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Combien y a-t-il de féminismes ?

img_6122N’en déplaise aux modes médiatiques, aux révisionnistes et aux imposteurs, il y a toujours eu plusieurs versions du mouvement social qu’est le féminisme.

En résumé, en France, dès les années 60/70, ont coexisté trois principaux courants : réformiste, révolutionnaire puis socialiste et enfin radical ; sans oublier quelques théories critiques plus marginales. Ces courants, encore aujourd’hui, partagent l’idée que dans nos sociétés patriarcales, les femmes ne doivent plus être subordonnées au pouvoir masculin. Le système patriarcal organise l’appropriation et le contrôle des femmes et de leur corps pour maitriser la reproduction, la sexualité, l’organisation sociale de la famille et de nos sociétés.

Le féminisme, structurellement, fondamentalement, c’est donc avant tout, la reconnaissance d’une subordination des femmes en tant que groupe/classe des femmes (la moitié de l’humanité) à l’autre groupe/classe des hommes, et les moyens de l’abolir.

Les causes et solutions varient mais des objectifs sont communs : déconstruire pour les dépasser les rapports sociaux de sexe, et ainsi parvenir à l’égalité dans le respect des différences, proposer une société avec des relations humaines libres des rapports de domination.
Certes,

– le féminisme réformiste égalitariste s’intéresse surtout au sexisme dans l’éducation et la culture ;

– le féminisme révolutionnaire accuse lui, le capitalisme d’être responsable de l’oppression des femmes, arguant que seules les luttes de classes en viendront à bout ;

– le féminisme socialiste tente d’articuler les oppressions des systèmes capitaliste et patriarcal ;

– le féminisme radical opère une rupture majeure avec les deux autres courants en affirmant que l’oppression des femmes est première et transverse à toutes les autres oppressions qu’elles soient de classe ou de « race », et que l’ennemi à combattre c’est le patriarcat : pouvoir exercé par la classe sexuelle des hommes sur celle des femmes ;

– la critique de l’hétérosexualité conduit les lesbiennes radicales à promouvoir le séparatisme, puis à s’inscrire au sein des rapports sociaux de sexe ;

– l’afro féminisme élargit la lutte contre le patriarcat à celle contre le racisme, et ce faisant ouvre une brèche dans le socle commun des luttes contre la domination masculine, s’intéressant aux différences entre femmes, les « blanches » et les autres ;

néanmoins, ces courants, imprégnés au fil des années et à différents degrés de féminisme radical et universaliste, s’accordent au moins sur l’exigence de disposer librement de son corps dans la sexualité et la reproduction notamment, et de lutter contre les violences faites aux femmes.

Un des principaux clivages entre ces courants, nait dans les années 70, de l’influence de la psychanalyse qui met en avant les différences spécifiques communes aux femmes (biologiques et psychologiques), et à laquelle s’opposent les féministes matérialistes radicales (combinaison du féminisme socialiste et du féminisme radical) qui elles, combattent le système hiérarchique d’organisation sociale des sexes/genres féminin et masculin.

A partir des années 90 avec les théories post-modernes des universitaires américaines, apparaissent d’autres clivages qui visent à abolir les genres féminin/masculin tels que nous les connaissons, et qui d’une certaine façon, disqualifient les luttes féministes qui n’auraient plus les mêmes raisons d’être. Le mouvement Queer et le « féminisme » dit « pro-sexe » s’en inspirent allant jusqu’à imposer une vision de féminisme qui n’appartient qu’à eux, parfois avec violence à l’égard des féministes radicales. Ce mouvement qui s’éloigne des fondamentaux du féminisme, ouvre une autre brèche.

On le voit, il y a toujours eu plusieurs versions du féminisme, mais la constante à minima pour qu’un courant puisse se revendiquer du féminisme, c’est qu’il se développe à partir du noyau commun, des fondamentaux initiaux, en l’occurrence : la lutte contre des rapports sociaux de sexe préjudiciables aux femmes, lutte qui passe à minima par la revendication d’une autonomie et maitrise totale par les femmes, de leur vie (couple, famille, éducation, emploi…), de leur corps (sexualité, reproduction, …).

Depuis les années 2000 a émergé un « féminisme » relativiste qui a pour particularité de réduire les femmes à une identité culturelle, religieuse, régionale, etc. et d’aménager l’oppression.

Ce « féminisme » n’est pas apparu spontanément mais dans la foulée de la montée des religions et de l’influence grandissante de pays tel que l’Iran qui a financé des groupes antiféministes (contre l’avortement…) au sein des institutions internationales. Ces pays se sont attaqués, à l’ONU notamment, à l’universalité des droits des femmes, faisant valoir des spécificités régionales. Le relativisme culturel a engendré des « féminismes » identitaire, communautaire, essentialiste, « racialiste » qui séparent les femmes les unes des autres au profit d’autres luttes que celles contre le patriarcat, également au profit d’idéologies politico-religieuses.

Qu’il s’appelle identitaire, dé-colonial, musulman, islamique ou que sais-je demain, ce « féminisme » relativiste s’oppose au féminisme universaliste qui lui, continue de revendiquer partout dans le monde, l’émancipation des femmes et des minorités sexuelles, liées dans le monde entier et ce quelles que soient leur origine, couleur de peau, culture ou religion, par un socle commun de discriminations et de violences patriarcales.

Il faut le dire très clairement, ce « féminisme » relativiste fait fi du noyau fondateur, il tente de s’imposer partout et d’étouffer les voix des féministes universalistes des pays arabes et/ou à dominante musulmane, qui elles, tentent de s’affranchir de tous les diktats politico-religieux qui s’imposent à elles, voile en tête.

La sociologue et écrivaine iranienne Chahla Chafiq a dit «En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une occidentalisation qui détruirait l’identité islamique.»
Le « féminisme » relativiste n’est pas seulement un dévoiement du féminisme radical universaliste, c’est un contre-féminisme.

Toutes les cultures ou presque (les cultures matriarcales sont ultra marginales), toutes les religions sont patriarcales ; les religions ont même de tous temps été l’un des instruments les plus répressifs du système patriarcal.

Renvoyer les femmes à leur communauté, leur culture, leurs traditions, leur religion, le plus souvent empreintes d’un sexisme séculaire, les séparer des autres femmes, ne pourra jamais les émanciper mais retarde considérablement l’avancée de toutes les femmes.

Celles qui acceptent les règles qui scellent un apartheid genré, trouvent dans les coutumes, traditions, religions des justifications pour limiter l’autodétermination des femmes, ne peuvent en aucun cas se revendiquer du féminisme.

Les oppressions se surajoutent, être femme, noire, et pauvre par exemple, est plus compliqué qu’être homme ou même femme, blanche et riche ; le racisme et la xénophobie, tout comme l’antisémitisme et tous les autres préjugés doivent être fortement combattus, mais le repli identitaire et communautaire, le renvoi des femmes à leur groupe d’origine ont peu de chance de les affranchir du machisme qui depuis toujours, traverse toutes les classes, toutes les origines.

Il n’existe pas plus de « féminisme » musulman que chrétien ou juif car il n’y a pas d’aménagement possible de l’oppression. C’était déjà vrai dans les années 70/80 quand les féministes occidentales se battaient contre tous les interdits et ça l’est toujours aujourd’hui. C’est tout simplement indécent, aberrant, d’affubler de tels qualificatifs, le combat féministe.

Quant au « féminisme » dé-colonial qui noie les revendications des femmes dans les agendas masculins, solidarise les femmes avec la classe des hommes, avec « leurs » hommes, je me demande bien en quoi il est féministe ? Il le torpille plutôt. *1.

En outre, le colonialisme date, l’histoire de l’humanité n’est de toute façon faite que de luttes de domination et de pouvoir, nombre de pays décolonisés n’ont rien à envier dans l’horreur aux colonisateurs et le machisme n’a jamais eu besoin de l’occident ni des colonisateurs pour exister. *2.

Prétendre que seule l’expérience autorise à parler d’une discrimination est réducteur, cela signifierait par exemple, qu’il est impossible de comprendre et s’engager dans un combat contre l’homophobie si on n’est pas homosexuel-le soit même. Segmenter, diviser jusqu’à plus soif le corps social, il faut se demander au profit de qui ?

Les féministes ont besoin de travailler ensemble, d’apprendre les unes des autres pour parvenir à se libérer ensemble des systèmes d’oppression et de leur ennemi principal commun : le système patriarcal. Tout ce qui les divise sert le système patriarcal.

L’affaire du burkini est à ce point exemplaire : les « féministes » qui défendent la déferlante de vêtements islamiques destinés aux seules femmes, adhèrent de facto à l’idée essentialiste qu’il existerait des caractères, féminin peu enclin à la réserve, à la pudeur, et masculin concupiscent ; par conséquent, les femmes devraient se cacher et s’enfermer dans ces tenues. Injonction à la pudeur ségrégationniste et sexiste, marquage des femmes par l’islam politique ; en cédant, les femmes qui se voilent et leurs soutiens s’engagent dans une action prosélyte qui n’est pas sans conséquence pour les autres femmes.

Nous sommes donc à des années lumières du féminisme, mouvement social de libération DES femmes.

Dans les années 70/82, il ne serait venu à l’idée de personne d’associer des tenues imposées par des religieux avec le féminisme.

S’il n’y a pas qu’un féminisme, certains « féminismes » ne sont que des impostures : le féminisme ne s’adapte pas aux règles posées par l’oppresseur, il les renverse. L’idéologie islamo-gauchiste a perverti la pensée intellectuelle en substituant à la lutte contre le racisme, celle contre l’islamophobie ; politiques, universitaires, médias rivalisent désormais de soumission, par effet de mode et peut-être aussi parce que ce « féminisme » identitaire ne risque en rien de renverser le système patriarcal.

Cet antiféminisme essentialiste, différentialiste est tout aussi dangereux que celui des réactionnaires, masculinistes, etc., il n’a pas sa place dans un pays laïc qui a mis au cœur de son projet de société, l’égalité femmes-hommes.

Je n’oublie pas que les féministes occidentales ont chèrement acquis des droits et libertés, que la domination masculine et ses violences sévissent toujours, que l’égalité est loin d’être achevée. Ces impostures nous ramènent en arrière.

Je n’accepte pas que le féminisme soit vidé de son sens fondateur, récupéré, dévoyé, ridiculisé par des gens qui ne connaissent rien au sujet.

Je n’accepte pas la récupération politique du féminisme par les identitaires de tous bords, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Pour un féminisme radical, universaliste et laïc, debout et jusqu’au bout.

 

Christine Le Doaré

*1. Houria Bouteldja du PIR (Parti des Indigènes de la République) « Mon corps ne m’appartient pas… J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’islam ».
*2. Un des derniers esclavages fut aussi l’un des plus barbares : il a fait la fortune de Zanzibar où les africains étaient esclavagisés par les arabes.

Podcast RFI « Un ou des féminisme »

interesectionnalitePodcast Radio France International : 20 minutes

Pour écouter le « Débat du jour » de RFI, auquel je participais pour représenter les VigilantEs :

http://www.rfi.fr/emission/20160929-feminisme-feminismes?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=emission&aef_campaign_ref=partage_user&aef_campaign_date=2016-09-29

« La polémique sur le burkini a occupé l’espace médiatique tout le mois d’août. Outre la question de l’interdiction de ce maillot de bain intégral, de la médiatisation du phénomène, la polémique a aussi posé la question de la place de la femme dans l’espace public. Comme le voile, le maillot de bain intégral a donc poussé des militantes des droits de la femme à se questionner, se positionner, et toutes n’ont pas eu la même réponse. »

 

« Pour en débattre

– Chahla Chafiq, écrivaine et sociologue iranienne – Dernier ouvrage, «Demande au miroir», Éditions L’Âge d’Homme, 2015

– Christine Le Doaré, féministe, juriste et blogueuse – Co-fondatrice du réseau féministe et laïque « Les vigilantes »

– Hanane Karimi, féministe musulmane, doctorante en Sciences sociales à l’Université de Strasbourg. »

 

Christine Delphy, la supercherie

eGZjcWl0MTI=_o_linvit-prsente-christine-delphyChristine Delphy, sociologue française, a fait paraître dans The Guardian, le 20 juillet dernier un article intitulé : « French Feminists are failing Muslim women by supporting racist French Laws ».

 

Utiliser un support anglophone pour balancer sur le mouvement féministe français n’est vraiment pas fair-play ! La thèse développée par Mme Delphy, en France, nous la connaissons bien, elle peut se résumer en une phrase : le féminisme français au prétexte d’être universel et laïc, stigmatiserait les femmes musulmanes pourtant contraintes de se voiler afin de résister à un état français islamophobe.

Aussi, selon elle, le féminisme français devrait-il s’adapter aux spécificités culturelles et religieuses musulmanes pour échapper à l’accusation d’islamophobie.

Allons bon, ceci signifie-t-il que l’interdit de la contraception et de l’avortement, la virginité, le mariage religieux, la mise sous tutelle, le camouflage des corps impurs, la polygamie, le mariage précoce, le mariage forcé, la répudiation, l’excision, les crimes d’honneur, l’interdiction de l’homosexualité, et j’en passe, toutes ces charmantes coutumes culturelles et /ou religieuses, genrées et misogynes, devraient être évaluées, considérées et tolérées par le féminisme français ?

Non, ne dramatisons pas, les traditions culturelles, chrétiennes, bouddhistes, hindouistes, judaïques, etc., ne sont pas concernées, il faut trier et seules les traditions culturelles islamiques sont à considérer.

Pourquoi ? Parce que les seuls opprimé-e-s en France sont de culture / religion islamique et qu’il n’est pas choquant, sauf d’un point de vue occidental, que  les femmes de ce groupe soient assignées au respect des règles culturelles et religieuses de leur identité de naissance !

 

Pourquoi faire de telles concessions au culturel alors que selon moi, le féminisme consiste notamment à remettre en question la place et les rôles impartis aux femmes et aux hommes ( les stéréotypes de genre ) et promouvoir un modèle de société sans rapport de domination  ?

Otez-moi d’un doute, dans les années 70’s, de quoi donc se libéraient Mme Delphy et avec elle, tout le MLF si ce n’est justement de notre culture patriarcale ? Que criait-on dans les manifestations à l’époque ? Libération des femmes de toutes les traditions, coutumes et habitudes qui nous enfermaient dans les contraintes et violences de la domination masculine judéo-chrétienne !

Ainsi, Mme Delphy qui parle au nom d’une communauté à laquelle elle n’appartient pas, décide que ce qui fut vital pour elle, pour nous, serait mauvais pour les femmes musulmanes qui elles, n’auraient besoin pour s’émanciper que d’aménager leurs  spécificités culturelles et religieuses.

S’être libérée mais  empêcher d’autres femmes de le faire.  A peine condescendant !

 

Le système patriarcal en rêvait, Mme Delphy le lui offre ! Mme Delphy et ses ami-e-s du PIR (Parti des Indigènes de la République), des Indivisibles, Tariq Ramadan et les autres (d’une certaine gauche radicale, etc.), demandent aux femmes de rester à la place qui leur a été assignée par leur culture d’origine.

Le relativisme culturel permet de justifier l’oppression des femmes au nom de la culture, alors si en plus, c’est la culture de l’opprimé-e-,  toute critique est interdite sous peine d’accusation de racisme.

Le féminisme universaliste constitue une grave menace : vous imaginez la moitié de l’humanité consciente de la domination masculine universelle, toutes solidaires dans nos luttes, rejetant les discriminations et violences de genre et valorisant d’autres rapports sociaux et politiques, et dans tous les domaines ?

Bien trop risqué ! Il faut à tout prix nous diviser et récupérer nos luttes et nos énergies. Le pire, c’est que ça fonctionne, alors qu’il ne viendrait à aucun autre mouvement social l’idée de défendre des théories qui pour finir, se retourneraient contre ses membres ! Il ne faut pas se demander pourquoi l’oppression des femmes n’en finit pas !

C’est indéniable, Mme Delphy fut jadis féministe, mais dans un contexte mondialisé de retour en force des religions, elle a fait le choix du relativisme culturel, allant jusqu’à s’allier aux groupes de pression racialistes, essentialistes et différentialistes, aux relents racistes.

 

Le mouvement des femmes, qui sait que le féminisme est antinomique avec toute forme de domination de sexe, classe et « race », n’a jamais attendu une intellectuelle égarée, pour s’intéresser à la question, nouer des liens de solidarité avec les femmes du monde entier qui elles, s’organisent pour résister au machisme et au totalitarisme (La Marche mondiale des Femmes, par exemple).

C’est une chose de dire qu’il n’y a pas suffisamment de femmes « racisées » dans le mouvement des femmes, c’est tout autre chose de prétendre le mouvement féministe, raciste !

Le plus grave dans tout ceci, c’est le mépris affiché par Mme Delphy et les relativistes envers les femmes en lutte pour leurs droits et libertés, et souvent au péril de leur vie, dans les pays de culture musulmane.

Quand les intégristes quittent leur pays,  elles se libèrent de leur voile stigmate sexiste d’impureté féminine,   mais chez nous, Mme Delphy les trahit !

Les féministes universalistes sont solidaires des féministes de culture musulmane qui refusent les diktats culturels et religieux sexistes. « Celles qui portent un voile en vivant dans le monde occidental contribuent à asservir les femmes pour lesquelles le voile est une contrainte ailleurs dans le monde. » Mona Eltahawy

 

En France, la défense de religion musulmane, présentée comme la lutte contre l’islamophobie, s’est substituée à la lutte contre le racisme, contre toutes les formes de racisme.

Critiquer l’islam, refuser les  contraintes et violences genrées qu’elle impose aux femmes, n’est pas être islamophobe, mais féministe et progressiste. De la même manière, l’est la critique de toutes les religions.

Quand une féministe condamne les femmes de culture musulmane à devoir revendiquer une identité religieuse,  communautaire, alors que les féministes occidentales se sont elles, révoltées contre les contraintes culturelles, sociales, religieuses, familiales, qui les étouffaient, elle tourne irrémédiablement le dos au mouvement de libération des femmes. C’est logique de la part des islamistes de prétendre le féminisme occidental raciste, ils gagnent du temps en nous séparant de « leurs » femmes, en revanche, les femmes qui s’en font les complices perdent toute légitimité à s’exprimer au nom du mouvement de libération des femmes.

Le féminisme est universel car l’oppression des femmes et nos solidarités n’ont pas de frontières ; le reste n’est qu’imposture.

 

Christine Le Doaré

 

 

 

Islamo-gauchistes, prenez-nous pour des cruches !

fanatiques_cabuLes masques tombent  et ça fait peur.

 

Il a longtemps été mal vu de qualifier d’islamo-gauchiste cette  gauche  qui se pique de vouloir  libérer l’humanité en hiérarchisant les discriminations, en substituant l’islamophobie à la lutte contre le racisme, en rejetant toute critique de l’Islamisme. Elle ose se prétendre féministe, mais  justifie  l’oppression des femmes, par le relativisme culturel.

 

A peine 3 mois après les attentats qui ont ensanglanté  la France,  l’islamo-gauchisme multiplie les provocations et salie la mémoire et les luttes de la gauche et du mouvement des femmes.

Alors oui, cette étiquette lui va comme un gant et il n’est plus temps d’afficher la moindre complaisance à son encontre.

 

Islamo-gauchisme ou différentialisme  identitaire qui efface les classes sociales et les rapports sociaux de sexe au profit de l’anticolonialisme. Il attribue une  place à part à la religion et aux coutumes des populations immigrées,  labélisées victimes de l’état colonial, peu importe leur statut social et les inégalités entre les femmes et les hommes.

Et tant pis si cette religion opprime les femmes, il n’est pas si facile de travestir le soutien à l’islam ou lutte contre l’islamophobie en antiracisme encore moins en féminisme, alors ça mérite bien quelques  sacrifices !

 

Je ne pense pas beaucoup me tromper en écrivant que nombre de personnalités bien positionnées dans les milieux politiques, universitaires, aussi dans les médias, telles Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Rokhaya Diallo, Pierre Tévanian, Christine Delphy, Houria Bouteldja, Eric Fassin, Clémentine Autain, Gaiss Jasser et tant d’autres, aussi au NPA, au MRAP, au PCF, chez les Verts, dans certains groupes LGBT, au STRASS, etc., sont plus ou moins associées à cette  étiquette.

Certains ont participé au  «meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », aux côtés du Parti des Indigènes de la République (PIR),  de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), d’Oumma.com, des Indivisibles, etc.

Le PIR crée en 2005 se définissait à ses débuts comme un mouvement antiraciste, c’était de bonne augure ; seulement voilà, au lieu de se consacrer à la lutte contre le racisme, il s’est enfermé dans une haine communautariste de l’occident, défendant l’islamisme, se déclarant antisionistes (c’est-à-dire contre l’état d’Israël), parlant de « philosémitisme d’état » et allant jusqu’à soutenir sans réserve, le Hezbollah et le Hamas.

La réactionnaire UOIF est  farouchement opposée à l’avortement et au mariage pour tous.

Remarquez bien que ça n’a pas gêné les Jeunes communistes, le NPA, la Fondation Copernic, le PCF et tant d’autres, de figurer dans la liste des signataires de l’Appel au meeting ; certains comme EELV ont longuement tergiversé, finissant par retirer leur signature.

 

imagesOn est en droit de se demander où est passé le bon sens politique de cette  gauche, de ces « féministes » bernées par les sirènes essentialistes et différentialistes.

Athées, mais pas du tout embarrassés par un paternalisme condescendant qui encourage les opprimé-e-s, personnes racisées seulement (guère étonnant que tant d’ouvriers et employés passent au FN !),   à adopter des  pratiques religieuses sexistes et aliénantes ! En revanche, les religions des « dominants » continuent d’être moquées et combattues. Cohérence ?

Pas gênés non plus qu’il ne soit plus question de luttes de classes ou de luttes féministes mais de caricaturaux affrontements  « blancs » contre « non blancs » !

A l’aise pour exiger le droit de la religion islamiste à s’imposer au prétexte que ce serait la religion des défavorisés, mais oublier opportunément que la communauté religieuse la plus persécutée aujourd’hui dans le monde, c’est les chrétiens ! Cohérence ?

Hurlant pour les droits des Palestiniens, ignorant ceux des Syriens. Cohérence ?

Faut-il que cette gauche et ses pseudos féministes soient malades pour justifier des alliances nauséabondes, dangereuses pour tous les démocrates et en particulier pour les droits des femmes.

 

Prétendre lutter contre le racisme, se revendiquer du féminisme,  avec une haine qui ressemble à s’y méprendre, à du racisme, qu’est-ce d’autre sinon une imposture ?

Houria Bouteldja, patronne du PIR a tout de même traité de « souchiens » les français « blancs ». L’expression « français de souche » du FN est indéniablement condamnable, mais à quoi rime de le  faire de cette manière ?

Je hais le racisme ! C’est quoi « blanc-che « ? C’est quoi « noir-e » ? A à partir de quelle concentration pigmentaire ? Et tous les autres ? J’en ai tellement marre de cette façon raciste d’appréhender les individu-e-s.

Les êtres humains ont des origines et  couleurs de peaux diverses depuis le temps que l’humanité se mélange. Ce qui est certain, c’est que l’ultra libéralisme écrase les classes sociales les plus fragiles et que les  femmes sont toujours les principales victimes des discriminations et violences de classe et de sexe.

Oui la colonisation a existé, a fait des ravages, mais toutes les sociétés patriarcales ont une histoire conquérante d’invasions successives, de domination, d’exploitation et de violences.

Beaucoup ont pratiqué l’esclavage, et les musulmans en premier. Si je ne m’abuse, Mahomet a autorisé tout homme musulman à coucher avec ses esclaves, sans avoir à subvenir aux besoins des enfants nés de ces rapports (le plus souvent des viols).

Sympathique non ?

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A quoi peut bien mener une vision aussi tendancieuse si ce n’est à pérenniser l’exclusion et à en fabriquer d’autres ?

Comment, par exemple, expliquer l’aveuglement suicidaire des LGBT islamo-gauchistes qui font semblant d’ignorer l’homophobie des Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée coordinateurs du « Nous sommes les Indigènes de la République » et qui revendiquent  « Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations » et qui ont accusé Fadela Amara d’avoir appelé à l’émergence « d’un mouvement gay dans les quartiers » ?!

Houria Boutelja du PIR parle « d’homosexualité imposée » et « d’impérialisme gay » et n’hésite pas à affirmer que « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires».

Pour Youssef Al-Qaradawi de l’UOIF,  l’homosexualité est une « une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ». Il pense aussi que tuer les homosexuels n’est « qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ».

Nos meilleurs ami-e-s quoi !

quenelles manifpourtousphoto prise lors de la dernière Manifpourtous Paris (collusion des totalitarismes religieux).

Qu’est-ce qui distingue le PIR et les  islamo-gauchistes des haineux du Bloc identitaire d’extrême droite ou de Riposte Laïque aux affiliations plus confuses ? Pas  grand-chose, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, tous sont aussi irresponsables et morbides.

 

Pour beaucoup, la vie en France n’est pas facile,  à fortiori depuis la crise. Les  moyens de lutte contre les discriminations et les violences de toutes natures, sont insuffisants.

L’accès à l’emploi ou au logement ne sont pas égalitaires, mais il est faux de dire que rien n’est mis en œuvre et si des populations immigrées ou d’origine immigrées, réfugiées aussi, sont légitimes pour exprimer des frustrations et des revendications, elles ne sont pas les seules.

Mais surtout je ne vois pas en quoi  revisiter jusqu’à la nausée les responsabilités de l’état colonial, creuser les replis communautaristes et religieux, encore moins fragiliser la laïcité, vont nous aider à régler les problèmes.

Que la politique des banlieues soit un échec est une évidence, en revanche, vouloir nous faire croire qu’il y aurait aujourd’hui en France, des discriminations organisées par une République d’ordre colonial et raciste est juste un grotesque mensonge.

Faire comme si les injustices, le racisme, les discriminations et les violences ne sévissaient pas amplement dans les pays idéalisés avec la plus grande démagogie par les « islamo-gauchistes »,  l’est tout autant.

Nombre de « féministes » islamo-gauchistes qui se pavanent ici sur les plateaux de TV pour parler des bienfaits du voile, hijab ou niqab alors que des femmes sont harcelées et emprisonnées pour ne pas le porter ailleurs, ne prendraient leur place pour rien au monde !

 

Tenter de faire avaler à des militantes féministes qu’il suffirait de combattre l’ »islamophobie » pour que tout s’améliore, c’est franchement nous prendre pour des abruti-e-s.

Le terme même d’ »islamophobie » que médias et politiques utilisent à qui mieux mieux, est contestable car il interdit toute critique de la religion musulmane.

La peur et le rejet de l’autre, étranger-e, immigré-e, arabe, africain-e, asiatique, etc., c’est du racisme ou de la xénophobie ;  le racisme et l’antisémitisme sont infects, ce sont des délits, pas l’islamophobie, la cathophobie ou le judaismophobie !

Voudrait-on nous faire croire qu’un arabe athée, ou un noir juif, sont moins victimes du racisme qu’un musulman  « blanc » ? !

Il est aussi absurde d’assimiler de manière systématique, les personnes d’origine étrangère, immigré-e-s, réfugié-e-s, même en provenance de pays arabes, à des musulmans.

Tout le monde n’est pas embrigadé dans une religion, et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui se lèvent un peu partout dans le monde pour revendiquer leur athéisme.

Les islamo-gauchistes ne leur rendent pas service !

Comme s’ils ignoraient que toute  religion, même sous sa forme modérée, opprime les femmes, leur assigne une place inférieure ?

Enfin, la virulence du totalitarisme fondamentaliste musulman est telle qu’elle impose de condamner fortement les dérives barbares qui écrasent les populations de nombre de pays musulmans, aussi la complaisance de nombre d’islamo-gauchistes à l’encontre de groupes terroristes intégristes est-elle proprement scandaleuse.

Dans tous les cas, c’est un droit fondamental dans une démocratie, sans risquer  une accusation de racisme, de pouvoir rejeter et critiquer toute doctrine, tout dogme religieux ou politique.

ob_2db35e_10351821-10152640238464074-23160325570 Photo prise lors des manifestations pro-Palestine de l’été 2014 à Paris Place de la République

Le pire encore en tant que féministe, c’est d’être confrontée  à des militants qui se disent de gauche et féministes et qui en guise de féminisme, passent leur temps à cautionner  un féminisme bradé, voire un « féminisme musulman » ! Vous connaissez vous, le féminisme chrétien ?!

Non, le féminisme, ça ne s’accommode jamais à la sauce de l’oppresseur !

 

Le féminisme n’a jamais fait la promotion du mariage des adolescents, encore moins du mariage forcé, de la prostitution ou du port du voile, hijab ou niqab,  contrainte sexiste essentialiste, qui ne s’impose qu’aux femmes dans le but de les contrôler et de les réserver à la vue de leur seul « propriétaire ».

Les islamo-gauchistes ne rendent pas service aux femmes qui tentent, dans les  pays où le port du voile est obligatoire, de s’en affranchir au péril de leur vie !

Ils valorisent les collectifs 8marspourtoutes, les groupes de femmes voilées, comme celui des mamans de Christine Delphy mais ignorent le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers qui résiste aux injonctions du Conseil du Culte musulman : « Le voile est une prescription qui recommande au Prophète de « dire à ses femmes, à ses filles et aux femmes des croyants » (Coran 33-59), de l’arborer pour la réserve qu’il leur impose ».

Lecture littéraliste et patriarcale s’il en est.

Si les femmes d’origine maghrébine du collectif d’Aubervilliers contestent le voile, ce n’est certainement pas par racisme, mais parce qu’il marque un rapport social inégal entre les femmes et les hommes, dans l’espace public.

Selon elles, il est un instrument de domination et de restriction de liberté : « Exigé dans les pays les plus conservateurs, il est toujours le premier acte d’autorité des djihadistes dans les villages conquis (Irak, Syrie, Mali, Nigeria…), que les femmes soient musulmanes ou non. Il est devenu leur étendard de par le monde. Il s’accompagne de la suppression de toute liberté pour les femmes. »

 

Le féminisme vise à l’anéantissement du système patriarcal pour émanciper les femmes et par là-même toute l’Humanité, pas à son aménagement pour complaire un quelconque pouvoir masculin, à fortiori religieux !

Le mouvement de libération des femmes est universel et laïque, il noue des solidarités entre les femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences identiques de la domination masculine.

Les violences conjugales, le viol, les violences prostitutionnelles, les mariages forcés, les féminicides, se retrouvent partout sur la planète ; dans certains pays, se pratiquent également quelques horreurs supplémentaires telles l’excision, la répudiation, la lapidation, etc.

Se battre contre l’islamophobie, la cathophobie ou je ne sais quelle phobie des religions, n’a jamais fait partie des  priorités du féminisme dont le but est de libérer les femmes de toute domination donc de tout  diktat religieux ; les religions étant sans conteste, l’un des instruments patriarcaux les plus redoutables.

Tout de même, quelle  confusion, quelle vaste fumisterie ! Que penser de ces intellectuel-le-s et politiques qui orchestrent cette machination, nourrissent les haines, inventent des concepts toujours plus aberrants, flattant leur cour de nostalgiques de la revanche du  grand soir « Indigène » ?

islamo-gauchistes

Le concept de « féminisme raciste blanc » est une imposture d’autant plus révoltante que l’intersectionnalité des luttes à la sauce islamo-gauchiste ne sert qu’à noyer les revendications, droits et libertés des femmes dans les stratégies prioritaires des objectifs et agendas masculins.

Bientôt les islamo-gauchistes nous expliqueront que la religion des « opprimé-e-s » est forcément progressiste, que la prostitution c’est très bien pour certaines femmes mais que les autres doivent être voilées, retour aux ancestrales saintes ou putains, et que le féminisme « occidental » est plus dangereux pour les femmes racisées que les violences de la domination masculine !

Allons donc ! La laïcité pleine et entière et les religions renvoyées à la sphère strictement privée, sont  à l’évidence la meilleure garantie pour les femmes de parvenir à l’égalité femme/homme.

Tout ce charabia fait écho au narcissisme du féminisme relativiste post-moderne où des idiotes inutiles qui ne connaissent rien aux fondamentaux,  se bornent  à clamer « être féministe c’est faire ce que je veux », comme si le féminisme n’était qu’un individualisme de plus et n’avait pas d’autres ambitions que l’exploration de l’aliénation « choisie » ? !

Ce dévoiement, ce travestissement  du féminisme relève en réalité du plus sordide révisionnisme qui soit, c’est une répugnante arnaque, une sale névrose.

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Il ne faut pas penser beaucoup plus loin que le  bout de son nez pour plonger dans ces tristes et stupides sornettes, aussi dangereuses pour notre démocratie (aussi faillible et perfectible soit-elle),  et pour les droits des femmes,  que l’est l’extrême droite, et ce n’est pas peu dire.

Des extrêmes purulents de haine et de mensonges,  des impostures à dénoncer et combattre sans relâche.

Islamo-gauchistes ou FN, c’est non aux extrêmes de la haine !

Christine Le Doaré

Le hijab, et nous, les femmes

imageLa délicatesse est à Mme Morano, ce que le hijab est à la liberté

Nadine Morano et la délicatesse sont de parfaits antonymes mais, il faut tout de même le dire, si le hijab était un signe de liberté, les hommes en seraient tous affublés.

Depuis cette nouvelle sortie tonitruante de Nadine Morano de son lieu de villégiature, tout le monde s’en mêle, les médias comme d’habitude font leurs choux gras de l’insignifiant et les politiques présents à Paris se bousculent devant les micros.

A vrai dire, cette polémique à la française est parfaitement ridicule.

Tout d’abord, Mme Morano ne nous a jamais habitué-e-s à la subtilité, elle s’attaque à une femme dont elle ne connaît rien et l’instrumentalise en la mettant en photo sur son blog.

Je veux bien croire qu’elle a été choquée par le manque de liberté de cette femme qui contrairement à son mari, ne s’est pas baignée, mais il y a bien d’autres façons de traiter de cette question.

Les journalistes comme les médias reprochent à Mme Morano de s’être ainsi emportée, d’avoir fait preuve d’intolérance, de confondre laïcité et racisme et rappellent à l’envie ce que chacun-e sait pertinemment, à savoir : la laïcité ne consiste pas à entraver la liberté de culte.

En revanche, personne ne se précipite pour rappeler que l’oppression des femmes a de multiples visages et que les obligations religieuses imposées aux femmes, ne sont le plus souvent que le fruit de l’imagination et de la volonté des hommes, férus de soumettre les femmes à leur contrôle.

Effacer les femmes de l’espace public en les affublant d’oripeaux qui ressemblent à de sinistres linceuls, dans le but de les dissimuler à la vue de ceux qui ne savent pas se contrôler ou encore, parce qu’ils les considèrent impures, tout ceci relève bien de la violence machiste.

Invisibiliser les femmes et les condamner à n’être que la propriété privée d’un homme, le mari, (le père ou le frère en attendant) en prétextant que telle est la volonté de Dieu, relève bien d’une violence psychologique patriarcale.

Car enfin, dans TOUTES les religions, le voile/hijab révèle essentiellement, une haine des femmes.

Le voile, est bien le drapeau insidieux d’un apartheid de genre, puisque seules les femmes et de rares dignitaires islamistes, (comme en Iran), le portent.

Comme le dit si bien l’écrivain algérien Mohamed Kacimi, « Le voile est un symbole de 3 000 ans de machisme religieux ».

En effet, l’auteur nous rappelle que le voile devient une obligation théologique avec la chrétienté et que c’est Saint Paul le premier qui impose le voile aux femmes.

Le voile est utilisé par l’église « comme un instrument de ségrégation qui fait de la femme un être inférieur, non seulement vis-à-vis de l’homme, mais aussi de Dieu ».

Dans le Coran, il est fait référence à une étoffe recouvrant le corps et plus précisément la poitrine, mais nullement de hijab recouvrant les cheveux et encore moins le visage.

C’est la révolution iranienne de 1979 qui généralise le voile, le hijab « innovation sortie tout droit de la tête des tailleurs islamistes, a supplanté le haïk traditionnel, un carré de tissu blanc. »

L’auteur nous explique que la différence fondamentale entre les 3 religions monothéistes est que l’Islam est « venue au monde comme religion d’état et une religion de conquête qui n’a pas souvent été minoritaire et qui n’a pas été un exemple de tolérance ».

Selon lui, « le hijab est l’effacement et l’abolition virtuels des femmes… Toute fille pubère est donc perçue comme honteuse. Elle est éduquée pour se percevoir, depuis l’âge de 8 ans, comme un objet sexuel potentiel qui doit être dérobé aux yeux de la foule concupiscente. Derrière chaque voile, il y a trois mille ans de haine envers la femme qui nous regarde. » http://m.slateafrique.com/97015/linvention-du-voile-religion-machisme

Par quel raisonnement, tant de gens en France, en arrivent à confondre des notions telles que : la tolérance, le racisme et l’oppression des femmes ?

Ceux qui pensent qu’il faudrait faire preuve de plus de tolérance, revendiquent-ils une tolérance envers l’oppression machiste ?

Ceux qui accusent de racisme les personnes qui s’inquiètent de l’accroissement constant dans l’espace public, du port d’un symbole non pas religieux mais machiste, sont-ils également prêts à cautionner d’autres manifestations machistes dans le même espace public ?

Quelle culpabilité, quelle distorsion idéologique aveuglent ainsi ceux qui ont si peur d’être pris en défaut de « politiquement correct » ?

Bien entendu, il est indispensable de refuser les amalgames et de faire la différence entre la condamnation féministe des stigmates de la domination masculine et par exemple, une récupération politique indécente par l’extrême droite.

Il ne s’agit évidement pas d’agresser les femmes qui portent le hijab, simplement de pouvoir en débattre en toute lucidité et de questionner l’obscurantisme religieux quel qu’il soit et dans tous ses aspects oppressifs.

Les athées subissent, terriblement tolérants quand on y pense, forcé-e-s d’être les otages silencieux de l’influence grandissante des religions dans la sphère publique et la géopolitique mondiale.

C’est terriblement oppressant.

Personnellement, je tolère les religions tant qu’elles restent dans la sphère privée.

Tout ce prosélytisme religieux est accablant : des revendications incessantes pour gagner toujours plus de terrain, un affichage ostentatoire des symboles, des guerres de religion qui dévastent le monde, leur instrumentalisation politique par des voyous qui n’ont de cesse d’asservir des populations et soumettre les femmes, etc.

La liberté de ne pas croire, de vivre dans une société qui ne soit pas imprégnée du religieux au point de tant peser sur nos vies et politiques publiques, doit être réaffirmée.

Faut-il le rappeler ? Tous ces communautarismes, règles, interdits, menaces et massacres, s’amplifient au nom d’un prétendu Dieu (vous remarquez que bien sûr qu’il est masculin !) sans même que la probabilité de son existence n’ait jamais été établie.

Croire est un espoir irrationnel, l’invention d’une éternité, la négation de la réalité d’une fin inéluctable et ce dès notre conception, notre temps de vie étant d’emblée, limité.

La condition humaine c’est de le savoir, de l’assumer et ne pas imposer aux autres ses techniques empiriques pour y faire face, qu’elles se nomment spiritualité, humanisme, religion ou je ne sais quoi d’autre.

Les croyants intelligents et éduqués qui ne s’opposent pas à cette ingérence grandissante, espérant quelques retombées pour leur propre religion, sont aussi redevables de cet état des lieux ; les athées qui au nom d’une obscure idéologie, cautionnent l’intransigeance terrible des dogmes religieux, tout autant.

Il ne fait pas de doute que les hommes règnent toujours en maîtres du monde, eux aussi souffrent des violences religieuses, mais ils ne risquent jamais autant que les femmes.

Il serait temps que les tous les athées, les femmes en particulier, se réveillent pour rappeler que face à ce qui n’est même pas une hypothèse, ne pas croire est amplement aussi légitime, si ce n’est plus, que croire et que les croyants n’ont pas à imposer de la sorte leur imaginaire.

Pour conclure j’imagine une fiction qui – et c’est tout de même un comble -, aurait à elle seule, le pouvoir de mettre un terme à toute polémique sur le hijab, mais qui je le crains, n’a guère de chance de se produire :

Breaking news : à la stupeur générale, le Conseil du culte musulman annonce en ce mois d’août 2014, qu’en l’absence de directives claires dans le Coran, c’est au tour des hommes de porter librement le hijab !

A écouter, une émission sur « Femmes libres »

459124715 TURBULENCES EN FEMINISME
Le 16 avril dernier j’étais invitée dans l’Emission « Femmes libres » pour y parler du 8 mars – journée mondiale de lutte pour les droits des femmes -, du mouvement féministe, du mouvement LGBT, des questions de genre, des mouvances dites « pro-sexe » et pro-prostitution (collectif 8marspourtoutes, STRASS, etc.), du postmodernisme politique, avec Elisabeth CLAUDE co-animatrice de l’émission Femmes libres, l’une des 2 émissions féministes de la bande FM, chaque mercredi de 18h30 à 20h30, sur Radio libertaire.
2 heures à revisiter les textes de ce blog.
Moins facile à l’oral qu’à l’écrit, alors quelques imprécisions : Griselidies l’association de prostituées Trans, gay, etc. dont j’ai un écorché le nom est à Toulouse, etc.
Bonne écoute !

Attention, l’enregistrement de l’émission commence avec le générique de l’émission « l’hymne des femmes » chanté par la chorale de Toulouse, à partir de la minute 6 (00.06.00), avant des chansons, des sons…

http://media.radio-libertaire.org/backup/16/mercredi/mercredi_1830/mercredi_1830.mp3

STRASS, Morgane Merteuil : inversions et manipulations

marche-tete-04-900x599Morgane Merteuil, STRASS, réglementaristes de la prostitution et inversion rhétorique au service de la manipulation.

Savez-vous que les personnes qui ne consomment pas assez de biens matériels sont responsables des ratées du système capitaliste ? Egalement, que les victimes du racisme sont responsables de l’inquiétude des occidentaux menacés par une société métissée et plurielle ?
Je vous sens crispéEs là, non mais c’est quoi ce discours néolibéral et raciste ? Inversion sémantique au service de la manipulation idéologique ? Oui, sans aucun doute !
Pourtant, quand Morgane Merteuil, porte-parole du STRASS*1. écrit que les clients et plus généralement les bénéficiaires du système prostitueur rendent service aux femmes en leur permettant de se prostituer quand les féministes abolitionnistes, elles, les mettent en danger, le procédé est rigoureusement le même mais peu y trouvent à redire.
Pourquoi sur le sujet de la prostitution tant de progressistes ont-ils l’esprit critique en berne, quand sur d’autres sujets, ils sont prompts à repérer les tentatives de manipulation à coups d’inversions sémantiques flagrantes ?

Le dernier texte de Morgane Merteuil est un chef-d’œuvre du genre. Elle y opère une double manipulation.
Elle s’appuie sur un texte de Joan W. Scott « Émancipation et égalité : une généalogie critique », donné lors d’une conférence Au-delà du patriarcat du colloque Penser l’émancipation (Nanterre, février 2014).

Le titre de Merteuil « Putes, corps désirants et émancipations », donne le ton, comme si juxtaposer des mots inconciliables suffisait pour convaincre de la pertinence du propos :
« putes » ce qui signifie : femmes (le plus souvent, mais pas seulement) performant des rapports sexuels sans désir et pour de l’argent, sous la contrainte (le plus souvent, mais pas toujours) ; rien que l’utilisation du mot « pute » est douteux, il permet de détourner l’attention et d’effacer la violence de la réalité de la prostitution,
« corps désirants » mais qu’est-ce donc qu’un corps désirant ? Un être désirant, oui, je vois, un corps désirant, déjà beaucoup moins, à moins que Morgane Merteuil ne reconnaisse l’état de distanciation / dissociation nécessaire pour se prostituer, l’esprit ici et le corps tout là-bas ?
Dans tous les cas, parler de « corps désirants » dans le cadre de la prostitution, alors que nombre de professionnels de santé et de féministes s’accordent à la qualifier de violence sexuelle intrinsèque et que les associations de défense de prostituéEs prétendent en faire un travail, est pour le moins contradictoire.
« émancipations », le mot est au pluriel, c’est tout de suite plus signifiant.
C’est aussi un artifice pour associer l’émancipation des femmes musulmanes à celles des femmes prostituées, le STRASS ratisse large et aux côtés de ses amiEs des Indigènes de la République, Morgane Merteuil tente de nous convaincre que « féminisme musulman » et « féminisme pute », même combat ! *2.Voir « Des déchaînézs au genoux du patriarcat ».

Le texte est à l’image du titre : une laborieuse tentative d’inversion des responsabilités, chaque argument étant maltraité jusqu’à l’absurde.
Bien entendu, les industries du sexe ne sont plus des industries ultra-capitalistes qui s’en mettent plein les poches sur le dos de femmes exploitées, les proxénètes comme les clients ne sont plus des instruments de la domination masculine et ne sont jamais responsabilisés, en revanche, les féministes abolitionnistes seraient des libérales « des franges répressives » et mettraient en danger les personnes prostituées.
De quelle manière et avec quels moyens, vous ne saurez jamais, ce qui compte c’est de semer le doute, de faire de la désinformation et de propager des mensonges.

Joan W. Scott prétend que « la rhétorique de l’émancipation sexuelle et de l’égalité entre les sexes, en ce qu’elle est soumise à un capital mondialisé qui fait du désir, et de sa capacité à l’assouvir, un préalable à la citoyenneté, contribue à la perpétuation de la domination de « populations minoritaires défavorisées », et notamment des femmes musulmanes ».
La théorie de Joan W. Scott est tout de même particulièrement perverse, elle suggère que l’émancipation des femmes occidentales, leur droit à une sexualité libre et désirante, leur volonté d’égalité, sont responsables de la domination des femmes musulmanes qui elles, n’auraient pas atteint ce niveau de liberté et ne pourraient donc, de ce fait, accéder au statut de citoyenne.
Entendez bien, les femmes musulmanes ne seraient pas opprimées par la domination masculine, l’interprétation masculine de textes religieux, le poids des traditions, non, du tout, elles seraient dominées à cause des féministes, des femmes occidentales libérées et seules dignes d’un statut de citoyenne !
Formidable exemple d’inversion des responsabilités et de manipulation rhétorique !
Les féministes universalistes « orientales » qui luttent dans les pays musulmans apprécieront cette obole au féminisme islamiste et plus encore au système patriarcal !
[Que des intervenants capables de telles manipulations soient invitéEs dans des universités françaises me laisse perplexe.]

Puis, entraînée dans son élan, non contente, comme Joan W. Scott, d’accuser « la communauté des nations » d’avoir choisi « le désir sexuel comme dénominateur commun universel dans la définition de l’humain », et par conséquent, selon Morgane Merteuil, d’être « islamophobe », [vous suivez j’espère ?], la porte-parole du STRASS extrapole et, seconde manipulation, se demande « si le rejet des revendications des travailleuses du sexe peut, lui aussi, correspondre un autre aspect du discours civilisationnel analysé ici par Joan W. Scott ».

Je vous épargne quelques paragraphes plutôt inintelligibles, pour arriver à ceci : « L’accent placé sur une sexualité libérée … fait écho au désir de consommer qui sert de moteur au marché, et permet de détourner l’attention des injustices économiques et sociales qui résultent de la discrimination et des formes structurelles de l’inégalité. On touche bien là à un des fondements de l’idéologie libérale, qui fait finalement reposer sur la volonté individuelle la capacité d’émancipation (sexuelle), sans prendre en compte les rapports de domination et de dépendance qui peuvent entraver celle-ci. Ainsi, dans le débat sur la prostitution, la position abolitionniste consistera essentiellement en une volonté de « responsabilisation » des clients…, sans que ne soient jamais abordées les causes économiques et structurelles qui peuvent pousser des femmes non seulement à exercer cette activité mais de manière plus générale à être dépendantes des hommes. »
Quel plus beau déni de la réalité des luttes féministes !
Un allié pareil, le patriarcat en rêvait, Morgane Merteuil l’incarne, il peut dormir sur ses deux oreilles.
Morgane Merteuil avance que la libéralisation de la prostitution et la soumission à des dictats religieux/coutumiers, sont des enjeux de luttes émancipatrices.
En réalité, les groupuscules d’activistes du STRASS, du collectif « 8marspourtoutes » et leurs quelques alliéEs politiques et universitaires s’emploient à faire diversion pour éviter toute atteinte sérieuse au système patriarcal et c’est à peu prés tout.

Constamment et simultanément les féministes combattent les systèmes d’oppression idéologiques, économiques et sociaux, dénoncent la pression des industries patriarcales et capitalistes du sexe qui ne cessent d’envahir nos sociétés hypersexualisées, combattent les inégalités femmes-hommes, etc.
Nous abordons la question de la prostitution, en tant que projet de société, à fortiori collectif, par opposition aux réglementaristes qui ne parlent jamais que de choix individuels de quelques « libérales/libéraux » qui exerceraient « librement » sans se préoccuper des millions de femmes déplacées, torturées, violées et prisonnières de proxénètes, de la traite.
Et tout ça, nous le ferions sans jamais interroger et combattre les raisons économiques et sociales qui poussent les femmes à se prostituer ?
Allons donc, nous ne cessons d’expliquer que désespoir, besoin d’argent et passage à l’acte favorisé par des violences sexuelles antérieures, sont les raisons qui poussent le plus souvent les femmes à se prostituer, quand elles n’y sont pas contraintes par un proxénète ou un réseau mafieux.
Une seule femme opprimée, une seule femme violée, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui risquent elles aussi, de subir ce même destin.

Le féminisme n’a pas de sens s’il n’aboutit pas à libérer les femmes, toutes les femmes, de l’emprise de la domination masculine, de leur exploitation et de leurs violences.
La domination masculine vise à contrôler les femmes, leur sexualité, la reproduction ; les religions, les traditions, les institutions sont les instruments de ce pouvoir masculin.
La prostitution n’est jamais que l’un des plus archaïques moyens de s’approprier les femmes – et souvent les enfants, parfois des hommes – réduitEs à des commodité sexuelle au service des hommes. Le voile et plus encore la burqa, le niqab, n’ont d’autre fonction que d’effacer les femmes et de les désigner propriété exclusive du père ou du mari tout puissant.
Morgane Merteuil aura beau triturer la réalité dans tous les sens, nous inventer des concepts « d’épanouissement sexuel islamophobes », – quelle personne sensée peut accréditer une seule seconde l’idée que nos politiques publiques associent épanouissement sexuel et droits sociaux ? -, elle n’est jamais du côté des femmes, de leur libération, de l’abolition du patriarcat.
C’est d’ailleurs pour cette unique raison et manifestement pas pour la pertinence de ses analyses, qu’elle cumule tant de soutiens et d’intérêts médiatiques et politiques.

Une manipulation rhétorique aussi grossière que celle qui consiste à inverser les responsabilités et absoudre au passage les bénéficiaires des systèmes patriarcal et prostitueur, est lamentable mais ce qui l’est plus encore, c’est la complaisance dont elle bénéficie pour continuer sans vergogne, à la tête du STRASS et des réglementaristes de la prostitution, à salir le mouvement féministe et tenter de le diviser.

Christine Le Doaré

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*1.STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

*2 : https://christineld75.wordpress.com/2014/04/02/des-dechainees-aux-genoux-du-patriarcat-2/

Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !

pancakes-158510Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !
Ou pourquoi, à peine connues, les théories « féministes « post-modernes sont vouées aux poubelles de l’Histoire.

« Islam et prostitution : les féministes, le voile et le string » de ValérieCG ou Crêpe Georgette. Vous ne rêvez pas, dans un même titre, s’enchaînent les mots : Islam, prostitution, féministes et voile. String c’est juste pour faire style.

Surprenant ? Pas vraiment, depuis quelque temps déjà, une mouvance constituée de : bloggeuses influentes (notamment « Les Déchaînées »*1.), aussi la nébuleuse « 8marspourtoutes » *2., de Morgane Merteuil et d’autres du STRASS *3 et aussi d’Act-Up Paris, de quelques militants du NPA, aussi des Verts et de quelques universitaires amplement médiatisés, a pour ambition de parvenir à décrédibiliser puis diviser le mouvement féministe, en récupérant certaines luttes de femmes.

Les théoriciens et théoriciennes du « féminisme » post-moderne dit improprement « pro-sexe », nullement effrayéEs par les amalgames improbables, récupèrent des luttes de femmes que la société rejette et /ou que leurs « choix » isolent.
Ces femmes, à priori, tout les oppose : les unes revendiquent de se voiler « librement », les autres de se prostituer « librement ».
On ne peut imaginer plus grand écart entre les motivations et revendications d’un tel rassemblement, mais le mot « librement » a indéniablement un fort pouvoir d’attraction sur les libertariens !

D’un côté, nous avons des femmes voilées qui semblent ignorer que des générations de femmes se sont battues pour s’en affranchir, que des femmes sont, en France, sommées de le porter par les hommes de leur entourage, que d’autres femmes dans le monde sont harcelées, lapidées et assassinées quand elles ne le portent pas.
En tous cas, elles s’acharnent à défendre en France, ce morceau de tissu qu’aucun texte religieux n’impose, mais infligé aux seules femmes par des hommes qui encore et toujours exigent de les contrôler et entravent leur liberté.
Paradoxalement, ces femmes s’entêtent à leur donner raison et se déclarent « libres », certaines le sont sûrement, mais combien sont instrumentalisées par le « féminisme islamique », des islamo-gauchistes et intellectuels si bienveillants à leur encontre ?

De l’autre, des prostituéEs qui semblent ignorer qu’en guise de liberté, elles participent à l’organisation patriarcale d’une distribution des rôles agencée pour garantir aux hommes une mise à disposition des corps des femmes.
Réduites à une convenance sexuelle, elles n’expriment aucune solidarité envers les femmes forcées dans la prostitution, comme si elles ignoraient que les clients ne s’inquiètent jamais de la situation des femmes et filles qu’ils payent, que leur demande nourrit une traite criminelle et un sordide trafic d’êtres humains.
Une liberté d’entreprise incompatible avec la défense des droits humains et à fortiori des droits des femmes.

Rien de bien moderne, subversif ni féministe dans ces revendications, si ce n’est que le mot « librement » justifie tout, y compris de renforcer le contrôle et les violences contre les femmes puisqu’elles semblent y consentir.
En réalité dans un cas comme dans l’autre, des femmes souffrent du regard de la société, de violences et de discriminations mais plutôt que de lutter contre les raisons de leurs problèmes à savoir, l’arbitraire de l’interprétation masculine des religions et les violences sexuelles de la domination masculine, elles tentent d’aménager leur oppression plutôt que de l’abolir.
Erreur fatale, l’oppression ne s’aménage pas, elle s’abolit.

Le mouvement féministe est loin d’être parfait et ne se préoccupe probablement pas assez des multiples discriminations de sexe, classe, race-racisation-, il est compréhensible que des femmes se pensent laissées pour compte ; en revanche, ce qui est scandaleux c’est l’instrumentalisation éhontée de frustrations légitimes par des intellectuels et des activistes que l’honnêteté intellectuelle n’étouffe pas.
Le relativisme culturel est pourtant de plus en plus contesté, à commencer par les femmes concernées dans les pays arabes ; les femmes du monde entier sont solidaires face à des violences et discriminations qui les concernent toutes, c’est ça le féminisme et le relativisme culturel les divise.
Le soutien direct ou indirect de plus en plus flagrant aux industries du sexe, que les femmes dès qu’elles sortent de la prostitution, dénoncent en grand nombre, est de plus en plus difficile à cacher.
Nous vivons dans un monde formidable : les systèmes d’oppression, les industries n’ont même plus besoin d’assurer leur maintien et défense eux-mêmes, des personnes et groupes se présentant comme subversifs le font bien mieux à leur place !

Ce sont les mêmes qui nous rabattent les oreilles de l’intersectionnalité des luttes, concept utile pour exiger des femmes qu’elles attendent le grand soir pour revendiquer des droits spécifiques ; dommage, l’Histoire et même la plus récente nous prouve qu’elles sont alors très vite muselées et renvoyées à leur oppression.

Aucun des arguments avancés dans le texte « Islam et prostitution… », au paroxysme de cette posture aberrante ultra-libérale et islamo-gauchiste et qui revient à promouvoir un racisme de l’occident pas plus intelligent que ne l’est aucun racisme, ne résiste bien longtemps à une lecture un tant soit peu critique et surtout féministe.

« La lutte contre le voile, outil fédérateur d’un féminisme en mal de visibilité » !
Il faut le lire pour le croire ! La lutte contre les discriminations, l’éducation à l’égalité, la lutte contre les violences (le viol, les violences conjugales, etc.) sont des sujets fédérateurs parmi bien d’autres et depuis toujours, pour les militantes féministes.
En outre, la question du voile est un vrai sujet de société sur lequel les féministes aussi ont leur mot à dire car religions, interprétation masculine des religions et oppression des femmes ont toujours été fortement liés !

« Civiliser les femmes musulmanes : « mission oppression », au nom du féminisme » !
Entre culture du complot et fantasme de persécution de type « Indigènes de la République » ! Comment croire une seule seconde que le mouvement féministe penserait à « civiliser les musulmanes » ?
Les femmes du monde entier ont toujours cherché à s’affranchir du poids des religions, de toutes les religions et de ce qu’elles imposent aux femmes.
Quelle pathétique névrose que de masquer les voix des féministes du monde musulman qui résistent pour mettre en avant les « féministes islamistes », instruments des pouvoirs intégristes !

« 2013, le féminisme anti-putes s’offre les feux de la rampe » !
Référence à la loi d’abolition de la prostitution qui comporte la pénalisation du client prostitueur. Comme si depuis toujours le mouvement féministe n’était pas abolitionniste de la prostitution, plutôt que complaisant à l’égard des hommes qui abusent du pouvoir de l’argent pour contraindre des femmes à une sexualité non désirée ?
Mais c’est quoi au juste le féminisme sinon l’émancipation des femmes pour l’égalité femmes-hommes, une société qui se libère des dominations, exploitations et violences et abolit les privilèges patriarcaux à commencer par les plus anciens et à l’origine même du patriarcat : l’appropriation du corps des femmes pour la sexualité et la reproduction dans le mariage comme dans la prostitution ?!

Tout est à l’avenant, les fondamentaux d’un féminisme universel et laïc sont bafoués dans un jargon complotiste, des arguments absurdes, une grossière manipulation idéologique.
Qui donc peut être dupe ? Cette mouvance, démasquée depuis un certain temps déjà, ne poursuit en réalité pas d’autres buts que la perpétuation du patriarcat, alors je me demande bien pourquoi ces « féministes » de pacotille continuent de faire semblant ? Croient-elles vraiment pouvoir ainsi souiller les luttes féministes et tromper celles et ceux qui les suivent, encore longtemps ?
Pourquoi ne disent-elles pas clairement qu’elles sont du côté de l’oppresseur, des dictats religieux, du contrôle des femmes ? Pourquoi ne rejoignent-elles et ils pas les masculinistes, les islamistes, enfin qui elles et ils veulent, mais cessent d’usurper le nom de féminisme ?

Quelle terrible imposture, les seulEs véritables « putophobes » et « islamophobes » ce sont eux, tout juste bons à attiser la haine et à diviser.

Christine Le Doaré

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*1 Les Déchaînées : Valérie CG et Crêpe Georgette + Daria Marx + Gaëlle-Marie Zimmerman et A Contrario : http://www.crepegeorgette.com/2014/03/17/creation-de-lassociation-les-de-chainees/

l’article objet de ce post : « Islam, prostitution, … » : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.dechainees.fr%2F2014%2F02%2F27%2Fislam-prostitution-feminisme-voile-string%2F

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https://christineld75.wordpress.com/2014/03/09/un-etrange-8-mars-2014/
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/04/encore-un-8-mars-et-des-questions-qui-fachent/

*3 STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe


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