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Avec le féminisme, abolir la haine

10614252_545421628892178_5332025508118457889_n (1)Partout la haine, protéiforme, pesante, grandissante, menaçante.

Les aversions, phobies, violences envers les personnes, qu’elles soient de nature sexiste, raciste, xénophobe, antisémite, homophobe ou lesbophobe, handiphobe, etc., se démultiplient et se banalisent.

Ces idéologies de rejet et de haine sont florissantes, en viendrons-nous jamais à bout, vont-elles augmenter jusqu’à compromettre toute possibilité de bien vivre ensemble ?

 

Au 21ème siècle, munis comme nous le sommes d’un formidable arsenal juridique et de politiques de lutte contre les discriminations, exposés à nombre de productions intellectuelles et culturelles, ces sentiments de détestation de l’autre, fondés sur une hiérarchisation des différences humaines, devraient avoir disparu.

C’est loin d’être le cas, il suffit de consulter les Rapports sur la question et notamment celui de la CNCDH, pour s’en convaincre.

 

La lutte contre les discriminations, en particulier contre le racisme,  ne date pourtant pas d’hier.

Grace aux luttes politiques pour l’égalité de droit entre les hommes, dans la plupart des pays occidentaux, les états s’engagent dès les années 50, dans des politiques contre les discriminations.*1

N’est-il pas étonnant que la discrimination liée au sexe, relative donc à une moitié de l’humanité et transverse à toutes les autres, (car il y a des femmes de toutes les origines, de toutes les religions, des femmes handicapées, âgées, etc.) soit considérée depuis toujours, comme relevant de la lutte contre les discriminations subies par des minorités visibles ?

Les discriminations liées au sexe, les actes violents, haineux,  de nature misogyne, restent paradoxalement les plus fréquents, toutes proportions gardées, et sont pourtant les moins bien réprimés.

Depuis les lois de février 2003 et mars 2004, deux nouvelles circonstances aggravantes ont été ajoutées aux articles 132-76 et 132-77 du code pénal, elles aggravent les peines encourues aussi bien dans le cas de violences que de discriminations.

La première porte sur les crimes et délits commis à raison de racisme, xénophobie ou antisémitisme, la seconde à raison de l’orientation sexuelle de la victime.

Exemple d’aggravation : Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, passent de 15 ans à 20 ans de réclusion ; les menaces de mort passent à 5 ans d’emprisonnement et 75.000 € d’amende au lieu de 3 ans  et 45.000 €.

C’est très bien. Mais pour quelles raisons, le sexisme, n’est-il pas lui aussi, une circonstance aggravante ?

 

Les féministes ont le plus grand mal à se faire entendre et à être traitées avec toute la considération nécessaire pour faire valoir les droits des femmes.

Le sexisme demeure incontestablement le parent pauvre de la lutte contre les discriminations et les violences, aux plans judiciaire, de la prévention et de l’éducation.

La loi d’abolition de la prostitution votée par l’Assemblée Nationale en décembre 2013, n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Sénat, elle concerne très majoritairement des femmes vulnérables.

 

Les groupes minoritaires discriminés ont toujours avancé en ordre dispersé, chacun avec ses moyens, et sont parvenus plus ou moins rapidement à établir un rapport de force et imposer aux institutions, une législation spécifique et adaptée.

Ce qui fait d’ailleurs du dispositif anti-discrimination un patchwork très morcelé, peu lisible et peu accessible aux victimes.

 

La loi du 9 juillet 2010 «relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants», est incomplète, mal connue et mal appliquée.

En vain, les féministes réclament depuis des années, une loi globale ou loi cadre pour lutter efficacement contre l’ensemble des discriminations et des violences faites aux femmes, psychologiques comme physiques, en matière de droit du travail, droit de la sécurité sociale, comme de droit civil et de droit pénal.

Elles réclament également la reconnaissance légale du féminicide, c’est-à-dire la prise en compte spécifique des milliers de crimes commis chaque jour, à l’encontre des femmes, massivement et de manière universelle sur toute la planète, juste parce qu’elles sont nées de sexe féminin : violences machistes telles que l’infanticide, le crime d’honneur, le crime conjugal ou familial, etc.

Reconnaitre le machisme comme étant une idéologie de haine tout aussi destructrice que le racisme, l’antisémitisme ou l’homophobie et la lesbophobie, est un préalable nécessaire.

C’est bien ce qui semble embarrasser la France alors que dans plusieurs pays d’Amérique Latine, en Espagne et aussi en Italie, tuer une femme à raison de son sexe, est devenu une circonstance aggravante, celle qui manque à l’article 132 de notre code pénal.

Avoir ratifié pendant l’été 2014, la Convention d’Istanbul qui impose une perspective de genre à la législation contre les violences, ne sert à rien sans transposition en droit français.

 

Les lois sont importantes, elles marquent la désapprobation sociale et facilitent l’accompagnement civique et pédagogique, les mesures de prévention et d’éducation, qui leur donnent tout leur sens.

Malgré tout, même le meilleur arsenal juridique du monde, aussi cohérent et complet soit-il, peut s’avérer être insuffisant pour faire reculer la haine et évoluer les mentalités.

C’est bien ce qui se produit en matière de racisme, tout est disponible, pourtant le bilan n’est guère satisfaisant.

Indéniablement, un contexte de crise économique ravive les tensions sociales, et le capitalisme libéral n’est guère propice au développement d’une société humaniste, de respect et d’entraide, mais tout de même, le racisme, la xénophobie comme l’antisémitisme atteignent des niveaux très préoccupants.

Les lois, il faudrait aussi prendre le temps de les expliciter et appliquer correctement, sinon, elles s’empilent et ne servent que lorsque l’infraction est commise, il est alors bien tard.

A l’évidence, quand les digues s’écroulent les unes après les autres, il est urgent de prendre le temps de comprendre pourquoi le rejet et la haine de l’autre ne cèdent pas de terrain, au contraire s’intensifient.

 

Tout se passe comme si les gens craignaient d’être gênés, contraints, envahis par les autres, voire en avaient peur.

Devoir faire une place aux étrangers, à tous ceux qui sont perçus comme si différents, avoir à prendre en compte leurs spécificités, tout ceci est de plus en plus vécu comme une agression, alors les gens s’enferment dans un repli individualiste ou identitaire / communautaire, qui peut aller jusqu’au rejet et à la violence.

Ce qui semble nouveau, c’est que cela touche un peu tout le monde et dans tous les sens, pour tout un tas de motivations croisées et parfois qui se surajoutent, de genre, ethnique, religieuse, culturelle, de handicap, d’orientation sexuelle, etc.

Je caricature un peu et généralise à dessin, mais il semble bien que plus personne ne soit à l’abri et dans nos sociétés individualistes mais aussi communautaristes, on pourrait dresser une liste interminable des détestations humaines : les landais détestent les basques qui détestent les asiatiques qui détestent les africains qui détestent les juifs qui détestent les arabes qui détestent les handicapés qui détestent les homos qui détestent les vieux qui détestent les jeunes, etc.

Les femmes étant détestées des hommes machistes qui ont fait de leurs différences, une supériorité, la domination masculine.

 

Ce contexte de repli et de rejet tous azimuts est insupportable.

Il serait temps de promouvoir des stratégies gagnantes, afin de vivre dans une meilleure compréhension et entente humaine avant de foncer droit vers la catastrophe.

Pour commencer, il faudrait enfin que la lutte contre le système patriarcal soit relayée de manière conséquente par les institutions et l’ensemble de la société.

Même si leur expertise est incontournable, ce n’est pas l’affaire des seules féministes.

La première oppression, aussi la plus fréquente et étendue, est déterminante, on peut même dire qu’elle conditionne toutes les autres.

Bien sûr chaque discrimination est le spécifique produit d’une histoire, mais elles relèvent toute d’un rapport de pouvoir sur l’autre et tant que la domination masculine et les violences machistes n’auront pas diminué de manière significative, voire disparu, les discriminations et violences sociales de toutes natures, homophobes, racistes, etc. continueront de se produire.

Il n’est pas rare de trouver des hommes machistes ou des femmes soumises au système patriarcal, également racistes, homophobes, etc., en revanche, il est rare que des personnes féministes ou pro-féministes soient homophobes, racistes, etc.

 

Probablement faudrait-il aussi parler autrement du racisme. Le peu de succès jusqu’ici, de la lutte contre le racisme, pourtant la plus ancienne et complète sur le plan juridique, nous encourage à le penser.

Il est indéniablement plus motivant d’être encouragé-e à l’ouverture, à l’échange et au dialogue que d’être culpabilisé-e, assailli-e de rancœurs, suspicions et accusations, même si parfois, elles sont légitimes.

Il est illusoire et vain de croire que les générations futures vont porter jusqu’à la nuit des temps des responsabilités qui ne sont que de très loin, les leurs.

Alors rappeler les luttes de pouvoir et les responsabilités des pays et surtout de leurs dirigeants dans l’histoire de l’humanité, en vue d’éclairer les générations futures est indispensable, mais il y a certainement des façons de le faire plus utiles que d’autres.

 

Il est indéniable que le point commun de toutes les discriminations et idéologies de haine, est la hiérarchisation de la différence.

Une différence, quelle qu’elle soit, n’est pas un prétexte à supériorité ou infériorité, c’est juste une donnée.

On ne peut la hiérarchiser que de manière arbitraire et s’y employer témoigne d’un besoin de domination et de soumission de l’autre.

En d’autres termes, une différence de force musculaire, de couleur, de façon de se mouvoir, est une donnée et seulement une donnée, en déduire une hiérarchie en vue d’établir une relation de pouvoir est la clé du problème.

 

Le jour où les êtres humains accepteront que la différence ne légitime aucun pouvoir, toutes les discriminations tomberont.

Je suis donc persuadée que le jour où les différences entre les femmes et les hommes seront envisagées de manière factuelle et ne légitimeront plus aucune relation de pouvoir et de domination de genre, discrimination première et universelle, toutes les autres discriminations tomberont pour les mêmes raisons.

Par conséquent, si nous voulons combattre efficacement la haine de l’autre et vivre ensemble harmonieusement, hâtons-nous de favoriser une société d’égalité entre les femmes et les hommes et féministe.

Le féminisme est un projet de société, probablement le seul capable d’abolir la haine et d’harmoniser les relations humaines.

Christine Le Doaré

 

*1 Sur le plan répressif, on peut notamment rappeler les lois sur la liberté de la presse qui répriment la diffamation raciste depuis 1881.

La loi de 1972 sur la lutte contre le racisme, punit le délit de provocation à la haine ou à la violence, à raison notamment de l’ethnie, l’origine, la race ou la religion.

La loi Gayssot de 1990 réprime tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, également le négationnisme relatif aux crimes nazis.

La lutte contre l’homophobie est plus récente, l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1982.

Les injures liées à l’orientation sexuelle ont été ajoutées aux injures et incitations à la violence punissables des Lois sur la presse depuis une loi de 2001, et figurent donc à la liste des critères de l’article 225-1 et suivants du code pénal, également du code du travail.

La répression des  injures à raison du sexe, non sans mal, ont été alignées sur les injures à caractère homophobe.

En matière de sexisme, l’article 225-1 du Code pénal inclus donc bien le sexe et la grossesse dans la liste des critères qui constituent une discrimination ; également depuis la loi de 2006 l’égalité salariale entre les femmes et les hommes et depuis 2014, le harcèlement sexuel (à l’article 225-2).

Le double effet kiss-cool de la pénalisation du client prostitueur

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En version courte sur le site de Libération – Société – Rebonds :
http://mobile.liberation.fr/societe/2013/07/02/il-est-temps-de-penaliser-le-client-prostitueur_915424
En version courte sur Prostitution et Société :
http://www.prostitutionetsociete.fr/eclairage/point-de-vue/il-est-temps-de-penaliser-le

L’état français qui a fait le choix de l’abolition en 1960, doit maintenant l’appliquer. Bien que la question soit polémique, il est temps d’agir et de faire preuve de courage politique.
Une véritable politique abolitionniste exige de voter une loi globale : renforcer la lutte contre la traite, abroger le délit de racolage, pénaliser le client, adopter de sérieuses alternatives sociales et agir dans le domaine de la prévention et de l’éducation.

Les personnes prostituées sont avant tout victimes des violences sexuelles du système prostitueur, aussi, la loi sur le racolage qui prévoie six mois de prison, doit-elle être abrogée.
En revanche, ce sont bien les coupables des violences qui faut pénaliser. La lutte contre la traite et les mafias du sexe doit s’intensifier ; le client, acteur majeur du système prostitueur doit être responsabilisé. Lorsqu’il achète, non pas des services mais des violences sexuelles, il enrichit les proxénètes mais aussi l’état qui se paye sur le dos de femmes victimes de violences. Si la pénalisation du client s’impose c’est parce que sa demande est à l’origine de l’existence même du système prostitueur, 3ème marché criminel mondial. Une économie criminelle coupable de violences inouïes à l’encontre de femmes et d’enfants déplacés, dressés, violés, torturés. Voulons-nous oui ou non, l’égalité entre les femmes et les hommes ; le respect des droits de l’enfant ; le respect du principe d’inaliénabilité du corps et en réalité, de l’être humain ? C’est bien d’un projet de société humaniste et féministe dont il est question, pas de pudibonderie, ni même de morale.

Les voix s’élèvent, toujours plus nombreuses pour affirmer que la prostitution résulte d’une vision patriarcale de la sexualité : les hommes auraient des pulsions sexuelles irrépressibles et seraient en droit de disposer d’êtres destinés pour survivre, à les assouvir, sans désir, ni plaisir.
La prostitution est bien moins affaire de sexualité que de domination. Les hommes préservent non pas « le plus vieux métier du monde » mais un privilège archaïque qui leur évite de se confronter d’égal à égal, dans une relation à l’autre (peu importe cette relation d’ailleurs, du « plan cul » à la relation de couple). A l’évidence, maintenir la domination masculine compromet tout projet d’Egalité entre les femmes et les hommes.

La violence est intrinsèque à la situation de prostitution (subir des actes répétés de pénétration par des inconnus qui s’imposent par l’argent ; avoir peur d’un pervers ; subir le rejet social; etc. ) et s’y ajoutent les violences avérées des proxénètes et des clients : menaces, vols, coups, viols, tortures, sans compter les meurtres.
Des études en attestent, beaucoup de femmes, quelques hommes, ayant subi des violences sexuelles, s’infligent la violence prostitutionnelle. Les raisons économiques ne sont pas les seules à pousser les femmes dans la prostitution. Pensant contrôler, réparer, elles s’enferment dans une spirale de dévalorisation de soi. Même les prostituées « libres », témoignent en sortant, avoir vécu dans un état d’anesthésie et de dissociation qui seul, leur permettait de tenir. Ne pas sentir ni admettre la réalité de ce qu’elles endurent pour pouvoir y retourner le lendemain. Facile de se donner bonne conscience et de croire leurs discours, fabriqués pour ne pas craquer !

Quand les féministes des années 70 défendaient « la liberté de disposer de son corps », elles réclamaient une sexualité et une contraception libres et gratuites et la légalisation de l’avortement. Ce slogan est récupéré par des lobbys aux fins de marchandisation des corps (des êtres car le corps n’est pas dissocié), soumis aux industries du sexe. Peu à peu, les récupérations successives des mouvements féministes, l’absence de politiques ambitieuses éducatives et répressives contre les violences faites aux femmes, nous ont conduits à une véritable culture du viol et il faut voir les ravages de la libéralisation de la prostitution dans les pays réglementaristes. L’Allemagne, dépassée par le développement du trafic, à son tour tire un bilan négatif (Dossier Der Spiegel) et se promener à la Jonquera espagnole est édifiant.

La prostitution n’est pas un mode de sexualité comme un autre, mais bien une violence sexuelle. La lutte contre la prostitution entre à 100% dans le champ des violences faites aux femmes.
Les violences ne se combattent pas avec de bonnes intentions. Les législations libérales et les discours néolibéraux des lobbys pro-prostitution ont fait leur temps. Défendre la liberté d’une minorité d’escort-e-s petits entrepreneurs, contre les droits de l’écrasante majorité des femmes prostituées contraintes, n’est pas légitime mais indécent.

Il faudrait aujourd’hui à nos représentants, un courage politique identique à celui qui a prévalu quand le viol ou les violences conjugales sont entrées à leur juste place dans le code pénal.
Nos député-e-s doivent s’engager et refuser que des êtres humains ne soient soumis au pouvoir des marchés financiers du sexe et à la domination de clients qui pensent, par l’argent, effacer un acte de violence. Tout être humain peut comprendre que la sexualité relève d’un rapport à l’autre, et qu’il est révoltant de forcer un consentement par l’argent.
Les violences sexuelles ne sont jamais anodines, aussi ne peut-il être question d’une simple contravention, mais au moins d’un délit, voire d’un crime. En droit français, le législateur détermine les seuls délits et crimes, il ne peut donc pas prévoir une contravention punie d’une simple amende. Pour un délit, la peine est de 2 mois à 10 ans de prison, une peine alternative telle qu’un stage de citoyenneté ou des jours amendes peut être substituée à l’emprisonnement. Sachant que ne pas payer sa boisson au café (acte de filouterie) est un délit passible de 6 mois de prison et de 7500 euros d’amende, pénaliser le client prostitueur ne devrait pas constituer un obstacle infranchissable ! Avec le temps et la sensibilisation de la population à légalité et à l’inaliénabilité de l’être humain, la demande baissera non plus par crainte de la répression, mais par conviction.

Rappelons que l’abolition n’est pas la prohibition. L’interdiction ou la prohibition de la prostitution, pénalise à la fois le client et la personne prostituée, plaçant cette dernière en situation de danger. Les abolitionnistes ne sont pas naïfs, ils savent qu’une prostitution résiduelle persistera et s’ils veulent pénaliser le client c’est dans l’intérêt de la société toute entière.
Un véritable effet « Kiss- cool » quand on y pense :
-Premier effet : avancer plus vite vers l’égalité femmes-hommes et refuser une marchandisation toujours plus prégnante des êtres humains.
-Deuxième effet : inverser la charge pénale en la reportant sur le client et non plus sur la personne prostituée. Un rapport de force inversé en faveur des personnes prostituées, face à un client, conscient de seul commettre une infraction et ayant donc intérêt à se tenir à carreau !

La pénalisation du client n’entraîne pas une plus grande précarisation, ni mise en danger des prostituées. Ce qui met toute personne prostituée en danger, c’est le risque induit par le fait d’être seule et vulnérable avec le client, que ce soit dans la rue, dans une voiture, dans un appartement, ou dans un bois. Le danger c’est le client lui-même. Même les «traditionnelles » de la rue Blondel qui partagent en plein Paris, un immeuble, disent avoir toujours peur des clients qu’elles ne connaissent pas ! Dans les pays abolitionniste, la prostitution n’a pas été déportée au fond des bois, elle a diminué, au moins de moitié et se produit aussi en centre ville. En revanche, les prostituées ont accès aux aides sociales, de santé et de prévention aux IST ; sorties de la clandestinité ; elles peuvent imposer plus facilement le port du préservatif.

Ceux qui considèrent que les résultats des pays abolitionnistes sont difficiles à évaluer (même si tout le monde s’accorde à reconnaitre une baisse spectaculaire de la demande et une meilleure égalité femmes-hommes), ne peuvent ignorer les dégâts spectaculaires causés par les politiques libérales : demande exponentielle et de plus en plus sordide (prix au rabais…) ; croissance des trafics, impossible à juguler. Dans ces conditions, entre un bénéfice certain et une catastrophe annoncée, comment croire un seul instant que la France ferait le mauvais choix ?

Christine Le Doaré


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