Posts Tagged 'universalisme'

Solidarité féministe et sportive internationale #JOParis2024 !

Solidarité féministe et sportive internationale !

#JOParis2024 #LetWomenGoToStadium #StopApartheidSexuel

Au « Marathon de la honte « de Téhéran où les femmes ont couru à part sur un parcours réduit et dans un stade fermé *1, a répondu un silence assourdissant de la part des ONG de défense des Droits Humains, comme des organisations et fédérations sportives et même des associations féministes.

Seules, la Ligue du Droit International des femmes et la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes ont organisé en riposte à Paris, un évènement en solidarité avec les femmes Iraniennes et Saoudiennes, contre l’apartheid sexuel.

Darya Safai formidable résistante iranienne, aujourd’hui réfugiée politique, qui avait déployé une banderole pendant les JO de RIO en 2016, en était l’ambassadrice.

#LetWomenGoToStadium  #StopApartheidSexuel

Pour ces deux fédérations féministes, « Les règles éthiques du sport et des JO sont fondées sur des valeurs universelles, et Paris qui défend sa candidature pour les JO 2024 oublie ces valeurs. »

Les VigilantES  www.vigilantes2015.wordpress.com et quelques autres, appelaient aussi à soutenir l’évènement.

Lorsqu’il s’agit des droits et libertés des femmes, le relativisme culturel paralyse celles et  ceux qui pourtant sont prompts à agir en matière de Droits Humains,  et même désormais nombre d’organisations qui se revendiquent du féminisme.

Le manque de solidarité internationale envers les femmes vivant dans les pays islamiques qui imposent des règles de vie moyenâgeuses aux femmes, est criant. Evidement, les  groupes « féministes islamiques » comme LALLAB et les tous les autres se taisent :  il est bien trop risqué pour elles de parler de solidarité internationale, mieux vaut discréditer et attaquer à l’unisson avec le parti des Indigènes de la République dont elles sont le plus souvent une émanation, le seul « racisme d’état » de l’état français et des pays occidentaux !

Mais les groupes féministes mainstream ne se bousculent pas non plus pour répondre présentes quand il le faudrait.  Peu à peu, la rhétorique des identitaires racialistes et essentialistes gagne les milieux politiques et féministes de gauche et pas seulement. L’entrisme de l’islam politique est redoutablement efficace et les islamo-gauchistes qui détiennent les postes universitaires,  médiatiques et politiques clés, lui facilite le travail en ouvrant peu à peu toutes les portes de nos institutions locales comme nationales.

La ségrégation, les discriminations et violences sexistes vécues par les femmes saoudiennes, iraniennes et toutes les autres, finit par devenir leur problème ; s’en préoccuper et vouloir exercer une solidarité féministe universelle est désormais suspect, accusé de comportement colonialiste et raciste !

Cette rhétorique monstrueusement stupide devrait être facilement battue en brèche par tous les groupes et individu-e-s qui se revendiquent du féminisme, hélas, il semble bien que le relativisme culturel ait fini par anéantir leurs neurones affectés à l’intelligence. Alors, mille fois merci aux rares individu-e-s et associations encore capables de discernement et de solidarité envers les femmes opprimées du monde entier.

#JOParis2024 c’est aussi l’obligation morale, humaine, féministe et politique d’agir pour la libération des femmes, de toutes les femmes. Non à l’apartheid sexuel, oui à l’universel et à l’égalité par le sport !

Christine Le Doaré

*1 www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/pour-le-premier-marathon-de-teheran-les-femmes-ont-du-courir-a-part_1896870.html

Islamo-gauchistes, prenez-nous pour des cruches !

fanatiques_cabuLes masques tombent  et ça fait peur.

 

Il a longtemps été mal vu de qualifier d’islamo-gauchiste cette  gauche  qui se pique de vouloir  libérer l’humanité en hiérarchisant les discriminations, en substituant l’islamophobie à la lutte contre le racisme, en rejetant toute critique de l’Islamisme. Elle ose se prétendre féministe, mais  justifie  l’oppression des femmes, par le relativisme culturel.

 

A peine 3 mois après les attentats qui ont ensanglanté  la France,  l’islamo-gauchisme multiplie les provocations et salie la mémoire et les luttes de la gauche et du mouvement des femmes.

Alors oui, cette étiquette lui va comme un gant et il n’est plus temps d’afficher la moindre complaisance à son encontre.

 

Islamo-gauchisme ou différentialisme  identitaire qui efface les classes sociales et les rapports sociaux de sexe au profit de l’anticolonialisme. Il attribue une  place à part à la religion et aux coutumes des populations immigrées,  labélisées victimes de l’état colonial, peu importe leur statut social et les inégalités entre les femmes et les hommes.

Et tant pis si cette religion opprime les femmes, il n’est pas si facile de travestir le soutien à l’islam ou lutte contre l’islamophobie en antiracisme encore moins en féminisme, alors ça mérite bien quelques  sacrifices !

 

Je ne pense pas beaucoup me tromper en écrivant que nombre de personnalités bien positionnées dans les milieux politiques, universitaires, aussi dans les médias, telles Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Rokhaya Diallo, Pierre Tévanian, Christine Delphy, Houria Bouteldja, Eric Fassin, Clémentine Autain, Gaiss Jasser et tant d’autres, aussi au NPA, au MRAP, au PCF, chez les Verts, dans certains groupes LGBT, au STRASS, etc., sont plus ou moins associées à cette  étiquette.

Certains ont participé au  «meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », aux côtés du Parti des Indigènes de la République (PIR),  de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), d’Oumma.com, des Indivisibles, etc.

Le PIR crée en 2005 se définissait à ses débuts comme un mouvement antiraciste, c’était de bonne augure ; seulement voilà, au lieu de se consacrer à la lutte contre le racisme, il s’est enfermé dans une haine communautariste de l’occident, défendant l’islamisme, se déclarant antisionistes (c’est-à-dire contre l’état d’Israël), parlant de « philosémitisme d’état » et allant jusqu’à soutenir sans réserve, le Hezbollah et le Hamas.

La réactionnaire UOIF est  farouchement opposée à l’avortement et au mariage pour tous.

Remarquez bien que ça n’a pas gêné les Jeunes communistes, le NPA, la Fondation Copernic, le PCF et tant d’autres, de figurer dans la liste des signataires de l’Appel au meeting ; certains comme EELV ont longuement tergiversé, finissant par retirer leur signature.

 

imagesOn est en droit de se demander où est passé le bon sens politique de cette  gauche, de ces « féministes » bernées par les sirènes essentialistes et différentialistes.

Athées, mais pas du tout embarrassés par un paternalisme condescendant qui encourage les opprimé-e-s, personnes racisées seulement (guère étonnant que tant d’ouvriers et employés passent au FN !),   à adopter des  pratiques religieuses sexistes et aliénantes ! En revanche, les religions des « dominants » continuent d’être moquées et combattues. Cohérence ?

Pas gênés non plus qu’il ne soit plus question de luttes de classes ou de luttes féministes mais de caricaturaux affrontements  « blancs » contre « non blancs » !

A l’aise pour exiger le droit de la religion islamiste à s’imposer au prétexte que ce serait la religion des défavorisés, mais oublier opportunément que la communauté religieuse la plus persécutée aujourd’hui dans le monde, c’est les chrétiens ! Cohérence ?

Hurlant pour les droits des Palestiniens, ignorant ceux des Syriens. Cohérence ?

Faut-il que cette gauche et ses pseudos féministes soient malades pour justifier des alliances nauséabondes, dangereuses pour tous les démocrates et en particulier pour les droits des femmes.

 

Prétendre lutter contre le racisme, se revendiquer du féminisme,  avec une haine qui ressemble à s’y méprendre, à du racisme, qu’est-ce d’autre sinon une imposture ?

Houria Bouteldja, patronne du PIR a tout de même traité de « souchiens » les français « blancs ». L’expression « français de souche » du FN est indéniablement condamnable, mais à quoi rime de le  faire de cette manière ?

Je hais le racisme ! C’est quoi « blanc-che « ? C’est quoi « noir-e » ? A à partir de quelle concentration pigmentaire ? Et tous les autres ? J’en ai tellement marre de cette façon raciste d’appréhender les individu-e-s.

Les êtres humains ont des origines et  couleurs de peaux diverses depuis le temps que l’humanité se mélange. Ce qui est certain, c’est que l’ultra libéralisme écrase les classes sociales les plus fragiles et que les  femmes sont toujours les principales victimes des discriminations et violences de classe et de sexe.

Oui la colonisation a existé, a fait des ravages, mais toutes les sociétés patriarcales ont une histoire conquérante d’invasions successives, de domination, d’exploitation et de violences.

Beaucoup ont pratiqué l’esclavage, et les musulmans en premier. Si je ne m’abuse, Mahomet a autorisé tout homme musulman à coucher avec ses esclaves, sans avoir à subvenir aux besoins des enfants nés de ces rapports (le plus souvent des viols).

Sympathique non ?

unnamed200

A quoi peut bien mener une vision aussi tendancieuse si ce n’est à pérenniser l’exclusion et à en fabriquer d’autres ?

Comment, par exemple, expliquer l’aveuglement suicidaire des LGBT islamo-gauchistes qui font semblant d’ignorer l’homophobie des Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée coordinateurs du « Nous sommes les Indigènes de la République » et qui revendiquent  « Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations » et qui ont accusé Fadela Amara d’avoir appelé à l’émergence « d’un mouvement gay dans les quartiers » ?!

Houria Boutelja du PIR parle « d’homosexualité imposée » et « d’impérialisme gay » et n’hésite pas à affirmer que « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires».

Pour Youssef Al-Qaradawi de l’UOIF,  l’homosexualité est une « une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ». Il pense aussi que tuer les homosexuels n’est « qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ».

Nos meilleurs ami-e-s quoi !

quenelles manifpourtousphoto prise lors de la dernière Manifpourtous Paris (collusion des totalitarismes religieux).

Qu’est-ce qui distingue le PIR et les  islamo-gauchistes des haineux du Bloc identitaire d’extrême droite ou de Riposte Laïque aux affiliations plus confuses ? Pas  grand-chose, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, tous sont aussi irresponsables et morbides.

 

Pour beaucoup, la vie en France n’est pas facile,  à fortiori depuis la crise. Les  moyens de lutte contre les discriminations et les violences de toutes natures, sont insuffisants.

L’accès à l’emploi ou au logement ne sont pas égalitaires, mais il est faux de dire que rien n’est mis en œuvre et si des populations immigrées ou d’origine immigrées, réfugiées aussi, sont légitimes pour exprimer des frustrations et des revendications, elles ne sont pas les seules.

Mais surtout je ne vois pas en quoi  revisiter jusqu’à la nausée les responsabilités de l’état colonial, creuser les replis communautaristes et religieux, encore moins fragiliser la laïcité, vont nous aider à régler les problèmes.

Que la politique des banlieues soit un échec est une évidence, en revanche, vouloir nous faire croire qu’il y aurait aujourd’hui en France, des discriminations organisées par une République d’ordre colonial et raciste est juste un grotesque mensonge.

Faire comme si les injustices, le racisme, les discriminations et les violences ne sévissaient pas amplement dans les pays idéalisés avec la plus grande démagogie par les « islamo-gauchistes »,  l’est tout autant.

Nombre de « féministes » islamo-gauchistes qui se pavanent ici sur les plateaux de TV pour parler des bienfaits du voile, hijab ou niqab alors que des femmes sont harcelées et emprisonnées pour ne pas le porter ailleurs, ne prendraient leur place pour rien au monde !

 

Tenter de faire avaler à des militantes féministes qu’il suffirait de combattre l’ »islamophobie » pour que tout s’améliore, c’est franchement nous prendre pour des abruti-e-s.

Le terme même d’ »islamophobie » que médias et politiques utilisent à qui mieux mieux, est contestable car il interdit toute critique de la religion musulmane.

La peur et le rejet de l’autre, étranger-e, immigré-e, arabe, africain-e, asiatique, etc., c’est du racisme ou de la xénophobie ;  le racisme et l’antisémitisme sont infects, ce sont des délits, pas l’islamophobie, la cathophobie ou le judaismophobie !

Voudrait-on nous faire croire qu’un arabe athée, ou un noir juif, sont moins victimes du racisme qu’un musulman  « blanc » ? !

Il est aussi absurde d’assimiler de manière systématique, les personnes d’origine étrangère, immigré-e-s, réfugié-e-s, même en provenance de pays arabes, à des musulmans.

Tout le monde n’est pas embrigadé dans une religion, et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui se lèvent un peu partout dans le monde pour revendiquer leur athéisme.

Les islamo-gauchistes ne leur rendent pas service !

Comme s’ils ignoraient que toute  religion, même sous sa forme modérée, opprime les femmes, leur assigne une place inférieure ?

Enfin, la virulence du totalitarisme fondamentaliste musulman est telle qu’elle impose de condamner fortement les dérives barbares qui écrasent les populations de nombre de pays musulmans, aussi la complaisance de nombre d’islamo-gauchistes à l’encontre de groupes terroristes intégristes est-elle proprement scandaleuse.

Dans tous les cas, c’est un droit fondamental dans une démocratie, sans risquer  une accusation de racisme, de pouvoir rejeter et critiquer toute doctrine, tout dogme religieux ou politique.

ob_2db35e_10351821-10152640238464074-23160325570 Photo prise lors des manifestations pro-Palestine de l’été 2014 à Paris Place de la République

Le pire encore en tant que féministe, c’est d’être confrontée  à des militants qui se disent de gauche et féministes et qui en guise de féminisme, passent leur temps à cautionner  un féminisme bradé, voire un « féminisme musulman » ! Vous connaissez vous, le féminisme chrétien ?!

Non, le féminisme, ça ne s’accommode jamais à la sauce de l’oppresseur !

 

Le féminisme n’a jamais fait la promotion du mariage des adolescents, encore moins du mariage forcé, de la prostitution ou du port du voile, hijab ou niqab,  contrainte sexiste essentialiste, qui ne s’impose qu’aux femmes dans le but de les contrôler et de les réserver à la vue de leur seul « propriétaire ».

Les islamo-gauchistes ne rendent pas service aux femmes qui tentent, dans les  pays où le port du voile est obligatoire, de s’en affranchir au péril de leur vie !

Ils valorisent les collectifs 8marspourtoutes, les groupes de femmes voilées, comme celui des mamans de Christine Delphy mais ignorent le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers qui résiste aux injonctions du Conseil du Culte musulman : « Le voile est une prescription qui recommande au Prophète de « dire à ses femmes, à ses filles et aux femmes des croyants » (Coran 33-59), de l’arborer pour la réserve qu’il leur impose ».

Lecture littéraliste et patriarcale s’il en est.

Si les femmes d’origine maghrébine du collectif d’Aubervilliers contestent le voile, ce n’est certainement pas par racisme, mais parce qu’il marque un rapport social inégal entre les femmes et les hommes, dans l’espace public.

Selon elles, il est un instrument de domination et de restriction de liberté : « Exigé dans les pays les plus conservateurs, il est toujours le premier acte d’autorité des djihadistes dans les villages conquis (Irak, Syrie, Mali, Nigeria…), que les femmes soient musulmanes ou non. Il est devenu leur étendard de par le monde. Il s’accompagne de la suppression de toute liberté pour les femmes. »

 

Le féminisme vise à l’anéantissement du système patriarcal pour émanciper les femmes et par là-même toute l’Humanité, pas à son aménagement pour complaire un quelconque pouvoir masculin, à fortiori religieux !

Le mouvement de libération des femmes est universel et laïque, il noue des solidarités entre les femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences identiques de la domination masculine.

Les violences conjugales, le viol, les violences prostitutionnelles, les mariages forcés, les féminicides, se retrouvent partout sur la planète ; dans certains pays, se pratiquent également quelques horreurs supplémentaires telles l’excision, la répudiation, la lapidation, etc.

Se battre contre l’islamophobie, la cathophobie ou je ne sais quelle phobie des religions, n’a jamais fait partie des  priorités du féminisme dont le but est de libérer les femmes de toute domination donc de tout  diktat religieux ; les religions étant sans conteste, l’un des instruments patriarcaux les plus redoutables.

Tout de même, quelle  confusion, quelle vaste fumisterie ! Que penser de ces intellectuel-le-s et politiques qui orchestrent cette machination, nourrissent les haines, inventent des concepts toujours plus aberrants, flattant leur cour de nostalgiques de la revanche du  grand soir « Indigène » ?

islamo-gauchistes

Le concept de « féminisme raciste blanc » est une imposture d’autant plus révoltante que l’intersectionnalité des luttes à la sauce islamo-gauchiste ne sert qu’à noyer les revendications, droits et libertés des femmes dans les stratégies prioritaires des objectifs et agendas masculins.

Bientôt les islamo-gauchistes nous expliqueront que la religion des « opprimé-e-s » est forcément progressiste, que la prostitution c’est très bien pour certaines femmes mais que les autres doivent être voilées, retour aux ancestrales saintes ou putains, et que le féminisme « occidental » est plus dangereux pour les femmes racisées que les violences de la domination masculine !

Allons donc ! La laïcité pleine et entière et les religions renvoyées à la sphère strictement privée, sont  à l’évidence la meilleure garantie pour les femmes de parvenir à l’égalité femme/homme.

Tout ce charabia fait écho au narcissisme du féminisme relativiste post-moderne où des idiotes inutiles qui ne connaissent rien aux fondamentaux,  se bornent  à clamer « être féministe c’est faire ce que je veux », comme si le féminisme n’était qu’un individualisme de plus et n’avait pas d’autres ambitions que l’exploration de l’aliénation « choisie » ? !

Ce dévoiement, ce travestissement  du féminisme relève en réalité du plus sordide révisionnisme qui soit, c’est une répugnante arnaque, une sale névrose.

caricature_charlie

Il ne faut pas penser beaucoup plus loin que le  bout de son nez pour plonger dans ces tristes et stupides sornettes, aussi dangereuses pour notre démocratie (aussi faillible et perfectible soit-elle),  et pour les droits des femmes,  que l’est l’extrême droite, et ce n’est pas peu dire.

Des extrêmes purulents de haine et de mensonges,  des impostures à dénoncer et combattre sans relâche.

Islamo-gauchistes ou FN, c’est non aux extrêmes de la haine !

Christine Le Doaré

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

67791378Tribune collective :

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

La récupération de mouvements sociaux par des forces conservatrices ou obscurantistes est une constante. En matière de féminisme, elle est parfois spectaculaire. Ce qui vient de se produire en mairie du 20eme arrondissement de Paris en est un exemple.

GARDEZ-MOI DE MES AMI-ES, MES ENNEMI-ES JE M’EN CHARGE

La maire, Frédérique Calandra, avait confié à son adjointe en charge de l’égalité Femmes/Hommes la programmation d’événements autour du 8 mars, Journée Internationale des Femmes.

Bien mal lui en a pris !

Cette élue EELV n’a pas hésité à flirter avec des idéologies éloignées de l’émancipation des femmes dont le relativisme culturel et le « féminisme dit- pro-sexe ».

Oubliant qu’elle représentait la mairie, l’élue EELV a choisi de transformer la semaine du 8 mars en semaine de promotion exclusive de thèses et personnalités particulièrement polémiques, pour la plupart engagées depuis longtemps aux côtés des Indigènes de la République (PIR), du site Les mots sont importants et dans la lutte contre la loi 2004 sur le port des signes religieux à l’école :

– Christine Delphy et Sylvie Tissot, sociologues, sont toutes deux initiatrices du premier Manifeste (2005) des Indigènes de la République ; elles sont en outre signataires du manifeste de soutien aux Y’a bon Awards décernés (pour « racisme ») à Caroline Fourest en 2012.

– Rokhaya Diallo est animatrice des Indivisibles, groupe à l’origine de ce prix.

– Ndella Paye est porte-parole d’un collectif de mères voilées militant pour l’abrogation de la circulaire Chatel.

BONJOUR LE 8 MARS !

Quelques semaines après les assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, on peut s’étonner qu’une élue choisisse d’offrir un plateau totalement monochrome à des personnes qui ont signé un texte « contre le soutien à Charlie Hebdo » après le premier attentat de 2011.

Partout dans le monde, la Journée Internationale pour le Droit des Femmes est un moment privilégié où les féministes échangent sur leurs revendications, pratiques et stratégies d’émancipation. Militantes, chercheuses, politiques impliqué-es contre les violences sexistes et pour l’égalité entre les sexes, sont invité-es à faire le point et lancer de nouveaux programmes pour battre en brèche la domination masculine et le patriarcat.

C’est l’occasion d’une solidarité internationale avec les femmes qui se battent contre l’oppression des religions d’état ou des groupes fondamentalistes.

Aussi, détourner le 8 mars pour promouvoir des personnalités controversées parce qu’elles ne trouvent rien à redire ni aux pressions de l’arbitraire religieux imposées aux femmes, ni aux violences du système prostitutionnel, est pour le moins manipulatoire.

MÊME PAS PEUR !

Nous saluons l’annulation de cette programmation, acte lucide et courageux de la Maire du 20e arrondissement de Paris.

Nous connaissons la propension de certains groupes à confisquer la parole des féministes et des partisanes de la laïcité; et leur aptitude à se victimiser à la moindre occasion.

Nous savons la violence avec laquelle Caroline Fourest fut interdite de parole lors d’un débat sur le danger du Front National à la fête de l’Humanité.

Nous avons déjà supporté insultes et intimidations proférées par les ami-es de Rokhaya Diallo, issu-es d’un pseudo « syndicat de travailleurs du sexe » pro-système prostitutionnel.

Face à cette nouvelle tentative de récupération et de dévoiement de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, nous, féministes universalistes, laïques, engagées pour l’égalité femmes/hommes, contre le racisme et l’antisémitisme, nous apportons tout notre soutien à Frédérique Calandra, maire du 20eme arrondissement de Paris.

La mise au point de la Maire du 20ème Frédérique Calandra :

https://www.facebook.com/frederique.calandra/posts/10153165530037948?fref=nf&pnref=story#

 

Arlette Zilberg, Christine Le Doaré

Les premières signataires, issues du Mouvement des Femmes :

Annie Sugier, Djemila Benhabib, Michèle Loup, Françoise Morvan, Monique Dental, Nadia Benmissi, Bernice Dubois, Marie-Josèphe Bonnet, Jacqueline Feldman, Martine Cerf, Marieme Helie Lucas, Laure Caille, Isabelle Steyer, Nadine Bouteilly, Ana Pak, Agnès Setton, Josiane Doan, Anaïs Decans, Irène Corradin, Mair Verthuy, Sporenda, Catherine Kintzler, Geneviève Duché, Nelly Trumel, Patricia Duthion, Brigitte Boucheron, Christelle Raspolini,  Bernadette Doleux, Evelyne Rochedereux,  Mélusine Vertelune, Yael Mellul, Agnès Perrin-Doucey, Françoise Courtiade, Martine LLanes, Françoise Armengaud, Malika El Idrissi, Josée Contreras, Catherine Moreau, Samira Banna, Sophie Boiszeau, Agnès Bellego, Caroline Merlin, Christelle Di Pietro, Françoise Roux, Claude Strano, Nicole Savey, Soad Baba Aissa, Maïté Albagly, Hypathie, Françoise Brié, Claudy Bouyon, Nicole Crépeau, Carine Delahaie, Marie-Noëlle Gérolami, Jamileh Nedaï, Sabine Salmon, Gisèle Noublanche, Marie-Josée Salmon,

********************************************************************************************************************************************

Un second  CP rédigé cette fois par des féministes « historiques » qui remettent les pendules à l’heure !

COMMUNIQUE DE PRESSE

SOUTIEN FEMINISTE À FREDERIQUE CALANDRA, MAIRE DU 20E ARRONDISSEMENT

Nous soutenons la décision prise par Mme Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement de Paris, d’annuler les débats prévus pour le 8 mars.

Ces débats avaient en effet été organisés de manière à ne laisser la parole qu’à une seule vision politique, un féminisme controversé qui partage les idées du Parti des Indigènes de la République. Cette vision disqualifie les valeurs de la citoyenneté démocratique et le féminisme universaliste au prétexte qu’ils seraient portés par des « blancs occidentaux ». Il dévalorise du même coup les luttes féministes pour l’accès aux droits humains, à l’égalité et à la liberté, qui se développent dans d’autres pays (hors Occident)

Une telle position enferme les individus dans des assignations identitaires et va à l’encontre de l’idéal d’autonomie qui fonde le féminisme.

Des débats de cette nature ne seraient propices ni à la réflexion critique ni à la création d’une intelligence collective des questions brûlantes qui se posent à tous, femmes et hommes, français ou non, « blancs » ou non.

Suite aux attentats des 7, 8 et 9 janvier, il n’était pas concevable pour une institution publique, de donner la parole sans débat contradictoire, et donc de soutenir des positions politiques dont les représentantes sont au mieux restées silencieuses face à l’assassinat des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, des policiers et des juifs, au pire ont pris la parole pour relativiser ces crimes.

Nous avons toutes participé au Mouvement de libération des femmes, certaines depuis le début des années 70. Ensemble, nous saluons aujourd’hui, en mars 2015, le courage de Frédérique Calandra, une élue qui a fait preuve de cohérence par rapport aux valeurs qui nous sont communes: liberté, égalité, solidarité, laïcité. Et nous espérons que beaucoup d’autres mairies témoigneront de la même détermination dans leur défense.

Premières signataires :

Catherine Deudon, photographe auteur de Un mouvement à soi : Images du mouvement des femmes, 1970-2001, 2002, Syllepse ;

Liliane Kandel, co-auteur des chroniques du « Sexisme ordinaire » (à l’initiative de Simone de Beauvoir), les Temps modernes, 1973-1983 ;

Christine Le Doaré, présidente de Sos-Homophobie de 1998 à 2002 et du Centre LGBT Paris-IdF de 2005 à 2012 ;

Claudie Lessellier, responsable du Rajfire (Collectif féministe d’action et de solidarité avec les femmes migrantes et exilées) et co-présidente de la Maison des femmes de Paris ;

Françoise Picq, auteur de Libération des femmes, quarante ans de mouvement, 2011, Dialogues ;

Nadja Ringart, co-auteur de Mouvement de Libération des Femmes : Textes premiers, 2009, Stock ;

Annie Sugier, Présidente de la Ligue internationale du Droit des Femmes, (fondée par Simone de Beauvoir ), et Vice-Présidente de la Coordination Française du Lobby Européen des Femmes (CLEF) ;

Ioana Wieder-Atherton, co-fondatrice en 1982 avec Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig du Centre audio-visuel Simone de Beauvoir ;

Arlette Zilberg, présidente de la Commission Féminisme des Verts puis EELV (2004-2009); maire-adjointe du 20ème ardt de Paris (2001-2008)

Paris, le 2 mars 2015

Un étrange 8 mars 2014

Manifestation unitaire 8 mars 2014 007Des médias et même des militantEs se sont sentis obligéEs de dire qu’il y avait deux manifestations féministes à Paris, le 8 mars 2014 ; par conséquent leur association avait été contrainte de se diviser en deux ; certainEs ont même annoncé défiler dans les deux cortèges, passer de l’un à l’autre.
Deux cortèges féministes le même jour, vous y croyez-vous ?

Non, il y avait bien une manifestation unitaire féministe, laïque et universaliste (principes fondateurs du féminisme) et une contre-manifestation dont nombre de slogans tel que: « Nous sommes des putains de féministes », étaient tout bénéfice pour les industries du sexe. D’autres slogans n’auraient pas déplu aux commissaires politiques religieux et à leurs instruments : père, frère, mari.
Un 8 mars pour remplir d’aise les machos de la planète !

Une contre-manifestation, ce n’est pas une « autre manifestation féministe », la nuance est de taille et ses organisateurs, « #8marspourtoutes » et ses alliéEs, ne s’embarrassaient pas d’un double langage.

La liste des revendications de la contre-manifestation ressemblait à celle de la manifestation unitaire, à deux ou trois « gloubi-boulga « près, que l’on peut résumer par le soutien à la légalisation de la prostitution et au relativisme culturel.
Une marmite ANTI-SYSTÈME, ultra-gauche tendance Indigènes de la République, teintée d’antisémitisme, le tout à la sauce « pro-sexe » post-modernes, STRASS, etc.

Je me demande bien pourquoi les militantEs #NPA, #EELV, #LGBT, « féministes », etc. qui ont rejoint la contre-manifestation, ont eu besoin, pour l’assumer, de jouer sur les mots et de se raconter des histoires ? Que des médias, tel « Libération », titrent « Deux manifestations féministes ce week end à Paris » n’étonnera personne, mais que des militants politiques et associatifs se fourvoient dans un soutien à cette contre-manifestation est tout de même sidérant.

La manifestation unitaire, certes imparfaite mais pleine de diversités, fidèle aux fondamentaux du féminisme, aurait mérité de plus de soutiens ; quant à la contre-manifestation, elle n’a pas mobilisé à la hauteur des espérances de ses organisateurs ; il faut croire que ni l’entrisme, ni l’imposture ne sont payants.

L’histoire du féminisme est pleine de groupes et de projets différent, une diversité aussi faite de divergences, mais ses principes fondateurs sont toujours d’actualité : les droits et libertés des femmes sont universels et la laïcité est préférable aux lois religieuses pour les garantir.
La fonction première du patriarcat a toujours été l’appropriation sexuelle et reproductive des femmes. Les slogans du type « féministe pute » ou « nous sommes des putains de féministes » ne font que renvoyer les femmes à l’un des rôles que la domination masculine leur assigne : la mise à disposition sexuelle comme si elles n’étaient que des commodités. Des machistes, masculinistes, proxénètes, etc. ne proposeraient pas de pires slogans !

Cette contre-manifestation relève de la récupération post-moderne, c’est une imposture, qui ne libère en rien les femmes mais sert les intérêts des dominants.

PS 1 :
En matière d’intersectionnalité des luttes, concept très à la mode chez les post-modernes « pro-sexe » et leurs alliés, il faut relire ce texte qui rappelle la nécessaire solidarité de la classe des des femmes contre le patriarcat et le capitalisme/libéralisme et pointe du doigt le piège de l’intersectionnalité qui ne vise jamais à abolir les privilèges masculins. Bien entendu, les questions de classe et race doivent être traitées au sein du mouvement des femmes.
http://beyourownwomon.wordpress.com/2012/08/15/ignorer-et-defendre-le-male-le-piege-de-lintersectionalite/

PS 2 :
Lire également de GLOSSWITCH : “Sex-positive” feminism is doing the patriarchy’s work for it » paru dans http://www.newstatesman.com/

http://www.newstatesman.com/lifestyle/2014/03/sex-positive-feminism-doing-patriarchys-work-it

En français :  » Le féminisme pro-sexe fait le sale boulot du patriarcat  »
https://www.facebook.com/notes/martin-dufresne/le-f%C3%A9minisme-dit-pro-sexe-fait-le-sale-boulot-du-patriarcat/10153954677065595

Christine Le Doaré

Encore un 8 mars et des questions qui fâchent

1800340_10152224068699743_987557899_nQu’il semble loin le jour où les femmes n’auront plus besoin d’une journée internationale, non pas pour leur offrir une rose comme le font toujours certains, mais pour rappeler qu’elles subissent d’insoutenables discriminations et violences, que l’égalité est loin d’être achevée.

Quand sera-t-il enfin possible de se passer de cette journée ? C’est la question qui fâche. Ce n’est pas la seule, une journée internationale pour revendiquer des droits et des libertés, oui mais lesquels et avec qui ?

D’année en année, nous nous retrouvons dans des manifestations, pas très nombreusEs et depuis quelques années, nous sommes confrontéEs à des incidents parfois violents avec des groupuscules post-modernes qui se qualifient de »pro-sexe », ce qui a pour effet de dissuader de plus en plus de féministes de participer.

Pourtant, encore et toujours nous nous devons de porter les mêmes revendications, jamais ou partiellement satisfaites : des centres d’IVG dans tous les hôpitaux, la PMA pour toutes les femmes, une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, la revalorisation des métiers et des salaires dans les professions féminisées, le droit d’asile pour les femmes persécutées pour sexisme et/ou lesbophobie, etc.
Nous sommes souvent déçuEs, dernièrement par François Hollande qui a refusé de faire une place à Olympe de Gouges au Panthéon ; républicaine trahie par le sexisme des institutions dont elle défendait les valeurs.

Dans un contexte social pour le moins crispé, entre crise économique tenace et délires paranoïaques d’une « manifpourtous » surchauffée, le gouvernement Hollande ne s’illustre hélas pas, par une détermination sans faille à appliquer une politique de gauche ; il ne tient même pas toutes ses promesses de campagne. La réforme sur les retraites est particulièrement préjudiciable aux femmes, en allongeant les cotisations à 43 ans, elle augmente le nombre de femmes partant avec des pensions minorées.

La droite nous rebat les oreilles avec la question du genre, mise à toutes les sauces ; pourtant la question du genre est simple, comme l’a écrit Isabelle Alonso : « Le sexe c’est une fille, un garçon. Le genre c’est une princesse, un héros. ».
Surtout, il me semble que le plus urgent en matière de sexe (biologique) et genre (construction sociale) est de se recentrer sur les stéréotypes à déconstruire pour parvenir à l’égalité femmes-hommes et abolir les privilèges patriarcaux.
Les études de genre peuvent aussi être instrumentalisées et des théories post-modernes pour le moins confuses composent avec la domination masculine et divisent le mouvement féministe.
C’est ce que dit très bien la spécialiste féministe en Sciences Politiques Sheila Jeffreys dans Unpacking Queer Politics : « I am no fan of the word ‘gender’, and would prefer to abolish it in favour of expressions which refer directly to the political foundation of male domination. Thus I prefer to describe masculinity as ‘male-dominant behaviour’ and femininity as ‘female-subordinate behavior’. No multiplicity of genders can emerge from this perspective. »

Malgré tout, grâce au ministère des Droits des Femmes et à sa ministre Najat Vallaud-Belkacem qui ne sont pas restés les bras croisés, des revendications féministes ont été satisfaites depuis le dernier 8 mars.
Je retiens notamment la suppression du concept d’état de détresse, de la loi sur l’IVG ; les ABCD de l’Egalité ; le renforcement de la loi sur le recouvrement des pensions alimentaires impayées ; la ratification de la convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes par la France, et surtout le vote par l’Assemblée Nationale de l’abolition de la prostitution : abrogation du délit de racolage mais pénalisation des clients. Des féministes et pro-féministes abolitionnistes, les associations du Collectif Abolition 2012 *1 s’étaient fortement mobiliséEs malgré de virulentes attaques du lobby prostitueur et des médias complaisants envers le système prostitueur, indifférents à la précarité et/ou vulnérabilité des personnes prostituées, préférant offrir d’interminables tribunes pleurnicheuses aux clients.
Avec le vote, à une très large majorité, d’une résolution abolitionniste au Parlement Européen, le 26 février 2014 (Pénalisation des clients et soutien aux victimes), c’est une véritable lame de fond, une prise de conscience générale que la servitude sexuelle prostitutionnelle n’a plus lieu d’être car c’est une violation des Droits Humains qui entrave toute émancipation des femme en tant que groupe et tout projet d’Egalité femme-hommes. Voir le Rapport Honeyball *2.
Il faut maintenant que la France concrétise cette avancée avec le vote de la loi par le Sénat.

Des progrès indéniables mais une liste de revendications toujours en souffrance ; je ne parlerai que de la nécessité de lutter efficacement contre le viol et les violences sexuelles. Environ 75.000 femmes seraient victimes de viol chaque année, c’est considérable, pourtant seulement 11 000 d’entre eux sont déclarés. Désormais les effets d’un viol, telle l’amnésie post-traumatique, sont mieux connus : ils empêchent longtemps les femmes de parler. Le délai de prescription est de 10 ans pour les viols et de 3 ans pour les agressions sexuelles, il est temps de le modifier.

Il nous faut rester mobiliséEs et défiler encore ce 8 mars. L’idéal serait que face à une droite et extrême droite agressives, toujours prêtes à s’attaquer aux droits des femmes et des LGBT, également une gauche qu’il faut rappeler à l’ordre, nous nous retrouvions toutes et tous sur des revendications féministes unitaires et universalistes.
Mais ce n’est pas le cas et il me semble dangereux d’ignorer les risques que font courir au mouvement féministe, les groupuscules de la nébuleuse « Pro-sexe » post-moderne qui se sont dernièrement illustrés par des actes de violence à l’encontre de féministes et pro-féministes dans différents cortèges comme à Toulouse contre Zéromacho. Il s’agit notamment du Collectif « 8marspourtoutes» *3 (émanation du STRASS *4, d’Act-Up, et de groupuscules de TPDG (Trans-activistes…) extrêmes, etc.).
Voir le texte *5 « 8marspourtoutes » ou l’oubli d’un énorme détail de l’histoire.

La plaie de cette idéologie post-moderne, néo-libérale, si mal nommée « Pro-sexe », portée par certains groupes et même partis politiques avec la bénédiction d’intellectuels qui pour certains, en vivent, c’est surtout le relativisme culturel qui l’imprègne.
Mettre en avant et sur-médiatiser quelques femmes prostituées, présentées comme « libres et heureuses » ou encore quelques femmes voilées « de leur plein gré », auxquelles on donne les moyens de s’exprimer au nom de toutes les autres, c’est aussi condamner ces dernières, étrangères, émigrées, racisées, fragilisées, à devoir suivre les mêmes voies pour s’émanciper.
Des femmes seraient prédisposées à se soumettre parce que la culture et les traditions de leur pays d’origine pensent que c’est bon pour elles ?
Ce qui révulserait n’importe quelle femme serait salutaire pour des femmes douées d’une aptitude secrète à subir pour survivre, des actes sexuels non désirés ?

Encourager des porte-paroles tant qu’elles ne prennent pas conscience de leur oppression, ne cherchent pas à sortir de leur condition et encore moins à dénoncer ce que sont vraiment leurs vies, ne serait-ce pas tout bonnement du paternalisme ?

Des femmes voilées pour marquer leur soumission à Dieu et/ou aux hommes mais, le voile a-t-il vraiment à voir avec l’identité arabe et la religion musulmane ou sert-il les intégristes et leur obscurantisme ?
Qui a intérêt à vilipender la laïcité, à inciter au relativisme culturel qui pèse surtout sur les femmes ?

Qui a intérêt à ce que le proxénétisme soit perçu comme une industrie comme une autre et les prostituéEs considérées comme des produits à choisir dans la rue ou sur Internet ?
Qui a intérêt à gommer la réalité des violences du système prostiteur ? Comme l’a rappelé Rachel Moran, militante féministe abolitionniste, survivante de la prostitution, récemment sur Twitter : « 1 prostituée assassinée sous le modèle Nordique, 127 sous la législation hollandaise, le tribut de la mort parle pour lui-même ! ».

Comment croire que la prostitution comme le relativisme culturel ne sont pas des valeurs de domination et d’exploitation chères aux systèmes patriarcal et libéral ?

Le mouvement féministe ne peut ignorer le désastre du post-modernisme individualiste et néo-libéral sous peine de se perdre et de renoncer à ses valeurs fondatrices.
Le Mouvement féministe et les milieux universitaires de recherche sur le genre, sont infiltrés et récupérés par des post-modernes queers « pro-sexe » réglementaristes de la prostitution. Sous couvert de défense des libertés et choix individuels, ils décident de ce qui est « féministe « ou pas et vantent les vertus de la libération sexuelle par la prostitution et la pornographie, le SM, des pratiques sexuelles performatrices et extrêmes, empreintes de violences contre les femmes.
Pendant qu’ils s’emploient à détourner les militantEs des luttes prioritaires, les femmes continuent d’être confrontées aux violences infinies du patriarcat.

Comme le dit si bien Sheila Jeffreys dans La théorie « queer » et la violence contre les femmes : « Le libéralisme et ses aspects les plus à la mode dans le postmodernisme et la théorie queer sont parvenus à occulter la présence d’un oppresseur. Toutes les pratiques violentes sont perçues comme des choix faits par des utilisateurs consentants, voire comme politiquement progressistes et transgressives. »
C’est ce que dit aussi Gail Dines: “Feminism as a movement never was about individual « choice » but about changing the economic, social and political structures that oppress women.

Ces mouvances font aussi de l’entrisme dans les partis, associations, syndicats et différents groupes de populations défavorisées et rejetées par la société.
Mais peu à peu, des voix comme celles du Collectif pour les Droits des Femmes de Toulouse « Sont-ils nos alliés ? » *7 et de l’AVFT « Un bal masqué bien orchestré » *8 s’élèvent enfin contre cette idéologie et ceux qui la défendent pour dénoncer des interventions et prises de parole violentes dans des réunions, conférence, des attaques dans des manifestations.
La dernière en date, de l’association ZEROMACHO par le STRASS et GRISELIS, à Toulouse, n’est pas passée inaperçue, pourtant peu nombreuses furent les réactions dans les associations féministes, ce qui autorise sur Twitter la porte-parole du STRASS à justifier une telle action car « ZEROMACHO n’avait rien à faire dans cette manifestation pour l’IVG » !.
Il est temps de réagir parce qu’au point où ils en sont, il ne faudra pas être surpris s’ils tentent d’exclure les féministes de leurs propres manifestations !
Il faut remettre en lumière l’universalisme d’un féminisme laïc et abolitionniste de la prostitution, un féminisme au service de l’émancipation des femmes.

Cette année, pour le 8 mars, un collectif localisé dans le 93 propose une contre-manifestation, dans un amalgame que l’on peut qualifier de populiste il entend « prendre la défense des femmes ouvrières et prolétaires exploitées et sans papiers dans les quartiers, aussi des femmes qui portent un voile, aussi des LGBT… », car « les féministes institutionnelles et bourgeoises nient les réalités sociales… ».
Pourtant, chaque année je vais à la manifestation du 8 mars, le cortège regroupe des femmes de toutes conditions sociales, opinions et engagements politiques, des associations lesbiennes et soutiens LGBT. Ces revendications ne sont pas oubliées et les femmes ont toutes des intérêts en commun même si bien sûr, les oppressions de classe et le racisme traversent leurs mouvements comme l’ensemble de la société, mais les discriminations et violences spécifiques qui touchent la moitié de la population du globe constituent bien un socle commun de luttes féministes.
Alors, pourquoi diviser le mouvement, à qui cela peut-il servir, sûrement pas aux femmes !

Si ce sont bien les pouvoirs publics que nous responsabilisons pour les retards et blocages relatifs aux droits des femmes, ne négligeons pas les dégâts occasionnés par la nébuleuse post-moderne aux méthodes douteuses, à moins de vouloir les laisser réquisitionner nos luttes et nous dire en quoi consiste l’émancipation des femmes.
Dans tous les cas, je doute que leurs théories directement influencées par les industries patriarcales et libérales du sexe ne nous mènent jamais à une société de progrès et de libération ni pour les femmes, ni pour les hommes.

La manifestation féministe unitaire appelée par le CNDF et de nombreuses associations signataires partira le samedi 8 mars à 14H30 de Bastille

Christine Le Doaré

*1 Collectif Abolition 2012 :
http://www.abolition2012.fr/

*2 Rapport Honeyball :
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2F%2FEP%2F%2FTEXT+REPORT+A7-2014-0071+0+DOC+XML+V0%2F%2FFR

*3 Collectif « 8marspourtoutes »

*4 STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

*5 « 8marspourtoutes » ou l’oubli d’un énorme détail de l’histoire :
https://christineld75.wordpress.com/2013/11/22/8marspourtoutes-ou-loubli-dun-enorme-detail-de-lhistoire-feministe/

*7 Toulouse : Sont-Ils nos alliés ?
http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/02/21/sont-ils-nos-allies/
« Des groupuscules réglementaristes s’invitent et parasitent nos réunions, profitent de nos rassemblements et de nos manifestations pour détourner nos mots d’ordre et promouvoir l’ordre libéral et la marchandisation du corps des femmes….Ces groupes interviennent de manière violente, parfois masquée, dans nos manifestations, arrachant les banderoles et proférant des slogans sans lien avec la lutte menée …Ces pseudo-révolutionnaires ne sont en fait que les laquais de l’économie de marché où tout se vend, tout s’achète, y compris le corps des êtres humains….Ces groupes réglementaristes sont misogynes, ils n’ont rien à faire dans nos réunions et nos rassemblements, sinon nous diviser. »

*8 L’AVFT : Un bal masqué bien orchestré
http://www.avft.org/article.php?id_article=739
« LA CROISADE DES REGLEMENTARISTES
…En effet, les promoteurs d’une « prostitution choisie » ont tactiquement trouvé un nouveau cheval de bataille pour diffuser leur idéologie. Le STRASS ne se présente plus uniquement comme un « syndicat » militant pour les droits de celles et ceux qui « font le choix se prostituer », pour reprendre leur terminologie. Le groupe de pression intègre désormais n’importe quelles mobilisations à caractère social, contestataire ou féministe. En d’autres termes, cela s’appelle de l’entrisme. Dans cette même mouvance, le Strass soutient pêle-mêle, les salariées de Lejaby, les femmes sans papiers, les assistantes maternelles, les femmes en lutte en Grèce etc. Un grand gloubiboulga destiné à nous enfumer. Ce fourre-tout à un nom : « le féminisme non-excluant ».
Et voici donc le Syndicat du Travail Sexuel embarqué dans une croisade pour le droit à l’avortement en Europe ! La manipulation idéologique est grossière et fonctionne, alors qu’elle procède d’un pur sophisme. On la comprend encore mieux lorsqu’on lit ce slogan sur un des panneaux du rassemblement place d’Italie : « mon vagin, mon choix, ta gueule ». Faire comme si la liberté d’acheter des femmes à des fins sexuelles était le même combat que la liberté d’avorter. Faire comme si aliéner son corps était la même chose que de réclamer la liberté d’en jouir…. Le groupe de pression cherche désormais à paraître plus présentable à force de faire de l’entrisme aux côtés des militant-es féministes dont certaines n’y voient que du feu ou bien épousent ses thèses. Il en tire un bénéfice et une couverture médiatique non négligeable. … »

*6 « La postmodernité proxénète » par Sylviane Dahan publié dans Action féministe 26 -N Traduit du castillan par Martin Dufresne et l’auteure, Sylviane Dahan
https://www.facebook.com/notes/martin-dufresne/la-postmodernit%C3%A9-prox%C3%A9n%C3%A8te/10153922640475595


Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives