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Le féminisme universaliste censuré par le « féminisme » universitaire francophone

Quand le féminisme universaliste est censuré par le milieu universitaire francophone, il est temps de se demander si le féminisme n’est pas tellement dévoyé aujourd’hui qu’il serait temps de le refonder.

https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/?wref=tp

Le relativisme culturel a le vent en poupe, les intersectionnelles, racialistes, post-coloniales, indigénistes, ont réussi, à force d’entrisme politique, à pervertir tous les mouvements sociaux, le mouvement des femmes n’a pas été épargné. Enfermer les femmes dans des communautés, origines, cultures et religions, pour mieux les diviser, le patriarcat n’aurait pas fait mieux.

Désormais, l’université francophone dite « féministe » est-elle aussi gangrenée par ces dérives essentialistes au service d’agendas politiques masculins.

L’odieuse censure de l’intervention sur le féminisme universaliste organisée par l’Institut Émilie du Châtelet et pourtant au programme du 8ème Congrès International des recherches sur le féminisme », en est une illustration de plus.

BOYCOTT !

Christine Le Doaré

Je reproduis ci-dessous le CP de l’IEC auquel j’adhère totalement. 

 

Le C0 de l’IEC communique :

« Le Café de l’IEC du 28 août 2018 a été déprogrammé par le CIRFF ! »

Paris, le 25 juillet 2018

Les intervenantes choisies par le Conseil d’orientation (CO) de l’Institut Émilie du Chatelet (IEC) pour introduire le Café de l’IEC  « Conditions et contours d’un féminisme universaliste, aujourd’hui »  avaient été agréées et programmées pour le 28 août 2018 par les instances de l’IEC et du CIRFF (8e Congrès international des recherches sur le féminisme dans la francophonie : voir ci-dessous le Programme, p. 118-119). Elles ont été récemment (4 juillet  2018) unilatéralement récusées par un Conseil scientifique du CIRFF, avec l’aval de la présidente de l’IEC. Pourquoi ?

Christine Le Doaré et Fatiha Boudjalhat sont connues pour revendiquer leur attachement à la laïcité, à la République et à l’universalité du féminisme. Elles avaient été invitées par le CO de l’IEC, en charge de l’organisation des Cafés, pour introduire le débat avec la salle, dans un espace de dialogue où tous les avis pouvaient se faire entendre, à l’instar des nombreux autres échanges prévus :

https://cirff2018.parisnanterre.fr/le-congres/programme/

Il faut dénoncer et faire publiquement connaître cette décision inique, antidémo-cratique et insultante pour les intervenantes comme pour les organisatrices ; elle relève de la censure : le féminisme universaliste est donc interdit de cité dans le milieu universitaire francophone, dit féministe.

Il est impossible, pour le CO de l’IEC — en tant que groupe de femmes fidèles à leurs idées et à leurs paroles — de céder à ces injonctions et de cautionner ces pratiques. C’est pourquoi, avec beaucoup de regrets et d’inquiétudes, nous avons décidé de nous retirer de l’organisation du Café de IEC du 28 août 2018.

Cette information est diffusée pour sortir de l’entre-soi et du catimini que le Conseil scientifique du CIRFF et la présidente de l’IEC, responsables de cette déprogrammation essaient d’imposer, tout en cherchant à se dédouaner de leurs responsabilités.

Salutations féministes.

Le CO de l’IEC, Christine Le Doaré, Fatiha Boudjahlat.

Copie extraite du Programme général

du 8e Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie (CIRFF2018), p. 118 et 119, publié en juin 2018

Mardi 28 août 2018 – Session 4                                                                 Amphithéâtre C2

             DEB006 : Conditions et contours d’un féminisme universaliste, aujourd’hui

Café IEC

Peut-on aujourd’hui parler encore du féminisme, et d’un féminisme se revendiquant universaliste, ou faut-il maintenant se référer à des féminismes ? Laïcité, voile islamique, abolition/ règlementation de la prostitution : les femmes s’opposent. Pourtant, l’égalité, l’éducation, l’autonomie économique, le droit au travail, les droits sexuels et reproductifs, le refus des violences… sont des revendications qui leur restent communes, partout. Peuvent ces

revendications s’inscrire aujourd’hui encore dans une démarche universaliste ?

Modératrice

FOUCHÉ Nicole

historienne, chercheuse CNRS-EHESS, Centre d’études nord-américaines (CENA), vice-présidente de l’association Réussir l’égalité Femmes-Hommes (REFH), membre du CO de l’IEC.

Intervenantes

AGAG-BOUDJAHLAT Fatiha

professeure en collège, ex secrétaire nationale du MRC en charge de l’éducation, juge assesseure  au tribunal pour enfants de Toulouse, féministe universaliste, auteure du Grand détournement : féminisme tolérance, racisme, culture.

« Féminisme intersectionnel, féminisme racialisé : à la fin, c’est toujours la femme qui

perd »

LE DOARÉ Christine

juriste conseil en entreprise et porte parole des « VigilantES. Égalité, émancipation, laïcité »

« Qu’est-ce que le féminisme quand il n’est pas universaliste ? »

 

Quand déni rime avec populisme

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La version Rue 89 de ce même article : « Les femmes étrangères rêvent de devenir putes, c’est ça ? »
http://www.rue89.com/2013/10/12/les-femmes-etrangeres-revent-devenir-putes-cest-ca-246484

Quand un universitaire associe PS et FN pour défendre le système prostitueur

En matière de prostitution, envahissantes sont les tribunes complaisantes écrites par des intellectuels ou des artistes appelés en renfort par le bruyant lobby réglementariste.
Mais je crois bien que nous pouvons décerner la palme de la tribune la plus inquiétante à Lilian Mathieu, sociologue et directeur de recherche au CNRS. Jugez plutôt : « Avec le PS, la préférence nationale commencera-t-elle par le tapin ? » sur Rue 89, ce mardi 8 octobre 2013.
Associer PS et FN pour défendre le système prostitueur, à ma connaissance, personne n’y avait encore pensé.

Quelle objectivité peut bien avoir sur cette question, l’auteur qui tente de démontrer que la proposition de loi abolitionniste déposée par la Délégation aux Droits des Femmes de l’Assemblée Nationale s’apparente à l’idéologie du Front National ?
La proposition de loi abolitionniste de la prostitution a mis les réglementaristes aux abois et mobilise leurs alliés intellectuels, people et médias.
Dodo, Antoine, Frédéric, Lilian et les autres nous rappellent les uns après les autres, que des hommes tiennent à leurs archaïques privilèges, s’accrochent dur comme fer, non pas au « plus vieux métier du monde » mais bien à la plus vieille et sexiste exploitation : la prostitution. Quelle superbe arnaque patriarcale tout de même que cet esclavage qui a la peau dure.

Lilian Mathieu sait pourtant qu’il n’y a pas plus de « droit à baiser » que par exemple, de droit à l’enfant, même en payant. Il sait aussi que la proposition de loi abolitionniste constitue un progrès, qu’elle est respectueuse des personnes et permettra d’avancer vers l’égalité, de mieux lutter contre le sexisme et les violences sexuelles. *1.
Abolir progressivement l’une des violences les plus préjudiciables que la domination masculine ait jamais imposée aux femmes, enfants et quelques hommes, la société toute entière y a intérêt et ça, Lilian Mathieu le sait pertinemment.
Il ne peut ignorer que les réglementaristes font très peu de cas des femmes victimes de la prostitution, utilisées mais stigmatisées et méprisées par des générations d’hommes.
Il sait que les seules personnes qui combattent les violences du système prostitueur qui engrange d’énormes profits criminels sur le dos des femmes, sont les abolitionnistes.

Il n’a guère d’arguments à opposer aux mesures proposées mais son intention est de discréditer le projet.
Quoi de plus efficace que de prétendre que les prostitué-e-s étranger-e-s seraient discriminé-e-s par le projet de loi, elles, si heureuses d’être sous la coupe des réseaux !
Dans cette période politique plutôt trouble, un peu de surenchère populiste devrait passer inaperçue et l’idéal, pour frapper les esprits, serait tout de même de parvenir à associer PS avec FN.

Premier artifice, commencer par jeter le doute sur le pourcentage de femmes étrangères en situation de prostitution pour mieux laisser à croire que ce serait le ministère de l’intérieur motivé par la chasse aux sans papiers, qui aurait initié ce projet. Je pense que toute la Délégation au Droit des Femmes de l’Assemblée Nationale qui a déposé la proposition et les abolitionnistes de tous bords politiques qui défendent ce projet, vont apprécier cet argument !
Si Lilian Mathieu arpentait comme les associations qui s’intéressent aux personnes prostituées, les lieux de prostitution ou les sites de petites annonces Internet, il aurait constaté que les prostituées sont dans leur écrasante majorité, et depuis déjà longtemps, des femmes étrangères exploitées par un proche ou un réseau, induites en erreur et conduites sur les lieux de prostitution où elles ne restent qu’un moment avant d’être déplacées ailleurs.
Que ce pourcentage soit de 85, 90 ou 95 % n’y change d’ailleurs pas grand-chose.

Ensuite, tenter de réfuter l’évidence : l’oppression et l’exploitation des femmes ne relèveraient pas de la domination masculine !
Vous l’ignoriez peut-être, mais sachez-le, les femmes étrangères prostituées sont venues s’échouer sur nos trottoirs de leur propre chef ! Voyez-vous ce n’est pas comme les hommes qui rêvent de devenir géomètre, maçon, prof, ou kiné, non, non, les femmes étrangères elles, rêvent de devenir « putes » !
Les macs, les réseaux, la traite, tout ça, n’existe pas, pur fantasme féministe que ce système prostitueur !
Pas de doute, Lilian Mathieu est un sociologue auquel le patriarcat doit beaucoup.

Bien sûr il est utile de feindre d’ignorer les différences entre les 3 régimes*2. existants en confondant prohibition et abolition. Surtout passer sous silence, les mérites de l’abolition qui en inversant la charge pénale sur les clients, aide les prostitué-e-s à se défendre contre des clients violents, puis grâce aux mesures d’éducation et de responsabilisation des clients, parvient progressivement à l’égalité et à une autre conception des relations femmes-hommes.

Malgré tout, Lilian Mathieu est contraint de reconnaître que le projet propose bien des mesures sociales aux personnes prostituées, mais cette partie de la tribune est à dessin embrouillée, et selon lui, le fait de sortir des réseaux, de bénéficier d’une régularisation et de pouvoir exercer une autre activité, constituerait alors une sévère injustice car ces pauvres femmes étrangères ne pourraient plus se prostituer, contrairement aux françaises !

Mais dans quel monde vit donc Lilian Mathieu ?
Imagine-t-il vraiment que les femmes prisonnières de proxénètes ou de réseaux mafieux qui les exploitent, choisiront cette prison ? Sait-il ce qu’est un camp de dressage, a-t-il la moindre idée des menaces qui pèsent sur ces femmes qui s’acquittent le plus souvent d’une dette et dont la famille est menacée de mort au pays ?
Pense-t-il que les femmes françaises s’éclatent dans la prostitution ? Ignore-t-il que la plupart d’entre elles ont vécu des violences sexuelles, que des rapports sexuels répétés et sans aucun désir, la peur au ventre, occasionnent d’innombrables douleurs physiques et psychologiques, et que toutes les femmes pour se prostituer se réfugient dans la dissociation ? Doute-t-il vraiment que l’écrasante majorité d’entre elles souhaite en sortir et ne plus jamais en entendre parler ?
Les femmes doivent être de bien étranges créatures pour Lilian Mathieu !

Enfin, comme une cerise qui aurait eu le temps de pourrir sur un gâteau bien rassis, la chute de ce texte dangereux, tombe. Les mesures proposées reviendraient « à appliquer sur le « marché du sexe », la revendication du Front national : la préférence nationale réservant aux seuls nationaux une activité fermée aux étrangers » !
Oui, oui, vous avez bien lu ! Voici ce qu’écrit un universitaire sollicité par le lobby pro-prostitution. Un bel exemple de supercherie intellectuelle.

Ce qui échappe à Lilian Mathieu, c’est la finalité de cette proposition qui vise à progressivement fermer « le marché » de la prostitution.
La sexualité ne peut être soumise aux marchés financiers. L’esclavage sexuel, ni dans la conjugalité, ni dans la prostitution, n’est plus admissible.
Enfin, le principe d’indisponibilité du corps humain doit être réaffirmé. Même le libéralisme ne peut tout vendre et tout acheter.
Il n’y a donc pas de « marché du sexe », ni de » travailleurs du sexe », mais un privilège patriarcal qui à terme disparaîtra et des personnes victimes d’une exploitation et de violences sexuelles que cette proposition de loi vise à protéger.
Certes des femmes « françaises » dont beaucoup sont pauvres et racisées, pourront continuer de se prostituer si elles le souhaitent, de moins en moins nombreuses et de moins en moins longtemps, nous l’espérons. Mais ce n’est en rien un privilège et nous verrons bien combien feront le choix de continuer alors que des alternatives et des aides leur seront proposées.
Quant aux femmes étrangères, si elles y sont encouragées, il y a fort à parier qu’elles dénonceront leur réseau et choisiront une alternative à la prostitution.
C’est bien mal connaître la réalité de la prostitution que de prétendre le contraire. Ces femmes ne sont pas venues sur nos trottoirs de leur plein grés, elles ont été trompées, elles sont captives (leurs papiers leur sont retirés), elles subissent des violences.

Ce texte démagogique et emprunt de populisme, produit par un sociologue censé encadrer des travaux de recherche, est inquiétant. Un sociologue n’est-il pas au moins supposé questionner les idées reçues sur la sexualité, les rapports sociaux de sexe, la domination masculine ?
Le projet abolitionniste est un projet d’émancipation qui relève de la défense des droits humains, et en particulier, des droits des femmes ; défendre de manière aussi consternante un système d’exploitation et de domination qui a fait son temps, n’honore pas l’université française.

Christine Le Doaré

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*1. La proposition de loi a pour objectif d’adopter une politique globale et cohérente pour abolir progressivement l’une des violences les plus préjudiciables que la domination masculine ait jamais imposée à l’égard des femmes, des enfants et de quelques hommes.
Toutes les personnes prostituées y ont intérêt, celles qui vont arrêter comme celles qui vont continuer ; ce que les rédacteurs de la proposition leur disent c’est :
– nous savons que la violence est inhérente à l’activité prostitutionnelle (Le taux de mortalité des personnes prostituées est terriblement élevé comparé à celui du reste de la population), nous voulons cesser de faire des victimes les coupables et abroger le délit de racolage…
– nous voulons que les personnes prostituées aient un meilleur suivi en matière de santé, pas uniquement sous l’angle de prévention des IST, mais dans une approche globale de santé sexuelle, physique et mentale, selon la définition de l’OMS…
– nous voulons permettre à celles et ceux qui le souhaitent, de se réinsérer grâce à un arsenal social de mesures d’aide à la formation, au logement…
– nous voulons permettre à celles et ceux qui sont étrangers, d’être régularisé-e-s par un titre de séjour, s’ils sortent de la prostitution …
– nous allons renforcer la lutte contre la traite et le proxénétisme, confisquer les biens du proxénétisme pour qu’ils bénéficient à leurs victimes et les aident à se réorienter…
– nous allons adopter des politiques de prévention au risque prostitutionnel et d’éducation à l’égalité et contre le sexisme….
– nous allons responsabiliser les clients prostitueurs et pas seulement lorsque les prostitué-s-s sont mineur-e-s ou en situation de vulnérabilité, et instaurer un délit pour sanctionner tout acte d’achat sexuel.

*2 : trois régimes
– réglementariste, comme en Allemagne ou aux pays bas, qui en légalisant le « travail du sexe », dépénalise le proxénétisme et laisse les marchés criminels envahir le pays au point de ne plus pouvoir rien contrôler
– prohibitionniste qui interdit toute prostitution et pénalise clients comme prostitué-e-s
– abolitionniste qui interdit le seul achat d’acte sexuel mais dépénalise le racolage

L’article de Lilian Mathieu : http://www.rue89.com/2013/10/08/prostitution-ps-reprend-preference-nationale-chere-fn-246404


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