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Comme si nous avions le choix !

Comme si nous avions le choix !

Comme si  le Front National n’avait pas une lourde et sombre histoire !

Comme si le FN était un parti de gouvernement crédible !

Comme si Marine Le Pen était issue du « Peuple », n’était pas une nantie, née dans l’opulence, avocate, fréquentant des personnes de pouvoir et d’influence.

Comme si ses programmes politique, économique et culturel offraient la moindre solution aux problèmes auxquels nous sommes confronté-e-s !

Comme si l’installer au pouvoir ne comportait pas de grands risques et pour longtemps, pour nos droits et libertés !

Comme si nous connaissions un seul pays ayant élu un dirigeant d’extrême droite qui ne se soit pas débrouillé pour garder longuement et durement le pouvoir !

Comme si nous connaissions un seul pays, un seul régime d’extrême droite au monde qui aurait apporté égalité, liberté, prospérité et bonheur à sa population !

Nous ne connaissons pas non plus un seul pays, un seul régime communiste au monde ayant apporté égalité, liberté, prospérité et bonheur à sa population.

Les politiques qui ne jurent que par « le Peuple » sont suspects à mes yeux. Le « Peuple », mais lequel ? Celui qui a voté Marchais et désormais vote Le Pen ? Celui qui voterait sans trembler pour le rétablissement de la peine de mort ? Le « Peuple » est un concept fantasmé par des militants le plus souvent naïfs et manipulé par des politiques qui en général font de longues et bénéfiques carrière sur son dos. Il y a une population avec des classes populaires, moyennes et supérieures, qui ont des intérêts antagonistes, rarement convergents sauf dans un territoire commun, de vivre avec des moyens suffisants, un espoir de meilleur, et en paix :  minorer les écarts, établir des passerelles, garantir les conditions d’une émancipation.   

A moins d’être parvenu-e-s à développer une société intégralement écologique et féministe, pour résumer paradisiaque, (et à priori ce n’est pas pour demain matin), l’idée même de démocratie n’est pour l’instant compatible qu’avec une économie de marché. Un régime démocratique progressiste sait maîtriser son économie de marché, lui interdisant l’indécence et la régulant afin qu’elle profite au plus grand nombre et n’écrase pas les plus faibles mais au contraire,  leur donne les moyens de s’émanciper. Les pays nordiques sont pour l’instant les seuls exemples globalement positifs de régimes politiques qui bien que vivant dans une économie de marché, sont parvenus au plus près de l’égalité, la liberté, la prospérité et le bonheur pour une plus grande partie de leur population.

Emmanuel Macron n’était pas particulièrement mon candidat, pour différentes raisons, aucun candidat à cette présidentielle ne me convenait vraiment, mais je n’adhère pas aux arguments martelés contre lui, que ce soit par Marine Le Pen ou d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon.

– Son parcours est intéressant, brillant élève il réussit l’ENA, il travaille peu de temps dans le privé, une banque d’affaires,  mais se réoriente vers le public puis la politique où il prend tous les risques. C’est quoi le problème ? C’est plutôt à son avantage non ? Le coup du « sale banquier », est une attaque antisémite éculée et venant de la riche héritière qu’est Marine Le Pen, c’est assez comique.

Les tenants du «grand soir » aussi sont têtus, même les derniers évènements en Grèce ne leur ont rien appris et pourtant !

Aucune société, aussi progressiste soit-elle ne vit sans banque et s’il est primordial de réformer, réguler et surveiller la finance, s’il est temps d’instaurer une Europe sociale, personne ne met plus son argent sous son matelas. Un jour peut-être, dans le paradis que l’humanité aura enfin construit, il n’y aura plus ni argent, ni banque, ni banquier donc, en attendant…

– Sa femme est plus âgée que lui. Alors forcément, c’est sa mère, voire il est gay ! Quand on voit le nombre d’hommes politiques qui vivent avec des jeunettes sans que personne ne trouve rien à redire, on comprend l’ignoble misogynie de cet argument.

– Son programme n’est pas très détaillé, oui, mais vous connaissez vous un seul président élu qui ait appliqué son programme ? Il avoue ne pas tout savoir, ne pas tout avoir prévu, il n’est pas fermé, pas méprisant ; ouvert d’esprit, il écoute, s’entoure de spécialistes, référents.

Bien sûr, c’est aussi un risque, mais tellement moindre que de voir s’appliquer des pans entiers des programme réactionnaires d’un François Fillon ou d’une Marine Le Pen ! Et puis surtout, c’est un démocrate, il ne touchera pas à nos droits et libertés fondamentales, il n’est pas un danger pour les droits des femmes ni des minorités.

Comme si élire un président de la République c’était résoudre tous nos problèmes une fois pour toutes et dès le lendemain matin partir à la plage ! Nous vivons dans un monde de plus en plus compliqué, violent et incertain. En outre, le terrorisme islamiste, grand absent de la campagne, nous menace sans relâche.

Emmanuel Macron  élu, ceci  ne signifiera pas que tout ira bien, ni mal, mais qu’il faudra exercer nos droits et devoirs de citoyen-ne-s, rester vigilant-es, mobilisé-e-s, pour nos valeurs et revendications, comme toujours. Dans tous les cas, une élection d’Emmanuel Macron ne serait pas une victoire. Le seul fait que le FN parvienne à de tels scores électoraux est terriblement préoccupant. S’il était élu, le gouvernement Macron devrait travailler efficacement pour les territoires déshérités, s’attaquer à la grande pauvreté, au chômage, … Il devrait prendre à bras le corps les questions liées à l’immigration ; aussi à la laïcité, combattre les intégrismes, l’influence des religions, leur communautarisme, les dangers pour les droits et libertés des femmes :  le développement de l’islam radical en particulier, n’est pas sans conséquences. négatives pour l’ensemble des femmes, il nous ramène des siècles en arrière.

Mais dans un premier temps, la priorité est bien d’éviter le pire, non seulement Marine Le Pen ne doit pas être élue, mais elle doit être mise plus bas que terre pour que soit repoussée l’éventualité d’un retour ultérieur. C’est pourquoi je rejette fermement toute idée d’abstention qui à mon avis trahit soit une méconnaissance de la réalité profonde du FN et de sa capacité de nuisance, soit un profond désintérêt pour notre pays, soit un manque de responsabilité de citoyen-ne, au pire un goût prononcé pour la chienlit ou la manipulation politique au service d’un dessein inavouable.

C’est pourquoi je voterai Emmanuel Macron sans hésiter et en espérant que nous serons une majorité écrasante à faire de même et à renvoyer Marine Le Pen aux abîmes de l’Histoire. 

Christine Le Doaré

Quel-le présidentiable aura le courage de le dire ?

feminisme-1Les gouvernements de gauche ne peuvent tout simplement plus honorer leurs promesses électorales, en particulier celle de l’inversion de la courbe du chômage. Les candidats de gauche, les élus et politiques de gauche le savent, mais n’ont pas le courage de le dire.

Alors,

  • Les populistes, de gauche comme de droite, surfent sur la colère des citoyen-ne-s mécontent-e-s, leur font miroiter des rêves chimériques de sauveur providentiel et de grand soir. Pourtant, chacun-e le sait : aucune révolution ni gouvernement d’extrême gauche n’a jamais tenu ses promesses (Grèce,…) ni même instauré de démocratie (Cuba, révolutions arabes,…) ; tout gouvernement d’extrême droite, amplifie les divisions, accélère les exclusions, attise les haines et finit par mener au chaos.
  • La droite tente de nouveau de séduire les citoyen-ne-s mécontent-e-s qui savent pourtant, qu’invariablement, elle avantage la finance et les classes aisées ainsi que les valeurs conservatrices.

Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que si les promesses électorales pouvaient être tenues et garantir aux candidats de conserver leur siège, elles le seraient.

La vérité c’est que la courbe du chômage ne s’inversera plus. Les énergies fossiles vont s’épuiser, les moyens de production ont changé, le digital/numérique et la robotisation finiront d’ici quelques décennies par réduire à sa portion congrue, le nombre de salariés.

Les seuls exemples de quasi plein emploi cachent une myriade de postes non qualifiés tenus par des travailleurs pauvres qui s’épuisent dans des activités ni gratifiantes ni rémunératrices.

 

Je pense désormais que ceux qui se font élire en promettant l’impossible favorisent le populisme, mettent en danger la démocratie. L’échec ne pouvant se reproduire indéfiniment, nous arrivons au bout du mensonge et plus significativement du capitalisme mondialisé insuffisamment régulé qui ne survit qu’en exploitant toujours plus (délocalisations) et en surproduisant. Une sorte de spirale infernale.

Pour éviter le pire, c’est-à-dire la menace tout à fait sérieuse de régimes fascisants, qu’ils soient d’extrême droite ou de nature politico-religieuse (islamiste, etc.), et de guerres civiles, je ne vois que trois voies dans lesquelles s’engager sans tarder.

 Premièrement : Une transition écologique bien pensée pour produire et consommer autrement : il est grand temps de cesser d’enrichir des industries qui surproduisent et détruisent l’environnement à grand renfort de publicité, pour s’orienter vers des besoins authentiques pour le plus grand nombre. A ces fins, il sera nécessaire de créer de nouveaux métiers, de nouveaux emplois qui seront utiles et agréables aux êtres humains, au vivant, à notre environnement.

Deuxièmement : Une économie régulée, sociale, qui disqualifie les mauvaises pratiques (exploitation, surproduction, pollution, etc.) et valorise tout ce qui favorise la transition écologique. Une économie au service d’un projet de société et non pas d’une poignée qui tient en otage toute une civilisation, toute une planète et la détruit peu à peu. A l’évidence, de moins en moins de gens auront demain la chance d’exercer un travail au sens où nous l’entendons aujourd’hui. La seule solution acceptable consiste donc à envisager le travail d’une toute autre manière : accepter qu’il se distribuera autrement, que des gens pourront ne pas exercer d’emploi salarié de manière continue ; fournir à celles et ceux qui seront sans emploi toute ou partie de leur vie, les moyens financiers de subvenir à leurs besoins en échange d’activités bénévoles utiles à l’ensemble de la société ; former aux métiers de demain ; etc. Dans tous les cas, cesser de faire du travail une valeur centrale (et sacrée) à la réussite d’une vie humaine.

Troisièmement : Une République laïque et féministe qui :

  • retrouve le sens de sa devise « Liberté, égalité, fraternité/sororité » ;
  • laïque, rassemble au lieu d’exacerber les communautarismes et d’encourager l’islam politique (salafistes/frères musulmans…) ;
  • disqualifie les extrêmes et intégrismes de tout poil.

Une société fière de ses valeurs républicaines qui :

  • place l’humain et le vivant au cœur de son projet, encourage le respect de l’autre et de ses différences,
  • questionne pour les dépasser les rapports de domination et de pouvoir, instaure une égalité réelle entre les femmes et les hommes,
  • abolit les discriminations et les violences de toute nature.

Une société féministe en fait.

 

Etant donné la situation politique mondiale actuelle, tout autre projet politique risque bien de conduire, à plus ou moins long terme, l’humanité à sa perte.

Nous devrions cesser d’encourager les égos des hommes (et rares femmes) politiques, absorbés par leur soif de reconnaissance et de pouvoir personnel. Nous devrions exiger des candidats qu’ils s’abstiennent des vaines promesses mais s’engagent pour le seul projet de société réaliste et viable qui soit : une transition écologique sociale, laïque et féministe.

Ce projet politique n’est hélas pour l’instant incarné par personne ni par aucun parti de manière crédible. Les écologistes, gangrénés par les islamo-gauchistes, « travailleurs du sexe » et autres inconséquents, s’occupent de tout sauf d’écologie ; les féministes sont dispersées, affaiblies par la récupération et le dévoiement des fondamentaux du féminisme.

Alors à défaut de voter pour le seul programme qui vaille, je voterai une fois de plus pour celui qui au moins défendra le mieux les valeurs républicaines, et surtout pour éviter le pire.

Il faudra pourtant qu’un jour prochain, des politiques sincères, animéEs par l’intérêt général, l’émancipation des êtres humains et la sauvegarde de notre environnement, mènent à bon terme un véritable projet de société écologique, social et féministe.

Christine Le Doaré

 


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