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Non, les droits des musulmanes ne sont pas des Droits des Femmes ! Réponse à la Tribune la libre.be 2/8/18

IMG_7125Non, les droits des musulmanes ne sont pas des Droits des Femmes !

Réponse à la Tribune la libre.be 2/8/18

Selon un article paru jeudi 2 août dans la libre.be , « Les droits des musulmanes font partie des droits des femmes ». D’après ce texte, « l’interdiction de signes ou vêtements religieux dans l’emploi ou le secteur public constitue une discrimination ».

Ce texte n’a pas été écrit par hasard. Sous la pression d’un Collectif de musulmanes qui revendique « un modèle d’inclusion et de pluralisme européen », la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres du Parlement Européen (mais si, un jour viendra, elles et ils parleront de droits DES femmes et éviteront tout essentialisme) a débattu récemment de la place des femmes musulmanes en Europe.

Ce collectif considère que les restrictions relatives au port des vêtements religieux témoignent d’une suspicion généralisée envers les musulmans. Interpellant les états membres de l’UE, il affirme que le débat qui s’est tenu au sein du Parlement Européen sur la situation d’exclusion des musulmanes, constitue « un soutien à la solidarité féministe avec les femmes musulmanes qui commence à se manifester en Europe ».

Parmi les signataires nous retrouvons Rokhaya Diallo, Lila Charef du Collectif contre l’islamophobie en France, etc.

Je commence par noter que les groupes de pression sur les institutions nationales et européennes ne sont pas sans effet.

Pourtant la façon de faire n’est pas nouvelle : se victimiser « femmes musulmanes exclues » et détourner les référentiels droits humains, droits des femmes «  solidarité féministe « pour obtenir des privilèges spécifiques communautaires et religieux .

Pourtant le risque est grand de compromettre l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes dans chaque pays, comme au niveau européen ainsi que compromettre le principe de neutralité religieuse dans les secteurs privé et public.

Sur le « féminisme » revendiqué dans cet article, je note que la question des violences faites aux femmes est survolée, quasiment accessoire dans le texte ;  elle n’est que prétexte à promouvoir l’idée d’une islamophobie généralisée en Europe. Instrumentalisation des luttes féministes s’il en est !

Le port d’un signe distinctif ostentatoire tel que le voile islamique, hijab, abaya… est un marqueur sexiste puisqu’il ne concerne que les femmes. Il est sensé marqué la pudeur des femmes face à l’avidité sexuelle des hommes, et par voie de conséquence,  accuse les femmes qui ne se voilent pas d’impudeur. Etrange manière de lutter contre les stéréotypes sexuels et sexistes et d’avancer vers l’égalité femmes-hommes. Dans l’espace public, c’est déjà difficile de voir à quel point le nombre de femmes soumises à ce diktat communautaire et religieux patriarcal est en augmentation, mais dans le milieu de l’entreprise ou des services publics, ce serait catastrophique pour les droits et libertés des femmes. Ce marqueur et drapeau de l’islamisme est une entrave à l’émancipation des femmes et la marche vers l’égalité femmes-hommes, nous ne le dirons jamais assez. Les musulmanes ne se voilent pas toutes loin de là, celles qui le font affichent une revendication politique.

Sur « la place des femmes musulmanes en Europe », je pense utile de rappeler que les femmes musulmanes n’ont pas de droits spécifiques en tant que musulmane, pas plus que les catholiques, les juives, les boudhistes, …, elles ont des droits en tant que citoyenne d’un état membre de l’UE, et en France citoyenne d’une République laïque.

Elles ont donc le droit de pratiquer leur culte dans leur sphère privée et intime, culte qui ne doit en rien interférer avec la vie de la République, ses institutions, ses services.

Dans l’entreprise, imagine t’on des salariés organisés et divisés selon leur conviction religieuse ? A quoi veut-on aboutir exactement ici ? A favoriser le vivre ensemble ou à afficher le religieux avant le reste, à exacerber les communautarismes, à diviser les citoyens d’un pays de l’UE, à fragmenter une UE déjà fort fragilisée ?

Des signataires de cet article sont aussi celles qui se revendiquent soit du féminisme essentialiste, relativiste, racialiste, intersectionnel, « pro-sexe »/queer d’une Joan Scott ou d’une Christine Delphy par exemple, ou du « féminisme islamique », aussi celles qui signent les tribunes exigeant la libération de Tariq Ramadan…, étrange coalition, pas étonnant qu’elle ait si peu à voir avec le féminisme. Pour s’y retrouver dans le féminisme, ses « versions » et dérives : https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/

L’action d’un tel Collectif représente un danger pour nos démocraties nationales comme pour l’Union Européenne. Il serait temps d’en prendre pleinement conscience. C’est-à-dire pour les féministes occidentales refuser toute alliance avec cette imposture de « féminisme », et pour les parlements et gouvernements, ne pas se laisser aussi facilement influencer, manipuler, et à l’inverse consolider le socle toujours imparfait mais irremplaçable de valeurs d’égalité sur lequel se fondent nos démocraties.

Christine Le Doaré

Le féminisme universaliste censuré par le « féminisme » universitaire francophone

Quand le féminisme universaliste est censuré par le milieu universitaire francophone, il est temps de se demander si le féminisme n’est pas tellement dévoyé aujourd’hui qu’il serait temps de le refonder.

https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/?wref=tp

Le relativisme culturel a le vent en poupe, les intersectionnelles, racialistes, post-coloniales, indigénistes, ont réussi, à force d’entrisme politique, à pervertir tous les mouvements sociaux, le mouvement des femmes n’a pas été épargné. Enfermer les femmes dans des communautés, origines, cultures et religions, pour mieux les diviser, le patriarcat n’aurait pas fait mieux.

Désormais, l’université francophone dite « féministe » est-elle aussi gangrenée par ces dérives essentialistes au service d’agendas politiques masculins.

L’odieuse censure de l’intervention sur le féminisme universaliste organisée par l’Institut Émilie du Châtelet et pourtant au programme du 8ème Congrès International des recherches sur le féminisme », en est une illustration de plus.

BOYCOTT !

Christine Le Doaré

Je reproduis ci-dessous le CP de l’IEC auquel j’adhère totalement. 

 

Le C0 de l’IEC communique :

« Le Café de l’IEC du 28 août 2018 a été déprogrammé par le CIRFF ! »

Paris, le 25 juillet 2018

Les intervenantes choisies par le Conseil d’orientation (CO) de l’Institut Émilie du Chatelet (IEC) pour introduire le Café de l’IEC  « Conditions et contours d’un féminisme universaliste, aujourd’hui »  avaient été agréées et programmées pour le 28 août 2018 par les instances de l’IEC et du CIRFF (8e Congrès international des recherches sur le féminisme dans la francophonie : voir ci-dessous le Programme, p. 118-119). Elles ont été récemment (4 juillet  2018) unilatéralement récusées par un Conseil scientifique du CIRFF, avec l’aval de la présidente de l’IEC. Pourquoi ?

Christine Le Doaré et Fatiha Boudjalhat sont connues pour revendiquer leur attachement à la laïcité, à la République et à l’universalité du féminisme. Elles avaient été invitées par le CO de l’IEC, en charge de l’organisation des Cafés, pour introduire le débat avec la salle, dans un espace de dialogue où tous les avis pouvaient se faire entendre, à l’instar des nombreux autres échanges prévus :

https://cirff2018.parisnanterre.fr/le-congres/programme/

Il faut dénoncer et faire publiquement connaître cette décision inique, antidémo-cratique et insultante pour les intervenantes comme pour les organisatrices ; elle relève de la censure : le féminisme universaliste est donc interdit de cité dans le milieu universitaire francophone, dit féministe.

Il est impossible, pour le CO de l’IEC — en tant que groupe de femmes fidèles à leurs idées et à leurs paroles — de céder à ces injonctions et de cautionner ces pratiques. C’est pourquoi, avec beaucoup de regrets et d’inquiétudes, nous avons décidé de nous retirer de l’organisation du Café de IEC du 28 août 2018.

Cette information est diffusée pour sortir de l’entre-soi et du catimini que le Conseil scientifique du CIRFF et la présidente de l’IEC, responsables de cette déprogrammation essaient d’imposer, tout en cherchant à se dédouaner de leurs responsabilités.

Salutations féministes.

Le CO de l’IEC, Christine Le Doaré, Fatiha Boudjahlat.

Copie extraite du Programme général

du 8e Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie (CIRFF2018), p. 118 et 119, publié en juin 2018

Mardi 28 août 2018 – Session 4                                                                 Amphithéâtre C2

             DEB006 : Conditions et contours d’un féminisme universaliste, aujourd’hui

Café IEC

Peut-on aujourd’hui parler encore du féminisme, et d’un féminisme se revendiquant universaliste, ou faut-il maintenant se référer à des féminismes ? Laïcité, voile islamique, abolition/ règlementation de la prostitution : les femmes s’opposent. Pourtant, l’égalité, l’éducation, l’autonomie économique, le droit au travail, les droits sexuels et reproductifs, le refus des violences… sont des revendications qui leur restent communes, partout. Peuvent ces

revendications s’inscrire aujourd’hui encore dans une démarche universaliste ?

Modératrice

FOUCHÉ Nicole

historienne, chercheuse CNRS-EHESS, Centre d’études nord-américaines (CENA), vice-présidente de l’association Réussir l’égalité Femmes-Hommes (REFH), membre du CO de l’IEC.

Intervenantes

AGAG-BOUDJAHLAT Fatiha

professeure en collège, ex secrétaire nationale du MRC en charge de l’éducation, juge assesseure  au tribunal pour enfants de Toulouse, féministe universaliste, auteure du Grand détournement : féminisme tolérance, racisme, culture.

« Féminisme intersectionnel, féminisme racialisé : à la fin, c’est toujours la femme qui

perd »

LE DOARÉ Christine

juriste conseil en entreprise et porte parole des « VigilantES. Égalité, émancipation, laïcité »

« Qu’est-ce que le féminisme quand il n’est pas universaliste ? »

 

ARRÊT SUR IMAGE Marche des Fiertés, on touche le fond !

ARRÊT SUR IMAGE présente un plateau de militants LGBT à l’occasion de la Marche des Fierté parisiennes 2018. (Voir vidéo jointe) Et c’est la consternation la plus totale.

Ces gens sont sensés défendre qui au juste ? Les droits des personnes homosexuelles, transgenres ? Ah bon vraiment ? Je sais bien que de dérives en dérives on en prenait le chemin, mais cette fois, nous avons bien touché le fond.

Pour représenter un mouvement de plus en plus délirant, un plateau TV sur lequel il n’y a aucune femme. Les lesbiennes n’existent pas, c’est bien connu. Pas de femme sur le plateau fait remarquer l’animateur, mais pas d’inquiétude, tout est résolu, un des hommes affirme ne pas en être un.  De manière sentencieuse, avec vanité et agressivité, ce type qui se donne toutes les apparences, tous les attributs d’un homme, de la calvitie à la barbe,  et qui donc bénéficie de tous les privilèges sociaux associés à son sexe, affirme dans un langage totalement abstrait qui n’a pour but que de rendre muet son interlocuteur, qu’il n’est pas un homme mais un binaire, et que le genre et l’apparence sont deux choses différentes. Ben voyons,  moi je suis un dauphin, pas du tout une femme !

En outre, cet homme, plus blanc que blanc sur un échelle de 1 à 10 rapport au taux de mélanine, met en avant des gènes pour partie Libanais pour affirmer qu’il n’est pas « blanc ».  Je n’avais pas compris que les Libanais étaient noirs ?! Allo Pantone ?

Et qui d’autre dans cette belle brochette de représentants LGBT ?

Thierry Schaffauser escorte de luxe du STRASS, qui pense représenter les droits des gays et des Trans contraints de se prostituer pour vivre, pourcentage infime des personnes prostituées et trafiquées. Ce que vivent les femme trafiquées, violées par des clients à la chaîne, il ne l’imagine même pas, il régurgite la rhétorique hygiéniste du 19 ème siècle : donnez leur des capotes et ne vous occupez surtout pas de l’oppression, de l’exploitation, ni des traumatismes, encore moins des violences. Complice objectif du système prostitueur et des inégalités femmes / hommes.

Le 3ème représente le collectif PinkWashing, prétexte à l’antisémitisme que la liberté des gays et lesbiennes d’Israël insupporte et qui n’intervient jamais pour défendre la violente répression envers les LGBT dans la plupart des pays arabes (interdits partout, notamment en Palestine, pendus en IRAN…) mais ce n’est pas grave, du moment que l’on tape sur Israël. Ce groupuscule appelle cette année à prendre la tête de la Marche des Fiertés, entre personnes exclusivement Queer, Trans, racisé.e.s et non-mixte ? ! C’est-à-dire ? On fait comment, on prend un nuancier Pantone, qui décide, qui exclue ? Et dans le cas d’un couple mixte (deux personnes de couleur différente), on s’ignore pendant la journée ?
Quel rapport avec l’homosexualité ? Quel rapport avec l’orientation sexuelle, la liberté d’aimer une personne de son sexe et le vivre en plein jour, avec la lutte contre les discriminations et les violences… ?

Je refuse à ces gens le droit de me représenter, et je demande aux médias de penser un peu à ce qu’ils nous donnent à voir et à penser. Quel est le problème de ces gens ?  Quels frustrations, échecs et problèmes existentiels tentent-ils de régler en prenant en otage ce que d’autres organisent, en infiltrant tous les mouvements sociaux pour les pervertir ?

Ces gens constituent posent problème à plus d’un titre, mais en particulier pour les droits des femmes. Les féministes devraient le réaliser très vite et agir en conséquence car avec de tels discours, le féminisme n’aura bientôt plus de raison d’être puisque des hommes peuvent se revendiquer à leur guise, soit homme, soit femme, soit non binaire, (et pourquoi pas ectoplasme !), comment dans ce cas articuler des luttes et revendications contre la domination masculine,  alors que les femmes continueront de subir discriminations et violences de sexe. Ce mouvement queer, gender, non binaire… est la plus grosse arnaque patriarcale du siècle, pas étonnant que cette tendance ait tant d’affinités avec les courants identitaires, indigénistes, anticoloniaux.
Ces gens sont de dangereux individu.e.s prêt.e.s à tout pour imposer leurs théories fumeuses, et les médias comme les universitaires leur facilitent tellement la tâche, en leur offrant tous les tremplins possibles. Une fois les Etudes féministes remplacées par les Etudes de Genre, il n’y avait plus qu’à foncer, c’est fait. Pendant ce temps là, trop de féministes font diversion avec des distributions de tampon ou autres campagnes guère prioritaires, et leur laissent le champ libre.

Féministes, gays et lesbiennes universalistes, réveillez-vous, et barrez la route à tous ces champions de la division et de la haine avant qu’il ne soit trop tard !

Indigénistes, mouvance décoloniale, etc.,  un cortège racialiste, excluant, prend la tête de la MarchedesFiertés 2018 à Paris. L’inter-LGBT laisse faire. Des complicités constantes ont facilité l’entrisme de ces groupuscules, et leur récupération du mouvement LGBT (ou devrait-on dire, gay et trans.) depuis des années ; désormais ce mouvement pris en otage, comme tant d’autres mouvement sociaux, ne sert plus les droits et libertés des personnes homosexuelles, il pourrait même les mettre rapidement en danger. 

PIR MarchedesFiertés

#8mars2018 le sabotage de la manifestation féministe Parisienne

 Dans une manifestation féministe #8mars , un cortège BDS pro-palestinien/anti-israélien menace des féministes soutenant les Iraniennes en lutte contre le port du voile obligatoire. En ce qui me concerne, cet évènement constitue un point de non-retour.

Bien sûr, comme tout mouvement social qui se construit dans une confrontation constante, le mouvement des femmes est complexe, divers et divisé. Bien sûr, depuis le début de son histoire, les valeurs fondamentales du féminisme sont dévoyées, trahies par nombre de personnes et de groupes qui pratiquent un entrisme éhonté pour tenter d’en prendre le contrôle.

Des groupuscules identitaires ont infiltré quasiment tous les partis et mouvements sociaux à gauche et pas seulement ; le mouvement féministe pas plus que le mouvement LGBT, n’ont été épargné. Pour tout observateur aguerri des mouvements sociaux, ce n’est vraiment pas un scoop. Le plus grave étant qu’aucune formation politique ou sociale de gauche ne fait le ménage dans ses rangs, bien au contraire, complaisance et lâcheté se mêlent à l’acculturation, au simplisme et même à la bêtise et laissent le champ libre à un dangereux sectarisme. A tout prix ne pas disparaître, et s’il le faut construire des alliances, même les plus improbables. Ce qui s’est passé le #8mars2018 à Paris dans une manifestation prétendue « féministe unitaire » en est une parfaite illustration.

Déjà lors de manifestations du #8mars précédentes, il avait déjà fallu supporter les batailles entre factions en guerre (Kurdes/Turques…), et des cortèges intersectionnels #8marspourtoutes défendant le système prostitueur ou le voile, etc. Les syndicats CGT, SUD, l’extrême-gauche, les libertaires, les Verts et le PC, constituaient d’année en année, le plus gros du cortège, pendant que le cortège de femmes se réduisait à portion congrue, mais nous n’avions pas encore été agressées par un bataillon pro-Palestinien – boycott Israël (BDS) pour avoir porté des pancartes féministes de soutien à nos sœurs iraniennes qui se dévoilent au prix de leur liberté, quand ici, des identitaires endoctrinées font la promotion du voile, marqueur genré politico-religieux s’il en est !

La manifestation parisienne est partie en avance sur l’horaire, alors que nous le quittions, nous avons croisé des femmes tentant de le rattraper. Un cortège désorganisé, dépareillé, faisant encore une fois la part belle aux syndicats et groupes politiques, sûrement concernés par la lutte contre le système patriarcal, mais avant tout, par la critique du gouvernement, sans oublier quelques individus masqués « antisystème », comme il s’en trouve désormais dans quasiment toute manifestation parisienne. Bien entendu, il y avait encore quelques groupes féministes, et j’ai notamment croisé des délégations OLF, Zéro Macho, Encore Féministe, la GLFF, etc. Il y avait aussi un cortège #metoo, un cortège de militantes Kurdes, de militantes d’Efrin, de femmes Iraniennes en exil, mais je n’ai noté, (à part les nôtres), aucune pancarte de soutien aux Iraniennes, aux Syriennes, aux femmes Polonaises qui luttent contre l’interdiction de l’avortement.

Comment en ce #8mars2018 passer à côté des Iraniennes en lutte contre les interdits d’un régime qui leur impose tenues et conduites directement issues de la charia islamique ? Il faut croire que les « féministes » intersectionnelles, islamo-gauchistes, françaises (comme un peu partout en occident), toutes à leur communautarisme et leur sacro-sainte  liberté du voile islamique, ne peuvent supporter la vue des Iraniennes ôtant publiquement leur voile, ceci exigerait de leur part de réfléchir à la signification réelle de ce voile !

Nous étions un petit groupe de femmes, issues notamment des « Femmes sans voile » d’Aubervilliers, de la CLEF, de Regards de Femmes, La Ligue Internationale du Droit des Femmes et des Vigilantes à avoir préparé et à porter des pancartes affichant le logo de soutien aux femmes iraniennes en lutte contre le port du voile obligatoire. Regardant passer le cortège avant de rejoindre les quelques groupes féministes en tête, certaines d’entre nous ont été apostrophées, injuriées, menacées par plusieurs individu.e.s sortant de l’imposant cortège pro-Palestinien/anti-Israélien -BDS. L’une de nous a été bousculée, sa pancarte a été cassée. Que faisait ce cortège BDS dans une manifestation féministe ? Comment admettre qu’une manifestation féministe le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les Droits des Femmes, n’affiche pas massivement son soutien aux femmes Iraniennes qui viennent de lancer un mouvement de libération pour s’affranchir du joug patriarcal politico-religieux islamiste ? Comment cautionner que des féministes, solidaires des Iraniennes ne puissent défiler en paix dans une manifestation féministe le 8 mars, pire, y soient menacées, bousculées, agressées ?

En ce qui me concerne, après plus de 35 ans de participation aux manifestations féministes du #8mars, j’y mets un point final. Le mouvement féministe est gangréné par les identitaires de tous poils, « féminisme musulman », racialistes, islamo-gauchistes ; tous les groupes et personnalités qui tolèrent voire encouragent cette confusion aussi malsaine que dangereuse sont responsables. Un travail de clarification et de refondation doit avoir lieu. En attendant, je pense qu’il est urgent de se concentrer sur l’essentiel, à savoir la solidarité avec les femmes qui, ici et ailleurs, se battent contre les discriminations et violences contre toutes les femmes, sans aucune considération identitaire, communautariste ni religieuse. Le féminisme est par définition laïque et universaliste ou il ne l’est pas, les identitaires et leurs ami.e.s viennent d’en faire la démonstration imparable.

Christine Le Doaré

 

 

 

8 mars 2018 solidarité avec les Iraniennes en lutte contre le voile ! — Les VigilantEs

8 mars 2018. Cette année encore, des féministes vont organiser évènements et manifestations pour rappeler que l’égalité femmes-hommes reste à construire. Qu’il s’agisse des politiques de la ville, de l’égalité salariale, de l’éducation, de la répartition de la charge mentale familiale et du travail domestique, comme de la lutte contre les violences sexuelles et […]

via 8 mars 2018 solidarité avec les Iraniennes en lutte contre le voile ! — Les VigilantEs

Rassemblement de soutien aux iraniennes en lutte contre le voile islamique obligatoire !

https://vigilantes2015.wordpress.com/2018/02/11/rassemblement-de-soutien-aux-iraniennes-en-lutte-contre-le-voile-islamique-obligatoire/

Linda Sarsour et le féminisme relativiste mis à mal !

LS Les féministes universalistes l’ont tout de suite suite su, il ne pouvait y avoir de féminisme communautaire, encore moins religieux. C’est par définition antinomique. Pourtant, depuis le début des années 2000 sous l’impulsion de pays musulmans œuvrant au sein des institutions internationales, des groupes « féministes musulman » et autres variantes, tentent de s’imposer. Ces groupes bénéficient de toute l’attention de médias complaisants en quête de nouveauté, qui les ont baptisés : « nouveaux féminismes ».

Linda Sarsour, l’une des organisatrices de la Women’s March, arbore le voile islamique ;  elle est l’un des symboles de ces « nouveaux féminismes ». Aussi, ne fus-je pas surprise d’apprendre hier par la presse américaine qu’un témoignage d’une ancienne collaboratrice de l’Arab american association  compromet sévèrement Mme Sarsour. D’après ce témoignage, Mme Sarsour, alors Directrice exécutive de l’AAA, aurait couvert le harceleur et agresseur sexuel de Mme Asmi Fatehlbab parce qu’il était un « bon musulman qui passait du temps à la mosquée ».

Mme Fatehlbalb, jeune New-Yorkaise musulmane de 37 ans, parle de l’association comme d’un « environnement dangereux et violent pour les femmes ». Aslu Fatehlbab termine son lourd témoignage en disant que « le harcèlement est toujours de la faute des femmes dans l’association et que Sarsour ne protège que les hommes, elle ne soutient pas les autres femmes ; la seule femme qui l’intéresse, c’est elle-même ». Une fois le contrat de travail d’Asmi Fatehlbab venu à terme, Linda Sarsour lui aurait assuré qu’elle ne retrouverait plus de travail à New York.

Il faut lire ce témoignage que nos médias français penseront peut-être à traduire New-York Post : https://nypost.com/2017/12/18/womens-march-organizer-accused-of-covering-up-sex-abuse/

Triste exemple de relativisme culturel quand une femme en responsabilité couvre un homme de la même religion/communauté qu’elle, lui permet d’agresser sexuellement une autre femme, le protège lui, et la sacrifie elle. Aucune sororité, aucune solidarité, juste une quête de pouvoir politique pour imposer une religion et une manière de vivre.

Le féminisme communautaire et/ou religieux est une forme d’aliénation patriarcale ; le « féminisme », si féminisme il y a, passe toujours au second plan. Ce type de « nouveau féminisme » est une vue de l’esprit, une imposture politique.

Les féministes universalistes en sont convaincues : aucune religion jamais, aucune communauté, aucune tradition (à de très rares exceptions près) ne défend les libertés ni droits des femmes, bien au contraire, ce sont de redoutables instruments pour maintenir les femmes sous contrôle de la domination masculine.

 

Le relativisme culturel qui imprègne la gauche, les milieux universitaires et médiatiques, n’épargne pas les mouvements féministes qu’il divise. Il est urgent de le comprendre, seul le féminisme universaliste est capable de parvenir à l’égalité femmes-hommes et de proposer un projet de société émancipateur pour les femmes et plus généralement pour l’humanité.

Christine Le Doaré

Vidéo laïcité CITELS – CAF87 : DETOX ! — Les VigilantEs

Nous sommes interpellées par une vidéo réalisée par le centre d’animation CITELS de Limoges et la CAF 87, en partenariat avec Le Laboratoire Limousin de la Laïcité, la Fondation SNCF, et BeaubFM. Rassurant ? A première vue seulement. Car la lecture attentive de cette vidéo est plutôt inquiétante : l’objectif pédagogique de cette vidéo intitulée « C’est quoi […]

via Vidéo laïcité CITELS – CAF87 : DETOX ! — Les VigilantEs

De Weinstein à Ramadan, conflagration universelle — Les VigilantEs

Le courage des actrices dénonçant Harvey Weinstein a permis de libérer la parole sur le harcèlement sexuel, et ce partout dans le monde. Avec une conséquence de taille, la mise en cause par d’autres femmes courageuses, de Tariq Ramadan. Depuis le 24 octobre, cet éminent islamologue, théologien, professeur à Oxford, est accusé d’agressions sexuelles et […]

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#BalanceTonPorc et maintenant ?

Je ne reviens pas sur l’affaire Harvey Weinstein, ni sur la vague des dénonciations #BalanceTonPorc viral sur les réseaux sociaux. Nous verrons avec le temps si ce raz-de marée capable d’atteindre partout dans le monde, ceux qui jusqu’alors bénéficiaient du silence, peut modifier en profondeur et de manière pérenne, la manière dont tant d’hommes appréhendent les femmes, peut reléguer au placard, le système patriarcal.

 

Quasiment toutes les femmes, (quelques hommes aussi), subissent au moins une fois dans leur vie quand ce n’est pas quasi-quotidien, une ou plusieurs formes de harcèlement à caractère sexuel. Il peut s’agir d’une remarque ou insulte vulgaire, d’une menace comme de violences sous la contrainte  (sifflements, propositions, injures, gestes, violences…) ; cela peut se produire dans l’entourage, à l’école, au lycée, à la fac, dans l’entreprise, dans la vie associative, dans la rue, dans les transports, en fait partout et tout le temps.

Les données disponibles sur les violences sexuelles sont impressionnantes, pourtant elles ne représentent qu’une infime partie des agressions ; en outre, de nombreuses formes de harcèlement ne font quasiment jamais l’objet de plainte. Qui porte plainte pour avoir été suivie, pour attouchements dans le métro ou dans la rue ? Contre qui ?

Personne ne l’ignore, tout le monde l’a intégré de manière plus ou moins consciente et jusqu’à l’affaire Weinstein, car il semble bien qu’il y aura un avant et un après, la société (mises à part les militantes féministes et pro-féministes), s’en accommodait et faisait silence.

Pourquoi ?

 

Il est banal de critiquer des systèmes d’exploitation et de domination notamment économiques,  il est à la mode de parler de colonisation et d’esclavage, en revanche, reconnaître que pendant des siècles, la moitié de l’humanité a vécu dans un système d’oppression globalisé, le système patriarcal,  n’est toujours pas à l’ordre du jour. Certaine femmes disposaient d’un peu plus de libertés et privilèges que la moyenne, mais il s’agissait bien d’un système de domination opprimant les femmes dans leur ensemble, système qui depuis peu cède du terrain et encore, pas complètement ni partout.  L’émancipation des femmes, à l’échelle de l’humanité, est d’ailleurs très récente.

Depuis leur plus jeune âge, les enfants sont élevés dans un système genré qui ne signifie pas différences mais positionnement social : même les vêtements leur rappellent qu’ils vivent dans le rose ou dans le bleu. Même les bébés y dont droit, les tenues de bébé sont agrémentées de fanfreluches pour les filles. L’hyper-sexualisation des petites filles, adolescentes puis femmes ne dérange pas grand-monde et fait les choux gras des business publicitaire et de la mode. Dès l’école primaire les enfants intègrent que « le masculin l’emporte sur le féminin », etc.

Il existe des femmes tellement imprégnées par ce conditionnement social qu’elles trouvent une gratification dans les formes les plus légères de harcèlement, ne faisant même pas la différence avec la séduction. Et pour cause : les femmes sont encore très souvent considérées comme des objets sexuels et les puissantes industries du sexe (pornographie, prostitution…) y veillent.

De nombreuses « féministes », notamment dites « pro-sexe » revendiquent d’ailleurs de jouer avec ces codes et encouragent les industries du sexe à prospérer, allant jusqu’à proposer un marché qu’elles prétendent alternatif, allant jusqu’à se faire objectivement complices du système prostitueur, en tous cas lui permettant de se développer sans limite comme par exemple en Allemagne et autres pays ayant légalisé la prostitution.

D’autres « féministes » à l’inverse revendiquent la « mode pudique » et se couvrent pour échapper aux prédateurs, cédant elles aussi aux injonctions patriarcales sexistes mais aussi religieuses.

Dans les deux cas, leurs réponses conviennent parfaitement à l’oppresseur qui garde le contrôle et tire les ficelles à sa guise. Les féministes et pro-féministes en revanche qui ont une conscience aigüe du fonctionnement du système patriarcal, ont bien compris qu’il s’agit là d’impasses.

 

Alors demain ?

Le harcèlement a profité de la « culture du viol » dans laquelle, la supériorité, la puissance et la domination masculine sont valorisées. Les harceleurs avaient un sentiment d’impunité renforcé par le fait que beaucoup de victimes sont mineures la première fois qu’elles y sont confrontées.

Et tout ceci ne va pas changer facilement, même après l’affaire Weinstein.

Des lois sont certes en préparation (définir le harcèlement de rue, allongement du délai de prescription à 30 ans, fixer un âge de consentement – pas avant l’âge de la majorité serait cohérent), mais la difficulté de porter plainte, le laxisme de la justice qui ne protège pas assez les victimes, et au contraire, organise la récidive, est un sérieux obstacle.

Tant que nous vivrons dans un système patriarcal, avec sa culture de domination/soumission, un changement radical n’est tout simplement pas possible. Vous connaissez un système d’oppression qui œuvre à sa propre destruction ?

 

Ce qu’il faut comprendre avant tout, c’est que le harcèlement n’est pas un phénomène indépendant que l’on peut combattre isolément du reste : c’est l’une des manifestations de la domination masculine. Certes l’élan #BalanceTonPorc sonne comme le rejet massif d’un mode de fonctionnement machiste toléré depuis si longtemps, mais sans un reversement du  système patriarcal, que peut-il vraiment ?

Si les femmes, les hommes, les gouvernements, si les sociétés dans son ensemble veulent sur la lancée de ce hashtag anéantir le harcèlement et les violences sexuelles, elles ne doivent pas seulement viser l’égalité formelle, pas seulement prendre quelques textes qui seront plus ou moins bien appliqués, mais remettre en question tout un système culturel et social, ses représentations, ses croyances, ses valeurs. Dès le plus jeune âge, dès la crèche, la maternelle et tout au long de la vie des personnes, l’éducation, les actions de prévention doivent éradiquer tout sentiment, toute manifestation de discrimination sexuelle, et tout privilège  attribué à l’un des sexes au détriment de l’autre ; doivent promouvoir sans relâche, la liberté et le respect de l’autre, de ses différences sans jamais les hiérarchiser.

Aucun système de domination ne devrait séparer l’humanité en deux et organiser l’exploitation, l’oppression, notamment le harcèlement sexuel,  de l’une partie par l’autre.

Christine Le Doaré

 

Article 222-22 du code pénal : les agressions sexuelles consistent en une atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte ou surprise : il s’agit de tout acte de nature sexuelle, non consenti.

 

Mise à jour dimanche 29 octobre, après le Rassemblement Paris 

Rassemblement #meetoo #BalanceTonPorc Paris République 15h. 
C’est pénible, décourageant même d’avoir souvent les bonnes intuitions.
Je me doutais qu’il n’y s’y passerait pas grand chose, pourtant j’y étais. Un tel élan mondial contre le harcèlement et les violences sexuelles çà ne se boude pas, même s’il manque une stratégie et de solides objectifs collectifs pour parvenir à changer en profondeur, le contrat social entre les sexes, pour parvenir à renverser vraiment la domination masculine.

C’était comment ?
Allez, 300 personnes au très grand maximum. Un confetti à l’échelle de Paris. Bon, 60 à Nantes, c’est toujours mieux. Encore que ?
En plus, il fallait retrancher :
– la garde révolutionnaire « Nuit debout » même si réduite à peau de chagrin, elle occupe toujours partie de la Place.
– les passants et les touristes qui regagnaient leur hôtel.
– les caméras en surnombre.

Qu’ai-je vu ?
Quelques pancartes témoignages ou slogans vraiment fort à propos mais trop rares.
Ex : ce garçon qui a probablement la chance d’avoir une maman et/ou un papa féministe.s « Éduquez vos garçons », et puis : « On ne se taira plus », ou encore : « Les victimes dénoncent à quand les jugements ? ».
D’autres pancartes auxquelles je n’ai rien compris et enfin des pancartes qui m’ont faite bondir comme par exemple : une citation de Germaine Greer mal comprise (contresens), et puis « chatte en grève » ou « Angry pussy » (comprenez chatte en colère) des EffrontéEs. Tenez-vous bien « chatte » en grève ! Pour lutter contre le harcèlement et les violences se réduire soi-même à des organes généraux/sexuels ?! 😡

Il y avait :
– quelques femmes venues pour témoigner, dans l’esprit de l’appel (très peu) quelques poignées,
– quelques couples, familles, hommes en soutien, très très peu. Il va d’ailleurs falloir arrêter de soutenir mais se retrousser les manches et agir.
– beaucoup de caméras, journalistes et autres, tout passe par l’image de nos jours comme on leur fait dire ce que l’on veut,
– les groupuscules « révolutionnaires habituels » contre toutes les oppressions « cis-(comprenez bio), white,…power…
Comment dire ? Un peu repoussoir ? Surtout quand on écrit partout dans son enclos « pas d’homme cis ici » ! Perso je commence à penser que sans un vaste mouvement d’hommes pro-féministes (mais en dehors de nos « jupes ») capable de mobiliser et convaincre les autres hommes qu’il est temps de changer le disque dur, rien ne changera jamais durablement,
-des vieilles militantes féministes (dont moi), pleines d’espoir (ça va reprendre),
– une très grosse délégation de l’Alliance des Femmes (A. Fouques survivors).
-Clémentine A qui repérerait une caméra même sur des docks londoniens en plein pic de fog
– Caroline D H qui se demandait quels trottoirs de la Place on pourrait encore élargir ?
-…

Alors pourquoi ce qui déclenche une vague gigantesque sur les réseaux sociaux, fait un flop criant quand il s’agit de se rassembler et d’agir ensemble ?
Je n’ai rien vu aujourd’hui de bien pensé, informé, articulé. Globalement cela donnait l’impression d’un pauvre bricolage. Rien à voir avec l’intelligence, l’impertinence, l’imagination, la riche créativité des mouvements des années 70…
cet élan viral à l’image de nos sociétés désormais manque t’il de fond, d’un consensus sur le fond, sur la forme et surtout sur la stratégie ?
Est-il trop individualiste, pourtant ça ne devrait pas, chaque femme est concernée. Tout ce qui est dénoncé est vrai et d’une bien plus grande ampleur encore.
En quoi le féminisme universaliste peut-il aider à construire un projet de société libéré des rapports de domination/soumission de la domination masculine ?
Il va falloir commencer par se poser les bonnes questions. Sinon, ce bel élan risque de ne pas être aussi concluant que nous pouvions être en droit de l’espérer.

#BalanceTonPorc et maintenant ?
https://christineld75.wordpress.com/…/balancetonporc-et-ma…/

Islam-islamisme, pas d’amalgame, de la lucidité !

autrucheIMG_2712J’ai entendu Claude Askolovitch  ‬lors de sa revue de presse matinale sur France Inter le vendredi 6 octobre,  nous expliquer qu’il ne faudrait jamais confondre islam et islamisme. Certes, évitons les amalgames mais soyons lucides.

Islam et islamisme ne sont pas étrangers l’un à l’autre. Nous sommes d’accord, le suffixe isme porte sur les terribles dérives de l’islam. Mais l’islam est bien le socle sur lequel prend puis prolifère ce dangereux substrat.

L’islam n’est ni structuré ni encore moins réformée. Nombreux sont ses représentants dans le monde intellectuel, politique ou associatif qui n’hésitent pas à entretenir une coupable ambiguïté : par exemple, les prières de rue interdites par la République, la soumission des femmes à un apartheid genré, sont revendiquées au nom de l’islam, pas de l’islamisme.

Tout le monde sait que christianisme et judaïsme n’ont pas toujours besoin d’avoir recours à une forme intégriste pour tenter d’imposer une vision patriarcale et réactionnaire du monde. Une lecture moderne, progressiste des textes religieux est possible, mais elle reste très marginale. Dans tous les cas, elle est impossible si les textes et leurs exégèses n’ont pas été expurgés au moins des appels au meurtre des mécréants !

C’est bien l’islam et pas l’islamisme qui par exemple,  à l’instar des autres religions quand elles ne sont pas pratiquées de manière moderne, dans un souci d’égalité et d’émancipation, autorise l’infériorisation et le contrôle des femmes, tout comme le rejet des personnes homosexuelles.

La frontière entre une religion plus ou moins prise au pied de la lettre, dans une lecture traditionaliste, et la même religion interprétée de manière fondamentaliste, puis instrumentalisée pour conduire une politique d’influence et d’expansion, n’est pas si nette que beaucoup voudraient nous le faire croire.

Le salafisme gagne partout du terrain, les zones  grises s’amplifient, envahissantes, elles sont propices aux dérives fondamentalistes (créationnisme…) et mènent tout droit au djihad celles et ceux qui avant, trouvaient d’autres moyens d’exprimer leur malêtre existentiel, complexe de supériorité ou haine de l’autre.

Il serait grand temps d’en prendre conscience plutôt que de jouer la naïveté et ce faisant, cautionner, voire encourager la contagion obscurantiste.

A moins de vouloir mourir idiot.e ?

Christine Le Doaré

Féministes contre les extrémismes religieux

CWdpoOSWwAEx-mgLes extrémismes/intégrismes religieux profitent toujours des périodes troublées pour revenir à la charge. Même au « pays des Lumières » rien n’est définitivement acquis, les extrêmes tentent de s’imposer par la censure ou par la mobilisation politique (comme dans le cas du mariage pour tous, par exemple).

Mondialisation, crises économiques et conflits en tous genres, ont poussé des populations à se réfugier en orient, dans des organisations (Frères musulmans…) et des régimes politico-religieux islamistes ; alors qu’en occident, les courants religieux réactionnaires ont mobilisé contre le mariage ouvert aux couples de même sexe, et sont toujours vent debout contre l’avortement.

Dans le mouvement féministe et plus généralement les mouvements progressistes, il est ordinaire de lutter contre les catholiques intégristes obsédés par la hiérarchie des  genres, par la sexualité des femmes, et par l’homosexualité. Beaucoup de combats féministes ont consisté à s’opposer aux restrictions de liberté imposées aux femmes par des dogmes religieux emprunts de misogynie, et à s’affranchir des rôles traditionnellement impartis aux genres féminin et masculin.

En revanche, lutter contre l’influence de l’islam politique est moins consensuel. Les musulmans bénéficient pour une partie de la gauche, du statut jadis reconnu à la classe ouvrière opprimée. Par voie de conséquence, critiquer ce qui, d’une manière ou d’une autre,  relève de l’islam est tabou. Une partie du mouvement antiraciste a  substitué à la lutte contre le racisme, la lutte contre l’ »islamophobie ». Il ne s’agit plus tant de combattre les discriminations et violences à raison de  l’origine ou de la couleur de peau, que d’empêcher toute critique d’une religion, même quand elle vise à contrôler et à inférioriser les femmes. Les règles, coutumes et traditions communautaires à caractère religieux qui enferment les femmes sont peu contestées par peur d’être jugé «islamophobe».

 

Le contexte étant posé, comment lutter contre les intégrismes religieux ? Selon moi,  il est important de commencer par se mettre d’accord sur ce qu’est et ce que n’est pas le féminisme :

Il n’y a pas un seul féminisme, des clivages sont apparus dès le début, puis dans les années 70 entre des tendances luttes de classe et psychanalyse et politique ; puis apparurent les théories queer post-modernes américaines qui visent à abolir le genre et ce faisant disqualifient les luttes féministes, etc.

– Il devrait être possible de se mettre d’accord sur ce qu’est à minima, le féminisme  :

  • reconnaitre que la moitié de l’humanité en tant que groupe/classe des femmes, est toujours dans une situation d’infériorité/inégalité par rapport au groupe des hommes,
  • œuvrer pour une autonomie et maitrise totale par les femmes, de leur corps (intégrité physique, mentale, sexuelle, sexualité, reproduction…), et de leur vie (éducation, couple, famille, santé, emploi…),
  • viser l’égalité réelle en solidarité avec les femmes du monde entier qui subissent toutes, quelle que soit leur origine ou couleur de peau, culture ou religion, des discriminations et violences inhérentes au système patriarcal.

Le féminisme universaliste est un combat universel contre la domination masculine.

– Il devrait être tout aussi facile de se mettre d’accord sur ce que ne peut pas être le féminisme. Il ne suffit pas de se prétendre féministe pour l’être, les impostures hélas ne manquent pas.

Depuis les années 2000 a émergé un « féminisme » relativiste qui a pour caractéristique de réduire des femmes à une identité (régionale, culturelle, religieuse…). Ce féminisme qui consiste à aménager l’oppression est une adaptation aux exigences traditionnelles, communautaires, religieuses. Il n’est pas apparu spontanément mais concomitamment  à l’influence grandissante au sein même des institutions internationales, de pays au régime politique islamique, tel que par exemple l’Arabie Saoudite (qui a rejoint récemment la Commission des Droits de la Femme à l’ONU!). Ces pays financent dans le monde entier, des groupes dits « féministes » qui en réalité, remettent en question des fondamentaux du féminisme.

Ces pays se sont attaqués, à l’ONU notamment, au caractère universel des Droits des femmes, en imposant la nécessité de prendre en compte des spécificités régionales. Ce relativisme culturel a engendré des « féminismes » identitaires, tel le « féminisme islamique » et ses variantes : « dé-colonial »… (En France : c’est notamment l’association « Femmes dans la mosquée » de Hanane Karimi …),  c’est un « féminisme » communautaire, racialiste et donc par nature essentialiste et différentialiste.

Nous constatons que ces « féminismes » séparent les femmes les unes des autres au profit d’autres luttes que celles contre le patriarcat. Comment pourrait-il en être autrement alors que les  traditions et religions ont toujours été l’instrument le plus  répressif du système patriarcal. Renvoyer des femmes à leur religion, leurs traditions, leur communauté, leur culture pour les isoler des autres femmes, retarde notre émancipation collective. 

Il n’existe pas plus de « féminisme » islamique que chrétien ou juif, c’est une imposture car il n’y a pas d’aménagement possible de l’oppression : le féminisme ne s’adapte pas aux règles posées par l’oppresseur, il les renverse, les dépasse pour l’émancipation de toutes et tous.

 

Une fois le féminisme défini, comment résister à sa récupération et à son dévoiement ? :

– Se méfier de certains concepts, comme »islamophobie», »intersectionnalité» ou « inclusif » très prisés par les défenseurs du relativisme culturel. Certes, les oppressions se surajoutent :  à l’évidence, être femme, noire, et pauvre par exemple, est autrement plus difficile à vivre que d’être blanc et aisé. Le racisme et la xénophobie, l’antisémitisme, comme le sexisme et l’homophobie/la lesbophobie, tous les préjugés et rejets de l’autre doivent combattus, mais renvoyer des femmes à leur groupe d’origine ne peut constituer une solution. Comment un repli identitaire pourrait-il les/nous affranchir de la domination masculine qui traverse toutes les origines comme toutes les classes sociales ? L’ »intersectionnalité » comme les « féminisme décolonial », « féminisme inclusif »,  le plus souvent noient les revendications des femmes dans les agendas masculins. Comment pourrait-il en être autrement là aussi : le machisme n’a jamais eu besoin de l’occident ni des colonisateurs pour exister.

– Refuser la banalisation du « féminisme » relativiste, islamique ou autre, s’opposer à la « mode pudique », au « Hidjab day » de Sciences Po et aux groupes tels que Lallab (*) par exemple.

L’islam politique veut imposer le voile, la mode dite «pudique » l’aide à y parvenir en  dépolitisant son caractère religieux : prétendre que des femmes s’affichent couvertes dans l’espace public pour des raisons esthétiques, comme s’il s’agissait de n’importe quel autre accessoire, est perfide. Le voile est l’étendard de l’islamisme, il affiche visiblement et via les femmes, sa progression, mais s’il est banalisé en étant dépolitisé par la mode, il devient alors facile de le généraliser. En revanche, les féministes universalistes ont  plus de mal à le combattre pour ce qu’il est vraiment, même si, paradoxe stupéfiant quand on y songe,  de nombreuses musulmanes dans le monde, se battent contre ce même voile.

Le crédo de l’association « féministe islamique » Lallab est de rejeter le « féminisme blanc » pour imposer des spécificités communautaires et religieuses, en particulier l’acceptation du voile islamique. Lallab cautionne et développe en les intégrant, des règles de conduite, des obligations prescrites seulement aux femmes ; se faisant, l’association s’adapte à l’oppresseur et devient un porte-parole comme un autre, du système patriarcal. Lallab cautionne un apartheid genré et contribue à pérenniser un système d’oppression, c’est donc une indéniable récupération du féminisme. Pourtant, ce groupe accusé de détourner des subventions publiques en recrutant des services civiques, a été défendu par nombre d’associations féministes aveuglées par une idéologie islamo-gauchiste qui peu à peu a convaincu à l’extrême gauche et plus largement.

– Réveiller le mouvement féministe qui se laisse séduire par ces « nouveaux féminismes » promus massivement dans les médias et milieux universitaires. Combien d’émissions de radio et articles de presse ces dernières années sur ce qui nous est vendu comme « nouveau féminisme » ? On ne les compte plus.

 

Dénoncer l’imposture sans complaisance, résister pied à pied à la récupération ne suffisent pas, le féminisme universaliste doit aussi construire des alliances :

  • Avec les groupes féministes laïques tels que par exemple le groupe « Femmes sans voile d’Aubervilliers » en France et d’autres ailleurs, relayer leurs actions, en organiser en commun.
  • Avec les intellectuel.le.s  et militant.e.s qui résistent dans le monde arabe, au Maghreb, en Egypte, également en Iran, etc. Relayer leur parole et les soutenir.
  • Avec les mouvements laïques qu’il faut éclairer sur la domination masculine ; quelques exceptions mises à part, ils ont souvent tendance à  s’afficher féministe uniquement quand il s’agit de contrer les religions.

 

Christine Le Doaré

(*) Lallab : voir l’article d’Ikhwan infos  (les deux fondatrices sont d’anciennes étudiantes de Pascal Boniface …).    http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/11198

 

Le logo de la Ville de Paris ne peut pas être compromis — Les VigilantEs

Nous alertons régulièrement sur la stratégie des petits pas, adoptée par les islamistes et leurs allié.es, pour banaliser le voile et ses avatars. Rappelons-le, le voile est tout sauf un accessoire de mode, comme d’aucun.es voudraient nous le vendre. Il reste l’instrument visible de la banalisation de la soumission des femmes à des injonctions religieuses […]

via Le logo de la Ville de Paris ne peut pas être compromis — Les VigilantEs

Féminisme, racisme, Lallab etc., la grande confusion

 

J’en ai l’intuition depuis pas mal de temps et l’affaire de Lallab (*1 / *2) et du service civique me le confirme, n’est pas féministe qui veut.

Certaines formes de « féminisme » (essentialiste, victimaire…) n’ont en réalité pas grand-chose de politique, au sens où elles ne visent pas à renverser le système patriarcal mais à s’en accommoder, à l’adapter au mieux, parfois dans l’intérêt des femmes, mais toujours à court terme, et en le pérennisant.

Les féministes matérialistes et universalistes se sont toujours préoccupées de la vie des femmes au sein de la famille nucléaire, dans le monde du travail, et plus généralement à tous les niveaux de la vie sociale, culturelle et politique d’un pays. Certaines se sont attachées plus spécifiquement à un domaine, qu’il s’agisse de l’emploi, des violences, de la sexualité… mais toutes avaient en tête un projet de société féministe et humaniste, bien au-delà de la seule égalité FH, un projet collectif dans lequel tout rapport de pouvoir et de domination serait contesté et bientôt inenvisageable.

Pour le féminisme politique, il ne s’agit pas seulement de mettre des pansements là où ça fait mal, mais de viser une société humaniste, en évitant de calquer de vieux modèles, marxistes ou autres, qui n’ont aucunement fait leurs preuves. De plus en plus de « féministes » perdent de vue cet objectif, se contentent par exemple pour certaines, de se focaliser sur une problématique (le harcèlement de rue, le manspreading…). A notre époque, cette question devrait être prise en charge par des politiques publiques efficaces (certes avec l’aide d’associations maitrisant leur sujet) et les féministes être libres de travailler aussi sur un projet de société alternative.

C’est un piège de se laisser enfermer ainsi, de ne plus prendre de hauteur, de ne plus avoir de vision à long terme ni même de ne plus savoir ce que féminisme veut dire. C’est ainsi que des groupes de femmes comme Lallab peuvent se regrouper autour de problématiques communautaires et/ou religieuses et se prétendre féministes. En réalité, elles ne font que prendre en compte des normes et obligations patriarcales faites aux femmes de leurs communautés et consentir à un « féminisme » adapté. Elles vont en effet défendre à court terme l’intérêt de certaines femmes, dans certaines circonstances, mais aussi contribuer à pérenniser le système.

Il est d’ailleurs fort logique que d’autres « féministes » les adoubent, en particulier celles d’une certaine extrême gauche en prise à un relativisme culturel qui consiste à lier oppression à traditions et donc admettre que certaines violences soient culturellement justifiées ; et les « queer féministes » qui sont tout de même parvenues à substituer les études de genre aux études féministes et ainsi gommer les discriminations et violences subies par le seul groupe social des femmes (ce groupe n’existerait plus puisque désormais les êtres humains s’identifieraient selon leur bon vouloir.).

Quand des féministes universalistes contestent cette récupération (« Combien y a-t-il de féminismes ? *3), ce dévoiement du féminisme, elles sont immédiatement accusées de racisme de manière aussi systématique qu’absurde. Si la diffamation n’était pas si grave, ce serait comique. Pour rappel, le racisme est une idéologie qui admet l’existence de races humaines (et non d’une seule espèce humaine) et affirme sans aucun fondement scientifique qu’elles ne seraient pas égales entre elles. Dans tous les cas, l’islam n’est pas une « race », c’est une religion et donc une croyance. Critiquer le conservatisme, sexisme, lesbophobie/homophobie des religions est progressiste et féministe et fort admis lorsqu’il s’agit d’autres religions que l’islam ; c’est d’ailleurs fort couru et à juste titre, vis-à-vis de l’église catholique parmi l’extrême-gauche et les « queers » auxquels je viens de faire référence, mais l’islam est taboue et ses interprétations plus ou moins fondamentalistes peuvent servir à contrôler et opprimer les femmes.

Contrairement à ce qu’ont prétendu des féministes égarées telle Christine Delphy (*4), les féministes universalistes et laïques ne sont pas racistes, bien au contraire, elles sont solidaires des femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences du système patriarcal ; elles ne sont pas complaisantes, encore moins condescendantes, elles combattent la perversité du relativisme culturel ; en revanche, la condescendance vis-à-vis de personnes issues d’une autre culture/religion qui seraient incapables de savoir ce qu’émancipation et liberté veulent dire, est à l’inverse la manifestation d’un profond racisme, qui s’ignore peut-être mais néanmoins bien réel.

Les personnes qui se revendiquent du féminisme devraient s’interroger sur ce concept, cette lutte, ce projet de société. L’exécrable confusion qui s’étend, empire d’année en année, vide lentement mais sûrement le féminisme de son sens originaire. Bientôt, à force de dévoiement, il ne signifiera plus rien et tout le monde pourra s’en emparer pour le morceler à l’infini, puis le néantiser.

Christine Le Doaré

 

*1 Lallab et islamisme – IKHwan infos :

http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/11198

 

*2 Lallab et service civique – prochoix

http://www.prochoix.org/wordpress/?p=1071

 

*3 Combien y a-t-il de féminismes ? :

https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/amp/

 

*4 Christine Delphy, la supercherie :

https://www.google.fr/amp/s/christineld75.wordpress.com/2015/07/24/christine-delphy-la-supercherie/amp/

 

 

 

 

 

 

 

Paris nord-est, le tram de l’angoisse

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Canal de l’Ourcq sortie Parc de la Villette vers Pantin

Ce dimanche après-midi-là, partie découvrir dans le prolongement du Parc de la Villette, le canal de l’Ourcq, direction Pantin et ses moulins restaurés,  je ne pensais pas en revenir aussi déprimée.

Oh la balade fut sympathique, berges piétonnières et jolis petits bateaux de location sur l’eau, le retour, en revanche, plus éprouvant.

Avant de prendre le tram du retour, direction Porte de Vincennes, je m’offre un petit arrêt dans la Cité des Sciences et de l’Industrie, quand soudain je tombe sur une petite famille, un père et ses enfants dont une fillette d’environ 9 ans, soigneusement voilée. Une enfant si jeune qui ne devrait avoir en tête que de s’amuser librement, dans ce musée ludique. Dépitée de constater une fois de plus, que si de plus en plus de femmes sont voilées, les fillettes n’échappent pas  non plus à cette mode politico-religieuse qui sur elles toutes, étend son voile d’invisibilité. Le voilement des fillettes est terriblement choquant, c’est un formatage idéologique qui les assigne à une obscure ségrégation sexuelle et sexiste. De plus en plus de fillettes sont ainsi marquées du sceau communautaire et religieux imposé par leur famille, c’est de la maltraitance, la République pourtant, ferme les yeux.

Attristée, je me dirige vers la station de tram Porte de la Villette où j’aperçois une autre fillette d’environ 7 ans cette fois, abandonnée sur le quai et prise en charge par la sécurité RATP. La petite fille semble être Rom ou Syrienne, oubliée sur un quai, pour quelles raisons, par quels « parents » ? Pauvre bout de chou aux grands yeux emprunts d’un insondable sérieux. La brigade RATP appelle la police qui la prendra en charge, la rame arrive, je la regarde une dernière fois.

Assise, préoccupée, j’observe attentivement les gens dans la rame, autant que les extérieurs que nous traversons sur le trajet de la Porte de la Villette jusqu’à la Porte de Vincennes. Un parcours dans Paris, même si à sa périphérie, que nos politique et décideurs publics,  ne doivent pas souvent emprunter. Avant la Porte des Lilas, des deux côtés, on aperçoit de temps à autres des HLM et des citées qui auraient bien besoin d’être rénovées, grises, sales, laidement taguées (pas franchement du street art !), affublées de balcons débarras.

Sur les trottoirs comme dans la rame, circule une population très majoritairement immigrée essentiellement d’origine africaine et maghrébine, difficile de parler de mixité sociale ; les garçons sont en bandes, les filles entre copines, il y a quelques pitbulls sans laisse ni muselière,  les tensions sont palpables. De nombreuses femmes âgées mais aussi de toutes jeunes filles-femmes sont voilées, certaines portent abaya, niqab, d’autres des vêtements traditionnels ; les personnes des deux sexes semblent se soumettre à des règles communautaires où la domination masculine règne en maître.

Abattue, j’ai envie de quitter la rame avant mon arrêt. J’ai beau ne rien ignorer de cette situation, ce dimanche de fin juillet, l’accumulation m’oppresse. Comment a-t-on pu en arriver là ? Un tel retour arrière, aussi phénoménal et à si grande échelle ? 

Le dernier centre de dé-radicalisation a fermé, à quoi servirait d’en ouvrir de nouveaux ? Dans toutes les villes et pas seulement quelques banlieues, des zones entières de territoire républicain sont plus ou moins livrées à elles-mêmes et ne ressemblent plus guère aux villes françaises que nous connaissions encore il y a peu. Bien sûr même dans ces zones, des personnes résistent, mais les lois de la République et  le « vivre ensemble » cèdent la place à des modes de vie communautaires ; la délinquance et la violence prospèrent, s’imposent aux habitants qui les subissent. S’agit-il encore de vivre en France parce que l’on a choisi de connaître et participer à la vie de ce pays ou de s’enfermer dans une attitude de rejet systématique et même de haine ? Ces enfermements communautaires sont une chance pour ceux qui ont une stratégie politico-religieuse dont ils se cachent à peine. 

Les politiques d’urbanisme, de logement social,  ont contribué à installer peu à peu cette situation.  Le clientélisme politique a dangereusement enfoncé le clou alors L’islam politique a la tâche facile et je ne vois pas comment nous pourrions maintenant en sortir, à moins d’une sérieuse prise de conscience et d’une action politique volontariste, intensivement soutenue.

Les pouvoirs publics ont-il seulement réalisé l’ampleur des dégâts ? Qui, quand, comment seraient mises en oeuvre des actions capables de redresser la barre et nous éviter les terribles écueils sur lesquels nous ne manquerons pas de nous échouer ? La lucidité, rien de plus déprimant.

Christine Le Doaré

 

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Le hasard faisant hélas dans ce cas, bien les choses, 48 heures après avoir posté ce texte sur mon blog, je prends le métro vers 17h20 sur la ligne 8 et je tombe pile nez à nez avec un groupe d’enfants en centre aéré. Dans le groupe d’enfants qui s’amuse, une fillette voilée. Mais bien sûr il ne s’agit une fois de plus, que d’une hallucination visuelle islamophobe ! Quand le déni confine à la collaboration, les déni-oui-oui, deviennent complices d’un système d’oppression.

Journée Mondiale sans voile, résistance féministe et laïque ! — Les VigilantEs

Pourquoi soutenir, participer à la Journée Mondiale Femmes sans voile ? Parce que le voile divise artificiellement et faussement, les filles et les femmes entre « pudiques » et « impudiques », Parce que celles qui choisissent de se voiler cautionnent et préparent la prison des autres, elles sont complices de la domination religieuse et masculine, Parce que le […]

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Deux affaires ont creusé le fossé entre féminismes relativiste et universaliste — Les VigilantEs

Retour sur deux affaires récentes qui ont creusé le fossé entre féminismes relativiste et universaliste. Deux évènements récents ont mis en exergue le fossé qui se creuse dangereusement entre deux visions opposées du féminisme : un féminisme relativiste qui prône le multiculturalisme, versus un féminisme universaliste. Avec un peu de recul, les VigilantEs reviennent sur ces […]

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Oui Anne Hidalgo, le racialisme est un racisme

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Comment qualifier un festival qui discrimine fonction de la couleur de peau, de l’origine ou de l’ethnie  ?  De ségrégationniste ? En tous cas ça y ressemble, même si pour contourner l’interdit, un atelier du festival « Nyansapo » organisé par le collectif « afro-féministe » Mwasi, serait « ouvert à tous » pour environ 20% de la programmation.  Un coup d’oeil sur la pigmentation de sa peau et pour peu qu’elle soit un peu trop blanche, on se sent tout de suite  encouragé.e.s à participer !  En réalité, il s’agit d’une récidive (Camp d’été décolonial de l’an dernier) et les organisatrices sont connues pour appartenir à la nébuleuse « féminisme différentialiste » par opposition au féminisme universaliste :  (féminisme islamique, afro-féminisme, Parti des Indigènes de la République…) ;  il suffit de lire les tweets de Sihame Assbague, Widad.K qui parle des « larmes blanches d’Anne Hidalgo » (*1.) et des autres, toutes plus ou moins proches du PIR (Parti des Indigènes de la République) pour comprendre les objectifs de ce festival et plus généralement de cette tendance.

Cette mouvance de l’entre soi se revendique de l’intersectionnalité des luttes, concept intéressant s’il ne servait surtout à détourner les femmes des luttes féministes au profit d’autres agendas politiques.
Cette mouvance passe plus de temps à accuser le seul colonialisme européen qu’à lutter contre les périls immédiats de l’islam politique et autres régimes totalitaires ;  plus de temps à critiquer un « féminisme blanc » que d’exprimer préoccupation et solidarité envers les femmes qui subissent les diktats de la charia ici et ailleurs ou les féminicides en Amérique du sud ou encore les reculs en matière d’avortement comme en Pologne, ….
Cette mouvance divise le mouvement féministe, oublie ses fondamentaux : lutter pour que cesse l’appropriation du corps et des vies des femmes dans la sexualité et la reproduction et lutter pour parvenir à l’émancipation des femmes et de tous par la suppression des rapports de domination genrés et autres, qu’ils viennent d’une culture, d’une autorité supérieure culturelle ou religieuse ou de l’entourage (fils, frère, père, mari, communauté). (*2)
Ce féminisme se dilue dans le système patriarcal car non seulement, il prend en compte des spécificités communautaires, et donc s’adapte à l’oppresseur, mais en plus il se trompe d’adversaire, assimilant globalement les femmes qualifiées de « blanches » à l’oppresseur. Il se complet dans une haine raciste de l’autre, « la blanche » qui ne peut plus être la soeur, la complice, la camarade de lutte, mais l’ennemie de race ! Au 21ème siècle, c’est une bien étrange manière de lutter contre le racisme, on ne s’attendait certainement pas à ce qu’une telle déviance se développe au sein des mouvements feministes !
Alertée par la LICRA, soutenue par SOS Racisme, Anne Hidalgo souhaite interdire un tel festival,  on ne peut que l’en féliciter même si plutôt que de l’interdire, il faudrait peut-être et surtout commencer par empêcher qu’il puisse se tenir dans des locaux appartenant à la Ville de Paris ou à une quelconque institution financée par les pouvoirs publics.
Dans Libération, un article sur le sujet fait référence à Christine Delphy qui en mai 2006, rappelait « l’importance de ce mode d’organisation dans le mouvement féministe des années 70 » et expliquait : «La pratique de la non-mixité est tout simplement la conséquence de la théorie de l’autoémancipation. » (*3)
Certes, mais ce que la sociologue féministe (jadis matérialiste, défendant désormais des thèses différentialistes, essentialistes, racialistes), oublie de dire, c’est que  racisme et  sexisme ne sont pas assimilables.
Que des journalistes confondent et établissent un parallèle qui n’a pas lieu d’être entre les luttes féministes et l’anti-racisme, peut être compréhensible, mais de la part de Christine Delphy, c’est impardonnable.
Cette universitaire le sait parfaitement la non-mixité basée sur une prétendue race n’est en rien comparable avec la non-mixité du mouvement féministe :
–  les luttes féministes concernent la moitié de l’humanité alors que les couleurs de peau, les origines, les religions et croyances sont aussi diverses qu’innombrables,
–  les luttes féministes sont universelles et non fondées sur l’origine, l’éthnie, la « race » ou la couleur de peau car les femmes sont sur toute la planète  discriminées et agressées par un socle commun de discriminations et de violences sexistes et sexuelles ;  pour autant, personne ne nie que des violences spécifiques touchent certaines femmes fonction du pays dans lequel elles vivent ou de leur communauté d’origine et/ou religieuse.
D’ailleurs, il existe nombre de passerelles, groupes et évènements mondiaux organisant un travail en commun et des solidarités. Mais la mouvance ségrégationniste dont nous parlons s’acharne à effacer ces liens qui l’incommodent car les feministes qui vivent dans le monde musulman s’organisent le plus souvent contre les interdits religieux tels que le voile et autres vêtements islamiques, l’excision, le marriage forcé, … sujets dont elles ne souhaitent pas parler par crainte de stigmatiser leurs communautés.
Une fois de plus le relativisme culturel fait la démonstration de sa condescendance, l’émancipation ne serait pas souhaitable pour toutes les femmes, tout dépendrait de ce que leur couleur de peau, origine, culture ou religion, en fait de ce que leur communauté, décide pour elles ;  communautarisme versus universalisme.
Je parie que défendre ce festival va beaucoup motiver  l’anti-racisme dévoyé, les féministes qui surfent sur l’ambiguïté intersectionnelle, les islamos-gauchistes *(4), les catho-alter mondialistes… qui occupent le devant de la scène universitaire et médiatique ;  en revanche, les féministes universalistes, les laïques et  tous les progressistes qui  ont soupé jusqu’à l’indigestion de ce gloubi-boulga mortifère sont satisfaits de voir enfin des responsables politiques prendre leurs responsabilités.
Christine Le Doaré
( *1.)  :

Widad.K a retweeté Anne Hidalgo

Je suis sure qu’elle a attendu le ramadan exprès pour qu’on ne puisse pas boire ses white tears

Widad.K ajouté,

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 (*2)

Irréductiblement féministe : Combien y a t’il de féminismes ? :

https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/

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 (*3) Christine Delphy, sociologue  préside une association de mamans (mamans pas mères) musulmanes qui veulent porter le voile pendant les sorties scolaires,  il leur serait impossible de le retirer, même très ponctuellement et même dans l’intérêt des enfants.
Irréductiblement feminist : Christine Delphy, la supercherie :
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(*4) Irréductiblement feminist : Islamo-gauchistes prenez-nous pour des cruches :

Féministes ? Ma Chapelle oui !

Ils zonent et opèrent des trafics, ici revente de cigarettes, elles s’occupent des enfants

Dans le quartier du métro La Chapelle dans le 18ème arrondissement de Paris, depuis longtemps la vie est compliquée. Hormis la Halle Pajol et le jardin d’Eole plus haut, au métro Marx Dormoy, le quartier est délaissé. Je le connais bien et depuis longtemps.

Urbanisme : rénovation immobilière inexistante, palissades, grillages sous le métro aérien,… (Un jardin partagé récent, plutôt désert, samedi 20/05/ à 14:00 : une personne)…

Commerces : boui-boui en pagaille, ouvrages qui nous parlent des « devoirs de LA femme » ou de sa pudeur, vêtements d’un autre temps pour mieux l’enfermer et l’entraver… (Rue Jean-Pierre Timbaud c’est pas mal non plus)…

Propreté en berne, pissotières à ciel ouvert, odeurs nauséabondes …

Trafics en tous genres et à la vue de tous, contrebande de cigarettes proposées à tous y compris aux mineurs, produits dangereux,…

Drogues, prostitution, petits caïds et mafias font leur loi…

Harcèlement des femmes, insultes, menaces, contrôle et peur … ;

Les habitants se débrouillent comme ils peuvent avec leur environnement. Là comme ailleurs, (car cette situation n’est pas limitée à La Chapelle mais se retrouve dans nombre de quartiers de Paris, de banlieue, et dans toutes les grandes villes en France), ce sont les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes qui trinquent le plus. Les femmes sortent pour faire les courses, gamins sur le dos, accrochés au chariot et à la poussette, les enfants, vous comprenez, c’est leur affaire ; les hommes eux, ont mieux à faire. Ils occupent l’espace public, rues, squares, cafés, par groupe, communauté, business, selon des règles connues d’eux seuls.

Les pressions communautaires sur les femmes sont criantes, dehors pour faire les courses et s’occuper des enfants, elles sont majoritairement voilées quand elles ne portent pas hidjab et abayas.

Paradoxe s’il en est, dans ce quartier de grande mixité, chacun.e semble enfermé.e dans sa communauté, religion ; les femmes et les hommes le plus souvent, sont séparés dans l’espace public. Egalité, mixité ? Où ça ?

Quand on débarque la première fois dans le quartier, on se demande un peu à quelle époque et dans quel lieu on se trouve. Il y a longtemps dans les années 70/80 il y a eu un mouvement féministe avec en projet, la liberté, l’égalité, l’émancipation pour toutes et tous. Il y a longtemps.

 

L’arrivée de migrants, majoritairement masculins, n’a fait qu’amplifier et se dégrader une situation qui préexistait depuis longtemps. Plus d’hommes massés dans l’espace public, plus de promiscuité, de trafics, et plus de harcèlement. Les témoignages de femmes qui se plaignent de regards insistants, d’insultes, de menaces, de violences et de celles qui déclarent éviter de sortir ou ne pas sortir seules tard le soir, sont légions (* 1)

Savons-nous combien de femmes sont concernées ? Non, impossible de le savoir.

 

Une association « laïque et apolitique » SOS La Chapelle (*2) s’est constituée pour dénoncer cet état de fait et demander que des mesures soient prises pour que cessent les trafics et le harcèlement à l’encontre des femmes. Les médias ont relayé leur appel et depuis l’affaire fait grand bruit ; les pouvoirs publics, la Mairie du 18ème, la Mairie de Paris, la préfecture et l’état sont bien forcés de réaliser l’ampleur des nuisances vécues par les riverains et le réel danger auquel doivent faire face les femmes du quartier. Toutes les femmes.

 

Des solutions existent et en grand nombre pour qui veut vraiment s’intéresser au problème. Je peux en citer quelques-unes :

  • Vis-à-vis des migrants : Ouvrir des centres d’accueil en quantité suffisante et étudier rapidement les dossiers, mettre les femmes et les enfants à l’abri, intégrer tous ceux qui resteront en les informant impérativement des valeurs et règles fondamentales de la République, notamment mais pas seulement en matière d’égalité femmes-hommes, en leur donnant à toutes et tous, un enseignement de base, notamment en français ;
  • Vis-à-vis de toute la population : réhabiliter le quartier (logements, équipements, squares, commerces, la station de métro…) ; réinstaller une police de proximité et des unités de protection notamment le soir, également de verbalisation en cas de trafic et de nuisances ; nettoyer l’espace public régulièrement et plusieurs fois par jour si nécessaire ; adopter des dispositifs pour sécuriser les parcours des femmes la nuit, conduire des marches exploratoires pour y parvenir (*3)…

 

Ce qui m’exaspère le plus, hormis les élus et plus généralement les autorités qui laissent les situations dégénérer pendant des années avant de faire leur travail, c’est l’attitude de déni de nombre de gens de gauche et de féministes qui laissent au Front National un boulevard pour instrumentaliser une situation effectivement, indéniablement inadmissible.

Egalité, liberté, laïcité bafouées partout. Les femmes subissent depuis des décennies un puissant retour arrière, les mouvements féministes des années 70/80 n’imaginaient certainement pas que dans nombre de territoires de la République, des femmes seraient de nouveau infantilisées, enfermées dans une communauté, une religion, réduites à leur rôle de fille, sœur, puis femme, et mère de… ; encore moins que les femmes devraient trois décennies plus tard, toujours autant redouter le harcèlement de rue, les agressions physiques, les viols dans l’espace public (ou intime d’ailleurs).

Continuer de parler d’égalité dans un tel contexte a comme un gout amer, égalité pour qui ?

 

Et pourtant, il est des féministes pour oser s’offusquer de la pétition de SOS-La Chapelle ! Il est des féministes pour douter et même critiquer, ridiculiser celles et ceux qui refusent de subir une telle situation. Une journaliste qui témoignait de son vécu quotidien dans le quartier a été contrainte de protéger ses tweets, harcelée à son tour par des féministes et des gauchistes sur Tweeter ! (*4)

Au prétexte qu’il ne faut pas stigmatiser une population, une communauté, une religion, les migrants, des féministes sont dans le déni des réalités et contestent aux femmes en danger le droit de se défendre. Comme à Cologne ! Je crois bien que les féministes des années 70/80 les auraient traitées de vendues. Vendues à une idéologie et une stratégie politiques, par clientélisme électoral. Ne parlons même pas des essentialistes et racialistes du PIR (Parti des Indigènes de la République, Houria Bouteldja) ni de leurs cautions islamo-gauchistes, c’est aussi le cas de PayetaSchnek ou de certaines Insoumises sur les réseaux sociaux, c’est le cas de Caroline de Haas qui pense que tout est question d’urbanisme et qu’élargir les trottoirs va suffire à régler le problème.

Les classes moyennes quittent le quartier, toutes les femmes ou presque qui sont amenées à y rester subissent la domination masculine la plus caricaturale qui soit, mais non, il faudrait se taire et les laisser vivre un cauchemar quotidien pour ne stigmatiser ni ne gêner personne. Une fois de plus, je suis forcée de constater que grâce à la convergence des luttes sauce intersectionnalité gauchiste, le féminisme récupéré de toute part et amplement dévoyé est en danger de mort et que la domination masculine a de beaux jours devant elle.

 

Il faut le dire haut et fort, de telles situations, les femmes n’ont pas à les payer. Tout déni, toute complaisance avec le sexisme, le machisme de la domination masculine et ses violences, et sous quelque forme que ce soit, est une trahison envers les femmes, toutes les femmes, et envers le féminisme. Beaucoup de celles qui se revendiquent aujourd’hui du féminisme, se font des illusions, elles ne font que le saborder et les femmes avec.

 

Christine Le Doaré

 

*1. http://www.leparisien.fr/paris-75018/harcelement-les-femmes-chassees-des-rues-dans-le-quartier-chapelle-pajol-18-05-2017-6961779.php

 

 

*2. https://www.facebook.com/SOS-La-Chapelle-285969888429464/

 

 

*3. http://www.ville.gouv.fr/?marches-exploratoires-de-femmes

 

*4.

Comme si nous avions le choix !

Comme si nous avions le choix !

Comme si  le Front National n’avait pas une lourde et sombre histoire !

Comme si le FN était un parti de gouvernement crédible !

Comme si Marine Le Pen était issue du « Peuple », n’était pas une nantie, née dans l’opulence, avocate, fréquentant des personnes de pouvoir et d’influence.

Comme si ses programmes politique, économique et culturel offraient la moindre solution aux problèmes auxquels nous sommes confronté-e-s !

Comme si l’installer au pouvoir ne comportait pas de grands risques et pour longtemps, pour nos droits et libertés !

Comme si nous connaissions un seul pays ayant élu un dirigeant d’extrême droite qui ne se soit pas débrouillé pour garder longuement et durement le pouvoir !

Comme si nous connaissions un seul pays, un seul régime d’extrême droite au monde qui aurait apporté égalité, liberté, prospérité et bonheur à sa population !

Nous ne connaissons pas non plus un seul pays, un seul régime communiste au monde ayant apporté égalité, liberté, prospérité et bonheur à sa population.

Les politiques qui ne jurent que par « le Peuple » sont suspects à mes yeux. Le « Peuple », mais lequel ? Celui qui a voté Marchais et désormais vote Le Pen ? Celui qui voterait sans trembler pour le rétablissement de la peine de mort ? Le « Peuple » est un concept fantasmé par des militants le plus souvent naïfs et manipulé par des politiques qui en général font de longues et bénéfiques carrière sur son dos. Il y a une population avec des classes populaires, moyennes et supérieures, qui ont des intérêts antagonistes, rarement convergents sauf dans un territoire commun, de vivre avec des moyens suffisants, un espoir de meilleur, et en paix :  minorer les écarts, établir des passerelles, garantir les conditions d’une émancipation.   

A moins d’être parvenu-e-s à développer une société intégralement écologique et féministe, pour résumer paradisiaque, (et à priori ce n’est pas pour demain matin), l’idée même de démocratie n’est pour l’instant compatible qu’avec une économie de marché. Un régime démocratique progressiste sait maîtriser son économie de marché, lui interdisant l’indécence et la régulant afin qu’elle profite au plus grand nombre et n’écrase pas les plus faibles mais au contraire,  leur donne les moyens de s’émanciper. Les pays nordiques sont pour l’instant les seuls exemples globalement positifs de régimes politiques qui bien que vivant dans une économie de marché, sont parvenus au plus près de l’égalité, la liberté, la prospérité et le bonheur pour une plus grande partie de leur population.

Emmanuel Macron n’était pas particulièrement mon candidat, pour différentes raisons, aucun candidat à cette présidentielle ne me convenait vraiment, mais je n’adhère pas aux arguments martelés contre lui, que ce soit par Marine Le Pen ou d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon.

– Son parcours est intéressant, brillant élève il réussit l’ENA, il travaille peu de temps dans le privé, une banque d’affaires,  mais se réoriente vers le public puis la politique où il prend tous les risques. C’est quoi le problème ? C’est plutôt à son avantage non ? Le coup du « sale banquier », est une attaque antisémite éculée et venant de la riche héritière qu’est Marine Le Pen, c’est assez comique.

Les tenants du «grand soir » aussi sont têtus, même les derniers évènements en Grèce ne leur ont rien appris et pourtant !

Aucune société, aussi progressiste soit-elle ne vit sans banque et s’il est primordial de réformer, réguler et surveiller la finance, s’il est temps d’instaurer une Europe sociale, personne ne met plus son argent sous son matelas. Un jour peut-être, dans le paradis que l’humanité aura enfin construit, il n’y aura plus ni argent, ni banque, ni banquier donc, en attendant…

– Sa femme est plus âgée que lui. Alors forcément, c’est sa mère, voire il est gay ! Quand on voit le nombre d’hommes politiques qui vivent avec des jeunettes sans que personne ne trouve rien à redire, on comprend l’ignoble misogynie de cet argument.

– Son programme n’est pas très détaillé, oui, mais vous connaissez vous un seul président élu qui ait appliqué son programme ? Il avoue ne pas tout savoir, ne pas tout avoir prévu, il n’est pas fermé, pas méprisant ; ouvert d’esprit, il écoute, s’entoure de spécialistes, référents.

Bien sûr, c’est aussi un risque, mais tellement moindre que de voir s’appliquer des pans entiers des programme réactionnaires d’un François Fillon ou d’une Marine Le Pen ! Et puis surtout, c’est un démocrate, il ne touchera pas à nos droits et libertés fondamentales, il n’est pas un danger pour les droits des femmes ni des minorités.

Comme si élire un président de la République c’était résoudre tous nos problèmes une fois pour toutes et dès le lendemain matin partir à la plage ! Nous vivons dans un monde de plus en plus compliqué, violent et incertain. En outre, le terrorisme islamiste, grand absent de la campagne, nous menace sans relâche.

Emmanuel Macron  élu, ceci  ne signifiera pas que tout ira bien, ni mal, mais qu’il faudra exercer nos droits et devoirs de citoyen-ne-s, rester vigilant-es, mobilisé-e-s, pour nos valeurs et revendications, comme toujours. Dans tous les cas, une élection d’Emmanuel Macron ne serait pas une victoire. Le seul fait que le FN parvienne à de tels scores électoraux est terriblement préoccupant. S’il était élu, le gouvernement Macron devrait travailler efficacement pour les territoires déshérités, s’attaquer à la grande pauvreté, au chômage, … Il devrait prendre à bras le corps les questions liées à l’immigration ; aussi à la laïcité, combattre les intégrismes, l’influence des religions, leur communautarisme, les dangers pour les droits et libertés des femmes :  le développement de l’islam radical en particulier, n’est pas sans conséquences. négatives pour l’ensemble des femmes, il nous ramène des siècles en arrière.

Mais dans un premier temps, la priorité est bien d’éviter le pire, non seulement Marine Le Pen ne doit pas être élue, mais elle doit être mise plus bas que terre pour que soit repoussée l’éventualité d’un retour ultérieur. C’est pourquoi je rejette fermement toute idée d’abstention qui à mon avis trahit soit une méconnaissance de la réalité profonde du FN et de sa capacité de nuisance, soit un profond désintérêt pour notre pays, soit un manque de responsabilité de citoyen-ne, au pire un goût prononcé pour la chienlit ou la manipulation politique au service d’un dessein inavouable.

C’est pourquoi je voterai Emmanuel Macron sans hésiter et en espérant que nous serons une majorité écrasante à faire de même et à renvoyer Marine Le Pen aux abîmes de l’Histoire. 

Christine Le Doaré

Solidarité féministe et sportive internationale #JOParis2024 !

Solidarité féministe et sportive internationale !

#JOParis2024 #LetWomenGoToStadium #StopApartheidSexuel

Au « Marathon de la honte « de Téhéran où les femmes ont couru à part sur un parcours réduit et dans un stade fermé *1, a répondu un silence assourdissant de la part des ONG de défense des Droits Humains, comme des organisations et fédérations sportives et même des associations féministes.

Seules, la Ligue du Droit International des femmes et la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes ont organisé en riposte à Paris, un évènement en solidarité avec les femmes Iraniennes et Saoudiennes, contre l’apartheid sexuel.

Darya Safai formidable résistante iranienne, aujourd’hui réfugiée politique, qui avait déployé une banderole pendant les JO de RIO en 2016, en était l’ambassadrice.

#LetWomenGoToStadium  #StopApartheidSexuel

Pour ces deux fédérations féministes, « Les règles éthiques du sport et des JO sont fondées sur des valeurs universelles, et Paris qui défend sa candidature pour les JO 2024 oublie ces valeurs. »

Les VigilantES  www.vigilantes2015.wordpress.com et quelques autres, appelaient aussi à soutenir l’évènement.

Lorsqu’il s’agit des droits et libertés des femmes, le relativisme culturel paralyse celles et  ceux qui pourtant sont prompts à agir en matière de Droits Humains,  et même désormais nombre d’organisations qui se revendiquent du féminisme.

Le manque de solidarité internationale envers les femmes vivant dans les pays islamiques qui imposent des règles de vie moyenâgeuses aux femmes, est criant. Evidement, les  groupes « féministes islamiques » comme LALLAB et les tous les autres se taisent :  il est bien trop risqué pour elles de parler de solidarité internationale, mieux vaut discréditer et attaquer à l’unisson avec le parti des Indigènes de la République dont elles sont le plus souvent une émanation, le seul « racisme d’état » de l’état français et des pays occidentaux !

Mais les groupes féministes mainstream ne se bousculent pas non plus pour répondre présentes quand il le faudrait.  Peu à peu, la rhétorique des identitaires racialistes et essentialistes gagne les milieux politiques et féministes de gauche et pas seulement. L’entrisme de l’islam politique est redoutablement efficace et les islamo-gauchistes qui détiennent les postes universitaires,  médiatiques et politiques clés, lui facilite le travail en ouvrant peu à peu toutes les portes de nos institutions locales comme nationales.

La ségrégation, les discriminations et violences sexistes vécues par les femmes saoudiennes, iraniennes et toutes les autres, finit par devenir leur problème ; s’en préoccuper et vouloir exercer une solidarité féministe universelle est désormais suspect, accusé de comportement colonialiste et raciste !

Cette rhétorique monstrueusement stupide devrait être facilement battue en brèche par tous les groupes et individu-e-s qui se revendiquent du féminisme, hélas, il semble bien que le relativisme culturel ait fini par anéantir leurs neurones affectés à l’intelligence. Alors, mille fois merci aux rares individu-e-s et associations encore capables de discernement et de solidarité envers les femmes opprimées du monde entier.

#JOParis2024 c’est aussi l’obligation morale, humaine, féministe et politique d’agir pour la libération des femmes, de toutes les femmes. Non à l’apartheid sexuel, oui à l’universel et à l’égalité par le sport !

Christine Le Doaré

*1 www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/pour-le-premier-marathon-de-teheran-les-femmes-ont-du-courir-a-part_1896870.html

https://vigilantes2015.wordpress.com/2017/03/02/8-mars-17-feminisme-laicite-questionnaire-des-vigilantes-presidentielles-2017/

Télévision publique et privée relais de la propagande islamiste ?

Seins nus ou tête voilée, c’est la même chose ! Ah bon ? David Pujadas se plait à inviter des jeunes femmes de confession musulmane, présentées comme apolitiques, anodines, mais en réalité, porte-paroles de femmes musulmanes politisées, pour organiser un bad buzz. Désinformation sur la qualité des invitées ? Manipulation d’opinions ? Peu importe. L’objectif est le clash. Le 21 […]

via Télévision publique et privée relais de la propagande islamiste ? — Les VigilantEs

Affaire J. Sauvage, du grain à moudre

6456684_fusil-chasse_300x188P.- S. : afin de tenter d’éviter toute polémique stérile ou faux débat, je précise à toutes fins utiles que j’ai signé pour la libération de Jacqueline Sauvage, que j’ai considéré sa peine bien trop forte et que mon propos n’est pas de refaire le procès, encore moins de contester les violences faites aux femmes. Mon intention est de questionner les limites d’un féminisme « victimaire » qui oublie que le corolaire de l’oppression et de l’aliénation sont la résistance et la libération. Ce n’est pas en enfermant systématiquement et indéfiniment les femmes dans l’irresponsabilité, en les réduisant à des mineures bloquées dans les années 70 et même 50 que nous allons avancer. Il s’agit d’une réflexion politique sur des perspectives politiques perdues du féminisme, non pas de nier l’oppression, ni encore moins les violences faites aux femmes bien réelles et qui doivent être combattues sans relâche. Cette affaire Jacqueline Sauvage comporte bien des zones d’ombre, nier la part de responsabilité Mme Sauvage est une impasse. J’ajoute en bas de page un troisième lien, celui d’un article d’une « féministe historique » Anne Zelinski « Jacqueline Sauvage : responsabilité, ma soeur » (je précise : je n’aime pas beaucoup Causeur, mais ça dépend des auteur-e-s), je ne suis pas en accord avec tout ce qui est écrit et je trouve le texte un peu brutal, mais il a le mérite de placer le débat au niveau politique, de rappeler le sens du combat féministe : nommer, lutter, dépasser. Ce débat devrait pouvoir avoir lieu sereinement entre féministes. Mais de nos jours, l’analyse est si pauvre et l’anathème si prompt…

Je n’ai pendant longtemps rien eu envie de dire sur « l’affaire Jacqueline Sauvage ». Pourtant, mon opinion sur cette affaire est belle et bien forgée et maintenant que Madame Sauvage est libre, je peux l’exprimer.

Tout d’abord, il me paraît utile de rappeler que les violences conjugales sont l’une des manifestations les plus hideuses du système patriarcal.  Les hommes exercent une violence brutale et perverse sur l’être le plus proche et donc vulnérable, qu’ils ont sous la main.

Jacqueline Sauvage était indéniablement victime de violences conjugales.

L’enjeu de « l’affaire Jacqueline Sauvage » était peut-être moins sa libération que la situation vécue par toutes les femmes victimes de violence conjugale. Ces odieuses violences patriarcales dignes d’un autre siècle doivent cesser, il en va des droits des femmes autant que de santé publique.

Les lâches auteurs des violences faites aux femmes sont les geôliers d’un système d’oppression, ils doivent être condamnés lourdement et être mis dans l’incapacité de sévir à nouveau. 

Mais ce n’est pas, comme l’a si bien dit Luc Frémiot *, le droit qui doit changer, mais les mentalités. Toutes les mentalités : celles des institutions et pouvoirs publics en charge de prendre et d’appliquer les lois, celles des hommes que des campagnes de prévention et une juste répression doivent remettre à leur place, mais aussi celle des femmes.

En effet, il est grand temps que les femmes s’aident un peu. Le système patriarcal ne va pas tomber tout seul, les associations féministes n’y suffiront pas, les institutions non plus, si elles n’y mettent pas un peu du leur. Depuis le temps que ces violences sont perpétrées, il serait temps que les femmes analysent leur manière d’appréhender leurs rapports aux hommes :

  • mettre à distance mirages et illusions,
  • comprendre le fonctionnement des relations humaines : la séduction, le désir, l’amour, le couple
  • être un peu moins passives en tous cas un peu plus lucides, sans pour autant se méfier de tous ni faire d’amalgames.

En outre, le féminisme victimaire qui s’engouffre sans nuances dans la défense de femmes qui sont loin d’être dénuées de responsabilités,  fait beaucoup de tort aux luttes féministes.

Jacqueline Sauvage : une femme sous l’emprise d’un violent manipulateur pervers, mais aussi une femme d’emprise qui a tout de même beaucoup dissimulé, notamment aux enquêteurs et lors du procès. Elle se marie alors que les premiers coups ont déjà été portés, elle accepte d’avoir non pas un mais quatre enfants avec cet homme qui viole ses filles dans sa propre maison. N’est-elle d’ailleurs pas complice de ces viols, elle qui a tout de même choisi de croire le mari violent qu’elle connaissait parfaitement, plutôt que ses propres filles ? Jacqueline Sauvage est à mes yeux une femme définitivement antipathique. Je ne lui nie évidemment pas le statut de victime, mais elle n’a en rien tenté de sortir de la situation ni de préserver ses filles, son fils. 

Tant de femmes, ne serait-ce que pour protéger leurs enfants, prennent le risque de partir, quitte à sauter dans l’inconnu, Jacqueline Sauvage  est restée, faisant de ce fait, aussi le choix de sacrifier ses filles.

Elle a tiré dans le dos. Elle savait parfaitement se servir d’un fusil, femme de caractère, chasseuse et rompue au tir au fusil ; elle n’était à ce moment-là pas du tout en état de légitime défense. Sidération et  SPT* ont  tout de même bon dos.

Je plains les victimes que sont aussi et surtout les enfants de Jacqueline Sauvage et leurs propres enfants.

Les juges feront mieux leur travail quand ils seront plus éclairés sur la nature des violences conjugales et leurs conséquences ; ils ne devront pourtant jamais inventer une légitime défense quand elle est inexistante au moment des faits. L’inverse reviendrait à un instituer un permis de tuer, alors que les solutions résident dans la prévention et un plan de lutte généralisé. Ce n’est pas le droit, mais bien les mentalités, le droit au respect, à la sécurité, à l’égalité, qui doivent évoluer.

La grâce présidentielle est constitutionnelle, elle s’exerce en pleine âme et conscience et n’a pas à faire l’objet ni de pressions ni de commentaires, encore moins des magistrats (séparation des pouvoirs).

La lutte contre les violences faites aux femmes est un immense chantier, les violences conjugales n’en sont qu’une partie. Le retour en force du religieux et du communautarisme les accélèrent et aggravent considérablement. La lutte sera longue, très longue mais ne sera victorieuse que lorsque tous les paramètres seront mis en perspective. Le droit désormais est satisfaisant, ce sont les mentalités qui devront changer alors que pourtant, elles régressent.

Tout ce qui met les femmes en danger doit être combattu ; la société, les institutions ont un rôle majeur à jouer, mais les parents également, les garçons comme les filles, doivent recevoir une éducation non sexiste.

Les hommes violents doivent se faire soigner ou être dénoncés, jugés et mis hors d’état de nuire, aucune complaisance ne doit être tolérée jamais ; les femmes doivent vouloir être libre de leur vie sans contrainte masculine d’aucune sorte.

Nous ne sommes plus au moyen-âge mais au vingt-et-unième siècle !

Christine Le Doaré

  • Edifiant : Jacqueline Sauvage : ses filles racontent l’enfer familial :

http://madame.lefigaro.fr/societe/jacqueline-sauvage-les-filles-racontent-lenfer-familial-310116-112185

  • *Luc Frémiot  France Inter « Ce n’est pas le droit mais les mentalités qu’il faut changer 

https://www.facebook.com/franceinter/videos/1209657315736053/?pnref=story

  • Politique féministe : Anne Zélinsky : « Jacqueline Sauvage : responsabilité, ma soeur »

http://www.causeur.fr/sauvage-hollande-feminisme-grace-victime-41959.html

Quel-le présidentiable aura le courage de le dire ?

feminisme-1Les gouvernements de gauche ne peuvent tout simplement plus honorer leurs promesses électorales, en particulier celle de l’inversion de la courbe du chômage. Les candidats de gauche, les élus et politiques de gauche le savent, mais n’ont pas le courage de le dire.

Alors,

  • Les populistes, de gauche comme de droite, surfent sur la colère des citoyen-ne-s mécontent-e-s, leur font miroiter des rêves chimériques de sauveur providentiel et de grand soir. Pourtant, chacun-e le sait : aucune révolution ni gouvernement d’extrême gauche n’a jamais tenu ses promesses (Grèce,…) ni même instauré de démocratie (Cuba, révolutions arabes,…) ; tout gouvernement d’extrême droite, amplifie les divisions, accélère les exclusions, attise les haines et finit par mener au chaos.
  • La droite tente de nouveau de séduire les citoyen-ne-s mécontent-e-s qui savent pourtant, qu’invariablement, elle avantage la finance et les classes aisées ainsi que les valeurs conservatrices.

Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que si les promesses électorales pouvaient être tenues et garantir aux candidats de conserver leur siège, elles le seraient.

La vérité c’est que la courbe du chômage ne s’inversera plus. Les énergies fossiles vont s’épuiser, les moyens de production ont changé, le digital/numérique et la robotisation finiront d’ici quelques décennies par réduire à sa portion congrue, le nombre de salariés.

Les seuls exemples de quasi plein emploi cachent une myriade de postes non qualifiés tenus par des travailleurs pauvres qui s’épuisent dans des activités ni gratifiantes ni rémunératrices.

 

Je pense désormais que ceux qui se font élire en promettant l’impossible favorisent le populisme, mettent en danger la démocratie. L’échec ne pouvant se reproduire indéfiniment, nous arrivons au bout du mensonge et plus significativement du capitalisme mondialisé insuffisamment régulé qui ne survit qu’en exploitant toujours plus (délocalisations) et en surproduisant. Une sorte de spirale infernale.

Pour éviter le pire, c’est-à-dire la menace tout à fait sérieuse de régimes fascisants, qu’ils soient d’extrême droite ou de nature politico-religieuse (islamiste, etc.), et de guerres civiles, je ne vois que trois voies dans lesquelles s’engager sans tarder.

 Premièrement : Une transition écologique bien pensée pour produire et consommer autrement : il est grand temps de cesser d’enrichir des industries qui surproduisent et détruisent l’environnement à grand renfort de publicité, pour s’orienter vers des besoins authentiques pour le plus grand nombre. A ces fins, il sera nécessaire de créer de nouveaux métiers, de nouveaux emplois qui seront utiles et agréables aux êtres humains, au vivant, à notre environnement.

Deuxièmement : Une économie régulée, sociale, qui disqualifie les mauvaises pratiques (exploitation, surproduction, pollution, etc.) et valorise tout ce qui favorise la transition écologique. Une économie au service d’un projet de société et non pas d’une poignée qui tient en otage toute une civilisation, toute une planète et la détruit peu à peu. A l’évidence, de moins en moins de gens auront demain la chance d’exercer un travail au sens où nous l’entendons aujourd’hui. La seule solution acceptable consiste donc à envisager le travail d’une toute autre manière : accepter qu’il se distribuera autrement, que des gens pourront ne pas exercer d’emploi salarié de manière continue ; fournir à celles et ceux qui seront sans emploi toute ou partie de leur vie, les moyens financiers de subvenir à leurs besoins en échange d’activités bénévoles utiles à l’ensemble de la société ; former aux métiers de demain ; etc. Dans tous les cas, cesser de faire du travail une valeur centrale (et sacrée) à la réussite d’une vie humaine.

Troisièmement : Une République laïque et féministe qui :

  • retrouve le sens de sa devise « Liberté, égalité, fraternité/sororité » ;
  • laïque, rassemble au lieu d’exacerber les communautarismes et d’encourager l’islam politique (salafistes/frères musulmans…) ;
  • disqualifie les extrêmes et intégrismes de tout poil.

Une société fière de ses valeurs républicaines qui :

  • place l’humain et le vivant au cœur de son projet, encourage le respect de l’autre et de ses différences,
  • questionne pour les dépasser les rapports de domination et de pouvoir, instaure une égalité réelle entre les femmes et les hommes,
  • abolit les discriminations et les violences de toute nature.

Une société féministe en fait.

 

Etant donné la situation politique mondiale actuelle, tout autre projet politique risque bien de conduire, à plus ou moins long terme, l’humanité à sa perte.

Nous devrions cesser d’encourager les égos des hommes (et rares femmes) politiques, absorbés par leur soif de reconnaissance et de pouvoir personnel. Nous devrions exiger des candidats qu’ils s’abstiennent des vaines promesses mais s’engagent pour le seul projet de société réaliste et viable qui soit : une transition écologique sociale, laïque et féministe.

Ce projet politique n’est hélas pour l’instant incarné par personne ni par aucun parti de manière crédible. Les écologistes, gangrénés par les islamo-gauchistes, « travailleurs du sexe » et autres inconséquents, s’occupent de tout sauf d’écologie ; les féministes sont dispersées, affaiblies par la récupération et le dévoiement des fondamentaux du féminisme.

Alors à défaut de voter pour le seul programme qui vaille, je voterai une fois de plus pour celui qui au moins défendra le mieux les valeurs républicaines, et surtout pour éviter le pire.

Il faudra pourtant qu’un jour prochain, des politiques sincères, animéEs par l’intérêt général, l’émancipation des êtres humains et la sauvegarde de notre environnement, mènent à bon terme un véritable projet de société écologique, social et féministe.

Christine Le Doaré

 


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