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Voilement des fillettes ou l’amendement atomisé

L’amendement des députés Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau qui portait sur l’interdiction du voile pour les fillettes a été jugé irrecevable par la commission spéciale d’examen de la loi visant à « conforter le respect des principes républicains ».

Pour faire bref, ce projet de loi ne serait pas le « bon véhicule législatif ». Je trouve au contraire qu’une loi sur le renforcement des principes républicains était bien indiquée pour lutter contre cette violence réservée au sexe féminin.

En effet, si notre république laïque promeut l’égalité femmes-hommes, ce ne doit pas être une vue de l’esprit, elle doit empêcher autant que faire se peut, que ne soit bafoué ce principe d’égalité. Et à fortiori lorsqu’il s’agit d’enfants si facile à influencer. Il ne peut être toléré que l’endoctrinement religieux précoce de petites filles leur impose de consentir à la soumission de leur genre. Endoctriner des petites filles de manière sexiste et sectaire en leur faisant revêtir un accessoire qui signe leur soumission au divin comme au masculin,  contrevient au principe républicain fondamental d’égalité. Le voile signifie pour les filles : je suis une femme, je suis impure et en faute s’il m’arrive quelque chose alors que je ne le portais pas, et pour les garçons, une fille qui n’est pas voilée n’est pas une fille correcte.

Le voile est lourd au plan symbolique mais aussi physiquement, c’est un tissu encombrant, ce n’est pas un petit bijou ou accessoire. Il réduit la fillette comme la femme qui le porte à n’être qu’une tentation sexuelle ; elle porte seule la responsabilité de devoir se dérober aux prédateurs éventuels. C’est très lourd pour une petite fille ! Faut-il rappeler que les garçons eux, sont libres de s’habiller et se comporter comme ils l’entendent ? Voir, en particulier l’été, des fillettes et des femmes recouvertes de tissus souvent lourds et sombres, quand les garçons et les hommes se baladent jambes et tête à l’air, est intolérable. Comment accepter qu’une fillette ne soit réduite à un corps entravé par des interdits archaïques, déjà réduite à n’être que possession future et soumise à une condition inférieure ? Priver des petites filles de leur enfance en les sexualisant (imaginer qu’elles risquent en montrant leurs cheveux de susciter des convoitises sexuelles est en soi un scandale), en les entravant dans leurs mouvements, en mettant en danger leur santé (fixation de vitamine D nécessaire à la croissance limitée par l’absence d’exposition au soleil) est de la maltraitance.  

Si ce n’est pas le bon véhicule législatif, que font donc dans ce projet de loi les mesures relatives aux droits et libertés des femmes telles que la lutte contre la polygamie, contre les certificats de virginité, contre les mariages forcés ou contre la discrimination sexiste à l’héritage ? Le voilement aussi est une marque d’inégalité femmes-hommes et le voilement des fillettes de la maltraitance caractérisée. Pour défendre le voilement des femmes, beaucoup mettent en avant la liberté individuelle. Il y a déjà débat parce que déterminer la part de conditionnement à une culture, religion, tradition communautaires et de réel consentement est loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît. Mais quand il s’agit d’une enfant, un consentement éclairé est parfaitement illusoire, en réalité seule s’exprime la volonté de ses parents et de sa communauté. Il ne s’agit que d’emprise religieuse et familiale.

Si ce n’est pas le bon véhicule législatif alors que veut atteindre ce projet de loi ? Ne s’agit-il pas d’éviter que les fondamentalistes n’imposent leurs règles et déstabilisent la société en isolant des communautés des valeurs républicaines qui nous rassemblent ? A priori j’ai cru comprendre que si. Dans ce cas, empêcher un formatage des enfants est une priorité, car une fois que les fillettes auront appris qu’elles ne sont pas des citoyennes libres mais doivent rester à la place qui leur a été assignée, il sera trop tard pour revenir en arrière.

Faut-il encore le rappeler, le voile est importé d’Afghanistan et c’est avant tout le meilleur marqueur social de progression de l’islamisme. Au Maroc, en 2012 le Centre pour l’Égalité des femmes a mené campagne contre le voilement des petites filles jugé comme étant « une forme majeure de violence envers les enfants. »

Pourtant il y a en France, comme un peu partout en Europe,  de plus en plus de fillettes voilées. Alors, quel sera le bon véhicule législatif pour l’interdire et combien de temps va-t-il encore falloir attendre ?

Christine Le Doaré

Paris nord-est, le tram de l’angoisse

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Canal de l’Ourcq sortie Parc de la Villette vers Pantin

Ce dimanche après-midi-là, partie découvrir dans le prolongement du Parc de la Villette, le canal de l’Ourcq, direction Pantin et ses moulins restaurés,  je ne pensais pas en revenir aussi déprimée.

Oh la balade fut sympathique, berges piétonnières et jolis petits bateaux de location sur l’eau, le retour, en revanche, plus éprouvant.

Avant de prendre le tram du retour, direction Porte de Vincennes, je m’offre un petit arrêt dans la Cité des Sciences et de l’Industrie, quand soudain je tombe sur une petite famille, un père et ses enfants dont une fillette d’environ 9 ans, soigneusement voilée. Une enfant si jeune qui ne devrait avoir en tête que de s’amuser librement, dans ce musée ludique. Dépitée de constater une fois de plus, que si de plus en plus de femmes sont voilées, les fillettes n’échappent pas  non plus à cette mode politico-religieuse qui sur elles toutes, étend son voile d’invisibilité. Le voilement des fillettes est terriblement choquant, c’est un formatage idéologique qui les assigne à une obscure ségrégation sexuelle et sexiste. De plus en plus de fillettes sont ainsi marquées du sceau communautaire et religieux imposé par leur famille, c’est de la maltraitance, la République pourtant, ferme les yeux.

Attristée, je me dirige vers la station de tram Porte de la Villette où j’aperçois une autre fillette d’environ 7 ans cette fois, abandonnée sur le quai et prise en charge par la sécurité RATP. La petite fille semble être Rom ou Syrienne, oubliée sur un quai, pour quelles raisons, par quels « parents » ? Pauvre bout de chou aux grands yeux emprunts d’un insondable sérieux. La brigade RATP appelle la police qui la prendra en charge, la rame arrive, je la regarde une dernière fois.

Assise, préoccupée, j’observe attentivement les gens dans la rame, autant que les extérieurs que nous traversons sur le trajet de la Porte de la Villette jusqu’à la Porte de Vincennes. Un parcours dans Paris, même si à sa périphérie, que nos politique et décideurs publics,  ne doivent pas souvent emprunter. Avant la Porte des Lilas, des deux côtés, on aperçoit de temps à autres des HLM et des citées qui auraient bien besoin d’être rénovées, grises, sales, laidement taguées (pas franchement du street art !), affublées de balcons débarras.

Sur les trottoirs comme dans la rame, circule une population très majoritairement immigrée essentiellement d’origine africaine et maghrébine, difficile de parler de mixité sociale ; les garçons sont en bandes, les filles entre copines, il y a quelques pitbulls sans laisse ni muselière,  les tensions sont palpables. De nombreuses femmes âgées mais aussi de toutes jeunes filles-femmes sont voilées, certaines portent abaya, niqab, d’autres des vêtements traditionnels ; les personnes des deux sexes semblent se soumettre à des règles communautaires où la domination masculine règne en maître.

Abattue, j’ai envie de quitter la rame avant mon arrêt. J’ai beau ne rien ignorer de cette situation, ce dimanche de fin juillet, l’accumulation m’oppresse. Comment a-t-on pu en arriver là ? Un tel retour arrière, aussi phénoménal et à si grande échelle ? 

Le dernier centre de dé-radicalisation a fermé, à quoi servirait d’en ouvrir de nouveaux ? Dans toutes les villes et pas seulement quelques banlieues, des zones entières de territoire républicain sont plus ou moins livrées à elles-mêmes et ne ressemblent plus guère aux villes françaises que nous connaissions encore il y a peu. Bien sûr même dans ces zones, des personnes résistent, mais les lois de la République et  le « vivre ensemble » cèdent la place à des modes de vie communautaires ; la délinquance et la violence prospèrent, s’imposent aux habitants qui les subissent. S’agit-il encore de vivre en France parce que l’on a choisi de connaître et participer à la vie de ce pays ou de s’enfermer dans une attitude de rejet systématique et même de haine ? Ces enfermements communautaires sont une chance pour ceux qui ont une stratégie politico-religieuse dont ils se cachent à peine. 

Les politiques d’urbanisme, de logement social,  ont contribué à installer peu à peu cette situation.  Le clientélisme politique a dangereusement enfoncé le clou alors L’islam politique a la tâche facile et je ne vois pas comment nous pourrions maintenant en sortir, à moins d’une sérieuse prise de conscience et d’une action politique volontariste, intensivement soutenue.

Les pouvoirs publics ont-il seulement réalisé l’ampleur des dégâts ? Qui, quand, comment seraient mises en oeuvre des actions capables de redresser la barre et nous éviter les terribles écueils sur lesquels nous ne manquerons pas de nous échouer ? La lucidité, rien de plus déprimant.

Christine Le Doaré

 

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Le hasard faisant hélas dans ce cas, bien les choses, 48 heures après avoir posté ce texte sur mon blog, je prends le métro vers 17h20 sur la ligne 8 et je tombe pile nez à nez avec un groupe d’enfants en centre aéré. Dans le groupe d’enfants qui s’amuse, une fillette voilée. Mais bien sûr il ne s’agit une fois de plus, que d’une hallucination visuelle islamophobe ! Quand le déni confine à la collaboration, les déni-oui-oui, deviennent complices d’un système d’oppression.


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