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Une date historique de l’émancipation des femmes : 6 avril 2016 la prostitution enfin abolie

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Le 6 avril 2016 est un jour de victoire pour toutes les féministes et leurs alliés, tous les progressistes et tenants de l’Egalité. Enfin, après des années d’une âpre bataille, à une très large majorité, l’Assemblée Nationale adopte la loi d’abolition de la prostitution et libère les femmes de la plus ancienne et odieuse oppression patriarcale qui soit : considérer les femmes comme des commodités ou pire encore, des esclaves sexuelles.

Le 29 novembre 2013, j’étais à l’Assemblée Nationale pour assister au vote de la proposition de loi d’abolition de la prostitution.

Révélation dans l’hémicycle | irréductiblement féministe !

https://christineld75.wordpress.com/2013/11/29/revelation-dans-lhemicycle/

 

A l’affichage des votes j’ai ressenti un immense soulagement, comme si le poids de siècles d’esclavage sexuel pesant sur les femmes, allait enfin s’alléger. Les femmes (mais aussi les enfants et quelques hommes), ne peuvent être envisagéEs comme des commodités sexuelles. C’est la même logique que celle du viol, l’argent en moins, l’argent qui donne l’illusion d’un consentement acquis.

Cette fois je n’y étais pas mais à l’annonce des résultats du vote, j’ai explosé de joie, consciente de cette immense avancée pour les femmes et pour l’humanité.

 

La loi d’abolition et non de prohibition est juste et équilibrée : elle décriminalise les personnes prostituées, responsabilise les clients qui nourrissent la demande et favorise le trafic d’êtres humains, prévoie des actions de prévention, adopte des programmes de sortie et réinsertion pour les prostituées qui le souhaitent.

Au fait, que dit la loi d’abolition | irréductiblement féministe !

https://christineld75.wordpress.com/2013/11/08/au-fait-que-dit-la-loi-dabolition-de-la-prostitution/

 

Une loi n’est que peu de choses sans ses décrets d’application, une forte volonté politique et de sérieux moyens alloués à sa mise en œuvre. Cette loi est d’importance : elle protège des personnes vulnérables et punit ceux qui sans scrupule, en profitent, pensant connaître le prix à payer pour abuser sexuellement d’un être humain ; aussi, tous les moyens d’assurer son succès devront-ils être rapidement réunis.

Ni « liberticide », ni « morale », la loi abolitionniste de la prostitution est POLITIQUE | irréductiblement féministe !

https://christineld75.wordpress.com/2013/11/15/ni-liberticide-ni-morale-la-loi-abolitionniste-de-la-prostitution-est-politique/

 

Le Sénat, plus à l’écoute des lobbies prostitueurs que des « survivantes » (anciennes prostituées désormais libres de leur parole) et associations féministes, a fait traîner la montre, plus soucieux du porte-monnaie des clients que du sort des personnes prostituées en grand nombre, agressées, violées et même tuées soit par leurs clients, soit par les réseaux de trafiquants.

 

Cette lourde servitude patriarcale devait bien être défaite un jour. Le 6 avril 2016 est une date à inscrire au calendrier des victoires arrachées de haute lutte par les féministes. Victoire.

Christine Le Doaré

Boko Haram, enlèvements, traite et prostitution : un effarant déni

Manifestaton-bamako-lyceenneLa mobilisation internationale pour retrouver les lycéennes nigérianes enlevées par la secte terroriste islamiste Boko Haram est enfin de grande ampleur. 1*

En outre, le lien entre l’enlèvement des jeunes femmes au Nigéria et leur présence massive sur les trottoirs européens, qui fut d’abord rappelé par les associations abolitionnistes de la prostitution, est désormais incontestablement établi. 2* et 2 bis*

D’une part, de nombreuses femmes prostituées par des réseaux de traite en France sont nigérianes ; d’autre part, Boko Haram a annoncé sans détour, que les lycéennes seraient vendues comme esclaves, il est donc hélas probable que des lycéennes enlevées échoueront, elles aussi, sur nos trottoirs. 3*

C’est d’ailleurs la thèse défendue par Mathieu Guidère, Professeur d’islamologie à l’université de Toulouse. 4*

L’annonce concomitante par le gouvernement, du plan d’action contre la traite a également été l’occasion de rappeler que 22 millions de personnes dans le monde rapporte un revenu annuel de 32 milliards de dollars aux trafiquants (sources ONU). En outre, le nombre de victimes a augmenté de 18% en un an, en Europe (Sources Eurostats) et la France qui a arrêté 45 réseaux en 2013, est une plaque tournante des trafics.
Ce plan d’action comporte 23 mesures importantes en faveur des personnes prostituées, dont la délivrance d’une carte de séjour temporaire. Il sera notamment financé par les saisies faites auprès des personnes condamnées et par les amendes des clients prostitueurs.
L’engagement du gouvernement est très encourageant, mais les associations abolitionnistes le rappellent, c’est bien le client qui est au cœur du problème, sa demande génère l’exploitation par les proxénètes, des plus démuniEs et vulnérable. 5*

Pourtant, avant que le lien entre l’enlèvement des jeunes lycéennes, l’annonce de leur vente comme esclave et la lutte contre la traite ne soient publiquement discutés, nombre de personnes ont porté des accusations odieuses à l’encontre des abolitionnistes, leur reprochant une récupération honteuse de l’évènement. 6* (Liste de tweets accusateurs).
Aussi, faut-il se demander pourquoi, rappeler les réalités de l’esclavage et de l’exploitation sexuelle, déclenche autant de réactions violentes, bien entendu de la part de militants réglementaristes de la prostitution tels que les membres et soutiens du STRASS 7*, mais aussi de militants LGBT et de bien d’autres.

Que cache un tel déni des réalités ? Pourquoi s’acharner à nier que les femmes enlevées par Boko Haram et par d’autres, les lycéennes et les autres, au Nigéria et ailleurs, finissent le plus souvent dans les réseaux de prostitution quand elles ne sont pas mariées de force, c’est-à-dire violées et séquestrées, souvent par des pédocriminels car elles sont très souvent, encore des enfants ?
A mon avis, la raison en est simple. Etablir ce lien est dangereux pour les tenants de la légalisation de la prostitution, car ceci signifie que condition des femmes et prostitution, traite et prostitution sont des éléments indissociables les uns des autres.
En effet, pas de demande donc pas de clients implique pas de réseaux, pas d’enlèvements et pas de traite ni de prostitution. A l’évidence, aucun client ne s’interroge sur la vie ni le parcours, d’une prostituée ; il ne s’intéresse qu’à son besoin et remercie la société de l’autoriser à exercer une domination sexuelle par l’argent.

C’est tout de même hallucinant de constater jusqu’où va le déni de ceux qui défendent la prostitution et par voie de conséquence, la traite.
L’idée même de pénalisation du client les perturbe à un point tel qu’ils sont prêts à accepter l’enlèvement, la torture, l’esclavage, l’exploitation, le viol des femmes juste pour que perdure l’une des plus archaïques formes de domination sexuelle masculine.

On touche le fond quand des militants LGBT et autres progressistes, qui pourtant luttent pour l’égalité des droits, s’aveuglent à ce point et avec un égocentrisme effrayant, se rendent complices du système prostitueur et des industries du sexe qui doivent, à tout prix, défendre l’organisation, dans la prostitution notamment, du contrôle et de la mise à disposition des femmes et de leurs corps.

Christine Le Doaré

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*1 :
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203494212705-lyceennes-enlevees-le-president-du-nigeria-veut-prolonger-l-etat-d-urgence-670548.php

2* : http://abolition13avril.wordpress.com/2014/05/13/bringbackourgirls-emotion-et-mobilisation-a-deux-vitesses/

2bis* : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140513.AFP7064/des-associations-denoncent-l-exploitation-en-france-de-prostituees-nigerianes.html?xtor=RSS-25

3* http://www.rtl.be/info/magazinesdelaredaction/Controverse/1090210/-les-lyceennes-enlevees-au-nigeria-vont-finir-sur-les-trottoirs-de-belgique-

4* :
http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/08/1877166-il-y-a-peu-de-chances-qu-on-les-retrouve.html

5* :
http://www.mouvementdunid.org/1er-plan-d-action-national-de

6* :
Sélections de quelques tweets

-Mathieu Nocent @MathieuNocent
@ChLeDoare @_Bintje Ce n’est pas en pénalisant les clients de prostituées que tu vas empêcher Boko Haram d’agir.Ton parallèle est grotesque.
13 mai 2014 20:21

-Aurélien @AureDe
Je propose que l’on échange les 200 lycéennes nigérianes contre @ChLeDoare.
#astuce #BringBackOurGirls pic.twitter.com/KZ49QRDpPW
13 mai 2014 17:19

-Morgane Merteuil @MorganeMerteuil
@ChLeDoare mais LOL. mais quelle est le rapport ? vs en avez pas marre d’instrumentaliser ces 200 meufs? @_Bintje @MathieuNocent @KrysaliaH
13 mai 2014 15:01

-PⒶTATE @_Bintje
c’est de la récupération, et c’est lamentable; maintenant allez chouiner ailleurs sur mon appartenance au « lobby prostituteur ». @ChLeDoare
13 mai 2014 14:37

-Krysalia h. @KrysaliaH
@ChLeDoare on vous demande d’étayer votre propos, vous en êtes incapable. honteuse manipulation ! @Subraf @peperehonni @Ptit_Cheminot
13 mai 2014 13:11

-Krysalia h. @KrysaliaH
@ChLeDoare ok. une série d’affirmations précises concernant ces filles. étayées par… ? @Euterpeaventure @Subraf @_Bintje @Ptit_Cheminot
13 mai 2014 12:36

-PⒶTATE @_Bintje
instrumentaliser l’enlèvement de ces enfants au Nigéria est parfaitemetn dégueulasse, et votre raisonnement ne repose sur RIEN @ChLeDoare
13 mai 2014 11:56

-PⒶTATE @_Bintje
dire « 20% des pros fr sont nigérianne DONC celles enlevées au nigeria sont ds le réseau fr  » est un raisonnement fallacieux @ChLeDoare
13 mai 2014 11:54

-PⒶTATE @_Bintje
j’en connais une qui devrait bien fermer sa gueule, une fois de plus : @ChLeDoare
13 mai 2014 00:07

-Mathieu Nocent @MathieuNocent
@ChLeDoare Quel rapport avec Boko Haram, ce groupe terroriste qui tue dans les lycées ? Christine, tu dérailles complètement. cc @_Bintje
13 mai 2014 08:18

-Christine Le Doaré @ChLeDoare
Les lycéennes nigérianes vendues comme esclaves : responsabilité des clients de la #prostitution engagée. m.facebook.com/story.php?stor… – 12 mai

-João Gabriell @NegreInverti
@ChLeDoare le rapport entre les deux sujets ? Aucun, si ce n’est votre bêtise crasse, doublée de votre indécence. Un peu de respect pitié. – 12 mai

-CERISIER rouge @CerisierRouge
@NegreInverti t’etonnes pas des gens comme ca votent !!! @paul_denton @ChLeDoare
13 mai 2014 05:30

-Christine Le Doaré @ChLeDoare
Les lycéennes nigérianes vendues comme esclaves : responsabilité des clients de la #prostitution engagée. m.facebook.com/story.php?stor… –
12 mai

-JeFreine @Jefreine
@ChLeDoare Mais vous êtes d’une bêtise crasse, en plus de faire preuve de mauvaise foi. C’est hallucinant cette récupération. Et sale. Très.

-Christine Le Doaré @ChLeDoare
Les lycéennes nigérianes vendues comme esclaves : responsabilité des clients de la #prostitution engagée. m.facebook.com/story.php?stor… –
12 mai

-PⒶTATE @_Bintje
j’en connais une qui devrait bien fermer sa gueule, une fois de plus : @ChLeDoare – 12 mai

-PⒶTATE @_Bintje
c’est immonde cette récupération de l’enlèvement des écolières @ChLeDoare
12 mai 2014 22:07

7* STRASS : « syndicat » des « travailleurs » du sexe

Instrumentalisation de la sociologie au service de la domination

1000110_401464493297401_428725151_n La sociologie étudie et explique la dimension sociale des comportements et représentations humains. Les sociologues, parfois dans un jargon inabordable voire pédant, traduisent de façon savante, nos vies familiales, professionnelles, etc.
Je ne sais pas vous, mais j’ai noté que trop de sociologues, plutôt que d’étudier de manière factuelle et objective, les systèmes de relations, orientent leurs travaux dans le but d’influencer les politiques publiques.
En l’espace de deux semaines, j’ai relevé dans les médias, cette pratique qui implique au moins 4 sociologues.

Daniel Weizer Lang est un sociologue spécialisé dans l’étude du masculin ; il s’est longtemps présenté comme féministe. Il a démissionné du groupe de recherche sur les rapports sociaux de sexe, à l’Université Toulouse-Le Mirail (UTM) suite à de nombreux témoignages de ses étudiantes qui se plaignaient de harcèlement sexuel et moral. *1.
Il travaille depuis au Centre d’études des rationalités et des savoirs (Cers-CNRS) de l’UTM.

Quand DWL admet l’existence du système patriarcal, il ignore les responsabilités des individus masculins et s’intéresse surtout aux rapports hiérarchiques entre eux.
Dès lors il ne parle pas d’une classe bénéficiant des mêmes privilèges et complice de pratiques d’oppression contre les femmes, mais de différents groupes d’hommes hiérarchisés. Le refus de responsabiliser les agresseurs, de considérer que la violence est un moyen de contrôle social de classe, le conduira à signer en 2007, la pétition lancée par Éric Verdier « Manifeste citoyen pour les garçons, les hommes et les pères ».

DWL vient de publier aux éditions La Musardine un ouvrage intitulé « La putain et le sociologue ». Est-ce utile de le préciser, lui est LE sociologue, elle est LA putain.
Egotisme et fantasme masculin de domination, la littérature et pas seulement de hall de gare en est pleine, alors pourquoi pas la sociologie, me direz-vous ?
Sauf que les universitaires sont en situation d’exercer un pouvoir sur des générations d’étudiants et les rapports qu’ils produisent peuvent éclairer des politiques publiques.

Détaché comme devrait l’être tout bon sociologue, DWL ? Lisez plutôt, elle est « libre et heureuse » et leur double signature l’atteste.
Vous ne trouvez pas étrange vous, que ce soient toujours les prostituées, jamais les coiffeuses, institutrices, factrices ou dentistes qui sont absolument « libres et heureuses » ? D’ailleurs, pourquoi faire des études de sociologie alors que le bonheur, c’est de se prostituer ? J’allais oublier, pour les femmes seulement, bien entendu !
L’association « Putain » et sociologue est mise en scène pour donner à l’ouvrage, un caractère sulfureux ; nous sommes bien loin de la distance et rigueur nécessaires à toute étude sociologique. Résumons le propos de l’ouvrage : le couple hétérosexuel « à la vie, à la mort » ce serait fini ; l’avenir, c’est la « sexualité récréative » notamment dans la prostitution. Bien entendu, il s’agit de sexualité masculine : tant qu’il y aura des esclaves ! Quant à la sexualité des femmes, circulez, il n’y a rien à voir, à moins qu’elle ne se plie aux fantasmes masculins, échangisme, domination, etc.
Les hommes clients de prostituées effrayés par une loi qui n’est pas encore votée, se seraient déjà rabattus sur les clubs échangistes ou gays ! Euh… alors comme ça la loi de pénalisation des clients serait aussi responsable de favoriser l’homosexualité ?
« L’hétérosexualité est en train de se décomposer en une myriade de catégories, de pratiques sexuelles ». L’hétérosexualité se décompose donc, voyez-vous ça !
DWL ignore-t-il vraiment que les clubs échangistes, la multitude de pratiques sexuelles « humaines » (SM, bondage, urologie, zoologie et autres petites fantaisies) existent depuis fort longtemps et ce quelle que soit l’orientation sexuelle ?
Quatre ans pour ça ? ! Moi, je regrette d’avoir fait du droit, la sociologie, c’est autrement plus amusant ! Ne me dites tout de même pas que l’université a payé pour ça, si ? Non !
Pourtant, dans un article de la Dépêche du Midi intitulé « Les passes de luxe ont rendez-vous sur le net » daté du 15 avril 2014, cet ouvrage nous est présenté comme une référence ; le tapis rouge est déroulé pour le grand sociologue local !
Pourquoi ? Parce que le ton et le discours complaisants avec une sexualité masculine dominante plaisent : c’est facile, émoustillant ; les médias apprécient, c’est vendeur.

*1 Daniel Welzer-Lang, faux ami du féminisme : http://lagitation.free.fr/?article80

Lilian Mathieu chargé de recherche au CNRS, travaille sur la prostitution, le Sida, la double-peine et sort aux éditions Bourin éditeurs, « La fin du tapin », un titre nostalgique qui d’emblée nous conseille de sortir les mouchoirs pour consoler les pauvres clients de prostituées.

Cet ouvrage ne porte pas sur les personnes prostituées ni sur les clients, mais sur l’abolition vue par un sociologue dont la défense du système prostitueur est le sujet de prédilection, j’allais dire le gagne-pain.
A eux seuls, les titres des chapitres suintent le parti pris ; le ton est donné mais le sociologue connait son métier alors la méthode « scientifique » est plaquée sur le discours politique.
La distance et la neutralité nécessaires à tout travail sociologique manquent et l’étude est compromise.
Cet ouvrage est clairement un manifeste réglementariste. Jugez plutôt : La croisade contre la prostitution réglementée ; L’abolitionnisme, entre féminisme et puritanisme ; À l’assaut du réglementarisme ; Un usage émotionnel des chiffres ; Une production victimaire ; Le proxénète comme folk devil ; etc.

Lilian Mathieu avait publié sur Rue 89, le 8 octobre 2013 « Avec le PS, la préférence nationale commencera-t-elle par le tapin ? ».
Dans une période politique difficile, quand un sociologue ose, pour défendre le système prostitueur, associer PS et FN, pour moi ce n’est pas autre chose que du populisme. C’est ce que je lui avais déjà répondu dans Rue 89 *2
*2 : « Les femmes étrangères rêvent de devenir putes, c’est ça ? » http://www.rue89.com/2013/10/12/les-femmes-etrangeres-revent-devenir-putes-cest-ca-246484

Maurice Godelier a publié chez Flammarion «Métamorphoses de la Parenté».
Petite variante : lui, est anthropologue, c’est un peu plus complet ; il nous étudie sous tous nos aspects, à la fois physiques et culturels, l’unicité de l’Humain dans toutes les diversités culturelles et sa différence avec les sociétés animales.

Dans un article intitulé «Ne pas prêter à la famille des missions illusoires» publié dans Libération le 11 avril 2014, il déconstruit l’a priori selon lequel la parenté serait le fondement de la société et affirme « qu’il serait illusoire de croire que la famille pourrait restaurer la société ».
Je veux bien le croire, aussi, quand il dit que « dans une démocratie, si une minorité revendique des droits qui n’ôtent rien à ceux dont jouit la majorité de la population, tôt ou tard, ces droits lui seront accordés. Ce qui fut fait – en partie – par la promulgation de la loi sur le mariage pour tous. »

En revanche, quand il explique pourquoi il est favorable à la légalisation des « mères porteuses », il ne tient soudainement plus compte de l’exigence posée ci-dessus : « des droits qui n’ôtent rien à ceux dont jouit la majorité de la population ».
Pourtant, dans le cas de la GPA (Gestation pour Autrui), il ne s’agit pas d’un contrat de couple, ni même d’un simple don anonyme de sperme comme le plus souvent en matière de PMA (Procréation médicalement assistée), mais plutôt de la mobilisation, marchandisation ou pas, des femmes, et ce, parce qu’elles ont la faculté biologique de porter les enfants.
Que fait-il des droits des femmes ? Admettons que nous légiférions pour autoriser des mères porteuses qui ne seraient pas, en France, rémunérées, combien de femmes sacrifieraient plus d’an an de leur vie, juste par altruisme (imaginez tous les aléas afférents à une grossesse/un accouchement) ?
Faut-il l’encourager dans une perspective d’émancipation et d’égalité, faut-il à nouveau des femmes au foyer et en masse ?
La mise à disposition du corps des femmes, reproduction (GPA), sexualité (prostitution) a la vie dure et ce ne sont décidément pas nos intellectuels qui vont y renoncer et encore moins la dénoncer.
Pas un instant la journaliste de Libération ne challenge le « sachant » ; il parle, c’est comme ça et c’est tout.

Irène Théry, Directrice d’études à l’EHESS, est co-auteure du rapport «Filiation, origines, parentalité».
Dans une tribune du 10 avril 2014, elle défend l’engendrement avec des tiers donneurs.
A juste titre, elle conteste l’accusation faite aux couples lesbiens de « vouloir mentir aux enfants sur leur mode de conception, alors que ce sont les seuls couples qui ne sont jamais tentés de le faire », en revanche, «le mensonge est organisé depuis le début en matière de PMA (Procréation médicalement assistée) par la médecine et le droit, les parents hétérosexuels ont tout fait pour faire passer le mari stérile pour le géniteur. ».
Elle parle d’homophobie et de climat social dégradé. Elle n’a pas tort, tout ceci est vérifiable, mais elle aurait pu s’arrêter là, plutôt que de se laisser emporter dans un élan qui n’a plus grand-chose à voir avec le travail d’une sociologue, et aborder la question de la GPA « ne parlons pas de la GPA, c’est le diable en personne ».
A mon avis la GPA qui assure, aux hommes hétérosexuels comme homosexuels, une descendance, (transmettre gènes et patrimoines est indispensable à la survie du patriarcat), n’est pas aussi gênante que la PMA qui donne aux femmes la possibilité de se reproduire en dehors des relations hétérosexuelles. Il faut voir comme le système GPA est organisé et prolifère aux USA et ailleurs.
La question de l’appropriation du corps des femmes et de leur faculté biologique reproductrice, ne perturbe pas grand monde, hormis les féministes.
Alors, ouvrir la PMA aux couples de lesbiennes est l’objet de la tribune, mais une fois de plus, Mme Théry n’a pas pu s’empêcher de placer la GPA et faire allégeance au système patriarcal.
Pourtant, parler de tiers donneur pour la GPA c’est rudement osé quand on y pense. Comme si ces deux moyens reproductifs pouvaient être mis sur le même plan !

Le STRASS, groupuscule de défense du système prostitueur qui se présente comme syndicat de défense des personnes prostituées – on aimerait bien connaître la représentativité du dit syndicat *3 -, est quant à lui traité à hauteur de sociologue.
Un article publié encore dans Libération le 14 avril 2014, s’intitule « Le Strass dénonce une augmentation des agressions de prostituées », comme s’il s’agissait d’une entité ayant autorité sur la question.
Le STRASS défend les personnes prostituées mais nombreuses sont ces dernières qui attendent la loi d’abolition et ses alternatives sociales et reprochent au groupe de défendre une libéralisation au profit du système prostitueur qui, comme en Allemagne, n’a pas aidé les prostituéEs mais plutôt a enrichi les proxénètes et développé la criminalité.
Dans cette dépêche AFP reprise sans le moindre esprit critique, le STRASS annonce que la « discussion sur la pénalisation des clients » aurait à elle seule, précarisé et marginalisé les prostituées. Crédible ? Allons donc !
Comme si la prostitution ne résultait pas le plus souvent de la précarité de populations fragilisées ; comme si les clients et les proxénètes ne constituaient pas un danger permanent, sans même parler des violences sexuelles intrinsèques aux actes prostitutionnels pratiqués contre de l’argent ?
Des proxénètes et des client exploitent, agressent, violent, tuent des personnes prostituées, pas les programmes de réinsertion du modèle suédois !
Oui les violences, agressions et meurtres contre les personnes prostituées sont en augmentation, raison de plus pour agir rapidement et mettre en œuvre toute la loi d’abolition afin que les prostituéEs bénéficient du statut de victime, dénoncent leurs agresseurs et sortent d’un système de violences, comme la plupart le souhaite.
Le Parlement Européen, le Conseil de l’Europe votent à une écrasante majorité des rapports et recommandations pour pénaliser sans tarder les clients prostitueurs, mais les médias français n’en parlent pas et continuent de pleurnicher sur le sort des clients, donnant la parole à un groupe qui ne représente qu’une poignée d’escortes et d’activistes politiques non représentatifs.
Sa porte-parole vient d’écrire un article intitulé « putes, corps désirants et émancipations » 4*, laborieuse tentative d’inversion des responsabilités où les industries du sexe ne sont plus des industries ultra-capitalistes qui s’en mettent plein les poches sur le dos de femmes exploitées, où ni proxénètes ni clients ne sont jamais critiqués, mais où les féministes abolitionnistes deviennent des libérales « des franges répressives » qui mettent en danger les personnes prostituées.
Ce texte hallucinant qui explore le concept d’épanouissement sexuel islamophobe devrait éclairer toute personne qui accordait jusqu’alors le moindre crédit à ce groupe.

*3 Anatomie d’un lobby pro-prostitution, étude de cas, le STRASS en France : http://sousleparapluierouge.wordpress.com/2013/03/26/anatomie-dun-lobby-pro-prostitution-etude-de-cas-le-strass-en-france/

 

*4 : STRASS, Morgane Merteuil : inversions et manipulations https://christineld75.wordpress.com/2014/04/08/strass-morgane-merteuil-inversions-et-manipulations/

Je me demande dans quel autre pays occidental, autant de sociologues sont si ouvertement au service de la domination masculine, en particulier sur la question de la prostitution, mais aussi de la GPA.
En France, c’est à eux que les médias déroulent le tapis rouge à longueur de colonnes et c’est tellement flagrant que ça en devient gênant.
Médias qui ne relativisent ni questionnent jamais les allégations du STRASS, ce qui nuit sans conteste, à leur crédibilité.
D’autres matériaux, études, ouvrages ; d’autres experts, associations, auteurEs, informéEs, pertinentEs, intègres, sont disponibles ; ainsi les ostraciser est proprement scandaleux.

Christine Le Doaré

Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !

pancakes-158510Des «Déchaînées » aux genoux du patriarcat !
Ou pourquoi, à peine connues, les théories « féministes « post-modernes sont vouées aux poubelles de l’Histoire.

« Islam et prostitution : les féministes, le voile et le string » de ValérieCG ou Crêpe Georgette. Vous ne rêvez pas, dans un même titre, s’enchaînent les mots : Islam, prostitution, féministes et voile. String c’est juste pour faire style.

Surprenant ? Pas vraiment, depuis quelque temps déjà, une mouvance constituée de : bloggeuses influentes (notamment « Les Déchaînées »*1.), aussi la nébuleuse « 8marspourtoutes » *2., de Morgane Merteuil et d’autres du STRASS *3 et aussi d’Act-Up Paris, de quelques militants du NPA, aussi des Verts et de quelques universitaires amplement médiatisés, a pour ambition de parvenir à décrédibiliser puis diviser le mouvement féministe, en récupérant certaines luttes de femmes.

Les théoriciens et théoriciennes du « féminisme » post-moderne dit improprement « pro-sexe », nullement effrayéEs par les amalgames improbables, récupèrent des luttes de femmes que la société rejette et /ou que leurs « choix » isolent.
Ces femmes, à priori, tout les oppose : les unes revendiquent de se voiler « librement », les autres de se prostituer « librement ».
On ne peut imaginer plus grand écart entre les motivations et revendications d’un tel rassemblement, mais le mot « librement » a indéniablement un fort pouvoir d’attraction sur les libertariens !

D’un côté, nous avons des femmes voilées qui semblent ignorer que des générations de femmes se sont battues pour s’en affranchir, que des femmes sont, en France, sommées de le porter par les hommes de leur entourage, que d’autres femmes dans le monde sont harcelées, lapidées et assassinées quand elles ne le portent pas.
En tous cas, elles s’acharnent à défendre en France, ce morceau de tissu qu’aucun texte religieux n’impose, mais infligé aux seules femmes par des hommes qui encore et toujours exigent de les contrôler et entravent leur liberté.
Paradoxalement, ces femmes s’entêtent à leur donner raison et se déclarent « libres », certaines le sont sûrement, mais combien sont instrumentalisées par le « féminisme islamique », des islamo-gauchistes et intellectuels si bienveillants à leur encontre ?

De l’autre, des prostituéEs qui semblent ignorer qu’en guise de liberté, elles participent à l’organisation patriarcale d’une distribution des rôles agencée pour garantir aux hommes une mise à disposition des corps des femmes.
Réduites à une convenance sexuelle, elles n’expriment aucune solidarité envers les femmes forcées dans la prostitution, comme si elles ignoraient que les clients ne s’inquiètent jamais de la situation des femmes et filles qu’ils payent, que leur demande nourrit une traite criminelle et un sordide trafic d’êtres humains.
Une liberté d’entreprise incompatible avec la défense des droits humains et à fortiori des droits des femmes.

Rien de bien moderne, subversif ni féministe dans ces revendications, si ce n’est que le mot « librement » justifie tout, y compris de renforcer le contrôle et les violences contre les femmes puisqu’elles semblent y consentir.
En réalité dans un cas comme dans l’autre, des femmes souffrent du regard de la société, de violences et de discriminations mais plutôt que de lutter contre les raisons de leurs problèmes à savoir, l’arbitraire de l’interprétation masculine des religions et les violences sexuelles de la domination masculine, elles tentent d’aménager leur oppression plutôt que de l’abolir.
Erreur fatale, l’oppression ne s’aménage pas, elle s’abolit.

Le mouvement féministe est loin d’être parfait et ne se préoccupe probablement pas assez des multiples discriminations de sexe, classe, race-racisation-, il est compréhensible que des femmes se pensent laissées pour compte ; en revanche, ce qui est scandaleux c’est l’instrumentalisation éhontée de frustrations légitimes par des intellectuels et des activistes que l’honnêteté intellectuelle n’étouffe pas.
Le relativisme culturel est pourtant de plus en plus contesté, à commencer par les femmes concernées dans les pays arabes ; les femmes du monde entier sont solidaires face à des violences et discriminations qui les concernent toutes, c’est ça le féminisme et le relativisme culturel les divise.
Le soutien direct ou indirect de plus en plus flagrant aux industries du sexe, que les femmes dès qu’elles sortent de la prostitution, dénoncent en grand nombre, est de plus en plus difficile à cacher.
Nous vivons dans un monde formidable : les systèmes d’oppression, les industries n’ont même plus besoin d’assurer leur maintien et défense eux-mêmes, des personnes et groupes se présentant comme subversifs le font bien mieux à leur place !

Ce sont les mêmes qui nous rabattent les oreilles de l’intersectionnalité des luttes, concept utile pour exiger des femmes qu’elles attendent le grand soir pour revendiquer des droits spécifiques ; dommage, l’Histoire et même la plus récente nous prouve qu’elles sont alors très vite muselées et renvoyées à leur oppression.

Aucun des arguments avancés dans le texte « Islam et prostitution… », au paroxysme de cette posture aberrante ultra-libérale et islamo-gauchiste et qui revient à promouvoir un racisme de l’occident pas plus intelligent que ne l’est aucun racisme, ne résiste bien longtemps à une lecture un tant soit peu critique et surtout féministe.

« La lutte contre le voile, outil fédérateur d’un féminisme en mal de visibilité » !
Il faut le lire pour le croire ! La lutte contre les discriminations, l’éducation à l’égalité, la lutte contre les violences (le viol, les violences conjugales, etc.) sont des sujets fédérateurs parmi bien d’autres et depuis toujours, pour les militantes féministes.
En outre, la question du voile est un vrai sujet de société sur lequel les féministes aussi ont leur mot à dire car religions, interprétation masculine des religions et oppression des femmes ont toujours été fortement liés !

« Civiliser les femmes musulmanes : « mission oppression », au nom du féminisme » !
Entre culture du complot et fantasme de persécution de type « Indigènes de la République » ! Comment croire une seule seconde que le mouvement féministe penserait à « civiliser les musulmanes » ?
Les femmes du monde entier ont toujours cherché à s’affranchir du poids des religions, de toutes les religions et de ce qu’elles imposent aux femmes.
Quelle pathétique névrose que de masquer les voix des féministes du monde musulman qui résistent pour mettre en avant les « féministes islamistes », instruments des pouvoirs intégristes !

« 2013, le féminisme anti-putes s’offre les feux de la rampe » !
Référence à la loi d’abolition de la prostitution qui comporte la pénalisation du client prostitueur. Comme si depuis toujours le mouvement féministe n’était pas abolitionniste de la prostitution, plutôt que complaisant à l’égard des hommes qui abusent du pouvoir de l’argent pour contraindre des femmes à une sexualité non désirée ?
Mais c’est quoi au juste le féminisme sinon l’émancipation des femmes pour l’égalité femmes-hommes, une société qui se libère des dominations, exploitations et violences et abolit les privilèges patriarcaux à commencer par les plus anciens et à l’origine même du patriarcat : l’appropriation du corps des femmes pour la sexualité et la reproduction dans le mariage comme dans la prostitution ?!

Tout est à l’avenant, les fondamentaux d’un féminisme universel et laïc sont bafoués dans un jargon complotiste, des arguments absurdes, une grossière manipulation idéologique.
Qui donc peut être dupe ? Cette mouvance, démasquée depuis un certain temps déjà, ne poursuit en réalité pas d’autres buts que la perpétuation du patriarcat, alors je me demande bien pourquoi ces « féministes » de pacotille continuent de faire semblant ? Croient-elles vraiment pouvoir ainsi souiller les luttes féministes et tromper celles et ceux qui les suivent, encore longtemps ?
Pourquoi ne disent-elles pas clairement qu’elles sont du côté de l’oppresseur, des dictats religieux, du contrôle des femmes ? Pourquoi ne rejoignent-elles et ils pas les masculinistes, les islamistes, enfin qui elles et ils veulent, mais cessent d’usurper le nom de féminisme ?

Quelle terrible imposture, les seulEs véritables « putophobes » et « islamophobes » ce sont eux, tout juste bons à attiser la haine et à diviser.

Christine Le Doaré

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*1 Les Déchaînées : Valérie CG et Crêpe Georgette + Daria Marx + Gaëlle-Marie Zimmerman et A Contrario : http://www.crepegeorgette.com/2014/03/17/creation-de-lassociation-les-de-chainees/

l’article objet de ce post : « Islam, prostitution, … » : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.dechainees.fr%2F2014%2F02%2F27%2Fislam-prostitution-feminisme-voile-string%2F

*2
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/09/un-etrange-8-mars-2014/
https://christineld75.wordpress.com/2014/03/04/encore-un-8-mars-et-des-questions-qui-fachent/

*3 STRASS : Syndicat des travailleurs du sexe

Ni « liberticide », ni « morale », la loi abolitionniste de la prostitution est POLITIQUE

prison-code-barreQuelques intellectuels et artistes prétendent que la proposition de loi d’abolition de la prostitution serait « liberticide » et « morale ».
Croient-ils vraiment qu’au 21ème siècle, une proposition de loi relative à la prostitution pourrait être « liberticide » et « morale » alors que nous vivons dans un monde de violences de toutes sortes où les représentations sexistes, l’hypersexualisation des adolescentes, la pornographie et les industries du sexe inondent en permanence toute notre culture et nos marchés économiques ? Allons-donc !

Pourquoi ces accusations d’intention « morale » et « liberticide » dans le contexte de la prostitution, alors qu’il s’agit bel et bien d’un projet POLITIQUE ?

– Considérons la question du refus de la violence sexuelle :
Les prostituées sorties de la prostitution et qui peuvent enfin en parler librement, le disent clairement : pour se prostituer il faut mettre en œuvre une distanciation, dissociation avec son corps et ce processus entraîne de lourdes conséquences sur leur santé globale.
Alors, « Liberticide », mais pour qui ? Selon vous, le droit d’abuser de la vulnérabilité des êtres acculés à la prostitution pour survivre, serait un droit humain fondamental dont vous ne devriez pas être privé ? Non, les violences sexuelles sont inadmissibles et les combattre sans la moindre complaisance relève bien d’un engagement POLITIQUE.

– Puis celle du refus de la marchandisation des corps et des vies humaines :
Le principe de non-patrimonialité des corps humains est un principe de droit fondamental. Certes, l’emprise du libéralisme sur nos vies est envahissante, mais pensez-vous vraiment qu’il faille remettre en question le droit au respect de l’intimité physique et sexuelle d’une personne, le droit à l’intégrité des êtres vivants ? « Liberticide », mais pour qui ? Qu’est-ce qui vous autoriserait, pour la plupart hommes blancs, riches et de pouvoir, à payer d’autres humains pour assouvir vos désirs sexuels ? Non, ce droit n’existe pas, le libéralisme et le patriarcat sont des systèmes d’oppression, il n’est pas « moral » mais bien POLITIQUE de leur opposer des principes de Droits Humains fondamentaux.

– Celle également du refus de toute sexualité contrainte :
Promouvoir une sexualité libre et entre adultes consentants, une sexualité partagée sans contrainte d’aucune sorte, serait-ce « moral » ou « liberticide »? Mais pour qui ? Liberticide envers ceux qui abuseraient du rapport de force, de violences physique et/ou psychologique ? Mais dans ce cas, vive la limitation des libertés et vive la morale ! Liberté à disposer de son corps, pas de celui des autres.
La prostitution aurait toujours existé selon vous ? Admettons, et alors ? Les vols, viols, meurtres également ; sont-ils pour autant autorisés ou sont-ils réprimés ? Ce qui est vieux n’est pas nécessairement mieux !
La sexualité masculine doit être réhabilitée, c’est une sexualité humaine, les hommes ne sont pas des animaux perdus dans la jungle. Les femmes ont autant de pulsions sexuelles que les hommes, pour autant elles ne sautent pas sur tout ce qui bouge autour d’elles, question d’éducation et de respect de l’autre. Les hommes en sont tout autant capables, prétendre le contraire est insultant pour le genre masculin. Défendre de telles valeurs, n’est pas moral ni liberticide mais bien POLITIQUE.

– Enfin, le refus des inégalités et de la domination masculine :
Vouloir vivre dans une société moderne d’égalité entre les femmes et les hommes, qui ne gomme pas les différences mais les place à égalité, repense la sexualité et rejette les privilèges archaïques de la domination masculine, serait « liberticide » et « moral » ? Mais pour qui ? Des hommes qui ne veulent pas lâcher prise, qui ne comprennent pas l’intérêt d’une société équilibrée ? Mais dans ce cas, tant pis pour eux, nous, féministes, femmes et hommes, qui avons compris l’intérêt d’un autre « vivre ensemble », continuerons ensemble d’avancer pour sortir des ténèbres de l’oppression des femmes et des enfants. Notre combat n’est ni moral, ni liberticide, il est éminemment POLITIQUE.

En conclusion, préférer un projet POLITIQUE de société, moderne, humaniste, féministe à des situations de « débrouille individuelle », dans leur immense majorité, contraintes et ayant des conséquences catastrophiques pour l’ensemble de la société, n’a rien ni de « moral » ni de « liberticide ».
Bien au contraire, c’est responsable et courageux. C’est POLITIQUE.
L’Etat ne peut continuer de fermer les yeux sur ces femmes, enfants et quelques hommes sacrifiés à ce qui n’est pas de la sexualité mais de la violence et du pouvoir.
Ces personnes ont pour la plupart vécu des violences sexuelles avant même l’entrée en prostitution, elles sont le plus souvent pauvres, racisées, étrangères, et vous voudriez continuer de les voir exploitées ?
L’état se doit de leur offrir d’autres alternatives et c’est justement ce que la loi d’abolition se propose de faire.
La prostitution ne va pas disparaître du jour au lendemain, mais les personnes qui voudront en sortir bénéficieront d’aides. Les prostituées qui continueront, seront-elles, dépénalisées.
Enfin, les programmes de prévention et d’éducation qui seront mis en œuvre, avec le temps, valoriseront une sexualité et les relations femmes-hommes où les rapports tarifés n’auront plus leur place.
Ne rien faire, pire encore, légaliser, c’est nous proposer un projet de société mortifère, c’est nous condamner à une libération du proxénétisme comme en Allemagne, Hollande, Espagne, etc., avec 400 000 prostituéEs (contre 20 000 en France), une criminalité exponentielle, des meurtres de personnes prostituées en grand nombre, car la prostitution nourrit une traite mafieuse que plus rien ne peut endiguer.

Dans quelle société voulez-nous vivre ?
Dans un monde où les histoires pour enfants mettent en scène des petites filles hypersexualisées rêvant de vivre dans le plus grand des lupanars du Redlight district de leur ville ?
Sans nous ! Les abolitionnistes ont pour l’humanité, des projets POLITIQUES d’émancipation.
Ce qui est immoral, c’est de justifier, quel que soit l’argument, que des personnes vulnérables puissent encore au 21è siècle, être exploitées et subir la violence sexuelle de la prostitution, une forme d’esclavage qui n’a plus aucune raison d’être.

Christine Le Doaré

Ils sont inquiets, aussi, je les invite à lire la proposition de loi ; très équilibrée, elle s’appuie sur 4 domaines d’actions, alors qu’ils choisissent de ne parler que de la « pénalisation » des clients prostitueurs :
https://christineld75.wordpress.com/2013/11/08/au-fait-que-dit-la-loi-dabolition-de-la-prostitution/

Toujours dans l’intérêt du débat, il serait intéressant qu’ils s’informent de la position de la société civile sur cette question, un collectif de juges et avocats, puis de grands noms de la médecine, s’étant prononcés sur la question :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/12/ce-sont-les-acheteurs-de-sexe-qu-il-faut-penalise_3512622_3232.html et : http://www.lejdd.fr/Chroniques/Invite-du-JDD/Systeme-prostitutionnel-Il-est-temps-d-agir-avec-efficacite-638119

Il ne faudrait pas que tant d’inquiétude les mène eux aussi au populisme. Si même des sociologues ne sont pas à l’abri d’un tel danger, l’heure est grave :
http://www.rue89.com/2013/10/12/les-femmes-etrangeres-revent-devenir-putes-cest-ca-246484

Christine Le Doaré

Quand déni rime avec populisme

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La version Rue 89 de ce même article : « Les femmes étrangères rêvent de devenir putes, c’est ça ? »
http://www.rue89.com/2013/10/12/les-femmes-etrangeres-revent-devenir-putes-cest-ca-246484

Quand un universitaire associe PS et FN pour défendre le système prostitueur

En matière de prostitution, envahissantes sont les tribunes complaisantes écrites par des intellectuels ou des artistes appelés en renfort par le bruyant lobby réglementariste.
Mais je crois bien que nous pouvons décerner la palme de la tribune la plus inquiétante à Lilian Mathieu, sociologue et directeur de recherche au CNRS. Jugez plutôt : « Avec le PS, la préférence nationale commencera-t-elle par le tapin ? » sur Rue 89, ce mardi 8 octobre 2013.
Associer PS et FN pour défendre le système prostitueur, à ma connaissance, personne n’y avait encore pensé.

Quelle objectivité peut bien avoir sur cette question, l’auteur qui tente de démontrer que la proposition de loi abolitionniste déposée par la Délégation aux Droits des Femmes de l’Assemblée Nationale s’apparente à l’idéologie du Front National ?
La proposition de loi abolitionniste de la prostitution a mis les réglementaristes aux abois et mobilise leurs alliés intellectuels, people et médias.
Dodo, Antoine, Frédéric, Lilian et les autres nous rappellent les uns après les autres, que des hommes tiennent à leurs archaïques privilèges, s’accrochent dur comme fer, non pas au « plus vieux métier du monde » mais bien à la plus vieille et sexiste exploitation : la prostitution. Quelle superbe arnaque patriarcale tout de même que cet esclavage qui a la peau dure.

Lilian Mathieu sait pourtant qu’il n’y a pas plus de « droit à baiser » que par exemple, de droit à l’enfant, même en payant. Il sait aussi que la proposition de loi abolitionniste constitue un progrès, qu’elle est respectueuse des personnes et permettra d’avancer vers l’égalité, de mieux lutter contre le sexisme et les violences sexuelles. *1.
Abolir progressivement l’une des violences les plus préjudiciables que la domination masculine ait jamais imposée aux femmes, enfants et quelques hommes, la société toute entière y a intérêt et ça, Lilian Mathieu le sait pertinemment.
Il ne peut ignorer que les réglementaristes font très peu de cas des femmes victimes de la prostitution, utilisées mais stigmatisées et méprisées par des générations d’hommes.
Il sait que les seules personnes qui combattent les violences du système prostitueur qui engrange d’énormes profits criminels sur le dos des femmes, sont les abolitionnistes.

Il n’a guère d’arguments à opposer aux mesures proposées mais son intention est de discréditer le projet.
Quoi de plus efficace que de prétendre que les prostitué-e-s étranger-e-s seraient discriminé-e-s par le projet de loi, elles, si heureuses d’être sous la coupe des réseaux !
Dans cette période politique plutôt trouble, un peu de surenchère populiste devrait passer inaperçue et l’idéal, pour frapper les esprits, serait tout de même de parvenir à associer PS avec FN.

Premier artifice, commencer par jeter le doute sur le pourcentage de femmes étrangères en situation de prostitution pour mieux laisser à croire que ce serait le ministère de l’intérieur motivé par la chasse aux sans papiers, qui aurait initié ce projet. Je pense que toute la Délégation au Droit des Femmes de l’Assemblée Nationale qui a déposé la proposition et les abolitionnistes de tous bords politiques qui défendent ce projet, vont apprécier cet argument !
Si Lilian Mathieu arpentait comme les associations qui s’intéressent aux personnes prostituées, les lieux de prostitution ou les sites de petites annonces Internet, il aurait constaté que les prostituées sont dans leur écrasante majorité, et depuis déjà longtemps, des femmes étrangères exploitées par un proche ou un réseau, induites en erreur et conduites sur les lieux de prostitution où elles ne restent qu’un moment avant d’être déplacées ailleurs.
Que ce pourcentage soit de 85, 90 ou 95 % n’y change d’ailleurs pas grand-chose.

Ensuite, tenter de réfuter l’évidence : l’oppression et l’exploitation des femmes ne relèveraient pas de la domination masculine !
Vous l’ignoriez peut-être, mais sachez-le, les femmes étrangères prostituées sont venues s’échouer sur nos trottoirs de leur propre chef ! Voyez-vous ce n’est pas comme les hommes qui rêvent de devenir géomètre, maçon, prof, ou kiné, non, non, les femmes étrangères elles, rêvent de devenir « putes » !
Les macs, les réseaux, la traite, tout ça, n’existe pas, pur fantasme féministe que ce système prostitueur !
Pas de doute, Lilian Mathieu est un sociologue auquel le patriarcat doit beaucoup.

Bien sûr il est utile de feindre d’ignorer les différences entre les 3 régimes*2. existants en confondant prohibition et abolition. Surtout passer sous silence, les mérites de l’abolition qui en inversant la charge pénale sur les clients, aide les prostitué-e-s à se défendre contre des clients violents, puis grâce aux mesures d’éducation et de responsabilisation des clients, parvient progressivement à l’égalité et à une autre conception des relations femmes-hommes.

Malgré tout, Lilian Mathieu est contraint de reconnaître que le projet propose bien des mesures sociales aux personnes prostituées, mais cette partie de la tribune est à dessin embrouillée, et selon lui, le fait de sortir des réseaux, de bénéficier d’une régularisation et de pouvoir exercer une autre activité, constituerait alors une sévère injustice car ces pauvres femmes étrangères ne pourraient plus se prostituer, contrairement aux françaises !

Mais dans quel monde vit donc Lilian Mathieu ?
Imagine-t-il vraiment que les femmes prisonnières de proxénètes ou de réseaux mafieux qui les exploitent, choisiront cette prison ? Sait-il ce qu’est un camp de dressage, a-t-il la moindre idée des menaces qui pèsent sur ces femmes qui s’acquittent le plus souvent d’une dette et dont la famille est menacée de mort au pays ?
Pense-t-il que les femmes françaises s’éclatent dans la prostitution ? Ignore-t-il que la plupart d’entre elles ont vécu des violences sexuelles, que des rapports sexuels répétés et sans aucun désir, la peur au ventre, occasionnent d’innombrables douleurs physiques et psychologiques, et que toutes les femmes pour se prostituer se réfugient dans la dissociation ? Doute-t-il vraiment que l’écrasante majorité d’entre elles souhaite en sortir et ne plus jamais en entendre parler ?
Les femmes doivent être de bien étranges créatures pour Lilian Mathieu !

Enfin, comme une cerise qui aurait eu le temps de pourrir sur un gâteau bien rassis, la chute de ce texte dangereux, tombe. Les mesures proposées reviendraient « à appliquer sur le « marché du sexe », la revendication du Front national : la préférence nationale réservant aux seuls nationaux une activité fermée aux étrangers » !
Oui, oui, vous avez bien lu ! Voici ce qu’écrit un universitaire sollicité par le lobby pro-prostitution. Un bel exemple de supercherie intellectuelle.

Ce qui échappe à Lilian Mathieu, c’est la finalité de cette proposition qui vise à progressivement fermer « le marché » de la prostitution.
La sexualité ne peut être soumise aux marchés financiers. L’esclavage sexuel, ni dans la conjugalité, ni dans la prostitution, n’est plus admissible.
Enfin, le principe d’indisponibilité du corps humain doit être réaffirmé. Même le libéralisme ne peut tout vendre et tout acheter.
Il n’y a donc pas de « marché du sexe », ni de » travailleurs du sexe », mais un privilège patriarcal qui à terme disparaîtra et des personnes victimes d’une exploitation et de violences sexuelles que cette proposition de loi vise à protéger.
Certes des femmes « françaises » dont beaucoup sont pauvres et racisées, pourront continuer de se prostituer si elles le souhaitent, de moins en moins nombreuses et de moins en moins longtemps, nous l’espérons. Mais ce n’est en rien un privilège et nous verrons bien combien feront le choix de continuer alors que des alternatives et des aides leur seront proposées.
Quant aux femmes étrangères, si elles y sont encouragées, il y a fort à parier qu’elles dénonceront leur réseau et choisiront une alternative à la prostitution.
C’est bien mal connaître la réalité de la prostitution que de prétendre le contraire. Ces femmes ne sont pas venues sur nos trottoirs de leur plein grés, elles ont été trompées, elles sont captives (leurs papiers leur sont retirés), elles subissent des violences.

Ce texte démagogique et emprunt de populisme, produit par un sociologue censé encadrer des travaux de recherche, est inquiétant. Un sociologue n’est-il pas au moins supposé questionner les idées reçues sur la sexualité, les rapports sociaux de sexe, la domination masculine ?
Le projet abolitionniste est un projet d’émancipation qui relève de la défense des droits humains, et en particulier, des droits des femmes ; défendre de manière aussi consternante un système d’exploitation et de domination qui a fait son temps, n’honore pas l’université française.

Christine Le Doaré

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*1. La proposition de loi a pour objectif d’adopter une politique globale et cohérente pour abolir progressivement l’une des violences les plus préjudiciables que la domination masculine ait jamais imposée à l’égard des femmes, des enfants et de quelques hommes.
Toutes les personnes prostituées y ont intérêt, celles qui vont arrêter comme celles qui vont continuer ; ce que les rédacteurs de la proposition leur disent c’est :
– nous savons que la violence est inhérente à l’activité prostitutionnelle (Le taux de mortalité des personnes prostituées est terriblement élevé comparé à celui du reste de la population), nous voulons cesser de faire des victimes les coupables et abroger le délit de racolage…
– nous voulons que les personnes prostituées aient un meilleur suivi en matière de santé, pas uniquement sous l’angle de prévention des IST, mais dans une approche globale de santé sexuelle, physique et mentale, selon la définition de l’OMS…
– nous voulons permettre à celles et ceux qui le souhaitent, de se réinsérer grâce à un arsenal social de mesures d’aide à la formation, au logement…
– nous voulons permettre à celles et ceux qui sont étrangers, d’être régularisé-e-s par un titre de séjour, s’ils sortent de la prostitution …
– nous allons renforcer la lutte contre la traite et le proxénétisme, confisquer les biens du proxénétisme pour qu’ils bénéficient à leurs victimes et les aident à se réorienter…
– nous allons adopter des politiques de prévention au risque prostitutionnel et d’éducation à l’égalité et contre le sexisme….
– nous allons responsabiliser les clients prostitueurs et pas seulement lorsque les prostitué-s-s sont mineur-e-s ou en situation de vulnérabilité, et instaurer un délit pour sanctionner tout acte d’achat sexuel.

*2 : trois régimes
– réglementariste, comme en Allemagne ou aux pays bas, qui en légalisant le « travail du sexe », dépénalise le proxénétisme et laisse les marchés criminels envahir le pays au point de ne plus pouvoir rien contrôler
– prohibitionniste qui interdit toute prostitution et pénalise clients comme prostitué-e-s
– abolitionniste qui interdit le seul achat d’acte sexuel mais dépénalise le racolage

L’article de Lilian Mathieu : http://www.rue89.com/2013/10/08/prostitution-ps-reprend-preference-nationale-chere-fn-246404

Le double effet kiss-cool de la pénalisation du client prostitueur

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En version courte sur le site de Libération – Société – Rebonds :
http://mobile.liberation.fr/societe/2013/07/02/il-est-temps-de-penaliser-le-client-prostitueur_915424
En version courte sur Prostitution et Société :
http://www.prostitutionetsociete.fr/eclairage/point-de-vue/il-est-temps-de-penaliser-le

L’état français qui a fait le choix de l’abolition en 1960, doit maintenant l’appliquer. Bien que la question soit polémique, il est temps d’agir et de faire preuve de courage politique.
Une véritable politique abolitionniste exige de voter une loi globale : renforcer la lutte contre la traite, abroger le délit de racolage, pénaliser le client, adopter de sérieuses alternatives sociales et agir dans le domaine de la prévention et de l’éducation.

Les personnes prostituées sont avant tout victimes des violences sexuelles du système prostitueur, aussi, la loi sur le racolage qui prévoie six mois de prison, doit-elle être abrogée.
En revanche, ce sont bien les coupables des violences qui faut pénaliser. La lutte contre la traite et les mafias du sexe doit s’intensifier ; le client, acteur majeur du système prostitueur doit être responsabilisé. Lorsqu’il achète, non pas des services mais des violences sexuelles, il enrichit les proxénètes mais aussi l’état qui se paye sur le dos de femmes victimes de violences. Si la pénalisation du client s’impose c’est parce que sa demande est à l’origine de l’existence même du système prostitueur, 3ème marché criminel mondial. Une économie criminelle coupable de violences inouïes à l’encontre de femmes et d’enfants déplacés, dressés, violés, torturés. Voulons-nous oui ou non, l’égalité entre les femmes et les hommes ; le respect des droits de l’enfant ; le respect du principe d’inaliénabilité du corps et en réalité, de l’être humain ? C’est bien d’un projet de société humaniste et féministe dont il est question, pas de pudibonderie, ni même de morale.

Les voix s’élèvent, toujours plus nombreuses pour affirmer que la prostitution résulte d’une vision patriarcale de la sexualité : les hommes auraient des pulsions sexuelles irrépressibles et seraient en droit de disposer d’êtres destinés pour survivre, à les assouvir, sans désir, ni plaisir.
La prostitution est bien moins affaire de sexualité que de domination. Les hommes préservent non pas « le plus vieux métier du monde » mais un privilège archaïque qui leur évite de se confronter d’égal à égal, dans une relation à l’autre (peu importe cette relation d’ailleurs, du « plan cul » à la relation de couple). A l’évidence, maintenir la domination masculine compromet tout projet d’Egalité entre les femmes et les hommes.

La violence est intrinsèque à la situation de prostitution (subir des actes répétés de pénétration par des inconnus qui s’imposent par l’argent ; avoir peur d’un pervers ; subir le rejet social; etc. ) et s’y ajoutent les violences avérées des proxénètes et des clients : menaces, vols, coups, viols, tortures, sans compter les meurtres.
Des études en attestent, beaucoup de femmes, quelques hommes, ayant subi des violences sexuelles, s’infligent la violence prostitutionnelle. Les raisons économiques ne sont pas les seules à pousser les femmes dans la prostitution. Pensant contrôler, réparer, elles s’enferment dans une spirale de dévalorisation de soi. Même les prostituées « libres », témoignent en sortant, avoir vécu dans un état d’anesthésie et de dissociation qui seul, leur permettait de tenir. Ne pas sentir ni admettre la réalité de ce qu’elles endurent pour pouvoir y retourner le lendemain. Facile de se donner bonne conscience et de croire leurs discours, fabriqués pour ne pas craquer !

Quand les féministes des années 70 défendaient « la liberté de disposer de son corps », elles réclamaient une sexualité et une contraception libres et gratuites et la légalisation de l’avortement. Ce slogan est récupéré par des lobbys aux fins de marchandisation des corps (des êtres car le corps n’est pas dissocié), soumis aux industries du sexe. Peu à peu, les récupérations successives des mouvements féministes, l’absence de politiques ambitieuses éducatives et répressives contre les violences faites aux femmes, nous ont conduits à une véritable culture du viol et il faut voir les ravages de la libéralisation de la prostitution dans les pays réglementaristes. L’Allemagne, dépassée par le développement du trafic, à son tour tire un bilan négatif (Dossier Der Spiegel) et se promener à la Jonquera espagnole est édifiant.

La prostitution n’est pas un mode de sexualité comme un autre, mais bien une violence sexuelle. La lutte contre la prostitution entre à 100% dans le champ des violences faites aux femmes.
Les violences ne se combattent pas avec de bonnes intentions. Les législations libérales et les discours néolibéraux des lobbys pro-prostitution ont fait leur temps. Défendre la liberté d’une minorité d’escort-e-s petits entrepreneurs, contre les droits de l’écrasante majorité des femmes prostituées contraintes, n’est pas légitime mais indécent.

Il faudrait aujourd’hui à nos représentants, un courage politique identique à celui qui a prévalu quand le viol ou les violences conjugales sont entrées à leur juste place dans le code pénal.
Nos député-e-s doivent s’engager et refuser que des êtres humains ne soient soumis au pouvoir des marchés financiers du sexe et à la domination de clients qui pensent, par l’argent, effacer un acte de violence. Tout être humain peut comprendre que la sexualité relève d’un rapport à l’autre, et qu’il est révoltant de forcer un consentement par l’argent.
Les violences sexuelles ne sont jamais anodines, aussi ne peut-il être question d’une simple contravention, mais au moins d’un délit, voire d’un crime. En droit français, le législateur détermine les seuls délits et crimes, il ne peut donc pas prévoir une contravention punie d’une simple amende. Pour un délit, la peine est de 2 mois à 10 ans de prison, une peine alternative telle qu’un stage de citoyenneté ou des jours amendes peut être substituée à l’emprisonnement. Sachant que ne pas payer sa boisson au café (acte de filouterie) est un délit passible de 6 mois de prison et de 7500 euros d’amende, pénaliser le client prostitueur ne devrait pas constituer un obstacle infranchissable ! Avec le temps et la sensibilisation de la population à légalité et à l’inaliénabilité de l’être humain, la demande baissera non plus par crainte de la répression, mais par conviction.

Rappelons que l’abolition n’est pas la prohibition. L’interdiction ou la prohibition de la prostitution, pénalise à la fois le client et la personne prostituée, plaçant cette dernière en situation de danger. Les abolitionnistes ne sont pas naïfs, ils savent qu’une prostitution résiduelle persistera et s’ils veulent pénaliser le client c’est dans l’intérêt de la société toute entière.
Un véritable effet « Kiss- cool » quand on y pense :
-Premier effet : avancer plus vite vers l’égalité femmes-hommes et refuser une marchandisation toujours plus prégnante des êtres humains.
-Deuxième effet : inverser la charge pénale en la reportant sur le client et non plus sur la personne prostituée. Un rapport de force inversé en faveur des personnes prostituées, face à un client, conscient de seul commettre une infraction et ayant donc intérêt à se tenir à carreau !

La pénalisation du client n’entraîne pas une plus grande précarisation, ni mise en danger des prostituées. Ce qui met toute personne prostituée en danger, c’est le risque induit par le fait d’être seule et vulnérable avec le client, que ce soit dans la rue, dans une voiture, dans un appartement, ou dans un bois. Le danger c’est le client lui-même. Même les «traditionnelles » de la rue Blondel qui partagent en plein Paris, un immeuble, disent avoir toujours peur des clients qu’elles ne connaissent pas ! Dans les pays abolitionniste, la prostitution n’a pas été déportée au fond des bois, elle a diminué, au moins de moitié et se produit aussi en centre ville. En revanche, les prostituées ont accès aux aides sociales, de santé et de prévention aux IST ; sorties de la clandestinité ; elles peuvent imposer plus facilement le port du préservatif.

Ceux qui considèrent que les résultats des pays abolitionnistes sont difficiles à évaluer (même si tout le monde s’accorde à reconnaitre une baisse spectaculaire de la demande et une meilleure égalité femmes-hommes), ne peuvent ignorer les dégâts spectaculaires causés par les politiques libérales : demande exponentielle et de plus en plus sordide (prix au rabais…) ; croissance des trafics, impossible à juguler. Dans ces conditions, entre un bénéfice certain et une catastrophe annoncée, comment croire un seul instant que la France ferait le mauvais choix ?

Christine Le Doaré

Limpidité d’un mouvement, opacité d’un lobby

k8475715Masquer une absence de représentativité, le véritable enjeu du lobby pro-prostitution et de son syndicat « libéral » ?

Un article est paru la semaine dernière sur le lobby pro-prostitution en France : Anatomie d’un lobby pro-prostitution – Étude de cas: le STRASS, en France. (http://sousleparapluierouge.wordpress.com/2013/03/26/anatomie-dun-lobby-pro-prostitution-etude-de-cas-le-strass-en-france/)
Il contient des révélations gênantes pour ce lobby et ses alliés politiques, ses financeurs ; certaines informations, à la marge sont erronées, mais pour l’essentiel, les renseignements sont exacts et compromettants. La question qui n’est pas traitée en revanche, c’est pourquoi ? Pourquoi ce lobby se comporte t’il ainsi et surtout pourquoi s’arroge t’il le droit de parler au nom des femmes prostituées ? Pourquoi, doit-il se comporter d’une façon aussi abusive et disproportionnée, face au mouvement abolitionniste ? Quels sont les enjeux qu’il entend préserver ?

Les abolitionnistes n’ont qu’une seule motivation : la défense des personnes prostituées. Quoi d’autre ? Cherchez bien, pour quelles autres raisons, est-on abolitionniste ? Des raisons religieuses ? Pour certains, mais la plupart de ceux que je connais sont athées, (au début du siècle dernier, les fondateurs du mouvement abolitionniste avaient des motivations religieuses, mais c’étaient des prêtres ouvriers, pas des cardinaux !) J’ai beau chercher, je ne vois pas d’autres motivations. Les abolitionnistes savent que l’argent de la survie et/ou l’emprise d’un proxénète ou le rapt d’un réseau maffieux sont les seules raisons de la prostitution. Ils ne peuvent accepter que des êtres humains, et à plus de 95% des femmes, soient ainsi condamné-e- s à se faire violence pour sortir de la misère et /ou condamnées à subir la contrainte des souteneurs ou de la traite.

Les abolitionnistes n’ont donc qu’un seul objectif : que cessent les violences, l’exploitation et l’esclavage sexuel des femmes sacrifiées à la domination masculine et à sa légendaire incontrôlable sexualité. La prostitution est en réalité, bien moins affaire de sexualité que de pouvoir et de contrôle. Les phallocrates pensent avoir un droit, une créance, d’ordre divin peut-être ( !), à la sexualité, et veulent l’exercer où et quand bon leur semble. Ceci constitue en soi, un obstacle objectif à l’égalité femme-homme.

Pas leur sœur, pas leur mère, pas leur femme, mais un quota de femmes, que les clients et l’ensemble du système prostitueur appellent, prostituées, putes ou sex-workers, et qui doivent s’estimer heureuses d’être payées. En réalité, ce ne sont ni des putes, ni des prostituées, ni même des sex-workers, mais bien des femmes. Des femmes pénétrées passe après passe, jusqu’à la nausée, quand elles ne sont pas agressées, violées, tuées. Ces femmes sont de plus en plus jeunes et de plus en plus nombreuses, elles sont déplacées, entassées sur les lieux de prostitution, qui comme un gangrène, prolifèrent partout sur la planète. Les industries du sexe rivalisent d’imagination et les profits de cette entreprise capitaliste mondialisée sont toujours de plus en plus élevés.

Les abolitionnistes savent qu’une prostitution résiduelle survivra, au moins un temps, le temps de l’éducation et de la sensibilisation d’une ou de plusieurs générations. Mais ils veulent agir sur les violences, freiner les trafics, sensibiliser les femmes les plus fragiles, les étudiantes, les précaires, etc. et avancer vers une société plus humaine. Les abolitionniste luttent contre le système prostitueur et veulent aussi sensibiliser le client prostitueur qui génère la demande et alimente financièrement le système. Les clients prostitueurs peuvent comprendre que ce ne sont pas des putes, prostituées ou sex-workers qu’ils payent mais des femmes, que jamais un consentement ne s’achète, que la sexualité est libre et gratuite, que l’égalité est un espoir citoyen responsable.

Le projet abolitionniste n’est pas vraiment difficile à comprendre. Certes, il est souvent dévoyé et présenté comme prohibitionniste (répressif), mais toute personne de bonne volonté peut consulter le site Internet http://www.abolition2012.fr et prendre connaissance des détails du projet, constater que l’abrogation du délit de racolage est une condition, etc. C’est malgré tout un sujet de société complexe et tout le monde ne parvient pas à se faire une opinion. En revanche, le lobby pro-prostitution refuse un débat honnête et se commet dans des postures répréhensibles tant par leur outrance, que par leur violence. Dans tous les cas, rien ne justifie d’attaquer ainsi un projet abolitionniste aussi transparent, féministe et humaniste ; on peut ne pas être d’accord sur tout, on peut ajouter, retrancher ou modifier des points du projet mais une telle agressivité cache forcément quelque chose.

Selon moi, le lobby pro-prostitution et ses allié-e-s, sont essentiellement masculins et/ou ont une conception du féminisme qui se limite au slogan des années 70 « libre de son corps » (dont beaucoup sont revenues, ayant compris, que cette liberté revenait dans le meilleur des cas à justifier une disponibilité permanente au désir masculin), et sans penser que sans égalité pas de liberté, sans compter que la liberté de s’aliéner, au minimum, ça se discute. Souvent, comme pour mieux faire diversion, le lobby pro-prostitution se prétend féministe, mais remarquez bien que ce n’est jamais que lorsque l’on parle de prostitution (et donc d’appropriation du corps des femmes) ; en réalité, il suffit de creuser un peu pour comprendre que leurs références « féministes » relèvent plus de Marcella Iacub que d’Andréa Dworkin !
Le STRASS a bien fini par mettre en avant quelques porte-paroles femmes, question de crédibilité, (en général, elles n’y survivent pas bien longtemps), mais il a bien été fondé et reste contrôlé par des hommes, souvent gays et activistes. Je n’ai rien contre eux personnellement, même s’ils me diffament et menacent régulièrement, faisant ainsi la démonstration de leur vacuité politique, mais je me demande pourquoi ils pensent avoir le droit de parler au nom des femmes prostituées ?
Cette poignée d’hommes, à longueur d’interviews TV ou presse, dévoile les caractéristiques de sa prostitution (Travesti en femme, fouetter des clients fonctionnaires et/ou résidents des beaux quartiers et/ou homos refoulés puis empocher 250 euros la demi-heure http://www.2h27.fr/2010/04/nuit-maitresse-gilda-travesti-dominatrice-prosititution-sexe/ ; d’autres escorts Internet, sélectionnent leur clientèle sur le Net) ; à l’évidence, ceci n’a rien de commun avec l’essentiel de la prostitution féminine qui représente pourtant l’écrasante majorité de la prostitution.
L’activité est en effet peu risquée et lucrative (mise à part la prostitution de rue, de jeunes migrants souvent livrés aux réseaux, et dont on entend si peu parler). On comprend mieux la vivacité de ce lobby à protéger son business à tout prix et par tous les moyens. On comprend moins bien que des politiques qui prônent la décroissance et prétendent combattre les effets du néo-libéralisme, exercent à son égard une telle bienveillance.

Comment peuvent-ils venir à bout de telles contradictions si ce n’est en laissant croire que les abolitionnistes sont des assassins, que ce sont eux qui propagent le sida, qu’ils vont être responsables des prostitué-e-s refoulé-e-s hors des villes dans des zones à risque, etc. bref, en tentant de les discréditer ? Pourtant, ils le savent pertinemment : seuls les clients qui dans une perpétuelle surenchère baisent sans capote, contaminent au VIH-sida ; et tous les abolitionnistes militent pour l’abrogation du délit de racolage et ne sont en rien pour la répression bien au contraire, ils interviennent régulièrement pour la défense des personnes prostituées, qu’ils suivent, dans leurs associations.

Quand les femmes prostituées se révoltent contre cette hégémonie masculine et à l’instar des réseaux de « survivantes de la prostitution » expliquent que ces prostitués gays sont, consciemment ou non, des alliés objectifs du système prostitueur, leur parole est violemment déniée, bafouée. Ce lobby voudrait préserver les privilèges masculins du système patriarcal quitte à anéantir les femmes prostituées, qu’il ne s’y prendrait pas mieux. Est-ce pour cette raison, qu’il se croit obligé de diffamer, salir, pervertir le projet abolitionniste et les abolitionnistes comme les anciennes prostituées qui le dérangent ? Moi, à force, je finis par le croire.

L’enjeu principal pour ce lobby n’est-il pas de masquer à tout prix qu’il n’est pas si représentatif des personnes prostituées ? Les femmes prostituées ont tout à gagner à l’abolition, car celles qui le souhaitent pourraient bénéficier du projet abolitionniste et de l’accompagnement socioprofessionnel à une reconversion. Il semble bien que leurs intérêts ne convergent que très peu et d’ailleurs, mise à part une ou deux prostituées très occasionnelles, femmes, dans les manifestations, regardez-bien, vous y verrez des associations financées pour un tout autre objet, des patrons de boites et/ou bars gays, quelques activistes, mais pas de femmes prostituées ou si peu. Un peu de bon sens et de sens de l’observation ne nuisent jamais. Désormais, moi, ce sont les femmes prostituées que je veux entendre, en tous cas pas un syndicat « libéral » !

si vous pensez que l’égalité femmes-hommes est possible, si vous voulez contribuer au projet abolitionniste et construire une alternative à la prostitution, rejoignez-nous le 13 avril prochain, à la Machine du Moulin Rouge pour l’abolition citoyenne de la prostitution.

Retrouvez l’événement sur le blog : abolition13avril.wordpress.com
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