout bouge soudain et très vite.

Cet été déjà, la violente réaction contre l’enseignement du genre et de l’orientation sexuelle, dans les manuels SVT des classes de première, nous avait sortis de notre torpeur.

Ces députés et sénateurs qui n’acceptent pas que des élèves comprennent que le genre n’est pas déterminé de façon aussi binaire qu’il y parait et que l’orientation sexuelle n’est pas unique ni figée, nous avaient quelque peu inquiétés et agacés. Des avancées arrachées à grand peine, à peine prises en compte et aussitôt menacées ? Pas question.

Puis, nous apprenions l’abandon des charges au pénal contre DSK et son retour en France. Le traitement médiatique et les réactions politiques qui s’en sont suivis n’ont pas manqué de nous interpeller et de mobiliser les groupes féministes et leurs alliés.

La tentative de réhabilitation médiatique orchestrée avec la complicité de proches et de médias, véritablement indécente et donnant à penser que les puissants trouvent toujours les moyens de se sortir de tout, ne pouvait rester sans réponses.

Non, l’abandon des charges contre DSK ne signifiait pas qu’il était « blanchi », puisqu’on ne peut être blanchi qu’après avoir été condamné à tort et rejugé. Le procureur, dans un contexte éminemment politique, avait abandonné les charges parce qu’il doutait de pouvoir convaincre un jury populaire, embarrassé par les mensonges de Mme Diallo.

Dans cette affaire, les deux protagonistes ont menti.

Elle, qui pour quitter son pays, n’avait pas trouvé d’autre stratégie (Quelle révélation, la vie des gens pauvres est probablement plus complexe que celles des gens sans problème !) ; lui, car s’il ne s’agissait pas d’un rapport tarifé, comment expliquer dans ce cas qu’en 7 minutes chrono, ce sémillant sexagénaire ait pu baratiner Mme Diallo, la séduire, et dans un rapport parfaitement consenti, lui enfourner son sexe dans la bouche et éjaculer ? !

Au moins trois faits majeurs sont incontournables : Mme Diallo a bien menti sur son passé ; l’ADN de DSK a bien été relevé dans cette chambre d’hôtel le rapport sexuel est prouvé et même minuté ; un rapport médical est disponible, il mentionne des brutalités et blessures.

Pourtant, les mensonges de Mme Diallo auront pesé bien plus lourd dans la balance que ceux de DSK, puisque c’est sur ce seul élément que la justice américaine à décidé d’abandonner les charges.

Aux USA, DSK s’en est bien sorti, il n’a pas été jugé au pénal ; il est libre et bénéficie de la liberté d’expression, mais rappelons-le, il demeure toujours sous le coup d’une plainte pour tentative de viol en France et d’une procédure civile, aux USA.

Dans son cas, la seule attitude digne et responsable aurait consisté à exprimer des excuses sincères auprès des intéressées et non du FMI, à engager une thérapie pour traiter son addiction sexuelle et son comportement de prédateur sexuel et surtout à modestement et lucidement, disparaitre de la scène politique et économique française.

Mais non, il aura préféré se livrer à une mascarade télévisuelle à laquelle tout compte fait, très peu de personnes ont adhéré.

Et maintenant, indécent jusqu’au bout, ces avocats demandent l’immunité au civil, en arguant des fonctions qui étaient les siennes au FMI, au moment des faits.

On touche ici du doigt la complaisance de l’institution qui met ses protégés à l’abri des lois et de la justice humaine.

L’affaire DSK est décidément révélatrice de l’état de notre société, malade de son patriarcat.

DSK est désormais le symbole de l’impasse du machisme et des comportements de mépris et de violence exercés par tant d’hommes de pouvoir sur les femmes ; et autant le préciser, ces rapports de pouvoir, on les retrouve à tous les niveaux de la société, y compris même au sein du couple, trop souvent nid de violences conjugales.

Il serait temps de revenir aux fondamentaux car les enjeux de société sont énormes : la lutte contre le viol – 200 viols déclarés par jour en France -, contre tous les viols ici et ailleurs, mais aussi contre les violences, toutes les violences ici et ailleurs, faites aux femmes et aux enfants et aussi à beaucoup de personnes LGBT – 16 % des femmes et 5 % des hommes interrogés lors de l’enquête CSF ont déclaré avoir subi des rapports sexuels forcés ou des tentatives de rapports forcés au cours de leur vie -.

Mais pour cela, nous aurions aussi besoin d’entendre de la bouche des responsables politiques dignes d’exercer une telle fonction au plus haut niveau, que jamais, ils ne permettront à un tel individu de revenir en situation d’exercer un quelconque pouvoir politique.

De telles déclarations, franches et sans détour, se font encore attendre.

Dans un même temps, les primaires socialiste, que les sondeurs s’acharnent à nous prédire gagnées d’avance, battent leur plein.

Puis soudain c’est la surprise, les sénatoriales sont emportées par la gauche et cette victoire nous prend à rêver de changements et de renouveau.

Un bémol toutefois, car le nombre de sénatrices est passé de 80 en 2008 à 77 et seules 49 femmes ont été élues sur les 170 sièges à renouveler.

Après des années de piétinement, de dégradations et de reculs en tous genres, dans le domaine socio-économique mais aussi en matière de droits et de libertés, ce mouvement qui soudain s’accélère, la forte mobilisation des féministes, la combativité des LGBT et plus généralement le grand ras-le-bol de la population, nous tiennent en haleine.

Le slogan de la Marche des Fiertés n’était pas pour rien « En 2011 je marche, en 2012, je vote !

2011 nous aura réveillés, 2012 pourrait nous réserver bien des surprises, dans tous les cas, nous sommes toutes et tous désormais en mouvement.

Christine Le Doaré


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