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Politiques, intellectuels, médias, reprenez-vous vite !

pour postIl est temps de prendre conscience de la situation

Nous aurions pu récupérer un peu dans la torpeur de l’été, oublier les averses printanières, nos inquiétudes quant à l’avenir politique du pays ; guérir nos récentes blessures de guerre et espérer des fous d’Allah, une trêve.

Nous n’aurons eu aucun répit. Des attentats islamistes nous ont frappés, une fois de plus : en France, l’indescriptible massacre du 14 juillet à Nice, puis le père Hamel égorgé dans son église de Saint-Etienne du Rouvray ; en Allemagne aussi, et toujours en Syrie, etc.

 

Après la tuerie de Nice, alors que le décompte invraisemblable de tués et de blessés tombait comme autant de mares de sang noyant la ville sous l’horreur, les réseaux sociaux mais aussi des médias et des politiques ont rivalisé des poncifs habituels : « c’est l’œuvre d’un fou », « il n’est même pas religieux », « pas d’amalgame », qui ont résonné comme autant de coups supplémentaires portés aux victimes.

L’enquête progressant, il fut rapidement établi que ni l’attentat de Nice, ni plus tard l’assassinat de Saint Etienne du Rouvray, n’étaient l’œuvre de malades mentaux délirants. Les hommes qui ont commis ces horreurs ne sont ni déséquilibrés ni solitaires.

Dans tous les cas, si quelqu’un peut me dire ce qu’est un terroriste islamiste équilibré, je suis preneuse ! Vouloir édifier au vingt-et-unième siècle, un grand califat et asservir la planète toute entière pour y parvenir, c’est sensé vous croyez ?

Les hommes qui s’engagent dans le djihad et commettent ces attentats islamistes, ne sont pas plus déséquilibrés ni solitaires que bien d’autres. Ils sont souvent délinquants, peuvent être alcooliques ou toxicos, instables et parfois violents ils ont pris l’habitude de transgresser les lois ; ils ne viennent pas de milieux nécessiteux ; ils ont des appuis, des réseaux ; ils ont méthodiquement planifié leurs actes, en prenant leur temps et avec un sang-froid hors du commun.

Ils ne sont pas forcément très religieux, ils se sont radicalisés plus ou moins vite, mais tous se sont tournés vers Daech, fascinés par sa propagande, pour venger leurs frustrations petites ou grandes et vomir leur haine des valeurs occidentales.

Ils sont attirés par l’organisation paramilitaire de Daech, son dessein sectaire d’une nation islamique mondiale : terrasser des mécréants et la civilisation occidentale pour instaurer un grand califat islamique, c’est sans nuance et cette implacable et virile toute puissance est à même de les galvaniser suffisamment pour passer à l’acte sans arrière-pensée.

Ils obéissent aux derniers commandements de Daech qui recommande de ne plus rejoindre le califat mais de frapper sur place. Nul besoin de se former en Syrie, ni même de se procurer des armes lourdes, n’importe quel objet, véhicule, peut devenir une arme par destination et tuer.

 

Apprendre que le terroriste de Nice a commis des violences conjugales n’a rien de bien étonnant ; en revanche, tous les hommes violents ne deviennent pas terroristes, il ne resterait plus grand monde sur terre ! Les coupables de violences conjugales et plus généralement violences de genre, sont de tous les milieux sociaux, de toutes les religions ou athées, et de toutes les obédiences politiques.

Si les violences conjugales n’expliquent pas à elles seules le ralliement à Daech, (nous ne lutterons évidemment pas contre l’islam radical en luttant seulement contre les violences conjugales), il est malgré tout légitime de s’interroger sur le lien entre machisme, masculinisme et terrorisme car seules des sociétés patriarcales peuvent inventer et développer des systèmes totalitaires aussi mortifères.

 

Comment avons-nous pu jusqu’ici, supporter en silence, autant d’aberration ?

Le religieux prend infiniment trop de place dans nos sociétés livrées au capitalisme sauvage et mondialisé. Sans régulation et une meilleure répartition des richesses, les plus démunis et fragilisés peuvent se tourner vers ce qui les réconforte à bon compte ; les intégristes ne se privent alors pas de les recruter.

Il faut toutefois relativiser cette influence en matière de terrorisme islamiste : la plupart des djihadistes sont issus de familles relativement aisées. Certains se sont radicalisés après un long parcours d’endoctrinement religieux et d’entraînement en Syrie ou ailleurs, mais dans les cas de radicalisation dite « rapide », il semble plutôt que ces hommes brièvement exposés à la propagande djihadiste (via Internet, des relations, un imam aux prêches douteux…) compensent des frustrations d’ordre privé, telles par exemple, des difficultés de couple, en se vengeant, en se projetant héros de la nation islamique.

Il est intéressant de noter qu’à l’occasion des attentats, les religions se confortent mutuellement (en tous cas le catholicisme et l’islam) : assoir leur emprise et tacler la laïcité, ne leur déplait pas.

Les récents propos du pape sont révélateurs : avec aveuglement, il a mis sur le même plan les violences islamiques et catholiques, comparant les massacres terroristes commis par Daech avec les violences et crimes commis individuellement par des catholiques. Oui, les violences machistes du système patriarcal tuent chaque jour mais on ne peut pas comparer un système politique visant à l’instauration d’une dictature politico-religieuse avec des crimes individuels. Le nazisme pourrait-il être réduit à des crimes machistes individuels ?

 

L’envahissement du religieux, l’influence des réseaux intégristes catholiques  pro-vie et anti-mariage pour tous et les concessions constantes à « l’islam de France », sont insupportables. Ils répondent aussi à un besoin de reprise en mains d’hommes et même de femmes, perturbés par la perte d’un  mode de vie et de rapports de genre traditionnels. Pour beaucoup d’hommes, c’est un moyen de réaffirmer la domination masculine.

Trop de politiques, intellectuels et médias semblent avoir perdu tout esprit critique, ils se sont retranchés pour certains derrière une confortable et aveugle complaisance, pendant que d’autres à l’inverse, instrumentalisent les problèmes à des fins politiciennes. Pourtant, le progrès et l’égalité valent bien d’être défendus et sans compromis aucun.

En ce qui concerne l’islamisation de notre société par les Frères musulmans et les salafistes, islamisation qui prépare le terrain du terrorisme, combien de décideurs et faiseurs d’opinion luttent avec bon sens, mesure et efficacité, contre :

  • Une urbanisation génératrice de ghettos, des politiques sociales inopérantes, l’absence d’intégration des populations migrantes (notamment l’isolement des femmes arrivées dans le cadre du regroupement familial), l’échec scolaire, … ;
  • Le voilement progressif des femmes et des fillettes de plus en plus jeunes, symbole visuel de l’asservissement des femmes et étendard politique ; les créneaux non mixtes dans les piscines ; les médecins interdits d’ausculter et de soigner des musulmanes dans les hôpitaux, … ;
  • les salafistes qui ont fini par régler la vie de certains quartiers : l’économie salafiste ou frèriste parallèle avec ces boutiques et sites Internet qui vendent des accoutrements exportés d’Iran, abayas ou hijabs pour cacher les corps des femmes et des fillettes (bâches informes pour les pauvres rue Jean-Pierre Timbaud à Paris ou boutiques de luxe pour les riches saoudiennes) ; les vastes territoires zones de non-droit livrés aux trafics et à la violence où la charia a déjà remplacé la loi de la République et où des élèves contestent effrontément l’enseignement des classes d’histoire, de biologie, … ;
  • le communautarisme, le relativisme culturel, le complotisme, l’obscurantisme, l’antisémitisme décomplexé, l’antiracisme tombé aux mains d’idéologues racistes anti-blancs, … ;
  • l’islamisation via Internet et les réseaux sociaux et via des imams qui complaisamment évitent de traiter du sujet ou pire, à l’instar de celui de Brest ou de la mosquée du Mirail à Toulouse, Mamadou Daffé, prêchent l’impensable en toute impunité ;
  • le caillassage des médecins, pompiers et forces de l’ordre ; la haine de la France, des valeurs républicaines, de l’occident, le verrouillage des institutions internationales qui ont fini par vider de leur substance les Droits Humains ;
  • etc.

Au contraire, le recrutement universitaire est verrouillé afin que l’enseignement se fasse le relai d’une pensée gauchiste radicale, culpabilisant l’occident colonisateur et impérialiste et disculpant  de toute responsabilité, l’autre partie de la planète ; la plupart des médias suivent et les politiques n’ont pas le courage de contredire.

Sinon, expliquez-moi pour quelles raisons tant de politiques, intellectuels et médias feignent d’ignorer ce qui s’est produit en Algérie dans les années 90, quand les islamistes ont commencé à s’attaquer insidieusement aux femmes, aux laïques, à la société civile, puis les ont harcelés, assassinés, au nom d’Allah et du Coran, avant de verrouiller la société toute entière ?

Les 220 000 morts algériens dont de nombreuses femmes jugées insoumises, pas assez bonnes musulmanes, toutes et tous sacrifiés sur l’autel du terrorisme islamiste du GIA, ancêtre de Daech, qui en parle à part quelques intellectuels algériens stigmatisés et à peine soutenus chez nous ?

A l’extrême droite, l’islamisation est instrumentalisée pour promouvoir une France nationaliste et raciste.

La droite s’illustre par une surenchère électoraliste de mesures inutiles ; après avoir supprimé des forces de police et désorganisé le renseignement, c’est véritablement indigne.

A gauche, il est de bon ton de réduire l’étendue de l’islamisation et même le terrorisme islamiste au seul désespoir social et à confier aux représentants de l’islam le soin de régler les problèmes, c’est une inexcusable erreur de jugement : l’islam politique doit être combattu sur tous les plans et par l’état au premier chef.

La gauche radicale quant à elle, cautionne le relativisme culturel et même le racisme essentialiste révoltant d’une Houria Bouteldja, meneuse du Parti des Indigènes de la République (PIR), et contribue en cela à détruire sans alternative crédible, le peu de confiance qu’il nous reste, dans nos valeurs républicaines. Elle n’a plus que le mot « islamophobie » à la bouche, et je ne serais pas surprise que pour se justifier, elle en arrive un jour à défendre aussi les dérives du catholicisme : soutenir la lutte contre l’avortement, revendiquer l’homophobie, en tant que vils héritages coloniaux et impérialistes ! Ah j’oubliais, ça ne risque pas d’arriver, car seule l’islam est la religion des opprimés, ce qui l’autoriserait même à persécuter les femmes et les minorités sexuelles… !

Les démocraties occidentales ne sont pas irréprochables, loin s’en faut, mais la gauche radicale aide du mieux qu’elle peut les islamistes à les culpabiliser et condamner. Pourtant, opposer schématiquement occident et « indigènes » ne mène nulle part : hors du monde occidental, des personnes pauvres, fragiles, des femmes, des enfants, des étrangers, des minorités sont exploitées et victimes des violences les plus abjectes.

*Judith Butler : « Il est extrêmement important de considérer le Hamas et le Hezbollah (groupes terroristes s’il en est) comme des mouvements sociaux progressistes, qui se situent à gauche et font partie d’une gauche mondiale ».

 

Quelles solutions ?

Le plus urgent est de comprendre comment s’adapte le terrorisme islamiste et d’apporter les bonnes réponses politiques.

Nous le savions déjà mais le dernier numéro de Dabiq, la revue de Daech, nous le confirme, l’Etat Islamique ne nous haït pas à cause de la situation dans nos banlieues, ni de notre politique extérieure, mais parce que « nous sommes des mécréants qui refusons l’unicité d’Allah », parce que nous sommes laïcs et que « nos sociétés libérales autorisent ce qu’Allah interdit ».Tant que nous ne nous soumettrons pas à l’autorité de l’islam, Daech nous combattra. Daech et les islamistes nous haïssent donc pour ce que nous sommes : laïcité, mode de vie, mixité, égalité Femme/Homme, etc.

Il s’agit de se venger, de nous humilier et de nous terrifier ; de nous imposer par tous les moyens (que les djihadistes rejoignent la Syrie ou improvisent sur place), un grand califat islamique.

Par conséquent, il nous faut cesser de trouver des excuses aux assassins, sortir de la complaisance et du déni et combattre l’islamisation, la radicalisation et le terrorisme sur tous les plans, avec une détermination sans faille, pour tenter de rattraper le temps perdu :

  • Au plan international : plus de contrats avec les pays fondamentalistes islamistes, wahhabites ou frères musulmans, seulement avec les pays arabes qui s’en démarquent. Le Qatar et l’Arabie Saoudite nous achètent pour infiltrer l’Europe de l’idéologie islamiste. Les droits humains sont universels et aucun relativisme culturel ne peut les conditionner ni les entraver. Les droits des femmes sont toujours les premiers menacés et attaqués, puis la route est tracée pour installer un régime totalitaire.
  • Au plan national : l’Observatoire de la laïcité doit prendre toute sa place et son président enfin profiter de la retraite ; les lieux de culte soupçonnés d’intégrisme, dont les mosquées, doivent être surveillés ; les activités douteuses des membres de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) doivent être interdites : il doit être impossible de présenter, sur le territoire de la République, le  Djihad comme une forme de résistance, le relativiser et inciter les jeunes à se radicaliser. L’association IESH (Institut européen des Sciences Humaines) des Frères musulmans est installée en France et en Europe de manière tentaculaire. Son influence est inouïe sur les jeunes français endoctrinés par un islam fondamentaliste, avec la bénédiction de l’état français qui ne prélève aucun impôt sur les dons encaissés par l’association. Ce n’est pas tolérable.
  • Economique : mieux réguler le capitalisme et ses effets sur les populations, mieux répartir les richesses et les investissements…, c’est une urgence ;
  • Urbanisme : peu à peu détruire les cités-ghettos sociaux et ethniques ; réformer de fond en comble et avec des moyens à la hauteur des enjeux, l’accueil et la réinsertion des démunis et des sans-abris nationaux ainsi que des populations migrantes et réfugiées.
  • Education, formation : déconstruire par le biais des programmes scolaires toutes les fausses croyances et contrer toute contestation de l’enseignement scientifique, cultiver l’esprit critique et d’analyse ;
  • Lutter contre toutes les discriminations, plus que jamais contre le sexisme, l’homophobie/la lesbophobie, l’antisémitisme et le racisme (à ne pas confondre avec la critique salutaire des religions), dès l’école primaire ;
  • Intégration : pas d’accueil (regroupement familial, migrants, réfugiés) sans parcours d’intégration avec transmission des valeurs républicaines et notamment d’égalité Femmes/ Hommes…)… ;
  • Internet / Réseaux sociaux : empêcher toute propagande djihadiste et islamiste via les réseaux sociaux et Internet.
  • Police, justice : développer une véritable coordination européenne et internationale ; coordonner en France forces de l’ordre, sécurité et le renseignement ; instituer un renseignement de proximité ; revoir la formation des juges sur l’évaluation des risques ; modifier les contraintes du contrôle judiciaire ; réintroduire une police de proximité ; lutter contre les trafics et la délinquance ; exercer une surveillance dans les prisons, prodiguer un enseignement à tout prisonnier, les employer à des travaux d’intérêt général… ;
  • etc.

 

Par respect pour tous les morts du terrorisme, pour empêcher plus de morts innocentes ; pour défendre notre civilisation, notre République laïque une et indivisible et ses valeurs, (car aussi perfectibles soient-elles, il n’existe toujours pas sur terre d’alternative plus probante), il faut nous mobiliser pour combattre le terrorisme islamiste et plus globalement, la tentation obscurantiste du conservatisme religieux.

Dans les réponses apportées jusqu’ici par le gouvernement et tous les politiques républicains, il manque systématiquement, la lutte pleine et entière contre tous les intégrismes, contre l’islam politique, l’islamisation de l’Europe par le salafisme et les frères musulmans.

Nous ne sommes plus au XIème siècle, aucune religion ne doit être en mesure d’imposer ses diktats, de museler ses opposants, et encore moins de susciter une ferveur prosélyte capable de conduire des êtres humains à en tuer d’autres pour assoir la volonté de puissance et de domination d’une caste politico-religieuse.

Si l’état ne peut et ne doit pas mettre un policier derrière chaque citoyen, les gouvernements et les politiques, les intellectuel-le-s et les médias, les militant-e-s, les responsables religieux, doivent le dire et le redire et sans relâche, et très fort, les imams au premier chef :   non le califat ne s’implantera jamais, oui c’est un mythe ; non il n’y aura pas de revanche ni encore moins de paradis, ni de vierges ; oui vous serez condamnés, rejetés et haïs par votre religion et par vos proches, par l’humanité toute entière.

Qui le dit vraiment, haut et fort, et de cette manière ? Seulement une poignée et toujours les mêmes. Alors j’attends.

Christine Le Doaré

Vite, la loi !

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Non à l’amplification de la mobilisation anti-égalité – l’égalité des droits n’est qu’une étape vers l’abolition du patriarcat !

Vivement que la loi soit votée et le mariage ouvert aux couples sans distinction de leur orientation sexuelle ! Vivement que l’adoption ne soit plus réservée aux seules personnes ou couples hétérosexuels et que les lesbiennes et les femmes célibataires aient accès à la PMA ! Parce que ce déballage indécent d’ignorance, de bêtise, de mépris et de haine, ça suffit ! Parce que l’égalité des droits n’est qu’une étape dans une société civilisée et que les vrais enjeux d’une société libérée du système patriarcal sont ailleurs.

Nous sommes en 2013 et en France, république laïque où une large majorité est favorable à l’égalité des droits ; alors pourquoi amplifie-t-on à ce point, la mobilisation des anti-égalités ?

En Espagne, en Belgique (Monarchie catholique) et ailleurs, tout le monde n’était pas favorable à cette évolution ; des débats ont eu lieu, les opposants se sont exprimés puis ils s’en sont remis à leurs députés. Depuis, aucun pays n’a pas eu à se plaindre de ce progrès et plus personne n’en parle. Alors, que se passe-t-il chez nous ?

Comme ailleurs, les religions du livre se déchirent, mais lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts patriarcaux, elles sont particulièrement zélées pour s’allier sur le dos de leurs boucs émissaires de toujours, les femmes, les lesbiennes et les gays. Circonstances aggravantes, en France, bien plus qu’ailleurs en Europe, les voix des religieux modérés et progressistes peinent à se faire entendre et c’est très préjudiciable. Les religieux, les plus intégristes d’entre eux en tête, sont à l’évidence responsables de toute cette violence homophobe et lesbophobe (surtout l’église catholique, en perte de vitesse et qui joue son vatout), mais les croyants progressistes devraient apprendre à s’exprimer plus vite, plus fort et plus nombreux. Pourquoi, par exemple, Christine Pedotti, intellectuelle catholique, co-fondatrice du Comité de la Jupe, a-t-elle mis autant de temps avant de publier un bel article sur la question (1). ?

Chez nous comme ailleurs, les partis politiques s’affrontent, mais en France, la droite a compris qu’elle pouvait effacer les dégâts du duel Copé-Fillon en récupérant la mobilisation qu’elle transforme en contestation contre le gouvernement Hollande. L’extrême droite quant à elle ne manque jamais une occasion d’enfoncer le clou et d’en découdre, ses milices fascisantes en tête !
Mais le gouvernement Hollande a aussi sa part de responsabilité, il aurait facilement pu éviter de lourdes maladresses ; il aurait dû dès le début, choisir sa stratégie et s’y tenir, placer la PMA dans un autre texte ou pas, etc. Surtout, il aurait dû faire preuve de plus de courage politique plutôt que de devoir défendre sa loi, une fois les opposants organisés et galvanisés par des médias complaisants.
Dans l’ensemble, nos députés ont très peu suivi l’audition du 12 décembre qui devait les éclairer sur l’application du texte en Europe ; ceci explique peut-être pourquoi les français se sentent obligés d’assurer le débat à leur façon ! Nos politiques portent une immense responsabilité dans ce débat honteux et qui nous ridiculise à l’étranger.

Les médias français depuis de nombreuses années n’ont plus les moyens de creuser leurs sujets. Ils privilégient les témoignages plus ou moins superficiels. Ils n’hésitent pas à harceler les représentants associatifs, non pas pour leur donner la parole (ce qu’ils ne font que rarement ou en situation de crise), mais pour qu’ils leur trouvent le témoin rêvé ! Ils vont parfois jusqu’à fabriquer la polémique s’ils considèrent que l’audience sera au rendez-vous ; de la même façon, ils minimisent voire ignorent les sujets qu’ils jugent peu vendeurs. Quand ils traitent une question, il leur faut toujours présenter des opposants, quitte à donner la parole à des personnes qui ne représentent qu’une pensée ou position ultra-minoritaire et déséquilibrer le débat. Les médias français ont donné une ampleur inégalée aux voix des homophobes, vous connaissez beaucoup de sujets de société qui donnent lieu à une couverture médiatique de cette ampleur ? La manifestation contre le mariage pour tous du 13 janvier a donné lieu à un suivi du cortège mètre par mètre, minute par minute, sur les chaines TV et les radios, etc., et sans beaucoup d’analyse ni de commentaires critiques. Le journalisme spectacle dans toute sa splendeur, les mêmes que ceux qui se contentent de filmer les plumes dans le cul à la Marche des Fiertés, et même si les plumes c’est beau !

Allègrement manipulée par ces forces réactionnaires démagogiques, nourrie au journalisme-spectacle, une partie de la population française, peut-être aussi pour oublier la crise économique, se berce d’illusions et avale les mensonges les plus éhontés ! Elle fantasme à cœur joie sur la famille idéale, celle que personne n’a jamais vue ! Comme par enchantement, disparus les difficultés, les divorces, les violences conjugales, les maltraitances sur enfants, les viols, les incestes, etc. ! Papa, maman, les petits et l’harmonie parfaite, ils veulent y croire ! Seulement voilà, ils savent bien, et pour cause, que la famille hétérosexuelle n’est pas si glorieuse, alors le plus sûr moyen, c’est encore de diaboliser l’autre, l’homosexuel-le qui forcément ne peut que faire pire ! Seulement voilà, l’autre, mis à part son orientation sexuelle, n’est en rien différent, ni pire, ni meilleur.

En France, il paraît que nous aimons le débat, oui, surtout quand il a lieu au « café du commerce » ou à la TV-gueuloir, quand il est irrespectueux, violent et qu’il ne mène à rien de bien constructif ! Il faudrait peut-être nous inspirer d’autres comportements avant de nous fossiliser dans nos traditions ? Il est amplement temps de se demander où sont passées les valeurs de notre république laïque, et à quelle égalité, fraternité-sororité, sa devise fait référence ? A l’évidence la mobilisation anti-égalité ne fera pas plier le gouvernement et la loi sera votée. Mais le bien mauvais débat français aura soulevé tant d’homophobie et de lesbophobe, on peut se demander si la célébration de cette victoire historique à venir, n’est pas déjà un peu gâchée.

L’égalité des droits n’est qu’une étape sur le chemin de l’abolition du patriarcat.

Alors, oui, vivement le vote de la loi, parce que non seulement nous allons devoir nous apaiser après tant de violences, mais pendant que nous nous acharnons à justifier l’adoption d’une légitime égalité des droits, nous disposons de moins de temps et d’énergie pour tout le reste !
En outre, si l’égalité des droits n’est pas négociable, défendre le mariage pour tous, c’est aussi défendre le mariage. Je sais bien que personne ne sera obligé-e de se marier et que tout le monde aura le choix, néanmoins, je l’avoue, je suis fatiguée de devoir, au nom de l’égalité des droits, défendre une institution conservatrice. Je ne suis, par exemple, pas favorable au système des aides sociales basées sur l’interdépendance du couple, je considère qu’une société moderne a remplacé ce système archaïque et sexiste en individualisant les aides et minimas sociaux. Les valeurs traditionnelles du mariage, du couple, de la famille avec l’enfant programmé, bien souvent prolongement de soi ou ciment du couple, programme prétendument indispensable au bonheur et surtout toute la pression sociale que ce schéma patriarcal impose, ne m’ont jamais convaincue. Ces modèles du couple et de la famille sont vitaux pour le système patriarcal constitué de rapports de pouvoir, ils génèrent des sociétés terrorisées de violences et ce ne sont pas quelques couples de même sexe mariés qui y changeront quelque chose. Les véritables enjeux et espoirs de changement sont ailleurs. L’égalité des droits est une étape incontournable dans une société civilisée, rien d’autre ; c’est déjà beaucoup, mais c’est tout.

Christine Le Doaré

1. http://www.huffingtonpost.fr/christine-pedotti/mariage-pour-tous-les-femmes-vont-se-reveiller-avec-une-sacree-gueule-de-bois_b_2463349.html?utm_hp_ref=france


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